Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › n° 48

Le procès de Prague

Quatrième Internationale, n° 48 · mars 1971 · p. 9-9 · 463 mots

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Le ler mars, le procès de 16 jeunes militants accusés d'avoir fondé le Parti Socialiste Révolutionnaire et d'être des trotskystes, après avoir été annoncé et remis de nombreuses fois, a finalement été ouvert à Prague.Il a été immédiatement interrompu et remis d'une nouvelle semaine, le juge ayant pris en considération une demande du principal accusé, le camarade Petr Uhl, mettant en cause l'impartialité du jury.

L'acte d'accusation constitue un important recul de la part de la bureaucratie stalinienne qui gouverne aujourd'hui à Prague, et en même temps un aveu de taille. En effet, sous la pression du mouvement de protestation qui monte dans le monde, l'acte d'accusation abandonne les délits de sabotage, de diversion, d'espionnage, d'activités au service de l'étranger, dont les camarades du PRS avaient initialement été accusés. Ce qui subsiste, c'est le « crime » d'avoir diffusé le programme du PRS et d'avoir constitué une organisation pour lutter pour ce programme. C'est donc un procès d'opinion pur et simple. Il est sans doute improbable que les flics staliniens de Prague aient suffisamment de culture politique pour s'apercevoir qu'ils sont en train de mettre hors la loi dans la République Socialiste Tchécoslovaque ... le programme de « l'Etat et la Révolution » de Lénine.

Depuis l'annonce du procès, il y a eu des réactions vigoureuses dans de nombreux pays. Nous ne mentionnerons ici que les plus importantes signalées jusqu'à présent :

- une « Lettre ouverte » au gouvernement de Prague, demandant la libération des camarades du PRS, et signée par d'importantes personnalités d'extrême gauche, dont le professeur Ernst Bloch, Jean-Paul Sartre, Charles Tillon, les députés italiens communistes « dissidents » du groupe // Manifesto , etc.

- Deux occupations de locaux diplomatiques tchécoslovaques à Paris par les camarades de la Ligue Communiste;

- Une occupation de l'ambassade tchécoslovaque à Berne par de jeunes révolutionnaires

- Un meeting de protestation de la Ligue Communiste et de Lutte Ouvrière à Paris, rassemblant 3000 personnes;

- La motion votée par près de 2500 personnes au meeting organisé à Berlin-Ouest, mentionné par ailleurs;

- Une manifestation de rue réunissant plusieurs centaines de personnes devant la mission militaire tchèque à Berlin-Ouest;

• Un meeting de profestation à l'Université de Rome, réunissant près de 800 personnes . Un piquet devant l'ambassade tchécoslovaque à Londres, organisé par nos camarades d l'IMG et de la Spartacus League;

- Un piquet devant l'ambassade tchèque à Bruxelles, organisé par la Jeune Garde Socialiste;

- Une action du même genre de nos camarades japonais à Tokyo, etc ...

Ce n'est d'ailleurs qu'un début. Les bureaucrates staliniens apprendront que la situation mondiale a changé depuis 1936-37 ou depuis 1951, et qu'on n'organise plus impunément des parodies de procès politiques qui foulent aux pieds les principes élementaires de démocratie soviétique et du programme léniniste.

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