Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › n° 17

Plébiscite et élections en France

Quatrième Internationale, n° 17 · décembre 1962 · p. 10-11 · 1 099 mots

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La guerre d'Algérie terminée, la conjoncture économique se maintenant à un niveau élevé, tout ce quil y a de petit bourgeois en France - ce n'est pas passer den petique le tees activistes ar peu - pensait que, le temps de se débargroupes activistes, la situation prendrait un tour favorable : De Gaulle deviendrait plus libéral, le Parlement retrouverait une position honorable.

Au lieu de cela, l'horizon politique devint plus sombre. Prenant prétexte des tentatives des ultras, De Gaulle s'engagea sur la voie du renforcement du pouvoir personnel, de la lutte pour l'annihilation des partis. L'Assemblée Nationale ayant voté la censure du gouvernement, De Gaulle maintint les ministres censurés et dissout l'Assemblée. Il organisa, préalablement aux élections législatives, un plébiscite sur sa personne.

Que le caractère du personnage compte dans la situation, on ne peut en douter, mais on ne peut ainsi expliquer fondamentalement l'évolution de la situation en France. Nous avons, dès mai 1958, bonapartiste, pense arat faveur té tesouligné que l'instauration régime tensions suscitées par la guerre d'Algérie, correspondait à des nécessités protondes du grand capital en France. Au lendemain co sideracre ou il se trouvait, le repara de la guerre, le retard lisme français, au moyen d'une politique ananciere et fiscale, aboutit dans les années 1950 à rénover les usines sidérurgiques, les houillères, les chemins de fer, notamment, mais ces entreprises ne trouctions en France vent pas en face d'elles des clients correspondant à leurs possibilités, En outre, le Marché Commun exige que la concentration ne se limite pas aux industries de transformation mais s'étende à la distribution et à l'agriculture qui, en France, sont dans un état particulièrement arriéré. Le régime parlementaire était un obstacle sur la voie de la concentration, il fallait au grand capital un système politique qui ne soit ni freiné ni paralysé par la force des intérêts particuliers.

La fin de la guerre d'Algérie, loin de faire disparaître cette nécessité, tend plutôt à libérer des forces sociales qui mettent en cause la stabilite du régime gaulliste. Ainsi, la succession des défaites qu'a subies le capitalisme français depuis 1940 nourrit des courants fascisants de masse qui ne tarderont pas à trouver une forme d'expression et d'organisation politique. Du côté de la classe ouvrière, les vieilles directions en maintiennent jours la paralysie, mais on commence à toudiscerner des courants jeunes, encore faibles, annonciateurs d'une contestation de ces directions.

La phase « libérale » du bonapartisme de De Gaulle s'explique avant tout par le fait qu'il avait besoin d'un certain appui des masses pour venir à bout des tenants de « l'Algérie française ». Désormais son attaque principale sera dirigée contre les masses, et c'est pourquoi il veut museler plus que jamais leur expression parlementaire, etant donne que les vieilles directions utilisent particulièrement ce terrain.

Cette attaque contre les partis a soulevé également l'opposition des partis bourgeois constitués par les « notables » qui se voient privés de toute fonction dans le régime actuel et qui craignent surtout qu'un tel régime, reposant en fait sur la seule personne de De Gaulle, debouche sur le chaos politique et institutionnel à la disparition de celui-ci.

Le referendum ne donna à De Gaulle qu'une majorité médiocre, en dépit de plusieurs appels de sa part. Par contre, les élections furent un succès pour lul car, ayant mené l'attaque principale contre les vieux partis, il a réussi à les bousculer, à les démanteler au-delà des prévisions les plus optimistes de ses partisans. Les vieux partis bourgeois (Indépendants, M.R.P., radicaux...) ne purent mobiliser pour le vote leurs anciens électeurs ; environ deux millions d'entre eux s'abstinrent. D'autre part, les candidats qui étaient des partisans de l'O.A.S., des soutiens enragés de « l Algérie française » furent littéralement écrasés au profit des candidats gaullistes. Cela ne veut pas dire qu'un mouvement fasciste n'existera pas.

L'U.N.R., grande bénéficiaire de l'opération, n'est pas un véritable parti, mais un syndicat d'appétits, ramassis de hom de de Gaude cour faire la tote le gens de sac et de corde, qui exploite le personnelle de ceux qui la composent.

Les seuls partis qui ont tenu devant le gaullisme sont le P.C.F, et, dans une P.C.F. une moindre mesure, le Le P.C.F. se montre effectivement le pôle le plus puissant pour la classe ouvrière, bien qu'il ne gagne que peu par rapport défaite qu'a constituée l'arrivée de De à 1958, ou il avait marqué le coup de la Gaulle au pouvoir. Nous avons, dans ce vote communiste, un témoignage de la différence qui se manifeste eiffe na aubativite ouvrite qui essent un bas niveau et la conscience de classe qui tient en dépit du boom économique et de la politique qu'ont suivie, chacune à sa façon, les vieilles directions. En ce qu concerne le P.S., son leader Guy Mollet avait pensé pouvoir se livrer à de savandes mon avres les vipas partis bourgeois. tes manœuvres, en passant le « contrat Mais, après le référendum et avant le premier tour, il a senti un changement dans les masses et s'est déclaré prêt à assurer au second tour l'élection d'une douzaine de candidats du P.C.F. contre les gaullistes. Un tel propos devait contribue à semer l'embarras parmi les alliés bourgeois du P.S. Pour ne pas être en reste d'opportunisme, le P.C.F. s'est, au second tour, désisté dans quelques cas pour des bourgeois, et de la pire espèce, sous prétexte de « défense républicaine ». En fait, les communistes ont voté avec discipline pour les socialistes; et la réciproque a été vraie dans une proportion de 70 % environ, ce qui est tout à fait important, compte tenu de ce qui produisait dans Le P.S.U. n'a resentiellement aux dépens du P.S. partis ouvriers vont se trouver aussi désormais placés dans la situation de faire front contre les attaques du pouvoir qui seront dirigées contre les libertés démocratiques et les droits et conditions des travailleurs. Bien que le P.S., pour la première fois depuis 1947, ait appelé à voter pour des candidats communistes, on est encore loin de la réalisation du front unique ouvrier, même sur un programme restreint.

Mais, si les obstacles restent grands, nous nous trouvons devant un changement, une clarification de la scène politique, avec d'une part les gaullistes, et d'autre part les partis ouvriers, P.C.F. et P.S Ceux-ci ne renoncent pas à leur recherche d'alliés bourgeois, mais les partis bourgeois traditionnels, et même cet assemblage de la IVème République qu'était le M.R.P., ne pourront rester tels qu'ils étaient. La ligne de classe ressortira désormais plus nettement dans une période où les luttes ouvrières contre le patronat et l'Etat gaulliste seront plus difficiles.

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