Intense formation de cadres du mouvement trotskyste international
Pendant les mois de juillet-août, et au début du mois de septembre, le mouvement trotskyste mondial a développé une intense activité de formation de cadres. En Europe ont eu lieu une dizaine d'écoles de cadres dirigées par des militants de la IV• Internationale : une école internationale, deux écoles françaises, une belge, une allemande, une britannique, une italienne, une suédoise, deux écoles espagnoles et une école pour des militants des Etats ouvriers. Au total, un millier de camarades ont participé à ces écoles.
Nos camarades du Socialist Workers Party et de la Young Socialist Alliance des Etats-Unis, que seule la législation réac-
Deuxième conférence Les camarades de la Ligue Communiste (section française de la IV® Internationale) et des Jeunes Gardes Socialistes de Belgique (organisation sympathisante à la IV° Internationale) ont organisé fin juillet à Liège (Belgique) une conférence d'ouvriers révolutionnaires des industries sidérurgique et automobile d'Europe. Des cadres ouvriers de France, d'Italie, d'Alleningne
Appel pour un rass pour les Etats-Unis La Ligue Communiste (section française de la IV° Internationale) et les Jeunes Gardes Socialistes de Belgique, ont lancé un appel commun en faveur d'un rassemblement de deux jours à Bruxelles, les 21 et 22 novembre 1970, de tous les militants révolutionnaires ouvriers et étudiants d'Enrope, qui ont compris la nécessité de confronter les expériences de luttes des dernières années en vue de coordonner leurs combats et de construire ensemble l'organisation révolutionnaire à l'échelle internationale. Ce rassemblement, qui sera placé sous le signe des Etats-Unis Socialistes d'Europe, verra des milliers de militants, essentiellement jeunes, de tous les pays d'Europe, discuter en sept commissions de tionnaire du Voorhis Act empêche d'être section de la IV° Internationale, ont organisé un rassemblement de militants actifs consacré à l'échange d'expériences et à la formation de cadres. Sept cents d'entre eux se sont rassemblés à cette fin à Université d'Oberlin, dans l'Etat d'Ohio.
Les camarades de l'organisation de jeunesse de la section japonaise de la IV° Internationale, la Ligue Communiste Révolutionnaire, ont organisé une école de cadre avec deux cents participants.
D'autres activités de formation de cadres ont eu lieu simultanément en Amérique latine et dans d'autres pays d'Asie et d'Océanie. ouvrière européenne occidentale, de Belgique et du Danemark y ont participé, les camarades britanniques ayant été retenus dans leur pays par la grève des dockers. C'est la deuxième rencontre européenne d'ouvriers révolutionnaires cette année, la première ayant été organisée à Turin. Notre presse hebdomadaire a publié un compte rendu détaillé des travaux de cette conférence. emblement européen socialistes d'Europe travail (bilan des luttes ouvrières ; bilan des luttes étudiantes ; bilan des luttes antiimpérialistes ; campagne pour le contrôle , ouvrier; besoins nouveaux; revendications nouvelles ; solidarité avec les luttes antibureaucratiques en U.R.S.S. et en Europe orientale ; lutte contre les dictatures espagnole, portugaise et grecque et menaces d'Etat fort), encadrées par deux rapports principaux : un rapport introductif d'Ernest Mandel sur la crise du capitalisme en Europe et la lutte pour les Etats-Unis Socialistes d'Europe ; un rapport de conclusion d'Alain Krivine, sur la construction de partis et de l'Internationale révolution. naires.
ARGENTINE
Congrès de « la Verdad »
L'organisation « La Verdad », organisation gués. Cette organisation publie régulièresympathisante de la IV* Internationale, a ment son hebdomadaire « La Verdad > sur tenu en juillet son congrès annuel à Monte- pages.
video en présence d'une centaine de délé-
BOLIVIE
Le P.O.R. aux côtés des étudiants et des universitaires frappés par la répression
Le P.O.R. (section bolivienne de la IV*
Internationale) a vigoureusement dénoncé l'assassinat de deux universitaires de Cochachamba, Jenny Koeller Echalar et Hermogenes Catalan Avilés, dans le n° 1 de son journal Combate, qui paraît maintenant tous les quinze jours imprimé sur huit pages. Il a dénoncé les responsables de cet assassinat et de l'agression armée contre Université de Cochabamba comme étant non seulement quelques conspirateurs, mais toute la direction réactionnaire de l'armée.
Cette dénonciation, publiée fin juin 1970, a préfiguré la polarisation de forces qui s'est produite au mois de juillet avec l'occupation de l'Université de La Paz par des éléments ultra-droitiers et la préparation
Pour la première fois depuis la fin de la guerre civile, le régime franquiste a fait tirer sur une foule de grévistes! Cela s'est produit en juillet à Grenade, lors d'une grève des ouvriers du bâtiment, en raison de l'attitude énergique d'auto-défense des grévistes, confrontés avec la répression policière.
La fusillade a causé trois morts dans les rangs des grévistes, ainsi que de nombreux blessés (en même temps, une trentaine de flics ont été blessés), et a été suivie par l'arrestation d'une centaine d'ouvriers. Elle survient après plusieurs mois d'agitation des ouvriers du bâtiment qui avait donné lieu, en juin, à une grève de 40.000 ouvriers dans la région de Séville.
La fusillade a provoqué une intense émotion dans toute la classe ouvrière espagnole. Il y a eu des grèves spontanées immédiates d'un quart d'heure dans des usines, aux Asturies, à Barcelone, à Madrid, au grand jour d'un coup d'Etat par les trois chefs d'état-major des forces armées.
De son côté, la Fédération des Etudiants de Cochabamba, dans le tract distribué au cortège de funérailles de Jenny Koeller et d'Hermogenes Catalan, auquel participèrent
15.000 personnes, a réclamé la liberté de tous les prisonniers politiques et de tous les guerilleros en prison, dont les camarades du P.O.R., à commencer par le camarade Vasquez, dirigeant mineur de Huanuni.
Elle a également réclamé la liberté d'action pour le camarade Hugo Moscoso Gonzale:, secrétaire du P.O.R., persécuté par le gouvernement et obligé à une existence clan. destine. à Bilbao, à Valencia et ailleurs, ainsi que des manifestations de rue et des distributions de tracts. En même temps, ces événements ont clairement démontré combien une organisation politique nationale fait défaut au prolétariat espagnol (même le P.C. a été incapable d'organiser une riposte à léchelle nationale), et combien la ligne néo-réformiste du P.C. se trouve dépassée.
Quelques jours après la fusillade de Grenade, la grève du métro à Madrid survenant le 29 juillet (après 14 jours d'agit»ton), a vivement impressionné toute la population de la capitale. Un conseil des ministres extraordinaire s'est réuni sur le champ pour s'occuper du conflit; il a proclamé la « mobilisation militaire › des grévistes. Réunis en assemblée générale, les grévistes ont alors décidé de reprendre le travail.
Cette grève, dont l'aspect politique n'a échappé à personne en Espagne, a montré
ESPAGNE
Fusillade à Grenade et grève du métro à Madrid reve du metro a Madrid
ESPAGNE
Fusillade à Grenade et grève du métro à Madrid
Q VATRI la tendance de la classe ouvrière à déborder les cadres de l'action purement corporative et syndicale, dans lesquels l'orientation néo-réformiste du P.C. et de ses satellites a voulu l'enfermer.
C'est la première fois depuis plus de trente ans qu'on tire sur des grévistes en Espagne parce qu'ils osent se défendre contre la violence policière. C'est la première fois depuis plus de trente ans que le métro de Madrid se met en grève et menace de paralyser toute l'industrie de la capitale.
Réclamant l'ajustement de leurs salaires minimum de base à leurs gains effectifs, afin de se prémunir contre les contrecoups de la rationalisation des ports britanniques (plan Devlin), les dockers britanniques s'étaient mis en grève spontanément, à la veille de la fin du préavis de grève en juillet, afin d'exercer une pression sur leurs dirigeants qu'ils sentaient hésitants. Ces dirigeants de la Transport & General Workers Union sentant d'où soufflait le vent, cédèrent devant la pression et « officialisèrent » la grève.
Celle-ci se trouva, de ce fait, dirigée par les cadres officiels du syndicat, pas toujours représentatifs et surtout pas toujours démocratiquement élus. Il n'y eut pas de comités de grève élus sur les lieux de travail par les grévistes. Les bureaucrates de ‹ gauche » qui dirigent la T. & G.W.U., du type de Jack Jones, purent ainsi manœuvrer. La publication d'un rapport « impartial » d'arbitrage, qui attribue aux dockers quelque 7 % d'augmentation de salaires globaux, mais sans aucun ajustement du salaire de base, offrit l'occasion aux bureaucrates d'arrêter le combat. Surpris et déso-
Le camarade Andrew Puley, le jeune candidat noir (il est âgé de 19 ans) que le Socialist Workers Party des Etats-Unis a présenté aux élections du 7º distriet électoral de Californie, a effectué fin juin une tournée de propagande fort réussie en Inde, sur l'invitation du Socialist Workers Party (section indienne de la IV° Internationale)
et de diverses organisations anti-guerre. Il a notamment parlé devant 2.000 personnes
EME INTERNATIONALE La classe ouvrière espagnole surmonte les effets de sa défaite durant la guerre civile. Une nouvelle génération de révolutionnaires espagnols monte, qui achèvera l'œuvre que les masses laborieuses héroïques avaient commencé en juillet-août 1936, lorsqu'elles désarmèrent et écrasèrent la racaille faciste dans presque tous les centres urbains, et dans de vastes zones agricoles du sud, avant de se faire voler leur victoire par des politiciens et des syndicalistes incapables et traîtres à la révolution. rientés, les dockers, mécontents du résultat, ne voulurent pas continuer la grève en ordre dispersé, et reprirent le travail. L'absence d'une direction de rechange, à la base, se fit durement sentir.
La grève des dockers avait été marquée par un vigoureux mouvement de solidarité internationale, le premier du genre depuis très longtemps, concernant notamment les ports français de la mer du Nord, les ports belges et la plupart des ports scandinaves. Le mouvement fut moins suivi aux PaysBas et scandaleusement saboté par la direction du syndicat ouest-allemand des, transports, l'Oe.V.T., qui se contenta d'une • solidarité financière >, tout en faisant faire du travail de jaunes par ses membres.
Les camarades de I'I.M.G. (section britannique de la IV° Internationale) sont intervenus dans la grève en publiant un numéro spécial du journal Red Mole entièrement consacré au conflit. Ce numéro a été largement vendu dans les docks et bien reçu par les grévistes. Il a permis à la section britannique de réaliser des gains organisationnels dans cette avant-garde de la classe ouvrière britannique. au cours d'un meeting public à Bombay. Il a tenu des réunions publiques à Surat et à Baroda, dans le Gujarat, à Calcutta et dans d'autres centres du Bengale, ainsi qu'à Madras. Dans un district du Bengale, il a parlé devant 600 paysans armés d'ares et de flèches pour se défendre contre la violence des propriétaires fonciers et des policiers à leur aide.
GRANDE-BRETAGNE
Grève des dockers
INDE
Tournée de propagande du camarade Puley
GRANDE-BRETAGNE
Grève des dockers
INDE
Tournée de propagande du camarade Puley
ITALIE
La police tire sur les grévistes à Porto Machera
Bma Pouce ure sur les
Pour la première fois depuis les incidents de l'automne et l'hiver « chaud » 1969-70, la police italienne a de nouveau ouvert le feu sur des grévistes et ce à Porto-
Maghera, près de Venise. La fusillade s'est produite au cours d'une tentative d'ouvriers du secteur de la construction mécanique, en campagne revendicative depuis des mois, d'établir des piquets devant les grandes usines de la région (Italsider, Petrolchimico, SIRMA, SAVA), afin d'attirer l'attention de la masse ouvrière sur leur cas. Le 3 août, la police a cherché à les disperser à coups de grenades lacrymogènes. Le 4 août, tous les ouvriers sont sortis
Amedeo
Avee Amedeo Bordiga disparaît un des survivants de la génération de militants qui, dans le mouvement ouvrier, avaient participé à la lutte contre la première guerre mondiale et la trahison social-démocrate de 1914 et à la formation des partis communistes
Bordiga dirigea effectivement le Parti communiste italien dès sa formation — dans laquelle il joua un rôle décisif - jusqu'en 1925 ; il participa à plusieurs congrès de l'Internationale communiste et représenta celle-ci au Congrès du Parti communiste français en 1921.
Dans son activité politique, il défendit très tôt des positions sectaires (non-participation aux élections parlementaires, opposition au front unique entre partis ouvriers, etc.) que Lénine combattit, notamment dans la Maladie infantile du communisme. En 1925, Bordiga perdit la direction du PC. d'Italie au profit d'une tendance à la tête de laquelle se trouvait Gramsei. Il fut exclu de ce parti en 1929, peu après sa libération d'un camp de concentration fasciste.
revistes a forto Magnera des usines pour protester contre les violences de la veille. De nouveau, la police a cherché à les disperser par la violence ; cette fois-ci, les ouvriers ont organisé la riposte et ont tenu tête, pendant plus de trois heures, au 2° détachement de la Celere
(l'équivalent italien des C.R.S.) de Padoue.
C'est au cours de ces incidents qu'un officier de la Celere a fait feu sur les ouvriers.
Un ouvrier a été blessé grièvement, un autre sérieusement. Le lendemain, une grève générale eut lieu dans toute la province de Venise et la gare de Venise-Mestre fut spontanément occupée par les travailleurs, pour protester contre la fusillade. Bordiga dirigé une révolution bourgeoise : son esprit mécaniste pensait en catégories figées et Bordiga ne saisit nullement la théorie de la révolution permanente.
Une tentative de collaboraion des bordiguistes et des trotskystes vers la fin des années 20 et le début des années 30 ne . donna rien.
Sa fraction qui comportait dans les années 20 des militants valeureux connut dans l'exil le sort de peau de chagrin des oppositions au stalinisme. Bordiga, vivant à Naples après sa libération, se trouva paralysé dans le domaine politique. Après la chute du faseisme, Bordiga eut une activité politique limitée ; il guidait un groupe aux positions plus sectaires que jamais, semblant se complaire dans son isolement et répétant à satiété toutes les critiques politiques que cette fraction bordiguiste avait adressées à Lénine et Trotsky dans les premières années de l'Internationale communiste et ensuite à Trotsky et à la IVe Internationale. Des événements gigantesques bouleversaient le monde ; Bordiga et sa fraction reprenaient les mêmes phrases qu'ils avaient employées jadis, en dehors de toute analyse concrète : pour eux, il y avait d'une part le capitalisme, d'autre part une avant-garde communiste réduite pratiquement a eux. Pendant de longues années, nombre de gens qualifiaient de « secte » toutes les formations opposées au stalinisme en raison de leurs effectifs réduits ; mais le renouveau de la lutte de classe en Europe commence à faire faire la distinction entre celles qui étaient vraiment des • sectes en raison de leurs idées et celles dont les idées trouvent et trouveront un écho de plus en plus grand dans les masses en mouvement.
La conception du parti qu était bien plus celle d'une sélectionnée en premier lieu ment que d'une avant-garde il défendait avant-garde idéologiquesélectionnée d'abord politiquement dans la lutte de classe et éduquée théoriquement sur cette base (thèses de Rome). Il s'opposa évidemment au stalinisme, entre autres aux méthodes qui furent employées en Union soviétique et dans l'Internationale communiste pendant les années 20 pour éliminer Trotsky et toutes les oppositions. Mais ses conceptions sectaires l'amenèrent à conclure que l'Union soviétique était un « capitalisme d'Etat », les bolcheviks ayant, selon lui, en fait,
De ce point de vue, le nom de Bordiga restera honoré dans l'histoire du communisme comme celui d'une forte personnalité, d'une remarquable intelligence, inébranla-
EME INTERNATIONALE blement fidèle à la révolution prolétarienne, mais l'histoire enregistrera aussi le bordiguisme comme un courant sectaire typique, de plus en plus replié sur lui-même.
MEXIQUE
Opposition croissante aux élections présidentielles
Les élections présidentielles qui ont eu lieu le 5 juin dernier au Mexique, ont fortement inquiété l'opinion bourgeoise, Tout le monde tenait évidemment pour acquise la victoire du candidat officiel, Luis Echeverria. Mais ce qui a provoqué la surprise, c'est le grand nombre d'abstentions et le nombre très élevé de voix obtenues par le candidat de lopposition.
Sur 22 millions d'électeurs inscrits, il y a eu 7 millions d'abstentions, et le parti d'opposition a obtenu 4,5 millions de voix (30 % des voix exprimées, contre 20 %
Agitation estudiantine et
A l'Université de Quito, l'extrême-gauche a complètement triomphé aux dernières élections : la liste majoritaire fut celle de l'alliance du M.I.R. et du Parti Socialiste Révolutionnaire ; en deuxième position vint la liste du P.C. pro-chinois. Celui-ci ne reconnut d'ailleurs pas le résultat du serutin, et la Fédération estudiantine se scinda en deux.
Le dirigeant de la Fédération dominée par les maoistes, Milton Keyes, fut enleve par un commando terroriste d'extrême-droite (sans doute un commando de l'armée), sauvagement torturé et assassiné fin mai. mai. Cinquante mille personnes assistèrent à son enterrement, qui amena l'agitation astudiantine à un niveau encore plus élevé. La Fédération estudiantine se réunifia, la direction majoritaire M.I.R.-P.S.R. s'effaçant délibérément pour manifester sa solidarité avec les maoïstes, victimes de la répression.
Il se produisit alors une deuxième provocation de la part de la droite : un attentat à la bombe qui détruisit complètement l'imprimerie universitaire, « accusée groupes de jeunes opposants.
« A Saratov, du 5 au 13 janvier, trois jeunes gens ont été jugés sous l'inculpation d'avoir créé une organisation antisoviétique et de poursuivre une propagande et une agitation antisoviétique (articles 70-1 en 1967 aux élections parlementaires, et 10 % en 1958 et 1964). C'est dire qu'Echeverria n'a en réalité pas obtenu Tappui de la moitié des électeurs inserits. Si l'on y ajoute la fraude électorale évidente, et le fait qu'un million et demi d'électeurs en âge d'élire ne se firent pas inserire sur les listes électorales, l'échec du parti P.R.L., qui gouverne le Mexique depuis plus d'un demi-siècle et qui incarne aujourd'hui la bourgeoisie « nationale » collaborant intimement avec l'impérialisme yankee, devient véritablement impressionnant. d'avoir imprimé surtout des textes d'extreme-gauche Cette fois-ci, la Fédération des Travail- «subversifs ». leurs de la province de Pichincha (où se trouve la capitale Quito) se solidarisa avec la Fédération des Etudiants, et un grand meeting populaire, suivi d'une puissante manifestation, rassembla de nouveau des dizaines de milliers de personnes.
C'est immédiatement après ce meeting que le président Velasco Ibarra s'empara, le 22 juin, des pleins pouvoirs, avec l'appui intégral de l'armée. Beaucoup de dirigeants étudiants et ouvriers, ainsi que le reeteur de l'Université de Quito et dirigeant du P.R.S., Manuel Aguire, furent, arrêtés. Vingtquatre parmi eux ont cependant de nouveau été libérés fin juillet, la dictature menant une « guerre sur deux fronts », contre la « subversion › d'extrême-gauche d'une part, contre certains secteurs de l'oligarchie (exportateurs de bananes) d'autre part, qui furent mécontents d'une augmentation des impôts décrétée par Ibarra pour contrecarrer la banqueroute financière et l'inflation galopante. et 72 du Code criminel de la R.S.F.S.R.) (1).
Le chef de l'organisation était un nommé Senine, étudiant à l'Institut d'études juridiques. Les autres étaient : Romanov, en 4° année dans la section d'histoire de l'Uni-
EQUATEUR
Anat de a dictature proclamation de la dictature
U.R.S.S.
Procès contre trois groupes de jeunes opposants
Le douzième numéro de la publication samizdat Chronique des événements courants, daté fin février 1970, contient le rapport suivant sur les procès de trois groupes de jeunes opposants.
EQUATEUR
Anat de a dictature
U.R.S.S.
Procès contre trois groupes de jeunes opposants
Le douzième numéro de la publication samizdat Chronique des événements courants, daté fin février 1970, contient le rapport suivant sur les procès de trois versité d'Etat de Saratov, Koulikov, diplômé de la section d'éducation physique de la même université où, au moment de son arrestation, il servait d'instructeur de gymnastique, Kirikine et Bobrov, étudiants à T'Institut juridique, et Fokeev, étudian. de nuit à la même université.
Le plus vieux, Koulikov, est âgé de 28 ans. Tous les accusés se reconnurent coupables et exprimèrent leur repentir.
Devant la Cour comparut une cinquantaine de témoins, la plupart des étudiants. Selon des informations non vérifiées, l'organisation s'appelait « parti des vrais communistes », avait un programme d'inspiration démocratico-libérale, et s'était donné pour but d'étudier de façon créative, la littérature marxiste dans les sources originales ainsi que d'autres ouvrages d'auteurs soviétiques et étrangers, qu'ils soient publiés ou interdits.
Au procès, les accusés soulignèrent en particulier qu'ils faisaient de la propagande (« beaucoup d'idées pour un petit nombre ») plutôt que de l'agitation (« quelques idées pour un grand nombre ») et que de nouveaux membres n'étaient admis dans l'organisation que s'ils s'étaient familiarisés avec cette littérature de propagande et seulement s'ils étaient en accord avec les positions politiques.
Le procès fut organisé sur le modèle de procès semblables à Moscon (un auditoire spécialement invité, quelques-parents). Au dehors, il y avait environ 100 à 150 personnes, pour la plupart des jeunes.
Pendant la seconde moitié de 1968, Riazan, six étudiants de l'Institut radiotechnique de la ville formèrent un groupe illégal, ‹ le parti marxiste d'un type nouveau ». Ils s'appellent Yuri Vudka, Valeri Vudka, Chimonas Grilius, Frolov, Martimonov et Zaslavsky.
Yuri Vudka, étudiant par correspondance et tourneur à l'usine d'outillage agricole de Riazan, écrivit une brochure sous le pseudonyme de L. Borine, intitulée « la chute du capital », qui était le document programmatique de ce groupe.
En août 1969, le groupe fut arrêté par le KGB. Les arrestations furent précipitées lorsque deux membres, Martimonov et Zaslavsky se livrèrent aux autorités, avec des aveux et des dénonciations de leurs camarades. Les inculpations furent faites en vertu des articles 70 et 72. L'affaire fut jugée en février 1970 par la Cour populaire de la région de Riazan. Il y eut des témoins en provenance de la région de Moscou, de Leningrad, de Kiev, de Saratov et d'autres ville. Il semble que le groupe de Riazan avait des connexions avec d'autres villes. Le groupe de Saratov, dirigé par Senine, jugé un mois plus tôt, avait la même brochure « la chute du capital › comme document programmatique.
Yuri Vudka fut condamné à 7 années,
IONALE 61 Vudka à 3 années, tous sous un sévère régime. Zaslavsky et Martimonov, qui étaient en liberté surveillée, reçurent des peines avec sursis.
A Gorki, l'affaire de Mikhail Kapranov, Serge Ponomarev et Vladimir Jiltsov et l'affaire connexe de Vladlen Pavlenkov continuent.
M. Kapranov avait été un étudiant de I Université d'Etat de Gorki. Il avait élé deux fois exelu de l'université pour ses déclarations sur la politique et l'économie de PU.R.S.S., une fois lors d'un meeting du Komsomol et une fois dans une lettre personnelle. Il est le père de deux garçons.
S. Ponomarev est un étudiant de philosophie, membre de la rédaction du journal d'une usine locale, et père d'une fille de 4 ans.
V. Jiltsov est étudiant en 5° année de la section d'histoire de l'Université d'Etat de Gorki. Il a toujours été un étudiant de valeur exceptionnelle. Lors de son arrestation, il a eu la jambe brisée. Il fut arrêté juste avant de présenter sa thèse.
Tous trois furent arrêtés pendant l'été de 1969 et les inculpations contre eux trois furent changées en janvier 1970, l'article 190-1 du Code criminel de la R.S.F.S.R. (2) étant retirées pour être remplacées par les articles 70 et 72. Ils sont accusés d'avoir fait et distribué des tracts. Les enquêteurs se nomment Khokhlov, Belovzorov et Saveliev.
Pendant le printemps de 1968, lors de la célébration du centième anniversaire de l'Université de Gorki, des tracts furent distribués et collés dans les rues de la ville, notamment en face du bâtiment du KGB et sur le bâtiment de l'Université. Ils conte" naient un appel avec les points suivants :
- Une demande de réhabilitation totale de ceux qui avaient été condamnés dans les procès politiques des années 30 et une exposition publique complète du véritable caractère de ces procès ;
— Une demande que les conditions dans lesquelles sont couramment maintenus les prisonniers politiques soient améliorées ;
- Une demande pour des libertés démo-. cratiques.
Ils sont également inculpés de tentative de formation d'une organisation antisoviétique. Il est possible qu'ils aient eu l'intention de fonder un groupe pour combattre les violations de la légalité, rien de plus.
En octobre 1969, V. Pavlenkov fut arrêté. Né en 1929, il était un enseignant d'histoire à l'Université. Les Chroniques ne savent pas de quoi il est accusé, si son cas est lié à ceux des trois autres, ou s'il s'agit d'une seule et même affaire.
Les enquêteurs envoyèrent Pavlenkov pour être soumis à un examen psychiatri. que. Sa femme Svetlana écrivit au principal enquêteur du KGB, Kkokhlov, que si l'on trouvait son mari mentalement incompétent, elle se suiciderait. Elle envoya la même
S. Grilius et Frolov à 5 années chacun, V. "déclaration au procureur général de l'Union
QUATRI soviétique, Rudenko, et au président du KGB, Andropov.
V. Pavlenkov fut déclaré « sain ».
Autre témoignage de l'opposition marxiste antibureaucratique dans la jeunesse de l'Union soviétique. Récemment est parvenue à la presse mondiale, l'information qu'une étudiante en économie, Olga Yoffé, âgée de 20 ans, jugée en son absence par le tribunal de Moscou pour activités antisoviétiques, déclarée « malade mentale » a été condamnée à un internement illimité dans un hôpital psychiatrique. Elle avait été arrêtée le ler décembre 1969 pour avoir en sa possession des tracts dénonçant « le retour au stalinisme » et des publications clandestines.
Deux de ses amis, Irina Kaplun, âgée de 20 ans, étudiante en linguistique, el Vacheslav Bakhmine, étudiant en physique, seront jugés en ce mois de septembre, par le même tribunal, pour le même motif. Tous trois avaient déjà été arrêtés en 1967.
Il faut souligner l'infâmie particulière que constitue, plus encore que l'arrestation, la sentence qui envoie des opposants politiques
Un retour
On se souvient qu'au déclin du mouvement de mai 68, le gouvernement français prit le 12 juin, un décret par lequel il prononçait la dissolution d'une dizaine d'organisations d'avant-garde, dont le P.C.I., la J.C.R., IO.C.I., Voix ouvrière, le P.C.M.L., ete., en vertu d'une loi du 10 janvier 1936, visant les associations ‹ qui provoqueraient à des manifestations armées dans la rue » ou qui auraient pour but « d'attenter par la force à la forme républicaine du gouvernement. »
La plupart des organisations dissoutes, plus exactement des militants responsables de ces organisations, firent appel contre ce décret et s'adressèrent, conformément à la loi, au Conseil d'Etat, la plus haute instance de juridiction administrative du pays. Celuici devait, selon la loi du 10 janvier 1936, se prononcer dans le plus bref délai. C'est le 21 juillet 1970, soit au bout de deux ans, que le Conseil d'Etat statua.
Les arrêts du Conseil d'Etat sont des documents juridiques qui, en eux-mêmes, ne peuvent concerner les conséquences de mai 1968 quant à l'état de l'avant-garde révolutionnaire en France : elle s'est renforcée numériquement de façon sensible, ce qui a entraîné des mutations organisationnelles profondes et la formation de nouvelles organisations révolutionnaires, dont la Ligue Communiste.
EME INTERNATIONALE dans un asile psychiâtrique. Après le cas du général Grigorenko, après celui de la poétesse Natalie Corbanevskaia, il est évident qu'il s'agit d'un système délibéré de la part des bureaucrates du Kremlin. II faut aussi rappeler que ceux-ci ont dû ,il y a peu de mois, renoncer à employer cette mesure contre le savant Jaurès Medvedev, devant l'intervention des plus hautes sommités de la science soviétique. Le mouvement ouvrier, plus particulièrement les militants des partis communistes, doivent être appelés à intervenir pour obliger les di. rigeants soviétiques à abandonner d'abord celle procédure infâme de répression, ensuite toute répression d'ordre politique. La non intervention n'est qu'un « principe » pour les Marchais et autres Duclos qui ont couvert et couvriront les crimes du Kremlin, leur & principe » est tout simplement un crime contre l'internationalisme prolétarien.
(1) L'article 70 vise la propagande et l'agitation antisoviétique.
(2) Article Visant les - calomnies • contre l'Etat soviétique et le système social. sur Mai 68
Mais, en dépit de leur nature juridique particulière, les arrêts du Conseil d'Etat présentent aussi un intérêt politique. En effet, le Conseil d'Etat a rejeté tous les pourvois présentés devant lui à l'exception de celui présenté par FOCI et la FER, c'est-à-dire par les organisations lambertistes. Le décret gouvernemental les concernant se trouve donc annulé et PO.CI. nous annonce sa résurrection.
Fort bien. Mais pourquoi cette différence de traitement de la part du Conseil d'Etat envers celle organisation ? Pourquoi les autres organisations, notamment celles se rattachant aussi au trotekysme, tel le P.C..., n'ont-elles pas trouvé la même faveur auprès du Conseil d'Etat ?
Dans une récente déclaration, l'O.C.I. se livre à de longues dissertations au sujet des revendications, démocratiques, des libertés démocratiques, dissertations qui ne répondent pas à ces questions. Il y a aussi des propos sur des divergences qui existent dans la bourgeoisie, sur le référendum à la suite duquel de Caulle donna sa démission, mais elles ne peuvent tout de même pas expliquer que l'une des organisations trouve une audience plus favorable que les autres auprès d'une aile de la bourgeoisie, et, moins encore, la décision du Conseil d'Etat. Il y a aussi dans cette déclaration quelques mots pour laisser entendre que le Conseil
FRANCE
FRANCE d'Etat aurait reculé sous la pression de l'action exercée par l'A.J.S., mais ceux qui ont ecrit ces mots l'ont fait avec tant de précaution, ces mots sont si ouatés, que ceux qui les ont écrits montrent qu'ils ne croient pas eux-mêmes à cet argument.
Alors, quelle est l'origine de la différence des arrêts pris par le Conseil d'Etat ? Curieusement, la longue déclaration de l'O.C.I. ne cite pas le motif que celui-ci invoque pour rejeter les pourvois du P.C.I., de la J.C.R., de Voix ouvrière, etc. Pourquoi ne pas confronter les considérants des décisions de justice ? Faisons-le à la place de l'O.C.I.
Pour l'O.C.I., la F.E.R., on lit :
« Considérant qu'il ne ressort pas des pièces du dossier produit devant le Conseil d'Etat [par le gouvernement] que les associations ou groupements de faits susénumérés aient provoqué à des manifestations armées dans la rue ou aient eu pour but d'attenter par la force à la forme républicaine du gouvernement ; qu'ainsi le décret du 12 juin 1968, en tant qu'il a prononcé leur dissolution, manque de base légale et se trouve, par suite entaché d'excès de pouvoir ; >
Pour la J.C.R. et le P.C.I., on lit :
« Considérant qu'il ressort des pièces versées aux dossiers que, tant par la diffusion de tracts et d'affiches que par des consignes données à leurs militants, la & Jeu nesse communiste révolutionnaire » et le « Parti communiste internationaliste » ont provoqué à des manifestations armées dans la rue ; qu'ils tombaient ainsi sous le coup des dispositions du 1º de l'article premier de la loi du 10 janvier 1936 aux termes duquel..; qu'ainsi les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le décret attaqué... est entaché d'excès de pouvoir ; »
Nous ne discuterons pas ici l'interprétation de « manifestations armées » faite par le gouvernement et le Conseil d'Etat ; il y eut certainement des appels à des manifestations contre le gouvernement. Et c'est même, à ce propos, que les arrêts du Conseil d'Etat deviennent intéressants.
En effet, si l'on traduit ces arrêts de leur langue juridique compréhensible par les initiés en termes de vocabulaire politique, compris par tous, le Conseil d'Etat fait la différence suivante : PO.C.I. a fait en mai 1968 de la propagande révolutionnaire, et la propagande révolutionnaire — si « dure » soit-elle — ne peut servir de base à un décret de dissolution prise en vertu de la loi du 10 janvier 1936 ; par contre, le P.C.I. et la J.C.R. ont fait dans cette période des appels pour des actions révolutionnaires, appels qui tombent sous le coup de la loi.
Effectivement, en mai 1968, l'O.C.I. n'a pas été au-delà de la propagande révolutionnaire : elle est intervenue contre le maintien des barricades du 10 mai, rue Gay-Lussac, contre la descente du 13 mai de Denfert-Rochereau au Champ de Mars, pour la dispersion de la manifestation du 24, gare de Lyon. Elle n'a fait, selon sa déclaration récente, qu'appeler « les organisations ouvrières », c'est-à-dire en l'occurrence les centrales syndicales et le P.C.F., à organiser, elles, des manifestations.
A sa façon, le Conseil d'Etat a invité le gouvernement, plus particulièrement le ministre de l'Intérieur, à savoir lire soigneusement et à discerner entre propagande et action révolutionnaire. A la différence de Marcellin, ces Messieurs ont pris deux ans pour le faire. Mais qu'ils règlent leurs comptes entre eux!
D'autre part, le Conseil d'Etat a donné à IO.C.I., pour sa politique en mai 1968, un certificat de bonne conduite. L'O.C.I. n'a vraiment pas de quoi se vanter !