Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › 17e année, n° 6

Nouvelles du mouvement ouvrier et de l'Internationale

Quatrième Internationale, 17e année, n° 6 · mai 1959 · p. 74-87 · 9 682 mots

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BELGIQUE Léon LESOIL

Les cendres du camarade LEON LESOIL, um des fondateurs du mouvement communiste et du mouvement trotskyste en Belgique, ont ete recemment ramence d'Allemagne occidentale. Arrêté par la Gestapo le 22 juin 1941, avec la plupart des nilitants communistes et trotskystes connus d'avant-guerre, LESOIL avait ete trans porté au camp de concentration de Neuengamme, près de en 1943. Hambourg, ou il mouru

A l'occasion de ce transfert, des camarades de Charleroi ont voulu éviter que le nom de LESOIL soit associé de quelque manière que ce soit à des idées ou des institutions patriotiques bourgeoises, qu'il avait combattues pendant vingt-cing ans. Pour cette raison, ils ont organisé eux-mêmes une cérémonie à Châtelineau où LESOIL avait été conseiller municipal. Une centaine d'amis du vieux leader révolutionnaire ont assisté à cette cérémonie, imprégnée d'esprit marxiste révolutionnaire et internationaliste, comme l'aurait désiré notre regretté camarade, qui fut un ami personnel de Léon Trotsky et avait assisté à la Conférence de fondation de la Quatrième Internationale, ainsi qu'a toutes les réunions internationales de notre mouvement avant la deuxième guerre mondiale.

YOUGOSLAVIE

Les crimes de Staline - Le conflit avec le Kremlin

De limportant discours que Tito vient de prononcer à l'occasion du 40° anniversaire de la fondation du Parti Communiste de Yougoslavie, nous publions les intéressants extraits

« Pendant cette période [les années 30], les méthodes du travail du Komintern tendaient à faire des communistes vivant en émigration beaucoup moins des révolutionnaires que des fonctionnaires de cet appareil. Je ne veux pas diminuer, en disant cela, l'importance de l'activité déployée par l'Internationale Communiste, surtout au cours des premières années et particulièrement pendant que Lénine était encore en vie...

« Au moment des grands procès qui ont eu lieu en Union Soviétique, Staline a pratiqué à l'égard des autres partis et par l'intermédiaire du Komintern une suivants: politique qui détruisait la personnalité révolutionnaire des communistes et créait un type de communiste dépourvu de caractère. C'est alors que les principes et l'esprit introduits dans le travail du Komintern par Lénine ont commencé à se dépraver sérieusement. Cette politique a causé de grands dommages a de nombreux partis, ce qui s'est manifesté clairement au moment de l'agression fasciste, pendant les Jours où se jouait le sort de leur pays et ou ils auraient dû manifester leur indépendance politique, leur lien avee les masses et leur maturité idéologique, où ils auraient dû organiser le peuple pour la lutte contre l'occupant et se mettre à la tête de cette lutte. (Cette politique de Staline avait animé aussi la création et T'activité du Kominform, après 1947).

• C'est à cause de cette politique pratiquée par Staline, que notre Parti a perdu une grande partie de ses cadres, soit par suite de la démoralisation politique, soit par suite des exterminations physiques durant les grandes « purges » effectuées par Staline en URSS, lors desquelles ont péri plus de cent communistes eprouvés, éduqués pendant des années par notre Parti et par la lutte révolutionnaire internationale. Parmi eux, il y avait des dizaines d'anciens dirigeants du Parti, dont je ne citerai que quelques-uns comme par exemple Filip Filipovitch, Stiépan Tsvijitch « Chtéfek », Vladimir Tchopitch, Rado Voviavitch, K. Hervatina, etc. qui, en même temps qu'une centaine d'autres diTes camo rigeants communistes de notre pays. ont trouvé la mort dans les prisons et les camps staliniens. Aujourd'hui, lorsque nous célébrons quarante années d'existence de notre Parti, et après avoir pris connaissance des événements atroFacultappales ces de ces temps, notre devoir est de nous rappeler ces camarades et de nous acquitter envers eux, malgré toutes les fautes et faiblesses que certains d'entre eux aient pu manifester relativement à leur travail dans le Parti car ils ont été victimes d'un sort difficile, le plus difficile qui puisse s'abattre sur un révolutionnaire : c'est de périr innocent sous les balles de ses semblables, comme traître à lidée pour laquelle il a lutté, et à laquelle il a consacré sa vie. Nous communistes yougoslaves, nous condamnons sévèrement une telle méthode d'extermination des hommes, et nous avons énergiquement rejeté de notre pratique de la vie de notre Parti et de notre actuel Etat socialiste de telles méthodes (méthodes restées en vigueur aussi après 1948 dans les autres pays de démocratie populaire) »...

« C'est à notre Parti et à notre édification socialiste qu'échut la mission difficile d'être un détachement d'avantgarde et de mener une lutte de pionnier pour briser les éléments négatifs accumulés dans le développement du socialisme et se reflétant dans les phénomènes bien connus de la pratique et de la théorie staliniennes, ainsi que de la pratique et de la théorie des représentants du mouvement ouvrier international qui copiaient docilement et sans esprit critiaue chaque geste, chaque mot, chaque réalisation pratique de Staline, y compris l'organisation de procès contre de nombreux communistes intègres, et l'assassinat de leurs anciens camarades.

« Ces phénomènes et ce développement ont causé de graves préjudices au mouvement ouvrier international, et ils devaient tôt ou tard, entrer en conflit avec la réalité et les impératifs du renforcement du socialisme et du développement socialiste.

« Ce conflit a commencé de se manifester en divers endroits et sous des formes différentes. Le conflit de 1948 entre T'URSS et la Yougoslavie n'est qu'une manifestation d'un conflit plus vaste et de la nécessité plus générale d'éliminer de la voie du développement socialiste les obstacles qui ont surgi pendant la période de maturation et de réalisation des conceptions staliniennes. Nous avons eu des manifestations différentes de ce conflit dans les fameux événements de la Pologne et de la Hongrie, dans la condamnation du ‹ culte de la personnalité » au 20° Congrès du P.C. de l'URSS, dans la nouvelle aggravation du conflit avec la Yougoslavie qui est intervenue l'an dernier.

‹ Tous ces événements montrent que le conflit de 1948 n'était pas un phénomène fortuit. Ce conflit est, en réalité. partie intégrante d'un processus beaucoup plus large et beaucoup plus général dans le développement du socialisme. C'est la manifestation extérieure de la lutte incessante que se livrent les forces progressistes et les rétrogrades au cours du progrès et du développement de la pensée socialiste et de la société en général.

« On peut se demander pourquoi ce conflit a éclaté, avant tout, dans les relations entre l'URSS et la Yougoslavie. C'est parce que nous avions préparé notre révolution au cours d'un long processus de lutte révolutionnaire menée dans notre pays avec nos propres forces. C'est parce qu'au cours de cette lutte nous avions dégagé de nombreux éléments spécifiques dont nous avons dû tenir compte à la phase de la lutte armée et à la phase de l'édification du socialisme. C'est parce que notre Révolution avait adopté toutes ces réalisations positives de Lénine et de la Révolution d'Octobre pour les appliquer d'une manière créatrice dans les conditions de notre lutte pour accomplir nos tâches dans les conditions nouvelles. C'est parce que notre Révolution avait commencé à rejeter tout ce qu'il y avait de négatif dans la théorie et la pratique staliniennes. Ces éléments négatifs se traduisaient par la méfiance à l'égard des masses et surtout de la paysannerie laborieuse, la méfiance envers la force révolutionnaire de la classe ouvrière des autres pays, par le monopolisme idéologique, l'établissement de rapports inégaux entre les Etats ayant entrepris l'édification du socialisme, et enfin le développement de rapports erronés entre les partis communistes qui se matérialisèrent notamment dans la politique et la pratique du Kominform.

« Tous les éléments négatifs qui s'étaient accumulés pendant une longue période de luttes dificiles pour le socialisme, commencèrent à céder, et notre conflit avec le Kominform, après 1948, permit de les discerner et de les dégager plus nettement. On assista, de ce fait, à

TIB

La presse réactionnaire mondiale a pleuré à chaudes larmes sur la répression de la révolte des croisés du lointain Tibet luttant pour leur « indépendance ». Voici la « Hongrie » de l'Extrême-Orient ensanKantie et gais ce con paraison pare da lantee et opprimée par Pekin, émule di logies tout à fait extérieures et superficielles, ne résiste pas à l'examen des faits réels.

Le Tibet, région reculée aux confins de la Chine et de l'Inde, est habité par un peuple très ancien dont l'histoire fut souvent entremêlée à celle du peuple Han, du peuple chinois.

Plus particulièrement depuis que des rapports étroits ont été tissées entre l'empire chinois Jang au Vil siècle et le Tibet, celui-ci a évolué tantôt assujetti aux différents empires chinois, tantôt formellement indépendant, jusqu'à ce qu'il devint protectorat anglais au début de ce siècle.

En 1947, lorsque l'Inde eut conquis son indépendance, les droits de l'Angleterre au Tibet passèrent au nouveau dominion indien.

Lors de la victoire de la Révolution chinoise en 1949, les troupes chinoises avancèrent jusqu'à Lhassa, capitale de l'Etat théocratique du Tibet.

En 1954, la Chine concluait un accord avec Inde, selon lequel celle-ci abandonnait ses privilèges au Tibet au profit de Tinfluence chinoise. Les Chinois avaient laissé sur place un gouvernement local nommé Kasha composé de six membres, et n'avaient pas bouleversé le régime social féodo-théocratique millénaire.

Ce régime est basé sur l'exploitation léodale d'un million et demi environ d'agriculteurs et de nomades par les notables et surtout par le haut clergé bouddhiste, organisé dans de vastes et puissantes lamasseries-couvents. Au sommet Etat théocratique moyenâgeux, strictement de cet hiérarchisé, se trouve le Dalaï-Lama.

la consolidation des forces qui, au terme d'un long processus de lutte seront capables d'éliminer graduellement ces erreurs de la pratique socialiste. La Yougoslavie socialiste est partie intégrante de ces forces du socialisme, et c'est en cela que résident également la justitication historique et le caractère progressiste de notre lutte, car il est impossible de concevoir le développement du socialisme sans l'élimination de tout ce qui est négatif, sans l'accroissement des forces positives du socialisme. Certes, ce processus ne sera ni bref, ni facile, mais il est historiquement inéluctable...» ET

En 1956, une commission fut créée par Pekin pour préparer le statut de la « région autonome du Tibet ». Elle devait s'occuper de réorganiser l'armée tibétaine et d'abolir le système social du servage sous lequel vit toujours l'écrasante majorité du peuple tibétain. Cependant, les milieux réactionnaires ecclésiastiques et civils ont tout fait pour ajourner les réformes, gagner du temps, et préparer la lutte armée pour l'« indépendance » de leurs positions menacées par la Révolution.

Le gouvernement chinois, toujours désireux de ne pas brusquer les choses, avait fait savoir que, durant toute la période du deuxia 162 ans guignerait deriger lapquinquennal, c'est-à-dire plication des réformes.

Nul doute que les milieux réactionnaires du pays, encouragés de l'extérieur, par Tchang Kai-Chek en particulier, et par l'impérialisme, avaient juré de provoquer une rébellion « nationale » afin de compromettre Pekin aux yeux de l'Asie « neutraliste ».

On ne saurait critiquer Pekin que pour avoir pratiqué une politique de collaboration de classe et évité de fomenter une guerre civile qui dresserait les paysans serts contre les teodaux, ecclésiastiques et civils, ce qui a permis à ces derniers de passer à l'offensive.

Déjà aux mois de mai et de juin 1958, des bandes rebelles avaient commence a passer a lattaque dans les régions de Chambo, de Dinching, de Nag-chuka et de Loka. Mais. c'est le 10 mars 1959 que la vrale rebellion commença en attaquant la garnison chinoise à Lhassa même.

Le gouvernement chinois n'exclut pas T hypothèse que la rébellion a été encouragée par l'impérialisme qui affirmait que les provinces chinoises suivraient, les paysans s'insurgeant contre le système des • communes ». Le Dalaï-Lama, que les autorités chinoises avaient présenté com-

Contre-révolution et révolution

Contre-révolution et révolution me kidnappé par les rebelles, et qui s'est réfugié actuellement en Inde, semble plutôt avoir « trahi » ses protecteurs et fait cause commune avec les féodaux, ecclésiastiques et civils, comme il fallait s'y attendre (1).

La rébellion à Lhassa même a été vite réprimée, et la guérilla ne continue que dans les endroits reculés de ce pays montagneux, particulièrement favorable à un tel genre de « résistance ».

Pekin est maintenant obligé de bouleverser de fond en comble la structure sociale moyenâgeuse du Tibet afin d'asseoir son influence sur la masse des paysans serfs et des nomades jusqu'ici férocement exploités par les seigneurs ecclésiastiques et civils.

La rébellion a tué le Tibet « pittoresque » et sur le sort duquel s'attendrissent les réactionnaires de par le monde.

En confiant l'administration du Territoire autonome du Tibet à l'organisation démocratique des masses pauvres du pays, et en aidant à son développement économique et industriel moderne, la Révolution chinoise éliminerait encore un bastion des pires forces réactionnaires en Asie, alliées de l'impérialisme.

(1) La fuite et les déclarations du Dalaïlama en Inde restent une affaire encore obscure. Elles semblent confirmer certaines affirmations du gouvernement chinois. En tout cas, Nehru a reconnu l'authenticité des lettres échangées, entre le dalaï-lama et le représentant chinois au Tibet, attestant les bons rapports avec les autorités chinoises a la veille de la révolte.

BRÉSIL

Développement de la lutte contre la montée

La flambée des prix a rallumé tous les foyers de luttes au Brésil. Selon les chiffres officiels, le coût de la vie a augmenté de 30 % entre le 31 décembre 1958 et le 15 mars 1959. Cependant, pour toute l'an-née 1958, le salaire minimum a été relevé de 25 a 30 , sans qu'un rajustement géneral de salaires soit intervenu. Le décalage entre prix et salaires est le plus grand dans les Etats pauvres, qui sont aujourd'hui le théâtre d'importants événements.

Les paysans du nord n'ont pas cessé leurs luttes contre cet état de choses. Ils se sont rués vers les villes et mis à sac les magasins, ce que le gouvernement tâche de ne pas divulguer. Au nord-est, la situation est confuse ; la presse donne neu d'informations. Cependant des indices permettent de se faire une idée de la situation dans cette région du pays.

Dans les Etats de Ceara et Piaui sont apparus de cagancos contre lesquels le gouvernement a lancé des forces répressives (1).

Ouant à la masse des réfugiés qui ont fui le fléau de la sécheresse. elle est l'obiet d'une véritable traite d'esclaves. Des navsans sont en effet vendus pour être emplovés à un très has salaire aux travaux agricoles à Minas-Gerais. Bahia. Goias et autres régions plus éloignées du sud. L'organisation pour venir en « aide » aux malheureux sert à monter ce commerce répugnant. On comprendra donc l'ampleur des luttes des paysans et leur acharnement.

Dans les villes. les luttes des masses, certes isolées. mais très importantes, se succédent. A Uberlandia, dans l'Etat de Minas-Garaïs, la population s'est révoltée en du coût de la vie février. Pendant 24 heures elle a fait la loi et pris des mesures contre les gros commerçants, mais elle a été par la suite éprouvée par la répression policière.

Après des accalmies, entrecoupées cependant par des escarmouches ici et là, la révolte des étudiants souleva une autre vague de luttes. Ils ont déclenché un mouvement gréviste contre la cherte des etudes. La répression a été des plus san-. glantes à Gofania, où la population, venant en aide aux étudiants, avait chassé les policiers de la rue. Cependant le gouvernement a dû céder et abaisser le coût des cours, tandis que les professeurs, lésés nans leurs interets par les institutions de l'enseignement privé, déclenchaient à leur tour une grève.

A Recite (Etat de Pernambouc), un des foyers les plus importants des luttes des masses, après dix iours de tension aiguë, une augmentation des tarifs du transport mit le feu aux poudres : la population assaillit les autobus qui furent retirés de la circulation. Des groupes de soldats munis de mitrailleuses ont été chargés de rétablir « l'ordre », mais l'orage gronde à noliveall.

A Salvador (Etat de Bahia) des événements pareils se sont produits à l'occasion des protestations des étudiants ; la popu-

(1) Les caganços sont des bandes composées de cangaceiros, c'est-à-dire de bandits d'origine paysanne qui n'ont cessé d'exister dans le pays, et qui s'insurgent aujourd'hui. avec paraît-il un sens plus « social » que dans le passé.

lation est sortie dans la rue et a dressé des barricades. Le gouvernement cherche à arranger les choses à l'amiable.

Partout dans le pays, les étudiants se sont solidarisés avec les professeurs en grève. Les uns et les autres sont encouragés par le peuple.

Le trait le plus important de cette phase de la lutte, c'est la généralisation du combat. son amplification à d'autres secteurs et l'unité dans l'action malgré le manque d'une direction politique. Il faut encore souligner que la lutte, commencée à la campagne et dans de petites villes, a gagné de grandes agglomérations telles que Recife et Salvador.

Sao Paulo et Rio de Janeiro constituent. dans une certaine mesure, l'exception. Ce des citadelles de « l'ordre » bourneois. Non que les masses ne se sentent nas poussées à la lutte, mais elles subissent tout le noids de l'appareil svndical et nolitique de la bureaucratie qui s'emnloie à contenir la tendance des masses à la lutte.

LES MESURES DU GOUVERNEMENT

Le gouvernement a été sérieusement saisi par la peur. Kubitschek a lancé une « opération » suivant son style, c'est-à-dire en prenant une série de mesures anodines mais diffusées à grand spectacle. Dans un discours, qui a révélé la nervosité du gouvernement, il a déclaré que le coût de la vie a atteint un palier qui ne sera pas dénassé. A vrai dire, les mesures du gouvernement ne vont pas contre la montée des prix mais contre les masses qui luttent contre elle. Parmi les mesures gouvernementales on trouve une manœuvre visant à gagner la direction syndicale à la cause du gouvernement.

LA BUREAUCRATIE SYNDICALE ET LE P.C. • La vague des luttes a coïncidé avec un léger revirement politiaue du P.C., en ce sens que la direction du parti est passée à l'attaque contre Kubitschek, sans pour autant abandonner la politique « d'alliance avec la bourgeoisie nationale ».

En raison du poids du P.C. sur la bureaucratie syndicale, il lui fut aisé d'organiser en peu de temps une « marche de la faim » de Sao Paulo à Rio de Janeiro, à laquelle devaient participer 900 diripeants syndicaux. Il s'agissait là d'une simnle manœuvre de pression sur le souvernement. Aussi, les dirigeants staliniens se chargèrent d'éviter à ce défilé une chaTour trop ponulaire. Mais même une manifestation ainsi orientée constitue un danmor nour le pouvernement. celui-ci ne pouvant admettre l'agitation contre la cherté de la vie.

Le journal Ultima Hora (2) s'empressa alors de dénoncer la marche prévue, en la qualifiant de manœuvre préparant un coun d'Etat. Pour accréditer cette idée on exploita le fait que le P.C.. dans son mportunisme, avait narticiné à 11m " défilé organisé par la FARESP (organisation des agriculteurs) contre le coût de la vie. TI est vrai aussi que celle-ci avait, à Rio de Taneiro, manifesté pour que les prix des produits laitiers soient augmentes. produits laitiers soient augmentés

On voit donc facilement comment le gouvernement a profité de cet imbroglio pour pousser la direction syndicale de Sao Paulo à opérer un tournant. Les bureaucrates du P.C. eux-mêmes ont été sensibles au coup de Kubitschek. C'est ainsi qu'ils laissèrent à la presse communiste la tâche de soutenir Ultima Hora, bien que le journal du parti Noticias de Hoja ait plus tard démenti plus ou moins ce soutien.

Du 13 au 16 mars, il a été question d'un accrochage entre la direction du PC et le gouvernement, celui-ci voulant s'imposer : a bureaucratie ouvrière Cest le gouver nenement qui l'a emporté et obligé les staliniens à renoncer à leur marche, à capituler purement et simplement. Il n'y a pas de doute que Kubitschek a recouru dans cette affaire à tous les moyens pour rendre « sage » une bureaucratie syndicale corrompue. Aussi il a réussi. à obtenir d'elle « un délai d'attente vu l'intérêt avec lequel le gouvernement étudie la situation ». Le comportement de la bureaucratie syndicale est des plus indigne. Non seulement elle se range inconditionnellement du côté du gouvernement mais, par peur des masses, elle parle de « prendre du temps » pour organiser la lutte dans tout le Days, comme si par exemple les travailleurs de Recife et de Salvador ignoraient la hausse des prix.

Il est vrai que la bureaucratie syndicale de Sao Paulo a agi de la sorte parce que dans cette ville il n'y a pas une véritable mobilisation de masse. Mais si les masses ne se mobilisent pas, cela est dû d'une part à la politique des syndicats qui décourage les travailleurs et, d'autre part, au fait que, dans les conditions exceptionnelles de travail existantes dans la ville, chacun cherche à se débrouiller par ses propres moyens.

PERSPECTIVE

Dans ces événements, le gouvernement a dépensé quelques cartouches, se mettant ainsi en difficulté devant les conséquences d'une nouvelle montée des prix.

Même si les masses ne trouvent aucune direction politique, elles se mobiliseront à nouveau. Recife et Salvador ont montré le chemin à d'autres villes comme Belo Horizonte, Porto Alegre, Rio de Janeiro, Sao Paulo. Dans le nord du pays, la situation ira en s'aggravant, stimulée d'une part par l'échec escompté de « l'opération nord-est » organisée, par Kubitschek et d'autre part, par celui du gouvernement nationaliste Cid Sampaio à Pernambouc, qui a été porté au pouvoir par un mouvement de masse.

La tendance des étudiants au front unique avec les travailleurs s'est montrée nayante, excention faite pour Sao-Paulo et Rio de Janeiro. Leur front unique dans l'action soit avec les ouvriers, soit avec les pavsans, échappera facilement à tout contrôle du gouvernement ou des bureau-

(2) Journal à grand tirage, porte-parole du secteur « nationaliste » de la bourgeoiste.

crates. Dans les régions du nord et du nord-est, le PC est plus sensible aux luttes entamées par les masses.

Dans les milieux bourgeois, on voit de plus en plus l'impuissance et la prostration dont est saisi le gouvernement. Ce n'est pas par hasard que Lott, dont le crédit auprès des masses s'était un peu décoloré, tout en préparant son voyage aux EtatsUnis, a réapparu sur scène et donné son avis sur la cherté de la vie, sans se soucier qu'il est ministre de la Défense nationale ou de ce que pense Kubitschek dans la matière. C'est ainsi qu'il a demande qu'on contrôle l'expatriation des bénéfices obtenus par les investissements impérialistes.

Il semble que cette rentrée politique de Lott, plutôt qu'à préparer la venue d'un gouvernement plus « fort » que celui de Kubitschek, soit destinée à barrer précisément la route à un éventuel coup d'Etat que certains bourgeois, toujours très enclins à profiter de la crise generale et de celle de leurs propres rangs, voudraient faire triompher pour ouvrir une étape nettement réactionnaire.

La crise que connaît le pays va accroitre l'acuité des luttes de classes, et ceci malgré le manque d'un parti révolutionnaire capable de diriger les masses dans mne voie indépendante par rapport à la bourgeoisie.

Si la lutte des masses se maintenait à son niveau actuel ou si, s'étant amplifiée, celles-ci restaient en cellesei est bot en sie asi isperse barangs laver les libertés démocratiques qui ont insqu'ici caractérisé le gouvernement Kubitschek, l'emporterait momentanément.

principes démocratiques. Mars 1959.

Un des pays où le règlement avec le stalinisme est apparu avec une netteté toute spéciale, c'est le Danemark, non seulement à mais aussi parce que le chef du Part Days, cause de la petitesse du dant 30 ans fut poussé dans l'opposition dant 30 ans fut poussé dans l'opposition et, pour cette raison, créa une attention particulière pour la politique de l'opposition.

Mais la révolution brésilienne ne serait pas pour autant étranglée. Au contraire, acharné, mais aussi plus coûteux en sacrielle prendra un cours plus violent, plus fices.

Il se peut que la bourgeoisie joue contre les masses la carte Lott, ce « nationaliste » qui jouit du soutien des staliniens et de tous les théoriciens petits bourgeois et bourgeois de la « Révolution nationale »-

Mais il y a une autre perspective, et c'est sur elle que doivent miser tous les marxistes révolutionnaires brésiliens : la perspective d'une vague de luttes popu-laires sans précédent, à travers lesquelles se profilera et prendra corps un large courant gauche au sein de l'avant-garde surtout l'avant-garde communisouvrière, te, et qui parviendra à élever le niveau des actions des masses, à les doter d'un programme et d'une direction si réduit soit-elle au début.

La crise bourgeoise au Brésil est profonde, mais son dénouement n'est pas imminent. L'ampleur des luttes écarte pour la bourgeoisie une issue de force dans L'immédiat, sans pour cela l'éloigner du tout. Si les mobilisations des masses prenaient de l'extension, il n'est pas exclu que la bourgeoisie opère un mouvement de renli et continue à jouer pendant toute une mériode la carte démocratique.

Le combat pour la formation d'un courant communiste révolutionnaire capable d'interpréter le désir des masses et de les diriger. s'inscrit dans la lutte pour la défense des libertés démocratiaues qui renIront moins coûteux le développement de la lutte révolutionnaire.

17 mars 1959. Diego. -

Le Parti Communiste du Danemark, après la défaite du nazisme en 1945, connut un progrès spectaculaire, non à cause de l'habileté et de la prévoyance des chefs, mais grâce à l'intervention habile et disciplinée des simples communistes dans la lutte contre les forces allemandes d'occupation, action qui n'est pas contestée, même par les participants bourgeois de

DANEMARK

La crise du Parti communiste

L'article ci-après n'avait pu passer dans notre précédant numéro faute de place.

Depuis lors, l'ancien dirigeant du P.C. danois Aksel Larsen a constitué un , nouveau parti, le Socialistisk Folkeparti (Parti Socialiste Populaire), en février dernier. Il en a été désigné comme le président, et comme son député. Le nombre des signatures nécessaires à cet effet a été dépassé. Des sections sont constituées à travers tout le pays, et un congrès aura lieu en fin avril pour adopter un programme et élire une direction.

Au Parlement danois il y a à présent des représentants des deux partis communistes. Aux prochaines élections, les staliniens se trouveront éliminés.

La faiblesse du nouveau parti est qu'en combattant le stalinisme, il met en mouvement des tendances réformistes ; mais sa force viendra du fait qu'il sera obligé d'admettre aussi des groupes révolutionnaires et de fonctionner selon des

DANEMARK

La crise du Parti communiste

L'article ci-après n'avait pu passer dans notre précédant numéro faute de

Depuis lors, l'ancien dirigeant du P.C. danois Aksel Larsen a constitué un , nouveau parti, le Socialistisk Folkeparti (Parti Socialiste Populaire), en février dernier. Il en a été désigné comme le président, et comme son député. Le nombre des signatures nécessaires à cet effet a été dépassé. Des sections sont constituées à travers tout le pays, et un congrès aura lieu en fin avril pour adopter un programme et élire une direction.

Au Parlement danois il y a à présent des représentants des deux partis communistes. Aux prochaines élections, les staliniens se trouveront éliminés.

La faiblesse du nouveau parti est qu'en combattant le stalinisme, il met en mouvement des tendances réformistes ; mais sa force viendra du fait qu'il sera obligé d'admettre aussi des groupes révolutionnaires et de fonctionner selon des cette lutte de résistance. Mais le recrutement fut aussi favorisé par les victoires de l'Union soviétique et en partie aussi les espérances du développement d'un courant révolutionnaire dans une série de pays capitalistes, surtout en Allemagne et en France.

Le Parti communiste, qui jusqu'alors n'avait eu que trois membres au Parlement, en eut dix-huit, exclusivement aux dépens de la social-démocratie, qui pen-dant l'occupation avait été plus que passive, adversaire même de la lutte de libération. Bientôt les simples membres du Parti communiste curent de grandes déceptions. Bien qu'ils eussent conduit la lutte de résistance sans chefs (ceux-ci étaient tous dans les prisons allemandes), ils abandonnèrent loyalement la direction politique aux vieux chefs, qui montrèrent un surprenant manque d'envie de continuer la lutte. Un certain réformisme dans le Parti d'ancienne date refleurit. Sans égards pour la lutte de classes, les chefs faisaient la propagande pour la continuation de la collaboration même avec les bourgeois pendant les années de la résistance aussi dans la vie politique de l'avenir.

Nous ne savons pas si l'Union soviétique avait stimulé directement une telle politique: mais les chefs, éduqués à l'école stalinienne, ne recurent pas non plus de directives dans le sens opposé. Bientôt un fort réformisme imprégnait le Parti, une idée utopique de glisser pacifiquement au socialisme par le seul travail parlementaire. Cette marche à droite, ce rampement devant la bourgeoisie amena cependant une certaine désolidarisation d'avec l'Union soviétique. Le tout avait un aspect de social-démocratisme.

Ce manque de réalisme et une désolidarisation non équivoque d'avec le vrai socialisme, combiné aux hésitations et oscillations de la direction du Parti, causaient après quelques années. un déclin de l'influence et de l'autorité du Parti.

grand nombre de sociaux-démocrates s'étaient affiliés retournèrent à leur ancien Parti et les marxistes les plus marquants abandonnèrent le Parti dans une grande déception ou furent exclus s'ils faisaient une critique audible. Quand le fiasco fut évident, le Parti recut d'Union soviétique l'avis de se tenir moins à droite et surtout de se tenir tout près de l'Union soviétique. Cela ne signifia un abandon du réformisme, mais un emploi plus ferme de la terreur stalinienne de Parti, avec exclusion de tous les léninistes. Cette politique mena à une désertion encore plus grande du Parti. jusqu'à ce que l'explosion vint. à la suite du Congrès à Moscou et des règlements ultérieurs avec le stafinisme en Pologne et en Hongrie. La pludes membres réagirent par des démissions : le nombre des membres descendit de 50.000 en 1946 à 11.000 en 1957. Mais mne révolte s'éleva aussi dans le Parti. Les bâillonnés retrouvèrent enfin la narole. Une partie des démissionnaires formant avec des sociaux-démocrates de gauche et des groupes trotskystes un nouveau Parti socialiste qui, à part quelques victoires aux élections municipales, n'avait pas d'importance, en partie parce qu'il ne savait pas former un programme socialiste claire, mais surtout en partie faute de chefs qualifiés.

Alors, le chef du Parti communiste depuis de longues années, Aksel Larsen, trouva le moment mûr pour la révolte. Bien sûr, lui-même avait été le plus empresse à la politique réformiste, mais en même temps un adversaire de l'influence forte de l'Union soviétique sur le Parti. Dans sa Jeunesse, à Moscou, il avait appuyé l'opposition trotskyste et fut relégué à une province du Nord, plus tard exilé, après avoir couru le risque de perdre son droit de membre du Parti. Boukharine le sauva. Pendant six ans, il ne fut pas accepté par l'Union soviétique. Cependant, I devint tres vite le chef du Parti danois, qui alors était presque en décomposition. Comme chef il montra de grandes facultés d'organisation en redres sant le Parti et se créa une popularité non négligeable dans la classe ouvrière, manifestant un talent oratoire comme membre du Parlement.

Pendant plusieurs années, lui et quelques autres chefs du Parti, menèrent une lutte clandestine contre le stalinisme, non remarquée nar les membres Parti, parce que la loyauté de Parti interdit qu'aucun désaccord apparut. Il voyait aussi clairement que le Parti allait vers sa décomposition, et lui, du moins, ne désirait pas le suivre dans la ruine. Après la crise de Hongrie, ses protestations coincidèrent avec celles de plusieurs autres, et il fut contraint de faire une opposition ouverte. Celle-ci alla au-delà de la question de Hongrie et mena à des revendications sur la démocratie de Parti et le droit de critique de l'Union soviétique. Son apparition sur l'arène de l'opposition fut le signal pour toutes les autres oppositions, tant les groupes marxistes-léninistes que les groupes purement réformistes de mettre toutes les voiles dehors. La révolte ouverte dans le Parti ne pouvait être calmée que par un Congrès extraordinaire qui fut convoqué pour octobre 1958.

Il n'y avait pas de doute que l'aile stalinienne aurait la majorité ici, bien que la plupart des membres étaient évidemment pour l'opposition. chef du Parti le savait aussi ; il n'avait pas en vain pendant plusieurs ans élaboré lui-même des statuts et des usages rendant illusoires les droits démocratiques des membres. point fort de l'opposition était que presque tous les chefs svndicaux communistes étaient avec elle. Tout indiqua que Aksel Larsen serait exclu au Congrès surtout quand son collaborateur le blus éminent dans l'opposition, Kaj, Moltke, qui était le rédacteur de politique extérieure au journal du Parti « Land og Folk », fut exclu peu avant le Congrès. Il était beaucoup plus à gauche que le chef du Parti, un marxiste éminent et un adversaire dangereux. surtout quand existait une forte opposition parmi les membres.

a position du Parti enver son chef fait un peu difficile Le conseiller sovie tique assistant, Pospelov, conseilla une expulsion de tous les membres critiques dé l'Union soviétique, à l'exception du chef, qui devait rester sans fonctions. Cela pour ne pas detrure le parti plus que nécessaire. On fit beaucoup attention au Danemark et aussi dans d'autres pays, que l'Union soviétique se mêlait ouvertement du Parti de ce petit pays. Jamais dans le passé une délégation soviétique n'avait assisté à un Congrès danois ; maintenant il en arrivait une qui, par Pospelov, représentait le C.C. même du Parti soviétique. (L'année passée, il avait été en Italie pour y pacifier le Parti et il avait été désigné pour diriger la délégation all Congrès yougoslave peu avant que l'Union sovietique ne repoussa la Yougoslavie dans les ténèbres).

Pospelov était le collaborateur et successeur de Souslov qui, il y a quelques ans, détruisit le Parti communiste de Norvège par des méthodes jusque là inconnues dans les pays scandinaves. Plusieurs mois avant le Congrès danois, Aksel Larsen avait été la victime d'une attaque violente dans le journal du Parti hollandais « De Waarheit » où le chef du Parti, de Groot, accusa Aksel Larsen d'être un « ennemi du Parti » et un déserteur au capitalisme. Cet article fut reproduit dans la « Pravda » sans commentaire ;Aksel Larsen connut alors la position de l'Union soviétique envers lui et l'opposition. Il est probable que la direction de l'Union soviétique craignait que la révolte dans le Parti danois ne s'étendit en chaîne à d'autres pays et, pour cette raison, elle intervint, alin de rendre en même temps le Parti restant plus dévoué encore à l'Union soviétique.

Exclure A. Larsen signifiait plus qu'une action contre un membre important, parce qu'il était aussi membre du Parlement, et aussi parce que de fait il y gouvernait tous les six mandats communistes. Car son mandat était un mandat dit de circonscription, le seul dont disposait le Parti, qu'il faut avoir pour recevoir des sièges complémentaires. Son exclusion aurait pour conséquence que les cinq autres ne seraient pas réélus aux prochaines élections.

Mais la sanction fut prise ; Aksel Larsen lui-même la provoqua. Il ne désirait pas rester dans son vieux Parti, isolé et sans influence. Dans un théâtre, après la représentation, il se sentation, il se fit photographier plusion fit photographier par presse avec une corde au cou, macabre au Congrès prochain. Il fut exclu, non au Congrès, mais quelques jours plus tard après avoir arrangé des réunions de sa fraction dans quelques villes du pays.

Les restes du Parti se composent maintenant exclusivement de staliniens, soumis complètement aux conditions de l'Union soviétique. Le paiement en a été cher. Car tandis que le Parti tous les ans devait organiser une collecte pour avoir environ 400.000 kroner danois pour payer les frais de l'appareil, cela ne pouvait se faire pendant la révolte et fut ajourné. Si T'en prend en considération que la moitié environ des membres ont quitté le Parti pendant les deux années passées, et que la presse aussi va très mal, on comprend la nécessité de contributions considérables ce l'extérieur. La décomposition du Parti va probablement continuer. Après son exclusion, Aksel Larsen a annoncé la créanon d'un nouveau Parti socialiste, le Parti Socialiste Populaire qui, sous ce nom, a été notifié au Parlement.

Provisoirement, Aksel Larsen demande des assentiments écrits pour son mandat parlementaire, plutôt comme garantie morale et comme moyen d'agitation. désire au moins 15.000 signatures, ce qu'il atteindra sûrement. Au printemps, le Parti commencera son activité, quand un programme sera distribué et discuté. Plus de la moitié des membres du Parti communiste y ont donné leur adhésion. Plusieurs groupes de point de vue marxistes-léninistes, dont la plupart des membres ont été exclus du D.K.P. pour leur attitude marxiste consciente, ont aussi offert leur appui au nouveau Parti. Ces groupes prennent cette chance, au lieu de travailler dans l'isolement, sans possibilité de faire un travail pratique, situation à laquelle ils ont été forcés de se soumettre pendant beaucoup d'années. Ils profiteront des libertés d'expression promises et ils formeront l'aile gauche du nouveau Parti et seront alertées contre le réformisme.

Dans ce règlement, il est remarquable que ni Aksel Larsen, ni les chefs syndicaux mentionnés n'avaient imaginé créer nouveau parti, mais seulement de s'écarter du D.K.P, et d'attendre le développement. Mais les simples membres entrèrent dans l'arène. Plusieurs districts en province et à Copenhague s'unifièrent sur la demande de la création d'un nouveau parti. Cela se fit presque explosivement. Aksel Larsen fut poussé en avant, plus loin qu'il ne l'avait imaginé. C'est

Use décida à s'associer à la création d'un nouveau parti. Cette pression d'en bas est un trait plein de promesses pour un développement marxiste.

Que signifiera ce développement ? Premièrement, que le rôle du D.K.P. est fini dans la politique danoise et que sa signification pour le mouvement ouvrier danois est réduite à un minimum. Ensuite que le nouveau parti, autant que l'on peut juger d'après des déclarations et des analyses, sera forcé d'observer des règles dé mocratiques pour les élections et les votes, de laisser le pouvoir aux membres dans une mesure jamais vue ni dans le D.K.P ni en Union soviétique. Comme le D.K.P a pratiqué le réformisme dans une large mesure, le nouveau parti en fera autant ; mais en mettant les choses au mieux, il sera sensible au léninisme, d'autant plus qu'il est forcé d'admettre les groupes marxistes.

L'opposition a déclaré, non seulement qu'elle est contre l'O.T.A.N., mais aussi qu'elle est pour un désarmement danois total, pas un sou pour le militarisme. Cela a un profond retentissement dans toute la classe ouvrière et parmi de grandes masses de paysans, où l'antimilitarisme est traditionnel. La position du D.K.P avait été absurde désirant que les dépenses militaires soient la moitié de ce qu'exigeait l'O.T.A.N.

Comme Aksel Larsen, en plein accord avec sa direction, depuis plusieurs ans avait de fortes tendances réformistes, on peut craindre que cela ne déteigne sur le socialiste populaire. L'aspiration était de fusionner avec la social-démocratie ou de collaborer avec elle, même de participer avec elle a des gouvernements bourgeois. Pour cette raison, on ne devait pas embarrasser la social-démocratie quand elle était au gouvernement, pour ne pas risquer qu'elle soit remplacée par un gouvernement bourgeois. C'est une tactique qui n'est pas inconnue à d'autres partis communistes, par exemple en France et qui sans doute a rapport à la politique extérieure de l'Union soviétique, qui ne desites dans les ps s capiesistes. voire des

L'Union soviétique reste cependant intéressée à conserver un parti communiste comme un organe utilisable pour la propagande soviétique, pour la publication des revues soviétiques, pour l'organisation de voyages de délégations, l'échange d'exposes, d'expositions d'art, et, naturellement, pour toujours être disposé à expliquer et glorifier les progrès de l'Union soviétique et d'autres pays socialistes ; des glorifications superficielles qui ne pénétrent pas les problèmes sérieux de ces pays. Le Parti communiste de Danemark est maintenant réduit à cela.

Copenhague, janvier 1959.

GEORG MOLTVED

FRANCE

Le XIV® Congrès du P.C.I.

Le P.C.J. (section française de la IV° Internationale) a tenu son XIV' Congrès. L'ordre du jour comprenait deux points politiques importants : la situation politique en France, et la construction du parti révolutionnaire.

Sur le premier point, le Congrès a souligné le caractère bonapartiste du régime de Gaulle, marqué par son orientation de force contre les masses, mais en étant dépourvu d'une base large dans les masses, et la politique veule des directions de masse de la classe ouvrière.

Le second point avait surtout pour objet d'affiner l'argumentation de notre section en face de la multiplicité des courants

Il y a un an, tandis que Guy Mollet ouvrait le chemin du pouvoir à de Gaulle, une minorite du P.s. se décidait enfin à rompre et à s'organiser en une formation indépendante, le P.S.A. Quoique tardif, le moment était assez favorable; car pour la premiere fois Guy Mollet s'était trouvé en minorité au groupe parlementaire et au Comité Directeur de son parti. Mais ceux qui prirent l'initiative de créer le P.S.A. restèrent sur la défensive, s'excusaient de leur action, et... permirent à Guy Mollet de reprendre le contrôle du P.S. • Le P.S.A. vient de tenir son premier Congrès. Bien que les possibilités de l'an dernier n'aient pas été exploitées, le Congrès a montré que, dans le mouvement ouvrier français, il existe un nouvel élément.

Tout d'abord, les congressistes se trouvaient heureux de pouvoir, pour la révisionnistes qui se font jour, nourris par la délaite que la classe ouvriere trançaise a subie et par toute la politique stalinienne, opportuniste dans ses rapports envers la bourgeoisie et sectaire dans ceux envers la partie du mouvement ouvrier non communiste.

Le Congrès a enregistré aussi la disparition formelle de l'organisation qui portait le nom du parti depuis la scission effectuée par le groupe Lambert en 1952. Ajoutons que, depuis, les principaux membres de ce groupe ont, au congrès de * Force Ouvriere » vote le rapport de la direction réformiste et une résolution hostile au front unique avec la C.G.T. première fois depuis des années, parler librement, dégages du poids direct dans leurs rangs de la machine étatique. Et ainsi, ils s'exprimèrent tout simplement en socialistes. Pour les jeunes générations, c'est probablement la première fois qu'ils ont pu entendre un Congrès socialiste s'exprimer en termes qu'on pouvait entendre dans les années d'encre les deux guerres dans de larges couches de militants socialistes. Cela situe, notons-le, la limite de ce mouvement. Rosenfeld a défendu le marxisme contre Philip, mais un marxisme de menchevik et non le marxisme révolutionnaire des bolcheviks. Le progrès se mesure par rapport au point d'où sont partis les membres du P.S.A.

Le premier point positif est le rejet de la constitution d'un « parti travailliste » (une expression qui, en France, signifie exactement le contraire de ce

Le premier Congrès du Parti Socialiste Autonome

Le premier Congrès du Parti Socialiste Autonome qu'est le parti travailliste en Angleterre). Le Congres a meme adopté une lesolution qui rejette un statut par lequel rU.D.r. (un cartel consutue avec ues radicaux mendessistes), serait devenue une sorte de super-parti.

Un second point important, c'est la décision d'unirication avec rU.G.S. A vrai dire, on concevait difficilement le maintien des deux organisations - non pas qu'il n'y aic pas de ditterences entre elles, mais celles-ci ne sont pas telles qu'elles pouvaient justifier l'existence de aux organisations. C'est la fusion de ces deux organisations qui va créer un facteur nouveau important dans le mouvement ouvrier français. Important non pas dans le sens de la création du parti marxiste révolutionnaire ; les éléments de celui-ci sont encore pour la plus grande partie enrobés dans la gangue stalinienne du P.C.F., et s'ils peuvent être influencés par ce qui se passera dans le nouveau parti, ce ne sera nullement au point de se détacher du P.C.F. pour le rejoindre. Mais important dans le sens qu'il y aura un milieu qui, par suite de l'origine historique du P.S.A., sera un parti ouvrier (et non une formation petite bourgeoise du mouvement ouvrier) où, pour la première fois depuis longtemps, l'emprise bureaucratique sera battue en brèche et où pourront se faire jour, dans des limites plus grandes que par le passé, une activité et une pensée politique indépendante.

Il est probablement encore trop tôt pour discerner avec précision bien des conséquences de l'unification du P.S.A. et de I'U.G.S. Elle fera partir certains éléments et courants ; elle en fera venir d'autres - le tout se faisant dans le cadre si trouble de la situation politique en France.

Un dernier point sur lequel le Congrès a été marqué par un progrès, c'est sa décision de faire le front unique avec le P.C.F. sur des points précis et cireons-

Le bonapartisme

Bien que la situation des travailleurs ait été difficile depuis longtemps, le fait que les prix se trouvaient fixés dans les pulperias (magasins pour les mineurs) permettait à cette couche, essentielle pour la Bolivie, de pouvoir vivre. Mais, le gouvernement, sur l'initiative du Fonds Monétaire International, vient de dégeler ces prix dans ces magasins. La grande majorité des mineurs s'y opposa ouvertement. Dans certains cas, comme à Quechisla (centre de 13 mines dans le sud du pays), les mineurs et leurs temmes s'emparèrent de la pulperia et en tanciés. Faut-il rappeler qu'à sa formation, le P.S.A. avait rejete l'adhésion de Gouin, non pas pour certaines raisons qui auraient pu se justitier a legard de celui-ci, mais parce quil avait tenu une reunion publique commune avec le P.C.H ? Le courant vers l'unité d'action perceptible lors des élections municipales a été beaucoup plus fortement senti au Congres du P.S.A. Les congressistes ont aussi montré qu'ils ne sont pas prêts à être les dupes de la direction scalinienne. Si l'on peur faire une critique à ce sujet, c'est que le P.S..A se situe politiquement sur le même plan de lutte pour la democratie que le F.C.s. et, par conséquent, qu'il se trouve place sur la défensive en face d'une force numériquement beaucoup plus grande et plus militante, alors qu'il pourrait dans la question du front unique avoir l'initiative des opérations et mettre la direction du P.C.F. dans de petits souliers en proposant le front unique sur un programme de transition ouvrant concrètement la perspective du socialisme.

Mais on ne pouvait vraiment tant espérer du P.S.A. ou même d'une aile de celui-ci à ce stade de son développement.

En conclusion, ce Congrès a confirmé ce que nous avons déjà eu l'occasion d'écrire : dans la défaite du mouvement ouvrier français subie l'an dernier, un premier élément qui marque un progrès dans le sens d'un renouveau de ce mouvement a été constitué par la formation du P.S.A. Il n'affecte certes pas directement les forces essentielles de la classe ouvrière et surtout pas son avant-garde révolutionnaire et militante. Mais ce nouvel élément dispose d'une force qui ne peut pas ne pas se faire sentir dans tout le mouvement ouvrier, c'est-à-dire aussi dans la partie qui est contrôlée par le P.C.H. Cest dans cette perspective globale que nous saluons les progrès du P.S.A., tels qu'ils se sont exprimés à son Congrès. remirent l'administration au syndicat. A Catavi, San Jose, Huanuni, les femmes prirent des initiatives semblables.

Mais la bureaucratie syndicale intervint de façon lâche et peureuse en faveur du gouvernement, désorientant et paralysant les mineurs.

Après épuisement des luttes, la Comibol (administration des mines) ordonna le renvoi des membres du personnel technique et administratif qui n'avaient pas accepté le dégel des prix dans les pulperias. Presque toutes les mines en

BOLIVIE

BOLIVIE du régime de Siles

QUA furent affectées. En même temps, la Comibol avait décidé de ne plus envoyer de nourriture dans les pulperias ec de ne pas payer les salaires « pour manque de personnel responsable » dans les mines.

Les mineurs de Catavi-Sigio XX, Santa te, Caracoles, Uniticada et QuesKisia poursuvirent la production sans personnel technique et administrat. mais, toujours en raison de l'atucude de la bureaucratie syndicale, ils n'avaient pas de perspectives. Menacés de famine et de mesures militaires, ils acceptèrent les uns apres les autres de discuter les mesures de « dégel ». En même temps, la bureaucratie syndicale leur faisait des promesses mensongères, selon lesquelles en échange de la cessation de leur résistance, ils obtiendraient toutes sortes de choses (payes supplementaires...)

Le dégel imposé par le Fonds Monétaire International avait pour objet d'affaiblir les mineurs et leurs organisations syndicales. Les directions techniques et administratives des mines exigeaient le renvoi des « excrémistes ».

Cette lutte contre les mineurs fut accompagnée d'une intense campagne contre les trotskystes, nocamment contre le camarade Muriel, un des militants mineurs. A cette campagne s'associèrent aussi bien des bureaucrates syndicaux, tel Morales, que des prêtres et la presse fut en tête de la campagne antitrotskyste. « El Diario », du 17 avril, dans un éditorial intitulé « Le danger de l'infiltration rouge dans le pays » dénonce ceux qui sont « au service de la Quatrième Internationale ou, de manière plus directe, au service du Kremlin », et exige une politique de répression comme en Argentine ou au Mexique, et l'expulsion des diplomates des Etats ouvriers. Le quotidien de l'Eglise catholique « Presensia » écrit sur la nécessite l'exelure des syndicats les communistes et les éléments de gauche.

Le gouvernement et le président de la

Conibol ont également ataqué le r.U.K. et s'errorcent d'obtenir l'appui de Lemin et de la bureaucratie synaisaie pour chasser des mines. les militants trotskystes.

La Phalange fasciste a voulu profiter de la situacon dans laquelle le gouvernement se trouvait aux prises avec les mineurs et avec la premiere grève, très compative, des travailleurs uu pecrole, pour raire un coup d'Etat.

Ceiui-ci a causé pius d'une centaine de morts, parmi lesques les leaders de la Fhaiange et montre l'instabite, le uesespoir et le manque de perspectives de ce petit noyau de tascistes, les « camisas blancas » (chemises blanches). US esperaient une aide rapide de la petite bourgeoisie de La Paz, mais personne ne leva le petit doigt en leur faveur, et ils subirent une defaite lourde et sanglante.

Quand le coup d'Etat fut connu, les ouvriers des usines et du chemin de fer se mobiliserent aussitôt. Ils élevèrent des barricades. Puis arrivèrent les mineurs de Milluni qui formèrent un étatmajor avec les cheminots. Mais aucune de ces milices n'eut à intervenir, en raison de l'isolement du coup d'Etat. Elles élevèrent des barricades, patrouillèrent les quartiers ouvriers et furent rejointes par des milices paysannes.

Dans d'autres régions, rien ne survint, en dehors de la mobilisation d'ouvriers et de paysans.

Une fois sûr de la défaite de la Fhalange, le président Siles l'attaqua à la radio et saisit l'occasion pour calomnier le P.O.R. et les mineurs. « De même, dit-il, les classes travailleuses doivent se débarrasser de tout contact avec les poristes et autres espèces de communistes qui, par leur demagogie et leurs déclarations malsaines, ont été les meilleurs complices de l'oligarchie... »

Arrestation de camarades du P.O.R.

La victoire remportée sur les mineurs d'une part, sur la Phalange fasciste d'autre part, renforce pour le moment la position du gouvernement. La défaite de la Phalange ne compense pas complètement la défaite des mineurs, mais elle diminue les effets psychologiques de celle-ci. Cela peut favoriser un nouveau regroupement dans lequel le P.O.R. peut rejouer un rôle important. D'où les violentes attaques du gouvernement contre le P.O.R. En plus du camarade Villegas, rédacteur du journal du parti, qui se trouvait en prison pour avoir dirigé une manifestation quelques semaines auparavant, le gouvernement a fait procéder aux arrestations des camarades Hugo Gonzales Moscoso, secrétaire du Parti, et Bravo, membre du Bureau Politique.

Le Secrétariat International de la IV• Internationale a lancé un appel à l'aide de nos camarades boliviens. Il s'adresse tout particulierement aux organisations ouvrieres de toute l'Amérique latine pour demander la libération de nos camarades et à toutes les sections de la IVe Internationale pour envisager les mesures de soutien matériel et moral à notre section bolivienne.

PÉR Le IV° Congrès du

Le P.O.R. péruvien a tenu son 4° Congrès national. Ce parti, que les lois du pays empêchent d'être formellement membre de la IV° Internationale, se situe entiérement sur les principes de celle-ci ; le Congrès a adressé son salut à la IV• Internationale et à toutes ses sections. Le Congrès a discuté un rapport international qui se place exactement sur la ligne de notre mouvement.

Le rapport sur la situation nationale a mis en avant les points suivants. Dans le pays se développe un processus révolutionnaire extrêmement dynamique. Ouvriers, paysans et masses pauvres de la petite bourgeoisie s'engagent dans des actions qui tendent à s'élargir. On assiste à une solidarité des ouvriers et des paysans.

Le gouvernement Prado qui est le produit d'un compromis entre diverses tendances de l'oligarchie et de la bourgeoisie, est incapable de contenir ce processus : il opère empiriquement et vit dans une instabilité permanente. Sur la vie politique du pays pèse en permanence la menace d'un coup d'Etat militaire.

L'impérialisme et ses agents exigent du gouvernement des mesures de répression politique et économique contre les masses. Les investissements impérialistes sont limités et dirigés dans les seuls domaines qui intéressent l'impérialisme.

Les bases économiques de coexistence entre la direction petite bourgeoise con-

Nous venons d'apprendre qu'en raison de la grève des employés de banque, le gouvernement s'est engagé dans une rénression qui a frappé de nombreux militants ouvriers. Parmi les emprisonnés se trouve notre camarade Ismael Frias. qui avait déjà été arrêté quelque temps auparavant pour avoir joué le principal rôle dirigeant dans les manifestations

CH

OU P.O.R. (Trotskyste) ciliatrice de l'APRA et le gouvernement se trouvent minées, et la coexistence tend à se rompre sur le plan politique.

Les organisations syndicales connaissent un afflux d'adhésions. Les mouvements et les grèves se succèdent. De même, dans les campagnes, les mouvements paysans se produisent dans tout le pays.

C'est toujours l'APRA qui canalise les plus grandes masses sur le plan politique. Mais en même temps se développe une crise de confiance dans la direction petite bourgeoise. Cette crise indiquée entre autre par des mobilisations comme celle contre Nixon, non dirigée par l'APRA, est stimulée par d'autres développements en Amérique latine, comme la révolution à Cuba.

Une tâche centrale est d'aider à la formation d'une tendance marxiste révolutionnaire dans l'APRA. Dans ce sens. il faut aider au développement de la CTP (centrale syndicale péruvienne) comme fédération de masse. La tendance du front unique ouvrier dans cette centrale doit être encouragée tout en prévenant toute tentative de faire une organisation parallèle ou rivale.

Le PC péruvien connait une crise profonde une division même. Le Comité dénartemental de Lima se considère comme Comité central léniniste et tend à se rapprocher de positions révolutionnaires. anti-Nixon à Lima et qui ne fut relâché qu'après cinq jours de grève de la faim, les autorités craignant que cette grève ne suscite un mouvement de solidarité dans les masses.

Nous exprimons notre solidarité entière avec le camarade Frias et avec tous les militants péruviens arrêtés. ILI

Unification des Trotskystes

Nous saluons la fusion qui vient de se produire entre le P.O.R. (ex-Nuestra Tribuna) et le P.O.R. (section chilienne de la IV* Internationale), dans le sein de celle-ci, par acceptation des résolutions du V° Congrès Mondial sur la question de l'unification. Ce regroupement des forces trotskvstes ne manquera certainement pas de donner un élan nouveau à notre mouvement ouvrier chilien. Ceci est d'autant plus important que la situation au Chili évolue dans la perspective de grandes luttes et d'une crise révolutionnaire.

Arrestation du camarade Ismael FRIAS

Arrestation du camarade Ismael FRIAS

Le Parti Socialiste pour un front ouvrier

On se souvient qu'aux dernières élections présidentielles, le candidat Allende du front ouvrier socialiste-communiste, ne fut battu que de très peu. Le P.C. chilien défend maintenant une orientation de formation de fronts « larges » avec des secteurs bourgeois (démocrates-chrétiens, et ex-agrariens travaillistes).

Par contre, le Parti socialiste, à son plenum d'avril, rassemblant membres du C.C., secrétaires régionaux, députés, et dirigeants de syndicats, sous l'impulsion de la gauche, a rejeté une telle orientation et s'est prononcé pour le maintien d'une orientation de front uni-

JAP

Au cours du mois d'avril, le Japon a procédé à diverses élections (gouverneurs et membres des conseils de province ; maires et membres des conseils municipaux).

Bien que récemment, le P.C. avait récupéré des positions dans le mouvement syndical. il n'a guère gagné sur le terrain électoral. Cela veut dire aue si le P.C. dispose de militants et d'ouvriers plus actifs que ceux du P.S., il n'a pas assez de force pour attirer les masses

Eleotions des gouverneurs des Tokio Osaka Hokkaido Hukuoka ..... Elections des membres Parti libéral démocrate Bourgeois indépendants Parti socialiste Indépendants ouvriers Parti Communiste Divers

Ces élections indiquent que le Japon se dirige vers une situation politique extrêmement tendue. La tendance bourgeoise à un régime dictatorial se déveque ouvrier et de lutte pour la conquête du pouvoir par les masses.

Cependant, sur la situation internationale, la direction du P.S. a résisté aux courants de gauche, en se maintenant sur une position de type neutraliste et en ne se prononçant que pour - un soutien de la lutte du peuple algérien, de celles des peuples colonisés et du peuple espagnol.

Ce Plenum a montré que les conditions sont extrêmement favorables pour donner à ce parti une orientation révolutionnaire plus cohérente. grâce au soutien de larges masses d'ouvriers et de jeunes. ON travailleuses. Le meilleur résultat que le P.C. ait obtenu était au conseil municipal de Tokvo où il obtint 3,5 % des voix, et 39 élus sur 970 sièges. Dans cet endroit, le rapport entre le P.C. et le P.S. était de l'ordre de 1 à 4 ; ailleurs, il est bien plus petit.

La polarisation de la classe ouvrière iaponaise continue donc à se faire autour du P.S. et s'accentue même dans ce sens. Les tableaux suivants le montrent clairement. quatre grandes provinces

(50,

(53

710.000

(43 des conseils voix

VOIX

20.665.662

4.848.026

9.197.584

1.785.302

436.367

1.925.491

(47

1.650.000

%)

%)

980.000

(49,5 %)

%)

960.000

(47

%)

950.000

(57

%)

%)

provicwux

%

53,18

12.48

23,67

4,59

1,12

4,96 loppe nettement, tandis que la croissance du Parti socialiste perturbe sérieusement la classe dirigeante japo naise.

Polarisation ouvrière autour du P.S.

Parti libéral démocrate

Polarisation ouvrière autour du P.S.

Parti libéral démocrate

1.820.000 (53 %)

1.000.000

1.090.000

Au moment où ce numéro est en cours d'impression, nous apprenons avec joie que nos camarades boliviens niennent d'être libérés.

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