NORVÈGE Jeannette OLSEN
De, Norvège nous parvient la triste nouvelle que la camarade Jeannette OLSEN est morte à Oslo, à 86 ans, après toute une vie de militantisme dans le mouvement ouvrier socialiste. Dès 1900, à l'âge de 27 ans, elle prit activement part à la vie du mouvement révolutionnaire norvégien et international. Même lorsque, dans ses dernières années, elle ne pouvait plus participer au travail, elle fut pour le mouvement trotskyste le porte-drapeau des vieilles traditions du marxisme révolutionnaire auquel elle resta toujours fidèle.
Jeannette OLSEN appartenait aux pionniers du mouvement ouvrier norvégien. Avant la première guerre mondiale, elle était secrétaire du syndicat des pêcheurs norvégien et membre du Conseil municipal. De 1918 à 1923 elle fut membre de la direction du N.A.P. (Parti ouvrier norvégien) qui, à cette époque, appartenait à la II Internationale. Elle participa, comme déléguée de ce parti, aux 2 et 3º Congrès mondiaux de l'Internationale Communiste. A ce propos elle eut de longs entretiens avec Lénine et Trotsky au sujet de l'attituda du N.A.P. envers l'Internationale Communiste. Après la séparation du N.A.P. d'avec |'I.C. elle fut un des fondateurs du P.C. norvégien, et devint membre du C.C. et du Bureau Politique. En 1928, avec Scheflo, elle rompit avec le P.C. (voir « Les crimes de Staline », par Trotsky). En 1936, elle détendit dans une brochure diffusée massivement les victimes des procès de Moscou, sur la base de sa propre connaissance des personnes. A l'époque du torrent des calomnies staliniennes, elle s'affilia au mouvement trotskyste. Elle fut le représentant populaire du groupe trotskyste en Norvège et le rédacteur de l'organe * Octobre », édité en commun par les trotskystes danois et norvégiens.
Les plus grands événements de la vie de Jeannette OLSEN furent la Révolution russe et ses rencontres avec ses têtes les plus éminentes, Lénine et Trotsky.
Jusqu'à la fin de sa vie, elle maintint le contact avec les camarades trotskystes de Scandinavie et elle leur transmit toujours ses grandes expériences et souvenirs historiques. Sa chambre était ornée par un grand tableau du 3° Congrès de l'I.C. avec Lénine à la tribune, et Trotsky, Zinoviev, Boukharine, Kamenev et d'autres victimes de la terreur stalinienne au Presidium.
Avec Jeannette OLSEN disparait une personnalité remarquable de la classe ouvrière internationale, qui reliait les grandes traditions historiques de la Il et de la III Internationales à la lutte actuelle de la IVe Internationale.
KALLE GULDBRANDSEN.
Le 22e Plénum du Comité Exécutif de la IVe Internationale
Le 22 Plénum du Comité Exécutif International s'est réuni à la fin de novembre 1959.
A son ordre du jour figuraient les points suivants:
1) Rapport et discussion sur les « Perspectives européennes et nos tâches ».
2) Convocation du 6 Congrès Mondial.
3) Rapport sur le voyage du camarade
Maitan en Extrême-Orient.
4) Rapport du camarade Posadas sur l'Amérique Latine.
5) Rapport et discussion sur les perspectives de l'évolution en France et nos tâches.
6) Question diverses.
Outre les membres du C.E.I. ont assisté de nombreux cadres dirigeants et membres de nos organisations européennes.
Les sections extra-européennes de l'Internationale furent représentées par le camarade Posadas, le camarade Tampoe du lamDoe di
B.P. de la section ceylanaise, et un repré-
INTERNATIONALE sentant d'un groupe arabe affilié à la IV• Internationale.
Les travaux du 22° Plénum du C.E.I. furent mis sous la présidence d'honneur des camarades de l'Internationale qui aident actuellement la révolution coloniale, ainsi que du camarade Patrice, membre du S.l., tombé gravement malade.
Le Plénum a voté à l'unanimité l'envoi du salut fraternel de l'Internationale à ces camarades, ainsi qu'à la direction et aux membres de la section ceylanaise, engagée dans une lutte décisive pour le pouvoir. Le Plénum a également envoyé le salut fraternel de l'Internationale à la camarade Miranda, déléguée du Bureau Latino-Américain et de l'Internationale à Cuba.
Les travaux et les résolutions du 22° Plénum du C.E.I. ont parfaitement illustré l'expansion actuelle de l'Internationale, et revêtent une très grande importance pour l'évolution ultérieure de sa politique et son développement.
CEYLAN
Le L.S.S.P. met en garde contre un coup de droite
Get fait appel pour un go
Se réunissant le 8 novembre,le C.C. du L.S.S.P. (section ceylanaise de la IV* Internationale) réaffirma 16 octobre sur la situation actuelle à Ceysa résolution du lan et adopta un additif soulignant les tâches présentes du parti. Le C.C. lança les mots d'ordre : « A bas le gouvernement usurpateur Dahanayake ! À bas les conspirateurs et leurs alliés réactionnaires Victoire pour un gouvernement L.S.S.P. .!».
L'assassinat de l'ex-Premier Salomon Bandaranayke, leader du Sri Lanka Freedom Party, de petits capitalistes et de la colère déjà largement étendue parmi petits bourgeois ruraux, avait concentré toutes les masses ceylanaises contre le gouvernement et la personne de Dahanayake, communaliste réactionnaire cinghalais et rénégat du trotskysme, qui succéda au pouvoir après l'assassinat de Bandaranayke. L'assassin, un moine bouddhiste, était politiquement lié avec éléments communalistes et ultradroitiers des deux principaux partis bourgeois (IU.N.P. et le S.L.F.P.). Les masses horrifiées par le meurtre, conclurent Jus ement que la composition et les liens politiques du gouvernement Dahanayake le préviendraient de mener une investigation honnête sur les forces se trouvant derrière le complot.
Le gouvernement, de caractère artificiel et tout à fait instable, repose sur lappui d'éléments ultra-réactionnaires et communalistes des prêtres bouddhistes d'une Part, et de la partie la plus droitière de petite bourgeoisie urbaine et rurale d'autre part. Les premiers, enragés par la façon dont Bandaranayke retardait l'application de la législation communaliste, résolurent de leliminer. Les derniers, tatigués de son flirt avec des conceptions « socialistes » de type Nehru et de son incapacité à agir fermement envers son aile "marxiste » (groupe Philip Gunawardene) sont maintenant prêts, une fois de plus, à faire une alliance avec le grand capital (pas nécessairement sous forme d'une coalition avec des secteurs de FU.N.P., bien que ceci ne soit pas exclu)
uvernement du L.S.S.P. contre l'avance redoutée des .masses, cherchant à poursuivre l'offensive antidroite que représentait la victoire de la coalition du M.E.P. aux élections de mai coalition du M.E.P. aux élections de mai
Pendant toute la période du gouvernement Bandaranayke, Dahanayake et son groupe furent associés à l'extrême-droite du M.E.P., et constituaient le canal princapitalistes et communalisses cipressais cipal par lequel les groupes de influencèrent la politique de la coalition. Malgré cela, ils ne sont pas considérés, par l'impérialisme et la grande bourgeoisie cinghalaise, comme des agents surs, pour trois raisons principales : ils sont trop évidemment les bénéficiaires directs du crime politique et, comme tels, restent la cible évidente de l'hostilité et de la colère des masses dressées contre les assassins ; ils sont trop étroitement liés à l'aile bouddhiste excitée, la Maha Sangha, ouvertement embrassée par le nouveau chef de gouvernement comme un allié au moment où la popularité de cette secte était au plus bas depuis des secles; enun, Is manquent de base pour un quelconque appel démagogique de masse, base fournie en premier lieu par le groupe Philip (avant d'être éliminé du gouvernement en mai 1959) et même, à un degre moindre, par la personne même de Bandaranayake.
Les forces du grand capital cherchent par conséquent désespérément une alternative politique au régime de crise, extrêmement instable, de Dahanayake, dont les dissensions internes et l'impopularité sont telles qu'il peut tomber à tout mo ment. Ces torces, en race de la perspective alarmante d'élections générales proches avec une forte possibilité d'une victoire du L.S.S.P., ont étudié et, pour l'instant, rejeté la perspective d'un gouvernement U.N.P. de droite (Sir John Kotelawala) ou celle d'une coalition de l'aile Dahanayake du S.L.F.P. et de la « gauche » de l'U.N.P. (Dudley Senanayake). Pour elles, le pas le plus probable est de (cestadire tenter un coup de manière « froide (c'est-à-dire « légal » et parlementaire) du type de Gaulle, avec Sir Oliver Goonetilleke, gouverneur général et commandant en chef des forces armées, comme « dictateur constitutionnel ». Goonetilleke, comme Kotelawala et Senanayake, et aussi Bandaranayke lul-meme, etait un haut fonctionnaire, « indépendance » politique fonctionnaire agent sur des Anglais avant que fut conférée à Ceylan en 1946. Il était en cela typique de la bourgeoisie ceylanaise qui, à la différence de la bourgeoisie indienne, ne mena à aucun moment de son histoire même une lutte partielle contre l'impérialisme. Il n'y a pas de doute qu'il garde la confiance et un appui puissant dans la coulisse de la part des ambassades américaine et anglaise.
Le L.S.S.P. met en garde contre ce danger. Solidement placé à la tête de la classe ouvrière industrielle, ayant un fort appui parmi d'autres secteurs importants (travailleurs indiens des plantations, une grande partie des employés et de l'intelligenzia urbaine, et surtout de nombreux éléments de la minorité tamile attirée par la ligne antichauvine hardie du Parti pendant les émeutes communalistes de 1956 et de 1956 et de 1958-1959), le Parti cherche à canaliser et à étendre la colère engendrée par l'assassinat à toute la politique du gouvernement réactionnaire Dahanayake. Pour la première fois, en effet, le Parti a de sérieuses chances de s'ouvrir une voie vers les paysans moyens et les pauvres des campagnes, jusqu'alors les proies des communalistes des deux communautes, et notamment du groupe Philip Gunawardene (comme Ministre de l'Agriculture dans le gouvernement du M.E.P. d'avant
Le Parti Acoma adhère
Le Parti Acoma a demandé son adhésion à la IV* Internationale ; le 22 Plenum du Comité exécutif international de celle-ci a accueilli avec enthousiasme cette demande, que le prochain Congrès mondial enregistrera formellement en le reconnaissant comme Section indonésienne de la IV* Internationale.
Le Parti Acoma a été constitué par une aile des Jeunesses Communistes, qui refusèrent, en 1945, d'accepter les accords de
Du 22 au 25 décembre 1959, le CC du PC. soviétique a étudié une fois encore la situation de l'agriculture.
La récolte de blé sur tout le territoire soviétique a été plus mauvaise qu'en 1958, en partie parce qu'il y a eu de la séchemai 1959, Philip avait présenté la loi populaire sur les terres à riz).
Avec plus de soutien et des forces plus vastes qu'à aucun moment pendant les 25 dernières années, le L.S.S.P., parti du proletariat de Ceylan, qui, depuis le jour de sa fondation, avait tenu vallamment et sans défaillance la bannière de la lutte de classe et de la solidarité prolétarienne internationale, du marxisme, se prépare à cueillir la moisson de ses années de travail patient et effectif dans les masses. Au seul d'evenements tumultueux, le parti prépare ses cadres pour trois eventualltés : a) un coup de droite par les forces reactionnaires, craignant une victoire du L.S.S.P. aux élections générales — le Parti met sans cesse les masses en garde contre ce danger ; b) une victoire électorale aux élections générales imposant au Parti la responsabilité de mobiliser les masses dans une action extra-parlementaire pour soutenir et défendre le gouvernement des travailleurs contre une résistance frénétique de tous les éléments réactionnaires tique de tous les éléme se réactiont aes e des ouvriers et des paysans pour empecher l'instauration d'une dictature de droite de type militaro-policier comme en Birmanie et au Pakistan, à laquelle l'impérialisme et la bourgeoisie peuvent avoir recours dans un suprême effort désespéré.
Dans le contexte de la lutte pour une victoire électorale en mars du L.S.S.P., peut-être avec des accords partiels avec d'autres groupes oppositionnels (le P.C. et le groupe Philip qui s'appelle maintenant M.E.P.), la tâche des trotskystes dans tous les pays est de faire largement connaître la situation à Ceylan, afin de mobiliser un large soutien pour le L.S.S.P. à la IV• Internationale Linggardjati entre la bourgeoisie indonésienne et l'impérialisme hollandais, accords que la direction du P.C. indonésien reconnut.
La Jeunesse poursuivit la lutte au moyen de guerillas, et celles-ci formèrent ultérieurement le Parti Acoma. Ce Parti a un représentant élu au Parlement indonésien, le camarade Ibnu Parna, qui est sorti de prison où il vient de passer onze mois. Ce Parti aussi des élus à des assemblées provinciales. resse, en partie parce que la récolte fut « mal organisée ». Au Kazakstan, ou une grande partie de la production agricole provient des « terres vierges » defrichées, la quantité totale de blé récoltée serait moindre d'environ 5 millions de tonnes,
INDONÉSIE
U. R. S. S.
Vere les " gorovilles " vers les agrovilles
INDONÉSIE
U. R. S. S.
Vere les " gorovilles " et les fournitures à l'Etat seraient tombées de 26 %.
La production de viande et de produits laitiers aurait apparemment augmenté considerablement. La production de beurre par tete aurait pour la première fois dépassé le niveau américain. Le plan septennal de production de viande de 16 millions de tonnes serait atteint, avant Plan, en 1963. Le CC a appelé les ouvriers plan, en 1963. Le CC a appelé les ouvriers produire 4 à 5 millions de tonnes de viande au-dessus de ce chiffre afin de rattraper la production par tête aux Etats-Unis.
Mais l'aspect le plus important de ce CC se trouve dans les nouvelles dispositions adoptées sur proposition du ministre de l'Agriculture Matskevitch concernant la réorganisation structurelle l'agriculture. Ces propositions étendraient un système de salaires et de primes aux fermes collectives, comme dans les sovkhoz, tout en accélérant leur amalgamation et leurs achats de machines.
Cela serait envisagé comme un pas important pour assimiler les conditions dans les fermes à celles de l'industrie, faisant de chaque ferme une usine, avec des salaires pour les travailleurs, et les bénéfices étant réinvestis dans l'affaire.
Parmi les 55.000 kolkhoz existant actuellement, il existe déjà des entreprises pilotes où les conditions de rémunération ne diffèrent guère de celles des sovkhoz, et dont le village est reconstruit sur le modèle d'une « agroville ».
Les dirigeants soviétiques espèrent que la réalisation d'une telle transformation pourra élever le taux de croissance de la productivité du travail dans lagriculture (actuellement moitié de celui de l'industrie) et libérer en même temps la main-d'œuvre nécessaire pour l'expansion future de l'industrie. Nous commenterons bientôt de manière plus approfondie ces mesures qui accentuent la transformation en cours dans l'agriculture soviétique, jusqu'à présent talon d'Achille de l'économie soviétique.
ETATS-UNIS
La grève de l'acier, épreuve de force majeure
La grève des aciéries fut suspendue, au bout de 116 jours en vertu des dispositions d'injonction de la loi Taft-Hartley. Ce fut la plus importante lutte de classe aux Etats-Unis depuis la formation du C.I.O. et les grèves des années 1930.
Elle était clairement devenue une épreuve de force majeure entre les syndicats en général, et la classe capitaliste soutenue par le Congrès et l'administration. Les ouvriers des aciéries qui entrèrent dans la lutte dans un état de confusion, sans direction et préparation adéquates, consolidèrent rapidement leurs rangs quand ils comprirent que les magnats de l'acier étaient résolus à porter un coup décisif à leur organisation et à éliminer les usages de travail qui avaient été négociés et acquis après bien des années.
Is consolidèrent leur syndicat de telle façon que, par la suite, après avoir été obliges de reprendre le travall, Ils se trouvaient plús prêts qu'au début de la grève à reprendre le mouvement le 26 janvier à l'expiration de l'injonction. On sait que le syndicat a obtenu une première victoire partielle lorsque la firme Edgar Kayser rompit le front uni de l'industrie de l'acier et tacitement démentit ainsi les prétentions persistantes des aciéries que les revendications des syndicats étaient trop coûteuses.
Le rapport du secrétaire au Travail, Mitchell, du 15 août, montra clairement a) que le salaire de base moyen brut dans l'acier tomba annuellement de 5,350 dollars pendant l'année prospère 1957 à 4.840 en 1958 ; b.) que plus de 40 % des ouvriers de l'acier gagnèrent moins de 4.800 dollars en 1958, soit moins que le revenu minimum établi par le Bureau of Labor Statistics pour une famille de quatre personnes vivant en ville.
Cela contrastait fortement avec les profits capitalistes. Selon le même rapport et d'autres sources, en opérant à 87 de leur capacité dans les six premiers mois de 1959, les aciéries avaient fait une marge de protits si grande que « une augmentation de 15 % dans le cout du travail réel,. combinée à une réduction de prix d'environ 7 dollars par tonne, aurait encore laisse des benetices nets apres reglement des impôts, au niveau des bénérices de 1957, constituant un record jamais atteint. »
Le point le plus controversé dans les négociations qui eurent lieu entre les représentants des syndicats, les patrons et le directeur du service fédéral de médiation, J.F. Finnegan, est que la direction doit justifier tout changement dans les règles de travail local et que le syndicat a le droit de protester contre tout changement qu'il considère injustifié. Les patrons exigèrent que le syndicat accepte térêt de l'efficacité », le juge décisif en tous les changements « dans l'inla matiere étant la direction elle-meme.
Après la reprise du travail pour une durée de 90 jours, les patrons firent une offre finale comportant 30 cents de l'heure, mais rien au sujet des conditions de travail. Les ouvriers devaient décider au vote secret, entre le 11 et le 18 janvier, s'ils allaient accepter ou non cette offre patronale. Toutes les prévisions étaient d'un rejet de cette offre à une « majorité écrasate, il etait question d'une reprise déclarait le de la grève ; la direction syndicale en- visageait de remplacer la greve totale de l'industrie par une grève contre un, deux ou trois des plus grands producteurs.
L'inquiétude était grande dans le monde bourgeols. Certains demandaient « de fortes mesures, telles qu'une loi d'arbitelles trage obligatoire » (New-York Times, 27 décembre 1959).
Mais l'année qui commence est une année d'élection présidentielle. Le slogan des republicains * Paix et prospérité » eut été passablement endommagé si la nouvelle année avait comporté une grève de si grande ampleur qui eut été, en dépit du caractère timoré des dirigeants syndicaux, le combat de toutes les forces ouvrières contre la coalition du patronat de l'Administration et du Congres. Aussi
Congrès. l'Administration Eisenhower, notamment Nixon, son poulain à l'élection présidentielle, a-t-elle exercé une forte pression pour obtenir du patronat assez de concessions en vue d'éviter la grève. Le 4 janvier, représentants patronaux et ouvriers ont abouti à un accord compor-
Dans la dernière semaine de novembre 1959 cut lieu à Santiago (Chili) le premier Congrès des femmes d'Amérique latine. Les staliniens tentèrent de lui donner un caractère « large », en s'efforçant d'y assurer la participation de tendances bourgeoises. Mais cette tentative échoua, parce que la bourgeoisie n'était pas intéressée à participer à un Congrès où les ouvrières dominaient. Les représentants chiliens des chrétiens démocrates et radicaux se retirèrent de la Commission préparatoire sous le prétexte de « manque de démocratie ».
Les staliniens cherchèrent à changer le
Congrès en une plate-forme pour un écho latino-américain de la politique de « coexistence pacifique », mais. là aussi, ils échouèrent.
Au contraire, le plus grand succès fut accordé à l'intervention combattive d'une large délégation cubaine, formée surtout de déléguées du Mouvement du 26 juillet.
Elles participèrent à la Commission prin-
En novembre 1959 se tint une conférence de jeunes de plusieurs pays, où il
Fut décidé de préparer, pour juillet 1960, la tenue d'un premier Congrès de la jeunesse latino-américaine à la Havane. A cette fin, des Comités ont été constitués dans plusieurs pays.
Au Chili se tint un Comite comprenant des représentants de la Jeunesse socialiste, de la Jeunesse communiste, de la
Jeunesse du P.O.R. (IV Internationale)
et des syndicats. A la dernière minute, la tant une augmentation de salaires de 39 cents et, ce qui était encore plus imrenvoi des questions de conditions locales de travail à une commisportant, le sion commune de recommandation, étant entendu qu'aucun changement ne pourrait être effectué sans accord mutuel.
Ainsi la grève de l'acier se termine de façon satisfaisante pour les ouvriers. Blle a montré l'énorme capacité de lutte des travailleurs américains sur le terrain revendicatif et syndical. Les dirigeants politiques du capitalisme ont veillé à ce que la classe ouvrière américaine ne soit pas tentée de se porter vers l'action politique indépendante de classe. Mais le capitalisme américain est à l'échelle mondiale sur la voie du déclin, et une conséquence inexorable en sera, par delà les considérations électorales des partis bourgeois, un renforcement et un durcissement de la lutte de classe, qui porteront les travailleurs américains à la lutte politique, Et les 116 jours de grève des aciéries en 1959 sont un signe des temps à venir. is des femmes cipale qui approuva un rapport d'une camarade socialiste qui défendit les positions de la IV* Internationale. De nombreuses trotskystes chiliennes chiliennes participèrent au Congrès, malgré la résislance des stahniens. Elles fraternisèrent avec les autres déléguées, distribuant la Revista marxista latino-americana. Le P.O.R. lança un message aux déléguées, soulignant que les problemes des ouvrieres d'Amérique ne pouvaient être dissocies du reste de la lutte de classe.
Le Congrès adopta une série de déclarations sur la réforme agraire, la jeunesse, les crêches. La plus forte discussion eut lieu sur le problème de la paix. Les staliniens proposèrent une résolution selon laquelle « ce Congrès veut la paix ». Les trotskystes, les socialistes et le Mouvement du 26 juillet approuvèrent une autre déclaration : « La paix est conditionnée par la libération des peuples ».
Le prochain Congrès des femmes aura lieu à La Havane.
Jeunesse communiste, qui acceptait des radicaux bourgeois et des organisations catholiques, rejeta les mandats de la
Jeunesse du P.O.R. Ces délégues firent appel a la premiere session pleniere ou, avec l'appui des socialistes chiliens et argentins, de l'Union Civica Radical Intransigente, le P.O.R. d'Argentine, le Mouvement du 26 juillet (Cuba) et d'autres délégués, les représentants de la Jeunesse furent admis pleins droits. Clotario Blest, président de
AMERIQUE LATINE
Premier Congrès de la jeunesse
AMERIQUE LATINE
Premier Congr
Premier Congrès de la jeunesse
QUAT Ja Central Unica de Trabajadores (Chili) avait fortement critiqué les manœuvres des jeunes staliniens chiliens.
Ceux-ci devaient subir une autre défaite. La Jeunesse libérale et le « Congrès pour la liberté de la culture », ultra-réactionnaire, furent exclus du Congrès, de sorte que celui-ci eut une composition prolétarienne.
Après de longues et âpres discussions ıvec les staliniens qui voulaient un « lar e Congrès » par la participation de la jeunesse bourgeoise, le Congrès accepta la proposition de la Jeunesse du P.O.R. d'inviter les Jeunesses ouvrières politiques et syndicales ainsi que les jeunes étudiants, à une écrasante majorité. On approuva la proposition des jeunes trotskystes pour que le Congrès ait un caractère de classe et anti-impérialiste clair.
Cette position de la jeunesse trotskyste du Chili et d'Argentine sera renforcée, en juillet, par des délégués jeunes d'Uruguay, de Bolivie, du Pérou et d'autres pays latino-américains.
BOLIVIE
Pour l'alliance des ouvriers et des paysans
Le développement à la campagne constitue un des aspects fondamentaux de la Révolution bolivienne en 1959. Jusqu'alers, un élément de base du contrôle gouvernemental sur la campagne a été un conflit entre paysans et ouvriers. Cette situation tend à finir rapidement,.
engendrant un des lacteurs les plus serieux de l'instabilité et de la démoralisation du régime Silès, et ouvrant une perspective nouvelle, plus profonde, pour le développement de la révolution en Bolivie.
La lutte a reçu son impulsion initiale de l'entrée dans le gouvernement, au début de 1959, de. Vicente Alvarez Plata, bureaucrate syndical « paysan », comme Ministre des Affaires agraires. Ceci provoqua un fossé entre la direction paysanne installée par le M.N.R. et la base rurale.
Le gouvernement porta ensuite au Ministère Jose Rojas, principal dirigeant de la Centrale de Ucurena et de la Fédération Nationale des Paysans, et lui-même ancien paysan. Avec l'aide de Rojas, Siles espis, en font, la la lutte à de Canas ane. esperait contenir la lutte à la campagne. comme un stimulant. Son départ d'Ucurena permit à ses opposants d'y prendre le contrôle du mouvement. Ainsi, le passage de Rojas à l'administration signifia non la fin de la lutte, mais au contraire, le début d'une nouvelle vague de troubles. Ceci provoqua à son tour de nouvelles dissensions dans la direction paysanne entre ceux qui voulaient étendre la lutte et ceux dont l'intérêt était de trouver un compromis avec le gouvernement. Alarmé par cette situation, Rojas quitta le gouvernement et se plongea dans la lutte des fractions, Mais son intervention se produisit trop tard pour être de quelque utilité à Siles ; car il était déjà discrédité auprès de tout le monde, à l'exception de sa propre clique personnelle et de leprop des empers les plus arrierge.
Après que Plata ait été discrédité et que Rojas soit parti, le gouvernement introduisit un changement fondamental dans sa politique agraire. Siles nomma comme ministre des Affaires agraires le général Pacheco, ancien ministre du gouvernement Villaroel. Ce général ne perdit pas de temps pour envoyer des troupes à la campagnes. Ceci eut pour effet de consolider les rangs des paysans mécontents et insurgés, et de les amener à rechercher des alliés parmi d'autres sections des opprimés.
Le gouvernement, alors, soit manqua de confiance dans la direction paysanne, soit se trouva soumis à d'énormes pressions de la part de la base. Il ne put même plus s'appuyer sur la fraction de ces citadins faisant figure de ruraux (le « martyre » de Plata à Atahuallpani symbolisant la répudiation décisive de ce groupe par la paysannerie en bataille). Ainsi commença une nouvelle période de luttes dans les campagnes, le seul espoir de Siles se trouvant dans le rôle scissionniste et briseur de grèves de son agent dans le mouvement ouvrier, la direction criminelle et traîtresse de Lechin. La tâche fixée à Lechin et à sa bande était de poursuivre la politique de Paz Estensoro, de diviser les travailleurs et paysans pauvres des campagnes, des ouvriers des villes. Grâce à la direction hardie de la Fédération des Mineurs et au travail de la fraction du P.O.R. dans la C.O.B., ce dessein avorta. A la fin de 1959, il y a une compréhension croissante partout qu'il faut rétablir la puissante alliance ouvrière et paysanne sur la base d'un programme unissant les revendications immédiates des deux secteurs. L'approfondissement de la Révolution bolivienne dans une nouvelle phase se pose, rendu nécessaire pour la préservation même de la Révolution.