Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › 18e année, n° 10

Nouvelles du mouvement ouvrier et de l'Internationale

Quatrième Internationale, 18e année, n° 10 · juillet 1960 · p. 74-78 · 2 789 mots

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Forte minorité contre Guy MOLLET

Le Parti socialiste vient de tenir son 52* Congrès, le premier après la scission qui a donné naissance au P.S.U. La gauche étant partie, il aurait pu sembler que Mollet dominerait le Congrès sans partage. Il n'en fut rien. La principale question était bien entendu celle de l'Algérie. La tendance ultra, de Lacoste et Lejeune, qui dans le passé sans l'emporter marquait tout de même le Parti socialiste eut cette fois-ci un nombre de suffrages minuscule (moins de 5 %). La direction Mollet n'obtint sur sa résolution algérienne (pro de Gaulle) que 55 % des mandats. Et près de 40 % de ceux-ci se portaient sur une

Nous invitons nos lecteurs à lire sur la question des réfractaires ce que « La Vérité des Travailleurs » a exposé en détail. L'opposition de plus en plus grande dans résolution Gazier-Defferre qui, sans être d'une grande audace, se prononçait copendant pour une négociation politique avec le F.L.N.

Sur le plan de la politique générale, la « gauche » de Gazier, qui demande une rupture avec le régime gaulliste n'obtient plus que 27 % des voix. Par consequent, il apparaît au sein même du P.S. que les courants pour la négociation avec le F.L.N. s'étendent même auprès de gaullistes plus ou moins nettement affichés; ceci reflète la montée dans tout le pays du désir de négociations avec le G.P.R.A. la communauté nationale ». Cette prise de position de gens qui se pretendent responsables a été vivement critiquée dans des milieux assez étendus, de jeunes et d'universitaires, et il a fallu à la « gauche » discuter, apres avoir condamne.

Ces retractaires, comme les intellectuels qui ont compris que la victoire du socialisme contre le régime gaulliste était liée à la lutte et à la victoire de la Révolution algérienne attestent que la révolution coloniale commence à se montrer plus puissante que les manœuvres des direction traditionnelles installées dans la société capitaliste.

Signalons aussi que, de plus en plus, se multiplient les publications les plus diverses (livres, brochures, journaux, bulletins, tracts) qui passent outre à la légalité bourgeoise. les nombreux traquenards légaux du gouvernement américain et des patrons.

En 1933, il fut exclu du P.C. pour sor opposition de gauche, et adhéra a lorganisation trotskyste. Il fut en 1937 l'avocat de Trotsky devant la Commission d'enla jeunesse universitaire à gérie s'est non seulemen lUnion Nationale des

France (U.N.E.F.), comme la guerre d'Alexprimée à t

Etudiants de - l'avions nous déjà mentionné dans le précédent numéro de « Quatrième Internationale », mais au sein de cette jeunesse se sont formés des courants qui se refusent au service il recent et consciences taire, non par mais parce qu'ils jugent cette guerre injuste. On donne le chiffre de 2 à 3.000 réfractaires, et on comprend que cela inquiète les gouvernants.

La « gauche »,. y compris la direction du P.C.F., a quasi unanimement condamné ces jeunes qui se mettent « hors de

Nous apprenons la mort d'Albert Goldman à lage de 65 ans. Il avait eté membre des I.W.W. en 1919 et adhéra au P.C. américain en 1920. Ouvrier tailleur et militant syndical, il suivit des cours du soir et devint avocat en 1924. Il fut dès lors au service du mouvement ouvrier contre

Les réfractaires

ETATS-UNIS

Mort d'Albert GOLDMAN

Les réfractaires

ETATS-UNIS

Mort d'Albert GOLDMAN quête internationale sur les procès de Moscou, présidée par le Professeur John Dewey.

Pendant la guerre, il fut un des 18 dirigeants trotskystes poursuivis et condamnés à Minneapolis, en vertu de la loi

Smith. A ce procès il fut à la fois accusé et principal avocat.

Après la guerre, en 1946, il rompit avec le trotskysme, et rejoignit la sociál-démocratie. Les meilleures années de sa vie furent celles qu'il vécut comme pionnier nale aux Etats-Unis.

CONGO

L'indépendance du nouvel État africain

(Ce texte nous avait été adresse avant que se pnoduisent les evenements qur ont suivi de peu la proclamation de l'indépendance.)

Le 30 juin, la République du Congo (exCongo belge) est née comme Etat indépendant. La naissance avait été précédée par des elections generales assez normales la constitution d'un gouvernement dirige par Patrice Lumumba, et l'élection de Joseph Kasavubu comme Président de la République. moniprésence du roi des Belges a la céré La présence du roi des Belges à la céréde la proclamation de l'indépendance indique très clairement que le transfert du pouvoir aux leaders politiques congolais a lieu dans des conditions qui laissent intacts le regne des societes coloniales belges ainsi que la grande influence des capitalistes belges parmi les cercles politiques du pays. En fait, lar mée, du Congo continue a employer des officiers belges; une petite minorité seulement d'Africainsrmi les officiers est formée parmi les officiers est formée

L'indépendance du Congo est survenue tres rapıdement. Bien que ce soit un des pays africains des plus industrialises (un tiers des adultes hommes est composé de salariés), le Congo est politiquement très arriéré, les colonialistes belges ayant dellbérément étouffé toute formation d'un mouvement politique indigène et d'une intelligenzia congolaise. Au moment où l'indépendance est proclamée, il n'y a pas dans le pays plus d'une douzaine de diplômés d'Université, et pas un seul docteur, polytechnicien ou architecte africain.

Le mouvement politique organisé n'a que deux ans. A l'exception du M.N.C. (Mouvement National Congolais) de Patrice Lumumba, qui a reçu 25 % des voix aux élections, toutes les organisations politiques sont de nature tribale. Le mouvement syndical est très faible, et ne rassemble que moins de 10% des salariés. Plusieurs mouvements tribaux sont des instruments directs des grands capitalistes belges, par exemple le Conakat dans la riche province minière du Katanga, directement lié au trust belge l'Union Minière.

Aussi la remise de l'indépendance estelle, de la part des capitalistes belges, plus un mouvement préventif qu'une capitulation devant un mouvement de masse, bien que la pression de masse pour l'indépendance ait grandi constamment depuis deux années, et qu'elle ait été appuyée par celle du mouvement ouvrier belge, lequel s'est montré résolu à s'opposer à toute expedition coloniale). Mais au moment ou l'indépendance est accordée, il n'y a pas encore au Congo une situation révolutionnaire qui nous permettrait de prédire un processus de révolution permanente.

constitution du gouvernement tut dominée par la crainte d'une balkanisation du pays par les groupes tribaux rivaux. Aussi pratiquement toutes les organisations tribales ont leurs représentants au pouvoir. Le Président de la République, Kasavubu, est le leader de la plus forte organisation tribale, celle du peuple Bakongo, vivant près de l'embouchure du fleuve Congo. Le régime des colons blancs de la Rhodésie, parent de celui de l'Afrique du sud, a essayé vainement jusqu'a présent de stimuler des mouvements séparatistes au Katanga.

Même lorganisation de Lumumba, le M.N.C. n'exerce d'influence réelle que dans trois provinces sur six, et ce dans l'une d'elles sur une large base tribale. Dans ces conditions, il est probable que, pour une certaine période, il n'émergera pas de réelle force unificatrice dans le pays, ce qui facilitera l'action des forces colonialistes belges.

Mais, d'autre part, l'influence de gauche dans le premier gouvernement congolais est plutôt impressionnante. Les leaders de quelques groupes tribaux sont de gauche, se disent marxistes et ont récemment visite Pekin. Trois d'entre eux, dont le vice-président du gouvernement, sont étroitement liés au régime de la Guinée, et servent de contrepoids à l'influence pro-impérialiste provenant du Ghana. Lumumba lui-même est étroitement lié à Nkrumah.

Les premières répercussions internationales de l'indépendance du Congo se sont déjà fait sentir dans la colonie portugaise de l'Angola, où une situation révolutionnaire mûrit rapidement et où la dictature de Salazar envoie des renforts militaires. Les partis nationalistes qui y sont moins affectés par le tribalisme qu'au Congo ont constitué un Conseil National illégal et demandent une reconnaissance immédiate et des négociations avec le gouvernement portugais en vue d'obtenir l'indépendance au plus tôt.

BRÉSIL

Nouvelle crise

La crise du P.C. brésilien s'est considérablement accentuée dans les derniers mois, du fait du soutien de la candidature à la présidence de la République du politicien bourgeois Lott, lequel entre temps a évolué encore plus à droite. Les critiques avaient pris de telles tormes que la direction ne pouvait éviter plus longtemps une discussion ouverte; elle le fit, sous une forme étriquée, en convoquant le 5ª Congrès du parti et en ouvrant une discussion publique.

Dans la « Tribuna de Discussion », deux tendance à la direction se sont manifestées. L'une, officielle, soutient la ligne droitière suivie par le part depuis la crise de 1956-57. L'autre est à gauche, et est représentée par Mauricio Grabois. Il y a une troisième tendance, droitière, qui est restée silencieuse pour le moment.

Dans son document, intitulé « Deux conceptions, deux orientations politiques », Grabois qualifie la politique du partı d'orientation tactique opportuniste de droite », « exagérant l'importance du développement capitaliste » auquel cette orientation est subordonnée. La déclaration du parti de 1958, dit-il, « tient presque exclusivement compte des intérêts de la bourgeoisie, et mène au renforcement de ses porces politiques. » Critiquant la politique de fronts uniques non seulement avec la bourgeoisie nationale, mais même avec des propriétaires féodaux et des agents directs de l'impérialisme yankee, il explique qu'il « sera difficile sinon impossible d'attirer les grandes masses paysannes à un front unique dans lequel participent des propriétaires fonciers. » Grancipent des proprietates onclers. " urabois dénonce l'abandon de toute agitation pour la réforme agraire. Il montre que la campagne pour « un front unique natiocherche d'une alliance avee la bourgeoisie nal et démocratique » se réduit à la cherche d'une alliance avec la bourgeoisie nationale, en ignorant les paysans et la petite bourgeoisie.

Dans la question du pouvoir, il reproche à la direction de croire que la démocratisation est une tendance permanente dans la vie du pays, « conséquence du développement capitaliste », ce qui, dit-il, est « une thèse typiquement révisionniste ». Il nie la possibilité des « voies pacifiques » et signale l'abandon complet des méthodes d'illégalité dans la vie du parti.

Pour lui, la Révolution brésilienne a pour but de « créer un Etat démocratique, un gouvernement démocratique et antiimpérialiste, différent dans sa composition de classe et ses objectifs, de tous les gouvernements brésiliens antérieurs. Un tel gouvernement serait un « pouvoir de front unique des forces démocratiques et anti-impérialistes dirigé par la classe ouvrière. « Il trouve son origine dans le fait que le prolétariat tend à diriger les forces révolutionnaires et aussi dans le fait que la révolution, bien que n'étant pas dans le P. C. socialiste, est une partie intégrante de la révolution socialiste mondiale. »

Pour Grabois, la direction voit les problèmes de la révolution brésilienne du point de vue de la bourgeoisie et a vert le parti à l'influence de la bourgcoisie, tout en abandonnant pratiquement l'éducation marxiste.

Cette intervention de Grabois acquiert son importance du fait qu'il est lui-même un vieux bureaucrate et qu'il a ainsi ouvert la discussion.

Plusieurs interventions ont eu lieu de droite et de gauche. Même un droitier, comme Carlos Danielli, est obligé de révéler une situation grave :

« Dans la lutte contre le trust améri cain « American Can », nous avons correctement cherché une alliance avec la bourgeoisie industrielle nationale, qui a mis pour condition que dans ses usines nous ne formulions pas les revendications des ouvriers. L'acceptation de cette proposition a eu pour conséquence que les ouvriers disent que nous les avons vendus aux patrons. »

A gauche, Pedro Pomar, dans un article intitulé « Analyse marxiste ou apologie du capitalisme ? », dénonce l'absence de lutte contre le traité militaire :

« Pendant la visite d'Eisenhower au Bresil, notre absence était si criante qu'elle devint incompréhensible non seulement le devint incompret aux communistes triotes. »

Des militants de rimes. Luiz Alves 'exemple de Cuba, lensible non seulement aussi mais aux pabase se sont aussi ex-

Silva, s'appuyant sur écrit

« Enfin qu'y a-t-il de plus important pour le peuple : avoir une réforme agraire faite sous n'importe quel drapeau de les bras ouverts à la bourgeoisie progressiste... ? »

Un camarade dénonce le monolithisme, et propose que soient associés à la discussion tous les groupements hors du P.C. qui ont le même objectif socialiste.

L'intervention la plus claire est celle de Mario Bastos. Demandant la participation la plus large de la base, il propose de prolonger d'un an la discussion :

« Il n'y a pas eu moins de 25 ans depuis que s'est tenu le 4* Congrès du parti. Le programme et les statuts qui furent alors approuvés furent immédiatement mis de côté. Ils ne pouvaient être mis en application. Pour être capable d'agir, le parti du adopter des directives et des me sures contraires à l'essence même des thèses contenues dans le programme. Nous ne tomberons pas cette fois-ci dans la même erreur. »

Ajoutons que les idées trotskystes se frayent un chemin dans cette discussion. L'organe trotskyste « Frente Operaria » circule librement dans le Parti communiste. Il y a de bonnes perspectives pour le communisme au Brésil.

URUGUAY

Dans le Parti socialiste

La crise en Amérique latine se reflète dans tous les partis ouvriers en Uruguay. En janvier dernier, le 32 Congrès du Parti socialiste a décidé de sortir de la 2ª Internationale. Il s'est prononcé également pour un « front de gauche », « sans communistes ni trotskystes ». Mais près de la

Le 15 avril s'est tenne une Conférence à laquelle la section australienne de la IV Internationale a été rejointe par un groupe de camarades qui avaient ete associés antérieurement au Comité International, actuellement défunt. La Conférence reçut également l'adhésion d'un certain nombre d'ouvriers et d'étudiants jusqu'alors non organisés.

La section ainsi sérieusement renforcée

Publication de « La

Nous saluons la parution à Copenhague d'une traduction de * La Révolution trahie », de L. Trotsky. Cette traduction a été assurée par le camarade G. Moltved, qui a écrit une préface pour cette édition.

Nous sommes également heureux de pouvoir annoncer la parution en Al-

Jemagne, chez l'éditeur Fischer, d'une édition relativement bon marché de « L'Histoire de la Révolution russe », de Trotsky.

moitié du Congrès s'est prononcée pour un « front ouvrier ». En outre, le Congrès un & front ouvrier nationaute, eu Congres a élu un Comité national exécutif lequel la gauche dispose de 9 sièges sur 15, et le secrétaire du parti, trias, estuit est le « théoricien » de la gauche, et il sous une forme très déformée les pressions de la révolution coloniale. de la IVe Internationale a établi un plan de travail, principalement en direction du Labour Party australien, mais avec des dispositions visant accessoirement le P.C. australien qui conserve des positions sérieuses dans le mouvement syndical. Des mesures ont été prises pour la sortie d'un organe régulier.

La Conférence a adressé son salut au Parti mondial et à toutes ses sections. Révolution trahie » Ainsi se trouve mise à la disposition du public scandinave l'œuvre fondamentale de Trotsky sur l'Etat ouvrier, rui permet de comprendre non seulement ce qu'était actuels en Union soviesique. mais aussi les phénomenes

Malheureusement, cette édition a été, d'une part, allégée d'annexes importantes et d'un chapitre, et surtout elle comporte une préface inepte qui est une injure à l'ouvrage de Trotsky et à la Révolution russe.

AUSTRALIE

DANEMARK

ALLEMAGNE

Réédition de « L'Histoire de la Révolution russe»

AUSTRALIE

Conférence de la section

DANEMARK

ALLEMAGNE

Réédition de « L'Histoire de la Révolution russe»

ITALIE

Ranimation du mouvement des masses

Les récentes luttes à Gênes, Rome, Reggio Emilia, Palerme, ont provoqué la chuRAs Les rede depuis fascison te du gouvernement Tambroni, soutenu les votes des députés fascistes du

A Gênes, ceux-ci durent renoncer à tenir leur congrès. Dans plusieurs villes, il y eut des batailles de rues, la police tirant sur les manitestants, tuant plusieurs ouvriers, cependant que la police elle aussi comptait de nombreux blesses.

La mobilisation des masses fut favorisée par certaines conditions locales (à Genes, par exemple) et par le probleme en cause, la lutte contre les tascistes donnant au mouvement une large base. C'est depuis de nombreuses années une mobilisation qui fut entendue et qui eut des résultats.

Une de ses caractéristiques importantes est une large participation de jeunes, non organisés.

Tandis que la situation économique est encore bonne pour la bourgeoisie, sa situation politique est apparue beaucoup moins stable. La crise de la démocratie chrétienne est extrêmement profonde et sans solution à court terme. débattre dans une telle crise de son prin Ce qui permet à la bourgeoisie de cipal parti, c'est l'opportunisme des deux partis, communiste sous la direction de Togliatti, et socialiste sous la direction de Nenni, tous deux marqués du plus profond crétinisme parlementaire, alors que la classe ouvrière a montré la puissance dont elle disposait sur le plan extraparlementaire.

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