Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › n° 47

Le congrès pour l'Europe rouge

Quatrième Internationale, n° 47 · janvier 1971 · p. 16-17 · 959 mots

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Le Congrès pour l'Europe Rouge, convoqué par la Ligue Communiste (France) et les Jeunes Gardes Socialistes (Belgique) et organisé par le Secrétariat Unifié de la IVème Internationale, a rassemblé 3 500 révolutionnaires, venus de tous les pays d'Europe, les 21 et 22 Novembre 1970, à Bruxelles.

Les délégations étaient composées comme suit : France 1300 (1100 de la Ligue Communiste, 200 de « Lutte Ouvrière »), Belgique 600 (Jeunes Gardes Socialistes 500, Parti Wallon des Travailleurs et autres membres de la Confédération Socialiste des Travailleurs 100) Grande-Bretagne 310 ; Allemagne Occidentale 300 ; Suède 115 ; Italie 95 ; Suisse 80 : Danemark 70 : Luxembourg 50 ; autres délégations (Espagne, Grèce, Finlande, Irlande, Norvège, Portugal, Turquie, Chypre, et pays de l'Est) 100 ; observateurs et visiteurs belges et de pays non européens 500.

La séance plénière initiale était présidée par les camarades Henri Weber, (Ligue Communiste) et Guido Totté (Jeunes Gardes Socialistes) ; la séance plénière finale par le camarade Charles Michaloux (Ligue Communiste) et Guido Totté.

Après le discours d'ouverture d'Henri Weber, qui stigmatisa notamment les tracasseries de la police française à l'égard d'une partie de s délégations française et britannique, les retenant pendant des heures à la frontière pour vérification d'identité alors que le gouvernement français prétend adhérer au principe de « libre mouvement des hommes et des marchandises » au sein du Marché Commun, le camarade Ernest Mandel présenta le rapport politique au nom du Secrétariat

IEME INTERNATIONALE • l'europe rouge Unifié de la IVème Internationale. Ce rapport, intitulé « contre l'Europe des trusts, pour les Etats-Unis socialistes d'Europe », retraça les principales raisons qui amenèrent les monopoles d'Europe Occidentale à s'engager dans la voie de l'intégration économique de l'Europe capitaliste, et les conséquences néfastes, , de ces tentatives du point de vue des travailleurs d'Europe. Ces conséquences ne pourront être surmontées que dans une Europe socialiste unie. Il brossa un tableau de la montée des luttes ouvrières et de la radicalisation de la jeunesse en Europe, et indiqua les chances d'une convergence, pour la première fois depuis la naissance du mouvement ouvrier, de montées simultanées de la combativité des prolétariats français, italien, britanique, ouest-allemand et espagnol. Il esquissa les grandes lignes du programme de la révolution socialiste et appela les participants au Congrès à s'intégrer intimement dans l'avant-garde ouvrière et estudiantine de chacun de leur pays, en vue de construire le parti révolutionnaire et l'Internationale révolutionnaire, sans lesquels la victoire de la révolution socialiste est impossible en Europe.

Le congrès se répartit ensuite en dix commissions de travail, consacrés respectivement au bilan des luttes ouvrières, des luttes étudiantes, des luttes anti-impérialistes, des luttes anti-bureaucratiques en Europe de l'Est, du contrôle ouvrier, aux exigences dela lutte contre les dictatures espagnole, grecque et portugaise, et les menaces d'Etat fort qui s'affirment partout en Europe, aux besoins nouveaux et revendications nouvelles, nés du nouveau développement des forces productives, notamment dans le domaine de la Santé publique, de la lutte contre la pollution, du logement, des transports publics, de l'enseignement, etc..), au Mouvement de Libération des Femmes, aux revendications et au mouvement des lycéens et à la construction du parti et de l'Internationale. La division du Congrès en commissions de travail avait pour but de permettre une discussion et une participation plus nombreuse des militants aux débats que ne le permettaient des séances auxquelles assistaient 3.500 personnes.

Dimanche après-midi, en séance plénière, et dans une atmosphère survoltée d'enthousiasme révolutionnaire, (ponctuant les interventions par des slogans repris en choeur et des chants) le congrès entendit quelques rapports de travail des commissions, présentés par les camarades Livio Maitan (Italie) pour la commission des luttes ouvrières; Tariq Ali (Grande-Bretagne), pour la commission sur les luttes anti-impérialistes ; Charles-André Udry (Suisse), pour la commission « besoins nouveaux, revendications nouvelles ») ; Henri Weber (France), pour la commission étudiante, et par la camarade Brigitte Denaeke (France), pour la commission sur le Mouvement de Libération féminine.

Puis le camarade Alain Krivine, au nom du Secrétariat Unifié de la IVème Internationale, développa le rapport final du congrès sur les problèmes de construction du parti et de l'Internationale révolutionnaires. || souligna l'importance de la nouvelle avant-garde jeune qui avait fait irruption sur la scène politique partout en Europe, et indiqua les grands courants dans lesquels elle se subdivise actuellement : maoïste, spontanéiste et

ONALE 17 marxiste-révolutionnaire, c'est-à-dire léniniste. I souligna l'impasse dans laquelle le courant maoïste et spontanéiste mène rapidement l'avant-garde révolutionnaire et expliqua les raisons pour lesquelles la conception léniniste du parti d'avant-garde, se construisant en association et en métabolisme étroit avec le mouvement de masse, reste plus que jamais valable. Cela impliqua la définition d'une attitude correcte ni sectaire, ni opportuniste à l'égard des syndicats et des organisations ouvrières de masse traditionnelles.

Le congrès avait entendu, lors de sa séance d'ouverture, un message de salutations des camarades du Socialist Workers Party et de la Young Socialist Alliance, lu par la camarade Susan Lamont, ainsi que des messages de salutations écrits des camarades trotskystes japonais et ceylanais; du Parti Ouvrier Communiste du Brésil ; du Unity Movement d'Afrique du Sud; du Front Sandiniste de Libération du Nicaragua et des étudiants du Burandi. La séance finale du congrès se termina par la lecture de messages envoyés par le congrès aux prisonniers politiques ainsi que d'autres messages que nous reproduisons par ailleurs.

Le congrès se termina par une vibrante Internationale chantée, debout, et simultanément , dans toutes les langues d'Europe, par les milliers de révolutionnaires qui avaient pris conscience, au cours du congrès, des progrès importants réalisés par la IVème Internationale depuis le Mai français, et des possibilités d'étendre et d'intensifier la construction du parti et de l'Internationale révolutionnaire, en étroite association avec les luttes d'émancipation du prolétariat d'Europe et du monde.

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