ALFRED KRUSE Du Danemark, nous apprenons la mort soudaine du camarade Alfred KRUSE, à l'âge de 70 ans, quelques jours après qu'il eût participé à une discussion internationale pour l'établissement d'une revue marxiste révolutionnaire.
Alfred KRUSE fut membre du mouvement socialiste dès les premières années de sa jeunesse. Déjà en 1910, il avait participé à l'organisation du Congrès de Copenhague de la ll° Internationale ; il y rencontra Lénine.
Il appartenait à la génération qui, dans le mouvement ouvrier international, défendit les idées du socialisme et de l'internationalisme contre la trahison de l'opportunisme et du social-chauvinisme. Il fut membre de 1914 à 1918 du vaillant groupe des antimilitaristes de Scandinavie, pilier de la Jeunesse Socialiste Internationale dans la première guerre mondiale, partie du mouvement pour la II° Internationale. Dans ces années, il fut expulsé de Suède et de Norvège en raison de son activité internationale et antimilitariste. C'est seulement en 1935-1936 que le premier gouvernement socialiste annula cette expulsion. Le Parti Ouvrier Norvégien (N.A.P.) organisa des manifestations pour saluer Alfred KRUSE. Dans sa réponse à ces manifestations, il critiqua le cours opportuniste du soi-disant gouvernement ouvrier norvégien.
Pendant la première guerre mondiale, Alfred KRUSE entra en relations avec le groupe des bolcheviks émigrés à Stockholm et se lia d'amitié politique et personnelle avec Boukharine, Uritski et Piatakov. En 1916, il se rendit en Russie de la part du groupe bolchevik pour y rassembler des matériaux et y rétablir des contacts rompus. De cette époque data sa liaison épistolaire avec Lénine, dont plusieurs articles de l'époque ont été écrits sur la base des rapports de son voyage en Russie. Ce fut notamment le cas pour l'article * Dix ministres sociaux-démocrates ».
Chez un camarade ayant son expérience politique ef personnelle avec les bolcheviks, les calomnies staliniennes contre la « vieille garde » n'eurent jamais aucun crédit. C'est pourquoi il éleva sa voix pendant les procès de Moscou et dénonça les mensonges staliniens sur la base de sa connaissance des inculpés.
De ce temps datent ses contacts avec le mourement trotskyste mondial. Son activité consista surtout à expliquer aux nouvelles générations ouvrières les processus en U.R.S.S. et à aider la construction de groupes révolutionnaires en Scandinavie. Ce travail l'amena en liaison plus étroite avec la IV• Internationale. Il avait projeté de participer au 5° Congrès Mondial, mais en fut empêché par des difficultés professionnelles.
En Alfred KRUSE, le mouvement révolutionnaire mondial perd un combattant fidèle el capable dont la IV• Internationale maintiendra le souvenir.
CEYLAN
Vague de grèves dans le secteur privé
La vague de grèves engagée par la Fédération du Travail, dirigée par trotskystes, dans le secteur privé de l'économie de Ceylan est en train de prendre fin. Elle a porté un coup sévère à la nouvelle législation anti-ouvrière du gouvernement et aux staliniens qui, déterminés par leur ligne de soutien du gouvernement, ont conseillé à leurs syndicats d'accepter les dispositions de la nouvelle législation du travail.
La vague de grèves dans le secteur privé a suivi celle du secteur étatique qui se termina il y a environ deux mois. Sous la pression de la montée du coût de la vie, les travailleurs de l'Etat, conduits par les cheminots, firent grève pour exiger un rajustement des échelles
QUA de salaires. La grève paralysa en particulier le réseau ferré de l'ile. La direction trotskyste de ces grèves fut largement reconnue et le camarade N. M. Perera, du Lanka Samasamaja Party, négocia avec le gouvernement au nom des grévistes. Les grèves cessèrent lorsque gouvernement attribua une augmentation immédiate de l'indemnité spéciale de vie chire de 17,50 roupies et promit de rajuster sans délai les échelles de salaires.
Prévoyant une revendication dans le sec eur privé également de la nouvelle indemnité de vie chère (gagnée par les travailleurs de l'Etat), le gouvernement fit adopter une loi donnant au gouvernement le pouvoir de renvoyer tout conflit du travail, à quelque stade qu'il se trouve, devant une Cour du travail. Selon législation, les parties en conflit étaient obligées de s'incliner devant la décision de la Cour du travail et de s'abstenir de toute action directe, à la fois pendant et après les travaux de la Cour. Il était également illéral de procéder à la critique de la sentence.
L'opposition parlementaire, dirigée par les trotskystes, dénonça cette législation comme une mesure anti-ouvrière. Dans
A la fin de septembre 1957, le P.C. japonais annonça qu'il tiendrait son 7 Congrès le 2 février 1958, dix années après le 6 Congrès. En même temps, fut présenté un projet de nouveau programme. I y eus de grandes discussions intérieures sur ce projet de programme. A la fin de 1957, il était clair qu'une majorité ou au mois une torse mmorie etait contre ce projet de programme. Notamment les deux plus fortes organisations locales, celle de Tokio et-celle de Kansai (incluant Osaka et Kyoto) y étaient resolument opposées.
Le C.C. du P.C. japonais n'osa pas tenir le Congrès à la date indiquée. Il le reporta à deux mois après les élections generales qui avront lieu à l'automne prochaineme Deux" problèmes principaux sont discutés par chacune des fractions dans len parti: 1) celui de la révolution pacifique, révoluconstitutionnelle; 2) celui de la tion en deux étapes: d'abord, la revolution démocratique, ensuite la révolution socialiste.
Un grand nombre de militants sont contre les deux conceptions; quelques-uns désapprouvent soit l'une, soit l'autre.
Mais la majorité des militants communistes approuve encore la perspective présentée par la bureaucratie de Moscou, c'est-à-dire celle d'une coexistence pacitique entre les deux systemes sociaux. foue entre les deux svstèmes sociaux C'est le princial obstacle à détruire.
Au cours de l'automne dernier, le comité local de Tokio soumit un document critiquant le projet de programme. Ce document exprime un point de vue centriste. D'une part, il affirme que la révolution socialiste doit constituer le but stratégique, mais d'autre part il souligne la perspective d'une révolution constitu- leurs critiques ils furent soutenus par les trois élus staliniens; mais, apres la promulgation de cette loi, les staliniens consellerent à leurs syndicats d'accepter que leur conflit sur l'indemnité spéciale de vie chère de 17.50 roupies soit porte devant la Cour du travail.
D'autre part, la Fédération du travail, dirigee par les trotskystes, conseilla à tous les syndicats qui lui sont affiliés de recourir : à la grève sur cette question.
La principale greve, au cours de cette vague, fut celle des travailleurs des compagnies pétrolières (Shell, Standard
Vacuum et Caltex) qui paralysa presque tout le trafic routier du pays.
Parmi les autres catégories impliquées dans les grèves, il y eut les travailleurs de la mecanique, les employés de magasin et de bureau, les travailieurs de l'hôtel lerie et les travailleurs du gaz. Saut la grève de la mécanique, toutes les autres grèves furent réglées par accord avec les compagnies qui ont accepté de payer les
17,50 roupies avec rétroactivité. Les d'rec tiens des entrer ses de mécanique se refusent à conclure de la même manière, car elles espèrent que la Cour du travail accordera une somme moindre. tonnelle et une taetique front populaire.
D'une façon generale, le comite local de Tokio exprime la force d'une nouvelle génération dans le P.C. Dans le cadre du stalinisme, cette nouvelle génération demande que le C.C. actuel se retire parce qu'il a montré qu'il était incapable de diriger le parti et le mouvement ouvrier pendant les douze dernières années.
Au sein de la nouvelle génération, non tamment parmi les étudiants communis. tes: il y a un net courant qui se meut de la position centriste, représentée par. le le comité, local de Tokio, vers une véritable position d' oppositio ga Saliche. Ces étudiants commencerit comprendre limportance fondamentale de Ta révolution prolétarienne, monthale: Quelques cellules malversitaires se peplacent a present vers universitaires se déplacent à présent vers langauche •Jom tentative a déla été entreprise pour . onpaniser une forte fraction anti-C.C. Un membre du C.C., Syojiro Kasuga, a expri: mé le point de vue de la minorité dans l'organe du parti. Il est d'avis que le parti doit se placer sur la stratégie de la révolution socialiste. Il deviendra très probablement un leader de l'opposition et il est possible que celle-ci obtienne la majorite au prochain congrès. Mais ce sera loin d'être la fin du processus. Au sein même de l'ooposition, on ne parviendra pas aisément
Il existe le danger l'offensive contre la qu'il a commencé à skvstes.
à une stabilité.
que le C.C. prenne gauche. Il est sür rechercher les trotskystes.
Le P.C. a tenu une petite conférence vers la iin de tevrier. La critique du
.C. par les activistes des localités fut si sévère que celui-ci fut très isolé. Nous
JAPON
La situation intérieure du P.C.
JAPON
La situation intérieure du P.C.
souche, le caura un and reme re dressent.
dans un avenir avec des traits plus Jeunes, plus a gausommes certains que,
Le Congrès du P.S.
Le Congrès annuel du P.S. fut tenu vers la fin de février. La majorité de la fraction de gauche se tient toujours sur la réserve. Elle a eu 24 membres au Comité exécutif central, les 16 autres revenant d la droite. Le congrès a annoncé seulement 56.000 membres, alors que l'objectif dans les dernières années etait d'atteindre 100.000 membres.
Au Congrès, les représentants des deux centrales syndicales, Sohyo (gauche) et Zenro (droite), se combattirent les uns les autres. Au cours de l'année dernière, quelques socialistes de droite cherchèrent à scinder le Syndicat des Cheminots du réseau national; cette tentative échoua. n'entrainant que 4,000 membres sur 370.000. Les représentants du Sohyo reprochèrent au parti de n'avoir pas exclu les seissionnistes. tandis que les représentants du Zenro les défendirent.
Mais les dirigeants de la gauche consi-
CH La 5º session du (
La 5ª session du premier Congrès national du Peuple s'est ouvert a Pekin le 1er février 1958, devant 970 deputes. et s'est terminée le Il tevrier. Les principales décisions de cette session concernent l'approbation du budget de 1958, le plan économique pour 1958, amsi que Pintroduction de l'alphabet latin de 26 lettres afin de réformer la langue chinoise écrite.
La présentation du budget de 1958 par Li-Hsien-Nien, vice-président et ministre des Finances. est significative de la situation économique actuelle du pays et des buts du gouvernement. Devant une production, surtout agricole, qui n'augmente que fort lentement par rapport aux besoins acerus d'une population en développement constant malgré la campagne maintenant systématique de Birth Control -le gouvernement fait des efforts désespérés pour lutter contre les « gaspillages», pratiquer des économies, secouer le « conservatisme» et éperonner l'effort productif des masses L'accent est m's sur le mot d'ordre « Produire plus. plus rapidement, mieux et plus économiquement ».
Cependant. la lutte contre les « gaspillages » et pour l'apprentissage des économies n'atteint pas seulement la gestion publique, mais s'étend à chaque individu, appels à débarrasser des «extravagances dans son train de vie et à shab tuer à «l'austérité». « Pratiquer des économies, ce n'est pas seulement la tache des fonctionnaires gouvernementaux et de ceux qui font un travail économique quelconque, s'est écrié le ministre des Finances avant de conclure sa présentation du cudget, mais la tache commune de tout je peuple. » Et il a ajouté:
« C'est seulement lorsque les gens dans déraient que l'unité avec la droite était une question plus importante en vue de parvenir au pouvoir. Aussi, les dirigeants de gauche defendirent la droite contre T'attaque l'attaque du Sohy la gauche contre le tandis que ceux de droite défendaient Zenro. Cette combinaison fut la plus caractéristique du Congrès. Les dirigeants de gauche et de droite ont, en quelque sorte, atteint un équilibre dans la direction du parti. Mais, sur le olan syndical. Il V a de nombreux confl ts entre gauche et la droite. Ces conflits ne s'expriment pas encore sur le plan politique Aussi il n'y eut pas de sérieuse discussion au Congrès.
Parmi les jeunes socialistes, existe le sentiment que l'unité avec la droite n'est pas une bonne chose pour parvenir donner un cours révolutionnaire au parti Ils ont commencé à organiser leur propre tendance. C'est un événement intéressant pour l'avenir. INE longrès du Peuple tout le pays se joindront dans l'effort pour accroitre l'accumulation et économiser les fonds que notre travail de construction s'effectuera rapidement. est par consequent nécessaire de faire une extensive publicité en faveur des économies dans la population de tout le pays pour que chaque ménage et chaque individu en comprennent la signification, pour que l'épargne devienne une nouvelle convention sociale et que chaque personne pratique volontairement l'économie. Il n'y a pas de contradiction entre la défense de l'épargne et une consommation raisonnable par le peuple et le désir propre de celui-ci d'amél orer les standards de vie sur la base du développement de la production. En préconisant un dur travail et l'économie ménagère. nous voulons que chaque foyer économise la consommation du grain et du coon dont les fournitures ne sont pas encore abondantes, nous voulons que les membres des coopératives fassent attention à l'augmentation des fonds des coopératives, rappelle qu'elle doit économiser a la panous voulons que chaque personne se rappelle qu'elle doit économiser, et nous nous opposons à la flanerie et resse, aux festins et aux boissons abondants, tu geu, aux gaspillages et aux extravagances à l'occasion de mariages. fun railles, fêtes et célébrations. En particulier. les fonctionnaires des organes de l'Elat doivent donner le bon exemple dans le travail acharné et l'économie dans la tenue du minage. Par conséquent. la signification de la défense de l'épargne et de l'opposition au gaspillage réside non seulement dans l'accumulation de fonds pour la construction. mais aussi dans un changement des coutumes sosiales et dans le développement des bonnes habitudes et des qualités morales dans le peu- ple de notre pays. Fonctionnaires des organisations gouvernementales et des œuvres économiques et peuple de tout notre pays, passons tous immédiatement à l'action. Rassemblons notre énergie révolutionnaire, luttons contre le conservatisme et le gaspillage, et lançons une vaste campagne pour augmenter la production et pratiquer l'économie afin d'assurer un accroissement de la production et de la construction dans la première année du second plan quinquennal. »
Les mots de « dur » travail et « d'épargne » afin d'augmenter la production reviennent tout au long de la discussion aussi bien sur le budget que sur les objectifs économiques pour 1958. La préoccupation majeure du gouvernement semble être le développement plus important de la production agricole.
Parlant des objectifs économiques pour 1958, première année du 2 Plan quinquennal, Po-I-Po, vice-président et président de la Commission économique nationale, a mis au premier plan « un travail énergique dans tous les domaines afin de provoquer un essor de la production agricole et obtenir une meilleure récolte ».
Le « développement vigoureux » de l'industrie lourde est justifié pour beaucoup par les nécessités de l'agriculture (en engrais, machines, énergie électrique).
C'est Po-I-Po qui a donné, d'autre part, un résumé officiel des buts initiaux, des péripéties et des perspectives de la fameuse campagne de «rectification ». Vu son intérêt, nous citons en entier ce passage de son discours :
« Le lancement de cette lutte et la discussion générale à laquelle le peuple par ticipe à travers le pays sur les deux routes — socialisme ou capitalisme - qui ont mis en marche la campagne de rectification sur une échelle nationale. ont considérablement élevé le niveau de la conscience socialiste de nos cadres et des masses, leur esprit d'initiative dans le travail, ont avancé notre travail de construction dans divers domaines et amené des améliorations dans toutes sortes de travaux. La campagne de rectification continue. Elle entre maintenant dans le stade où la tâche essentielle est de rectifier des styles incorrects de travail et d'améliorer les manières de travailler Dans l'avenir immédiat, elle progressera VerS un autre stade dans lequel chacun étudiera des documents appropriés, fera des critiques et des autocritiques et ainsi élèvera son niveau idéologique. »
Il se confirme ainsi qu'à son stade actuel, la campagne de « rectification est en quelque sorte revenue à ses motifs initiaux, en mettant à nouveau l'accent sur la lutte contre « la bureaucratie, le sectarisme, le subjectivisme » des fonctionnaires du parti et du gouvernement.
L'envoi de ces derniers à la campagne et aux entreprises afin de participer au « travail manuel» et de reprendre dans la production le contact avec le « peuple », continue et prend un véritable caractère d'exode en masse des bureaux.
POLOGNE
Le 2° Plénum du C.C. du Parti Ouvrier
Le XI° Plenum du Comité central du Parti ouvrier fut marqué par une série de décisions économiques et une nouvelle bataille cette fois entre Gomulka et la tendance proprement dite stalinienne (les Natoliniens).
Le Parti a décidé de licencier environ 200.000 ouvriers de l'industrie métallurgique et de s'efforcer de les reclasser dans l'agriculture, le commerce, les services publics, ainsi que dans les territoires sous-développés de l'Ouest (anciennement Allemands). 100.000 autres salariés des bureaux centraux devraient trouver une place plus productive ailleurs.
Le C.C. a églement décidé une importante augmentation des loyers afin d'assurer la rentabilité de la construction.
Ces mesures ont servi de prétexte à la fraction stalinienne pour attaquer Gomulka, sous couverture d'une politique de « défense des travailleurs ». 1. attaque fut menée par Wiktor Klosiewitz, ancien dırigeant des syndicats pendant l'ère sta'mienne et actuel ministre du Travail. Klosiewilz voulait, en réalité, critiquer l'attitude « insuffisamment résolue » de Gomulsa contre les révisionnistes et surtout celle insuffisamment conformiste à l'égard du Kremlin qu'il avait eue lors de la réunion à Moscou des dirigeants des Partis communistes, en novembre dernier.
Klosiewitz fut appuyé dans ses critiques par cinq autres membres du C.c. (sur 75), bien qu'on estime que le nombre des «natoliniens» est largement supérieur à ce chiffre. Les milieux de la gauche communiste polonaise l'expliquent par le tait que Klosiewitz est, en realite, un stalinien des moins anodins, des moins capables, des plus discrédités, et que les autres se sont gardés de courir les mêmes risques que lui. En effet, Klosiewitz s'est vu exclure du C.C. pour avoir porte « atteinte à l'unité » du parti.
La question du bilan de l'épuration de ce dernier n'a pas été discutée dans ce Plénum. Elle fera probablement l'objet d'un prochain Plénum plus spécialement consacré à la préparation du Congrès du Parti.
L'épuration n'a éliminé jusqu'ici qu'environ 150.000 membres (sur 1.300.000 environ). Mais, loin d'avoir été faite sur une base politique qui pourrait revigorer la vie politique du parti actuellement éteinte, eile fut menée sur la base de considérations moralisatrices, tout en ayant touché quelques éléments vérita blement de gauche et quelques « staliniens » de parade.
Le fait le plus rétrograde de l'évolution actuelle de la Pologne, qui se débat
RÉPUBLIQUE
Un bref rappel de l'évolution de la Syrie à travers l'histoire et de celle du panarabisme serait utile à la compréhension des événements actuels. La Syrie a, de tout temps, été prise entre les pressions contraires venues de Mésopotamie et d'Egypte ou de vastes terres irriguées, là-bas par le Tigre et l'Euphrate, ici par le Nil, permirent à la classe possédante d'entretenir des foules d'esclaves et de se lancer dans une expansion impérialiste. Par contre, la Syrie, pays de cités marchandes et maritimes, carrefour de trois continents, disposait d'une agriculture suffisante mais inférieure et se trouvait à la merci de la rivalité des deux empires et des invasions des nomades du désert d'Arabie et des peuplades déferlant du plateau d'Anatolie: elle ne put jamais s'unifier durablement et était soit englobée, soit partagée par les empires qui se constituaient : par deux fois, au IV• siecle avant notre ère et au VII lors de l'invasion arabe, les deux empires qui placèrent leurs capitales en Syrie ne tardèrent pas à disparaitre, le premier s'effrita rapidement, le second s'écroula en moins d'un siecle et ce fut Bagdad qui devint le centre du monde arabe. Telle fut la destinée de la Syrie, condamnée par sa position à ne jouir que d'une indépendance éphémère.
L'idéologie libérale du XIX siècle, en atteignant l'Empire ottoman au début du siècle actuel, suscita le nationalisme arabe qui ne pouvait que s'opposer au nationalisme turc qui le brimait: des sociétés secrètes, formées d'officiers et d'intellectuels, se constituèrent en vue d'œuvrer pour l'indépendance arabe. Elles se rallièrent au prince de La Mecque, Hussein, aïeul du roi de Jordanie, quand il se souleva contre la Turquie et s'allia à l'Angleterre; au terme de leur accord, une fédération d'Etats arabes associée à cette dernière et présidée par lui serait constituée après la défaite turque. L'impérialisme britannique s'assurait ainsi des gisements pétrolifères et la plate-forme qu'est l'Arabie entre la Méditerranée et l'Océan indien, entre l'Asie et l'Afrique. Ce projet échoua pour trois raisons :
1) La Grande-Bretagne dut partager la région avec la France qui eut sa part en Syrie-Liban, selon l'accord Sykes-Picot đe 1916 ;
2) Ibn-Séoud, qui détenait le centre de la presqu'ile, chassa Hussein de La Mecque et de son royaume du Hedjaz; les fils de ce dernier se maintinrent en Irak et en Transjordanie ;
3) La Palestine devait devenir un Foyer national Jull, selon la Declaration Ballour du 2 novembre 1917.
L'impérialisme britannique ne s'accommodait pas mal de cette situation, sauf pour ce qui a trait à la présence frantoujours dans de sérieuses difficultés économiques, c'est l'abaissement du niveau de vie politique, idéologiques, culturelle. Le néo-conformisme gomulkiste est en train de tout scléroser à nouveau. ARABE UNIE çaise en Syrie; le perdant fut le nationa lisme arabe. La Syrie, quant à elle, se constitua en un Etat républicain sous la tutelle française. Le Bloc National, répondant du Néo-Destour ou de l'Istiqlal, mena la lutte contre la domination française.
Après l'indépendance acquise en 1945 grace a la rivalite tranco-britannique et a Tallaiblissement du colonialisme français après la pénétration anglaise en 1941 en Syrie, le Bloc National se disloqua en trois fractions: la plus réactionnaire voulait placer le roi de Jordanie sur le trône de Damas; une deuxième. s'en tenant au régime républicain, prétendait annexer la Jordanie; la troisième, formée de jeunes bourgeois du nord de la Syrie, voulait s'unir à l'Irak car ils y trouvaient leur intéret économique. L'Arabie Séoudite, hostile aux dynasties hachémites, s'y opposait fermement ainsi que l'Egypte qui entendait maintenir sa primauté sur les pays de la Ligue arabe et n'acceptait d'unité que présidée par elle.
Les Etats-Unis, pour contrer 1 Angleterre influente à Bagdad et à Amman. étaient pour le statu-quo ainsi que la France qui avait d'importants intérêts économiques en Syrie. Entre temps, les coups d'Etat en Syrie eurent pour cause la lutte de ces diverses forces arabes et impérialistes : les dictateurs syriens Zaïm et Chichakli étaient anti-unionistes et en relation avec des services français, ayant été avant l'indépendance dans l'armée française.
L'armée syrienne ne joua aucun rôle comparable à celui des « officiers libres » de Nasser, car à moins d'opérer une révolution socialiste il n'est pas possible d'entreprendre en ce pays une modification de structure de la propriété foncière comme en Egypte, où le régime précédent était devenu incompatible avec le développement économique du pays nécessité par une expansion démographique prodigieuse et par l'étroitesse des possibilités agricoles. Rien de tel en Syrie ou le cinquième des terres arables est cultive et où la densité de la population est bien moindre. Le nassérisme a servi à la croissance de la bourgeoisie industrielle et à la défaite du capital foncier et compradore: les deux devenues nécessaires a la survie de l'Egypte. Haurani, qui avait fondé en Syrie un parti paysan dit « socialiste arabe » qui fusionna avec le Baath de Aflek, acquit une grande influence sur un grand nombre d'officiers de l'armée qui finirent par renverser Chichakli. Depuis lors. l'armée syrienne. alliée aux Brath et aux formations bourgeoises hostiles aux alliances impérialistes, détient en fait la réalité du pouvoir. Le P.C. avait profité de la montée anti-impérialiste pour prendre place dans la coalition du
Q U A pouvoir; l'accord de l'U.R.S.S. avec les gouvernements du Caire et de Damas fortifiait de plus en plus ses positions, mais sur un plan purement etatique; son influence et son action sur les masses devenant faibles, car il évitait d'inquiéter les possédants par l'appel à la luite des classes. Une fraction des éléments bourgeois au pouvoir menée par Azem voulait nouer des liens très étroits avec T'U.R.S.S à condition que cette dernière ne mette pas en cause le régime établi. Azem visait à supplanter le président de la République, Kouatly, cependant que ie P.C. élargissait les rangs de ses sympathisants dans l'armée.
Le Baath, qui veut pratiquer une politique de strice neutralité entre les deux blocs et poursuivre au profit du panarabisme un marchandage profitable, a décidé, après accord avec Kouatly et Assali, le président du Conseil, ainsi qu'avec l'opposition en principe favorable au Croissant Fertile, de s'unifier avec l'Egypte. Ce sera essentiellement une union politique. car il ne peut être question d'unifier les économies pour longtemps encore, l'économie syrienne étant bien
Vers un essor Les lecteurs de « Quatrième Internationale » ont eu, dans notre numéro d'octobre 1957, un aperçu global des problèmes fondamentaux qui se posent dans l'Afrique — le dernier continent qui fut colonisé - et où les masses sont, à leur tour, entrées en mouvement (1). L'importance de ces mouvements a été soulignée par la tenue de la Conférence des peuples d'Asie et d'Afrique au Caire.
Nous voulons, dans la présente note, donner une vue plus particulière des mouvements dans les territoires qui constituent encore des colonies françaises de L'Afrique noire. La lutte du peuple algérien y suscita, des le début, une effervescence. A l'époque, le gouvernement Guy Mollet, tandis qu'il engageait une lutte féroce contre le peuple algérien. s'efforça de manœuvrer les peuples de l'Afrique noire. Le ministre d'outre-mer, le socialiste Defferre, fit voter une « loicadre » qui accordait à chacun des territoires un « gouvernement » disposant de droits fort limités. C'était une tentative de balkanisation de l'Afrique, en vue d'y maintenir avec un peu de souplesse la domination de l'impérialisme français.
Mais les choses vont vite, très vite même. Maintenant qu'il s'agit de mettre en application cette « loi-cadre», elle se trouve dépassée et les Africains posent de nouvelles revendications, en premier lieu celle d'un gouvernement central pour tous les territoires, disposant d'attributions qui en feraient l'égal du gouvernement français dans une association franco-africaine. Et encore s'agit-il là d'une revendication de partis et d'hommes politiques associés à l'impérialisme français.
plus solide que l'économie égyptienne et le niveau de vie plus élevé. sur le plan economique, une fusion syro-irakienne serait de beaucoup plus profitable et pius rationnelle, les possibilites d'expansion demeurant encore considérables dans ces deux pays
L'Irak et la Jordanie ont fusionné eux aussi pour faire contre-poids à la Répubique Arabe Unie. A l'encontre du statut de cette dernière, leurs économies seront unifiées mais ils garderont leurs rois, celui d'Irak assurant la présidence de la Fédération. Les masses sont hostiles à cette nouvelle union qu'elles considèrent comme une dépendance de l'impérialisme Celui-ci fera tout pour ditacher la Syrie de l'Egypte et la rattacher à l'Union Arabe (Irak-Jordanie). Nasser vise à rattacher l'Union à la République Unie en agissant sur les masses des deux pays La bureaucratie soviétique, qui avait tonde de grands espoirs sur une éventuelle mainmise du P.C. sur l'armée syrienne, a été jouée par Nasser et le Baath. Elle se force desser et le cont l'impérialisme et ses clients car elle n'a pas le choix. révolutionnaire
A ce propos, donnons une brève histoire des formations existantes politiques. A la fin de la guerre, se lorma le R.D.A. (Rassemblement Démocratique African) qui marcha avec le P.C.F. dans la période de collaboration de classe à outrance de celui-ci. Le R.D.A. connut une période d'expansion de 1945 à 1949. Avec la période de « guerre froide», on vit les députés du R.D.A. procéder à une conversion, se joindre à une formation bourgeoise et participer à des majorités gouvernementales, même réactionnaires. Le président du R.D.A., Houphouet-Boigny, est un ministre plus ou moins permanent de la IV• Republique. Toutelois, ce tournant du R.D.A. ne s'effectua pas d'un seul bloc. Certaines sections refusèrent de s'incliner, furent exelues. Des organisations se formèrent. telle l'U.P.c. du Kamerun, qui adoptèrent un programme de combat contre l'impérialisme.
A partir de 1956, les mouvements africains connaissent la fin de la periode de capitulation et d'effritement. Un renouveau se produit. D'abord parmi les étudiants, dont l'organisation sur le territoire français, la Fédération des Etudiants d'Afrique Noire en France (F.E.A.N.F.). est à la pointe du combat et se voit l'objet de persécutions systématiques des autorités françaises. Il se forme une centrale syndicale, l'Union Générale des Travailleurs d'Afrique Noire (U.G.T.A.N.). Des politiciens socialistes sont oblig's de se livrer à de grandes manœuvres. Lamine-Gueye, homme lige de la S.F.I.O.,
(1) E. Germain: « Réflexions sur la révolution coloniale en Afrique ».
COLONIES FRANÇAISES D'AFRIQUE NOIRE
COLONIES FRANÇAISES D'AFRIQUE NOIRE est contraint de séparer son organisation du P.S. pour former le Mouvement Socialiste Africain (M.S.A.). Senghor, ex-membre du P.S., fonde la Convention Africaine et se lance dans un programme avance.
Quant au R.D.A., son Congrès, après avoir été reporté à plusieurs reprises, adopte, en septembre dernier à Bamako, une position très au-delà de la «loicadre ».
Plus récemment, s'est constitué au Sénégal un Parti Africain de l'Indépendance (P.A.I.), sur les positions desquelles nous reviendrons plus loin.
En dehors des étudiants et du P.A.I., les leaders de ces formations sont des bourgeois ou des socialistes de l'école de la S.F.I.O. Dans les syndicats, il y a des militants qui ont été à l'école stalinienne.
Pour saisir à quel point la situation a évolué, il suffira de citer les propos que le député Modibo Keita, maire de Bamako, secrétaire d'Etat dans le gouvernement Gaillard, adressa, au début 1958, au ministre de la France d'Outre-Mer :
« La France hésite. Le temps passe. Les chances de construire la communauté franco-africaine diminuent chaque jour. Les événements vont plus vite que la reconversion spirituelle de certains hommes politiques français. Si la Franee laisse échapper l'occasion de réaliser la communauté franco-africaine, l'Afrique inévitablement s'engagera sur la seule voie libre compatible avee sa dignité: la voie de l'indépendance. Le peuple, le Parlement et le gouvernement l'auront voulu. »
Tel est le langage d'un ministre francais - de peau noire - a un ministre francais - de peau blanche.
Dans ces conditions, tous les politiciens bourgeois et « socialistes » africains songèrent à renforcer leur front, en constituant un parti unique. Cela devait à la fois jouer contre les masses africaines et exercer plus d'influence en France. Senghor a exprimé assez clairement le but de l'opération :
« Dans la période de construction que nous traversons actuellement, il faut grouper énergies, il faut éviter la surenchère démagogique... Car, involontairement, sommes amenés, étant donné nos oppositions entre partis africains, à faire de la surenchère, à tenir compte uniquement des résultats électoraux, des perspectives électorales et à ne pas tenir compte des solutions qui sont conformes à notre situation concrète. »
Cette opération de « replâtrage de leur loi-cadre rejetée par les travailleurs de chez nous » — comme l'écrit le journal
«L'Etudiant d'Afrique noire » — fut convoquée non en Afrique,où la pression populaire aurait pu se manifester, mais l Paris, au Palais-Bourbon. Mais. même si loin de l'Afrique, elle ne devait pas se dérouler sans difficultés, car y assistait le P.A.I., lequel, face à la proposition de formation d'un parti unique, souleva la question de la base d'une telle unification. Tandis que les autres formations se prononcaient pour un regroupement autour de la «communauté franco-africaine ». le P.A.I. proposait le regroupement pour la conquête de l'indépendance nationale.
Le P.A.I. fut éliminé de la conférence, après une série d'incidents et de manœuvres, et les autres formations ont accepte le principe de l'unification, laquelle se trouvera mise au point dans une conterence tenue a Dakar à la fin de mars (2).
Mais, apres l'élimination du P.A.I., les travaux de la Conférence turent domines par l'existence de cette formation et cela s'explique non par la force numérique de celle-ci mais par le fait que les questions soulevées par elle étaient celles qui préoccupent vraiment les Africains. Ceux-ci veulent avoir non des mots nouveaux pour maintenir le vieil état de choses, mais quelque chose de substantiel. Aussi, le programme de base du nouveau parti va bien au-delà de la loi Defferre. Il demande la création d'une Assemblée fédérale législative et précise: « L'Assemblée fédérale législative aura tous les attributs de la souveraineté interne et disposera du droit à l'indépendance. » Ces derniers mots, de la part des hommes qui les ont acceptes, est une manœuvre suprême, à la fois contre la critique de gauche et pour pouvoir faire pression sur l'impérialisme.
Une autre manifestation des pressions s'exerçant sur cette conférence est le vote de la proposition suivante:
« Après avoir observé une minute de silence à la mémoire des victimes de Sakiet, la Conférence demande au gouvernement français de mettre fin immédiatement à la guerre d'Algérie. »
Rappelons que les votants de cette motion font partie jusqu'à présent de la majorité gouvernementale.
Le mouvement des masses africaines a pris des formes déjà très amples. Au Kamerun, il y a des maquis; un gouvernement local réactionnaire, décidé à la répression à outrance, a dû céder la place à une équipe plus souple, qui essayera peut-être de rétablir la légalité pour TU.P.C. Au Dahomey, une grève générale de solidarité envers les grévistes de Kotonou a donné lieu à des manifestations de rues, et des fusillades; et la aussi gouvernement local est tombé. Des grèves se produisent dans d'autres territoires.
Tout cela indique la rapidité avec laquelle l'Afrique noire marche vers l'indépendance. Mais un autre indice de la maturation du mouvement est donné par les idées défendues par le P.A.I. Ce parti, que nous avons mentionné à plusieurs reprises, semble pour l'instant n'être fort qu'au Sénégal; nous ne pouvons préjuger des voies organisationnelles par lesquelles se développera le marxisme sur tout le continent africain; mais, ce qui est remarquable, c'est que, dès le début du mouvement de masses, apparaisse une formation qui, sur le plan théorique et
(2)Aux dernières informations, la Conférence de Dakar n'a pas abouti à l'unification de toutes les organisations qui avaient accepté l'accord de Paris, mais seulement l'unfication de toutes les organisations à l'exception du R.D.A. (la plus importante de toutes) et a un accord d'unité d'action entre le R.D.A. et la nouvelle formation.
QUA politique, tirant les leçons des luttes dans les pays sous-développés, arrive à retrouver des parties essentielles de la théorie de la prévolution permanente. Citons tout simplement des extraits de textes PROGRAMMATIQUES publiés par le P.A.I. :
« Au problème colonial il n'y a de solution que l'indépendance politique. Les imperatils de liberation et de progres politiques, économiques. sociaux. eulturels et humains exigent comme condition préalable de leur satistaction l'accession de notre pays à l'indépendance politique... savoir :
la séparation de notre pays d'avec la France impérialiste ; la constitution de notre pays en Etat indépendant et souverain, absolument libre de tout lien organique avee cette France...» • •
« La croissance économique, par la voie capitaliste, est irremediablement termee aux pays sous-développés dans la période de la [dernière] phase de la crise générale de l'impérialisme pour une multitude de raisons...
... Du point de vue institutionnel, il n'est pas douteux que c'est seulement dans le cadre d'une organisation socialiste que l'Etat, en tant qu'alliance des forces populaires et patriotiques peut briser les obstacles intérieurs et extérieurs au développement, realiser la revolution démocratique, la révolution sociale et la révolution culturelle sans lesquelles le progres n'est pas possible, liquider le féodalisme à l'intérieur et limperialisme, et procéder par la voie de la nationalisation à la socialisation des secteurs-clefs et s'appuyer pour assurer le succès sur l'élan et l'enthousiasme des masses.
.. La mobilisation des masses énormes de capitaux nécessaires pour assurer les taux d'investissements suffisamment elevés n'est possible que par la voie de l'accumulation socialiste. »
« On a tendance à croire qu'un peuple colonisé ayant acquis la possibilité de choisir son destin opte irrévocablement pour la totale et complète gestion de ses affaires.
C'est négliger le fait que les peuples colonisés comporte en leur sein plusieurs
(Extraits d'une lettre d'Athènes)
Le 28 gouvernement formé depuis la guerre, présidé par Karamanlis, a démissionné à la suite d'une « rébellion » de deux de ses ministres et de quelque 13 députés, qui les ont soutenus. Le Palais a nommé son homme, Georgacopoulos, pour former le nouveau ministère chargé de procéder, en mai, à des élections générales.
La crise gouvernementale n'est pas le résultat direct d'un mouvement des masses. Celles-ci sont profondément mécon- couches et elasses dont les intérêts peuvent n'être identiques que jusqu'a un certain point. C'est ignorer l'inquiétude des couches et classes possédantes à l'approche de tout bouleversement national. car une libération en appelle une autre complete. surtout en cette deuxième moitié du XX siecle où « la marge de securité » qui sépare la fin de l'exploitation coloniale de la fin de toute exploitation est estimée dangereusement précaire. »
«Le développement relatif de l'industrie dans l'après-guerre, surtout dans les grandes villes, l'évolution rapide de la propriété à la campagne dans certains territoires ont fait apparaitre un important proletariat urbain et rural.
«Il ne faudrait pas, pour que triomphe la révolution, que la bourgeoisie la dirige. car elle risque de l'arrêter une fois qu'elle a satisfait ses exigences: a savoir, la conquête du pouvoir et le remplacement des capitalistes étrangers.
Pour que la révolution ne soit pas arrêtée dans son processus, il faut que les ouvriers, alliés aux paysans, la dirigent... La bourgeoisie africaine... peu développée n'a pas assez de force pour accomplir la revolution nationale sans l'aide d'autres impérialistes prêts à réelamer le paiement de leurs services... »
Ainsi, rien de la « théorie » menchevicostalinienne de la « révolution par étapes ». révolution bourgeoise d'abord et, ensuite, dans un avenir indéterminé, révolution socialiste. Aucune attache ni avec l'impérialisme français ni non plus avec la bourgeoisie indigène, dont ce parti comprend bien les limites et les aspirations. Le rôle dirigeant du prolétariat y est nettement affirmé (3).
Cette audace de l'action et de la pensée que manifeste la jeunesse de l'Afrique noire est riche des promesses les plus grandioses pour l'avenir du mouvement révolutionnaire sur tout ce continent.
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(3) Nous apprenons que, peu après son retour de Paris, le secrétaire du P.A.I.. Mahjemout Diop, a été arrêté à Dakar et est poursuivi pour avoir tenu une réunion. malgré l'interdiction des autorités. tentes, mais également profondément désorganisées et désorientées par la politique stalinienne. La crise est plutôt due aux querelles, frictions et manœuvres inter-capitalistes qui ont éclaté à l'occasion de la discussion du projet de loi de la « proportionnelle renforcée » pour les élections, préparé par Karamanlis.
Ce projet est destiné à assurer aux deux « grands » partis du Parlement actuel l'Union nationale radicale de Karamanlis et les Libéraux de Venizelos. les trois quarts des sièges dans le nou-
CD
GRECE
Les prochaines élections
GRECE
Les prochaines élections veau Parlement, même si ces partis ne réunissent ensemble que 40 % seulement des voix.
Pour faire face à ce danger, les « petits » partis ont préconisé une alliance électorale qui, pour le moment, irait de I'E.D.A., camouflage légal du Parti communiste grec, au Parti progressif présidé par Markezinis, de tendance fascisante.
C'est là à nouveau le tragique de la situation.
Aux elections de 1936, l'E.D.A. s'était allié aux Libéraux et aux formations capitalistes dont les dirigeants étaient parmi les plus discrédités auprès des masses. C'est pour beaucoup grâce à l'appui de l'E.D.A. que ces partis et ces hommes ont connu une sorte de « deuxième jeunesse ». Inutile de dire qu'ils n'ont tenu aucune de leurs promesses électorales démagogiques, sur la base desquelles l'E.D.A. a engagé les masses à voter pour son alliance avec ces partis. • Cette fois-ci, l'E.D.A. répétait la même trahison en s'alliant y compris avec Markezinis qui, soit par intérêt, soit déma-
PÉR gogiquement, s'est déclaré pour la « proportionnelle simple », pour une politique « d'indépendance nationale » et contre les rampes de lancement en Grèce.
Les trotskystes grees dénoncent cette politique qui sème la confusion et désarme les masses, tout en étant prets a voter pour les candidats exclusifs de l'E.D.A.. en tant qu'indication - certes déformée - d'un vote de classe.
Les staliniens grecs sont engagés dans une politique ultra-droitière d'« union nationale » avec toutes les ombres des politiciens soi-disant «indépendants ». nationaux, « antiaméricains », que leurs yeux myopes croient chaque fois discerner dans tel ou tel coin de l'échiquier politique grec. Cette fois, ils ont atteint le comble: l'alliance « nationale » englobe Markezinis, réactionnaire fascisant notoire. La tentative a échoué parce que Markenizis n'a pas voulu s'engager à rompre l'alliance atlantique. Mais il s'en est fallu de peu.
Mars 1958. OU
Réunion publique du P.O. R.
Le P.O.R. (section peruvienne de la IV. Internationale) a tenu un meeting public très réussi le 28 mars dans le Parc Universitaire de Lima, l'une des deux grandes places de la ville.
Jusqu'a 4.000 personnes y ont assisté et entendu les trois orateurs du Parti, les camarades Socrates Garcia, ouvrier du textile, Juan Palacios, secrétaire du Parti, et Samuel Frias, directeur du journal du Parti Voz Obrera ». Des haut-parleurs diffusaient les discours des orateurs.
A la fin du meeting, plusieurs centaines d'ouvriers et de jeunes universitaires ont accompagné les orateurs et les militants jusqu'au siège du Parti, scandant dans le plus grand enthousiasme les mots d'ordre du Parti : A bas le gouvernement Prado ! Mort à l'impérialisme ! Vive la grève générale ! Vi ve le P.O.R. ! Vive la IVe Internationale ! Vive Trotsky !
Toute la presse de la capitale a consacré d'amples commentaires à ce meeting. Le Parti a enregistré plusieurs adhésions.