Après les élections générales
Les élections générales du 22 mai ont donné les résultats suivants :
Nombre Partis Totes % de sièges Libéral démocratique 22.976.830 57,8 287 Socialiste 13.093.984 32,9 166 Communiste 1.012.036 2,6 1 Indépendants 2.380.796 6,0 12 Divers 287.990 0,7 1 Total 39.751.636 467
Par comparaison avec les élections précédentes de février 1955, le P.S. a augmenté ses voix de 1,9 million et le nombre de ses elus de 6. Le parti libéral démocratique a perdu 400.000 voix et 10 sièges. Mais comme on s'attend à ce que 10 indépendants le rejoignent dans les votes au Parlement, il a pratiquement maintenu ses positions. Le P.O. a perdu un siège. Il a gagné 280.000 voix ; mais comme il avait présenté 111 candidats, au lieu de 60 en 1955, son poids relatif a diminué.
Les informations de presse jndaquent qu'au sein du P.S. le rapport de force s'est déplacé en faveur de la gauche. Cela peut induire en erreur. Les 99 membres de l'aile gauche comportent en fait de nombreux éléments centristes ; le bloc formant l'aile gauche est composé de cinq fractions rivales. La plus grande, celle qui est dirigée par le leader du P.S., Suzuki, se trouve en vil conflit avec les autres ; et Suzuki luipiême est le prisonnier du groupe centriste de droite dirigé par Kawakami et Asanuma.
On prévoyait largement que le P.S. aurait plus de 200 élus : c'était une prédiction faite avec confiance par les dirigeants du P.S. Pour obtenir un appui dans la petite bourgeoisie, la direction eut une politique électorale de droite. Mais là comme ailleurs cette manœuvre n'a pas réussi. Dans les villes la croissance du P.S. a cessé. Et dans quelques villes le parti libéral démocratique a même augmenté le nombre de ses élus aux dépens du P.S. Dans les régions rurales, le P.S. continue à croître lentement, par suite du rythme inégal des développements urbain et rural.
Sur la base des résultats électoraux, l'aile droite du P.S. et la presse bourgeoise ont engagé une grande campagne insistant que le P.S. doit être un parti non de la classe ouvrière mais de toute la nation, sinon il ne remportera jamais une majorité parlementaire. La centrale syndicale SOHYO contre-attaque en insistant que le P.S. doit devenir davantage un parti de classe.
Après les élections, le gouvernement Kishi a accentué l'offensive contre les ouvriers, notamment contre le SOHYO. Les syndieats qui ont le plus souffert de cette offensive suat ceux des instituteurs (Nikkyoso) et des postiers (Zentei). Nombre de dirigeants syndicaux ont été licenciés et arrêtés pour avoir fait grève pour leurs revendications. La majorité de la direction du SOHYO ne peut pas mobiliser les ouvriers dans des batailles défensives de grande envergure, de sorte que les syndicats des instituteurs et des postiers ont été isolés et dans le syndicat des instituteurs une scission importante est même possible.
Mais il reste encore une capacité de lutte considérable parmi les militants de base. et un courant centriste de gauche grandit dans le SOHYO. Bien qu'il comporte des militants du P.O., ce courant n'est pas absorbé par le P.C. Si cette tendance parvient à gagner la direction du SOHYO, il y aura à nouveau une grande possibilité pour une aile gauche militante dans le P.S. La nécessité urgente d'une défensive organisée est devenue si grande que le rôle traître des directions du P.S. et du P.C. apparait avee évidence à des ouvriers capables de penser sérieusement. Nombre d'entre eux commencent à demander un véritable programme révolutionnaire pour le pouvoir.
Dans le mouvement estudiantin, le conflit entre les étudiants communistes et la direc- tion du P.C. a éclaté au grand jour. Le 1° juin, une assemblée des étudiants communistes a. à une majorité écrasante, demandé l'élimination de tous les membres du C.C. du P.C. Lorgane central du P.C., Akchata, annonça ouvertement ce fait dans son numéro du 5 juin, accusant les étudiants communistes d'être des provocateurs anti-part. Euis, dans ses numéros des 10, 11 et 12 juin, Akahato publia de longs articles sur l'activité et l'influence trotskyste dans le mouvement estudiantin, aceusant les cellules communistes de l'Université lution prolétarienne mondiale au lieu de la « coexistence pacifique »
Le premier congrès de la Ligue des étudiants socialistes, une organisation groupant tous les militants étudiants et constituant la force motrice du Zengakuren (une organisatien estudiantine de 300.000 membres) a pris une position résolue en faveur de la révolution prolétarienne mondiale et a montré un intérêt pour le programme trotskyste. Mais, le 11° Congrès du Zengakuren luimême, tout en se detachant de la conception stanenne, sest arrete a mi-cnemm sur une stalinienne, sest arrête a mi-chemin sur une position centriste, insistant que pour avoir la « paix » il faut attaquer fortement l'impérialisme mondial, mais omettant de dire ouvertement que sans la chute de l'impérialisme il n'y aura pas du tout de garantie de « paix ». Il y a eu de violents conflits entre la majorité centre-gauche (90 a 95 % des délégués) et la minorité de droite, soutenue par le C.C. du P.C., en ce qui concerne les méthodes d'une campagne de paix. L'aile droite voulait limiter l'action à des appels aux impérialistes à conclure un large compromis avec ..S.s. et la Chine; la majorité rejeta décisivement cette conception. Mais l'attitude défensive de la majorité face à l'attaque de droite empêcha les véritables éléments marxistes au Congrès de développer déjà une différenciation et la clarification parmi les membres de la majorité, laquelle était composée d'une petite gauche révolutionnaire et d'une masse d'éléments centristes. Il reste encore beaucoup de travail à faire. LAN communalistes l'emploi de jaunes sous une protection militaire. Devant la menace d'action directe du T.S.S.P. et des syndicats qu'il dirige, les troupes furent retirées. Une action ultérieure était prévue par le L.S.S.P. et les autres organisations ouvrières pour aider la grève, lorsqu'elle fut soudainement arrêtée par la direction stalinienne sans que rien n'ait été obtenu. Il en résulta que pratiquement presque toutes les sections du syndicat des employés gouvernementaux demanderent au syndicat de se désaffilier de la centrale contrôlée par les staliniens.
Dans le secteur privé, la grève dura un peu plus longtemps, mais sa direction stalinienne abandonna toutes les revendications et accepta le retour au travail à condition qu'il n'y ait pas de victimisation. Mais les patrons, encouragés par le gouvernement, sy refusèrent ; c'est seulement lorsque le gouvernement se trouva pleinement occupé par les émeutes raciales que les ouvriers purent rentrer sans pénalisation, mais aussi sans avoir rien gagné.
Ces expériences ont révélé plus clairement que par le passé aux ouvriers ceylanais non seulement l'incompétence et le de Tokyo et la ligue listes de se trouver trotskyste, et appelant à etre vigilants et à des étudiants sociasous une influence les membres du parti commencer une lutte sévère contre le trotskysme. C'est la première attaque ouverte contre un mouvement trotskyste de la part du P.C. japonais depuis sa fondation en 1922.
Cette attaque vise moins les étudiants eux-mêmes qu'a empêcher l'influence trotskyste de se propager, des étudiants communistes chez les ouvriers communistes. Au début les mises en garde pourront réussir à retarder l'influence trotskyste, car les ouvriers ont pour le moment peu de chance d'entendre le message révolutionnaire du trotskysme. Mais un nombre de plus en plus grand de membres du parti et de militants ouvriers entendent parler de l'activité et du programme du trotskysme; ayant des doutes croissants sur leur propre direction, quelques-uns deviennent intéressés sur l'insistance des trotskystes au sujet de la Révo-
CEY Les émeutes
Discrédités par leur tactique de briseurs de grève contre les grèves victorieuses menées par la Fédération du Travail de Ceylan dirigée par les trotskystes (voir notre précédent numéro) et eraignant de perdre leurs positions syndicales parmi les employés gouvernementaux et les ouvriers d'emballage du thé et du caoutehouc, les staliniens ceylanais essayèrent de regagner du prestige en appelant à la grève les travailleurs de Temballage et les employés des services publies.
Le L.S.S.P. (section ceylanaise de la IVe Internationale) était en désaccord avec les revendications initiales et ne put persuader les staliniens à en discuter. En vérité, les staliniens donnèrent comme consigne aux comités d'entreprise que si les syndiqués L.S.S.P. se joignaient à la grève dans une entreprise, la grève devait être aussitôt arrêtée parce qu'ils ne voulaient pas « la collaboration de forces « antigouvernementales », les staliniens soutenant le gouvernement bourgeois du M.B.P.
Mais, tout en ne pouvant approuver les revendications incorrectes, le D.S.S.P. intervint rapidement pour protéger la grève lorsque le gouvernement tenta de la briser par
VATRIEME
Q manque de militantisme des dirigeants syndicaux staliniens, mais aussi la vraie nature du gouvernement M.F.P. que les staliniens tentent encore de présenter comme « progressif ».
Les 26, 27 et 28 mai ont été des journées d'émeutes communalistes et de violènce sans précédent dans le pays. Le gouvernement du M.D.P. ne fut pas maître de la situation pendant les deux premiers jours et ne le devint qu'en déclarant l'état d'urgence et en recourant à l'armée.
Les deux principales communautés — les Cinghalais et les Tamils - ont véeu côte à côte pendant des années. Jusqu'en 1952 il était accepté en principe par tous les partis politiques ceylanais que lorsque l'anglais scrait éliminé comme langue officielle, sa place serait occupée par les langues eighalaise et tamile. Mais à la veille des élections de 1956, PU.N.P. qui était alors le parti gouvernemental adopta à son congres une résolution en faveur du cinghalais seulement. en vue de s'assurer un avantage électoral. Le M.E.P., formé de groupements communalistes et racialistes, sous la direction de l'actuel Premier ministre, Bandarannike, en vue de combattre I'U.N.P. aux élections, rivalisa avee celui-ci en matière de langue. Il était tout à fait évident que la minorité tamile, qui occupe tous les territoires du nord et de l'est de l'ile, ne s'inclinerait pas et que ce serait le point de départ de frictions. Aussi le L.S.S.P. adopta une position de parité de statut pour les deux langues. Il expliqua que si la communauté majoritaire adoptait une attitude intolérante envers les Tamils, cela conduirait à la séparation du Nord et de l Est du reste du pays, et qu'étant incapables de former par eux-mêmes un Dtat viable, ils devraient s'appuyer sur une des grandes puissances.
Aux élections d'avril 1956, le M.F.P. fut porté au pouvoir à une grande majorité. Mais la question de la langue, bien quelle constitua un des points importants de son programme, n'avait pas joué un grand rôle dans ces élections. Ce qui avait compté, c'était la haine profonde des masses envers TU.N.P. qui avait été jusqu'alors le parti capitaliste dirigeant. Bandaranaike forma le nouveau gouvernement. Le L.S.S.P. devint le principal parti de l'opposition.
Le gouvernement M.E.P., dominé par des intérêts capitalistes, mit de côté les points progressifs de son programme électoral (nationalisation des plantations...) et fit adopter une loi pour le Cinghalais seule langue, loi qui est à la base de la lutte actuelle.
Le communalisme, dont l'histoire de Ceylan avait été remarquablement dépourvue, a une racine principale économique. L'insuffisance de terres dans les régions du nord et de l'est a amené les Tamils à se rendre dans le sud pour trouver un emploi ou faire du commerce.
Dans la situation actuelle, avee plus de
100.000 chômeurs enregistrés et environ 1,5 million de chômeurs ou de sous-employés sur ume population de 9 millions d'êtres, on a un terrain fertile pour semer la haine des
Tamils: partieulièrement de ceux qui ont trouvé un travail dans le sud. Dans les plantations, des éléments cinghalais extrémistes ont fit miroiter au paysan sans terre le faux espoir d'obtenir du travail sur les plantations si les ouvriers tamils. importés dans la dernière partie du siecle deruier, comme main-d'œuvre contractuelle, de l'Inde, étaient expulsés du pays.
C'est sous la pression de la classe moyenne éduquée cinghalaise qui tend à former lopinion au village et qui sert de base au M.E.P. que le gouvernement passa la Toi pour le cinghalais. Il s'agissait de supprimer la concurrence tamile pour les quelques emplois disponibles aux classes moyennes et de créer de nouveaux emplois de fonetionnaires pour les Cinghalais.
Après quelques mois, le Premier ministre comprit que cette politique n'obtiendrait pas la coopération des sections tamiles et accepta de donner une « place raisonnable ». selon ses termes, à la langue tamile. De tamile étant accepté aussi dans travail administratif, on s'approchait de la parité. Mais le Premier ministre ne pouvait ouvertement défendre sa politique parce qu'il était brisonnier de l'Eksath• Bikkhu Peramina, une organisation communaliste de moines, et d'autres groupes raciaux. Il tenta de parvenir à ses fins par un pacte secret avec l'organisation communaliste tamile, le Parti fédéral. Ce pacte donna au gouvernement une période de paix durant laquelle il devint clair au M.D.P. et au Parti fédéral que l'apaisement en matière communaliste réduisait au minimum leur influence dans les masses. Aussi se lancérent-ils dans une vague de démagogie communaliste à la campagne qui culmina dans une orgie de meurtre, de pillage, d'incendie, de mutilation et de viol à la fin de mai. La preuve a été faite en ce qui concerne les émeutes que T'U.N.P. joua le principal rôle dans leur organisation, afin de créer une situation critique. La police qui se trouve sous les ordres du Premier ministre, avait des instructions spécifiques de ne pas tirer sur les communalistes. en contraste avee les ordres donnes n celle-ci pendant les grèves.
Le C.C. du L.S.S.P. prévint le Premier ministre que s'il n'assurait pas la sécurité des eitoyens contre l'hoologanisme qui régnait, le parti prendrait sur lui d'organiser les ouvriers et les masses pour assurer leur auto-défense.
Le gouvernement déclara l'état d'urgence et les troupes occupent tout le pays tamile.
Lorsque le Parlement fut convoqué à une session secrète, le camarade N.M. Perera, du L.S.S.P., formula les accusations suivantes contre le gouvernement:
1° Le Premier ministre a manqué à son devoir d'assurer la sécurité des citoyens et n'a agi qu'avec 24 heures de retard.
2° Pendant toute l'année écoulée, les ministres eux-memes avaient parcouru le pays en prêchant la haine communaliste
(il cita deux discours de ministres).
3° L/Opposition n'a jamais été consultée sur les mesures prises par le gouvernement.
4° Par la déclaration de l'état d'urgence. le gouverneur général a concentré tout le pouvoir dans ses mains et n'accorde aucune considération même au Premier ministre. Cela risque même de mener à un coup réactionnaire.
5° De gouvernement a agi non démocratiquement en interdisant le Parti fédéral et le Jathika Vimukthi Peramuna. Cette action mon démocratique n'était pas nécessaire. Ces partis auraient pu antérieurement
En mars dernier, une épreuve de force s'était produite entre le gouvernement Siles et les travailleurs du bassin minier (1). Depuis lors, à la suite de la retraite que Siles se vit forcé d'opérer devant la combativité des mineurs, la tension politique n'a cessé de s'accroitre dans le pays. Elle présage de nouvelles luttes qui, en raison de l'ampleur qu'elles prendront sans doute et des questions centrales qu'elles auront à trancher, seront peut-être décisives pour le sort de la révolution bolivienne commencée en avril 1952.
Déjà le 1ºr mai n'a pas été cette année la journée « joyeuse » qui, depuis 1952, rassemblait les grandes masses boliviennes autour du gouvernement M.N.R. tenu pour le conducteur de la révolution. A La Pax, deux défilés se sont déroulés au même moment. l'un organisé par le gouvernement et les « reconstructeurs » de la C.O.B.. l'autre par Lechin, dirigeant de la Fédération des mineurs et représentant l'aile « gauche » des sommités syndicales.
Le défilé officiel n'a guère d'histoire. et n'enregistre aucun discours du président participèrent se sont, après la cérémonie Un grand nombre d'ouvriers qui devant le palais gouvernemental. rendus dans le quartier où se tenait la réunion convoquée par Lechin. Ils voulaient ainsi exprimer leur volonté de maintenir l'unité de la classe et leur méfiance envers le gouVernement M.N.R.
La réunion convoquée par Lechin semblait avoir été organisée avec le souci de lui interdire trop d'éclat. Cependant, la présence des mineurs venus de San José et ailleurs, et de leurs milices, fit exploser T'enthousiasme contenu des manifestants. Celui-ei fut encore stimulé par les discours de Lechin et de son compagnon de tendance et de direction Mario Torres qui critiquèrent la politique économique de Siles, se prononcèrent pour un relèvement des salaires et condamnèrent « la farce » qu'avait constitué le co-gouvernement M.N.R.-C.O.B.
Mais le défilé, de loin le plus important de tous ceux qui en Bolivie ont célébré cette année le ler Mai, a été celui qui se déroula à Oruro, au cœur du bassin minier, théâtre etre déférés devant les tribunaux pour avoir incité à des violences communalistes.
Les députés du Parti fédéral ont été arrêtés en violation de l'immunité parlementaire.
Le gouvernement interdit à tous les journaux de publier d'autres nouvelles que celles fournies par le gouverneur général.
L'état d'urgence subsiste et tout le pays est sous le contrôie de l'armée. de grandes luttes révolutionnaires. Il avait été organisé par le Comité de vigilance l'Oruro, nom sous lequel le comité régional de grève qui s'était constitué lois des événements de mars dernier, continue à mener une activité dirigeante, très proche de celle d'un véritable organe de pouvoir ouvrier. Des mineurs et des milices venus de San José. Santa Fé. Machamarea, Mocoya et Caracoles, joints à des cheminots, métallos. ouvriers du bâtiment et autres, defilerent le dos tourné aux dirigeants du pays et pour exprimer leur ferme volonté de faire échee à la politique réactionnaire du gouvernement Siles.
Aux dires d'une presse toujours prete a simplifier les choses, les discours prononcés à Oruro, tout comme la manifestation ellemême, étaient purement et simplement du « trotskysme ».
Entre temps, la crise à l'intérieur du M.N.R. fait rage et continue à mettre en danger le gouvernement lui-même où la tendance Cuadros Quiroga persiste à envisager la maniere forte pour restaurer dans le pars la stabilite sociale voulue par 1impérialisme américain.
Avee l'espoir de refaire l'unité du M.N.R. et de calmer si c'est possible les « intransigeances » qu'on décèle dans tous les milieux politiques ou sociaux du pays, on a fait appel a lancien président Paz Estenбого сто soro, actuellement ambassadeur à Londres. Estensoro jouit incontestablement de grandes sympathies auprès de larges couches de travailleurs. Il avait su se retirer à temps de l'arène politique, avec son passé « jacobin ». Cependant, les temps sont bien révoIus. et cette méthode de recourir au passé plus ou moins légendaire d'hommes « providentiels » pour faire face à des présents autrement changeants et infléchir lavenir proche, Savérera inefficace en Bolivie comme ailleurs.
Larrivée de Paz Estensoro - suivie de l'embrassade que Lechin et Siles se sont donnée en publie sous le conseil et en présence de l'ancien président jouant le pater-
(1) Toir « Quatrième Internationale », arril 1958.
BOLIVIE
Vers de nouvelles luttes révolutionnaires
BOLIVIE
Vers de nouvelles luttes révolutionnaires naliste loin d'avoir apporté une détente sociale cians le pays a exacerbé les passions, poissé les intransigeances des uns et des autres, et fait renaître à la vie politique des groupes qui entendent avoir voix à la solution de la crise.
Pour l'instant, Paz Estensoro n'a rien révélé de ses projets en la matière. Il se voit pourtant assailli par des délégations ouvrières dont il retient le cahier de revendications pour les étudier. En somme, il, écoute tout le monde et ne satisfait personne. On croit cependant savoir qu'il exclut tonte solution de la crise sans le concours des Etats-Unis.
Le retour au co-gouvernement M.N.R.C.O.B. semble avoir été envisagé. Mais les préalables et les conditions posés par les hommes de Cuadros Quiroga dans cette question sont de nature à le rendre impossible. Il est indisentable qu'un retour de Lechin et Cie aux fonctions gouvernementales n'est viable que sur la base d'une réorientation à gauche, contre laquelle s'insurgent pius arrogante que jamais la rosca et, jusqu'à nouvel ordre, Washington.
Du reste, une nouvelle expérience gouvernementale M.N.R.-C.O.B. est froidement accueillie par l'ensemble de la classe ouvrière : elle a été même rejetée par la majorité des mineurs qui a, en outre, condamné sans ménagement et en dépit des explications données par Lechin, son embrassade avec Siles.
Le ton de l'attitude des mineurs devant la situation a été donné par une conférence régionale qu'ils ont tenue à Catavi en mai, Ant ton a en mai. pour préparer le 9° Congrès national de la F.S.T.M.B. dont on attend la convocation. A la réunion de Catavi ont assisté les délégués de douze syndicats, dont ceux de dont eeur de Siglo X.N. Sau José, Catavi, Pulacayo, Potosi, Caracoles.
Si le niveau hautement politique et révoIntionnaire qui a animé les débats de la conférence de Catavi réussissait à s'imposer au prochain congrès national et à faire ainsi échec à la politique impuissante de Lechin et Cie, alors le rapport de forces dans le pays se verrait substantiellement changé en faveur de la classe ouvrière, et de grandes voies seraient ouvertes à la Révolution bolivienne.
Un des points discutés à la conférence de Catavi eut trait à l'attitude des mineurs devant les élections que le gouvernement
GR Les résultats
Les élections parlementaires du 1l mai 1958 ont bouleversé les plans de la bourgeoisie et de l'impérialisme. L'E.D.A., camouflage légal du Parti communiste grec, a remporté une vietoire éclatante en enlevant la majorité dans les plus grands centres urbains du pays, et le plus grand nombre de voix nationalement, arrivant im-
Siles a annoncées pour le mois de juin de cette année.
Dans les intentions de Siles, cette consultation électorale est sans doute destinée à contenter la « gauche » du M.N.R., inquiète des inconnues que renferme la situation actuelle. Cependant, il n'est pas exelu qu'a la dernière minute les élections soient décommandées à la suite d'un «complot» quelconque, « découvert » à temps par le gouvernement...
Les délégués mineurs à la conférence de Catavi se sont prononcés pour que leur Fédération nationale, comme celle-ci l'avait décidé dans un congrès précédent, presente ses propres candidats apres avoir obtenu la modification de la loi électorale qui, jusqu'ici, interdit aux syndicats ce droit politique. Mais pour le cas où la modification de cette loi serait refusée par les autorités, les mineurs ont envisagé l'éventualité d'étabir des fronts électoraux avec des partis ouvriers pour la présentation de candidats de la F.S.T.M.B.
Les semaines qui viennent s'annoucent très agitées en Bolivie. La venue de Paz Estensoro, dans la mesure où l'ancien président ne parviendra certainement pas par des négociations de coulisse ou des embrassades publiques à maitriser une polarisation de forces travaillée par des courants profonds de la société, n'aura servi qu'à approcher l'échéance d'une nouvelle épreuve de force dépassant en ampleur et en but ceiles qu'on a connues jusqu'ici.
Les événements de mars dernier, avec la constitution d'Oruro, et de la news situation de du Comité de grève régional l'appel des radios par les micontrée, ont révélé que la double pouvoir n'est toujours pas bannie en Bolivie malgré le recul de la révolution d'avril. Cachée de temps à autre ou ensevelie sous In politique conciliatrice des dirigeants ouvriers, elle réapparait à chaque nouvelle lutte importante et pousse de plus en plus les camps qui s'affrontent à s'éliminer l'un Tautre.
Les combats qui approchent feront sortir du domaine des idées, pour l'installer dans celui de la réalité, la constitution du gouvernement ouvrier et paysan bolivien.
Le P.O.R. (section bolivienne de la IV• Internationale) qui n'a cessé de signaler cette voie aux masses, se prépare de toutes ses forces pour qu'il en soit ainsi. ECE des élections médiatement après le parti E.R.Đ. de lactuel président du Conseil, Karamanlis.
La loi électorale prévoyait que les deux premiers partis bénéficieraient seandaleusement de leur position pour partager entre eux le plus grand nombre des sièges parlementaires. Par le fait que I'B.D.A. est arrivée à la deuxième place (au lieu du parti bourgeois des libéraux, ce qui était escompté). elle a eu avec 24.3 % des voix droit à 79 sièges parlementaires (sur un total de 300 .
La victoire de TE.D.A. est cependant réelle. Par rapport aux élections de 1956 elle gagne environ plus de 50 % de voix. et triomphe dans toutes les grandes villes, Athènes, Le Pirée, Salonique, Volos, Larissa, ete. Le fait qu'elle ait été obligée de se présenter seule aux élections, sans l'alliance compromettante avec le parti réactionnaire de Markezinis (ce dernier ayant refusé l'alliance), loin de lui enlever des voix a au contraire contribué à polariser le courant anticapitaliste et anti-impérialiste des masses autour de son drapeau.
En votant pour l'E.D.A., les masses ont surtont vote contre la politique de misère du gouvernement Karamanlis et sa SOUmission servile aux diktats de l'impérialisme américain.
La réaction, affolée par les résultats des élections, cherche actuellement à les neutraliser par tous les moyens. Afin de réduire le nombre des députés élus de IE.D.A., le gourernement veut invalider leur élection en arguant que I'E.D.A. est une alliance et non pas un parti autonome, avant droit aux avantages de la loi électorale, etc. D'autre part, afin de terroriser les masses qui ont voté pour l'E.D.A., le gouvernement accentue de nouveau les mesures de répression policière.
Cependant, les masses stimulées par la victoire électorale sont disposées à lutter pour leurs revendications démocratiques et économiques. Le principal obstacle à leur regroupement militant reste la politique archi-opportuniste, parlementaire, de Y'E.D. A., axée sur le mot d'ordre du « Front populaire » avec les partis bourgeois de l'opposition, afin d'influer surtout sur la politique extérieure du gouvernement grec.