Le S.I. de la IVe Internationale désapprouve la décision prise par le gouvernement algérien d'interdire le P.C.A. et son organe de presse.
La IV• Internationale n'a jamais ménagé ses critiques au P.C.A., aussi bien pour son approbation de la répression colonialiste du Constantinois en 1945 que pour sa ligne pendant la lutte armée pour l'indépendance. Elle est aujourd'hui encore opposée à la ligne de ce parti.
D'autre part, la IV° Internationale est convaincue que le F.L.N. réorganisé comme un véritable parti avec une base de masse et une structure centraliste démocratique, et luttant pour l'application effective du programme de Tripoli, sera en condition de jouer un rôle décisif à l'étape actuelle de la Révolution, et la tâche des révolutionnaires algériens est d'œuvrer dans ce cadre organisationnel avec une telle perspective.
Mais la IVe Internationale ne saurait, dans aucune condition, oublier sa position de principe d'opposition à toute coercition bureaucratique à la libre expression des courants, tendances et organisations qui acceptent la légalité révolutionnaire et qui sont décidés à une lutte conséquente contre l'impérialisme. Elle est convaincue qu'une confrontation éventuelle entre des forces de cette nature et l'expérience pratique sont les seuls moyens de sélectionner un véritable parti dirigeant et une véritable direction révolutionnaire, tandis que toute tentative de résoudre ce problème par des voies administratives s'avèrerait illusoire et, en dernière analyse, préjudiciable aux intérêts de la Révolution.
La critique de cette décision d'interdiction du P.C.A. n'implique aucun changement à l'attitude de soutien critique du gouvernement révolutionnaire algérien déjà définie dans notre résolution du 4 novembre, et n'est pas un obstacle à notre appui aux mesures progressives que ce gouvernement a prises depuis l'adoption de notre résolution (par exemple, la réduction des traitements élevés des hauts fonctionnaires, ministres et députés).
9 décembre 1962.