Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › n° 14

Un monument aux communistes victimes de Staline

Quatrième Internationale, n° 14 · novembre 1961 · p. 1-7 · 3 218 mots

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« La révolution [politique en URSS] ouvrira toutes les armoires secrètes, révisera tous les procès, réhabilitera les calomniés, dressera des monuments aux victimes, vouera une malédiction éternelle aux bourreaux. Staline disparaîtra de la scène sous le poids de ses crimes, comme le fossoyeur de la révolution et la plus sinistre figure de l'His toire. » Ainsi s'exprima Trotsky en 1937, au moment où les machinations que furent les procès de Moscou, bâtis sur la provocation de l'assassinat de Kirov, atteignaient leur apogée.

En prenant la décision d'ériger un monument aux communistes victimes de Staline et de chasser celui-ci du mausolée de la Place Rouge, le XXII® Congrès du P.C.U.S. témoigne de ce qui mûrit dans la société soviétique. Ce n'est pas encore la révolution politique annoncée par Trotsky, mais un de ses signes précurseurs, le signe que les forces motrices de cette révolution commencent à trouver une certaine expression politique, dans un pays qui depuis plus de trente ans ne savait plus ce qu'était une vie politique.

Sans disposer encore de tous les matériaux du Congrès, on peut dire avec certitude que ce Congrès a enregistré l'épuisement des réformes introduites par Khrouchtchev dans les années précédentes et constitue une nouvelle tentative de sa part de canaliser à son profit les forces montantes dans la société soviétique. Au XX* Congrès, il avait prononcé son rapport sur le « culte de la personnalité de Staline » dans une séance secrète, insistant sur la nécessité de ne pas ébruiter l'affaire, de laver le linge sale en famille. Mais le linge était si sale et la famille si grande, qu'au XXII® Congrès il s'est trouvé contraint de porter l'affaire devant le monde entier. L'homme n'agit pas pour des raisons de principes, mais est mû par les circonstances et par certains traits propres à son caractère qui le font jouer gros jeu.

En URSS le niveau de vie s'est élevé et, malgré bien des insuffisances dans l'immédiat, les perspectives sur le plan matériel sont celles d'améliorations substantielles. D'autre part, l'arbitraire et la terreur ont disparu. Mais la société soviétique a d'autres besoins. Elle n'a toujours pas le droit d'élaborer politiquement, elle ignore toujours la démocratie soviétique. C'est la question sur laquelle trébuchera le pouvoir bureaucratique.

Quand la direction Khrouchtchev commença la préparation du congres il y a quelques mois, elle mit laccent sur le projet de programme qui consistait à dire en substance aux Soviétiques: dans vingt ans vous nagerez dans le bonheur... si vous nous laissez à nous, bureaucratie, le pouvoir (tel était notamment le sens du chapitre où il était question du renforcement du parti). Cependant, dès avant le Congrès, la direction avait été obligée de changer de cap. Plusieurs problèmes posés dans la discussion préparatoire et, surtout, une situation dont nous avons eu un aperçu par quelques événements révélateurs sur lesquels nous reviendrons plus loin, l'obligèrent à parler d'autre chose que du bonheur dans vingt ans. Le projet de programme mentionnait tout juste le « culte de la personnalité » et faisait le silence sur le passé stalinien. Au Congrès, la discussion ne porta guère sur ce qui se passerait vingt ans après, mais fut dominée par ce qui s'était passé vingt-cinq ans auparavant.

Pourquoi en fut-il ainsi? Sans être indifférents aux perspectives d'avenir, les Sovietiques ont des préoccupations beaucoup plus immédiates. Pour eux, les crimes de Staline ne relèvent pas de l'Histoire, mais sont d'une actualité brûlante: pour aller de l'avant, il leur faut nettoyer un passé dont chaque famille a éprouvé les horreurs; en outre, le pouvoir bureaucratique, héritier de ce passé, s'il ne commet plus les crimes de jadis, continue à obstruer considérablement la respiration de la société soviétique. Dans le programme d'action que Trotsky avait rédigé pour l'URSS en 1938 était inscrite la révision publique des procès politiques machinés par la bureaucratie thermidorienne. A la lumière des XX* et XXII° Congrès, il s'avère que la dénonciation des crimes de Staline était le point politique n° 1 qui animait la société soviétique. Avec un sens politique avisé, Khrouchtchev, pour en tirer profit, reprend, en l'amplifiant, sa manœuvre d'il y a cinq ans. On ne procèdera plus comme du temps de Staline, déclare Khrouchtchev au peuple soviétique, en rappelant sa conversation téléphonique avec Kaganovitch au lendemain de l'exclusion du « groupe antiparti ». Mais la promesse de ne plus commettre de crimes est encore loin de constituer une politique, ni même de satisfaire ceux qui ont des divergences politiques avec Khrouchtchev, tant sur le plan national qu'international.

*5. Si la direction Khrouchtchev ne supprime plus les gens physiquement, elle a conservé de Staline tout un héritage de méthodes, notamment dans l'art de brouiller les problèmes politiques et de falsifier les discussions sur ces problèmes.

De toute évidence, il existe des divergences dans le P.C.U.S. et entre la direction du P.C.U.S. et d'autres directions de P.C. Ceux qui diffèrent avec la direction Khrouchtchev, loin de constituer une tendance unique, sont extrêmement hétérogènes. En outre, en dehors des Albanais, très peu d'entre eux peuvent être qualifiés de staliniens. Au lieu de permettre que soient connues les positions de chacun, en ses propres termes, pour assurer le maximum de clarté dans la discussion, que fait la direction Khrouchtchev? Elle recourt au procédé de l'amalgame, cher à Staline, qui consiste à confondre tous les opposants et tous les points de vue, à ne faire connaître que des bribes de position savamment choisies, et à ramener tout à un dénominateur commun, le plus commode pour Khrouchtchev, celui du « culte de la personnalité ». Sur le plan des discussions politiques, la nuit bureaucratique n'est plus aussi dense que du temps de Staline, mais l'obscurité est encore très grande. Cependant, la vie politique commence à retrouver ses droits en URSS, le monolithisme et le conformisme sont morts, et rien ne pourra désormais les rétablir.

Le coup le plus rude au monolithisme a été l'affichage public de divergences entre dirigeants chinois et soviétiques. Ce ne sont certes Pas us divants albanaise trouent le douas les quits de pas les dirigeants albanais qui troublent les jours et les nuits de c'est qu'il visait autre chose, plus précisément les Chinois. On se souvient que l'an dernier la Conférence des 81 partis ouvriers et communistes n'avait pratiquement pas résolu les divergences politiques, mais qu'elle s'était conclue par une sorte d'accord pour être en désaccord, avec l'engagement que des divergences ne seraient pas portées sur la place publique, mais discutées à huis-clos (1). Depuis lors, bien qu'incidemment apparurent des points de vue divergents, la trève semblait respectée, sauf de la part des Albanais. La direction de ce parti forme une sorte de clan familial utilisant des méthodes dignes de Staline et d'anciens potentats balkaniques, elle soutient le P.C. chinois pour des raisons qui ont très peu à voir avec les positions défendues par celui-ci. En attaquant les Albanais au Congrès, Khrouchtchev voulait forcer les Chinois soit à se taire, soit à se battre sur le plus mauvais terrain possible. Chou-En-Lai s'est gardé de défendre politiquement les Albanais; il a déploré, en termes cependant assez vifs, l'attaque publique dont ils ont été l'objet. Il faut voir en cela la crainte, nullement vaine, de bureaucrates effrayés qu'une discussion publique libère dans les Etats ouvriers et les Partis communistes des forces qui échapperaient au contrôle des directions bureaucratiques.

Les divergences qui existent entre Chinois et Soviétiques — et qui sont apparues au travers d'articles parus en 1960 — n'ont été ni exposées ni discutées au Congrès. Hormis l'incident provoqué par Tattaque contre l'équipe d'Enver Hodja, la trève conclue à la Confé rence des 81 en 1960 n'a pas été formellement rompue, mais le coup a été si rude qu'il semble qu'il n'a pas pu être question de tenir à chaud, immédiatement, une conférence des directions communistes rassemblées à l'occasion du 22° Congrès. Les fleurs apportées par Chou-En-Lai sur le cadavre de Staline - le dernier hommage qu'il aura eu à Moscou — et le départ du Premier chinois avant la fin du Congrès montrent que le différend a rebondi. Même si la lutte ne devait pas s'engager publiquement à grand fracas, elle ne manquera pas de s'intensifier à l'échelon des directions d'abord, et les conditions objectives contribueront à sensibiliser sur les problèmes controversés de larges couches de militants communistes, éveillés par la dégrada(1) Voir « Quatrième Internationale », nos 12 et 13.

tion nouvelle de Staline et par ce qui, pour eux, constitue vraiment des révélations.

On a, d'ailleurs, pu noter que, parmi les reproches adressés à Molotov à propos de la lettre qu'il avait envoyée au C.C. sur le projet de programme, se trouve celui de vouloir pêcher dans les eaux troubles... des Partis communistes des autres pays.

L'existence de cette lettre dépasse la personne de celui qui l'a écrite. En effet, depuis le XVe Congrès (1927) qui exclut Trotsky, Zinoviev, Kamenev, Rakovsky et toute l'Opposition' de gauche et condamna leur plate-forme qui n'avait pu paraître qu'illégalement, c'est la première fois qu'un document constituant en fait une plateforme oppositionnelle est adressée au C.C. avant un Congrès du Parti. Molotov ne l'a sûrement pas fait pour sauver son âme sur le plan de la théorie léniniste. Avec un tel souci, il aurait dû écrire il y a bien longtemps à Staline pour lui rappeler que Lénine n'avait jamais admis la conception qui se cache sous le nom de « coexistence pacifique ». En fait, il a dû le faire avec l'idée que sa position pouvait avoir un écho dans le parti. Et la place que Khrouchtchev y a consacré dans sa réponse fait aussi penser qu'il devait en être ainsi.

Autrement dit, en URSS, aux milieux intellectuels et estudiantins qui ont été les premiers à manifester des désaccords, il faut maintenant ajouter le parti lui-même. Ce n'est pas en soi surprenant: du fait que le parti est la seule organisation politique dans le pays, c'est dans son sein que le renouveau de la pensée politique en atteignant un cer tain niveau, devait commencer à se manifester. Ainsi la lettre de Molotov traduit, à sa façon, ce à quoi tend ce réveil politique, c'est-àdire à des luttes de tendance. Et aucune condamnation formelle de regroupements de ce genre ne pourra arrêter bien longtemps ce qui est inscrit dans la marche de l'histoire.

Il faudra disposer de tous les matériaux du Congrès pour dresser un bilan tant soit peu complet des questions et problèmes qui suscitent des divergences.

Tout d'abord, parmi les questions mentionnées par Khrouchtchev, il y a naturellement la reconnaissance des difficultés maintes fois dépeintes sur le plan de l'agriculture. Mais dans son rapport, Khrouchtchev a aussi indiqué en passant un fait très important concernant l'industrie. Les déséquilibres y seraient si grands qu'il faut faire de l'année qui vient une année de rajustement, une sorte d'année hors plan. Une telle mesure est justifiable. Mais ce qui est extraordinaire, c'est que cela survienne cinq années seulement après qu'une même mesure ait été prise, arrêtant le sixième plan quinquennal et précédant la mise en route du plan septennal. Cela prouve que les mesures de décentralisation sont loin d'avoir donné des résultats suffisants; cela prouve que les remèdes administratifs ne peuvent plus faire progresser l'économie de façon satisfaisante dans le cadre d'une gestion bureaucratique et que la nécessité d'une gestion démocratique se fait sentir impérieusement.

Dans la discussion on a soulevé la question de « la fin de la dictature du prolétariat », derrière laquelle se sont manifestées des tendances conservatrices et des tendances à un élargissement des droits de l'individu, avec la revendication de garanties légales et institutionnelles pour ces droits.

Mais ces problèmes prennent toute leur signification par l'arrièrefond constitué par une série de manifestations inconnues depuis des décennies. Nous avons déjà mentionné, dans le n° 13 de notre revue, la grève d'Odessa qui eut lieu cet été non pour des revendications éco nomiques, mais pour la défense du droit d'ouvriers juifs à correspon dre avec des parents à l'étranger. On a vu aussi un jeune poète, Evtouchenko, attaquer l'antisémitisme qui est pour le moins toléré par les autorités. Et puis, dans Moscou on a vu les premières manifestations spontanées. Ce furent les étudiants des pays coloniaux qui les premiers sortirent dans les rues et finirent par vaincre les interdictions policières. Puis les étudiants soviétiques s'opposèrent aux officiels qui voulaient empêcher les « marcheurs de la paix » d'exprimer leurs points de vue. Enfin eut lieu cette importante manifestation au début d'octobre pour la journée de la poésie, devant la statue de Mayakovsky. Devant 5.000 personnes le poète Evtouchenko fut imposé aux officiels et il put y lire un poème contre « les laquais, ceux pour qui importe non pas le pouvoir soviétique, mais le pouvoir tout court ». Antibureaucratisme, internationalisme socialiste sont exprimés dans des conditions qui font de ces poèmes les premiers manifestes politiques contre le pouvoir. Il semble aussi que les manifestations à l'Université et dans les usines de Moscou pour demander lexpulsion du cadavre de Staline aient été elles aussi spontanées et ont ainsi forcé la décision du Congrès. « La proposition... n'était peut-être pas attendue, écrit Courtade dans « l'Humanité »... »

Il est encore bien des problèmes qui n'ont pas été soulevés, et il y a un point où Khrouchtchev s'est tû tout comme au XXème Congrès. Staline a commis des crimes pas seulement contre des communistes soviétiques mais aussi contre des communistes d'autres pays et contre des militants d'autres tendances du mouvement ouvrier. Des Espagnols, des Allemands, des Polonais, et tant d'autres. Le silence de Khrouchtchev se comprend : tout comme Staline il a renoncé à la lutte révolutionnaire, à la révolution mondiale, pour ne songer qu'à l'édification économique en U.R.S.S. et, pour ce faire, il serait tout aussi prêt que Staline à sacrifier des révolutions. La seule différence entre eux sur ce point, c'est que les circonstances actuelles s'y prêtent beaucoup moins qu'autrefois.

Quelles pourront être les conséquences du 22ème Congrès ? Comme nous l'avons dit plus haut, Khrouchtchev espère tirer profit de sa manœuvre consistant à se placer dans le courant pour en prendre la tête et ainsi fortifier une sorte de pouvoir plébiscitaire s'appuyant sur les masses les plus larges contre les oppositions de toute sorte. Cette manœuvre peut avoir un succès immédiat temporaire auprès des masses arriérées, non politisées, pour lesquelles il peut apparaître comme celui qui a osé chasser Staline. Mais, auprès des couches politisées et d'avant-garde de la société soviétique — et il ne s'agit pas de milieux restreints, il est en train de scier la branche sur laquelle il est assis. D'abord il n'est pas particulièrement un innocent ; pour n'être entré au Bureau Politique qu'après les procès de Moscou et la tin de la période de Jezov, il n'en reste pas moins que c'est entre autre son action répressive en Ukraine qui a contribué à lui faire gagner son admission dans l'aréopage suprême. En outre, I'« explication » par le culte de la personnalité laisse les gens sur leur faim : qu'est-ce qui a permis à celui de s'instaurer ? D'autre part, on ne peut s'arrêter en chemin à des demi-vérités, c'est toute la vérité que voudront les jeunes générations. « L'Histoire » écrite sous l'autorité de Khrouchtchev n'aura qu'une vie assez brève. On peut aussi ajouter que Khrouchtchev, avec son tempérament de joueur audacieux, prend des risques qui peuvent se retourner contre lui. Ainsi, il n'a pas hésité à dire que les dirigeants albanais n'abandonneront pas le pouvoir de bon gré et que les masses albanaises auront à dire leur mot. Fort bien excellent ! Il y a plus d'une oreille en U.R.SS. qui retiendra ces paroles.

Si Khrouchtchev peut espérer tirer quelques profits temporaires en U.R.S.S. même, il est par contre tout à fait inévitable que partout ailleurs, dans les autres Etats ouvriers et dans les Partis communistes, on assiste seulement à une détérioration des rapports entre les directions, la base des partis et les masses qui suivent ces partis, parce qu'aucune direction n'a rien à offrir en même temps. Elles ne peuvent guère plaider l'ignorance ni même la crainte de la répression comme ! fait Khrouchtchev (une pauvre excuse pour un communiste !). Ils vont aujourd'hui dénoncer les crimes d'Enver Hodja contre des communistes albanais : mais pourquoi ont-ils hurlé à la mort quand Staline exterminait les chefs du Parti du temps de Lénine ? Dans quelles conditions se trouvent aujourd'hui des milliers et des milliers d'honnêtes militants des Partis communistes que leurs dirigeants ont induits en erreur et qui doivent à présent rendre des comptes à leurs camarades de travail, pour les cadeaux recueillis pour Staline et pour beaucoup d'autres choses de bien plus grande importance? Jamais les membres des Partis communistes, imbus par leurs directions d'une supériorité sur les membres de leur propre classe, ne se sont trouvés dans une situation aussi difficile envers ceux-ci. Ils ne peuvent pas ne pas se retourner pour demander des comptes à ces directions. Sans prédire les formes et les rythmes de la nouvelle période de crise qui va s'ouvrir, il ne peut faire de doute qu'elle sera extrêmement difficile à endiguer de la part des directions.

Car la crise touchera tous les militants communistes. Et elle commence dans la plus grande des confusions. Combien, face aux courants qui s'affrontent (Soviétiques, Chinois, Yougoslaves... ainsi que la IVe Internationale) dans le monde communiste, après tant et tant d'années d'une pseudo unité idéologique, se demanderont : où est la vérité ?

La vérité, nous le disons aux militants communistes, ils ne doivent pas attendre qu'on la leur apporte, il faut qu'ils la trouvent au prix des plus grands efforts.

Sur le passé, il faut exiger toute la vérité, sans fard. Et, comme elle concerne tout le mouvement ouvrier, qu'il ne peut s'agir d'une

« affaire de famille », il faut exiger, avec la IVe Internationale, une commission d'enquête internationale représentant les organisations et les courants qualifiés du mouvement ouvrier.

Quant à la vérité pour l'avenir, il faut pour la trouver imposer une discussion publique, internationale, sur toutes les questions essentielles, avec la participation de toutes les tendances qui se revendiquent des principes fondamentaux du communisme.

La révolution d'octobre et le mouvement communiste ont été dominés pendant plus de trente ans par le stalinisme. Les événements attestent que, comme notre mouvement n'a cessé de l'exposer théoriquement, ce n'était qu'une monstruosité temporaire de l'histoire, non un de ses produits viables. Le mouvement communiste commence à guérir de cette tumeur dont il a failli mourir. La guérison exige l'intervention de tous les communistes, et ils doivent tirer toutes les leçons qui s'imposent pour assurer une rénovation totale du communisme, dans ses enseignements théoriques et politiques, enrichis à la lumière de cette effrayante expérience.

C'est ainsi seulement qu'ils surmonteront la confusion qui sévit actuellement. C'est ainsi qu'ils prépareront une nouvelle, une vraie unité du mouvement communiste par la reconstruction de l'Internationale Communiste glorieuse de ses premières années sous la forme d'une IV® Internationale de masse. Et, s'il est légitime qu'à Moscou soit érigé un monument à la mémoire du parti bolchevik et de l'Internationale communiste qui ont été étranglés par Staline, le plus beau des monuments qui sera dressé aux communistes victimes de la période stalinienne, ce sera cette Internationale qui associera leur mémoire dans ses combats pour la cause du communisme mondial. 4 novembre 1961.

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