« D'un seul coup les illusions et les tabous entretenus à Bonn s'écroulent. Tôt ou tard il va falloir que le futur gouvernement fédéral entérine un compromis sur Berlin dont le résultat essentiel sera de supprimer les derniers vestiges du statut quadriparti de l'ex-capitale, donc du statut unitaire de l'Allemagne entière », écrivait Roland Delcour dans le Monde Diplomatique (octobre 1961) en commentant les élections de l'Allemagne de l'Ouest.
C'est l'écroulement de ces illusions et tabous entretenus à Bonn, qui a amené la fin de l'ère Adenauer, même si pour un certain temps il continuera à être le chancelier de l'Allemagne fédérale.
Lors de sa détention dans un camp de la Gestapo à Cologne en 1944, Adenauer et l'Allemagne vaincue, cette fois-ci, devrait prendre une décision nette entre l'Est et l'Ouest pour ne pas être pulvérisée entre les grandes puissances.
D'avoir compris le premier et si tôt que cette fois-ci la bourgeoisie allemande Pouce pour eter ai mord Commune minant, trat dispater le che l'Ouest pour resister au faisait d'Adenauer le chef incontesté et glorifié de la partie dominante du capitalisme allemand.
La devise politique et militaire du général von Seeckt, l'homme qui avait reconstitué la Reichswehr traite de Versailles pour durite 1e trale de Versiles *. La devise d'Adenater alt allemande entre les deux guerres intégrer la République fédérale allemande dans l'alliance occidentale pour conserver la chance d'intégrer l'Allemagne de l'Est dans la République fédérale allemande.
Dans l'ère de Dulles, auquel Adenauer était intimement lié, la doctrine du « roll back » économique, militaire du communisme laissait aux nouveaux rapports de force dans le monde, est en même temps la consécration de la division de l'Allemagne en deux.
Le 13 août, sous les yeux des Berlinois de l'Ouest et des troupes alliées, Ulbricht fit dresser un mur dans Berlin pour empêcher les habitants de la R.D.A. de voter avec le se salonel gorie les veration ces mettante tie révell brutal pour tous ceux qui, en Allemagne de l'Ouest, comptaient sur la soli darité inconditionnelle des alliés occidentaux avec les « intérêts nationaux » du peuple allemand et en premier lieu avec son désir de réunification.
Le 13 août aurait pu sonner l'heure pour l'opposition socialiste allemande ; il n'en fut pas ainsi. Les sociaux-démocrates, depuis août 1914, où ils ont voté les crédits militaires pour la première guerre impérialiste, se sont toujours précipités pour par tager les défaites de leur bourgeoisie au lieu de profiter de ses malheurs. Ils n'ont pas manqué, cette fois-ci aussi de se porter au secours de la « nation ». Au lieu de derner la restions es de la diadenion des dentes, les touan directement responsables de la séparation long d'une campagne électorale qui, pour la première fois depuis la constitution de la République fédérale en 1949, se menait dans un climat politisé, a prêché l'union sacrée de tous les partis allemands.
Pour préparer les élections de septembre 1951, la S.P.D. avait éliminé de son programme tout ce qui rappelait même de loin le socialisme et la lutte des classes Elle voulait surtout ne pas gêner ceux des électeurs qui, enivrés par la prospérité économique, sont hostiles aux expériences et préfèrent la « dolce vita » d'aujourd'hui aux « utopies » de demain. La S.P.D. assurait à ces électeurs qu'elle avait depuis longtemps marchandé les rêves socialistes d'un monde organisé par la classe ouvrière elle-même, vivant dans une paix éternelle, contre la promesse électorale de quatre de congés payés, de la télévision pour les vieux, de la prolongation de la scolarité, d'une réforme des assurances-maladie et bien sûr le tout sous la protection militaire de l'O.T.A.N.
Les deux millions de voix que la S.P.D. a gagnés dans les élections de 1961, le fait qu'elle soit passée de 9,5 millions à 11,4 millions de voix ne sont malheureusement pas attribuables à l'accroissement d'une conscience socialiste provoquée par un travail électoral éducatif de ce parti, qui a la plus vieille tradition dans la vie politique allemande. En effet, la social-démocratie allemande a constamment gagné des voix d'une élection à l'autre. r'est la concentration poussée de la classe ouvrière dans les grandes villes industrielles qui crée presque spontanément un climat favorable à la S.P.D. Sans avoir renié son passé socialiste, la S.P.D. avait gagné aux élections 1957, 1,5 million de voix, et il est incontestable que le climat infiniment plus politisé des élections de 1961 aurait pu faire basculer une partie beaucoup plus grande de l'électorat ouvrier vers la S.P.D., si celle-ci avait offert une alternative socialiste à la politique d'Adenauer, dont la faillite était évidente pour tout le monde.
Ce sont les libéraux allemands (F.D.P., Freie Deutsche Partei), qui, en doublant resque le nombre de leurs voix (2,3 millions en 195 ands vainqueurs des élections. Leur campagne élector mitions en 1961), sont le mordant, ils ont attaqué avec plus de vigueur que la S.P.D. la politique d'Adenauer et ils étaient appuyés par une partie de la grande bourgeoisie allemande, qui cherche un compromis avec les pays de l'Est sans bien sûr vouloir relâcher ses liens étroits avec les alliés
Les chrétiens-démocrates n'ont perdu que 800.000 voix (15 millions en 1957, 14,2 millions en 1961). Mais leur majorité absolue de 50,2 % a disparu ; ils n'ont obtenu que 43,3 % des voix.
Les chrétiens-démocrates qui auront 241 députés dans le nouveau Bundestag ne peuvent plus former seuls le gouvernement. Ils vont certainement partager le pouvoir avec les libéraux (66 députés); et les sociaux-démocrates, contre leur gré et leur désir, resteront dans l'opposition avec 190 députés.
Tous les autres partis n'ont pas franchi le cap de 5 % des voix qu'il faut obtenir en Allemagne pour être représenté au Bundestag. Parmi eux se trouve la « Deutsche Friedens Union », l'Union Allemande de la Paix (D.F.U.), pour laquelle les communistes ont voté et qui n'a obtenu que 1,9 % des voix (600.000). Ce parti lui aussi avait cru bon de renoncer à un programme socialiste pour attirer tous ceux qui sont « pour la paix » d'où qu'ils viennent. L'échec retentissant que la D.F.U. a subi est le fruit aussi bien de la politique d'Ulbricht dans la R.D.A. et du recommencement des expériences atomiques en Union soviétiyue que de son propre opportunisme.
La gauche socialiste, quoique mal organisée, ne disposant pas encore d'une presse à grand rayonnement, manquant d'une direction nationalement reconnue, a néanmoins
Men plus grande dans la jeunesse et les étudiants socialistes. Elle a combattu les illusions des dirigeants sociaux-démocrates selon lesquelles il suffirait de jeter par-dessus bord le programme socialiste pour amener le parti au pouvoir ; elle a mené surtout une âpre bataille contre le retournement de la S.P.D dans sa politique militaire et étrangère. La justification des positions de la gauche par les résultats des dernières élections ne va certainement pas résoudre les difficultés de celle-ci d'un coup de baguette magique. Néanmoins la reconnaissance internationale des deux Allemagnees à laquelle la bourgeoisie allemande va être amenée par la force des choses, l'abandon de la fameuse « doctrine Hallstein », ne vont pas seulement changer les relations entre la République Fédérale et les Etats ouvriers de l'Est, mais aussi avec la R.D.A. Cela va déblayer un terrain politique qui va être occupé par la gauche socialiste d'abord, par la classe ouvrière encore obnubilée, ensuite. D'autre part, le mur qu'Ulbricht a dressé à Berlin ne le protègera pas pour toujours contre la pression de la classe ouvrière à l'intérieur. En fin de compte la fin de l'ère Adenauer sera aussi forcément la fin de l'ère Ulbricht, un des derniers staliniens.