A la suite de notre numéro de juillet dernier, nous avons reçu de Daniel Guérin la lettre ci-après. Sans vouloir engager une discussioin, disons-lui cependant que nous n'avons nullement été impressionnés par les propos d'historiens staliniens (notre note en témoigne) et que nous avons bien lu ce qu'il a écrit sur la question.
Chers camarades,
Je lis dans votre revue l'article sur le « 200% anniversaire de Robespierre ». Vous y suggérez que je tendais « parfois à être trop rigide, à forcer la démonstration » et que je prêterais ainsi le flanc à la critique des historiens staliniens. Puis-je me permettre de vous suggèrer à mon tour que ce sont les historiens staliniens qui ont tendance à « forcer la démonstration » et à présenter mon interprétation de 1793-1794 de façon inexacte ? Ils l'ont encore fait tout récemment dans la double page de France-Observateur consacrée à Robespierre, et J'ai dû protester contre leur façon de m'attribuer des outrances que je ne crois pas avoir commises. Je souhaiterais que ceux de vos lecteurs que la question intéresse prennent la peine de lire mon « autocritique » qui a paru sous le titre : Bataille autour de notre mère dans la revue La Nouvelle Réforme au début de cette année. Ils y verront, preuves en mains, que mon interprétation et du rôle personnel de Robespierre et de révolution prolétarienne surgissant en pleine révolution bourgeoise est beaucoup plus nuancée que d'aucuns le prétendent. N'ont pu s'y tromper que ceux qui m'ont mal lu ou pour tenter de me réfuter.
Fraternellement,
Daniel GUERIN.