Fondamentalement, le régime militaire de Suharto n'est pas différent de celui de Sukarno. Tous deux sont les gardiens des intérêts impérialistes et féodaux. La seule différence est que le régime militaire de Suharto est ouvertement réactionnaire, plus brutal et sauvage. Il ne cache pas son visage et ses intentions réactionnaires, comme le faisait celui de Sukarno. Il se vante même de « sa capacité à écraser les communistes sans avoir recours à une aide extérieure », « de sa faculté d'attirar les capitaux étrangers *, « de sa capacité à susciter la confiance des créanciers », etc. En d'autres termes, il est fier d'être le régime le plus réactionnaire et le meilleur pantin entre les mains des impérialistes.
Ce qu'il y a de plus indécent, c'est que la bureaucratie soviétique considère ce régime comme étant encore • d'inspiration anti-impérialiste ». Les « protestations » et les « critiques » des Soviétiques à propos du massacre des communistes et du peuple indonésien furent formulées de manière à ne pas heurter la sensibilité de ce régime militaire barbare. Elles étaient seulement dirigées à l'encontre de « certains éléments réactionnaires responsables de ce massacre ». La bureaucratie soviétique se réjouit du massacre à l'hitlérienne des Chinois en Indonésie parce qu'elle croit en l'existence de ce qu'on appelle le • péril jaune » et qui n'est en fait qu'une perversion propagée par l'impérialisme. Elle continue à apporter son aide au régime, notamment en lui fournissant des armements lourds et en entrainant en U.R.S.S. les officiers et les pilotes de Suharto. A chaque occasion importante, les dirigeants militaires et politiques des deux pays échangent vœux et messages de félicitations sur leurs succès contre-révolutionnaires respectifs. L'attaché militaire soviétique à Djakarta se joint aux tournées d'inspection de l'équipe des généraux de Suharto dans les zones où il y a des * points chauds » et il leur indique la manière de combattre efficacement les insurgés. Les dirigeants soviétiques condamnent le virage à gauche de la ligne politique du P.K.I. (Parti communiste indonésien) et demandent le maintien de la vieille politique de collaboration et de * transition pacifique ». Ils financent la divulgation des idées réactionnaires et du fatras propagandiste des groupes d'exmembres du P.K.I. vivant à Moscou. Paradoxalement. pour masquer leur aspect réactionnaire, ils donnent aux éléments prosoviétiques le même entrainement dans les mêmes écoles et avec les mêmes méthodes qu'aux officiers de Suharto.
Les plus heureux de tous en ce qui concerne l'établissement du régime militaire de Suharto sont les impérialistes et surtout les Américains. Après tout, ce sont eux qui ont préparé et organisé le coup d'Etat militaire et les massacres. Qui plus est ce sont les impérialistes et les Américains en tête qui capitalisent maintenant les fruits de l'oppression.
Pour l'instant le régime de Suharto s'est montré un pantin efficace, capable de sauvegarder les intérêts de l'impérialisme en tant que « nouveau régime fort » du SudEst asiatique. En effet, il utilise les méthodes les plus sauvages pour écraser tous ses opposants et pour instaurer une administration rigide, bureaucratique et militaire dans tous les domaines.
Des lois, règlements et mécanismes divers sont destinés à assurer l'apport de nouveaux investissements étrangers et à retenir ceux qui y sont déjà. Par exemple : restitution des entreprises à capitaux étrangers nationalisées par le régime de Sukarno ; détaxation de trois à cinq ans des capitaux étrangers investis en Indonésie et garanties contre toute tentative de nationalisation ; pas de taxe à l'importation pour les entreprises étrangères important outillages, équipements industriels pièces détachées : liberté de change totale pour les capitaux étrangers dans les cas d'échanges avec l'étranger ou dans les cas de transferts de fonds dans leur pays d'origine. Le dollar circule librement dans le pays et y sert de base au système monétaire indonésien.
Outre ces lois et règlements, le régime est obligé de renforcer l'application de la législation anti-grève et d'équilibrer son budget en àugmentant les impôts, en rationalisant l'administration (licenciements massifs d'ouvriers d'Etat et de fonctionnaires), en augmentant les tarifs de l'électricité, des chemins de fer, des autobus, de l'eau potable, en bloquant les crédits des industries nationales et en laissant une pleine liberté d'action aux banques étrangères.
Il s'en est suivi un rush des investissements étrangers. De nombreuses rencontres internationales entre les capitalistes ayant investi en Indonésie ont eu lieu à Tokyo, Scheveningen, Djakarta, etc, en vue de réglementer leur coopération et leur compétition dans l'exploitation de la richesse et du peuple indonésiens. Selon le secrétariat chargé de s'occuper des investissements étrangers en Indonésie, 84 projets d'investissements étrangers (ne comprenant ni le pétrole ni le gaz) d'un montant d'environ 342 millions de dollars
1954 à 1962 la somme s'élevait en
Le montant profit tiré
On peut augmenter
Suharto. II pétrolières
29 , il s'éleva à 133 millions. Ainsi totale des capitaux investis
1962 à 355 millions de dollars. total, en devises étrangères, du de l'exportation par ces trois s'attendre à voir ces résultats sous le régime militaire de y a maintenant 23 compagnies opérant en Indonésie (3) et il y aura de plus en plus de capitaux investis dans ce domaine après la découverte de nouveaux gisements de pétrole sousmarins à proximité des côtes des milliers d'iles de l'Indonésie. Un rapport à ce sujet paru récemment dans la presse dit :
« Le Sud-Est asiatique est saisi par la fièvre de l'or noire. "L'or jaillit du fond de la mer" , telle est la formule magique. Dans les eaux côtières des milliers d'iles indonésiennes, dans le golfe de la Thailande et les mers du Sud de la Malaisie jusqu'à Bornéo, s'est engagée une course aux concessions entre les géants du pétrole du monde entier. Ils ont tissé entre les iles et presqu'iles une véritable toile d'araignée et quadrillé leurs domaines respectifs sur un territoire aussi vaste que l'Europe occidentale, de Berlin à Lisbonne. A Wall Street, les actions de quelques sociétés sont montées en flèche et ont quintuplé et plus devant la simple éventualité de la découverte du pétrole dans le Sud-Est asiatique. » (4)
Toutes les richesses de l'industrie : terrestres (plantations, forêts, etc.), souterraines (mines et gisements), marines (péches et richesses marines diverses), sousmarines (gisements de pétrole connus, existence de gisements sous-marins de matières premières, notamment d'étain) sont vendues à bon marché aux impérialistes. Bien plus, toute l'infrastructure industrielle est gérée et dominée par les impérialistes. Les transports terrestres, aériens et maritimes sont déjà entre les mains du capital étranger. La GIA (Garuda Indonesia Airways) qui était la seule compagnie aérienne indonésienne est devenue une filiale de la compagnie hollandaise KLM. Parallèlement, plusieurs compagnies étrangères (Etats-Unis, Hollande, France...)
partagent l'exploitation de l'espace aérien indonésien. De plus, à côté de la
(1) El Bahar, quotidien de la marine indonesienne, 6-12-68. (2) Ekonomi dan Masgarakat, mensuel (numéro 1 Djakarta 1964, page 25). (3) El Bahar, 24-12-68. (4) Stuttgarter Zeitung, Stuttgart, 3-5-69, page 3
US ont été enregistrés à née dernière, à savoir (1)
Industrie
Mines
Pêche
Exploitation forestière
Transports
Produits pharmaceutiques
Commerce
* Travaux publics »
Plantations la fin de l'an-
62 580 000
158 500 000
11 500 000
79 120 000
8 760 000
4 150 000
2 100 000
8 140 000
6 900 000
Les investissements proviennent de : Etats-Unis 114 590 000
.... Canada 75 870 000 Corée du Sud 48 500 000 Hollande 19 430 000 Japon 17 200 000 Philippines 12 500 000 Hong-Kong 11 150 000 Panama 9 000 000 Allemagne occidentale 5 650 000
..... Belgique 5 550 000
..... France 5 000 O0O
......... Singapour 4 400 000
....... Grande-Bretagne 4 010 000 Norvège 3 110 000 Koweit 2 500 000 Malaisie 2 000 000 Australie 1 650 000 Danemark 1 000 000
Parmi ces capitaux, 83 200 000 de dollars sont investis dans l'ile de Java ellemême et le reste hors de Java.
Les gisements de pétrole ont été pendant longtemps entièrement sous domination de capitaux étrangers et c'est actuellement l'investissement le plus rentable. Les chiffres ci-dessous montrent à quel point, même du temps de la politique « sévère » de Sukarno à l'encontre des capitaux étrangers, ces investissements étaient rentables. * Le montant total du capital investi jusqu'en 1954 par la Shell, Stanvac et Caltex fut de 222 millions de dollars US. De firmes a été, de 1954 à 1962, de 2285 millions de dollars, soit à peu près 650 % du capital investi pendant la même période. » Le profit obtenu pendant les seules années 1961 et 1962 s'est élevé à 508 369 000 dollars US, soit environ 140 % du capital investi (2).
firmes a été, de 1954 à 1962, de 2285 millions de dollars, soit à peu près 650 % du capital investi pendant la même période. » Le profit obtenu pendant les seules années 1961 et 1962 s'est élevé à 508 369 000 dollars US, soit environ 140 % du capital investi (2).
QUATRI vente à bon marché de la main-d'œuvre indonésienne, dans les entreprises impérialistes Indonésie, il est question de la possibilité d'exporter à bon marché à l'étranger la main-d'œuvre indonésienne.
C'est pour cette raison que les impérialistes fournissent « aides *crédits », voire « subventions » à ce régime militaire et cela « généreusement ». L'IGGI (Groupe inter-gouvernemental chargé des intérêts étrangers en Indonésie, consortium impérialiste qui est aussi connu sous le nom de « club de Tokyo »). lors de ses rencontres d'avril 1969 à Scheveningen (Pays-Bas) a décidé d'accorder 500 millions de dollars de crédits à l'Indonésie. Shichio Muraï, haut fonctionnaire au ministère des Finances japonais, responsable des crédits japonais accordés à l'Indonésie, a déclaré récem ment que les dettes actuelles du régime indonésien (sans compter le nouveau crédit mentionné ci-dessus) s'élevaient à 2 500 millions de dollars répartis comme suit : 1200 millions aux pays capitalistes occidentaux, 1300 millions aux pays d'Europe orientale. Ainsi le montant total de la dette indonésienne en 1969 serait de 3 milliards de dollars US.
Evidemment, les « créanciers » savaient déjà que le régime indonésien ne pourrait pas rembourser toute cette dette. Mais cela ne les gêne pas puisqu'ils n'escomptent pas un remboursement formel du crédit mais un profit considérable et permanent tiré de toutes les formes d'investissements de capitaux, y compris le « crédit * luimême. En réalité, ces crédits sont remboursés avant même d'avoir été accordés. Jusqu'à maintenant les profits tirés du sol et des travailleurs indonésiens ont de loin dépassé le montant de ces soidisant crédits. Bien plus la reprivatisation des entreprises qui avaient été nationalisées auparavant (c'était l'une des conditions de l'octroi des crédits) a rapporté plus que le remboursement formel des crédits dans le futur.
Parallèlement, le « crédit » a aussi d'autres avantages. D'abord c'est une des méthodes permettant aux impérialistes de sauver leur économie métropolitaine (principalement par l'usage des crédits comme moyen d'achat de produits usagés, de surplus et de quelques autres biens de consommation produits en métropole à des prix relativement élevés). Ensuite, c'est le meilleur moyen de garantir la rentabilité des autres investissements dans ce territoire néo-colonial en utilisant ces crédits pour améliorer l'infrastructure et d'autres industries dans l'intérêt du capital étranger. Enfin, c'est la meilleure méthode pour enchainer à leur maitre ce régime de marionnettes. Celui-ci, se sentant « aidé », est obligé en permanence de rembourser ses dettes de manière formelle. Il est
EME INTERNATIONALE soumis aux pressions, aux ordres, aux intrigues et au chantage des impérialistes.
Considérons simplement l'usage du nouveau crédit d'un demi milliard de dollars. 135 millions doivent servir à l'achat de denrées alimentaires aux Etats-Unis, en Australie, au Canada, en Belgique, en Hollande, au Japon, en Angleterre, en Allemagne fédérale, en Italie. Et il est bien connu que les denrées alimentaires importées des Etats-Unis ne sont pas du riz ou quelque autre aliment pour les hommes mais de la nourriture pour le bétail. D'ailleurs, ces aliments eux-mêmes ne profiteront pas aux populations pauvres d'Indonésie. Ils sont en effet destinés en priorité aux soldats et le reste va aux millions de fonctionnaires civils subalternes du régime. La plus grande partie des 365 millions de dollars restant sera utilisée sous forme de • bonus export, c'est-à-dire qu'elle servira aux trafiquants et aux « importateurs libres » (connus sous le nom de « dynastie économique ») à importer les produits de luxe (à prix élevés) indispensables aux généraux et autres fonctionnaires et aux membres de la « dynastie économique » elle-même. Quant à la plus petite partie de ces 365 millions de dollars, elle sera investie dans des « projets de développement », c'est-à-dire en fait dans tous les projets et principale ment dans ceux touchant aux domaines de l'infrastructure qui sont nécessaires à une exploitation sans heurts par le capital étranger de la richesse et de la maind'œuvre indonésiennes. En même temps les conditions d'octroi des . crédits sont établies de telle manière qu'ils ont ún caractère « généreux * et • remplis d'objectifs humanitaires •. Ainsi le régime est obligé d'accepter les conditions véritables du crédit et se soumet aux ordres et à la volonté des impérialistes dans tous les domaines, y compris dans le domaine militaire.
Le budget de l'Etat, le plan et le système monétaire doivent être établis conformément aux intérêts des exploiteurs in.périalistes de l'Indonésie et sont conçus sous la direction du FMI (Fonds monétaire international) et de la BIRD (Banque internationale de reconstruction et de développement). Le soi-disant * plan de 5 ans pour un développement rationnel et prometteur » (REPELITA) est entièrement conçu sous la direction du FMI et de la BIRD. Selon la presse indonésienne (5). le « budget de développement pour 1969/70 qui s'inscrit dans le cadre du plan de développement de 5 ans s'élève à 123 milliards de roupies dont 24 milliards (soit à peu près 19%) seront fournis par
(5) Quotidien de l'aile droite nationaliste Suluk Marhaen, 24-1-69 l'impôt, et le reste (à peu près 81 %) par l' « aide » et les « crédits étrangers ». 81 % du « plan national » sont payés par le capital étranger. Ce fait à lui seul montre le vrai visage du « plan de développement de 5 ans » : il servira les intérêts du capital étranger, pas ceux du peuple...
Dans de telles conditions d'existence, la plupart des entreprises nationales ont à faire face à des menaces toujours croissantes de faillites. Des milliers d'entre elles ont déjà fait faillite, n'ayant pu survivre à la montée ininterrompue des coûts de production, due surtout à l'élévation des tarifs de l'électricité, de l'essence, de l'eau, des matières premières et des trans. ports, à l'accroissement des impôts (officiels ou non) ni aux soi-disant « donations volontaires » ou obligatoires, ni enfin aux pressions persistantes de la concurrence des biens de consommation importés de la métropole. Prenons un exemple : fin de l'année dernière, 95 % des industries textiles locales avaient fermé leurs portes (6). Les usines textiles de Magdalaga (près de Bandung) qui représentent 65 à 70 % du potentiel de l'industrie textile du pays s'étaient arrêtées de tourner (7). 80 % des industries travaillant le cuir ont cessé la production tandis que les autres travaillent seulement à 40 % de leur capacité (8). Nous pourrions citer à l'infini d'autres exemples montrant la « générosité ». et le « caractère humanitaire » de l'aide et des crédits étrangers.
Le taux de chômage augmente rapidement non seulement à cause des faillites dans. l'industrie locale mais aussi du fait d'autres mesures telles que la « rationalisation », • l'éviction des éléments GESTAPU du. PKI » (9) etc. Des millions de travailleurs et d'employés de la fonction publique, de l'industrie, des écoles et des universités furent contraints d'abandonner leur travail pour une raison ou pour une autre. De la même manière des centaines de pilotes et d'employés de la GIA (Garuda Indonesian Airways) furent contraints au chômage sous couvert de « modernisation » et d' « élimination des membres du PKI ». Ces mesures prétextes des licenciements massifs ont eu lieu même dans les grandes entreprises à capital étranger. Selon la presse indonésienne elle-même (10), il y a 33 millions de chômeurs, soit 70 % du potentiel de maind'œuvre en Indonésie, soit le tiers de la population. Et la presse indonésienne continue à citer des cas de licenciements massifs, en parlant la plupart du temps avec orgueil de « l'élimination réussie des membres du PKI ».
Ceux qui ont assez de chance pour trouver un emploi doivent évidemment accepter toutes les conditions de leur
IONALE 31 employeur, conditions pires que celles d'un chat ou d'un chien abandonné en Europe occidentale ! Et encore doivent-ils partager ce qu'ils gagnent avec leurs proches et avec leurs amis qui sont sans travail.
Parmi les travailleurs et les autres masses opprimées, ceux qui vivent à la campagne (travailleurs agricoles et paysans) sont ceux qui souffrent le plus (11). Ils constituent la partie la plus exploitée de la population. Le statut du travailleur aaricole et du paysan pauvre a été réduit à celui de l'esclave qu'on peut vendre, torturer et même tuer sans être trainé en justice. Des millions d'entre eux n'ont pas de demeure fixe, errent dans les villages rent ou vont dans les villes puis revienné.t dans les villages, devenus mendiants, voleurs, pickpocket, etc. Cependant, ceux qui n'ont pas d'autre choix que de rester dans les zones rurales, soit pour cultiver les terres d'un propriétaire terrien ou y faire quelque autre travail, soit pour leur louer une parcelle et la labourer. sont soumis à la traditionnelle exploitation féodale, qui se traduit par les pires conditions de travail, de lourds loyers, des dettes qui s'accumulent, etc. De plus, ils doivent acquitter de nombreux et nouveaux impôts officiels ou non : il existe maintenant au moins 42 taxes différentes imposables à celui qui vit en zone rurale.
La différence de niveau de vie est considérable entre les nantis et les autres. Les généraux et autres officiers, la bourgeoisie compradore (- dynastie économique ») et les propriétaires terriens vivent dans des maisons luxueuses et modernes avec tout le confort, y compris piscine, poste de TV réglable à distance, sans oublier villas et femmes pour leur week-end, plusieurs voitures par famille, docteur particulier, gardes du corps. Pendant ce temps, les travailleurs paysans ont bien de la chance s'ils peuvent trouver une hutte de bambou qui, même fermée, laissera pénétrer l'eau, l'air, les moustiques, les mouches et autres insectes. Et puis il y a des millions sans
(6) Suluh Marhaen, 11-11-68.
(7) Suluh Marhaen, 18-11-68.
(8) Sinar Harapan, quotidien chrétien, 27-11-68
(9) GESTAPU : « Gerakan Tiga Puluh September . ou « mouvement du 30 septembre » : nom et abréviation donnés par les réactionnaires au mouvement du colonell Untung du 30 septembre 1965 formé dans le but de liquider le « conseil des généraux » dirigé par le général Nasution. L'abréviation Gestapu a été introduite intentionnellement pour faire penser à la Gestapo d'Hitler. En réalité le « conseil des généraux » est le conseil des S.S. et des agents de la Gestapo indonésiens. (10) Sinar Harapan, 2-9-68. (11) Selon les estimations récentes, la population indonésienne est de 115,1 millions, 72 % de celle-ci sont constitués de paysans et d'ouvriers agricoles, la population rurale faisant au total 82,2 % de l'ensemble. Ainsi, seuls 17,8 % vivent dans les zones urbaines.
QUATRI toit, sans travail, et qui n'ont pour tout bien que leur sort. D'un autre côté, tout le système de la base au sommet est rempli de corruption, de manipulation, de prostitutions et de crimes.
Avec de telles conditions, est-il possible de • stabiliser = l'économie, de faire progresser le niveau de vie de la population ? Non 1 Aussi longtemps que le système dans son ensemble ne sera pas renversé, que la révolution n'aura eu lieu !
Il est bien vrai que, pour le moment, les impérialistes réussissent à maintenir « stables » leurs profits et leur système économique, mais il n'en va pas de même pour les conditions de vie du peuple. C'est un fait qu'à l'heure actuelle les impérialistes et leurs marionnettes peuvent toujours augmenter le luxe de leur vie mais certainement pas améliorer l'effroyable situation du peuple.
Le taux croissant de chômage, le manque de vivres, l'accroissement des maladies tropicales, la charge toujours plus lourde des impôts avec de surcroit l'exploitation traditionnelle, le régime caractérisé par les trafics, la corruption, le brigandage le plus vulgaire, le travail forcé, etc., tout cela impose de plus en plus de misères et de souffrances au peuple. Même le ministre des Affaires sociales, le docteur A.-M. Tambunan, ne peut cacher la vérité quand il déclare : « Nombreux sont ceux qui narmi nous vivent dans l'incertitude et parmı nous vivent dans incertitude et l'inquiétude causées par la difficulté de satisfaire leurs besoins quotidiens, par l'accroissement des frais que leur occasionnent leurs enfants pour entrer à l'école, pour leur faire continuer leurs études et pour les élever... Beaucoup de gens meurent de faim, n'ayant rien à manger, alors que d'autres meurent d'en avoir trop. Beaucoup de gens ne savent s'ils auront quelque chose à manger le lendemain alors que d'autres ne savent pas quoi faire de leurs opulentes richesses » (12).
Le régime peut donner l'illusion de pouvoir maintenir sa stabilité, mais elle sera aussi aléatoire que celle du régime de feu Ngo, de Thieu-Ky ou de n'importe quel régime fantoche d'Asie, d'Afrique ou d'Amérique latine. La stabilité du régime de Suharto repose sur la « coexistence » temporaire d'une bande de chiens voraces : ils s'entendent pour piller le bien du peuple, mais se chamaillent car chacun veut se tailler la part la plus belle. Chacun est hanté par la crainte d'être liquidé par l'autre. Suharto et sa clique, les généraux les mieux placés dans le régime (ceux qui avaient dirigé les usines lors des nationalisations de Sukarno) sont hantes par la menace des partis politiques d'opposition et des organisations de jeunesse d'extrême-droite (telle que le KAMI, le
EME IN KAPPI, eic.), mocratie », ment civil » totale. totale.
Il faut de la grav récemment. les blessés, cette amère
TERNATIONALI avec leurs slogans de « déde « retour à un gouverne, etc. Quant au général Nau temps pour se remettre e défaite qui a été subie Il faut du temps pour guérir tirer les enseignements de expérience et trouver la voie du combat effectif. Il faut du temps pour effacer les illusions du passé, rejeter les idées et la ligne politique fausse qui ont été suivies. Mais la lutte se développe et c'est une certitude historique que, dans un avenir pas trop éloigné, le régime sera renversé et que s'établira un nouveau régime du peuple et pour le peuple.
Un fait est encourageant, c'est que la population emploie dans son combat des formes de lutte révolutionnaires, à savoir la guerre populaire. Dans les secteurs agraires de la révolution, la guérilla a été lancée par le peuple dans plusieurs iles de l'Indonésie. Au pied des montagnes situées au long de la côte sud de Java et plus particulièrement dans les zones du centre et de l'est de Java ou le peuple avait de vieilles traditions révolutionnaires, les guérilleros ont installé un réseau de bases de départ comportant entre autres choses la construction de tunnels et de systèmes de communication du type de ceux utilisés au Vietnam par les forces de libération. Le même processus se développe dans d'autres iles, telles que Sumatra-Nord, Sumatra-Sud, Sulawesi (Célèbès), Kalimantan (Bornéo), etc. Dans Kalimantan-Ouest, les forces populaires ont installé depuis longtemps une base solide (12) Sinar Harapan, 31-12-68, sution (qui est devenu le héros des mouvements « civils » et « démocratiques ») et aux autres leaders politiques, la crainte d'être liquidés par la clique de Suharto les hante parce que chaque jour celle-ci continue à arrêter et à emprisonner tous ses opposants, y compris ceux qui, dans les forces armées, suivent Nasution, et ceci toujours sous le couvert de « l'élimination des membres du PKI ». Parmi les partis politiques qui sont encore autorisés à fonctionner (parce qu'ils soutiennent le régime dans sa lutte contre les communistes) il n'y a aucune unité. L'un se sert de la religion islamique pour défendre ses intérêts féodaux, d'autres utilisent d'autres couvertures (race, religion, etc) pour défendre les intérêts de certains impérialistes.
Par-dessus tout, le peuple ne se soumet pas à l'exploitation, à l'oppression barbare, à la torture et à la misère. « L'esprit sacré de ceux qui ont été massacrés nous appelle à les venger. » Le peuple se bat et continuera la lutte jusqu'à une victoire sution (qui est devenu le héros des mouvements « civils » et « démocratiques ») et aux autres leaders politiques, la crainte d'être liquidés par la clique de Suharto les hante parce que chaque jour celle-ci continue à arrêter et à emprisonner tous ses opposants, y compris ceux qui, dans les forces armées, suivent Nasution, et ceci toujours sous le couvert de « l'élimination des membres du PKI ». Parmi les partis politiques qui sont encore autorisés à fonctionner (parce qu'ils soutiennent le régime dans sa lutte contre les communistes) il n'y a aucune unité. L'un se sert de la religion islamique pour défendre ses intérêts féodaux, d'autres utilisent d'autres couvertures (race, religion, etc) pour défendre les intérêts de certains impéria-
Par-dessus tout, le peuple ne se soumet pas à l'exploitation, à l'oppression bare, à la torture et à la misère. « L'esprit sacré de ceux qui ont été massacrés nous appelle à les venger. » Le peuple se bat et continuera la lutte jusqu'à une victoire dans une zone libérée qui a été en mesure non seulement de contrer et de repousser à maintes reprises la répression militaire mais encore d'étendre ses forces et le territoire qu'elle contrôle. Quand elle parle des difficultés auxquelles doit faire face le régime, la presse indonésienne minimise le développement impétueux des luttes populaires. En cachant la vérité, elle essaye de duper le monde et de prouver sa capacité de faire régner l'ordre dans les campagnes mais cela a l'effet inverse et va à l'encontre de ses intérêts. C'est pourquoi il était juste à son point de vue que l'A.F.P. critique le fait que la presse indonésienne minimise l'ampleur et le sens de la résistance populaire. L'A.F.P., 28 janvier 1969, rappelait que la lutte armée dans Kalimantan-Ouest a plus d'ampleur que ne le prétend le régime et que la gravité de la situation réelle tient au fait que les forces militaires du régime ne peuvent défaire les forces
IONALE 33 une ligne politique juste. Il est incontestable que la direction du mouvement est entre les mains du PKI. La ligne du PKI est-elle juste aujourd hui après une si dure leçon ?
Il existe un danger d'aller trop « à gauche » quand le peuple essaie de corriger un erreur droitière et à l'inverse d'aller trop à droite quand le peuple essaie de corriger une erreur gauchiste. Quand les leaders corrigèrent la déviation droitière du Parti social-démocrate d'Indonésie qui, plus tard, prit le nom de PKI, dans les années 20, ils allèrent trop à gauche, copièrent d'une manière dogmatique l'expérience russe et le résultat en fut que la tentative révolutionnaire de 1926 aboutit à une défaite. Alors pour corriger cette faute, ils allèrent trop à droite et établirent une alliance solide avec les forces bourgeoises. La bourgeoisie a trahi maintes fois cette alliance et le mouvement révolutionnaire endura de nombreuses défaites. Mais il fallut attendre 1965 et le massacre d'un attondro 1065 at le massacre d'un demi-million de cadres et membres du PKI pour' que les leaders réalisent l'ampleur de leurs erreurs. Maintenant, nous nous trouvons dans une période où il faut corriger cette erreur profonde, droitière et opportuniste, qui a duré si longtemps. opportuniste, qui a aure si longtemps. Existe-t-il actuellement des indices indiquant que l'on va trop à gauche ? Ou bien existe-t-il encore des indices montrant les difficultés à abandonner cette ligne droitière et opportuniste qui a été menée si lonatemps ? longtemps?
Il est peut-être encore un peu tôt pour en juger avec certitude. Il s'agit, semblet-il, d'une période d'enseignements et d'expériences.
Cependant, à partir des documents disponibles et à partir du développement des luttes menées jusqu à maintenant, on peut voir qu'il y a eu une évolution radicale vers la gauche dans la lutte. La nouvelle direction du PKI a pu réorganiser et reconsolider tant ses propres rangs que les masses. Elle a fait une critique et une autocritique profonde et audacieuse, elle a dénoncé avec force la ligne opportuniste de la direction antérieure, elle a avancé une ligne nouvelle fondamentalement différente de l'ancienne quoiqu'elle ait toujours une odeur de ressemblance avec elle.
Les citations ci-dessous, extraites du « Programme du Parti communiste indonésien pour une démocratie populaire en Indonésie » montrent la ligne générale et l'orientation de la
« Les vestiges que le monopole direction actuelle:
de la féodalité tels des terres au profit des grands propriétaires terriens, les loyers payés sous forme de travail ou en nature, l'endettement qui réduit les paysans en esclaves des usuriers et armées populaires.
A un récent meeting, le 4 karta, devant plus de cent principaux chefs des forces nésiennes), Suharto déclara munistes s'efforcent de mars, à Djagénéraux (les armées indo-
: * Les comcontrôler à rappela que 9.000 hommes envoyés dans son secteur et davantage. Ces remarques et révèlent par eux-mêmes la avaient été en demanda ces rapports montée des luttes populaires dans plusieurs régions de l'indonésie.
Si l'on considère la situation générale dans le Sud-Est asiatique et la situation particulière en Indonésie même, on peut s'attendre à une rapide transformation des guérillas sporadiques en une guerre généralisée et à l'éventualité d'une invasion massive des forces militaires américaines. Cependant, la rapidité des progrès et l'aboutissement à une victoire complète dépendront aussi de l'habileté avec laquelle ceux qui dirigent le peuple sauront choisir nouveau la situation politique dans le pays et ceci requiert tous nos efforts pour les combattre... Notre tâche principales est d'écarter toute tentative des communistes visant à assurer leur retour politique et nous devons intensifier nos opérations militaires contre les communistes. » Lors de ce même meeting. le commandant militaire de Sumatra-Sud, présentant le rapport sur les opérations dans son secteur, déclara : « Les communistes consolident leurs forces dans la jungle et à la campagne». Quant au général Surono, commandant militaire de la zone du centre de Java, il rapporta à ce meeting qu'en dépit des opérations qu'il menait • Klaten et Purwodadi jusqu'à maintenant constituent toujours des bastions des Rouges ». Enfin, le général Witono, commandant de Kalimantan-Ouest, nouveau la situation politique dans le pays et ceci requiert tous nos efforts pour les combattre... Notre tâche principales est d'écarter toute tentative des communistes visant à assurer leur retour politique et nous devons intensifier nos contre les commumême meeting. le de Sumatra-Sud, sur les opérations dans son secteur, déclara : « Les communistes consolident leurs forces dans la jungle et à la campagne». Quant au général Surono, commandant militaire de la zone du centre de Java, il rapporta à ce meeting qu'en dépit des opérations qu'il menait • Klaten et Purwodadi jusqu'à maintenant constituent toujours des bastions des Rouges ». Enfin, le général Witono, commandant de Kalimantan-Ouest,
QUATRI des propriétaires terriens, les corvées, les « pologoro = (devoirs féodaux), etc., existent toujours abondamment dans les campagnes. Dans tous les villages d'Indonésie, ce qui prévaut, c'est un pouvoir politique de type féodal, autocratique et antidémocratique, qui représente les propriétaires terriens, protège le système d'oppression féodale et l'exploitation des paysans.
•«A part l'utilisation comme piliers du système féodal et de la classe féodale des grands propriétaires terriens, l'oppression néo-coloniale du peuple indonésien par l'impérialisme américain s'appuie aussi sur la bourgeoisie compradore et bureaucratique. Cette bourgeoisie, qui détient aujourd'hui le pouvoir politique en Indonésie et qui sert de valet à l'impérialisme américain, est composée principalement de la clique des officiers de droite. Ceux-ci, pendant des années, ont, en utilisant les pouvoirs qui leur étaient conférés par l'état d'urgence instauré en 1958, usurpé le pouvoir dans les entreprises qui appartenaient au capital monopolistique étranger dont le peuple s'empara...
« La clique militaire réactionnaire, dirigée par l'équipe Suharto-Nasution, s'est emparé du pouvoir politique par la force des armes et a instauré une dictature fasciste faite d'incomparables violences. Pour abattre l'oppression militaire de la dictature fasciste, le peuple indonésien doit s'armer, construire une force armée populaire et soutenir une guerre populaite. Cest seulement par la guerre du peuple que le peuple indonésien arrivera à se libérer.
• L'expérience sanglante au cours de laquelle des centaines de milliers de communistes et d'autres combattants patriotes ont été tués nous a enseigné la leçon qui ne devra jamais être oubliée que la voie révisionniste, la voie de la transition pacifique ou la voie parlementaire qui est colportée par la clique révisionniste dirigeant l'Union Soviétique et qui a ete suivie pendant quatorze ans par la direction précédente du Parti, mène les communistes, le peuple et la révolution à la catastrophe. Les communistes et le peuple révolutionnaire d'Indonésie doivent en conséquence nettoyer leurs rangs des plantes empoisonnées du révisionnisme moderne qui a provoqué une défaite sérieuse de la révolution indonésienne et doivent courageusement marcher avec une détermination absolue sur la voie de la révolution armée.
« La lutte armée du peuple indonésien est essentiellement une lutte armée des paysans sous la direction du prolétariat. Ceci est dû au fait du développement inégal à la fois économique et politique
EMEINTERNATIONALE de l'Indonésie et au fait que les forces contre-révolutionnaires ' sont concentrées dans les grandes villes. Puisque la paysannerie constitue la principale force révolutionnaire et puisque les forces de la contre-révolution sont comparativement faibles dans les campagnes, la révolution indonésienne triomphera dans tout le pays. en remportant des victoires village par village, en libérant les campagnes de l'oppression féodale, en instaurant le pouvoir révolutionnaire dans les campagnes, en encerclant les villes par les campagnes et, finalement, en libérant les villes en écrasant la totalité du pouvoir contre-révolutionnaire et en établissant un large pouvoir révolutionnaire. La libération du peuple indonésien ne se fera jamais à travers l'aventurisme militaire, c'est-àdire par un putsch ou un coup d'Etat.
«Il est clair, pour tout communiste et pour chaque fils et chaque fille du peuple indonésien qui aspire à la libération, que les tâches les plus importantes et les plus urgentes de la révolution sont de soulever, d'organiser, de mobiliser les masses, de transformer les villages arriérés d'Indonésie en bases avancées de la révolution, en bastions puissants de la révolution consolidés dans les domaines politique, militaire, économique et culturel.
« Dans le but de diriger la révolution indonésienne, la classe ouvrière et le PKI ne doivent pas seulement être capables d'engager la lutte armée, ils doivent aussi être capables de réaliser un front uni de toutes les classes révolutionnaires et de toutes les couches anti-impérialistes antiféodales, antibureaucratiques et anti. capitalistes La lutte armée et le front uri des révolutionnaires sont les deux armes principales que le PKI doit manier Sans ces deux armes, le PKI ne sera jamais capable de remplir sa mission de direction de la révolution. La lutte armée sous la direction du PKI serait isolée et vaincue si elle n'était pas soutenue par le front uni de toutes les classes et couches révolutionnaires. D'un autre côté, le front uni perdrait son sens s'il ne débouchait pas sur la lutte armée.
« Avant tout, la classe ouvrière doit établir une alliance avec la paysannerie parce qu'elle est la principale force révolutionnaire et son alliée la plus digne de confiance. L'alliance de la classe ouvrière et de la paysannerie est la base du front uni des révolutionnaires. La réalisation de l'alliance ouvriers-paysans sous la direction du prolétariat assure l'hégémonie du prolétariat dans la révolution et par làmême sa victoire. Toutefois, la classe ouvrière doit aussi réaliser un front uni avec les classes petites-bourgeoises autres que la paysannerie et avec les autres couches démocratiques. La petite-bourgeoisie est une alliée digne de confiance de la classe ouvrière.
« Envers la bourgeoisie nationale, la clasce ouvrière doit suivre une politique classe ouvrière doit suivre une politique d'unité et de combat. Tant que cette classe ne trahit pas la révolution, la classe ouvrière doit réaliser le front uni avec elle. En même temps, le prolétariat doit engager une lutte décidée contre l'aspect hésitant une lutte décidée contre laspect hesitant de la bourgeoisie nationale, contre ses tendances à la capitulation à l'ennemi et contre ses tentatives de destruction des rangs de la classe ouvrière et du front uni. »
Ainsi, il y a eu un changement profond et radical dans la ligne politique de la direction. Celle-ci est passée des « voies pacifiques » à la voie de la révolution armée, du combat mené dans les villes à la lutte dans les villages, de la lutte légale des masses au combat clandestin du peuple en armes, de la lutte contre « les impérialistes › à l'étranger à la lutte contre l'ennemi véritable, à savoir celui qui détient le pouvoir de décision dans le pays, du front uni principalement avec la bourgeoisie nationale au front uni principalement avec les paysans.
Le développement des luttes comme nous l'avons montré au cours de ce texte semble être l'application de cette ligne.
Quant à la révolution agraire dans les zones rurales, il y a là aussi une présentation du problème qui risque d'induire en erreur les masses et qui découle aussi de la conception de la • bourgeoisie nationale ». # est dit que « la terre et le paysans riches ne saisis ». Les paysan villages d'Indonésie e dans le Programme s autres biens des doivent pas être is riches dans les xploitent les paysans de bien des manières, tant féodales que capitalistes. Avec leurs terres, ils leur font subir une exploitation féodale et au travers d'autres moyens de production et de finances, ils leur font subir une exploitation de type capitaliste. Dans le déroulement de la lutte populaire, ils seront du côté des propriétaires terriens et du régime. On en a déjà eu la preuve dans le passé. Il y a naturellement quelques paysans riches qui, du fait de certaines contradictions avec les propriétaires terriens ou le régime, se rangeront du côté de la paysannerie pauvre et moyenne. Mais on ne peut pas généraliser et dire que les paysans riches sont toujours du côté des paysans.
Ainsi, bien que la ligne générale ait été déplacée vers la gauche, il est encore nécessaire pour les cadres, révolutionnaires et pour les masses de faire attention à la possibilité de recommencer les erreurs du passé. Et il faudra lutter sans comprodu passe dr tadr uter sans compromis si quelque indice d'une telle possibilité apparait. Il n'est évidemment pas moins important de lutter contre le dogmatisme. Puisque l'art de la guerre populaire révolutionnaire est tout à fait nouveau pour le peuple indonésien et sa direction, il se pourrait qu'apparaisse une tendance à appliquer dogmatiquement les expériences victorieuses d'autres pays. En luttant sans compromis contre tout retour à la ligne opportuniste du passé et contre tout dogmatisme éventuel, les combattants indonésiens sauront mettre en avant et développer une théorie de la lutte révolutionnaire en rapport avec les conditions particulières de leur pays.
Pour ces raisons, dans cette période de reconstruction, d'apprentissage et d'expérimentation, les cadres et tous les combattants doivent s'armer d'une théorie révolutionnaire complète, éviter les raisonnements partiaux et livresques, posséder à fond les conditions particulières de la société indonésienne ainsi que le développement des luttes révolutionnaires dans le monde ! Il ne fait aucun doute que la victoire totale appartient à la classe ouvrière et au peuple indonésiens !
Cependant, il y a encore niscences de l'ancienne ligne, ment à propos du problème geoisie nationale. Bien sûr, difficultés et les menaces de des rémiparticulièrede la bouravec les faillite auxquelles la « bourgeoisie nationale » se trouve confrontée (voir plus haut), il n'est impossible qu'elle lutte contre contre le capital étranger et contre le régime. Mais il faut bien voir aussi que, dans le processus de concurrence et de lutte contre le capital étranger ou contre le régime, les représentants de cette classe seront bientôt absorbés dans les rangs de la bourgeoisie compradore ou bureaucratique et la couche la plus basse tombera dans les rangs de la petite bourgeoisie. Ainsi, en réalité, il ne peut être question de corisidérer la « bourgeoisie nationale › comine une classe durable. Et avancer la nécessité de l'union avec la « bourgeoisie nationale » fait encore courir un risque de collaboration avec des éléments de la bourgeoisie compradore ou bureaucratique qu'on peut difficilement qualifier de bourgeoisie nationale. L'expérience passée, avec ces trahisons fatales de la soi-disant bourgeoisie nationale devrait être une leçon de vigilance sur cette question.