Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › n° 47

Nouvelles du mouvement ouvrier et de l'Internationale

Quatrième Internationale, n° 47 · janvier 1971 · p. 55-63 · 5 659 mots

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Le 11 Novembre est mort à Naples le camarade Libero Villone, membre du Comité

Central de la Section italienne de la IVème Internationale et directeur de Bandiera

Rossa. Avant de mourir il avait demandé aux camarades de l'organisation de sa ville de faire de ses obsèques une manifestation révolutionnaire. Sa volonté a été respectée. Les obsèques ont eu lieu le 12 novembre en présence de plusieurs centaines de personnes, la plupart des jeunes étudiants (Villone était professeur au lycée G.B. Vivo depuis de longues années). Des militants ont porté le cercueil couvert d'un drapeau de la IVème Internationale. Le camarade Livio Maitan a prononcé un bref discours pour honorer la mémoire du disparu et pour saluer la dépouille mortelle au nom du mouvement trotskyste international. La cérémonie s'est terminée au chant de l'Internationale.

Libero Villone était né à Naples en 1913. Encore très jeune, il participa à l'activité clandestine sous le régime fasciste et adhéra au Parti Communiste. En 1938, à la suite des critiques qu'il avait exprimées sur les procès de Moscou, il en avait été exclu.

En 1943, il fut arrêté par la police fasciste : il fut libéré quelques mois après lors de la chute de Mussolini. En septembre de la même année, il participa aux journées de lutte courageuse du peuple napolitain contre les nazis. Réadmis au Parti Communiste, il en fut de nouveau expulsé assez rapidement à la suite de son attitude critique envers la politique de collaboration avec les partis bourgeois. En 1945, il devint membre du Partito Operaio Communista, organisation opérant dans quelques provinces du Sud de l'Italie, qui s'était liée à à la Quatrième Internationale, tout en ayant des positions proches des conceptions bordiguistes.

En 1948, lorsque le deuxième Congrès Mondial décida de rompre avec le POC, Villone et d'autres camarades de la minorité du POC, sortirent de l'organisation et, avec des jeunes camarades qui avaient quitté la Fédération des Jeunesses Socialistes et le PCI, contribuèrent - en janvier 1949 - à la fondation des Gruppi Comunisti Rivoluzionari, section italienne de l'Internationale. Depuis lors, il fut toujours membre du Comité Central - sauf pendant une brève période - et depuis quelques années il était également directeur de Bandiera Rossa.

Villone joua un rôle essentiel dans la formation de beaucoup des militants de sa ville. Dans les dernières années, il donna aussi des cours à des jeunes du mouvement étudiant. En raison de son activité parmi les professeurs et les élèves, il fut à plusieurs reprises attaqué et menacé par des feuilles d'extrême droite, fasciste ou parafasciste. II joua aussi un rôle dans le syndicat enseignant et fut délégué au dernier congrès provincial de la CGIL.

La mort du camarade Villone est une lourde perte pour la section italienne de . l'Internationale, qui militant qui imposait le respect même adversaires : il est significatif que la Parti Communiste, qui l'avait exclu deux fois de ses rangs et l'avait attaqué violemment des décennies durant, ait éprouvé le besoin d'envoyer l'un de ses dirigeants locaux aux obsèques, et rende hommage dans son quotidien « à cette personnalité connue d'antifasciste et d'éducateur, de journaliste, de dirigeant du syndicat enseignant CGIL, politiquement adhérant à la lVème Internationale.

un plénum du c.ei.

Un plénum du Comité Executif International de la IVème Internationale s'est réuni début décembre, rassemblant une quarantaine de membres, de suppléants, de représentants de directions de sections et d'observateurs. Il a entendu et discuté un rapport sur le bilan et les perspectives de la révolution arabe, présenté par le camarade Vergeat ; un rapport sur l'étape actuelle de la révolution latino-américaine présenté par le camarade Livio Maitan; des rapports sur la situation à Ceylan, en Inde, au Pakistan et au Japon, présentés par divers camarades; un rapport sur le bilan de la Conférence de Bruxelles pour l'Europe Rouge, présentée par la camarade M.Knoeller ; un rapport sur la préparation du Xème Congrès Mondial (le 4ème depuis la réunification), présentée par le camarade Pierre Frank.

Le Comité Exécutif International a lancé un appel aux travailleurs et étudiants d'Europe pour exprimer par des actes leur solidarité envers les masses espagnoles en lutte contre la dictature franquiste, ainsi qu'un appel pour des actions massives de solidarité envers la révolution vietnamienne et le mouvement anti-guerre aux Etats-Unis, le 24 avril 1971, jour choisi par ce dernier pour une Marche sur Washington et sur San Francisco, demandant le retrait immédiat et inconditionnel des troupes américaines du Vietnam.

Le Comité Exécutif International a déclaré ouverte la discussion préparatoire pour le Xème Congrès Mondial de la IVème Internationale axée sur les questions suivantes: la situation en Amérique Latine et nos tâches ; bilan et perspectives de la révolution arabe ; la montée des luttes ouvrières en Europe et nos tâches; la question de la lutte de libération des femmes; la radicalisation mondiale de la jeunesse; le bilan de la révolution culturelle chinoise; les statuts de la / Vème Internationale.

Un plénum ultérieur du Comité Exécutif International élaborera un projet d'ordre du jour pour le Congrès Mondial, tenant compte de l'état de la discussion et des développements ultérieurs du mouvement révolutionnaire mondial.

Algérie Harbi et Zahouane en résidence surveillée

A l'occasion du 16ème anniversaire du déclenchement de la lutte révolutionnaire, en Algérie, le régime du colonel Boumédienne a Allemagne Un important congrès des apprentis

Le 28 et 29 novembre a eu lieu à Düsseldorf un congrès des apprentis, convoqué par les Jungsozialisten (membres jeunes de la social-démocratie, qui fait actuellement fonction d'opposition de gauche au sein de ce parti). Par l'ampleur de l'assistance (quelque 1500 apprentis et jeunes ouvriers, venus de toute l'Allemagne occidentale et de Berlin-Ouest), ainsi que par la présence de tous les groupes d'extrême-gauche qui ont foisonné depuis l'éclatement du S.D.S., ce congrès a été une première occasion de confronter publiquement des diverses plate-formes et tactiques de travail dans la jeunesse ouvrière qui ont été jusqu'ici élaborées par les révolutionnaires ouest-allemands.

Les jeunes sociaux-démocrates ont largement perdu le contrôle du congrès, où l'hégémonie des « gauchistes » a été manifeste. Mais les divergences entre ceux-ci ont été trop marquées libéré un certain nombre de prisonniers politiques et a commué la prison des deux dirigeants de la gauche marxiste algérienne, Mohamed Harbi et Hocine Zahouane, en résidence surveillée, en dehors des grandes villes. pour leur permettre de constituer un front unique devant les réformistes de gauche. Le groupe numériquement le plus fort, le KJVD ( Kommunistischer Jugendverband Deutschlands, Union de la Jeunesse Communiste Allemande) maoïste, se distingua notamment par une proposition aberrante d'« intégration » accélérée des apprentis à l'usine, c'est-à-dire à la surexploitation dont ils font l'objet de la part du patronat (un groupuscule lambertiste le suivit d'ailleurs largement sur cette voie). La majorité des des apprentis réunis à Düsseldorf récusa à juste titre ce mélange d'ouvrièrisme primitif et d'ultra-gauchisme aveugle.

Nos camarades de la Jeunesse Communiste Révolutionnaire IR . K.J.. Révolutionär-Kommunistische Jugend), qui ont distribué deux tracts au congrès et y ont défendu une orientation cohérente et correcte voir « Was Tun ? » No15) ont à cette occasion marqué des points.

Aropntine La grève générale du 12-13 novembre

La grève générale de 36 heures des 12 et 13 novembre 1970 a été la plus large de l'histoire d'Argentine et la plus importante de l'histoire de toute l'Amérique latine, avec quelque 7 millions de grévistes. Malgré la passivtié des dirigeants syndicaux, qui ne cherchèrent qu'un moyen de monnayer une simple pression sur le gouvernement, la combativité des masses Belgique La vague de grèves s'élargit

ALE ouvrières argentines a une fois de plus éclaté au grand jour. Répétant et étendant les expériences faites l'an dernier à Cordoba et à

Rosario, cette année ce sont les travailleurs et les étudiants de Tucuman et de Salta qui descendirent dans la rue, construisirent des barricades et chassèrent les forces de police, obligeant l'armée à intervenir et secouant l'équilibre très instable de la dictature. contrôle ouvrier. Le même genre de revendications fut également soulevé par les travailleurs des raffineries de pétrole d'Anvers SIBP.

Les camarades des Jeunes Gardes Socialistes et du Parti Wallon des Travailleurs, qui sont en pourparlers de fusion en vue de constituer une Ligue Révolutionnaire des Travailleurs (section belge de la lVème Internationale), sont intervenus vigoureusement dans toutes ces grèves. Ils publient maintenant un nombre important de feuilles d'usine, afin de consolider . et d'étendre l'influence ainsi acquise au sein des travailleurs. majorité des congressistes. Des camarades du P.O.R. ont été élus dans la direction des syndicats de la Paz.

Le P.O.R. a tenu son premier meeting public à l'université de la Paz le 3 décembre après s'être enraciné. dans les universités de Cochabamba, de Santa Cruz et d'Oruro. Ce meeting fut un grand succès. Les jeunesses du P.O.R. viennent de publier un organe à elles, Juventud Rebelde, axé sur le travail universitaire.

Le No de la première quinzaine de novembre de COMBATE, l'organe central du. P.O.R, contient de nombreuses informations qui reflètent l'activité et, l'influence croissantes de notre section bolivienne également en milieu paysan. En particulier, nos camarades ont donné un appui énergique à l'action des paysans de la région de Santa Cruz, qui ont

L'automne 1970 a nouvelle recrudescence qui, partie à la fin été marqué par une de la vague de grèves de 1969 d'entreprises relativement nouvelles où prévaut une main-d'oeuvre jeune ou étrangère (Mines du Limbourg, Citroën, Michelin, Caterpillar, SIDMAR etc.) a fini par toucher les vieilles forteresses de la classe ouvrière wallonne : les ACEC de Charleroi, Cockerille-Ougrée à Liège. La région liégeoise a connu une série de conflits intéressants, notamment aux usines Armco/Pittsburgh, où les ouvriers ont occupé l'entreprise et avancé des revendications de Bolivie Progrès du P.O.R.

Depuis l'arrivée au pouvoir du Général Torres, marquée par une montée d'activité importante des masses laborieuses boliviennes, le P.O.R. (Section Bolivienne de la lVème Internationale) a enregistré des succès politiques et organisationnels appréciables.

Notre camarade Felipe Vasquez, ancien dirigeant du syndicat clandestin des mineurs de Huanuni, arrêté par la dictature d'Ovando pour sa participation à la guérilla, a été libéré par les masses insurgées contre le coup d'état fasciste du général Miranda, ensemble avec ses camarades Moreno, Chambi et autres, et a pu réintégrer la mine de Huanuni.

Au congrès de la centrale départementale ouvrière de la Paz, la thèse politique-syndicale inspirée par la plate-forme du POR, et centrée sur l'idée de la lutte armée pour la conquête du pouvoir par le prolétariat, a été adoptée par la occupé la hacienda Chané-Bedoya au cri de « révolution agraire », et qui se sont armés pour défendre l'entreprise ainsi conquise. Les propriétaires fonciers, avec l'appui de l'armée et du gouvernement du Général Torres, ont Canada La LSA-LSO contre les mesures d'exception au Quebec

La Ligue for Socialist Action-Ligue Socialiste Ouvrière (LSA-LSO) (Section canadienne de la IVème Internationale) a mené une lutte acharnée contre les persécutions dont ont fait l'objet au Quebec les militants nationalistes et ouvriers, au lendemain de l'enlèvement par le Front de Libération du Quebec (FLQ) du consul britannique et du ministre Laporte.

Sous le couvert du War Mesures Act, toutes les libertés démocratiques ont été suspendues au Quebec, des dirigeants du mouvement ouvrier ont été arrêtés, des tonnes de littérature et jusqu'à des dossiers d'avocats ont été saisis. Plusieurs camarades de la LSA-LSO ont, eux aussi, été arrêtés, dont les camarades Arthur Young et Penny Simpson. Ils ont été relâchés au bout de huit jours. Ceylan Le désenchantement des masses à l'égard du gouvernement de Front Populaire se précise.

De nombreux signes confirment le désenchantement croissant des masses laborieuses ceylanaises par rapport à la politique du gouvernement de coalition SLFP-LSSP-CP. Au lendemain du discours du budget de N.M. Perera au Parlement, le 25 octobre, un des principaux dirigeants syndicaux du LSSP, le camarade I.J. Wickrema, élu à l'unanimité président du syndicat des fonctionnaires (Government Clerical Servants Union) au dernier congrès de ce syndicat, et élu en 5ème position au Comité Central du LSSP à la dernière conférence nationale de cette organisation (battant ainsi des coryphées tels que l'actuel ministre des Plantations, Colvin R. De Silva), condamna le budget comme « bourgeois ». Il fut immédiatement exclu du LSSP. Mais, au sein du syndicat, il organise la lutte pour maintenir en place l'actuelle direction et arracher ainsi un deuxième secteur syndical important au contrôle du LSSP.

La onzième assemblée annuelle de délégués de la Ceylon Mercantile Union qui s'est tenue les 27 et 28 novembre à Colombo, a reflété ce changement important de la situation de la entrepris des efforts coordonnés pour déloger les paysans de cette importante entreprise agricole. Le P.O.R. a également élaboré un programme agraire en 21 points.

La LSA-LSO a organisé une campagne nationale en vue d'obtenir la libération de tous les prisonniers politiques et le retrait du War Measures Act. Cette campagne a culminé, le 25 novembre, par un meeting de 3.000 personnes à Montréal, où le leader nationaliste modéré René Levesque prit la parole. 7.000 voix pour la candidature trotskyste à la mairie de Montréal

La camarade Manon Léger, candidate de la L.S.O. au poste de maire de la ville de Montréal, a obtenu 7.160 voix aux élections municipales qui se tinrent le lendemain de la mort du ministre Laporte et de la proclamation de l'état de siège. Vu l'atmosphère d'intimidation et d'occupation militaire qui règna à Montréal au moment de ces élections, ce résultat doit être considéré comme fort appréciable. classe ouvrière à Ceylan. Non seulement le syndicat CMU, dont le dirigeant principal est le camarade Bala Tampoe qui est en même temps le secrétaire de la section ceylanaise de la IVème Internatiónale, continue sa pénétration dans la classe ouvrière industrielle, et perd de olus en plus sa nature originelle de syndicat d'emplovés de bureau (une dernière percée a été opérée parmi les ouvriers d'imprimerie et les ouvriers et ouvrières du textile), mais l'assemblée annuelle des délégués a également reflété une politisation croissante de tendance nettement révolutionnaire.

En effet, deux résolutions étaient soumises au vote de l'assemblée. La première condamne les mesures anti-syndicales et anti-ouvrières du gouvernement de Front Populaire telles que l'assassinat par la police de deux grévistes dans la plantation de Keenakelle, suivi par l'occupation de cette plantation par la police pendant un mois, le lock-out d'ouvriers de diverses entreprises, l'imposition de l'arbitrage forcé par le ministre du Travail dans plusieurs conflits de travail, l'arrestation arbitraire de nombreux militants jeunes accusés de faire partie de la Janakhta Vimukhti Peramuna

(Front de Libération Populaire) dont l'influence est large parmi la jeunesse rurale, etc ... Elle fut votée à l'unanimité par les 1200 délégués. La deuxième résolution condamne la politique gouvernementale globale comme favorable aux intérêts de la bourgeoisie ceylanaise et appelle les membres du syndicat à poursuivre une politique qui détruira toutes les illusions qui pourraient encore exister quant à la nature de ce gouvernement, « en vue de permettre à la classe ouvrière et aux autres secteurs des masses populaires de se mieux préparer à résoudre leurs problèmes à travers leurs propres organisations ». Cette motion de méfiance à l'égard du gouvernement et donc des partis de la coalition, fut votée l'unanimité des 1200 délégués contre trois voix. Le déclin dy l'influence politique du LSSP et du PC dans l'avant-garde ouvrière ne pouvait étre mieux confirmé.

Autre signe des temps : le succès politique que représente le meeting organisé le 13 novembre à Norwood, en pleine zone des plantations, par le Youg Socialist Front, une organisation constituée par les tamils de gauche. Près d'un millier de personnes y entendirent des discours du dirigeant tamil de gauche, lanchelliyan, du dirigeant de l'organisation de Etats Unis Montée des luttes ouvrières

L'année 1970 aura été l'année au nombre de jours de grève le plus élevé depuis plus d'une décennie aux Etats-Unis. Après la grève des postiers et celle de la General Motors, la grève des cheminots (déclenchée en violation ouverte d'un ordre du Congrès et du pouvoir judiciaire) marque la lente montée de la combativité de la classe ouvrière américaine.

Certes, ces grèves ont été caractérisées par un développement encore fort inégal de la conscience et de la combativité ouvrières. On est encore loin d'un climat de radicalisation ouvrière générale, sur le plan syndical, comme celui des années 1934-1937 ou 1945-46. Plusieurs de ces grands arrêts de travail - notamment celui de la General Motors - ont reflété un contrôle presque complet de la bureaucratie syndicale et une large passivité des membres devant une tactique de la bureaucratie en tout point conforme aux prévisions et aux besoins du patronat. Dans d'autres cas cependant, l'activité de la base a été beaucoup plus marquée ; ce fut notamment le cas des postiers qui, au lendemain de leur grève, formèrent des tendances d'opposition syndicale qui ont réussi à éliminer des directions conservatrices (notamment à New York) ayant manifestement failli à leurs tâches. Large participation du S.W.P. aux élections de novembre 1970

Nos camarades du Socialist Workers Party-Young Socialist Alliance ont organisé en 1970 la plus large participation aux élections législatives américaines de toute leur histoire. Cette campagne a touché les principaux états

ALE jeunesse rurale sinhala J.V.P. Wijeweera, d'un dirigeant de la C.M.U., et d'un dirigeant du

LSSP (R), section ceylanaise de la /Vème Internationale. Ce fut le premier meeting purement politique tenu chez les ouvriers de plantations depuis vingt ans. Tous deux marquent le déclin de l'influence des anciens « chefs » Aziz et Tondaman des ouvriers de plantations, compromis avec les deux coalitions successives qui ont gouverné le pays. Il marque aussi un événement politique important, dans la mesure où il exprime l'effort de collaboration et d'entente mutuelle des nouvelles avant-garde surgies parmi les masses sinhala et tamil, contre la tentative du gouvernement et de la presse bourgeoise de les présenter comme des « racistes chauvins ».

Tout un processus de regroupement de la gauche révolutionnaire ceylanaise est ainsi en cours, qui va débloquer une situation où les perspectives révolutionnaires avaient été obscurcies pendant une décennie par l'évolution réformiste et électorale du LSSP, et par son incapacité de créer une force autonome dans la jeunesse rurale et chez les travailleurs des plantations. comme la Californie, l'Etat de New York l'Illinois, l'Ohio, le Michigan, la Pennsylvanie, et en outre des états périphériques tels Rhode Island en Nouvelle-Angleterre, Washington dans le nord-ouest, et la Géorgie dans le sud des Etats-Unis.

Bien que ces campagnes électorales n'aie que des buts propagandistes et que les camarades du SWP ne soient pas concernés par les votes obtenus (très souvent on ne décompte même pas les voix qui se portent sur lles « petites listes »), il faut noter que dans l'Etat de Washington, les résultats communiqués sont fort encourageants. La camarade Stéphanie Coontz, une activiste du mouvement anti-guerre très connue, a obtenu dans son district 2,5 % des voix (4.097 votes), et le camarade Bill Massey, candidat au Sénat, a obtenu 8.386 voix dans l'Etat (0,82 % des voix). Ces 8.386 voix doivent être comparées avec un total de 2.744 voix obtenues dans le même état en 1968 par les quatre candidats d'extrêmegauche pris dans leur ensemble (SWP, PC, SLP et « Peace and Freedom Party »).

Les progrès réalisés par les camarades du SWP-YSA se concrétisent par le succès de la campagne d'abonnement pour leur hebdomadaire The Militant. A la mi-décembre 1970, The Militant sera passé d'un hebdomadaire de 4 pages, tiré à 3.700 exemplaires en 1960 et de 8 pages tiré à 5.000 exemplaires en 1963 à un journal de 24 pages tiré à 25.000 exemplaires: Nouveaux progrès du mouvement anti-guerre

Les élections législatives de novembre 1970 étaient couplées, dans trois endroits, avec un référendum sur le retrait immédiat et inconditionnel des troupes américaines du

UAT 60 60 Vietnam. La majorité absolue des électeurs a répondu « oui » à ce référendum à Detroit, à San Francisco et dans le Massachusetts. Alors que la réponse dans ce dernier état était ambigüe, parce que la majorité des électeurs a en même temps répondu « oui » à une question concernant le retrait des troupes par étapes et à certaines conditions, elle était sans équivoque à Detroit et à San Francisco.

Le 1er décembre, dix mille personnes ont manifesté à San Francisco contre la visite du Général Ky.

La reprise de bombardements et d'autres provocations de l'administration Nixon contre le Vietnam a conduit à une intensification de l'activité du mouvement anti-guerre aux Grande Bretagne La grève politique contre le projet de loi anti-syndicale.

Le 8 décembre, à l'appel d'un comité d'action dirigé par des militants du P.C., un demi-million de travailleurs britanniques ont fait une grève politique de 24 heures contre le projet de loi anti-syndicale du gouvernement Heath. La grève a surtout été importante dans les docks, à Liverpool et dans l'industrie automobile. Elle représente un important pas en avant par rapport à la grève politique du 1er Mai, dirigée contre le projet de loi anti-grève du gouvernement Wilson, à laquelle participèrent quelque 150.000 travailleurs. Une nouvelle action contre la loi Heath est prévue pour janvier 1971.

Le 8 décembre, comme d'ailleurs le 1er mai, ce n'est que l'avant-garde radicalisée groupée autour des shop stewards qui s'est mobilisée. Les larges masses n'ont pas bougé, attendant un appel officiel des grands syndicats.

Ceux-ci tergiversent et essayent d'esquiver un combat généralisé, à laquelle seule l'extrême-gauche appelle (le 8 décembre s'est conclu par un meeting au cours duquel la député irlandaise Bernadette Devlin a lancé un appel en faveur d'une grève générale, au grand courroux du P.C. et de la gauche travailliste). Le P.C., qui dirige l'actuelle mobilisation, essaye de coller à tout prix aux dirigeants de la gauche syndicale (Jack Jones et Scanlon), ce qui freine la progression générale du ' mouvement contre la loi anti-grève, mais Iran Répression et agitation estudiantine

La répression accrue dont souffre actuellement le mouvement étudiant en Iran a provoqué une recrudescence d'activité antigouvernementale de la part de larges couches estudiantines iraniennes. A l'occasion de la visite en Iran d'un représentant ouest-allemand de l'organisation humanitaire Amnesty International, plusieurs dirigeants de la Confédération des Etudiants iraniens ont été

Etats-Unis. Du 4 au 6 décembre, plus de 1200 délégués de coalitions anti-guerre de tous les Etats-Unis se sont réunis à Chicago sous l'égide de la National Peace Action Coalition, et ont décidé d'organiser deux manifestations de masse le 24 avril 1971: une marche sur Washington et une manifestation à San Francisco. La NPAC, qui se bat pour le mot d'ordre « retrait immédiat et inconditionnel des troupes américaines du Vietnam », a reçu l'appui d'importants secteurs du mouvement syndical, notamment du syndicat des ouvriers de l'automobile, du syndicat des camionneurs (le plus grand syndicat des Etats-Unis) ; du syndicat des ouvriers de la viande et du syndicat des ouvriers agricoles. provoquera également des différenciations croissantes au sein des militants de base du P.C..

Nos camarades de l'International Marxist Group (section britannique de la tVème Internationale préconisent la constitution de comités d'action locaux pour la défense des syndicats, qui seraient des comités de front unique des groupes d'extrême-gauche du P.C. et de la gauche syndicale et travailliste, mais auraient l'avantage d'échapper au contrôle bureaucratique du sommet, actuellement exercé sur le mouvement contre la loi anti-grève par l'appareil du P.C. et celui de la gauche syndicale. Les comités auraient pour but d'amener le T.U.C. à organiser la grève générale contre la loi anti-syndicale.

La grève politique du 8 décembre a coïncidé avec une grève perlée des ouvriers de l'industrie électrique. Cette grève perlée a vu l'éclatement d'une véritable atmosphère de pogrom anti-syndicale et ani-gréviste, délibérément organisé par la presse bourgeoise et le gouvernement. Les dirigeants ultra-droitiers du syndicat des ouvriers de l'électricité ont immédiatement cédé devant cette atmosphère et arrêté l'action. Il s'agit d'une deuxième reculade de la bureaucratie syndicale (après celle du syndicat des mineurs) que les tories s'efforcent tout de suite de transformer en défaite de toute la classe ouvrière. Mais il y a loin de la coupe aux lèvres, vu l'actuel état de combativité de secteurs-clés de la classe ouvrière britannique (automobile, transports, métallurgie, construction électrique etc.)

arrêtés et l'avocat ouest-allemand a été expulsé du pays. En protestation contre ces actes de répression, des étudiants iraniens ont occupé le consulat iranien à Munich et l'ambassade d'Iran à Vienne, afin d'attirer l'attention de l'opinion internationale sur leur cas. Ils ont organisé des grèves de la faim dans plusieurs villes d'Europe.

La riposte du régime du shah a été. une intensification de la répression : fermeture sine die de l'université de Téhéran, et arrestations massives de militants étudiants.

Japon

Séries de meetings réussis des trotskystes japonais

En automne, les camarades de la JRCL

(section japonaise de la IVème Internationale)

et des trois organisations de jeunesse dirigées par la JRCL, ont organisé une série de meetings dans les principales régions du pays, pour profiter de la présence au Japon d'un representant du Secrétariat Unifié de la IVème

Internationale. Au total, plus de deux mille personnes ont participé à ces meetings, dont au meeting de Tokyo.

Mexique

La lutte contre les peines scélérates commence

Les dirigeants étudiants arrêtés au moment de la grève générale des étudiants d'été 1968 ont été condamnés à des peines barbares :

l'un d'entre eux à 17 ans de prison, 21 (dont nos camarades José Revueltas et Carlos Sevilla

) à 10 ans de prison, 10 à 14 ans de prison, 7 à 8 ans de prison etc. A ces peines de prison s'ajoutent des amendes très éllevées (au total 3 millions de pesos) ; si ces amendes ne sont pas payées, les prisonniers devront passer des mois sinon des années supplémentaires en prison.

La gravité de ce verdict et le cynisme avec lequel fut conduit la pa rodie de justice, ont cependant provoqué une émotion très large dans l'opinion publique mexicaine. Le recteur de l'Université de Mexico, le socciologue Pablo Gonzalez Casanova, a publiquement demandé l'amnistie de tous ceux qu'on venait de condamner à de lourdes peines de prison. Cet Nigéria

Reprise d'activité ouvrière

Au début de novembre s'est tenu à Lagos, pour la première fois depuis l'éc. latement de la guerre civile du Biafra, un grand meeting ouvrier réclamant l'unification de tous les Paraguay Un dirigeant communiste assassiné

Le commandant Agapito Valiente (Arturo Lopez), dirigeant d'un groupe de choc de guérilla « Maréchal Lopez », a été assassiné le 17 mai dernier par l'armée du sanglant dictateur Stroessner, ainsi que le communique une déclaration du Comité Central du Parti Communiste du Paraguay du 15 juin 1970. Dans cette même déclaration, le PCP prend violemment à partie les dirigeants du groupe

Pour protester contre la loi anti-étrangers votée par le gouvernement réactionnaire, et qui vise avant tout la minorité coréenne au Japon, les groupes d'éxtrême-gauche japonais ont organisé le 1er novembre une manifestation de front unique à Tokyo qui a rassemblé des milliers de personnes. Le groupe de la section japonaise de la IVème Internationale, qui a groupé quelque 700 militants derrière ses drapeaux et banderoles, était le deuxième en ordre d'importance de ce cortège, après celui du Forward Group (Chukaku). appel fut d'autant plus remarqué que Casa nova est proche d'une aile du parti gouvernemental qui se trouve largement représentée au sein de l'administration du nouveau président Echeverria. Le principal quotidien du pays, Excélsior a reproduit l'appel du recteur Casanova et l'a publiquement approuvé.

Le mercredi 18 novembre s'est tenu un meeting monstre à la cité universitaire de Mexico, auquel ont participé 10.000 personnes. L'extrême-gauche, notamment les principaux leaders étudiants en prison et nos camarades de la G.C.I. (Grupo Comunista Internacionalista) se différencient du recteur (appuyé par le P.C.) en réclamant l'amnistie non seulement pour les étudiants et les intellectuels, mais pour tous les prisonniers politiques (notamment de nombreux militants ouvriers et les révolutionnaires arrêtés pour « lutte armée »), proclamant ainsi le principe de la solidarité collective de tous les prisonniers. syndicats et la constitutution d'un front ouvrier uni en vue de l'Assemblée Constituante convoquée par le gouvernement du général Gowon. Le leader syndical le plus connu du pays, Imoudou, a participé au meeting. khrouchtchévien paraguayien, lié à la bureaucratie soviétique, qui osent calomnier le dirigeant communiste et combattant exemplaire que fut Agapito Valiente de « provocateur de la police ». Sans connaître l'actuelle ligne politique du PCP et sans pouvoir nous prononcer quant aux divergences qui le séparent du groupe khrouchtchévien, nous approuvons en tout cas leur condamnation énergique des méthodes de calomnies Staliniennes.

Pays Bas Montée de luttes ouvrières

L'année 1970 a vue une flambée de grèves sauvages et officielles, déclenchées par la grève sauvage des dockers de Rotterdam en sep tembre. Le 16 décembre, cette flambée a culminé dans une grève générale d'une heure. Pérou « Rationalisation » dans l'industrie automobile

La « rationalisation » et la concentration dans l'industrie automobile, décidées par le gouvernement « réformiste » du général Velasco, a abouti au licenciement de 1500 ouvriers, révélant une fois de plus la véritable nature de ce gouvernement et de la loi sur la Italie Nouvelle flambée de manifestations

Un an après les incidents du 12 décembre 1969 à Milan, qui servirent de prétexte à une contre-offensive des forces gouvernementales et répressives, une nouvelle flambée de manifestations de rue s'est produite en Italie. Le 12 décembre 1970, un étudiant fut tué par France

Si la perspective d'un mouvement généralisé de la classe ouvrière est bouchée par l'absence de perspectives en matière de pouvoir, la combativité des travailleurs s'exprime dans de nombreux combats partiels, en particulier dans de multiples cas par des formes dures de lutte.

C'est ainsi qu'il y a eu quelques cas de grèves accompagnées de séquestration de directeurs ou de personnel de maitrise. Ce sont plus particulièrement des jeunes qui ont eu l'initia.

tive de telles opérations, et cela inquiète aussi bien des observateurs bourgeois qui rappellent le rôle joué par des jeunes dans les grèves qui eurent lieu dans les mois qui précédèrent le

Mai de 1968, et les bureaucrates syndicaux qui sont génés dans leurs pratiques routinières par ces méthodes.

Les bureaucrates de la CGT traduisent leurs inquiétudes en s'efforçant de procéder à des mesures d'exclusion de la CGT de militants qui se montrent anti-conformistes. Le cas le plus notable est celui du camarade Hernot, appuyée par tous les syndicats néerlandais, pour protester contre le projet de blocage des salaires déposé par le gouvernement réactionnaire. L'année 1970 verra sans doute le record absolu de « journées perdues pour fait de grève » depuis la deuxième guerre mondiale. « participation » des ouvriers à la gestion de l'industrie capitaliste, tant vantée par le groupuscule de Frias et les posadistes. Les camarades trotskystes du FIR, ainsi que ceux de Vanguardia Revolucionaria, ont mené une action vigoureuse contre ces mesures antiouvrières. la police à Milan à l'issue d'un cortège des organisations ouvrières.

Le P.C. refusant d'organiser des manifestations de protestation, celles-ci éclatèrent un peu partout sur l'initiative des organisations d'extrême-gauche. Leur succès effraya la bourgeoisie : à Milan, 50.000 manifestants ; à Rome 10.000 ; à Naples 7.000 ; à Turin 7.000 ; à Gênes 2.000 etc. militant du P.C.F. de très longue date et militant syndical ayant eu des responsabilités depuis plus de 35 ans. Secrétaire des syndicats C.G.T. de la Vallée de l'Andelle, il avait été, comme tant d'autres, troublé par l'orientation suivie en mai 1968. Lorsqu'en janvier 1970, des militants ouvriers ont été poursuivis pour avoir fait appel à la solidarité envers des soldats, comme le camarade Devaux, membre de la Ligue Communiste, poursuivis pour leur oropagande au sein de l'armée, il s'est solida risé avec eux et démissionna du P.C.F. qui s'opposait à toute action de solidarité. Sans le moindre respect pour les dispositions statutaires, il fut alors exclu de la C.G.T.

Répétons-le : le cas du camarade Hernot est le plus frappant, il n'est pas unique. Mais cette politique d'exclusions préventives ne pourra guère durer, car l'extrême-gauche se développe, et ce même en dépit des nombreuses absurdités ou enfantillages politiques de la part de maoïstes, spontanéistes, etc.

La force de l'extrême-gauche s'est plus particulièrement manifestée à l'occasion du procès de Burgos. Alors que l'annonce de ce procès n'occupait que quelques lignes, y compris dans la presse du P.C.F., le Secours Rouge lança une campagne avec tracts, affiches, etc. Le tout couronné par une manifestation en fin d'après midi sur la place des Ternes au début de décembre. Celle-ci rassembla près de dix mille personnes. Elle était à peine terminée que les directions du P.C.F., de la C.G.T., etc. décidèrent à leur tour d'en faire une autre 48 heures plus tard. Tchécoslovaquie Une lettre ouverte pour la libération de Peter Uhl et de ses camarades

Voici plus d'un an que les militants Peter Uhl,. Radan Base; Jan Frolik, Sibylle Plogstedt et autres sont en prison à Prague, sous l'accusation d'avoir apartenu au Parti Socialiste Révolutionnaire et d'avoir « sapé » la « société socialiste », voire d'avoir préparé des « actes de sabotage au service de l'étranger ». Ces militants n'ont toujours pas été inculpés, et aucune date n'a été fixée pour un procès. Leur captivité est donc purement arbitraire, et frappe un délit

63 Toujours sous l'impulsion provoquée par la campagne du Secours Rouge, ils furent obligés d'en convoquer une autre quelques jours plus tard aux Champs-Elysées. Alors que le 1er Mai dernier, la direction de la CGT veilla à séparer carrément le cortège qu'elle organisa des militants d'extrême-gauche qui s'y étaient rendus, au cours de ces dernières manifestations elle n'osa pas se livrer à une telle séparation. Les staliniens devront s'habituer à la présence de l'extrême-gauche dans les manifestations et il leur sera ainsi plus difficile d'obtenir des mesures d'exclusion au sein des syndicats. d'opion pur.

Pour ces raisons, une lettre ouverte a été adressée au gouvernement tchécoslovaque par une série de personnalités communistes et socialistes-révolutionnaires d'Europe occidentale, réclamant la libération immédiate de ces camarades. Parmi les signataires de cette lettre se trouvent notamment les prof. Ernst Bloch, Agnoli, Krippendorf, M. von Brentano, Meschkat, Taubes (Allemagne), les députés Rossana Rosssanda, Natoli, Pintor (Italie), Jean-Paul Sartre, Rocard (France), Ken Coates (Grande-Bretagne), et nos camarades Ernest Mandel (Belgique) et Alain Krivine (France).

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