Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › 18e année, n° 11

Nouvelles du mouvement ouvrier et de l'Internationale

Quatrième Internationale, 18e année, n° 11 · octobre-novembre 1960 · p. 94-96 · 1 848 mots

Texte lu par machine sur le scan (relu en 2026 colonne par colonne) : il peut contenir des fautes de lecture. Pour citer, reportez-vous au scan de la page.

Formation d'une organisation trotskyste

Il s'est formé un groupe de trotskystes en Nouvelle-Zélande. Ils se sont constitués pour le moment comme une formation de la section australienne de la IVe Internationale et espèrent pouvoir former dans un proche avenir une section indépendante néo-zélandaise de la IV: Internationale. Tous ses membres sont bien intégrés dans le mouvement de masse "labouriste du pays, dans les organisations d'étudiants et dans le mouvement pour l'égalité raciale entre les Maori et les Pakeha (blancs). Le trotskysme trouve une audience dans la gauche néo-zélandaise, notamment dans la jeunesse.

Le mouvement ouvrier de ce pays a une

A la fin de juin a eu lieu la fusion de deux partis : le Revolutionary Communist Party of India et le Revolutionary Workers Party of India, l'organisation unifiée portant le nom de Revolutionary Communist Party of India.

L'importance première de cette mesure est qu'elle est une importante étape dans l'unification des forces marxistes révolutionnaires dans ce sous-continent au début d'une nouvelle période marquée par l'épuisement de la direction bourgeoise, et l'inauguration d'une ère de crise sociale aiguë. C'est donc une étape importante sur la voie de la création d'une di-

Le ler Congrès de la jeunesse latinoaméricaine s'est ouvert le 26 juillet à Cuba. Y participaient des délégués de toutes les organisations ouvrières et anti-impérialistes d'Amérique latine qui exprimèrent leur solidarité envers la Révolution cubaine, décidèrent de former un Front Unique Anti-impérialiste pour chasser l'impérialisme de l'Amérique latine.

tradition militante, qui s'est par exemple manifestée dans la grève des ports qui dura six mois en 1951 et entraîna une lutte vielente entre les dockers et le gouvernement tory. La population Maori, quoique moins opprimée que les minorites de couleur ailleurs, représente une grande mais latente force pour le socialisme.

Bien que récent en Nouvelle-Zélande, le trotskysme y a de grandes possibilites. Le stalinisme y est particulièrement faible et offre peu de résistance. Les trotskystes néc-zélandais adressent leurs saluts fraternels au Secrétariat International et à toutes les sections de l'Internationale. rection révolutionnaire des masses indiennes.

Le congrès qui dura six jours, adopta des statuts, discuta un rapport politique sur la situation internationale et natio nale, un rapport sur la situation agraire, et il se prononça pour l'unification du mouvement syndical.

Le congrès désigna un Comité Central de 19 membres. Le camarade Shri Sudhindra Nath Kumar a été élu secrétaire du Parti. Le congrès a demandé la libération du camarade Shri Panalal Das Gupta, leader du Parti, et de tous les prisonniers politiques.

Les staliniens s'efforcèrent d'empêcher les trotskystes de participer à ce Congrès. où ils étaient représentés par une délégation appréciable venue de cinq pays Argentine, Chili, Mexique, Uruguay, Pérou. Ces délégués, ainsi que des camarades du Brésil et de Bolivie qui n'avaient pu être présents, ont fait connaître leurs positions par un Manifeste largement dis-

INDE

Unification des marxistes révolutionnaires

CUBA

La conférence de la jeunesse latino-américaine

INDE

Unification des marxistes révolutionnaires

CUBA

La conférence de la jeunesse latino-américaine

• S6 tribué au Congrès. Par leur fermeté et leur politique claire, ils firent repousser les manœuvres stalimiennes, et la majorie du Congrès leur assura la participation à celui-ci. Ils firent aussi adopter trois résolutions par l'unanimité du Congrès.

Voici des extraits d'une déclaration qu'ils publièrent pour défendre leur droit de participer au Congrès :

* L'accusation principale contre le Manifeste des organisations de jeunes des Partis Ouvriers Révolutionnaires d'Argentine, du Chili, du Pérou, du Mexique et d'Uuruguay, est que ce sont des organisations de provocateurs au service de l'impérialisme américain, ennemis de la Révolution cubaine et ennemis de l'unité... Notre lutte est au service de la révolution pour l'aider et l'impulser. Nos positions révolutionnaires visent à obtenir le maximum pour la révolution... La réelle force historique de la révolution est sa puissance pour attirer et concentrer le soutien des masses mais en même temps pour stimuler leur esprit critique. L'unité ne consiste pas à se soumettre aux vues de la majorité et à cacher les positions révolutionnaires les plus conséquentes... L'unité ne peut exister ni être atteinte par la suppression des différentes positions et tendances. Sans la libre expression des tendances, le bureaucratisme et son appareil domineront la discussion et la libre expression de la pensée.

« Nous soutenons inconditionnellement la Révolution cubaine, la Révolution algérienne, la Révolution africaine...

« Nous avons fait un appel pour résoudre les problèmes en vue d'une lutte plus

Fin de la vieille

Le troisième Congrès Syndical National marquera une date dans l'histoire du mouvement ouvrier brésilien. Il a prouvé que la vieille structure de l'organisation syndicale - fondée sur l'alliance du Parti Travailliste (P.T.B.) et du Parti Communiste — n'était plus à la hauteur des nouvelles nécessités et de la nouvelle situation de la classe ouvrière. Incapable de s'adapter aux changements arrivés dans le pays et du fait que, pendant la période immédiatement antérieure n'a surgi aucune tendance syndicale de gauche avec une politique prolétarienne indépendante, se súbstituant au vieil appareil en crise, la « coupole » du mouvement syndical s'écrasa, se divisa et menaça de se disperser pendant une période en beaucoup de courants isolés.

La division fut amenée par l'intervention de l'O.R.I.T. et de la C.I.O.S.L., qu'appelèrent les différentes fractions bourgeoises, quand leurs propres dispositifs syndicaux se montrèrent incapables contrôler et d'offrir une issue à la situadécisive contre l'impérialisme, d'une économie dans les mains des travailleurs, sous le contrôle d'un gouvernement des masses. Sont-ce là des positions contrerévolutionnaires ? Guevara a déclaré récemment que la Révolution cubaine est marxiste. Raoul Castro a déclaré que la Révolution cubaine est une fontaine ù chacun peut venir boire, et qu'il est né cessaire d'étendre la Révolution cubaine à toute l'Amérique latine et que la Révolution cubaine aidera un tel processus. Fidel Castro a déclaré que la Cordillère des Andes doit devenir la Sierra Maestra de l'Amérique latine...

« Nous en appelons à tous les camarades qui ont été trompés par des accusations calomnieuses de penser sérieusement à celles-ci et de les rectifier. Nous demandons une discussion publique de nos positions... En ce moment deux dirigeants du trotskysme mondial, les camarades Santen et Raptis (Pablo) sont arrêtés en Hollande pour avoir aidé la Révolution algérienne, et le camarade argentin Guillermo Almeyra est détenu à Sur en Patagonie pour avoir aidé la Révolution cubaine...

« La Révolution cubaine doit rejeter des méthodes qui compromettraient sa base morale aux yeux de tous les ouvriers révolutionnaires, des masses de l'Amérique latine et du monde entier qui ont soutenu la Révolution cubaine...

Le 5 août 1960.

Pour les jeunes organisations des reanicationed P.O.R. : Fanjul (Argentine), Pardo (Chili), Galban (Mexique), Zegarra (Pérou), Naguil (Uruguay). unité syndicale tion. Mais la cause principale de la crise, la cause décisive, c'est que le mouvement ouvrier ne peut plus se maintenir lié au char de la politique de la bourgeoisie nationale, du développement capitaliste, comme le faisaient travaillistes et communistes. Dans la dernière année de nouvelles tendances syndicales se développèrent, nourries par la contradiction croissanie entre la base et la « coupole » du mouvement syndical. Les principales en lurent la tendance « janista » — liée au secteur de la bourgeoisie de Sao Paulo qui appuie la candidature de Janio Quadros - et plusieurs tendances catholiques. Toutes fleurirent en faisant différentes sortes d'opposition au gouvernement et à la direction syndicale officielle P.T.B.P.C.

Depuis six mois il était visible que le gouvernement, le Ministère du Travail, plaçait son appareil syndical propre, formé par la haute bureaucratie des Confédérations Nationale (C.N.I.I., des travailleurs de l'industrie; C.N.T.C., des travailleurs

BRÉSIL

BRÉSIL du commerce; C.N.T.T., des travailleurs des transports terrestres) à la disposition de l'O.R.I.T. et la C.I.O.S.L., et qu'il se préparait à rompre l'alliance avec le P.C. Dans le Congrès, après une grossière provocation des agents de l'impérialisme — aidée par toute la stupidité des dirigeants syndicaux communistes, plus engagés à maintenir « l'unité » qu'à fortifier leurs positions à la base - toutes les tendances non communistes se retirèrent en dénonçant les communistes et en les laissant pratique- , méthodes bureaucratiques des ment isolés.

A Sao Paulo, où la rupture du Conseil Syndical eut lieu après le Congrès National, les bureaucrates du P.C. assistèrent en silence à la discussion entre les autres bureaucrates, dans laquelle les uns soutenaient qu'il fallait les expulser et les autres qu'il fallait les maintenir mais ne pas les laisser prendre d'initiative.

Si la dispute de la haute bureaucratie syndicale avait peu ou pas de significalion pour la base, on peut du moins etablir que le succès relatif de la provocation anticommuniste et de la rupture est dû d'abord au défaut total d'autorité des bureaucratiques syndicaux du P.C. dans les fabriques, et à la méfiance de la base envers la politique communiste.

Il n'existe pas de correspondance entre la rupture de la « coupole » et l'esprit de la base. La division préconisée par les agents de l'O.R.I.T. et la C.I.O.S.L. trouvait des résistances à mesure que le niveau des organismes s'abaissait. Au niveau des usines et des syndicats d'industrie, dans les municipalités, il y aura une grande résistance contre n'importe quelle tentative de division.

En outre, la crise et la rupture en haut ne modifient pas essentiellement le nouveau rôle montant des syndicats dans la vie du pays.

Tout cela contribuera au moins à accentuer le discrédit des directions.

Pendant toute la crise, diverses tendances de gauche apparurent, qui d'une façon limitée ou déformée exprimèrent les positions indépendantes de la classe. Ces tendances manquent d'un centre, elles existent et ont l'avantage d'être les plus solidement enracinées dans la base.

Dans la zone industrielle du sud de Minas Girais, " y a un groupe de dirgeants metallurgiques qui veulent la for mation d'un parti ouvrier basé sur les syndicats. Parmi les tendances catholiques, à Sao Paulo et dans le Rio Grande do Sul, sont apparues quelques-unes de très radicales ,avec un contenu qui dépas se les manœuvres que l'Eglise pourrait tenter. Parmi les « rénovateurs » qui rompirent avec le Congrès, il y a un groupe qui demande un nouveau congrès pour constituer la Centrale Unique des Travailleurs, dont l'accès serait permis seulement aux délégués élus par les usines et portant en manière de titre le carnet de travail. Parmi ceux qui restèrent auprès des communistes dans le Congrès, après la division, il y avait plusieurs centaines de delégués qui soutinrent beaucoup de réso lutions de gauche, comme la solidarité avec Cuba, independance des syndicats vis-à-vis du gouvernement, etc., résolutions qui n'étaient pas strictement dans les plans des communistes.

Si, d'une part, la dispersion de la « coupole » peut retarder la montée du rôle du mouvement syndical dans la vie politique du pays, on ne doit pas oubher que 1001 cette dispersion était inévitable. Il n'y avait pas réellement d'autre issue à la crise. D'autre part, la nouvelle situation non seulement stimulera mais donnera une importance particulièrement renforcée aux tendances de gauche.

De toute manière, les tendances de gauche existantes ou naissantes ont besoin d'un centre de rassemblement. Ce centre ne peut être, maintenant, qu'un bloc des tendances marxistes agissant dans le mouvement syndical, avec la participation. surtout, des militants communistes des usines.

Une erreur sur cette page ?