Le succès du premier essai nucléaire chinois, le 16 octobre, constitue un événement importance exceptionnelle dont les conséquences se manifesteront pendant longtemps.
Le gouvernement américain a tenté tout d'abord de minimiser la chose, cet engin ministre de la défense MacNamara, de taille petite et la Chine loin de posséder de la République Populaire de Chine se arsenal valable pour mener la guerre. Pour leur part, les dirigeants sont gardés des déclarations toni truantes américain a montré quelques inquiétudes, les Chinois ayant employé de l'uranium enrisur ce point. Toutefois, quelques jours après l'explosion, le gouvernement chi et non du plutonium, ce qui laisse penser qu'ils sont bien plus avancés techniquement qu'on ne l'admettait généralement.
Les répercussions ont évidemment été les plus immédiates en Asie, notamment au Vietnam-Sud, au Laos, au Japon, etc. Mais c'est dans tout le Tiers-Monde que l'événement a eu un écho considérable. Jusqu'alors, la bombe atomique était le privilège de grandes puissances industrielles. Pour la première fois, un Etat qui était encore au niveau semi-colonial il y a quinze ans a créé, par ses propres forces scientifiques et techniques, cette bombe atomique. Pour tous les peuples en lutte pour se libérer de l'impérialisme, cet événement fut considéré comme une victoire, non pas qu'ils pensent à un usage de cette arme, mais parce que cela donne à réfléchir aux impérialistes.
Sous une forme succincte, Antonio Nunez Jimenez, président de l'Académie des Sciences de Cuba, a exprimé ces points de vue : « Nous félicitons la Chine pour son succès scientifique dans la recherche nucléaire et sa déclaration pour la paix mondiale. Les réalisations scientifiques faites par la Chine sous le système socialiste aideront a promouvoir le développement des sciences dans les pays sous-développés. »
Une des conséquences de cet événement sera l'entrée plus rapide de la Chine à ro.N.U. à la place occupée actuellement par les débris du Kuomintang. Les Etats-Unis auront des difficultés à trouver une majorité pour continuer à s'y opposer. L'entrée de la Chine populaire à l'O.N.U., ce ne peut être seulement un déplacement d'une voix dans les votes. Même si les dirigeants chinois manifestaient quelque tendance à assouplir leurs positions à la suite de leur participation à l'O.N.U. (ce qui n'est pas du tout certain), la présence de la Chine serait considérée parmi les masses coloniales comme une victoire et
Que Washington soit obligé de procéder à des rajustements, il suffit pour en être certain de noter que Johnson, en pleine campagne électorale a dit que la Chine pouvait assister à la conférence du désarmement. Evidemment, le gouvernement américain aura à réviser bien autrement sa politique envers la Chine.
En ce qui concerne l'Union soviétique, nous indiquons ailleurs que l'explosion de la bombe chinoise — qui avait été annoncée depuis environ un mois et dont les dirigeants soviétiques ne pouvaient ignorer la date - a probablement joué un rôle dans le limogeage soudain de Khrouchtchev : il valait mieux procéder avant l'explosion qu'après, pour ne pas paraître le faire sous une pression des Chinois. On ne doit pas oublier que, dans le différend maine atomique a été un élément d'exacerbation du conflit. C'est sans aide soviétique que la Chine a pu faire les progrès attestés par cette explosion : c'est un point qu'on ne saurait passer sous silence.
Il est à souligner que cette bombe a suffi à dévoiler tout le bluff du fameux traité tripartite sur l'arrêt partiel des essais nucléaires. Le Kremlin a aussitôt cessé de le prôner, et il a disparu de la longue liste des mots d'ordre pour le 4%e anniversaire de la Révolution d'Octobre.
On doit mentionner que le gouvernement chinois a adopté une attitude sobre à la suite du succès atomique. « Avec l'arme nucléaire, nous ne chercherons pas à intimider les autres pays, à nous engager dans des aventures ; nous ne l'utiliserons pas non plus comme un permis d'entrée au « club nucléaire » et faire ce qui pourrait porter atteinte aux intérêts des peuples révolutionnaires du monde et de la paix mondiale », est-il dit dans l'éditorial du Renmin Ribao du 22 octobre.
Le gouvernement chinois a, aussitôt après l'explosion de la bombe, proposé une conférence au sommet de tous les pays du monde en vue d'aboutir à la destruction complète de toutes les armes nucléaires. Une telle proposition a très peu de chances de trouver un écho, les grandes puissances capitalistes n'étant pas disposées à s'engager dans cette voie. Cette destruction des armes qui peuvent effectivement détruire l'humanité sera seulement le résultat de la lutte victorieuse des grandes masses travailleuses arrachant le pouvoir au capitalisme là où ces armes existent.