Le Gruppe Internationaler Marxisten (G.I.M., Groupe Marxiste International), section allemande de la IV° Internationale, a tenu, à la Pentecôte, son congrès annuel. Le G.I.M. a décidé d'appuyer la constitution d'une organisation de jeunesse communiste révolutionnaire (R.K.J.), et adopté
Le P.R.T. (section argentine de la IV° Internationale) a été l'objet d'une forte répression par suite d'une série d'arrestations opérées à la fin d'avril dans la région de Rosario (voir les détails dans le numéro du 8 juin 1970 de l'hebdomadaire Rouge). Le 8 mai, la • C.G.T. de los Argentinos », la confédération syndicale la plus radicale
Coincidant cette année avec la protestation contre l'extension de l'agression impérialiste au Cambodge, les manifestations anti-guerre en Australie ont connu une puissance exceptionnelle. A Melbourne, le 8 mai, 75000 personnes sont descendues dans la rue, ont arrêté tous les transports
A la suite d'une provocation qui s'est déroulée dans les environs immédiats de l'Université Libre de Bruxelles, des milliers d'étudiants de cette université ont attaqué les défenseurs du régime de dictature militaire en Grèce, occupé l'Université, se sont battus des heures durant avec la police, et ont déferlé pendant plusieurs jours dans les rues de Bruxelles. La manifestation anti-atomique du dimanche 26 avril, qui suc-
Le P.O.R. (section bolivienne de la IV° Internationale) a distribué un manifeste aux quelques huit cents participants du congrès national du syndicat des mineurs, qui s'est réuni à la mine de Siglo Vente. Ce manifeste trace le programme d'action du Parti plusieurs documents, sur la crise du mouvement étudiant, sur la situation dans les entreprises et les syndicats, et sur l'évolution de la situation objective en Allemagne. Certains de ces documents seront reproduits dans Quatrième Internationale. d'Argentine dirigée par Ongaro, a tenu une conférence de presse au cours de laquelle les tortures contre les prisonniers politiques, notamment contre nos camarades, ont été dénoncées. La centrale syndicale s'est solidarisée avec les victimes de la répression policière. publics et pratiquement toutes les activités économiques des heures durant, dans l'après-midi. Des manifestation eurent lieu, de 25 000 personnes à Sydney, de 10 000 personnes à Adelaide, et de 5 000 personnes à Brisbane. cédait à ces événements, s'est trouvée de ce fait transformée en une manifestation de solidarité avec la révolution vietnamienne et avec la résistance grecque. Elle s'est, elle aussi, terminée par une action militante à laquelle participèrent plusieurs milliers de jeunes. La Jeune Garde Socialiste, organisation sympathisante de la IVe Internationale, a joué un rôle moteur dans toutes ces luttes. dans la situation créée par la réapparition d'un mouvement syndical légal. Des délégués au congrès, membres et sympathisants du P.O.R., défendaient le même programme, axé sur la perspective de révolution perma-
ARGENTINE
REPRESSION CONTRE LE PARTI REVOLUTIONNAIRE DES TRAVAILLEURS
AUSTRALIE
AMPLEUR EXCEPTIONNELLE DES MANIFESTATIONS CONTRE LA GUERRE DU VIETNAM
BELGIQUE
MANIFESTATIONS CONTRE LA DICTATURE DES COLONELS GRECS
BOLIVIE
INTERVENTION DU P.O.R. AU CONGRES DES MINEURS
ARGENTINE
REPRESSION CONTRE LE PARTI REVOLUTIONNAIRE DES TRAVAILLEURS
AUSTRALIE
AMPLEUR EXCEPTIONNELLE DES MANIFESTATIONS CONTRE LA GUERRE DU VIETNAM
BELGIQUE
MANIFESTATIONS CONTRE LA DICTATURE DES COLONELS GRECS
BOLIVIE
INTERVENTION DU P.O.R. AU CONGRES DES MINEURS nente, qui a fortement influencé les résolutions finales du congrès.
De sa prison de La Paz où il est accusé de faire partie des guerilleros boliviens, le camarade Felipe Vasquez, dirigeant du syndicat clandestin des mineurs de Huanuni à l'époque de la dictature militaire, a adressé
LE L.S.S.P. (R) ET LA Le L.S.S.P. (R), section ceylanaise de la
IVe Internationale, a distribué un manifeste en cinghalais, en tamil et en anglais pendant la campagne électorale, avertissant les masses que, malgré la légitime indignation qu'elles ressentent à l'égard du gouvernement réactionnaire de l'U.N.P., elles ne doivent pas espérer une modification fondamentale de leur sort en cas de victoire de la coalition du parti libéral bourgeois S.L.F.P. et des deux partis ouvriers réformistes, L.S.S.P. et P.C. (pro-Moscou).
Le manifeste du L.S.S.P. (R) appelle les masses à n'avoir confiance qu'en leurs
Le camarade Alain Krivine, membre du Bureau Politique de la Ligue Communiste (section française de la IVe Internationale), a été invité à prendre la parole au meeting du Premier Mai, organisé à Copenhague conjointement par le parti socialiste de gau-
Aux élections législatives pour l'Assemblée nationale du Québec, qui se sont déroulées le 29 avril, le Parti Québecois, un parti nationaliste petit-bourgeois dirigé par René Levesque, qui est en opposition virulente avec l'establishment canadien, a obtenu 23 % des suffrages. Ce parti, qui réclame un Etat québecois indépendant et
Du numéro d'avril de l'organe clandestin du Parti Communiste Internationaliste de Grèce (section grecque de la IV° Internationale), Ergatike Pale (Lutte ouvrière), nous publions l'appel suivant :
Ouvriers et Ouvrières,
Nous vous parlons de derrière les barreaux des prisons et les fils de fer barbelés des camps de concentration, des sombres cachots de la police secrète. Nous nous adressons à vous pour vous dire la vérité et faire appel à votre solidarité de classe.
TIONALE 59 une lettre ouverte au congrès qui a été lue par la délégation de Huanuni. Le congrès a décidé à la quasi-unanimité de réclamer la libération immédiate du camarade
Vasquez et de tous les militants guerilleros en prison. Le manifeste du P.O.R. est reproduit dans un Cahier Rouge, édité par la section française de la IV° Internationale. CAMPAGNE ELECTORALE propres forces et leur propre action de classe.
Lorsque les leaders de la coalition oppositionnelle affirmèrent à la veille du scrutin qu'une menace de coup d'Etat militaire se dessinait en cas de victoire de leur part, le camarade Bala Tampoe, à la fois comme secrétaire de la section ceylanaise de la IV° Internationale et comme secrétaire du puissant syndicat C.M.U., appela les travailleurs à riposter à toute tentative de coup d'Etat par une grève générale immédiate. Cet appel fit une profonde impression sur les masses populaires de l'ile, ainsi qu'en témoigna la presse quotidienne. che V.S., la Jeunesse Socialiste S.U.F. et la section danoise de la IV° Internationale. La manifestation unitaire de ces trois organisations a réuni 2 500 personnes, plus que les cortèges séparés de la social-démocratie et du P.C. danois. souverain, a obtenu plus que le double des suffrages qui s'étaient répartis en 1966 sur plusieurs listes • indépendantistes *. Dans la région métropolitaine de Montréal, le Parti Québecois a opéré une véritable percée — imprévue, y compris pour lui-même - dans les circonscriptions ouvrières.
Trois années ont passé depuis que la junte, instrument des monopoles impérialistes et de la plotocratie indigène, a enchainé la classe ouvrière de notre pays, dissous les organisations et partis de la classe ouvrière et supprimé toute notion de liberté syndicale ou politique.
Pendant trois ans, les ouvriers, les paysans pauvres, les petits artisans ont subi l'exploitation la plus sauvage. Le nombre des chômeurs et des sous-employés augmente chaque jour. Et chaque jour le pou-
CEYLAN
DANEMARK
A. KRIVINE AU MEETING DU PREMIER MAI
CANADA
POUSSEE NATIONALISTE AUX ELECTIONS DE QUEBEC
GRECE
APPEL DE MILITANTS SYNDICAUX EMPRISONNES
CEYLAN
DANEMARK
A. KRIVINE AU MEETING DU PREMIER MAI
CANADA
POUSSEE NATIONALISTE AUX ELECTIONS DE QUEBEC
GRECE
APPEL DE MILITANTS SYNDICAUX EMPRISONNES voir d'achat des salaires et des traitements décline. Le nombre des accidents du travail a battu tous les records antérieurs. Les standards de sécurité sont menacés d'abolition. Les prix des produits agricoles deviennent de plus en plus exorbitants. Les impôts sur les masses populaires deviennent de plus en plus lourds, tandis que les plotocrates amassent des profits. La terreur, les arrestations, les tortures, les procès et les condamnations sévères des militants ouvriers et de combattants du peuple vont en s'accumulant. Telle est, en bref, la • véritable démocratie > que les dictateurs militaires ont imposée avec les chars au peuple grec.
Nous vous parlons des prisons et des camps de concentration pour dénoncer les mensonges et les tromperies des scribouilleurs militaires qui se font les • théoriciens = de la dictature. Nous avons été emprisonnés depuis trois ans parce que nous avons élevé la voix contre les chars, contre l'oppression barbare de la part des monopoles et des dictateurs militaires. Parce que nous avons défendu les droits démocratiques et syndicaux des masses travailleuses. Parce que nous avons combattu pour renverser la tyrannie militaire et restaurer les libertés politiques et syndicales. Parce que nous avons lutté pour l'abolition de toutes les lois anti-ouvrières et anti-peuple, qu'elles soient anciennes ou nouvelles, pour la liberté d'action de tous les partis ouvriers, de toutes les organisations ouvrières, de tous les syndicate et des associations de paysans et d'étudiants, pour la libre diffusion de la presse ouvrière. Pour la remise des fonds d'assurances aux assurés. Pour l'augmentation des salaires et des traitements à un niveau qui répondrait aux besoins des masses.
Nous avons lutté pour la limitation et l'éviction définitive de toute exploitation et de toute oppression, pour le démembrement du système capitaliste qui, dans sa pérlode d'agonie, n'apporte que le chömage, la faim, la dictature militaire et la querre.
Parmi les milliers d'exilés et les centaines d'emprisonnés se trouvent les militants d'avant-garde, les membres et les cadres des syndicats dissous par la junte. Ils sont brisés. Leurs ongles sont arrachés. Ils ont reçu les peines les plus lourdes.
Des milliers de cadres syndicaux ont été persécutés et pourchassés depuis le premier jour du coup d'Etat militaire ou bien ils sont emmenés chaque jour dans les postes de police et battus. Les dictateurs militaires portent des coups sauvagent à tous les syndicats (il y en a plus de mille) qui ne sont pas sous le contrôle des diverses cliques • syndicales • qui, depuis la guerre, tenalent les mandats de la G.S.S.E. (Fédération générale des ouvriers de Grèce) et des principales fédérations et confédérations ouvrières dans le pays. La junte frappe tous les syndicats qui ne sont pas ouvertement et exclusivement soutenus par les industriels, la police et l'appareil d'Etat.
L'objectif central de la junte ne peut être que d'attaquer et de briser le mouvement ouvrier organisé. C'était l'objet de la nouvelle constitution et des innombrables lois contre les ouvriers et le peuple que les colonels ont promulguées. C'est seulement de cette manière qu'ils peuvent maintenant et à l'avenir fournir une main-d'œuvre docile aux divers Tom Pappas, Onassis, Niarchos.
Le sol-disant Panergatiko Synedrio (congrès pan-ouvrier) que les organes de la junte ont préparé pour le 8 avril 1970 a le même objectif.
La promesse de la junte de • restaurer la santé des syndicats • est un slogan d'apparence doucereuse destiné à masquer une tentative de rénover l'appareil pro-capitaliste des • syndicats =. A la place des anciens • marchands de travail » bien connus (Markes, Theodorou, etc.) qui ont infecté 1947, les colonels s'efforcent de mettre les organisations ouvrières depuis en place des figures moins connues mais plus dévouées à leur appareil policier.
Tous les - gentlemen » qui se rassemblent en avril à Delphes et ailleurs n'ont rien de commun avec la classe ouvrière et à ses problèmes. Ce sont des ennemis avérés des travailleurs. Les « différences » • entre ces opportunistes ne sont rien de plus que des querelles entre cliques diverses pour s'assurer les positions les plus savoureuses.
Nous dénonçons ce congrès des agents stipendlés de la classe capitaliste aux travailleurs du monde entler. Le véritable mouvement syndical de classe en Grèce a été contraint à une clandestinité profonde et est pourchassé sauvagement par les dictateurs militaires. Ceux de ses cadres qui ne sont pas confinés dans les prisons ou les iles désertiques luttent clandestinement et organisent la classe ouvrière contre la tyrannie militaire et les monopoles impérialistes.
Frères et sœurs, jeunes combattants d'avant-garde du monde entier, nous faisons appel à vous pour nous assurer une assistance fraternelle de classe. En dépit de toutes ses luttes illustres, le mouvement ou vrier de notre pays traverse des temps difficiles. La politique opportuniste de sa direction traitre a désorienté et fragmenté le mouvement ouvrier. Depuis trois ans, sous la tyrannie militaire, la classe ouvrière dépourvue d'organisation a subl des coups terribles.
Dans ces conditions difficiles, l'avantgarde ouvrière héroique lutte pour ouvrir la vole à une marche en avant, pour forger une nouvelle direction révolution- naire. Cette lutte ne peut être victorieuse sans votre solidarité fraternelle de classe, sans une mobilisation du prolétariat mondial surtout européen, contre la tyrannie militaire, l'exploitation capitaliste et l'oppression.
Nous en appelons à tous les ouvriers et à tous les peuples exploités et opprimés du monde pour manifester de toutes les façons leur haine des dictateurs militaires, pour lutter coude à coude avec nous par des grèves et des manifestations, afin de renverser la dictature en Grèce, pour
Les groupes du S.W.P. (section indienne de la IVe Internationale), au Bengale et au Kerala, ont récemment publié plusieurs discours et brochures de Trotsky en langues bengali et malayalam. L'intérêt pour les écrits et la pensée de Trotsky augmente considérablement dans ces deux Etats. A Calcutta, deux pièces de théâtre sont actuellement représentées sur la vie de Lénine, dans lesquelles Trotsky est commenté de manière positive. Une revue théorique fondée par le P.C. pro-Moscou de
L'essor du mouvement anti-guerre, au lendemain de l'agression impérialiste contre le Cambodge, et la première grève nationale des étudiants dans l'histoire des EtatsUnis, ont été marqués par une participation sur une échelle très large des camarades de la Y.S.A. et du S.W.P. que seule une législation réactionnaire empêche d'adhérer à la IVe Internationale. Leur hebdomadaire The Militant a constamment tiré des numéros spéciaux (il a paru en moyenne
Les trotskystes suédois ont, pour la première fois, participé aux manifestations du Premier Mai dans trois villes suédoises, Stockholm, Göteborg et Upsala, apparaissant avec leurs propres mots d'ordre et leurs calicots. Des incidents ont éclaté à
Au début du mois de mars, une véritable révolution a éclaté dans la petite ile de Trinidad, dans les Caraibes. L'agitation déclenchée par le mouvement du - Pouvoir Noir » a abouti à la constitution d'un • parlement populaire », a réussi à établir une liaison exiger l'exercice total des libertés démocratiques et syndicales qui ont été abolies, pour faire échouer les plans impérialistes de transformer la Grèce et le monde entier en un vaste camp de concentration. Nous serons victorieux. Le monstre impérialiste sera détruit.
Vive la classe ouvrière mondiale l
Vive la solidarité de classe internationale des travailleurs du monde entier !
Vive le socialisme !
Un groupe de syndiqués.
Prison de Korydallos, le Pyrée, 2 avril. Kerala, intitulée Marxist Veekshanam, a affirmé qu'elle est ouverte à toutes les tendances du mouvement ouvrier, y compris aux trotskystes. Le professeur Arvindakshan, un compagnon de route bien connu du P.C., a publié un livre qui consiste en trois essais dont l'un est consacré à * Trotsky, critique littéraire ». Récemment, une traduction des * Dernières Paroles d'Adolphe Joffe » a paru dans le quotidien malayalam Viplaram. deux fois par semaine au mois de mai). qui ont été diffusés à 50 000 et 60 000 exemplaires chacun. Un dirigeant de la Y.S.A. a été l'un des principaux orateurs devant l'énorme manifestation anti-guerre à Washington, qui rassembla 125 000 personnes ; d'autres camarades de la Y.S.A. ont parlé devant des dizaines de milliers de manifestants à Boston, à Seattle, à Chicago, à New York et ailleurs. Stockholm avec des maoistes qui ont cherché à empêcher nos camarades de porter le calicot • A bas la bureaucratie dans les Etats ouvriers », mais ils n'eurent point de succès. avec les ouvriers indiens des plantations - la classe possédante cherche à diviser Noirs et Indiens, comme elle a réussi à le faire en Guyane britannique — et déboucha, le 9 avril, sur une manifestation de 30 000 personnes dans la capitale de Port
INDE
LES IDEES DE TROTSKY AU KERALA ET AU BENGALE
ETATS-UNIS
INTERVENTIONS DU S.W.P. ET DE LA Y.S.A.
DANS LES MANIFESTATIONS ANTI-GUERRE
SUEDE
INTERVENTION TROTSKYSTE LE PREMIER MAI
TRINIDAD
UNE EXPLOSION REVOLUTIONNAIRE
INDE
LES IDEES DE TROTSKY AU KERALA ET AU BENGALE
ETATS-UNIS
INTERVENTIONS DU S.W.P. ET DE LA Y.S.A.
DANS LES MANIFESTATIONS ANTI-GUERRE
SUEDE
INTERVENTION TROTSKYSTE LE PREMIER MAI
TRINIDAD
UNE EXPLOSION REVOLUTIONNAIRE
QUATRI of Spain (150 000 habitants), aux funérailles d'un militant noir assassiné par la police. Le 19 avril, la grève fut pratiquement gé. nérale. Le 21 avril, le gouvernement passa à des arrestations en masse de militants révolutionnaires et de dirigeants syndicaux, et proclama l'état de siège. Le même jour, commença une mutinerie parmi les soldats de l'ile, et les • mutins • contrôlèrent le seul arsenal de l'ile. A ce moment, la conquête du pouvoir était possible en quelques heures. Mais les masses, dont les dirigeants étaient en prison, ne purent trouver la forme d'organisation adéquate pour renverser le gouvernement et exprimèrent leur indignation dans des émeutes qui n'empêchèrent pas le régime d'Eric Williams de rétablir son contrôle sur l'ile après quelques jours, notamment grâce à d'importantes livraisons d'armes anglaises et américaines.
FRANCE
Gouvernement et direction du P.C.F. dans la répression « anti-gauchiste »
La répression a pris, au cours des derniers mois une extension croissante. Les vendeurs de journaux d'avant-garde sont harcelés, un journal pro-chinois, * La cause du peuple », est systématiquement saisi dès qu'il parait. Ceux qui mettent des inscriptions sur les murs sont, s'ils sont pris en flagrant délit, arrêtés et emprisonnés. La * Gauche prolétarienne » a été dissoute et ses anciens membres sont arrêtés et poursuivis pour reconstitution de ligue dissoute. Deux gérants de « La cause du peuple », Le Dantec et Lebris, ont été condamnés pour délit d'opinion ; chaque numéro de ce journal est saisi dès qu'il parait. Plusieurs centaines de personnes sont actuellement emprisonnées, en prévention ou condamnées à des peines allant de quelques semaines à quelques années de prison. La loi • anti-casseur » a été promulguée, le Quartier Latin est continuellement quadrillé par la police.
Cette situation ne traduit pourtant pas un déplacement sérieux du rapport des forces. Le capitalisme français n'est guère florissant, le pouvoir, reste toujours très faible et la majorité gaulliste est rongée de dissensions.
Mais la répression est, pour la bourgeoisie française, avant tout, un expédient qu'elle peut utiliser temporairement pour deux raisons essentielles. Tout d'abord, si le mécontentement des masses est grand, il n'y a pas, pour l'instant, de perspectives à court terme d'une lutte générale ; les grèves sont surtout catégorielles, bien qu'elles dépassent souvent la simple augmentation de salaires et posent des problèmes qui, généralisés, mettraient en cause les rapports sociaux. De sorte que la lutte contre la répression, à la différence de ce qui s'est produit à la veille de Mai 1968, ne peut à présent déboucher sur une lutte générale.
A cette raison générale (que ne comprennent pas les ultragauches : maoistes, spontanéistes, anarchistes, etc.) vient s'ajouter un autre facteur que le pouvoir s'efforce d'exploiter pleinement. La direction du P.C.F. se trouve en effet en front unique avec le gouvernement sur un point, à savoir : dissocier l'avant-garde révolutionnaire de la grande masse des travailleurs. Dans sa vision flicarde des événements, le ministre de l'Intérieur Marcellin, obsédé en outre par l'idée de l'existence d'un vaste complot international, croit qu'il suffit de réprimer quelques centaines ou, tout au plus, quelques milliers de « meneurs », pour que règne la paix sociale dans le pays. La vision stalinienne de la direction du P.C.F. n'est pas très éloignée de celle de Marcellin sur ce point : s'il n'y avait pas des « groupuscules », des « gauchistes » (manœuvrés par le capitalisme, par l'Intérieur), les ennuis disparaîtraient pour le P.C.F. qui pourrait tranquillement poursuivre sa politique de « démocratie avancée ». Ainsi, il y a « de facto » un front unique entre Marcellin et la direction du P.C.F. pour tenter de séparer les « gauchistes » de la classe ouvrière. Ceci fut particulièrement visible le 1er mai, où la direction de la C.G.T. créa par son service d'ordre un barrage entre la manifestation « officielle » et celle des révolutionnaires, en grande partie conduite par la Ligue communiste, barrage qui, dès la fin du cortège officiel, céda la place à la police et aux C.R.S. De même, le 10 mai, la direction du P.C.F. voulut empêcher les militants de la Ligue d'intervenir dans la manifestation en faveur du Vietnam et du Cambodge. La direction du P.C.F. n'élève aucune protestation, fût-elle verbale, contre les arrestations. A Vernon où des travailleurs membres de la C.G.T. étaient poursuivis pour avoir collé des affiches contre la répression des tribunaux militaires, tandis que la section C.G.T. de l'entreprise se déclarait solidaire de ses membres poursuivis, les instances plus élevées de la C.G.T. se dissociaient d'eux. Dans la mesure où « l'Humanité » mentionne des incidents, elle en attribue la responsabilité aux victimes, non à la police.
La loi « anti-casseur » a été dénoncée par le P.C.F., mais du bout des lèvres. D'ailleurs, dans une réception à l'Elysée, probablement à un moment où cognac, whisky et autres avaient été copieusement absorbés, Pompidou et le président du groupe parlementaire communiste Ballanger se trouvaient dans les meilleurs termes, et le président de la République n'hésita pas à lui dire, devant députés et journalistes : * Nous sommes toujours prêts à vous rendre service. Nous vous avons même fait voter une loi * anti-casseur ». « L'Humanité » est un des rares journaux qui n'a pas relaté l'histoire.
Cette politique commune « anti-gauchiste » est à la fois favorisée et contrée. Favorisée par les inepties des ultragauchistes, contrée par les conditions objectives elles-mêmes. Les maoistes (à l'exception de ceux qui sont surtout de vieux staliniens formés à l'école du P.C.F.), les spontanéistes, etc., en pleine aberration théorique et politique - les uns pensent rééditer Mai 68, d'autres voient une nouvelle « Résistance » qui nécessiterait vingt années ou plus de guérilla urbaine, etc. — se sont livrés à des opérations dans lesquelles ils étaient isolés non seulement des grandes masses qui ne pouvaient vraiment les raisons de leur conduite, mais aussi de la plus grande partie de l'avantgarde. Croyant à la toute-puissance de la violence indépendamment des circonstances et étant incapables de voir
IONALE 63 par où passe la ligne de classe, ils ne pouvaient manquer après leurs échecs avec la police de vouloir se heurter même avec les organisations d'avant-garde qui prenaient leur défense contre la répression.
Mais vouloir séparer l'avant-garde révolutionnaire qui ne se laisse pas égarer dans les opérations ultragauchistes, lavant-garde qui vise réellement à se lier aux masses ouvrières, et notamment les trotskystes, des travailleurs, une telle opération, qu'elle soit tentée par l'Intérieur ou par les staliniens, se heurte à une réalité objective d'autant plus tenace que les masses, quand elles entrent en lutte même pour des revendications économiques, tendent à se tourner vers des moyens extra-parlementaire, extra-légaux. De ce fait, les activités d'avant-garde trouvent un écho grandissant dans les masses. Cela a trouvé son expression en particulier au récent congrès de la C.F.D.T. où il n'y a guère eu de manifestation d'un courant de droite et où le noyau dirigeant a dû parler de socialisme pour endiguer la montée d'un courant de gauche. La répression s'étendra encore dans les mois à venir, mais aussi bien la politique du gouvernement que celle du P.C.F. à l'égard de l'avant-garde révolutionnaire finiront par échouer.