Nous publions un article écrit avant le coup d'Etat du colonel Banzer, qui permet de situer les responsabultes poltiques des formations de gauche à l lumière de la session de l'Assemblée Populaire
Pendant dix Jours, en Juin, le vieux Palais législatif longtemps inutilisé, sur la place principale de la Paz, tut occupé par l'Assemblée Populaire, composée de délégués des organisations ouvrières, paysannes et étudiantes ainsi que des partis politiques de gauche. Elle se réunit, ayant la possibilité de devenir soit un soviet bolivien soit un nouveau Parlement bourgeois servant de façade au régime militaire de Torrès.
Situé seulement à quelques mètres du Palais présidentiel, le bâtiment grandiose fut occupé sans obstacle, bien que les semaines précédentes aient été remplies de rumeurs au sujet d'un coup préventif par les éléments de droite de l'armée pour remplacer Torrès et tuer l'Assemblée avant qu'elle ne se réunisse. Le coup, bien qu'attendu quotidiennement, - ne produisit pas, malgré des attentats
Get pa breve os de laon ddes station de radio le week-end avant que l'Assemblée se réunisse. En face de cette menace, la C.O.B. (Central • Obrera Boliviana, la CGI bolivienne) et les enserale de leurs merbres et deciderent organisations paysannes, étudiantes décrétèrent la mobilisatior et la formation de milices armées en vue d'un état d'alerte.
L'Assemblée commença sa première session soutenue par une garde armée de mineurs munis de casques d'acier et une fouille rigoureuse de tous ceux qui entraient et qui découvrit des révolvers et des grenades a gaz.
Quelles étaient les origines de cet événement extraordinaire, créé par les ouvriers, mais « autorisé » par le gouvernement qui eut été incapable de
'empêcher sans déclencher une guerre civile et qui espérait en même temps le domestiquer afin de se fournir un vernis de légalité ?
Le 7 octobre 1970, l'aile droite de l'armée avait tenté de réaliser le coup attendu contre le régime Ovando, parvenu à sa crise finale à la suite de la guérilla de leoponte, tout comme le régime de Barrentos était tombé après la guérilla de Che Guevara. Les ouvriers sortirent dans les rues, les mineurs marchèrent sur la Paz avec des fusils et de la dynamite. En quelques heures, non seulement Ovando mais quatre autres présidents de droite tombèrent. Cependant les ouvriers ne prirent pas le pouvoir. Au lieu de le faire, un Comando Politico fut formé par la C.O.B., Juan Lechin (1) et une comprenant le proMosogauche combinaison comprenant le POR-Lora (2)› MNR (3). Ce Comando POR-Lora (2), un secteur du Politico remit le pouvoir au Torrès, qui était essentiellement l'alternative la plus crédible que l'armée pouvait hâtivement produire face à un soulèvement populaire.
Il le fit après une série de négociations avec Torrès. Au cours de celles-ci, il tenta de lui imposer comme condition que la C.O.B. et les partis politiques auraient la moitie des postes ministeriels dans le nouveau cabinet, une solution que votèrent le PC pro-Moscou et Lora au sein du Comando Politico, probablement avec l'espoir d'obtenir des ministères dans un gouvernement Torrés. Mais cette tentative de « co-gouvernement » échoua parce que, bien que Torrès en acceptât l'idée, l'armée s'y opposa, voulant que ceux-c. aient moins de la moitié. C'est pourquoi le pouvoir fut remis inconditionnellement à Torrès, scellant ainsi la défaite du soulèvement ouvrier. Le Comando Politico tourna alors son attention vers la création d'une Assemblée Populaire.
L'idée d'une telle Assemblée naquit naturellement en Bolivie, en raison de la longue histoire d'organes
U A semi-indépendants de pouvoir ouvrier, commençant avec l'histoire du co-gouvernement de la C.O.B. après la évolution de 1952. La question était de savoir si l'Assemblée Populaire à la différence de celles qui la précédérent, réussirait à contribuer à la formation d'un pouvoir indépendant des ouvriers jusqu à ce que ceux-ci prennent effectivement le pouvoir. D'une certaine façon ses débuts furent peu favorables. L'élaboration des statuts fut donnée par les partis réformistes et même de droite, y compris le PC pro-Moscou, le POR-Lora vice-président de l'Assemblée, battant un membre du P.C. pro-Moscou. La fraction Zamora du P.C. pro-Pékin avait aussi plusieurs membres parmi les délégués. Mais l'influence de ces organisations souffrit de leur manque de représentation comme formations politiques.
Une autre anomalie dans la composition de cette Assemblée fut le faible nombre de représentants des paysans, alors qui constituent environ les deux tiers de la population bolivienne. Les raisons données pour cet état de fait étaient que la Confédération etalent que la contederation Indépendante des paysans qui est reconnue par la C.O.B. et qui, par suite, avait des délégués à l'Assemblée n'avaient pas le soutien de la majorité des paysans, et que les paysans étaient des que les paysans etaient des «petits "petits bourgeois».
Indépendants ont ils révolutionnaire, peuvent réussir traditionnelle entre ais ces
Paysans une forte tradition se developpent et à briser
'alliance l'armée et les vieilles paysans considérés bourgeois» de vue peuvent comme et moins de la difficilement être étant plus
«petits importants du point que les évolution organisations des «classes moyennes», y compris les journalistes, professions libérales, etc... qui avaient un nombre de délégués double de celui des paysans. La véritable raison de ces disproportions était que le P.C. pro-Moscou et le P.O.R. de Lora ont largement ignoré les paysans, ils n'ont pas de membres dans la Contedération Independante, qui est dominée par le P.O.R.-Gonzalès et le P.C pro-Pékin, et ils sont forts dans les classes moyennes des villes.
Les 132 délégués qualifiés de proletariens comprennent des délégués de la C.O.B. et 38 délégués des mineurs. Ces délégués ne furent pas toujours élus par la base ; dans de nombreux cas, ils furent désignés par les bureaucrates. Par exemple, une grande bataille eut lieu à l'Assemblée même au sujet de représentation des instituteurs. La direction du syndicat avait désigné dans son propre sein quatre délégués ; mais les instituteurs de la Paz avaient procédé à leurs propres élections et élu comme délégué un marxiste révolutionnaire, Guido Quezada. Eventuellement, porte-parole stalinien de la délégation dut faire machine arrière et accepter Quezada comme un des délégués des instituteurs. Environ la moitié de la délégation des mineurs n'était pas composée de mineurs, mais des membres de la vieille bureaucratie bureaucra le putréfiée, dominée par le dominée VL.N.K :. pro-Moscou, qui depuis 8 ans prétendait représenter les mineurs à partir de ses bureaux de la Paz. On et même le MNR qu plus tard, quand complotait un coup formations excellent bureaucratiques dans i ne fut expulsé que on découvrit qu'il de droite, car ces dans les manœuvres une telle tâche. Des tentatives turent taites pour écarter les tentatives furent faites pour écarter les gêneurs dans une telle situation : par exemple, bora proposa que tout parti demandant a rejoindre l'Assemblée Populaire soit obligé de publier une liste de 5000 svmpathisants (neu lui imnortait de 5000 sympathisants (peu lui importait que son parti n'ait pas un tel nombre de sympathisants, puisqu'il y était déjà). La sympathisants, puisqu'il y était déjà). La raisons de sécurité. Le fait que l'Assemblée fut créée par le Comando Polition Politico, avec son histoire négociant la défaite du soulèvement ouvrier avec une partie de l'armée bourgeoise, signifiait que les organisations et partis véritablement révolutionnaires notamment le POR-Gonzales, l'ELN, la fraction Zamora du PC pro-Pékin furent initialement absents de ces evénements, bien que le POR ait demandé a avoir des délégués à l'Assemblée.
Cette histoire détermina composition de la première session de l'Assemblée. Ellé comprenait 132 délégués d'organisations prolétariennes (soit60%), 53 d'organisations des «classes moyennes», 23 d'organisations paysannes, 11 de partis politiques (le P.C. pro-Moscou, le P.O.R. de Lora, le P.R.I.N ., le P.C. pro-Pékin, les démocrates chrétiens révolutionnaires en avaient chacun deux, le M.R. Esparctaco en avait un. De ces tormations, les trois dernières avaient une ligne révolutionnaire plus ou moins claire, comportant le soutien à la lutte armée. Le M.I.R. composé des démocrates chrétiens révolutionnaires et du M.R. Espartaco (5), n'a pas encore développé une position totalement cohérente et n'a guère de base hors des universités. D'autre part, pratiquemement tous les délégués ont une allégeance politique; le P.O.R.-Gonzalès et LE.L.N. (6), qui tous deux n'étaient pas représentes comme parus y avalent ur nombre appréciable de membre élus comme délégués de leurs syndicats, de la C.O.B., etc... Le P.O.R. était • particulièrement fort chez les syndicats de paysans et des ouvriers de la meunerie. Un de membres fut élu comme deuxième ses direction paysannes officielles corrompues. Il est juste que, dans une Assemblée révolutionnaire, le prolétariat ait une majorité absolue et que représentation de la paysannerie ne soit pas déterminé par son nombre. Mais les direction paysannes officielles corrompues. Il est juste que, dans une Assemblée révolutionnaire, le prolétariat ait une majorité absolue et que représentation de la paysannerie ne soit pas déterminé par son nombre. Mais les pouvait prédire largement que de tels délégués voteraient pro-Moscou et le P.O.R.-Lora, tandis que les delegués élus à la base, les paysans, les quatre délégués universitaires et d'autres, par exemple la plupart des membres du M.I.R., voteraient avec l'aile révolutionnaire.
L'Assemblée Populaire qui possede également des prolongements régionaux souleva de trés grands espoirs chez les ouvriers et des craintes également grandes dans la droite, comme cela tut clairement montré par les rumeurs constantes de coups préventits. Mais, pratiquement, al cours de sa première session, elle ne se montra pas à la hauteur de ces espoirs ou de ces craintes. Il y avait deux issues possibles à l'Assemblée. Elle pouvait devenir un appendice du régime Torres auquel elle serait integree a un degre plus ou moins élevé, ou bien, elle pouvait se développer en un organe indépendant de ouvrier, créant une situation de dualité de pouvoir. Le P.C. pro-Moscou apparemment satisfait de la teinte de gauche de Torres, semble avoir eu pour objectif de faire de l'Assemblée appendice du gouvernement, demandant, implorant la consolidation du regime, y aidant même. Il visait à assemblée représentative qui exprimerait des positions sur les tâches démocratiques bourgeoises effectuées par le régime, lemandant que de plus grands progrès soient faits, critiquant les insuttisances, el une sorte ouaires sta gee aurait pu éventuellement par des voies différentes, en avec une «Unité Populaire» sous l'hégémonie du P.C. pro-Moscou. Dans ce schéma, l'économie bolivienne trouverait soutenue par des injections d'«aide» soviétique et est-européenne, les marchés soviétiques se substitueraient à ceux de l'impérialisme américain. Déjà procession notable de fonctionnaires soviétiques et est-européens se rendent au Pérou, Chili Bolivie, avec, semble-t-il, attention privilégiée accordée à la Bolivie.
Le P.C. pro-Moscou fut soutenu dans ses efforts par le P.O.R.-Lora. Sur le plan théorique, la position de Lora est quelque peu différente : l'Assemblée doit développer en un organisme de dualité de pouvoir capable de prendre le pouvoir à un certain moment dans l'avenir. La différence essentielle - entre Lora et le P.O.R.-Gonzalès existe également en théorie sur la nécessité d'organiser les instruments armés de la prise du pouvoir, Lora ayant le point de vue spontanéiste que les ouvriers se soulèveront un jour, prendront les armes et permettront l'Assemblée d'exercer le pouvoir d'Etat Mais les positions pratiques de Lora sont pires que ses positions théoriques. En pratique, sa collaboration avec le P.C.
pro-Moscou, la «Sainte Alliance», comme le M.I.R. l'a appelé dans son journal, a été
ONALE 15 si étroite et si visible, au cours de la session de l'Assemblée et avant celle-ci que leurs positions étaient pratiquement indiitérenciables. Dans chaque vote auquel nous avons assisté, le P.C. pro-Moscou et Lora étaient du même côté. Dans un cas particulièrement honteux. tous deux votèrent avec une petite minorité pour le maintien dans les statuts de l'Assemblée du vote secret. De façon répétée, tout au cours de l'Assemblée, on vit leurs délégués en étroits entretiens.
Une position intermédiaire, variante du schéma pro-Moscou, moins acceptable par le regime mais encore susceptible susceptible d'être accomodée aux normes démocratie bourgeoise, serait que l'Assemblée devienne seulement un moulin à paroles de la gauche, adoptant ignorerait etque le des résolutions
›Assemblée que n'envisagerait pas de réaliser de son propre chef. Pour que l'Assemblée se développe en organisme de dualité de pouvoir, elle ne doit pas seulement voter des résolutions révolutionnaires, mais se baser sur les luttes qui ont effectivement lieu dans le pays et faire naitre d'autres luttes, elle doit surtout déterminer les voies pour réaliser ses résolutions, non en adressant des pétitions aux généraux, mais en organisant la force armée des ouvriers.
Dans sa première session, l'Assemblée a pratiquement tendu adopter la position intermédiaire. Dès le début, elle se divisa en deux courants que l'on peut grosso modo caractériser de réformiste et de révolutionnaire. Les réformiste qui comprenaient le P.C. pro-Moscou et son fidèle appendice le P.O.R.-Lora, furent presque invariablement battus dans les Mais la majorte une tron naire maitrite.
majorité ad hoc, répondant aux situations plutôt que les créant des initiatives prenant d'initiatives et ayant désordonnées. La minorité réformiste menait le jeu, presentant la plupart des résolutions, réussissant à freiner le fonctionnement de l'Assemblée. Elle était agressive et cohérente et, surtout, elle avait une capacité marquée de manœuvre, se montrant dans son élément dans la manipulation des commissions et des projets. Bien que ses porte-paroles aient sifflés et conspués leur capacité d'exposition oratoire était supérieure à celle de leurs adversaires. Ils contrôlaient des secteurs de la bureaucratie syndicale et furent capables de se faire porter à des positions dominantes dans les commissions de l'Assemblée, bien qu'ils aient perdu la plupart des votes de nomination au Présidium, perdant surtout la présidence au pride Lechin, entre la présidence au profit de Lechin, entre lequel et l'axe hostilité marquée. Il en résulta que les réformistes jouèrent un rôle hors de proportion avec leur force au sein de
QUATR l'Assemblée. Avant tout, bien que les rétormiste aient été forcés par les votes d'accepter des modifications aux résolutions allant dans une direction révolutionnaire, la majorité fut incapable de trouver ou même de commencer à discuter les moyens pour mettre en application des résolutions par un pouvoir indépendant de la classe ouvrière.
La majorité etait désorganisée et manquait de cohésion. Non habituée à jouer de tels elle occasionnellement aidée par le vieux renard Lechin qui fit des plaisanteries aux dépens de Lora et du P.C. pro-Moscou ait battit à leur propre jeu et apparemment du bon côté, soutenant les
Paysans Indépendants, la lutte armée, l'admission P.O.R.-Gonzalès, paroles du moins. Mais Lechin est un allié à qui on ne peut se tier: ses ennemis peuvent citer d'innombrables trahisons,
Lechin excuse en disant qu'il toujours été avec les ouvriers et que s'il a commis des fautes, c'était des fautes de la
Classe ouvrière. Une des manœuvres de
Lechin fut dans une direction erronée: par une décision arbitraire de la présidence, et contrairement aux statuts, il décida, d'une façon qui s'explique le mieux comme une alliance tactique avec le P.C. et Lora, que l'admission du P.O.R.-Gonzalès serait décidée à une session ultérieure • de la Commission Politage te des mines membre de de de Politique longue date, plutôt qu'immédiatement dans l'Assemblée elle-même où le P.O.R. disposait de sympathie et de soutien. A part le soutien douteux de Lechin. majorité révolutionnaire dans l'Assemblée manquait d'une direction qui soit efficace dans l'Assemblée. Parce qu'elle était largement composée d'ouvriers et de paysans de base, elle avait un niveau culturel plus bas. Quelques uns des délégués, notamment les représentants du M.I.R., avaient peur de présenter leurs points de vue.
En dépit de cette situation, des origines et de la composition de l'Assemblée, il était étonnant, extraordinaire de voir comment, maintes reprises, dans les votes l'Assemblée donna une claire maiorité aux révolutionnaires, majorité allant parfois jusqu'aux trois quarts. Une Assemblée qui comprenait tous les syndicats reconnus par la C.O.B., qui était supposée avoir une claire majorité d'ouvriers dont enviro une moitié n'étaient pas des ouvriers mais des bureaucrates syndicaux, qui avait une représentation minimale des partis politiques et qui exclut l'un des olus révolutionnaires de ces partis, donnait cependant à maintes reprises une grande majorité située à la gauche du P.C. pro-Moscou et d'un groupe qui s'appelle trotskvste. Personne ne soutenait ouvertement le régime Torrès, personne
IEME INTERNATIONALE ne parlait d'autre chose que de socialisme, de révolution et de lutte contre l'impérialisme. Le P.C. pro-Moscou et
Lora subirent d'humiliantes défaites, de sorte qu'à un moment, ils obligèrent la délégation des mineurs à menacer de se retirer. Filemon Escobar, un membre de la bureaucratie minière et du P.O.R.-Lora, prétendit que l'Assemblée avait été prise en charge par les paysans petits-bourgeois, et que le principe de
'hégémonie proletarienne avait détruit. Sauf qu'Escobar lui-même n'est base (le ine.R. et n'a pas 6te di dans la mine qu'il est supposé représenter) et qu'il se trouvait dans l'Assemblée pour des raisons liées au fonctionnement de son syndicat, l'Assemblée avait en fait été prise en charge par un solide bloc de paysans, de quatre représentants d'universités et, au moins, de la moitie des délégués des organisations
Filemon Escobar» (Je suis le prolétairo, prolétariennes «El proletario soy ecrivait le M.I.R. pour se moquer de lui.
L'injure favorite du P.O.R-Lora est l'expression «petit bourgeois». La mini-délégation du P.O.R.-Lora dans l'Assemblée avait une majorité de membres petits bourgeois. Tous les membres du P.O.R-Gonzalès dans l'Assemblée étaient des ouvriers ou des paysans.
Les problèmes émergérent avec une clarté particulière dans le débat sur les paysans. Il surgit du désaccord sur la
Juestion de savoir si ceux-ci devaient lisposer à l'Assemblée de l'une des deuxièmes vice-présidences. Au début, les réformistes avaient accepté qu'il en soit ainsi. Puis, la tenue d'un débat de deux Ils rechignèrent au point d'obliger à jours, à l'idée que le poste soit assuré par un membre de la Confédération Indépendante, en d'autres termes presqu inévitablement par un membre di
› O.R.-Gonzalès ou du P.C.-Pékin. Sur la suggestion de Lora, ils rassemblèrent leurs considérables capacités démagogiques et manœuvrières pour défendre la position que le poste soit laissé vacant jusqu'à ce qu'un nouveau congrès de paysans soit organisé qui pourrait élire de nouveaux délégument, Ceci, prétendaient-ils assurerait l'unité paysans; et si l'Assemblée n'était pas capable d'organiser un nouveau congrès ait, le seu une leur elle e
Be. celu des Paysans Indépendants, avait eu lieu onze jours auparavant. Un autre était prévu pour août et pouvait «représenter» une plus grande partie de la population paysanne, mais il avait été convoqué par le Ministre de l'Agriculture et serait composé des fonctionnaires dirigeants salariés corrompus des pactes entre l'armée et la paysannerie. Le P.C. pro-Moscou et le P.O.R-Lora n'ont pratiquement pas de force dans un secteur quelconque de la paysannerie et sont tout à fait incapables d'établir une base suffisante pour convoquer par eux-mêmes un congrès, et apparemment, ils ne montrent jusqu'à maintenant aucun intérêt à le faire.
Faire appel à une représentation paysanne différente provenant d'un autre congrès est équivalent à demander l'introduction d'agents gouvernementaux dans l'Assemblée. Cela s'accorde étrangement avec les diatribes contre la petite bourgeoisie, car les syndicats paysans officiels ont été utilisés seulement comme base du pouvoir de Barrientos et d'autres gouvernements militaires et bourgeois, mais effectivement aussi physiquement contre les mineurs. Tandis que les Paysans Indépendants ont lutté de manière conséquente contre les pactes l'armée et reconnaissent la suprématie du prolétariat pour faire la révolution et leur PAsse bile d'elles det se coit pas euse oropre rôle d'alliés dans ce processus instrument un corps représentatif, de la Révolution mals un Prolétarienne : sinon, pourquoi devrait-elle être dominée par une minorité de la population, le prolétariat Pourquoi donc, subitement s'émouvoir au sujet de la représentativité de la section révolutionnaire de la paysannerie? La éponse était simple : parce que le P. ro-Moscou et le P.O.R.-Lora n'avaien pas d'influence dans ce secteur, et parce que les Paysans Indépendants étaient inexorablement opposés à la voie pacifique via Torrès. Les lignes de division entre révolutionnaires réformistes étaient claires. Lorsqu'on en vint enfin au vote, le président suggéra que les délégués votent par oui ou par non à l'occupation du poste par un Paysan Indépendant. A moment, délégués pro-Moscou suggérèrent d'y substituer les mots «despues» («après» le nouveau congrès) et «ahora» («maintenant»). Précisément à cause de cette manœuvre de dernière minute, le «ahora» l'emporta maiorité des trois quarts. C'était par une la première victoire de l'Assemblée.
Ce fut peut-être la seule victoire politique claire à la première session de l'Assemblée. La désorganisation de la gauche révolutionnaire signifiait que des oints politiques vraiment substanciels ne furent pas discutés ou directement traites Bien que certains délégués tentèrent de protester, la question de l'organisation armée de l'Assemblée fut escamotée, une longue liste de postes organisationnels devant être remplis dans une quelconque force armée hypothétique, et grâce à une tentative totalement malhonnête d'évasion par un délégué pro-Moscou qui déclara que de telles questions ne ouvaient pas être discutées par • Assemblée pour des raisons de clandestinité (il fut convenablement hué pour ses efforts). La question de la lutte
ONALE 17 armée aurait pu être introduite, pour etre clairement debattue, par une résolution de soutien du leader pro-Pékin Oscar Zamora, à présent l'objet de la répression pour sa participation à l'occupation de terres dans la province de Santa Cruz. Mais la résolution fut introduite de manière si désordonnée et si sectaire qu'elle fut une cible facile pour les attaques du P.C. pro-Moscou et de Lora qui, dirent-ils, ne voulaient pas s'aligner sur de telles voies aventuristes. Il résulta seulement une déclaration générale de soutien pour tous ceux qui étaient l'objet de la répression.
L'expression la plus claire de la faillite de l'Assemblée se développer conten da poser paie bolivana, débat sur la «co-participation» dans l'industrie , miniere de l'étain étant la principale industrie et la principale source de revenus pays). L'idée, introduite par le Comibo lumeme, crit présentés document bureaucrates du syndicat des mineurs. Le document proposait que les mineurs aient la parité avec le gouvernement dans l'organisme de direction du Comibol et que l'administrateur général soit élu par suivant une liste établie par l'assemblée des mineurs qui procéderait également à l'élection des représentants des mineurs dans l'organisme direction. Ces élections et la préparation de la liste devaient être effectuées par l'ensemble des mineurs et pas seulement par la direction. Cette proposition plaçait les révolutionnaires devant un problème difficile. Premièrement, le Comibol connait à présent des difficultés financières majeures et les emplois des mineurs sont menacés. La proposition fut avancée comme un moyen de sauver le Comibol du désastre, de mettre fin à l'emploi de ses fonds pour des objectifs politiques, de faire revivre le Comibol et de le rendre olus efficace. Elle avait par conséquen 'appui à la base de nombreux mineur dont l'existence dépend de la survie du Comibol. Deuxièmement, le contrôle du Comibol par les mineurs pourrait en théorie leur donner un pouvoir considérable en raison du rôle central du Comibol dans l'économie. Mais ce projet signifiait pratiquement un co-gouvernement. Il signifiait que les mineurs proposaient de sauver le Comibol de ses difficultés ; le document contenait de nombreuses références aux mineurs orenant la « responsabilité » d'un fonctionnement correct de l'industrie minière, empêchant tout arrêt non nécessaire, tout retrait ou tout endommagement de la propriété du Comibol, etc... Il aurait eu pour effet de consolider le régime Torrès. Il était soutenu par le P.C. pro-Moscou dont il portait de nombreux signes
QU A d'apparentement ; par exemple, un paragraphe du document expliquait que l'autonomie et la décentralisation économiques étaient nécessaires Comibol pour qu'il soit efficace aussi bien sous le socialisme que le capitalisme. On pouvait dire que ce projet était dans les intérêts de l'Union Soviétique dans ce sens que celle-ci devient un client important du Comibol qui désire une fourniture régulière et bon marché de fourniture régulière et bon marché de l'étain bolivien.
Le plus important est qu'une proposition de co-participation dans le Comibol constitue une diversion de la principale question réelle, la prise du pouvoir. Soutenant le projet, Lora declara Quenir pani pation ers le sobil poe et que la participation au pouvait conseilla aux délégués, dans une de ses pointes contre les guérillas, de lutter concrètement dans le Comibol, au lieu de «partir tranquillement pour les montagnes». En d'autres termes, il était propose débat crucial sur l'organisation armée étant esquive.
La question est de savoir si cette situation va continuer et se cristalliser jusqu'à ce que l'Assemblée devienne seulement gouvernement. Torrès n'a certainement as d'objection à intégrer l'Assemblée . opulaire dans la. machine gouvernementale. Il a pris l'initiative de déclarer que as parce
Assemblee suivirent la la dualité de pouvoir n'existe d'accord qu'il est avec et ses déclarations qui première session montrent qu'il ne la craint guère en ce moment. L'Assemblée doit se réunir à nouveau dans deux mois, entre temps, elle travaille en commissions. Il existe un danger évident que la minorité réformiste, en raison de ses capacités bureaucratiques, gagne du terrain face a labsence de solutions de rechange organisees. Les réformistes ont jusqu'à présent réussi à manœuvrer pour renvoyer l'admission du également réussir dans les commissions a P.O.R. à l'Assemblée. Ils peuvent changer la représentation paysanne et ainsi substituer des agents du gouvernement au bloc révolutionnaire hloc révolutionnaire solide des Paysans Indépendants. Mais il est peu probable que les réformistes réussissent à consolider le régime Torrès en s'aidant d'une Assemblée domestiquée. Tout d'abord, la situation objective n'offre pas une telle perspective. En quelque sorte, la situation dans le pays dans son ensemble refléte la situation au sein de l'Assemblée : il y a une majorité combative mais désorganisée, les réformistes occupent les postes réformistesoepunant d'influence et de direction, en particulier dans les syndicats, et ils ont des capacités dans lac cundinate ot ile ant Joa sonorité. organisationnelles et intellectuelles plus grandes, du moins quantitativement. Mais leur capacité de contrôler les événements eur canaritá de contrôler lac évánamanta l'intérieur de celle-ci. Il y a en Bolivie une de l'Assemblée est moindre - qu'à tendance croissante à une radicalisation plus grande, à la lutte armée et à la naissance de conflits, menant inévitablement à une confrontation des forces populaires avec l'armée. Et le sort de l'Assemblée sera en dernière instance déterminé par ce qui se passera au dehors.
En outre, les partis politiques révolutionnaires, en particulier le P.O.R.-Gonzalès, ont décide de s'occuper sérieusement de l'Assemblée. Au début, ils tenaient à voir comment l'Assemblée stersement pett que des membres se présenterait plutôt que d'y participer organie lionne et con a du P.O.R. étaient délégués à l'Assemblée n'était pas résultat d'un travail l'Assemblée, mais c'est simplement le résulta du travail politique courant du P.O.R. parmi les ouvriers et les paysans qui a assuré que ses membres ont été naturellement élus comme délégués. Pour plus important de faire réformistes dans l'industrie de s'occuper de créer les armés de la prise du pouvoir.
Face à ces problèmes, l'accepterait pas, car lui transmettre la direction du gains des minière que instruments la majorité demander de.
Comibol n'est pas très différent de transmettre le pou paraissait constituer lui roir une demander de d'Etat.
Cela revendication transitoire, bolivienne, transitoire, mais, dans conscience transitoires ne sont pa l'état actuel de la des revendications is nécessaires et ne transitoires ne sont pas nécessaires et ne constituent qu'une diversion. Ceci fut dit clairement par un délégué de base des mineurs et applaudi. Mais l'Assemblée ne parvint jamais à sortir du cadre fixé par le document initial, celul de taire des propositions à Torres pour une le Compations mout, la que on de dans majoritaire autre, dans comment obtenir. une participation majoritaire, à supposer que ceci soit un obiectif désirable, , ne fut pas discutée. L'Assemblée s'en tint donc à l'hypothèse qu'une majorite dans le Comibol pourrait etre obtenue de la meme manière que la parité, en la demandant à Torrès. Il se produisit des choses similaires avec d'autres résolutions, bien que les références «exigeant» (du régime Torrès ? ) qui avaient été introduites dans les textes étaient habituellement relevées par les révolutionnaires et éliminées, mais aucun changement pratique réel ne fut révolutionnaire dans l'Assemblée donna une réponse confuse. Après un long débat, une résolution fut proposée et votée à la majorité, résolution qui était supposée introduire un amendement à la proposition du syndicat des mineurs : les représentants des mineurs n'auraient pas la parité mais la majorité dans l'organisme de direction du Comibol. Si cela devait constituer une différence et signifier la direction réelle du Comibol, Torrès ne révolutionnaire dans l'Assemblée donna une réponse confuse. Après un long débat, une résolution fut proposée et votée à la majorité, résolution qui était supposée introduire un amendement à la proposition du syndicat des mineurs : les représentants des mineurs n'auraient pas la parité mais la majorité dans l'organisme de direction du Comibol. Si cela devait constituer une différence et signifier la direction réelle du Comibol, Torrès ne la prochaine session, le r.O.R. envisage d'utiliser l'Assemblée pour développer une direction révolutionnaire et des organes de pouvoir ouvrier; aussi organise-t-il sa représentation et se prépare-t-il a lutter sein de l'Assemblée. Il envisage que beaucoup plus de délégués représentent la base combative des mines, des ouvriers et des paysans. De même, les membres du P.C. oro-Pékin affirment que leurs bases seroni ›eaucoup mieu représentées dans prochaine Assemblée. De cette manière, existe la perspective que la majorité révolutionnaire ait enfin une direction. Les organisations révolutionnaires travaillent déjà ensemble en vue former si possible un front, en tout cas PAssemblée. Des réunions ont eu lieu coordonner leur activité entre le P.O.R.-Gonzalès, le P.C pro-Pékin, le M.I.R. et Lechin, bien que Lechin ne soit pas pris pour un allié sul de la gauche révolutionnaire.
La position du P.O.R.-Gonzalès est que le sort de l'Assemblée dépend de la lutte qu'elle puisse servir pour la révolution, • au dehors. L'Assemblée, traiter de deux problèmes Paite contre la volonte de la mattre de la majorité paysanne, elle doit s'occuper de la situation sociale et politique à la campagne où il y a une agitation croissante et un nombre croissant
'occupations de terres dont beaucol ont organisees par le P.O.R. et le P.( pro-Pékin ; et elle doit s'occuper de la création d'une armée populaire révolutionnaire.
Enfin, l'Assemblée doit discuter le moyen soit possible louoir. Mai dimeue ceci de l'Assemblee, deux immédiats, • savoir la direction et la réalisation d'occupations terres demandées par les paysans (les Paysans
Indépendants dans leur congrès ont voté bour liquidation immédiate latifundia qui subsistent), l'organisation de l'Armée Populaire
Révolutionnaire. Il espère ainsi obliger l'Assemblée à discuter de problèmes politiques réels, et sur lesquels il lui faudra prendre position, dans un contexte de lutte de classe intensifiée permettant de développer des organes de dualité de pouvoir.
Quelles conclusions tirons-nous de la première session de l'Assemblée ? Nous pouvons premièrement voir ses aspect.
positifs. Elle Elle est est indiscutablement une réalisation de la classe ouvrière, née de la défaite d'octobre dernier. Cette défaite a montré clairement la nécessité pour les ouvriers de développer leurs propres organes de pouvoir, plutôt que de se reposer sur un secteur de l'armée bourgeoise. L'Assemblée est une création spontanée, un organe potentiel de pouvoir, une sorte d'hybride, se situant entre un syndicat britannique, un parlement bourgeois et un soviet potentiel. Tandis que la gauche est divisée en de nombreuses organisations et que le nombre de groupes politiques par tete d'habitants est peut-être plus grano Bolivie que partout ailleurs, le seul fait que ces éléments qui se combattent soient capables de ce degré d'organisation commune sous la pression des masses est rien moins qu'extraordinaire. Il serall aujourd hui inimaginable de penser que les groupes équivalents en Angleterre ou en France, soient capables de cohabiter ensemble presson des endements, Assemblée, da moins en termes de son existences les moins en tourne vers les problèmes réels, besoins réels, le moyen de prendre le pouvoir. L'existence même de cette Assemblée telle qu'elle est composée, de bureaucrates de gauche, d'intellectuels politiques et des masses de Bolivie, vivant aux côtés de cette solution militaire désespérée d'une junte rose de généraux, représente force permanente de la révolution bolivienne qui cherche la voie de sa victoire finale. Elle représente une tentative des masses de s'organiser après la répression, les défaites et les massacres. et les débats, discussions, peu concluants qu'ils soient, portent sur la révolution dont chacun sait qu'elle frappe à la porte. Le socialisme est le seul point à l'ordre du jour. La discussion est réelle, elle traite des questions du jour, l'hypothétique appartient ailleurs. Si la théorie foco universellement discréditée, la progression politique en Bolivie depuis le temps où Che Guevara arriva de Madrid, a été une progression contractée, ramassée, de voie révolutionnaire. Les guérillas ont accompli au moins ceci : elles ont fait mûrir la crise décisive.
Mais il y a trois issues possibles à court terme. Il pourrait y avoir une répression féroce du type brésilien mettant fin aux possibilités d'organisation politique et militaire fournie par le régime Torrès, frappant la gauche avant qu'elle ne soit prête à prendre l'offensive, la réduisant à actions d'arrière garde. du type existant couramment au Brésil. Ou bien les vendeurs vénaux de l'aide soviétique l'emporteraient et la Bolivie pourrait devenir un satellite. Ou bien le soutien des réformistes à Torrès pourrait arréter le processus révolutionnaire et la Bolivie se rapprocherait du Pérou et du Chili et forcerait Fidel à être plus conséquent. Mais, au lieu de ces perspectives plus ou moins sombres, il est plus probable que la révolution bolivienne est déjà trop avancée pour que celles-ci soient possibles. En Bolivie, les ouvriers, les paysans, les étudiants se préparent pour la lutte armée, développent eux-mêmes la révolution physiquement, envers et contre tout. C'est cette réalité d'un peuple prêt à prendre les armes, à laquelle l'Assemblée est confrontée.
Pour que l'Assemblée progresse, pour que la révolution se développe, la majorité dans son sein doit trouver le moyen de s'imbriquer dans la lutte à l'extérieur. Les révolutionnaires doivent répondre au processus réel déjà en cours : direction et soutien de la prise des haciendas, répression de la droite, désir de direction chez les ouvriers, cent actes qui constituent à présent la révolution.
Bien plus, c'est la lutte à l'extérieur de l'Assemblée qui assurera la révolution et en empêchera l'institutionnalisation. Le processus dans le pays doit être accéléré, approfondi, étendu. La lutte armée pour prendre le pouvoir doit se poursuivre sur tous les fronts. Le développement de l'armée révolutionnaire et des milices ouvrières et paysannes est plus essentiel que la lutte dans l'Assemblée. La poursuite d'actions armées, le développement de la lutte, c'est la révolution. L'Assemblée peut mettre cela au point, mettre en lumière la trahison des révisionnistes et des réformistes. Elle doit lancer des appels à l'action, affronter le régime, développer l'unité des révolutionnaires, diriger les luttes et commencer à exercer la dualité de pouvoir qu'elle peut constituer. Mais c'est surtout la mobilisation des masses dans les luttes réelles et le développement de l'armée révolutionnaire qui garantiront la révolution bolivienne contre la répression et le réformisme.