Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › n° 40

Nouvelles du mouvement ouvrier et de l'Internationale

Quatrième Internationale, n° 40 · novembre 1969 · p. 59-62 · 1 963 mots

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Argentine

Rosario l'héroïque

Dans le précédent numéro, nous avons publié un tableau des événements de Cordoba. Nous publions ci-après le compte rendu des événements de Rosario publié par le journal El Combatiente (25 septembre).

* La société argentine a des fondements assez solides pour que ces faits (ceux de Cordoba) ne se reproduisent pas. » Avec ces mots, le vice-roi Ongania rassurait les journalistes quelques jours avant le 16 septembre.

Après trois jours de luttes héroiques dans les rues de Rosario, il ne restait" pas de gens sérieux, dans le pays et à l'étranger, qui ne se demandent, étonnés, à quels fondements si solides se référait Ongania.

En effet, à moins d'accuser l'ouvrier des chemins de fer Mario Horat d'être la cause d'une și grande explosion ouvrière et populaire. il faut reconnaitre que ces fondements sont ceux que les monopoles impérialistes ont établis pour réaliser la * tucumanisation • du pays, condamner à la misère les travailleurs, rogner tous les droits du peuple et transformer l'Argentine en terrain d'exploitation pour les impérialistes. Mais il est aussi possible que dans la sinistre mentalité d'Ongania, les fondements auxquels il pensait n'étaient autres que ceux dont il a pourvu l'appareil de répression : la police, la gendarmerie et l'armée. Même ainsi, les garanties qu'offrait Ongania se révélèrent fragiles. La marée révolutionnaire fit en sorte que ces fondements répressifs se trouvèrent paralysés : trois jours entiers, du mardi 16 au jeudi 18, la ville de Rosario fut prise dans des flammes démontrant non seulement la combativité indomptable des travailleurs et du peuple, mais encore son mépris héroique à l'égard du criminel déploiement militaire. Avec toutes sortes d'armements, des hélicoptères aux batteries antiaériennes, la dictature prétendit affronter les grévistes des chemins de fer et les manifestations de solidarité du peuple de Rosario.

Trois morts, une femme de ménage, un enfant et un jeune, furent les victimes - ce n'est pas par hasard si ce furent des civils sans défense - reconnues officiellement. Comme toute la politique du gouvernement, les balles des forces d'occupation ne pouvaient avoir d'autres objectifs. Mais avec ces victimes, nouveaux martyrs, le peuple de Rosario découvrit pour la deuxième. fois en peu de mois l'identité : de son ennemi. Les militaires qui donnérent l'ordre de tirer sur le peuple se démasquèrent à nouveau comme les laquais du régime.

Trois grandes gares, des centaines de wagons, de nombreuses installations et la plus grande partie de l'Empresa que les . monopoles et le gouvernement prétendaient rendre rentables au prix de la sueur des ouvriers, furent transformés en décombres. De nombreux véhicules de transports, des micros, etc., furent incendiés, de même trois usines importantes, et certaines banques étrangères. L'estimation des dégâts à cinq milliards de dollars a semé la terreur au sein de la bourgeoisie.

Les bureaucrates syndicaux collaborationnistes furent partie prenante de cette terreur : le local de la « Fraternité de Rosario », qui n'adhéra pas au mouvement de grève, fut aussi détruit par les flammes.

Par ce dernier acte symbolique, les * journées de septembre > à Rosario ajoutèrent une nouvelle dimension à celles de mai à Cordoba : la compréhension de la classe ouvrière du rôle que jouent les bonzes syndicaux réformistes et collaborationnistes.

Dans leur ensemble, les journées de septembre à Rosario surpassèrent le précédent récent de Cordoba. La violence des travailleurs et du peuple fut exercée à une plus grande échelle et avec une plus grande efficacité. Les barricades furent constituées dans les quartiers. Sur cette base opérationnelle, l'initiative, l'organisation et l'ef-•

QUATRII ficacité des commandos éparpillés dans le mouvement révolutionnaire, ainsi que l'action des militants ouvriers , et étudiants les plus avancés, purent répondre efficacement à la violence de la répression en exerçant de façon planifiée leur propre violence dans chaque coin de la ville et sur chaque objectif ennemi. C'est ainsi seulement qu'on peut expliquer le fait que des endroits soigneusement quadrillés ne purent être défendus par la répression et furent finalement livrés aux flammes. Par moments, la paralysie et la démoralisation des forces d'occupation rappelaient le cas de Saigon. Dans chaque lieu, à chaque moment, le sabotage et le harcèlement montraient à l'ennemi l'extrême faiblesse d'une armée de mercenaires quand elle doi: affronter la lutte d'un peuple, même dans les premières expériences d'organisation militaire de celui-ci.

A Rosario comme à Cordoba, l'héroisme débordait. Il y eut moins d'improvisation dans la préparation et dans le cours de la lutte, et des formes plus organisées menérent la lutte trois jours durant. Mais, de la même façon, la direction, l'organisation et l'appareil technique qui supposent une force militaire préalablement établie furent inexistants ; or, ceux-ci sont nécessaires pour affronter avec succès, au cours d'une longue lutte, un ennemi désespéré et en crise, mais prêt à utiliser les armes les plus puissantes et à recourir à tous les moyens. Il manquait une armée révolutionnaire. La nécessité de cette armée du peuple a commencé. à être comprise pratiquement par les habitants de Rosario qui se battaient dans les rues. Cette compréhension croissante permettra que les prochains événements. bénéficient de commandos plus nombreux et plus efficaces ; ces commandos chercheront inévitablement à se coordonner et à transformer la lutte moléculaire, atomisée et partielle en action de plus grande envergure qui seront l'objet de plans et auront des objectifs précis. Ce sera la guerre consciemment prise en charge par le peuple, et non des explosions improvisées et spontanées.

Les bureaucrates syndicaux les plus à gauche ont été à la remorque de la mobi-

IME INTERNATIONALE lisation populaire dans son opposition à la dictature. Ils ont été obligés par les circonstances de lancer des mots d'ordre de grève. Ces grèves sont toujours à la merci de la négociation ou de la capitulation directe si ces bureaucrates collaborationnistes trouvent dans la mobilisation populaire une faille qui leur permette de passer une trève avec l'ennemi.

Nous avons l'expérience des journées de septembre pour apprécier les Cesareo Malgarejo qui, alors que les gens se battaient dans les rues face à l'ordre militaire, installa son poste de « lutte » dans les salons tapissés de la maison du gouvernement ; nous avons l'expérience des Lorenzo Pepe qui, alors qu'il n'était pas encore exclu de la C.G.T. des Argentins pour sa capitulation indigne, joua toutes ses cartes contre la réalisation des derniers arrêts de travail. Il s'opposa à leur réalisation avec les mêmes arguments que les participationnistes et, finalement, il occupa son • poste de lutte » pour négocier avec les hommes du régime, sous prétexte d'éviter les « aventures ».

Pour empêcher la trahison des Melgarejo, des Pepe, etc., il est nécessaire d'affronter les prochaines journées nationales d'octobre (grève du 1°r et du 2 octobre) en consolidant l'unité à la base au cours de la lutte. Pour être efficace cette unité dans l'action par usine, quartier, zone ou groupe, ne doit pas être soumise à un appel téléphonique ou à un ordre d'un centre quel qu'il soit. Comme l'expérience le montre à Cordoba et à Rosario, l'initiative, l'énergie, la coordination doivent rester au niveau de la base, liant entre elles les usines d'une zone ou d'un quartier, rendant possibles les liaisons entre les militants qui, pour des raisons de voisinage ou de travail, doivent s'entraider. Chaque fois que la lutte a atteint un certain niveau, le problème de coordonner les usines entre elles s'est posé par le biais des délégués, pour rendre plus souples les formes de communication. Cette nécessité a déjà fait surgir des coordinations à diverses occasions : à Cordoba, Tucuman, La Plata, etc.

Suede

PREMIERES PUBLICATIONS TROTSKYSTES

Cette année a paru en Suède, d'une part une revue Fjärde Internationalen (Quatrième Internationale), et d'autre part, pour la première fois en langue suédoise, les ouvrages de Léon Trotsky, la Révolution trahie et Littérature. et révolution.

Inde

FORMATION DE LIGUES PAYSANNES

Nous avons donné dans notre précédent numéro un aperçu des problèmes de la révolution indienne, de ses prémisses e! des formes que prend la lutte, notamment dans les entreprises industrielles. Mais la révolution indienne, c'est essentiellement la révolution agraire, qui doit trouver une direction politique marxiste. La section indienne de la IV° Internationale, le Socialist Workers Party, bien qu'essentiellement urbaine et encore numériquement faible, porte également une partie de ses efforts vers certains districts agricoles. Elle le fait plus particulièrement dans le Bengale occidental - une des régions les plus décisives par son centre, l'énorme ville de Calcutta — où elle contribue à la création d'organisations locales de la Ligue des ouvriers et paysans de village (V.W.P.L.). Nous donnons ci-après un compte rendu des activités de cette organisation.

Le 29 août s'est tenu à Krishnapur (district de Bankura, Bengale occidental) un rassemblement des ouvriers et des paysans de treize villages, convoqués par la V.W.P.L. afin d'organiser ceux-ci pour la défense de leurs revendications. Un autre resemblement analogue fut tenu le 6 septembre à Pathor Kamla dans le district de Bankura (Bengale occidental) pour les habitants de neuf villages.

Dans ces deux rassemblements des résolutions furent adoptées demandant six

Etats MESSAGE DU CONGRES DU

Le récent congrès du Socialist Workers Party, l'organisation trotskyste des EtatsUnis a adressé le message suivant au Secrétariat Unifié de la IV° Internationale :

Le 23º Congrès National du Socialist Workers Party, réuni à New York, a eu la plus grande participation depuis 1946 et comprenait pour la première fois une représentation importante du sud des EtatsUnis. Ce sont des indices de l'élargissement de nos forces dans le bastion de l'impérialisme mondial. Toute la première journée de nos débats a été consacrée aux problèmes du mouvement trotskvste mondial. Les délégués, depuis le plus ancien membre jusqu'au plus jeune militant, étaient kilos de riz ou 4,50 roupies par jour pour chaque ouvrier agricole, la suppression des anciennes lois agraires adoptées sous le gouvernement du Congrès (de l'Etat du Bengale occidental) qui favorisaient les propriétaires fonciers, l'adoption de lois améliorant le sort de ceux qui • cultivent la terre, la distribution de terres gouvernementales et des terres • benami. » appartenant aux propriétaires fonciers, à des paysans pauvres et sans terre, des mesures pour remédier au chômage total ou partiel dans les villages et, en attendant leurs résultats, des allocations de chômage pour les adultes.

Ses assemblées se prononcèrent également pour la confiscation des terres de ceux dont les revenus non agricoles sont supérieurs à 5.000 roupies par an. Elles demandèrent aussi que soient prises des mesures pour sauver les forêts du district d'une destruction sans scrupules, par le transfert des droits sur ces forêts aux villages avoisinants.

Le 12 septembre fut à nouveau tenue une assemblée dans le village de Krishnapur, avec la participation du camarade Bhutna Mohanta, un des dirigeants du S.W.P. et président de la V.W.P.L. Elle reprit les revendications déjà mentionnées el établit un programme d'action et de travail pour les mois à venir en vue d'étendre l'organisation de la V.W.P.L. et d'accroitre son action. -Unis S.W.P. A L'INTERNATIONALE pénétrés de la certitude que les auspices les meilleures de notre histoire existent et ce, à la fois à l'échelle nationale et mondiale, pour que nos idées trouvent un écho et pour que nos organisations grandissent. Ensemble avec les camarades dans le reste du monde, nous sommes résolus à réaliser ce potentiel afin de progresser vers la victoire du trotskysme sous le drapeau de la IV° Internationale.

Avec nos salutations fraternelles les plus ardentes.

Les délégués et visiteurs du 23€ Congrès national du Socialist Workers Party. (Le 9 septembre 1969.)

Pakistan

UNE PUBLICATION MARXISTE-REVOLUTIONNAIRE

Une organisation s'intitulant • Pakistan

Marxist Group > s'est constituée à Londres. Elle vient de publier le premier numéro d'un bulletin mensuel en langue urdu, intitulé Shola (la flamme), destinée à faire connaître la conception de la révolution permanente et le marxisme révolutionnaire parmi les militants pakistanais engagés dans les luttes révolutionnaires de leur pays.

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