(Thèses adoptées par le Congrès du Groupe Internationale Marxisten, section allemande de la IVe Internationale)
I. — Les intellectuels à l'époque du néo-capitalisme 1. La révolte des étudiants, l'engagement anticapitaliste de la grande majorité des étudiants politiquement actifs marque un changement de la situation sociale, la conscience et de la fonction des intellectuels société néo-capitaliste. Ils ne représentent plus — comme c'était encore le cas sous la République de Weimar — les cadres des corps francs contre-révolutionnaires, ceux de l'organisation du « secours technique » briseur de grève ou ceux des organisations fascistes à l'intérieur et à l'extérieur des universités. Au contraire, les étudiants comme soutien des grèves, les ingénieurs et les techniciens comme facteur décisif dans la paralysie de la production dans les entreprises techniquement les plus avancées (pendant la grève générale France sont devenus dans tous les pays néo-capitalistes un phénomène habituel.
2. L'écrasante majorité des étudiants et des intellectuels ayant déjà un emploi ne vient plus de la grande bourgeoisie, mais des « anciennes » et, plus encore, des « nouvelles classes moyennes ». Comme les classes moyennes dans leur ensemble, ils optent pour le statu quo tant que la société capitaliste et son Etat leur garantissent une existence et des carrières petites bourgeoises, mais en cas de crise ils se battront chaque fois aux côtés des bataillons les plus forts. L'acquisition de connaissances particulières académiques permettait encore, il y a cinquante aux intellecuels la petite bourgeoisie d'accéder une carrière « indépendante » dans les « professions libérales » ou en tant « qu'officier du capital » (fonctionnaire ou cadre supérieur) dans dans l'administration et la production.
Outre leurs connaissances technico-scientifiques (technocrates) et leurs connaissances administratives (administrateurs à formation juridique), les intellectuels formés à l'université dans leur ensemble (spécialement les littéraires) étaient au service de la classe capitaliste en tant qu' « idéologues bourgeois », ayant pour tâche de légitimer les rapports d'exploitation, les carences, les inégalités et la domination existantes C'est pour cela qu'un statut privilégié et une certaine participation aux fonctions de domination leur étaient accordés.
3. Avec l'accroissement du rôle joué par les sciences dans la production et l'administration, le nombre des inscriptions en faculté augmente. De plus en plus, les fils et filles des « nouvelles classes moyennes » font des études supérieures. 456 000 étudiants des universités ouest-allemandes (environ un million en 1980) n'ont plus comme perspective professionnelle « l'indépendance », ils ne sont pas candidats non plus aux postes d'officier » au service du capital. Ils passeront, dans leur grande majorité, leur vie professionnelle dans un travail dépendant comme employé qualifié. La classe bourgeoise n'a plus besoin d'idéologues d'ancien style, ni d'une fausse conscience sociale nécessaire, elle a remplacé depuis longtemps la proclamation des idéaux bourgeois par la manipulation directe de l' « opinion publique ».
4. Le maintien de la société capitaliste ne se justifie plus par la raison. Là où l'on pense, la pensée est dirigée contre le système capitaliste. La génération des étudiants des années soixante est fortement marquée par la décomposition de l'idéclogie bourgeoise.
Les vieux mythes de la « démocratie en Amérique » et de la souveraineté populaire réalisée par le Parlement dans les républiques capitalistes sont usés. Les bases qui légitimaient la société bourgeoise ont été détruites par le fascisme, le mouvement de libération des pays du tiers-monde et par l'existence d'Etats ouvriers (bureaucratiquement déformés). La crise de la superstructure apparaît comme la crise des pro- fessions de la superstructure. Si les idéologues bourgeois ont fait leur temps, les techniciens et les administrateurs sont, par là même, privés de leur cadre naturel de légitimation, à l'intérieur duquel ils pouvaient faire valoir leurs connaissances particulières sans réflexion. Les intellectuels commencent à chercher de nouvelles légitimatiens au-delà du capitalisme.
Il. — La protestation contre la formation d' « idiots spécialisés » 5. L'exiguité des universités et des grandes écoles ne correspondant pas aux nouveaux besoins des masses, et les rapports d'autorité dans l'enseignement, avec ce caractère d'apprentissage et de productivité intellectuelle tels qu'ils sont exigés dans les différentes disciplines, ôtent l'auréole de « liberté » et font apparaître l'enseignement comme dressage », comme travail intellectuel aliéné. protestation contre le contenu et les formes de l'enseignement - surtout dans les disciplines littéraires et sociales — tend, au-delà de sa rationalité particulière, à amener à comprendre les contradictions de l'ensemble de la situation sociale.
6. Les sciences sociales et littéraires dans les universités de la République Fédérale Allemande se trouvent encore en-deçà de la fragmentation totale de la division du travail, elles accordent encore une certaine place à la réflexion sur les méthodes. La place des sciences sociales les unes par rapport aux autres, dans la superstructure et le mécanisme fondamental de la société, est encore, pour le moins, définie comme un problème. C'est surtout le cas pour ces sciences (sociologie, philosophie) qui, Allemagne, sont devenues importantes dans la discussion avec le matérialisme historique et qui lui ont, en partie, emprunté certains modes de
Ce n'est donc pas un hasard si les facultés de lettres et de sociologie sont devenues les places fortes de la protestation étudiante et si jusqu'à ce jour, la révolte étudiante gagne que lentement les écoles supérieures d'enseignement technique. De ces facultés « troublées » proviennent des milliers d'étudiants qui, sous l'influence du mouvement étudiant, ont mis à jour le fonctionnement des études qui devait les amener à l'application irréfléchie des techniques irréfléchie des techniques sociales et à la gestion sociales et à la gestion d'une tradition philosophique sclérosée, et qui ne peut pas laisser de place intérêt pour la « réalisation politique de la philosophie » dans leur « profession ».
7. Une portie considérable des énergies étudiantes est consacrée à expliquer psychologiquement et moralement la rupture politique avec leur milieu d'origine et avec les légitimations traditionnelles des intellectuels petits bourgeois. L'expérimentation de nouvelles méthodes d'enseignement sous la forme d'universités « critiques » et de « contre-universités l'incitation à la « transformation de la conscience » et à l'émancipation sexuelle dans des « communes » servent à présenter l'anti-autoritarisme comme forme de vie.
8. Un choix en faveur de la révolution, de la vie comme révolutionnaire professionnel, ferme, pour les diplômés, l'accès à la plupart professions actuelles qui exigent un haut degré de conformisme. D'autre part, il n'existe pas encore de de mouverévolutionnaire qui ait besoin de porte-parole, de techniciens d'organisateurs, et qui puisse, en même temps, les nourrir.
III, — Le développement du mouvement étudiant en Allemagne occidentale 9. La gauche du mouvement étudiant allemand, dans les années cinquante, était encore fortement influencée par la gauche du parti social-démocrate (S.P.D.) et des syndicats qui avaient organisé l'opposition à la loi sur l'organisation constitutionnelle de l'entreprise et l'opposition à la remilitarisation. A la fin de la période de guerre froide, fut réalisée à la fois, avec la résistance du S.D.S. (étudiants socialistes allemands) au tournant du S.P.D. au congrès de Godesberg vers le libéralisme social, une autonomisation de (marche de Paques) qui fut & lachera per les grandes organisations. quelques du mouvement contre la guerre atomique
Le S.P.D., orienté depuis Godesberg vers l'alignement politique sur la C.D.U [Union démocrate chrétienne), vers un « parti populaire ». réagit à la possibilité d'une opposition de gauche des intellectuels à l'intérieur du parti en déclaront son incompatibilité avec le S.D.S. et les professeurs qui sympathisaient avec celui-ci.
10. L'ortentation politique des trotskystes allemands nte dune crise e politico-podes rotska ses elle lagele operait de différenciation à l'intérieur du S.P.D. Le S.D.S., tel qu'il était alors, semblait n'avoir que des chances très réduites de survie en tant que groupement étudiant indépendant Les conditions développement qui, années soixante, en firent le moteur de la protestation des étudiants et de la jeunesse, ne pouvaient pas être prévues. Cependant, par le retrait de la plupart de nos camarades étudiants l'association des étudiants devenue politiquement indépendante, les possibilités d'influence de la section allemande sur la future révolte étudiante furent réduites à un minimum - d'autant plus que le travail basé sur la conception entriste devenue stérile ne fut abandonné que plus tard, après le premier point culminant du mouvement étudiant ouest-allemand (1968).
11. Le travail théorique du S.D.S. dans les premières années de son indépendance - à côté du développement de conceptions progressives sur la réforme de l'université concerna la mise à jour du passé politique du parti d'origine, social-démocratie allemande, qui ne fut poussée que dans peu de groupes vers la thécrie et la pratique de la III° Internationale. Le marxisme coupé de la pratique politique, des problèmes d'organisation et de l'économie politique, et concentré sur les questions de méthodologie de « l'école de Francfort » par laquelle sont passés la plupart des porteparole de la « nouvelle gauche » ouest-allemande, ne pouvait offrir aucune aide, n dans la détermination des possibilités d'action de la gauche du mouvement étudiant ni dans l'élaboration d'une stratégie politique.
12. L'escalade de l'impérialisme américain dans la guerre 1964 provoqua une vague de manifestations étudiantes, de protestations dont l'inefficacité entraina une radicalisation des formes de lutte. La solidarité avec le Front Nationa de Libération vietnamien entraina la rupture avec les intellectuels et les professeurs libéraux. C'est seulement alors que les problèmes de la lutte de libération dans le tiers-monde et la théorie de l'impérialisme devinrent actuels pour le mouvement étudiant. La guerre d'Algérie n'avait guère joué un rôle dans la formation de sa conscience politique. Un véritable internationalisme se développa par les contacts sporadiques avec les représentants des « nouvelles gauches » d'Europe occidentale, qui avaient concerné en premier lieu la confirmation du recul des « vieilles » organisations cuvrières.
13. Les théories d'Herbert Marcuse qui, il est vrai, était issu de l' « école de Francfort », mais dont il ne partageait pas l'orientation fataliste, acquirent, ce moment-là, une importance extraordinaire pour le mouvement de protestation ouestallemand. Marcuse décrivait la société américaine comme un système social qui avait actuellement réussi à éliminer la classe ouvrière en tant que force révolutionnaire sur la base d'un niveau de vie élevé et avec l'aide de techniques manipulatoires (L'homme unidimensionnel). En même temps, il se solidarisait :
La) Sans réserve avec le mouvement de protestation des étudiants américains (Berkeley) et il déclarait bons leur programme comme leurs formes de b) Avec les « groupes marginaux » de la société américaine, exploités et réduits à la misère, et avec la population noire opprimée ; c) Avec les mouvements de libération anti-impérialistes du tiers-monde notamment avec la guerre de libération des Vietnamiens ; c) Marcuse fit dans son livre sur le « marxisme soviétique » une critique marxiste du stalinisme, par une critique idéologique ; e) En général, il déclara bonne l'activité politique de petites minorités même dans des périodes d'apathie politique de la classe ouvrière, et donna à ces formes de protestation et de résistance une justification théorique ; f) Il affirma l'actualité de l'utopie (marxiste). Marcuse, par ses cours à l'université en Allemagne occidentale et à Berlin (1964 1967) fit connaître l'expérience du mouvement américain contre la guerre au Vietnam et celle du mouvement pour les droits civiques et les interpréta en même temps dans le cadre de la tradition marxiste.
14. La campagne du S.D.S. contre la guerre au Vietnam entraina la politisation tation anti-impérialiste, le mouvement étudiant se dressa en politique intérieure, d'abord de nouveaux groupes du milieu étudiant. Partant du cadre d'un mouvement de contre le programme de la C.D.U. en faveur de « la société organisée » [formierte Gesellschaft], et ensuite - pendant les années de récession - contre les projets sur l'état d'urgence de la « grande coalition ». Les points culminants de cette période ont été la grande manifestation pour le Vietnam à Berlin en février 1968, le blocage des imprimeries Springer après l'attentat contre Rudi Dutschke et la manifestation de l'opposition extra-parlementaire (A.P.O.) en liaison avec la troisième lecture des lois sur l'état d'urgence pendant l'été 1968.
L'idéologie du S.D.S. à cette époque était déterminée par une approche du léninisme d'une part, de l'anarcho-syndicalisme d'autre part. Le mouvement étudiant se reporta à la tradition anarchiste anti-autoritaire comme contre-poison du stalinisme et de anarchiste anti-autoritaire comme contre-poison l'idéolcgie social-démocrate. La campagne contre les lois sur l'état d'urgence conduisit à la rupture entre le S.D.S. dans son ensemble et l'aile gauche de la bureaucratie syndicale qui, dans la question de l'état purement verbales. C'est seulement alors d'opposition purement étudiant devint tout tionnistes » (La révolution des intellectuels,
La révolte parisienne de Mai 68 fut d'urgence, se limitait à des protestations que l'impuissance sociale d'un mouvement à fait claire et que les illusions « substitu-
C.W. Mills) se dissipèrent.
très instructive aussi en ce qui concerne les faiblesses d'un mouvement de grève générale déclenchée par une étincelle étudiante, lorsque ce mouvement n'est pas dirigé par un parti Mai à Paris, le festival mondial de la jeunesse à Sofia et, d'août 1968 Prague permirent au mouvement étudiant ouest-allemand faire sa propre expérience du stalinisme. Le trotskysme n'est pas encore entré dans la conscience des étudiants en tant qu'alternative réelle au stalinisme et à l'anti-autoritarisme.
15. Pendant la lutte contre les lois sur l'état d'urgence, le mouvement étudiant commença à sortir du milieu universitaire et étudiant. Le mouvement de protestation gagna de nouveaux groupes dans l'enseignement : d'abord, les élèves du secondaire, puis les apprentis. Au point culminant de la campagne contre les lois sur l'état d'urgence, les étudiants réussirent, dans les grandes villes, à faire participer quelque dix mille ouvriers aux manifestations de rue.
Les mesures de terreur policière et de répression pénale obligérent les étudiants à rechercher des alliances sociales. Cependant, le vote des lois sur l'état d'urgence ayant été ressenti par beaucoup d'étudiants « comme une défaite », il y eut encore une fois une renaissance des courants ultra-gauches et « substitutionnistes » (tels qu'ils apparurent au cours des manifestations du 1°r mai 1969).
16. Une nouvelle étape a commencé après le repli temporaire sur les universités et après l'engagement des groupes étudiants de gauche dans la lutte pour une réforme démocratique de l'enseignement supérieur (la réforme démocratique s'oppose à une réforme technocratique qui sert uniquement la rationalisation néo-capitaliste de l'enseignement et de la recherche, et l'élimination des disciplines, formes d'enseignement et traditions encore existantes et non conformes au système). Cette nouvelle étape se caractérise par la tentative de lier organisationnellement les étudiants politisés, par la formation de « groupes de travail » sur le plan local , dont l'activité n'est pas limitée au cadre universitaire (travail en direction des apprentis, des lycéens, etc.). L'ancienne organisation qui constituait le lien, la S.D.S., est dissoute. A sa place, des groupes sont apparus qui se disent « maoïstes », " communistes », « trotskystes », etc. La lutte des petits groupes qui se considèrent comme une partie des différentes fractions du communisme international, pour acquérir une influence déterminante sur le mouvement des étudiants, des lycéens et des jeunes travailleurs, est en pleine activité.
Au centre de la discussion théorique qui a été menée momentanément entre les groupes, surtout dans la Rote Press Korrespondenz (R.P.K.), se trouve la question de l'organisation. La spontanéité est la force et la faiblesse du mouvement étudiant. La disposition à l'action des grcupes et des individus a des flambées brèves, et ce n'est qu'au prix de grandes difficultés qu'elle se laisse transformer en un travail politique continu en introduisant une ossature organisationnelle. Cela a pour conséquence l'instabilité, le caractère épisodique de l'action politique des étudiants, la méconnaissance de leur propre histoire et leur difficulté à capitaliser l'expérience politique. L'actuel morcellement de l'A.P.O. est la réponse à cette faiblesse du mouvement étudiant et aide à la recherche d'une issue.
17. De l'ancien S.D.S. subsistent des groupes locaux qui, selon les données locales, poursuivent des buts différents et développent des perspectives différentes. La caractéristique de ces groupes est leur tentative de parvenir à un accord politico-organisationnel et leur rejet d'un fractionnement organisationnel (appelé « mode de cercle ») avant de conclure une discussion globale stratégique et d'analyse de classe (par exemple, le S.D.S. de Heidelberg).
Un cas particulier est celui du S.A.G. orienté vers « le socialisme international » (à Francfort) qui préconise une organisation d'ouvriers et d'employés pour pratiquer une politique de gauche dans les entreprises et dans les syndicats.
De la fraction P.C. du S.D.S. provient le « A.M.S. Spartakus » qui a pu s'affirmer avant tout dans les universités où aucune révolte étudiante proprement dite n'a eu lieu Sa prise de position à l'égard du mouvement étudiant « dutschkiste » a été critique dès le début. A la gauche de ces groupes étudiants se trouve le S.D.S. de Marburg.
De Berlin se développa, dans la phase de liquidation du S.D.S. et sous la pression exercée par des groupes maoïstes sur les anciens cadres et groupes restants du S.D.S., exercée par des groupes maoistes sur les anciens cadres et groupes restants du S.D..une tendance à une organisation fractionnelle particulière qui saticn pour la construction du K.P.D. ». Cette tendance qui suit idéologiquement très largement les « idées de Mao Tsé Toung » mais qui cherche à se délimiter stratégiquement des groupes maoïstes n'a pas, jusqu'à présent, fraction organisée. Mais elle apparait dans quelques cas à la manière de l'ancien S.D.S. comme l'élément mobilisateur pour des actions.
Une partie importante des anciens groupes anti-autoritaires, par suite de l'échec, s'est précipitée vers le rituel autoritaire des courants maoïstes. Le K.P.D.M.L. (parti communiste allemand marxiste léniniste) est une organisation dans Mancien style stalinien qui, après les actions contre la loi sur l'état de siège, a pu s'emparer d'une partie des « fuyards ». Les groupes autour du journal « Rebell » (K.A.B. et R.J.-M.L.), qui se sont développés à partir de leur centre de Tubingen hors de leur région, sont par contre un produit du mouvement étudiant lui-même, provenant de leur revirement dans la phase d'organisation. Les scissions, regroupements, modifications de nom, et les rivalités des centres régionaux, des groupes maoïstes sont dans des cas très rares exposés de manière politiquement précise ; les discussions inter-maoistes ont un caractère calomniateur et dénonciateur (par exemple l'accusation constante et réciproque de « trotskysme » et de « sectarisme »), ce qui, en dépit du nombre d'adhérents numériquement élevé de ces groupes, nuit à une consolidation durable.
La fascination qui se dégage du maoïsme est surtout provoquée par les facteurs suivants. Il est : 1. Symboliquement pour la révolution internationale, dans le tiers-monde; 2. Pour l'oppesition au communisme bureaucratisé de l'Union soviétique et à la politique de « coexistence pacifique »; 3. La « révolution culturelle » elle-même peut être ramenée en la simplifiant à un gigantesque mouvement de jeunesse anti-autoritaire. Le romantisme prolétarien des groupes M.L. est une expression déformée de la « redécouverte » du prolétariat comme sujet de la révolution. En même temps, comme « réparation » des péchés de leur propre passé anti-autoritaire, il a mené à un rétrécissement dogmatique de la perspective, à la négation des secteurs politiques d'intervention. Il est en outre une expression de la nécessité. pour l'avant-garde étudiante de se chercher une couverture sociale dans le prolétariat. Bien qu'ils aient adopté le jargon de Pékin Informations et une forme d'organisation autoritaire, les groupes M.L, se sont montrés jusqu'à maintenant extraordinairement souples quand il s'est agi de remplacer des mots d'ordre politiquement incorrects par d'autres plus réalistes. Cette méthode pragmatique a en partie compensé les inconvénients de leur idéologie bizarre et leur a conservé leurs partisans.
Les trois tendances trotskystes ont gagné très peu d'influence dans le mouvement étudiant jusqu'à maintenant. Leurs estimations de la politique étudiante sont différentes. Elles œuvrent donc à intégrer leurs militants étudiants dans leurs organisaticns de jeunes composées d'apprentis, de jeunes ouvriers et de lycéens qui, lors des manifestations du ]°r Mai, sont apparues avec leurs propres mots d'ordre et leurs propres groupes.
IV. — La fonction du mouvement étudiant dans la lutte de classes et nos tâches politiques
18, en non bré des de criste croisant, so génin dentie girarion dont les système capitaliste, les noyaux politiques, les organisaions étudiantes de gauche, ont reconnu le caractère irrationnel et destructif du système et s'emploient à son élimination. Le S.D.S. a soutenu sans compromis, en 1968, un programme autant anticapitaliste qu'antibureaucratique. Les étudiants ont propagé en Allemagne, pour la première fois depuis le fascisme, des mots d'ordre communistes tels que « tout le pouvoir aux soviets » et ont permis, en général, une prise de conscience. Ils ont exprimé les intérêts obiectifs et les buts d long terme de la lutte de la classe ouvrière exploitée et maintenue dans son apathie, que les organisations de masse traditionnelles avaient bannis depuis longtemps de leur propagande. Sur la base de leurs conditions de vie spécifiques, les étudiants politisés sont en mesure de réagir, à la manière d'un sismographe, aux progrès et aux reculs de la révolution coloniale, de la lutte anti-impérialiste, du conflit entre la bureaucratie, les intellectuels et la classe ouvrière dans les Etats ouvriers, ainsi qu'aux mouvements de grève et aux actions du mouvement étudiant dans les autres pays capitalistes. remplissent donc au moins au début l'une des tâches d'un mouvement ouvrier révolutionnaire : développer cette conscience internationaliste à l'échelle de l'Histoire mondiale et développer cette solidarité dont dépend la victoire de la révolution internationale.
La fonction historique de la gauche du mouvement étudiant, par sa lutte politique pour des objectifs exese loue ère, fabrique par les ora poditions de maise traditionnelles ente par la lutte est de briser le carcan de l'apathie exemplaire d'une petite avant-garde politique, de faire prendre conscience à la classe ouvrière de son énorme potentiel révolutionnaire. Non entravé par les pressions des organisations réformistes néo-réformistes traditionnelles, mouvement étudiant a redécouvert les anciennes formes de lutte de la classe ouvrière et les a expérimentées avec succès. Ses « actions symboliques » (par exemple l'occupation des universités) peuvent dans des situations favorables (Mai 1968 à Paris) gagner les masses ouvrières (comme on en a vu un début d'application lors des grèves de septembre 1969 en Allemagne).
La fonction décisive de la gauche du mouvement étudiant est de servir de catalyseur quand des actions de classes se déclenchent, et cela par-dessus la tête des directions réformistes des organisations de masse bureaucratisées. Et le mouvement étuexercera cette fonction d'avant-garde jusqu'à ce que celle-ci soit reprise par des partis révolutionnaires qui se formeront à partir de ces groupes étudiants servant de catalyseur et à partir des ouvriers mobilisés par ces actions.
19. Notre tâche est de cristalliser les noyaux politiquement les plus conscients du mouvement étudiant dans des organisations marxistes révolutionnaires, de faire connaître notre programme politique et notre tradition organisationnelle comme issue pratique aux faiblesses de l'action politique étudiante. Le travail dans les milieux étudiants et jeunes n'est pas un but en soi. Il atteint son objectif quand il nous rapproche de la solution de notre tâche, la construction de partis capables de conduire la classe ouvrière à la victoire. Notre tâche actuelle est de gagner une partie décisive de la jeunesse radicalisée au trotskysme et de se préparer pour la tâche de conquête de la direction de la partie révolutionnaire de la classe ouvrière.
Cela exige : 1. Que nous menions la discussion idéologique avec les groupes maoïstes, staliniens et anarchistes qui sont nos rivaux actuellement au sein de la jeunesse radicalisée, et que nous donnions nos propres réponses aux questions d'actualité qui se posent chaque fois dans ce milieu.
2. Que nous concluions avec ces mêmes groupes de gauche des accords politiques de travail et de lutte manifestations de 1°" Mai, etc.), que nous cherchions dans les grandes villes à constituer exemple pour des manifestations anti-impérialistes, un cartel de tous les groupes marxistes pour rendre les actions plus efficaces et, en même temps, avoir des contacts concrets avec les autres groupes.
3. Que dans le domaine universitaire nous poursuivions la politisation des étudiants, pas seulement - par la mobilisation anti-impérialistes, mais aussi en faisant le lien avec leur situation dans l'enseignement. Ici l'axe de notre politique devrait être le mot d'ordre de « contrôle étudiant » sur l'enseignement (contenu et forme de l'enseignement, nature des examens) et sur la recherche (connaissance de la structure financière et des buts de la recherche). Ce mot d'ordre reste actuel, même après l'échec de celui de la réforme universitaire démocratique propagé à l'origine par le S.D.S., et l'échec du concept utopique de « zone libre » (universités en tant qu'école de la révolution au sein de la société capitaliste). Les revendications générales : éducation universitaire gratuite pour chacun aux frais de l'Etat sans limite d'âge (ni limite du temps de scolarité, et à la réadmission après la fin des études) ; bourse annuelle pour tous les étudiants correspondant à leurs besoins, avec adaptation automatique à la montée des prix ; mise en application du droit de se servir des moyens universitaires pour développer des activités pédagogiques et culturelles qui ont un intérêt immédiat pour les organisations ouvrières.
4. Que nous organisions, partout où cela est possible, des groupes de base étudiants qui ont le statut de cercles de travail marxistes avec des tâches concrètes spécifiques au milieu, dont le but, au départ, est l'intégration d'étudiants, de lycéens, d'apprentis et d'ouvriers, et dont l'orientation est celle du Groupe Internationale Marxisten.