Provocation stalinienne contre la IVe Internationale en Allemagne de l'Est
Immédiatement après le 22º Congrès du P.C.U.S., alors que les procédés staliniens y avaient été publiquement dénoncés, on vit, comme s'ils n'avaient rien appris, les dirigeants du S.E.D. se livrer à ce jeu infâme. Dans une conférence de presse à BerlinEst, un nommé Freitag se déclara membre du Comité Exécutif International de la IV* Internationale, affirma que lorganisation d'espionnage de l'Allemagne de l'Ouest, le service Gehlen, voulait se servir de nos camarades Raptis et Santen pour compromettre le F.L.N. Et ce, peu de temps après que le procès d'Amsterdam ait attiré l'attention de larges couches dans le monde sur l'aide que la IVe Internationale avait
UN BULLETIN EN
Un bulletin ronéotypé en langue arabe * Quatrième Internationale » a commencé apportée à la Révolution algérienne, et que la défense de nos camarades ait suscité une très vaste campagne de solidarité.
Le personnage présenté à Berlin-Est n'était pas du tout membre de la IV° Internationale, à plus forte raison n'avait-il aucune place dans ses organismes dirigeants.
La conférence de presse de Berlin-Est fut reprise pendant deux jours par la presse stalinienne dans le monde, notamment par L'Humanité qui se garda bien de publier les démentis qui furent adressés. Et puis, au bout de deux jours, les calomnies cessèrent, le silence se fit. LANGUE ARABE à paraître depuis quelque temps. Plusieurs numéros en ont déjà été publiés.
INDE
Résultats des élections:
polarisation progrès de la droite
D'une lettre en provenance de lIn de, nous publions les informations suivantes sur les récentes élections généra les :
Le R.C.P.I. (Parti Communiste Révolutionnaire de l'Inde) a gagné deux sièges à lAssemblée législative du Bengale-Ouest et conservé son siège dans l'Assemblée législative de l'Assam. A Bombay le candidat présenté pour l'Assemblée provinciale fut battu avec 16.000 voix contre 20.000 au candidat du Parti du Congrès.
Le camarade Khagen Barbarua, un leader de l'Assam, a été élu comme candidat du R.C.P.I. Au Bengale, le camarade Anadi Das a battu le président de l'Assemblée législative dans la circonscription de Howsah. Le camarade Kandi Pal est le troisième élu du parti dans l'Assemblée du Bengale.
Le R.S.P.I. (Parti Socialiste révolution• naire de l'Inde) qui avait passé un accord électoral avec le PC indien au Bengale et au Kerala a deux sièges au Parlement (les camarades Tridib Chaudhuri au Bengale, et Skrikantan Nair à Kerala) et sept sièges à l'Assemblée du Bengale-ouest.
Il n'y avait pas de front unique de la gauche en Assam. Au Bengale le R.C.P.I. faisait front avec le PC indien, le R.S.P.L., le Forward Bloc, etc.
Dans des états comme le Bengale, An-
INTERNATIONALE dhra et Kerala où le PC indien (dominé par sa gauche) avait présenté un programmne de lutte de classe limitée, la gauche a eu de bons résultats. Au. Bengale et à Andhra, le PC est devenu le principal parti d'opposition dans l'Assemblée d'état.
Mais à Maharashtra où le PC et d'autres groupes de gauche ont mené campagne sur une plate-forme rassemblant un front dé. mocratique de plusieurs classes pour obtenir un état linguistique dans cette région, l'échec a été considérable. Ce front Samiti, qui avait obtenu en 1957 127 sieges (sur 264) dans l'assemblée d'état et 23 sièges (sur 44) au Parlement, obtint seulement 32 sièges locaux et n'eut aucun élu au Parlement.
Une autre caractéristique importante des élections est l'apparition de partis réactionnaires, communalistes, comme le Jan Sangh, dans quelques grands états où la gauche était traditionnellement faible et où le PC suivait une ligne de collaboration de classe.
A Uttar Pradesh (la province de Nehru), le Jan Sangh, parti communaliste hindou, est devenu le principal parti d'opposition. Le P.S.P. (socialiste) qui était le principal parti d'opposition passe de 42 à 38, le PC de 9 à 6.
Le Jan Sangh est aussi devenu le principal parti d'opposition dans l'état de Mashya Pradesh.
Dans trois autres états (Rajasthan, Gujarat, Bihar), un nouveau parti, le Swatantra, soutenu par les parties les plus réactionnaires de la bourgeoisie et par des éléments semi-féodaux est devenu le principal parti d'opposition.
Dans les états de Madras et de Punjab, les forces séparatistes régionales (réactionnaires) sont aussi devenues les principales oppositions dans les assemblées.
Cette apparition de forces extrêmement réactionnaires et la défaite de la gauche dans quelques états ont soulevé de vives discussions à la base du PC indien. La politique de l'aile droite de Dange (khrouch-
CEY 62 dé demandent la réhab
Nos camarades du L.S.S.P. (section ceylanaise de la IV° Internationale) nous informent que 62 députés ont signé une pétition adressée à Khrouchtchev, déclarant notamment:
« Nous avons remarqué dans la publicatchevienne) soutenant la « bourgeoisie progressive » représentée par Nehru est ouvertement mise en question.
La ligne de collaboration de classe de la direction du PC fut typiquement illustrée dans l'élection de Bombay. Le ministre de la guerre Krishna Menon était combattu par Kripalani, soutenu par un front constitué par le Jan Sangh, le Sawatantra et le P.S.P. Le dirigeant du P.C., Dange, sabota la possibilité de présenter un candidat de gauche à la fois contre Menon et Kripalani, et força son parti et le front Samiti à soutenir Menon.
Dans cette élection, tous les partis réactionnaires et le lobby pro-U.S.A. firent campagne contre Menon, dont l'élection était, pour Nehru, une question de prestige. Le pseudo-socialisme de Nehru et Menon ne fut jamais dénoncé. Il s'ensuivit qu'il fut élu avec une majorité de 145.000 voix sur Kripalani ; mais en même temps à Bombay, qui était la forteresse traditionelle de la gauche, tous les candidats de gauche, PC compris, furent battus à l'exception d'un seul. Dange lui-même perdit son siège devant une nullité présentée par le Congrès.
Le résultat des élections a sérieusement miné les positions de la direction droitière du PC et la fraction de gauche s'efforce d'en tirer profit pour tenter de prendre la direction du Parti. L'aile gauche s'est identifiée avec Pékin dans le différend sinosoviétique. La crise et la lutte pour la direction se sont aggravées avec la mort d'Ajoy Ghosh, le secrétaire général du Parti, à la veille des élections.
Le 28 janvier, à Bombay, fut tenu un meeting en hommage à Natalia SedovaTrotsky, auquel participèrent des membres du R.C.P.I. et du R.S.P.I. La présidence était assurée par le camarade C. G. Shah, un des fondateurs du mouvement communiste en Inde. LAN putés ilitation de Trotsky tion des travaux du XXII Congrès du P.C.U.S. qu'il a été officiellement reconnu qu'au temps de feu Joseph V. Staline plusieurs chefs révolutionnaires et d'autres, dans des procès montés de toutes pièces, avaient été faussement accusés et fausse- ment déclarés coupables d'infâmes crimes politiques contre l'Union des Républiques Socialistes Soviétiques.
« Nous notons avec une réelle satisfaction que le gouvernement d'U.R.S.S. et le P.C.U.S. lui-même ont amorcé un processus qui permettra la révision de ces cas et la réhabilitation, pour la plupart à titre posthume, des victimes de la terreur de cette epoque.
« Il n'est sans doute pas nécessaire de rappeler à Votre Excellence que la plus renommée des personnes ainsi condamnées au temps de Staline fut Léon Trotsky, compagnon de Lénine à la tête de la Gran-
CU Un hommag
Dans son numéro du 12 levrier, le principal magazine de Cuba, Bohemia, reproduit la photographie de Natalia sur son lit de mort. La légende accompagnant la photo se lisait comme suit : « Une figure historique. La veuve de Léon Trotsky à
ETATS de Révolution d'Octobre 1917 et principal fondateur de l'Armée Rouge...
« En conséquence, nous faisons appel à vous pour susciter une révision publique et décisive du procès et des preuves alléguées contre Trotsky, en faisant porter la révision sur les faits avérés et connus auxquels, dans le procès, on ne fit allusion d'aucune manière.
« Permettez-nous d'ajouter que l'autorisation d'une telle révision par le gouvernement de l'U.R.S.S. contribuera largement non seulement au crédit de l'U.R.S.S., mais aussi à celui du mouvement de la classe ouvrière internationale toute entière.
23 novembre 1961.» BA ,e à Natalia Paris où elle mourut la semaine dernière.
Le drapeau rouge des Soviets la recouvre et est dressé sur le mur, à côté des portraits de Marx et de Trotsky, celui-ci en compagnie de Lénine, avec d'autres souvenirs d'une longue vie militante ». - UNIS
Mort de C. WRIGHT MILLS
A 46 ans vient de mourir C. Wright Mills, le sociologue le plus remarquable des Etats-Unis. Le plus remarquable, non seulement par la qualité de ses travaux, mais aussi par son caractère.
Par plusieurs livres, et notamment The Power Elite, il avait littéralement démonté le mécanisme de la société américaine. (Nous avions rendu compte en son temps de cet ouvrage.) Mais ce qui témoigne le plus en faveur de Mills, ce fut son attitude envers la Révolution cubaine. Il fut enthousiasmé par elle et, après un voyage à Cuba, écrivit en quelques semaines un livre Listen. Yankee (« Ecoute, Yankee») dont 600.000 exemplaires ont déjà été écoulés aux Etats-Unis. Chez lui, dans son studio, il avait mis sur la porte le mot d'ordre des Cubains : /enceremos (Nous vaincrons).
Mills n'était pas marxiste; il relevait plutôt de la meilleure tradition « radicale» aux Etats-Unis, c'est-à-dire de celle qui veut réellement rester fidèle aux meilleurs enseignements des démocrates révolutionnaires du passé, qui n'ont pas manqué jadis aux Etats-Unis, mais dont il ne reste plus que quelques individualités. Cependant, Mills n'adoptait pas une attitude négative envers le marxisme ; il considérait nécessaire que la jeunesse l'étudie et, à cet effet, il venait de terminer un livre: The Marxists, un exposé qui, selon notre camarade Warde (qui fut lié à lui) contient un exposé honnête, révélateur aussi des faiblesses de la pensée de Mills au sujet du marxisme. Dans cet exposé, il considère cependant que Lénine et Trotsky ensemble formèrent le pivot du bolchevisme, de l'effort le plus héroïque et le plus persévérant pour traduire les idées marxistes dans la pratique révolutionnaire.
83.
Le S. W.P. offre son
Devant les attaques portées par la bourgeoisie américaine contre les communistes, les trotskystes des Etats-Unis (S.W.P.) proposent leur soutien dans une lettre dont nous extrayons les passages suivants :
* Si le Parti Communiste peut effectivevement être mis hors la loi aujourd'hui sous un prétexte quelconque, un précédent aura été créé à partir duquel d'autres partis pourront être mis hors la loi sous un autre prétexte. Si le parti qui détient le pouvoir au gouvernement peut mettre hors la loi ses opposants, il ne restera rien de la Loi des Droits de l'Homme (Bill of Rights). Pour prévenir un si dangereux tournant dans notre pays, il est du devoir de tous ceux qui croient à la lutte pour aide au P.C. américain préserver les droits démocratiques de défendre les droits du parti communiste.
« Le S.W.P. se tient prêt à aider à la défense du parti communiste de toutes les façons que nous pourrons. Nos salles de réunions sont partout dans le pays à votre disposition. Par la présente, nous offrons à vos délégués une invitation permanente à parler dans nos meetings et forums publies pour expliquer votre cas.
« Nous sommes prêts à aider à construire le mouvement le plus large possible pour la défense des droits démocratiques du parti communiste, un mouvement de défense basé sur la grande tradition américaine du travail suivant laquelle le mal fait à un seul est un mal fait à tous. »
ITALIE
Le mouvement communiste après le 22° Congrès
Le mouvement communiste italien a été particulièrement secoué par le 22 Congrès du P.C.U.S. du fait, qu'antérieurement, des divergences sur des problèmes italiens étaient apparues jusque dans les sommets du P.C. italien.
Très rapidement, le secrétariat de ce parti lâcha un peu de lest : le « culte de la personnalité » n'était pas une explication suffisante, mais c'est à la direction soviétique qu'il envoyait la balle :
* ... Nous devons reconnaître que le problème ne peut être réglé par la seule dénonciation des défauts de Staline et des erreurs commises par lui, quitte à ajouter ensuite la reconnaissance de certains de ses mérites indiscutables. La question est plus vaste et plus complexe, elle soulève d'abord le problème de savoir comment de telles erreurs ont été possibles... Nous exigeons des explications supplémentaires puisque la dénonciation de l'ère stalinienne amorce le problème des responsabilités du P.C. italien et des autres...»
Dans une conférence de presse, le ler décembre, Pajetta, parlant au nom de la direction, répond en ces termes à une question d'un journaliste sur la réhabilitation de Trotsky :
& Des aujourd hui, en Union Sovietique, quand on parle de Trotsky, on ne se réfère plus à ces accusations de caractère pénal qui, jusqu'à un certain point, ont servi à justifier la condamnation des trotskystes. Si par réhabilitation on entend établir que Trotsky fut un révolutionnaire qui ne se lia pas aux impérialistes dans une action criminelle contre TU.R.S.S., nous croyons que non seulement ce problème ne se pose plus. mais qu'en fait il a été résolu. Si l'on envisage un autre problème, celui de la réhabilitation politique, pour soutenir que Trotsky avait raison dans ses positions contre la politique soviétique et de Staline. nous pensons que, dans toute une série de positions sur lesquelles Trotsky fut politiquement battu. anterieurement à l'affaire de caractère pénal. Trotsky avait tort. Par exemple, il avait tort sur le problème de la construction du socialisme dans un seul mys. Au contraire, avaient raison le parti de TU.R.S.S. et Staline. Nuova Generazione « posé le problème sous une forme que nous avons critiquée, parce que cet organe aborde un problème aussi important d'une manière qui peut même apparaître scandaleuse, dans le sens de faire un éclat. Dans le numéro suivant de cet hebdomadaire se trouve un article qui aborde le problème de la lutte politique contre le trotskysme séparant clairement les deux choses. En somme, la lutte contre Trotsky dans ses elements politiques essentiels jut juste. même si à partir d'un certain moment elle fut conduite en partie avec des méthodes qui violèrent la légalité socialiste. » (« L'Unità», 2 décembre 1961.)
C'est dans la Jeunesse Communiste que la discussion porta le plus loin. L'organe officiel de cette organisation ouvre un débat sur les « problèmes du socialisme ». Dans son numéro 42, qui fut ultérieurement attaqué par Thorez au Congrès du P.C.F., l'explication suivante est donnée :
« L'intérêt et les polémiques suscités par la vigoureuse prise de position des communistes soviétiques attirent l'attention de lopinion publique sur la nouvelle « mythologie négative » du « culte de la personnalité », mythologie qui, si elle est justifiée par la difficulté de la lutte politique risque toutefois, par un enchainement presque fatal de causes et d'effets qui semblent ne pas avoir de fin, de retarder celte clarification rationnelle faite avec les instruments critiques du marxisme, que Togliatti avait déjà souhaitée dans interview célèbre à Nuovi Argomenti. Cernous n'avons pas attendu le XXII Congrès pour demander que cette intervieu soit le point de départ de toute une analyse critique de notre part ; certes, nous n'attendrons pas le XXIII Congrès du P.C.U.S. pour affirmer la nécessité d'une révision critique de toute l'histoire sovié tique, y compris de sa période la plus récente, pour encourager une analyse, y compris de su période la plus récente, pour encourager une analyse plus juste, indépendamment de tout jugement de valeur, sur le rôle joué également par Trotsky luimême dans la Révolution d'Octobre. Nous soutenons ce point de vue. non pas tant parce que nous sommes animés d'une volonté prématurée de secouer les consciences, muis bien parce que l'énormité même des dernières révélations souligne l'urgence d'une analyse qui seule peut nous donner raison. Le XXII Congrès du P.C.U.S., soulevant courageusement le voile sur les erreurs du passé. a ouvert une série de problèmes : la façon dont est comprise l'unité idéologique du mouvement communiste internutional. les rapports entre les partis ouvriers, lapprofondissement de la démocratie intérieure du Parti, la réglementation des autonomies et l'institutionalisation de la liberté à l'intérieur de l'Etat. Tels sont les problèmes; il appartient au débat en cours d'en justifier ou d'en nier la légitimité et de donner les premiers instruments critiques propres à leur solution. Le mouvement ouvrier international ne part pas de zéro ; quarante ans d'histoire ont édifié un monde socialiste fort et respecté. ont ouvert des perspectives de paix pour toute l'humanité ; avec cette fierté, nous rouvrons avec tranquillité un débat qui fut interrompu pendant longtemps et avec des méthodes pas toujours licites. Aujourd'hui. nous pouvons affirmer qu'une nouvelle génération entre dans la lutte du mouvement ouvrier, une génération qui n'a pas vécu l' « époque stalinienne » et qui cherche sa vocation révolutionnaire en faisant appel à la force du raisonnement critique du marxisme léninisme et non à l'unanimité factice et rituelle ».
Dans la série des photographies qui illustrent les pages du débat dans ce numéro nous en notons particulièrement deux dont les légendes sont les suivantes :
« Boulganine, Jdanov et Staline durant une session du Comité Central du P.C.U.S. Jdanoo fut l'interprète, sur le plan idéolo• gique, de la politique culturelle de l'époque de Staline. Son œuvre peut être prise comme symbole de ce qui n'est pas une culture marxiste. »
« Lénine parlant à un meeting : près de lui se tient Trotsky, une des figures les plus originales de la Révolution d'Octobre et sur la pensée de qui le débat est aujourd'hui rouvert. On lui doit, entre autres, une des plus intéressantes histoires de la Révolution et les plus belles pages sur Vladimir I. Lénine. »
Le débat qui eut lieu dans l'organe des J.C., quelles que soient les délimitations qui sont exprimées à légard de Trotsky et du trotskysme et quelles que soient les inexactitudes politiques qui y sont contenues à cet égard, constitue une véritable révolution, une rupture extraordinaire avec le passé, en ce qui concerne l'approche des idées de Trotsky et du trotskysme dans le mouvement communiste mondial. Quels que soient les inévitables reculs et péripéties que connaîtra le processus ainsi ouvert, la voie est ainsi irréversiblement largement ouverte à la progression victorieuse des idées du trotskysme et de la IV° Internationale.
La direction du PC a évidemment essayé d'enrayer la discussion dans un cadre acceptable pour elle, et de l'arrêter même. Cependant la discussion, pour ne plus avoir d'aussi spectaculaires aspects que dans les semaines qui suivirent le 22° Congrès, se poursuit. Ainsi, le 9 mars, une organisation culturelle contrôlée par le PC organisa à Milan un débat public sur Trotsky entre Lucio Magri, secrétaire régional du PC, et le camarade Livio Maitan, officiellement en tant que secrétaire de la section italienne de la IV: Internationale. Le débat avait été annoncé publiquement par deux quotidiens, dont l'organe officiel du PC. La discussion se fit sur un niveau idéologique très élevé, sans aucune déformation ni calomnie.
L'éditeur italien Einandi vient de faire paraître un volume d'Ecrits de L. Trotsky, qui contient la traduction en italien de nombreux articles, notamment de ceux relatifs à l'Allemagne d'avant 1933 et à la Révolution espagnole.
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Commentaire à la radio sur le 22°
A la radio nationale danoise, le camarade Moltved, ancien membre du C.C. du P.C. danois et à présent membre du P.S.P., a fait un exposé à la suite du 22º Congrès
BELGI Discussion publiq
Un membre du Comité Central du PC belge, Jacques Grippa, s'est fait le défenseur des thèses du PC chinois. Il a écrit un article à cet effet, et cet article a été publié dans l'organe du PC belge, Le Drapeau Rouge, où il occupe plus de deux pages.
L'article est très intéressant. Mais ce qui est plus important encore, c'est le fait que cet article ait été publié. Il témoigne que ce petit parti est politiquement divisé.
Une réunion de la
Les Publications de Quatrième Internationale ont organisé à Bruxelles, le 18 janvier, une réunion publique destinée à présenter le livre de Trotsky : « La Révolution trahie » qui vient d'être réédité. Environ quatre-vingt personnes, en majorité des jeunes, assistèrent à cette réunion où le camarade Pierre FRANK exposa les causes qui engendrèrent le stalinisme dans les an-
GRANDE-B Malaise dar
Un des plus importants et anciens intellectuels du PC britannique, le plus important économiste des P.C. d'Europe, Maurice Dobb, a écrit une lettre pour critiquer l'esa la laulo
Congrès du P.C.U.S. Il a montré que les « révélations » de Khrouchtchev témoignaient de l'egonie du stalinisme et de la justesse des positions défendues par Trotsky. QUE ue dans le P.C.
Jusqu'à présent, la crise du stalinisme avait vu le monolithisme brisé à l'échelle internationale, mais non — sauf dans une certaine mesure en Italie — sur le plan de chaque parti national. L'aggravation du différend sino-soviétique, surtout si elle aboutit, comme de nombreux signes semblent l'indiquer, à une rupture ouverte entre Chinois et Soviétiques, aura des répercussions considérables au sein de tous les partis communistes.
IV* Internationale nées 1920, et aussi la signification de la « déstalinisation » actuelle et les perspectives.
Une discussion très intéressante suivit Texposé, portant sur les dangers de bureaucratisation et les moyens de lutter contre eux, ainsi que sur la justification de la IV Internationale. RETAGNE as le P.C. timation que le dirigeant Palme Dutt avait donnée dans l'organe théorique Labour Monthly sur le 22° Congrès.
Il critique l'impression donnée que « les pouvoirs exceptionnels » (il s'agit des crimes staliniens) furent « déformés et donnèrent lieu à des abus », que cela fut dû à des traits de caractère de Staline. Maurice Dopp rappelle plusieurs questions théoriimportantes (intensification de la ques lutte de classe en même temps que le socialisme est édifié, erreur dans le domaine agricole..) commises par Staline. Il s'étonne d'une différence faite par le dirigeant
FRA Marguerite
Le 20 janvier 1962, Marguerite Rosmer s'éteignait à Paris, à l'âge de 83 ans. Compagne d'Alfred Rosmer, l'historien du « Mouvement ouvrier pendant la première guerre mondiale », elle compta parmi les amitiés les plus proches et les plus fidèles de Léon Trotsky et de Natalia Sedova. Par une coïncidence à la fois cruelle et apaisante — puisque l'amitié semble ici s'affirmer jusque dans la mort — Marguerite Rosmer a disparu trois jours avant Natalia, dont la maladie l'avait très cruellement affectée.
Marguerite Rosmer-Thévenet, avant la première guerre mondiale, avait consacre ses activités à l'enfance. Durant la guerre, elle appartint à ce petit groupe de la rue Fondary où se retrouvaient quelques femmes courageuses qui, affrontant la calomnie et l'insulte, osèrent s'élever contre l'hysté-
Le referendur
Aussitôt les accords d'Evian signés, de Gaulle a voulu en tirer profit pour son régime. Il a décidé un « referendum », qui n'est qu'un plébiseite.
Plébiscite et non referendum, car il ne s'agit pas vraiment d'approuver les accords d'Evian (il n'est plus possible en tout cas pour l'impérialisme français de recommencer à faire la guerre en Algérie), mais d'accorder des pouvoirs les plus larges à de Gaulle sous prétexte de mettre ces accords en application.
Du côté réactionnaire, en dehors de groupements sans large audience pour le moment qui appellent à voter non, le principal parti de la droite classique, les Indédu Parti entre des procès qui auraient été réguliers et d'autres qui ne l'auraient pas été, et il montre qu'elle ne repose sur. rien.
La critique est bien timide, elle cherche à utiliser ce qui a été dit au 22° Congrès contre les réticences de la direction britannique. Elle a une importance en tant que symptôme de la crise qui se développe en profondeur. NCE ROSMER rie « jusqu'au-boutiste » des organisations féminines et essayèrent de renouer quelques liens avec le mouvement féministe international. Marguerite Thévenet, faisait aussi partie de la « Société d'études documentaires et critiques sur la guerre », assura la liaison avec Romain Rolland, lui apportant, comme il le note dans son « Journal », lettres et documents.
Dans les premières années de la Révolution russe, Marguerite Thévenet, dont le destin est désormais lié à celui d'Alfred Rosmer, organise lenvoi de vivres destinés aux enfants russes victimes de la famine née des extraordinaires difficultés que traverse la révolution. Elle part pour l'Union soviétique avec le premier train de vivres, afin de poursuivre sur place son œuvre de solidarité. n après Evian pendants, laisse la liberté de vote à ses élus et sections.
Le M.R.P., les Radicaux, le Parti socialiste, sans sans parler de TUN.R., votent oui, comme aux précédents plébiscites gaul. listes.
Par sa force électorale, par l'écho qu'il peut recueillir dans le pays, le P.C.F. pouvait faire voter non, sans qu'il y ait d'ambiguité sur la question de la guerre, en assurant un tel nombre de suffrages au non qu'il était impossible à la droite d'en tirer profit. Le P.C.F. pouvait aussi appeler les travailleurs à ne voter ni oui, ni non, mais à mettre un bulletin avec un mot d'ordre, et combattre au dépouillement du scrutin pour que ces bulletins soient comptés séparément. Mais la direction du P.C.F. a préféré appeler les éleeteurs à voter également : oui. Quels arguments invoque-t-elle et quelles sont ses raisons de le faire ?
Thorez dit, tout d'abord, qu'il ne faut pas tomber dans le piège de de Gaulle, et que la question principale c'est la paix en Algérie, la signature des accords d'Evian, leur apolication Dans ces conditions, le oui du P.C.F. est un oui à la paix et un non à de Gaulle. Le point de départ de cette argumentation. à savoir que c'est lessentiel qui est déterminant. est une vieil. le connaissance. En mars 1956. sous prétexte que l'essentiel c'était le front unique avec les socialistes. les élus du P.C.F. ont voté les « pouvoirs spécianx » à Guv Mollet, avec lescuels il a expédié le continent pour faire la guerre en Algérie. De Calle ne recommencera pas la guerre en Algérie, quel que puisse être le résultat du vote du 8 avril. mois il se servira des pouvoirs prévus, peut-être un petit peu contre TO.A.S. et beaucoup contre les travailleurs.
Quant au oui, de quelque façon que la direction du P.C.F. le qualifie au cours de la campagne électorale, en fin de compte, au dépouillement, personne ne pourra faire la distinction entre un oui M.RP., un oui U.N.R. ou un oui P.C.F. Et dans une telle confusion, c'est de Gaulle qui en tirera profit.
Thorez a pris la décision de voter oui, de s'accommoder de la confusion qui sert de Gaulle, pour une raison très simple qu'il a à peine dissimulée. Au Comité Central qui à ratifié la décision de voter : oui, il a dit qu'il fallait utiliser le referendum pour préparer la campagne électorale.
Selon toute vraisemblance, le P.C.F. devrait progresser aux prochaines élections ; si on en croit les augures, il doit gagner pas mal de sièges. Mais le piège gaulliste consistait à amener le P.C.F. à voter non, et dans ce cas il aurait perdu, comme au referendum de septembre 1958, un grand nombre de voix, de la partie la moins éclairée de l'électorat communiste, celle qui, en 1958, voyait en de Gaulle l'homme capable de faire la paix en Algérie et qui lui attribuerait les mérites de la paix d'Evian. La direction du P.C.F. ne voulait pas s'engager dans une campagne électorale après avoir perdu des voix au referendum. Nous sommes en présence d'un raisonnement de maquignons électoraux de la V° République, bons héritiers de ceux de la IV°. La direction du P.C.F. a préféré avoir quelques difficultés avec une avant-garde qui se refuse à voter oui, plutôt que de perdre dans la partie la plus arriérée de ses électeurs. Elle manifeste son électoralisme le plus plat, et ce dans régime où le Parlement est une institution méprisée de tous.
Le P.S.U. a décidé de mettre un bulletin motivé ne portant ni oui, ni non. C'est une bonne décision, qui a été prise contre la direction centriste (qui voulait voter oui) par une coalition de la gauche de ce parti et des mendessistes. Il est évident que dans le P.S.U. n'a joué ni le poids de la direction, ni non plus des soucis électoraux pour l'immédiat.
Le P.C.I. a distribué des bulletins portant les mots d'ordre suivants : Oui à l'indépendance de l'Algérie • Libération de tous les révolutionnaires algériens - Amnistie aux Français qui les ont aidés - Non à TO.A.S.! Non au pouvoir gaulliste !