La loi sur les autorités bantou est une loi remarquable. Son but est de rétablir le tribalisme au sein de la société industrielle. Toute la population africaine vivant actuellement dans ce qui est connu sous le nom de réserves indigènes (12 % de toute la surface du pays) doit être déracinée, déplacée et réinstallée suivant des groupements ethniques : zoulou Khosa, satha, pondo, «fingo», etc. Chaque nauté bantou, avec un chef désigné par village sera transformé en une commule gouvernement et des conseillers constituant une autorité bantou. Dans les villes où les Africains doivent vivre dans des lieux distincts, ils seront aussi regroupés selon leurs vieux clans et tribus, chacun avec un chef désigné par le gouvernement.
Les fabricants de l'Apartheid en Afrique du Sud ne se rendent pas compte combien ridicule est l'idée de chefferie, particulièrement dans les vieilles villes, où beaucoup d'Africains ne connaissent pas la langue de la tribu à laquelle appartenaient leurs ancetres et moins encore un Mais ce qui préocupe les dirigeants c'est quelconque des rites aul y sont les.
La deuxième partie des vastes projets du Dr. Verwoerd, à savoir l'éducation savoir bantou, vise à priver l'Africain des progrès de la civilisation humaine et à le mettre en condition pour vivre dans une communauté tribale arriérée. Autrement dit, C'est une éducation en vue de la barbarle. qu'un homme civisé ordinaire peut diffi- Ces projet sont si diaboliques cilement les considérer sérieusement. Une machine étatique, étable dans le momare detall, est deja en œuvre pour creer une chambre à gaz intellectuelle pour les enfants d'un peuple de plus de 9 millions d'êtres.
Le Dr Verwoerd agit au nom du parti gouvernant, porté au pouvoir par la ma-
Wait le droit de vote Afrique du Sud. Citons largement les discours de membres du gouvernement et du Parlement pour montrer comment la loi sur l'éducation bantou critallise une politique que tous soutiennent puissamment.
En 1945, trois ans avant la venue au pouvoir du Parti nationaliste, bien avant le vote de la loi sur l'éducation bantou, au cours d'un débat au Parlement Sur l'éducation, M. D.C. de Wet Nel, qui de- de diviser les Africains, car ils sont mortellement effrayés de l'unité africaine et plus encore, du rassemblement de tous les non-Européens. C'est un thème fréquemment traité au parlement. Les chefs dans les communautés bantou urbaines et rurales devraient être de petits dieux n'ayant à répondre qu'au Grand Chef Blanc, le Chef suprême de tous les « indigènes ». Le Dr. Verwoerd déclara un jour son chefs, mais il est credo dans le droit divin des entendu que ce droit divin s'arrête là où commence l'autorité du Ministère des affaires indigènes. Les chefs ont le pouvoir de regler et de commander la vie de tout Africain, homme, femme, adulte ou enfant. Une proclamation récente dans le « Journal Officiel » leur donne des pouvoirs inouis. Les représentants illettrés d'une époque barbare peuvent ordonner à quiconque dans leur région - qu'il soit fermier, ouvrier, instituteur: a quelque vieille loi tribale ou prêtre, avocat ou docteur -d'obéir d'exécuter des rites archaïques. La même proclamation permet au chef d'obliger toute personne ou tout groupe de personnes d'effectuer un travail public sans donner lieu à paiement. un danger pour notre civilisation occidentale. » (Hansard, Vol, II, 1945).
Dans le même débat, J.N. Le Roux, à présent ministre de l'Agriculture, dit.:
« Nous ne devons pas donner à l'indigène une éducation académique, comme certains sont trop tentés de le faire. Si nous le faisions, nous aurions plus tard à porter le fardeau d'un certain nombre d'Européens e: de non-Européens à éducation universitaire, et qui fera le travail manuel dans le pays ? Je partage tout à fait l'opinion que nous devons assurer nos écoles de sorte que l'indigène qui y va sache qu'il doit dans une grande mesure être l'homme de peine dans ce pays. » (d°)
Sur le même thème, le député S.A. Cilliers déclara :
« Je suis très inquiet que nous n'établissions pas une très saine politique relativement à l'éducation des indigènes.
La raison en est que si nous allions un peu trop loin en ce qui concerne la suggestion faite ici qu'un certain nombre des enfants africains dans le platteland (zones agricoles) aillent à l'école, l'avenir de l'agriculture en Afrique du Sud risquerait à mon avis de devenir très précaire. » (đ°)
C.R. Swart, actuellement ministre de la
Justice, soutint l'opinion de ses collegues : netico contint l'oninion de ses collègues :
« Des membres ont indiqué que le Ministère des affaires indigènes devrait adopter la politique que les indigènes ne doivent pas être détribalisés, mais être éduqués de manière à être de bons indigènes comme membres de leurs tribus e non des imitateurs du Blanc. C'est la politique que nous soutenons let, à mon avis,
C'est la seule politique saine. » (d°)
P.O. Sauer, actuellement ministre des terres :
vint l'adjoint au indigènes, déclara
• Comme on l'a cation est la clef entre convenables
Ministère des affaires dit justement ici, l'édupour créer les rapports
Européens et Non-Européens en Afrique du sud... Mettez l'éducation indigène sur une base saine et les questions raciales sont à moitié résolues... Il faut réformer out le svtème d'éducation, et celui-ci doit être basé sur la culture et toute la vie de l'indigène dans sa tribu... Toute la politique (actuelle) est
L'EDUCATION, CLEF DE LA POLITIQUE
L'EDUCATION, CLEF DE LA POLITIQUE
INTERNATIONALD
« Nous avons deux voies en Afrique du sud. L'une est celle du Parti nationaliste, selon laquelle partout où on peut le faire, lindigène doit être maintenu dans son état tribal et doit êre éduqué et développé autan: que possible conformément à ses coutumes et traditions... A mon avis, un seul ministère doit être responsable de l'éducation des indigènes, c'est celui des affaires indigènes... Nous voulons que le problème des indigènes soit vu comme un tout et pour cela nous voulons placer tous ses aspects sous le con rôle d'un seul ministère qui peut alors mener une politique constante en matière d'éducation. » (d°) aVant lorsque le prends foi sur med ca- Les mêmes arguments furent mis en tion bantou fut soumis en 1953. J.J. Serfontein, à présent ministre de la Santé, reprit le thème de Communauté bantou tincte :
« L'éducation indigène doit être basée sur le fait que le Bantou forme une communauté distincte. » (Hansard, Vol. 11, 1953).
Développant la condamnation formulée par Verwoerd contre l'encouragement à l'Africain « des idéaux malsains à col blanc », le Dr A. Hertzog, digne fils de l'ex-Premier ministre, déclara :
« Dès que nous enseignons aux enfants indigènes que tout ce que l'homme blanc possède est le meilleur... nous le transformons en un danger potentiel pour la civilisation européenne » (d°)
La politique apartheil ne concerne pas seulement l'éducation formelle, mais ausSi toute la formation protessionnelle, en tait tout aspect relatif au gain de l'existence. Ecoutons ce que dit le député Greyling au sujet de ce qu'il appelle « l'attitude erronée du Bantou lui-même en i ce qui concerne son éducation ». Il se référa au vieux système d'éducation où « le temps et l'attention é aient donnés pour introduire le Bantou à la civilisation de l'Européen. C'est ce manteau de civilisation européenne qui est accroché sur les épaules du Ban'ou qui en fait l'ennemi des Européens ».
« Le Bantou, ajouta-t-il, met de plus en plus l'accent pour atteindre un but dans éducation, concurrencer l'Européen... Le Bantou seule signitication a son éducation, à savoir qu'elle laide à trouver du travail, qu'elle soit une sorte d'ac if économique pour lui. » (Hansard, 5-10-1953.)
Nous sommes au cœur de la question, la cause de leur malaise, « la concurrence avec les Européens ».
En 1950, Ils votèrent une loi relative à la formation des Alricains dans le bâtiment, leur interdisant de recevoir la même formation que les autres travailleurs. Présentant le projet, le ministre du Travail, B.J. Schoeman, déclara :
«Le niveau de formation n'est pas le même que celui donné à l'ouvrier ordinaire qui s'inscrit dans la loi sur l'apprentissage... Les travailleurs indigènes du bâti-
Ce danger pour la « civilisation européenne » est un vieux thème favori au Parlement. En 1945, le capitaine G. H.F. Strydon, depute, mit en garde que si fon n'arretait pas le développement actuel, « en un demi-siècle, nous serions une nation couleur caté. Nous n'existerions plus comme nation. L'homme blanc n'existera plus ici.. Si nous permettons à l'indigène de rester dans son état premier, si nous lui perme.tons de rester dans sa tribu, d'avoir ses propres lois et de continuer à se gouverner, il n'y aura pas beaucoup de difticultés. »
A détaut d'élégance de style, il se livra éloquemment à la menace. Aucun membre du herrenvolk ne se déroberait à l'action pour sauver la nation de devenir couleur cate. En matiere deducation, Il dit:
« Nous disons que l'Africain doit vivre dans sa hutte et nous dans la maison. 11 doit rester séparé, à sa place. Nous vouIons garder le respect de l'indigène, mais nous n'irons pas coucher avec lui dans le kraal. Il n'est pas notre égal... Nous estimons que nous devons avoir un contrôle central de l'éducation indigène et que le Ministère des affaires indigènes doit en être responsable. » (Hansard, Vol. 11, 1945.)
Et le Dr Verwoerd déclara crûment :
« Leur éducation ne doit pas entrer en Si findigene en trie du du ser mourd'hui est instruit à espérer qu'il vivra comme adulte sous une politique de droits égaux, il commet une grande erreur. » (Hansard, Vol, 11, 1953). ment ne seront donc pas des ouvriers dans le plein sens du terme. Ils recevront seulement la formation qui leur permet ra d'élever des maisons et bâtiments pour leur propre usage. » (Hansard, Vol. 5, 1950)
La même loi interdit de former un Africain pour en faire un ouvrier complètement qualifié. Ayant fixé la formation pour l'avenir, le ministre s'occupa de ces Africains qui avaient déjà acquis une qualification :
« Pour protéger le travailleur européen, les dispositions suivantes seront appliquées. En premier lieu, immédiatement après promulgation de cette loi, aucun employeur ne pourra employer un indigène pour faire du travail de bâtiment qualifié. Et par décret, nul ne pourra faire faire du travail de batiment par des indigènes dans des zones européennes spécifiques. » (d°)
La profession d'infirmière tomba aussi sous la hache. Or c'est un fait notoire que le pays manque d'hôpitaux et que dans les hôpitaux existants, il y a un sérieux man. que d'infirmières. C'est une disette chronique car elle est un sous-produit d'une société divisée par la couleur. Les jeunes filles blanches élevées en Afrique du sud dans des foyers où elles dirigent des serviteurs Non-Blancs qui font tout le travail domestique, trouvent que la profession des de ses estigations soulevent les obfardeau et que certaijections. Les Non-Blancs au contraire
L'APARTHEID DANS LA FORMATION PROFESSIONNELLE
L'APARTHEID DANS LA FORMATION PROFESSIONNELLE prennent cette profession avec autant avec autant d'empressement que celle d'institutrice et répondent à un besoin criant. Elles doivent avoir la même formation, les mêmes
Dans la République des Boers, les NonBlancs seront réduits à la condition d'ilotes. A cette fin, les écoles ne sont plus nation pour l'acceptation docile de cette des centres d'éducation, mais d'endoctrisituation. En présentant le projet de loi d'éducation bantou, le Dr Verwaerd luimême déclara :
« Avant tout, de bonnes relations raciales ne peuvent exister quand l'éducation est donnée sous le contrôle de gens qui créent de faux espoirs chez l'indigène, si celui-ci croit dans une politique d'égalité... Il faut done que l'éduca.ion soit contrôlée de manière qu'elle soit conforme à la poanalle soit conforme a la politique de l'Etat. » (H.V. 10, 1953.)
L'éducation bantou déjà mise en application est destinée à servir d'instrument pour créer et assurer la continuation d'une communauté ignorante, privée de droits, dont l'objectif principal dans la vie: n'y a pas encore de loi spécitique sur cet outre la reproduction de leur espèce (il aspect de la vie), est de servir les Blancs. L'invocation d'un tribalisme mort et d'une communauté bantou dans lesquelles « l'éducation trouvera sa complete expression » est un bavardage politique cynique. L'éducation bantou a purement et simplement pour objet de priver Ari ain de toute education, de le couper du principal courant de la culture moderne et de l'enfermer dans un ghetto spirituel et intellectuel.
Avant l'introduction de cette loi, la po-
Itique de tout gouvernement avait ete de veiller à ce qu'aussi peu que possible de
Non-Blancs recoivent de l'instruction.
Maintenant le Dr Verwoerd se vante de donner de l'éducation à un plus grand nombre d'enfants africains. Selon lui, il aurait en peu de temps doublé le nombre des élèves dans les écoles. Y a-t-il là une contradiction ? La manière même dont il effectue l'augmentation dont il se vante révèle le vrai objet de sa prétendue éducation. Il a souligné que l'Etat n'augmentera pas les dépenses déjà maigres pour l'éducation des Fait-il ? Il institue un systeme de gue Non-Blancs.
équipes dans les écoles, réduisant le temps à trois heures par équipe. Comme il le dit laconiquement :
* De cette façon, le maître et la salle d'école tous deux pourront servir deux groupes différents d'élèves chaque jour. Il en sera de même pour le mobilier, l'outil-
Le Dr Verwoerd insiste pour souligner que l'éducation bantou est prévue pour mettre l'Africain dans une position spéciale à lui allouée par les politiciens. La citation mérite d'être répétée :
« La politique de mon ministère est que léducation bantou a les deux pieds dans les Réserves et que ses racines se trouvent dans l'esprit et l'existence de la société bantou... Il n'y a pas de place pour qualifications que les infirmières blanches. Cette situation alarma le herrenvolk, semant lettroi dans son cœur. Une lol fut adoptée pour y mettre fin. lage scolaire et les manuels scolaires. »
De même que le mineur doit laisser ses instruments à la fin de son travail, l'enfant africain devra laisser les manuels scolaires pour qu'ils soient employes par l'équipe suivante. On n'a pas besoin d'avoir beaucoup d'imagination pour s'imaginer le sort de cette deuxième équipe d'enfants qui doivent commencer leur journée d'école dans de si mauvaises conditions au moment où ils devraient retourner à la maison.
Il n'y a guère besoin de références quant au contenu réel de l'instruction, et a de nvers les maitres pour réade l'attitude liser que ce me on len civilisée. L' bler, tripler bre des élèr veaux objec plus grand dans cette tâche de ti Non-Blancs quièmes de ves dociles, examine la grammes e l'instituteur mation que monstre, d ensuite éve pulation no
Les plans riquement 1 de couleur tion d'ilote tiaux, Mais même mod qui est élat nu sous le partment ( gnifie retir politique ei séparée d'apartheid
: envers les maitres pour reane sont plus des écoles comtend dans toute communauté urgence soudaine pour douou même quadrupler le nomres est déterminée par les noutits de l'éducation bantou. Le nombre possible doit passer meule. Ce n'est pas une petite ranstormer une population de qui comprend les quatre-cintoute la population, en escla, contents de leur sort. Si on direction de l'école, les pro * l'abaissement prémédité de on trouve une ample confirle projet est une conspiration 'abord contre les Africains et ntuellement contre toute la pon-blanche de l'Afrique du sud.
pour réduire la partie numéaible des Non-Blancs (hommes et indiens) à la même posis sont encore aux stades iniil est déjà clair que c'est le èle que célui pour les Africains ›oré. Un ministère spécial, connom de Coloured Affairs DeC.A.D.) a été créé, ce qui sier les gens de couleur du corps : les traiter comme une entité onformément à la politique
Suivant la commission De d apartneid. oulvaut la Vos Malan sur l'éducation des gens de couleur, le gouvernement a fait connaître son intention de retirer l'éducation des 11WI. gens de couleur au ministère de l'Education pour la remettre au ministère politique, le C.A.D. Celui-ci devient donc un instrument pour faire des gens de couleur une communauté distincte. L'éducation bantou présage ce qui est en réserve pour les gens de couleur et les Indiens. lui dans la communauté européenne audessus de certaines formes de travail... Pour cette raison, il ne lui sert de rien de recevoir une formation dont l'objet est l'absorption dans la communauté européenne. Jusqu'à présent, il a été soumis à un systeme scolaire qui leloignait de sa communau é et qui le trompait en lui montrant les verts paturages de la société européenne dans lesquels il n'était pas au-
UN INSTRUMENT DE SERVAGE
ABAISSEMENT DE L'EDUCATION
UN INSTRUMENT DE SERVAGE
ABAISSEMENT DE L'EDUCATION torisé à paître.» (Bantu Education: Policy for the immediate future, p. 23.)
A cette fin, la direction de l'éducation pour les Africains est transférée au ministères des affaires indigènes (N.A.D.). C'est le ministère chargé de la retribalisation artificielle de tout un peuple et de l'institution des autorités bantou. Il s'occupe de fournir une main d'œuvre africaine bon marché aux mines, aux fermes et à l'industrie. Il s'occupe de l'agriculture, du cheptel, du recouvrement des impôts et de Dr Veraierd dit clairement que ledude l'application des lois sur le passeport. cation bantou est au service de ces activités :
«L'Inspecteur des écoles, le Commissaire aux affaires indigènes et le fonctionnaire au développement agricole resteront en contact étroit entre eux... Une communauté par exemple ne pourra demander des avantages en matière d'éducation et en même temps repousser ou ignorer les direc ives relatives à l'entretien du sol. » (d°)
Pratiquement, cela veut dire que si la population d'un village refuse de réduire son cheptel, ses écoles seront fermées.
L'administration locale des écoles est remise à des comités travaillant sous la direction des autorites tribales, ayant un chet a leur tete. Le tait que le chet soit incapable de lire et d'écriré son nom ne le vais sur le papier, mais sa nature sinistre Tout le projet est suffisamment mauapparait plus complètement quand on en voit la pratique, Ce qui ressort avec le plus de clarté, c'est que la partie la plus progressive des Non-Blancs, la partie eduquee, se trouve livrée aux mains des éléments les plus arriérés de la population. Pour des besoins d'administration locale, le pouvoir est mis aux mains des chefs, les représentants illettrés d'un âge barbare. L'instituteur, complètement privé de tous les droits inhérents à sa position, y compris le droit légal de conservation de son travall, est ainsı place a leur merci. Une telle situation ouvre largement porte à la corruption, au népotisme et à d'autres malversations. Donner tel ou tel exemple fournirait à peine une conception adéquate du poison qui est répandu par tout le système. Nous devons imaginer la vie quotidienne de l'instituteur sans fense, en proie au caprice ou à l'avidité disqualitie pas. Lorsqui devra signer un document officiel, 1l mettra une croix avec comme témoin un des instituteurs qu'il emploie.
Le programme est fondamentalement changé. Un temps considérable est donné à l'enseignement religieux et aux dévotions. Le temps le plus long est consacré à des activités manuelles. Le ministre a décrété que « le nettoyage quotidien des bâtiments scolaires sera naturellement l'œuvre des élèves sous la surveillance des maitres ». Dans ce texte, « manuel » doit etre compris comme « domestique » Le balai, la pioche et la pelle sont les instruments avec lesquels ils doivent être familiers. Il arrive parfois que les enfants passent toute une semaine a laire des briques biens ils doivent quiter ie traval scolaire pour leurs bâtiments scolaires. pour aller faire des routes. Dans un cas où un chef devait être installé, les enfants curent à faire une route pour que la voiture du magistrat puisse parvenir à la résidence du chef. Rien n'est épargné pour que les entants atricains ne souffrent pas a des ideaux malsains a col blanc % spon l'heureux propos de Verwoerd.
La lecture, lécriture et le calcul sont presque eumines. Les entants doivent bien sûr acquérir une connaissance rudimentaire des deux langues officielles. l'afrikaander et Tanglais, repondant aux exıgences de leur position interieure.
L'éducation bantou dans la pratique
Tout le projet est suffisamment mauvais sur le papier, mais sa nature sinistre apparaît plus complètement quand on en voit la pratique. Ce qui ressort avec le plus de clarté, c'est que la partie la plus progressive des Non-Blancs, la partie éduquée, se trouve livrée aux mains des éléments les plus arriérés de la population. Pour des besoins d'administration locale, le pouvoir est mis aux mains des chefs, les représentants illettrés d'un âge barbare. L'instituteur, complètement privé de tous les droits inhérents à sa position, y compris le droit légal de conservation de son travail, est ainsi placé à leur merci. Une telle situation ouvre largement la porte à la corruption, au népotisme et à d'autres malversations. Donner tel ou tel exemple fournirait à peine une conception adéquate du poison qui est répandu par tout le système. Nous devons imaginer la vie quotidienne de l'instituteur sans défense, en proie au caprice ou à l'avidité de n'importe quel officiel. Cela prend d'innombrables petites formes. A commencer, les emplois sont achetés et vendus, et lorsqu'un instituteur a trouvé un emploi, il y a l'anxiété de le garder avec du " tobacco money » judicieusement remis à l'un ou à un autre. Puis il y a le système non officiel de taxation, les cadeaux pour les inspecteurs et les sous-inspecteurs à l'occasion de transferts, et les innombrables joutes de chant et de travaux artisanaux qui nécessitent les contributions des instituteurs pour couvrir les dépenses. Imaginez une telle occasion dans une communauté rurale ; il faut traiter des foules venant de loin ; il faut acheter et abattre des moutons et parfois un bœuf. Il n'y a certes pas de loi écrite obligeant l'instituteur à payer de son maigre salaire. Mais il n'y a pas de loi pour empêcher qu'il soit renvové s'il a offensé quelque officiel coléreux, Et il suffit d'un rapport hostile.