Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › 16e année, n° 1

Nouvelles du mouvement ouvrier et de l'Internationale

Quatrième Internationale, 16e année, n° 1 · janvier 1958 · p. 78-87 · 7 274 mots

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Une vague gréviste

Une vague de grèves a terminé l'année 1957 à Ceylan avec plusieurs succès des travailleurs sur le gouvernement.

On sait que Ceylan avait été rendue indépendante, en même temps que l'Inde, il y a une dizaine d'années, par décision du gouvernement britannique. Le pouvoir avait alors été assuré par le parti de la bourgeoisie compradore, l'U.N.P. Le développement du mouvement des masses, mécontentes de la gestion de P'U.N.P avait abouti en août 1953 à un hartai (arrêt global de toute activité) qui eut des repercussions politiques une scission dans fus et la formatoon profondes, dont d'un nouveau parti bourgeois, le S.u.F.P. lequel organisa pour les elections genesorte de rales du printemps 1956 une sorte Front populaire. Ces élections virent l'effondrement de I'U.N.P., la victoire du M.E.P. (le Front populaire dirigé par Bandaranaike), mais aussi la victoire en seconde position de notre section ceylanaise, le L.S.S.P., qui devint l'opposition officielle au Parlement.

Ainsi se forma un nouveau gouvernement. porté au pouvoir par une très large poussée des masses, mais en même temps se trouvait un important courant de travailleurs tournant leur confiance et leurs aspirations vers un parti révolutionnaire qui se fixait pour tâches d'empêcher : que les désillusions inévitables dans la nouvelle équipe gouvernementale ne se fassent au profit de la réaction et de conduire les masses à la lutte pour un gouvernement ouvrier et paysan.

A peine arrivé au pouvoir, Bandaranaike chercha à détourner les masses des aspirations qu'il avait nourries par démagogie avant les élections, en procédant à une diversion sur une question de langue. Jusqu'alors l'anglais avait été la langue officielle; il fit décider que désormais ce serait le cinghalais, mais ce faisant, heurtait une forte minorité de langue tamile, composée socialement de travailleurs. Cette décision attisa les tendances communalistes les plus arriérées et faillit mener Ceylan à une situation dangereuse. Les droits de la minorité tamile, l'égalité des différentes races, furent défendus avec vigueur par le L.S.S.P. qui. 78 en ces circonstances, eut à subir l'assaut de courants réactionnaires. Mais la vigueur de l'action de nos camarades obligea le gouvernement à battre en retraite et à rechercher une solution plus démocratique sur cette question.

Ces événements avaient gêné mais non totalement éliminé les revendications des travailleurs en ce qui concerne leur standard de vie. Finalement ces problèmes reprirent le dessus, d'autant plus que 19 mois de gestion du nouveau gouvernement n'avaient rien apporté sinon

June détérioration des conditions d'existence.

Dès l'été de 1957, la tension s'éleva chez les travailleurs de l'Etat. Ceux-ci avaient, depuis la défaite de la grève générale de 1947, un certain nombre de revendications essentielles, outre les revendications de salaires. Leurs syndicats n'avaient pas le droit de s'associer aux autres syndicats ouvriers, les travailleurs de l'Etat connaissaient des restrictions quant à leurs droits politiques.

Après une préparation minutieuse, la Fédération des syndicats des travailleurs de l'Etat donna l'ordre de grève pour le 19 novembre à minuit. La réponse des travailleurs à cet appel entraina une dislocation complète de la vie du pays. Plus de 85.000 travailleurs firent grève: les cheminots, les travaux publics, les entreprises électriques, les services portuaires, des travailleurs du bâtiment, des termes etatiques, des stations agricoles... Cela eut ses répercussions par ailleurs : le courrier intérieur fut presque completement stoppé, des écoles fermèrent, les journaux du soir ne purent paraître, les trams et les trolleys circulèrent de façon réduite.

Le gouvernement essaya de recourir aux bons offices de syndicats soutenant le gouvernement, notamment ceux dirigés par les staliniens. Mais leur influence fut insignifiante.

Face à cette situation, le gouvernement se réunit en séance extraordinaire. Le Premier Ministre y convoqua notre camarade N.M. Perera, ancien maire de Colombo, président de la Fédération du travall ceylanaise. Perera exposa les responsabilités du gouvernement dans le

INTERNATIONALE mouvement ainsi que les revendications des grévistes. Il refusa d'entrer en négociations avec le gouvernement au nom de la Fédération des Travailleurs de l'Etat, mais offrit d'organiser une entrevue d'une délégation de cette Fédération avec le gouvernement, ce qui fut accepté par le Premier Ministre. Après diverses entrevues, un accord provisoire se fit, les travailleurs de l'Etat obtenant des concessions substantielles. et le travail reprit le 22 novembre à 6 heures du matin. Les deux journées de grève furent payées.

Puis les travailleurs du port de Colombo entrèrent en lutte. Depuis des mois les revendications déposées n'avaient pas reçu de reponse. Une commission officielle (que le syndicat boycotte) se réule 26 novembre, les travailleurs du port débrayèrent à l'appel de leur syndicat et assiégèrent l'immeuble où se réunissait la commission non seulement ce jour là, mais également le lendemain jusque dans l'après-midi, quand la direction du port transmit les décisions de la commission, comportant la journée de 8 heures et la semaine de 45 heures, ainsi que des augmentations de salaires et d'autres avantages secondaires. Le syndicat décida alors d'arrêter la grève pour étudier les propositions ainsi faites.

Mais la situation rebondit aussitot pour deux raisons. D'une part. à l'étude la nouvelle structure des salaires s'avérait (par suite de la mise en vigueur des 8 heures par jour et de la limitation des heures supplémentaires) aboutir à une réduction de l'enveloppe de paye de certaines catégories de travailleurs. D'autre part, le secrétaire du syndicat fut attaque et blessé par des hommes de main de Philip Gunawardene, dont l'autorité port de était jadis grande sur le port de Colombo et qui est actuellement ministre du gouvernement Bandaranaike.

Aussi la grève reprit le 29 novembre et, malgré toutes sortes de menaces et de tentatives de désagrégation du mouvement, les grévistes obtinrent après six jours de lutte des augmentations réelles de salaires ainsi que la continuation de la mise au point de la structure totale des salaires dans un délai de deux mois. La grève se termina donc victorieusement le 4 décembre.

Le seul échec subi par les travailleurs dans cette période a été celui des employés et ouvriers de la municipalité de Colombo. Leurs 12 syndicats lancèrent la grève le 29 novembre, pour une augmentation de salaires en attendant la révision globale des traitements, pour être assurés des mêmes bénéfices que les travailleurs de l'Etat, et pour une amélioration des services de pension. Tandis que les deux dernières revendications furent accordées. la revendication principale se heurta au refus du gouvernement, qui devait donner ou non la permission à la municipalité. Le 2 décembre encore, toute la municipalité — c'est-à-dire aussi les élus pro-gouvernementaux y compris les staliniens) soutenaient les grévistes. Mais dès que le gouvernement recourut à des mesures de force, employant la troupe et des chômeurs, les élus du M.E.P. et du P.C. ceylanais persuadèrent quelques syndicats de « suspendre » la grève pour deux semaines. Ceci rencontra la résistance des grevistes, certains délégués furent dénoncés, mais la grève en fut cependant affaiblie et il fallut l'arrêter sans que satisfaction ait été obtenue.

Et maintenant ce sont les travailleurs des plantations qui déposent leurs revendications. La session annuelle de leur syndicat eut en décembre un succès considérable et donna lieu à plusieurs manitestations.

La poussée gréviste a fait réfléchir quelques politiciens bourgeois qui demandent maintenant au gouvernement de prendre des mesures pour abaisser le prix au riz a z0 cents alors que peu de temps auparavant ils dénonçaient le L.S. S.P. pour « sabotage » parce qu'il avait mis en avant la revendication du riz à 25 cents.

Mais ce qui est extrêmement important dans ces mouvements qui viennent de se produire, c'est, d'une part, qu'ils traduisent une nouvelle étape de l'expérience des travailleurs ceylanais à l'égard du gouvernement du M.E.P. et, d'autre part. qu'ils ont renforcé l'autorité du L.S.S.P. dans la masse des travailleurs.

Le gouvernement du M.E.P. s'est conduit sans différence notable par rapport au gouvernement précédent de l'U.N.P. Il a défendu l'ordre bourgeois, il n'a pas hésité à employer les moyens de répression les plus rigoureux dans certains cas. Dans cette situation l'appui que lui ont donné les dirigeants du P.C. ceylanais et aussi le groupe Philip et les opportunistes qui avaient rompu avec le L.S.S.P. en 1953, au lieu de le servir, a au contraire contribué à affaiblir considérablement ces organisations dans les secteurs ouvriers où ils disposaient encore d'influence.

Par contre, les principaux dirigeants de ces luttes étaient des militants membres ou sympathisants du L.S.S.P. Ce sont les syndicats influencés par celui-ci qui ont dirigé les luttes. Ces grèves ont à la fois fortifié les travailleurs ceylanais dans leur ensemble et leur avant-garde militante plus particulièrement. Aussi comprend-on que le L.S.S.P. en célébrant le 18 décembre son 22 anniversaire écrit avec une assurance plus grande que jamais: « Le parti fut formé dans le but spécifique de parvenir à un gouvernement ouvrier et paysan et, en dépit de tous les obstacles, le parti atteindra son but ».

On ne doit pas oublier que cette poussée gréviste à lement dans tionnaire qui du sud-ouest, sie. Bien que

Ceylan entre plus générala nouvelle vague révoluse développe dans l'Asie et notamment en Indonépetit pays

Ceylan soit un auprès de sa voisine, l'Inde, la lutte des travailleurs ceylanais aura aussi ses repercussions dans ce grand pays, où la direction bourgeoise de Nehru commence à se heurter à des difficultés économiques immenses.

Q

CHINE

Nouvelle rectification

Depuis décembre 1957, nous assistons en Chine à un nouveau tournant de la lameuse campagne de « rectification ». Les excès commis dans la lutte contre «les droitiers » doivent avoir provoqué un sérieux mécontentement dans le pays. aggravé par la situation économique ditficile.

La campagne de « rectification » inaugurée par Mao en tant que tentative d'une certaine libéralisation du régime avait vite tourné en son opposé.

Maintenant, le Parti fait une nouvelle tentative de redonner à la campagne son sens initial.

Dans un important éditorial, le Quotidien du Peuple du 28 décembre 1957 souligne l'exemple donné par la deuxième session du congres provincial du P.c. chinois du Chekiang en matière de « contradiction ». Le journal admet franchement que les éléments résolument hostiles au socialisme constituent actuellement une « minorité » dans le pays. Par conséquent, conclut le journal, dans la plupart des cas la lutte entre le socialisme et le capitalisme se manifeste en tant que « contradictions dans les rangs du peuple ». Peu de membres du Parti, affirme le journal, ont compris cette vérité.

Le 8e Congrès

Du 2 au 12 décembre 1957 s'est tenu le 8° congrès pan-chinois des syndicats. Y assistaient les délégués de 16.300.000 membres dont 13 millions d'ouvriers industriels. Mais, de ce dernier chiffre, 32 % seulement étaient des ouvriers industriels de longue date, tous les autres n'étant que des ex-paysans récemment incorporés dans le travail industriel.

Les points saillants du rapport du président des syndicats chinois Lai-Jo-You ont été les suivants:

La principale tâche des syndicats est l'augmentation de la production et de la productivité; l'institution, décidée depuis le 8 congrès du P.C. chinois, des Congres ouvriers dans les entreprises doit avoir comme tâche principale d'assister et de superviser la gestion individuelle des entreprises, assumée par des personnes directement responsables devant l'Etat. afin d'assurer « la mise en application correcte des plans, de la politique et des directives de l'Etat ».

Lai-Jo-You a critiqué les « camarades » qui ont exprimé des « doutes et manifesté des vacillations concernant la politique et les tâches » des syndicats dans la 80 à la " rectification "

Ayant nié le caractère prédominant des « contradictions dans les rangs du peuple ». ces membres (la majorité du Parti ont tendance à les résoudre en tant que «contradictions entre l'ennemi et le peuple». On comprend ce que cela signifie.

Dans le même numéro du journal est publie le rapport de Chiang Houa, premier secretaire du Comite provincial du P.C. chinois du Chekiang, qui appuie la ligne de l'éditorial.

La critique essentielle de Chang Houa est dirigée cette fois non contre la « droite » mais contre la «gauche » du Parti qui a exagéré « l'importance des contradictions entre nous et l'ennemi», qui n'a pas compris que la lutte des classes en Chine ne va pas en s'aggravant de manière rectiligne, mais peut connaitre des pauses, et qui a refusé d'employer la méthode de persuasion par la discussion et l'expérience pour traiter les contradictions. Chiang Houa considère cette erreur d'autant plus grave que même les contradictions « entre l'ennemi et nous sont souvent mélangées avec des contradictions dans les rangs du peuple » ! des syndicats présente période de transition du capitalisme au socialisme. Il apparait tres clairement de sa critique que ces « camarades » avaient préconisé l'indépendance des syndicats par rapport au Parti (et au gouvernement) et avaient mis en doute que leur principale tâche soit « l'augmentation de la production ».

Lai-Jo-You a exhorté les délégués à propulser une « émulation socialiste » plus active parmi les ouvriers afin de pouvoir d'ici 15 ans rattraper et dépasser la Grande-Bretagne dans la production d'acier et d'autres produits industriels de base.

Selon le rapport de Li-Fou-Choun à ce même congrès sur le bilan du premier plan quinquennal et des objectifs deuxième, la Chine produira en 1962 douze millions de tonnes d'acier et en 1972 quarante millions.

Le deuxième plan quinquennal prévoit que la production industrielle actuelle sera doublée et il met l'accent sur l'augmentation de la production agricole grâce à une culture plus intensive, facilitée par l'emploi d'engrais. de machines et de travaux d'irrigation.

Q

E

FRANCE

Au seuil

Il n'a pas fallu deux ans pour que le « Front républicain » des élections du 2 janvier 1956 soit définitivement enterré. Après la chute du gouvernement Bourgès-Maunoury, les hommes politiques eurent besoin de plus d'un mois pour investir Félix Gaillard, un homme bien nanti financièrement parlant.

C'est sur le projet de loi-cadre pour l'Algérie que se produisit la chute gouvernementale, provoquée par la droite, d'une part pour accentuer encore davantage les dispositions réactionnaires de cette loi, d'autre part pour imposer une politique financière plus féroce envers les masses travailleuses. C'est sur ce dernier point que les difficultés pour monter la nouvelle combinaison gouvernementale furent particulièrement grandes. En effet, la bourgeoisie ne pouvait en cette circonstance se passer de la participation socialiste, par suite de la place du groupe socialiste dans le Parlement actuel et devait l'associer à sa politique pour affaiblir la résistance des masses.

Tandis qu'au lendemain des élections du 2 janvier 1956 la droite se voyait contrainte de voter pour le gouvernement Guy Mollet ou elle n'était pas représentée, maintenant dans l'équipe Gaillard les socialistes se trouvent associés aux représentants du M.R.P. et aux indépendants, et ce sont les socialistes qui votent en dépit d'eux-mêmes, de crainte de se trouver dans l'opposition avec les élus du P.C.F.

Sur l'Algérie, la politique de « pacification » se poursuit sous la très socialiste direction de Lacoste. La seule évolution notable, c'est que des hommes comme Mendès-France, Mitterand... prononcent maintenant de temps à autre pour la formation d'une Fédération (ils ont des nuances à ce sujet). Deux facteurs leur donnent ce « courage». Ils sentent que l'opinion publique — si vague que puisse être ce terme — commence à être lasse de cette guerre dont on lui annonce périodiquement le « dernier quart d'heure». Ils ont vu au Congrès de l'Afrique noire à Bamako que d'autres dangers pointent à l'horizon. Mais les propos de Mendès-France et autres sont encore très timides. L'initiative politique reste entièrement entre les mains des « pacificateurs » bien que des couches décisives du grand capital soient pour la fin de la guerre, car celles-ci ne savent pas comment y parvenir; et il faut comprendre que le tournant ne pourra etre pris par le capitalisme français sur la question algérienne tant qu'il ne subira pas un désastre majeur, un « Dien Bien Phu » militaire ou financier.. Les dirigeants actuels de la politique française spéculent en premier lieu sur l'idée que les Etats-Unis. quels que soient leurs désaccords sur l'Algérie, ne peuvent pas abandonner ouvertement la France en Afrique du Nord de 1958

A la récente conférence de l'OTAN. les dirigeants américains se sont abstenus de taire une déclaration explicite reconnaissant à la France le droit de mener sa politique en Afrique du Nord. Aussi Gaillard a-t-il mené un chantage. Nous voulons des tusees, des rampes de lancement, disait-ll, ajoutant egalement, les Etats-Unis ne peuvent nous abandonner, si on nous refaisait le coup des armes à la Tunisie, alors il pourrait y avoir des difficultés à l'OTAN. Le gouvernement américain est certainement très peu sensible à de tels propos, il sait qu'aucun gouvernement bourgeois français n'a la moindre envie ni la capacité de rompre l'alliance atlantique.

Le gouvernement Gaillard, des sa formation, a pris des mesures économiques et fiscales pour réduire la consommation des masses (hausses des prix, des impots, maintien des salaires ou augmentations insignifiantes). Des investissements sont stoppés. Il s'agit de procéder à d'importants emprunts à l'étranger et le directeur du Fonds Monétaire International est venu à Paris pour étudier la situation économique de la France et dicter les conditions politiques auxquelles des préts seront accordés. l'emploi des fonds prétés étant contrôlé. De ce fait le Parlement a été obligé de voter le budget sans qu'il y ait eu une discussion à son sujet: la question de confiance a été posée dès le début, ce qui était un truc de procécussi parlementaire pour réduire là disparlementaire pour à quelques courtes interventions avant le vote.

A présent le gouvernement s'efforce de faire voter une réforme de la Constitution destinée à empêcher la chute d'un gouvernement une fois établi, et à faire du Parlement une assemblée-croupion. Les marchandages se poursuivent des socialistes aux indépendants sur ce sujet comme sur une nouvelle loi électorale. en vue d'une dissolution éventuelle de 1' Assemblée nationale. Dans ces marchandages, les principes de la démocratie bourgeoise elle-même sont assez malmenés.

Mais tout ce jeu sordide, comme toutes les manœuvres et contre-manœuvres parlementaires qui se sont poursuivies pendant et depuis la crise ministérielle, se déroule de la façon la plus cynique, blanaree ou'il s'opére vase sée même, parce clos, en dehors de masses.

Il y eut. dès le pendant tout le 1957, des grèves qu'il s'opere en vase toute intervention des mois de septembre et de dernier trimestre nombreuses pour des augmentations de salaires. On assista à des journées nationales de catégories (métaux, cheminots. fonctionnaires,..). Quelques grandes luttes se produisirent en province (Nantes, Saint-Nazaire, Lyon...). Mais toutes les directions syndicales se sont abstenues de répondre au désir qui grandissait dans la classe ouvrière d'une

VATRIE ME IN lutte d'ensemble, d'une préparation de la grève générale. Autour des fêtes du nouvel an, les mouvements se sont ralentis. Il est probable que nous verrons en 1958 des luttes contre un abaissement du niveau de vie. Mais ces luttes serontelles assez fortes pour faire tourner les directions syndicales ou les déborder, c'est là l'inconnue de la situation.

Un facteur nouveau commence à poindre, le ralentissement de l'activité économique. Sauf dans certains cas encore limités on ne peut dire qu'il y ait du chômage. Mais le patronat croit que la situation se présente plus favorablement pour lui dans ses rapports avec la classe ouvrière. A diverses grèves ou a diverses « greves tournantes ». des patrons ont répondu par un lock-out. Généralement celui-ci ne durait pas longtemps (2 ou 3 jours), mais les syndicats devaient renoncer aux grèves tournantes et, surtout, après la reprise du travail. les patrons se livrent à des renvois individuels plus particulièrement de milltants, de, délégués ouvriers.

Dans le Parti socialiste. l'opposition -une opposition timorée, brimée — avait marqué quelques points au moment ou Guy Mollet fit accepter la collaboration gouvernementale avec la droite, mais depuis elle a perdu du terrain et meme certaines positions anciennes, en raison de sa couardise politique. Elle n'osa pas demander le retrait des ministres socialistes. Et Guy Mollet eut beau jeu de lui dire : vous ne savez pas ce que vous voulez.

Quant à la direction du P.C.F.. elle est à peine sortie de sa somnolence pendant la crise gouvernementale, pour proposer aux socialistes et à tous les « républicains » c'est-à-dire jusqu'au centre d'Edgar Faure, un compromis gauche ». Elle avait même peur de faire peur en employant le terme de « Front populaire ». Cela n'était pas fait pour stimuler les masses, et d'ailleurs la direction Thorez n'y songeait pas.

Son emprise sur son propre parti s'est beaucoup affaiblie. Cela s'est vu le 17 octobre. En effet, afin de reprendre en main les militants mécontents de l'inaction en face de la guerre d'Algérie. le C.C. avait décidé en septembre une journée d'action contre cette guerre pour le 17 octobre. Ce genre d'activité ne pouvait pas entraîner de larges masses, mais la direction espérait qu'elle stimulerait du moins les militants à une multitude de manifestations grandes et petites. CUITI CHILI

Une assemblée, dite « Convention Populaire », réunissant des délégués du Parti communiste, du Parti socialiste, des organisations syndicales, ainsi que des OIganismes populaires tels que les Comités de quartiers ouvriers et autres, a désigné le dirigeant socialiste Salvador Allende comme candidat aux élections présiden-

TERNATIONALE donnant à chacun une certaine satisfaction d'avoir fait quelque chose. Cela correspond d'ailleurs à certaines traditions dans le P.C.F. Or, rarement journée fut aussi plate. Et cela fut d'autant plus sensible que la veille, la grève de 24 heures des travailleurs de l'électricité avait presque totalement interrompue l'activite économique du pays.

Une telle politique développe un lourd malaise dans le P.C.F. l'absentéisme aux réunions grandit. Cela crée un climat dans lequel les idées oppositionnelles peuvent pénétrer plus aisément. Mais l'opposition qui s'était créée en 1956 sous la forme de deux bulletins qui avaient fusionne au printemps de 1957 a connu une certaine crise. Ayant une faible base ouvrière, composée pour beaucoup d'éléments intellectuels, une partie d'entre eux a perdu tout espoir dans une lutte oppositionnelle. Officiellement ils ont dit que l'élimination de Molotov-Kaganovitch-etc. attestait que la « déstalinisation » était assuree de triompher sans qu'il faille nécessairement recourir à un travail fractionnel. Il n'est pas impossible que certains se retirent de l'activité politique militante. Mais, une autre partie des opposants s'est déclarée décidée à poursuivre la lutte pour redresser le parti. Si ces éléments se montrent conséquents, s'ils se battent sur quelques points sensibles pour les militants, et surtout pour les militants ouvriers de leur parti, la crise qu'ils ont traversée pourra n'être qu'une étape sur la voie de la progression.

En conclusion, la situation politique en France connait un creux, une stagnation plus profonde que tout ce qu'on a vu à plusieurs reprises depuis 1947-1948. Cette situation présente des dangers sérieux et favorisent à l'extrême les machinations de la bourgeoisie; mais celle-ci n'a aucun moyen de donner une solution à la situation, elle est surtout engluée dans la guerre d'Algérie; aussi la situation peut-elle très rapidement évoluer, passer d'un creux très accentué à une période de crise, de tension sociale élevée. La perspective probable est celle d'une succession de périodes d'apathie et fébrilité intense. Et il importe que les militants révolutionnaires. loin d'être déconcertés par ces soubresauts, sachent au contraire les exploiter. en passant périodes de luttes agitées a des périodes de consolidation politique et vice-versa.

P.F. tielles. Du même coup, la candidature Allende est apparue le pôle d'attraction pour la classe ouvrière chilienne tout entière et pour d'autres couches d'exploités.

Cette « Convention populaire » doit ses jours à une décision prise par le récent congrès d'unification socialiste. Elle était

La candidature Allende

La candidature Allende

N née sous le signe de la politique hardie de ce congrès et avait pour mission d'élire un candidat à la présidence issu des rangs ouvriers.

Plus de 3.000 délégués, venus de tous les coins du pays et représentant en majorite le mouvement ouvrier organisé, assistèrent à la Convention. D'autre part, il est à signaler qu'a lAssemblée sont venus de nombreux délégués de groupements qui avaient jadis soutenu Ibanez. mais qui cette fois-ci étaient décidés à voter pour la désignation d'un candidat ayant une politique et un programme ouvriers.

Les débats à la Convention ont été des plus passionnés. Cependant, tant la direction du P.C. que celle du P.S. se mirent à manœuvrer pour faire passer un candidat bourgeois (en l'occurrence Guillermo Pedrega d'un représentant ouvrier. mo Pedregal. ancien ministre d'Ibanez) à la place Mais l'énorme pression des militants communistes et socialistes, des délégués des groupes indépendants, jointe à l'activite déployée par la gauche socialiste et les groupes de jeunes communistes - qui mènent d'ailleurs un travail oppositionnel à l'intérieur du P.C. - déjouèrent toutes les manœuvres des bureaucrates, et ce fut le socialiste Salvador Allende que l'Assemblée a élu presque à l'unanimité. Son élection produisit une telle joie que les travaux de la Convention furent suivis d'une grande fête populaire. où l'on voyait. pour la première fois depuis longtemps, des militants communistes et des militants socialistes chanter ensemble l'Internationale. C'est ainsi qu'ils exprimaient la volonté des milliers et des milliers de militants du P.C. et du P.S. et, en définitive, celle des masses chiliennes dans leur ensemble.

La réanion de la Convention populaire. avec son choix d'un candidat socialiste. a ouvert de nouvelles perspectives développement des luttes des masses. Des conditions sont créées pour de grandes mobilisations de masses autour d'un programme socialiste révolutionnaire, c'està-dire ayant des buts de classe. Le défilé de plus de 50.000 personnes le 12 décembre pour soutenir la candidature Allende en témoigne.

La presse bourgeoise et pro-impérialiste a commenté avec une très grande inquiétude ce défilé et averti du danger qu'il annonce pour « le pays». Par le nombre des manifestants. par sa composition hautement prolétarienne et par son enthousiasme débordant, ce défilé - qui rappelle les grandes mobilisations ibanistes de jadis — a constitué une des plus grandes manifestations politiques de masse des dernières années. Et ceci malgré les discours prudents des organisateurs, y compris d'Allende lui-même qui. voulant refroidir les esprits, tint à dire que son gouvernement éventuel ne serait pas un gouvernement socialiste mais démocratique.

En dépit du caractère limité et déformé que les directions aussi bien du P.C. que du P.S. veulent donner à la candidature Allende. celle-ci constitue déjà le centre de ralliement des masses dans leur lutte anti-impérialiste et anticapitaliste. lutte

TERNATIONALE qui se livrera cette fois-ci sur un plan politique plus élevé qu'aux temps du mouvement ibaniste parce qu'elle aura une direction ouvrière. un programme socialiste et des objectifs plus décisifs. La radicalisation actuelle des masses se reflète déjà tant dans la base du P.C. que du P.S. Les militants des deux partis mènent ensemble une activité et veulent donner à la mobilisation des masses un caractère révolutionnaire à l'encontre des manœuvres opportunistes de leurs directions (1).

A la base du P.C. le mécontentement s'accroit envers la politique conciliatrice de la direction. Des groupes d'opposition apparaissent. La direction s'est alors lancée dans une opération à l'intérieur du Parti. Celle-ci consiste convoquer des réunions pour la « vigilance révolutionnaire », où la direction s'attaque à l'influence « pernicieuse » des trotskystes et des reinosistes (2), et lance des appels pour la combattre. Cependant, dans sa tentative de se rendre plus persuasive envers les militants, la direction du P.C. se voit obligée d'argumenter politiquement contre la politique trotskyste, présentée comme « sectaire ». anti-unitaire», ecc., etc.

Cependant, ce qui, de toute évidence. a exercé le plus d'influence sur la base di Parti communiste, c'est le recent congrès d'unification socialiste, c'est-àdire les résolutions adoptées à ce congrès, qui ont eu un grand retentissement dans la classe ouvrière du pays.

Or, la direction actuelle du Parti socialiste a toujours une attitude hésitante sinon craintive envers la politique adoptée au congrès et elle résiste à l'appliquer. La direction n'a rien publié jusqu'ici qui puisse être considéré comme une application des résolutions du congrés. et si elle a consenti à la candidature d'Allende, ce fut sous la forte pression de la base du Parti.

Cependant, le P.S. a grossi ses rangs et peut encore augmenter ses effectifs et son influence au cours des mobilisations de masses que le soutien de la candidature Allende va déclencher. C'est à la gauche du P.S. qu'est dévolue la tâche d'imposer une application correcte des résolutions approuvées par le congres d'unification socialiste et de faire en sorte que la mobilisation de masses pour le soutien de la candidature Allende atteignant un haut niveau révolutionnaire, aboutisse à la constitution d'un gouvernement ouvrier et paysan, exigé par la crise économique. sociale et politique que connait le Chili.

La mobilisation des masses qui se dessine déjà autour de la candidature Allende sera stimulée d'une part par les progrès de la révolution coloniale et plus particulièrement des luttes ouvrières en Argentine et en Bolivie, et d'autre part

(1) Des « Comités pour la candidature Allende » se sont formés un peu partout dans le pays, notamment dans les agglomérations ouvrières. Ils ont un grand écho et sont chaudement soutenus.

(2) Il s'agit d'un groupe d'exelus du PC.

VATRIEME

INTERNATIONALE par l'incapacité du gouvernement et de la bourgeoisie en général à résoudre la grave crise économique illustrée par une inflation débridée et un chomage consécutif à la paralysie de nombreuses branches industrielles. C'est une situation qui tend à s'aggraver par suite de la baisse de prix du cuivre et par la récession des Etats-Unis. Les perspectives économiques du pays sont sombres en ce qui concerne une réactivisation dans les mines, d'autant plus que l'instabilité du pays n'attirera certainement pas vers lui des prêts des banques nord-américaines.

La candidature Allende est concurrencée par celle d'un représentant des sociaux-chrétiens, Frei, En possession d'un langage démagogique, Frei préconise qu'il faut satisfaire les besoins des masses travailleuses, rendre « humain » le capitalisme, etc. Le défilé de ces derniers jours pour soutenir candidature (40.000 personnes environ) prouve que Frei est suivi par un large secteur de la petite bourgeoisie, tandis que la classe ouvrière dans son ensemble se rallie auSYRIE

Tiraillements entre (Lettres d'un

La crise turco-syrienne semble avoir pris fin malgré le maintien des concentrations turques à la frontière; celles-ci ressortissent a la guerre des neris, car il est peu probable que les Etats-Unis puissent se lancer dans une aventure pareille aux risques incalculables, quoiqu'il n'y a aucune possibilité de coup d'Etat en Syrie qui aurait arrangé à peu de frais les choses pour l'impérialisme américain. D'ailleurs, il n'est pas question pour le Kremlin d'opérer un processus révolutionnaire, mais de se constituer une clientèle dans le cadre de la coexistence pacifique, clientèle bourgeoise et féodale, dont le concours est nécessaire pour équilibrer le bloc adverse dans la course à la puissance entre la bureaucratie soviétique et le capitalisme occidental.

Nasser, qui semblait refuser de contracter un prêt auprès de l'U.R.S.S., semble avoir changé d'avis à l'occasion de la visite de son ministre de la Défense à Moscou et se dispose à s'aligner sur la Syrie dans ce domaine.

Sur un plan nlus local, une campagne puissante est menée par Le Caire contre le Roi de Jordanie et son régime dans l'espoir de le renverser, d'autant plus que la masse de la nation lui est hostile, à l'exception des Bédouins, seul soutien de son trône. Une campagne du même genre est menée au Liban, mais se heurte au caractère confessionnel de la politique intérieure libanaise, ce qui fausse le problème. Des mesures draconiennes de police sont prises par les autorités pour arrêter le mouvement.

Fait curieux à remarquer en Syrie: le P.C. s'allie aux féodaux pour combattre les socialistes du Baath, qui veulent ap84 tour de la candidature d'Allende. Cependant, si la direction ouvrière se montre capable d'appliquer un programme ouvrier, si elle sait offrir aux masses des solutions socialistes, elle provoquera dans les masses qui suivent aujourd'hui Frei des remous, et nombre de secteurs petits bourgeois, populaires et des temmes attirés aujourd'hui par Frei se tourneront vers Allende.

La désignation des candidats au poste présidentiel du pays ouvre une nouvelle étape de la lutte des classes et révolutionnaire au Chili. Derrière la candidature d'Allende est en train de se constituer une puissante mobilisation révolutionnaire des masses qui tâchera de jeter bas le pouvoir de la bourgeoisie et de l'impérialisme pour constituer un gouvernement ouvrier et paysan. Dans de telles conditions, les courants et tendances pour la formation d'un grand parti marxiste révolutionnaire de masse se développeront.

Le 24 décembre 1957.

Emilio PRATTI le P. C. et le Baath correspondant) pliquer leurs réformes petites bourgeoises pour ne pas inquiéter les possédants alliés de l'U.R.S.S.. paralysant toute lutte de classes.

(21 novembre 1957)

La crise turco-syrienne semble s'être apaisée, du moins en apparence, car les Etats impérialistes saisiraient la moindre occasion qui se présenterait de réaliser un coup d Etat en Syrie, si cela était possible. Le recours à une agression turque ou israélienne se heurterait non seulement à l'U.R.S.S., mais serait contrée par la solidarité inter-arabe.

Sur le plan intérieur syrien des tiraillements se sont fait jour entre communistes et socialistes baathistes; d'une part, la rivalité des deux partis pour s'assurer le contrôle de l'appareil l'Etat, a provoqué l'ajournement des élections municipales au détriment des communistes, d'autre part, ces derniers s'allient aux formations bourgeoises contre le Baath, en pratiquant une politique d'opportunisme outrancier, qui consiste à refuser d'appuyer la moindre revendication ou action ouvrière, même dans le cadre petit bourgeois du réformisme socialiste baathiste, pour ne pas inquiéter la bourgeoisie nationaliste anti-impérialiste et risquer de la voir se détourner de l'amitié avec la bureaucratie soviétique qui lui vaut de fructueuses affaires et une importante aide économique. Le VicePrésident du Conseil syrien, Kaled Azem. grand bourgeois milliardaire, initiateur de cette politique, est en visite à Moscou à la tête d'une délégation gouvernementale, pour poursuivre les négociations

U A T I ME après la ratification de l'accord économique. Tout cela entrant dans les plans de la bureaucratie soviétique de constitution d'une clientèle à elle, d'Etats nationaux bourgeois en dehors • du bloc des Etats ouvriers, ce qui s'explique par son incapacité d'envisager un processus révolutionnaire.

Il faut s'attendre à ce que l'impérialisme américain essaie de jouer de la rivalité P.C.-Baath, pour renverser le régime actuel.

Sur un plan parallèle, les milieux dirigeants des pays arabes favorables à l'impérialisme ont chargé la Turquie, membre de l'O.T.A.N., de proposer le retour au plan de partage de la Palestine de I'O.N.U. de 1947, à la réunion du conseil de l'O.T.A.N. ces jours-ci. En effet. la raison principale de l'opposition acharnée des nationalistes arabes aux projets d'alEGYPTE

La Conférence du

Nous reproduisons ci-dessous le texte

E RNATIONALE liances et autres prônés par les Occidentaux, est l'appui accordé tour à tour par l'Angleterre et les Etats-Unis au plan sioniste de constitution d'un Etat juif en Palestine. Il s'agit done pour ces milieux dirigeants pro-occidentaux, d'obtenir de l'impérialisme le retour à un projet plus favorable pour les Arabes que le statu quo; leur chance de succès est minime: d'une part, Damas et le Caire, appuyés par le Kremlin, refusent tout compromis proposé par les Occidentaux, car ils visent a extirper toute influence occidentale en Moyen-Orient: d'autre part, les U.S.A. ne peuvent mécontenter l'importante communauté juive américaine, et la France, de même, appuie à fond Israël à cause de l'affaire algérienne. Seule l'Angleterre partage l'opinion de ses alliés de Bagdad.

(16 décembre 1957) Caire et l'Algérie

La Conférence des peuples afro-asiatiques tenue au Caire :

1. Condamne la guerre coloniale menée en Algérie et les atrocités commises par les forees impérialistes françaises contre le peuple algérien qui lutte pour son independance;

2. Affirme son soutien à la lutte héroïque du peuple algérien ;

3. Demande que :

a) L'indépendance du peuple algérien soit reconnue sans délai ; b) Des négociations s'engagent immédiatement sur la base de l'indépendance, entre le gouvernement français et le Front de Libération Nationale qui représente le peuple algérien; c) Les 5 dirigeants et tous les autres nationalistes algériens qui sont en prison ou dans des camps de concentration soient immédiatement libérés;

4. Proteste contre P'emploi de l'armée française et africaine et lui demande de refuser de combattre ses frères:

5. Fait appel aux peuples du monde entier, et plus particulièrement à ceux d'Afrique et d'Asie, pour faire tout ce qui est possible comme protestations, manifestations et autres moyens d'action appropriés, afin de mobiliser l'opinion publique contre la génocide et de faire respecter par la France les droits de l'homme et la Convention de Genève sur les lois de la guerre.

En conséquence:

a) Le 1° mars 1958 sera observé comme Journée de solidarité pour l'Algérie dans toute l'Afrique et dans toute l'Asie par la tenue de manifestations, meetings de masse, collectes, etc.

b) Il est recommandé de former des comités pour la libération de l'Algérie et d'appeler tous les peuples d'Asie et d'Afrique à aider le peuple algérien au moyen d'argent, de vêtements, de médi- intégral de la résolution votée à l'unanimité par les de 49 pays afro-asiatiqucs à du Caire. Nous appuyons sur l'Algérie représentants la Conférence la formation de Comités pour la Libération de l'Algérie et demandons a toutes les organisations de la IV° Internationale de donner une suite pratique à toutes les recommandations progressives de cette résolution, y compris de faire partout du le mars mars 1958 une journée de solidarité active envers la Révolution algérienne.

Considérant le droit légitime du peuple algérien à son indépendance et à sa souveraineté nationales,

Considérant que les gouvernements français qui se sont succédé mènent une véritable guerre coloniale visant à l'extermination du peuple algérien,

Considérant que cette guerre a même soulevé l'indignation et les protestations d'un important secteur de l'opinion publique française,

Considérant que cette guerre cause des pertes humaines et matérielles considérables entrainant l'exode de centaines de milliers de réfugiés en Tunisie et au Maroc et rend un nombre encore plus grand sans abri dans leur propre pays; que ces soutirances demandent une aide immediate,

Considérant le refus systématique de la France d'engager sucune négociation sérieuse, qui s'est encore récemment manifesté par le refus d'accepter l'offre de bons offices des chefs d'Etat de Tunisie et du Maroc, en dépit de la recommandation de l'O.N.U.,

Considérant que cette guerre au peuple algérien est une menace à la sécurité du peuple africain et à la paix internatioHaies nale.

INT

Q U ATRIE M caments, d'aliments et de toutes autres formes d'aide matérielle; c Un secours sera assuré à tous les réfugiés algériens qui ont besoin d'aide.

6. Appelle tous les gouvernements, en particulier ceux d'Asie et d'Afrique, à :

a) Insister pour l'indépendance de l'AlETATS-UNIS Elections Municipales de N

Aux élections municipales de New-York, Joyce Cowley, candidat du Socialist Workers Party a obtenu 13.915 voix, au lieu de moins de 4.000 voix aux élections municipales de 1953. La campagne de Joyce Cowley fut appuyée par differentes personnalités de gauche non trotskystes. comme Vincent Hallinan, ancien candidat progressiste a la présidence des Etats-Unis, et les rédacteurs de l'hebdomadaire National Guardian.

Howard Fast rompt

Le grand romancier américain Howard Fast, lauréat du Prix Staline et principal écrivain qui était resté fidèle au stalinisme dans le passé, a rompu avec le P.C. après l'écrasement de la révolution hongroise. Il vient de publier les raisons de cette rupture dans une brochure intitulée « L'Ecrivain et le Commissaire ».

Il Y raconte notamment qu'entre la publication d'une violente attaque contre le stalinisme dans l'organe du P.C. americain « Daily Worker » en juin 1956 et son départ du P.C. en février 1957 il reçut la visite de diplomates et de journalistes de pays des « démocraties populaires », y compris des personnalité haut placées.

«Ils ont présenté devant mes yeux déjà torturés une telle image de terreur, d'injustice et de cauchemar pur et simple, que le discours « secret » de Khrouchtehev apparut une esquisse fort modérée

La crise du P.

Le P.C. américain continue de subir une crise très grave. John Gates, rédacteur en chef du quotidien communiste «Daily Worker » subit des attaques violentes d'une fraction stalinienne dirigée par William Z. Foster, qui l'accuse d'être un « révisionniste de droite ». Foster pu blia une longue attaque contre Gates et Bittelman (collaborateur du secrétairegénéral du P.C. américain, Eugène Dennis) dans la revue soviétique « Communiste ». La revue du P.C. américain «Political Affairs » a reproduit une version modifiée de cette polémique.

L'indignation de Foster et de ses accolytes a été renforcée par le fait qu'à la majorité d'une voix, le Comité National 86

E RNATIONALE gérie dans toutes les organisations internationales; b) Employer tous les moyens appropries pour obliger le gouvernement français à cesser les hostilités en Algérie; c) Trouver les moyens adéquats pour faire stopper toute aide d'autres gouvernements à la France. lew-York et San Francisco

A San Francisco, Frank Barbaria, candidat au conseil municipal, a obtenu 17.082 voix, soit 8% du total. Ce résultat aussi est dû en grande partie à l'appui que diverses personnalités indépendantes de gauche ont accordé à la candidature du S.W.P., qui était le seul parti ouvrier participant aux élections sur une plateforme d'action politique indépendante de la classe ouvrière.

avec le stalinisme d'une situation d'ensemble qu'on ne pourrait jamais déerire dans tous les détails. Certains parlaient froidement, d'autres avee passion, d'autres encore avec haine. Certains pleuraient pendant qu'ils parlaient. D'aucuns évoquèrent l'agonie de camarades qu'il avaient aimés et qui furent assassinés par la police secrète soviétique, de camarades frappés et torturés et d'autres encore auxquels on avait enlevé tout sens de leurs qualités d'hommes ».

Howard Fast reproduit la description vivante que ces communistes d'Europe orientale lui ont faite de la vie des grands bureaucrates de ces pays, ainsi que de la vie misérable de leur peuple. Il concluant en affirmant sa confiance dans le socialisme et dans l'essor de l'économie soviétique et chinoise, auquel les bureaucrates des partis staliniens n'ont imposé que des freins. C. américain du P.C. des Etats-Unis s'est refusé d'adopter la déclaration des douze P.C. publiée au lendemain des fêtes du 40 anniversaire de la Révolution d'Octobre.

Poursuivant ses intrigues, Foster avait demandé qu'on supprime le quotidien «Daily Worker »! Cette proposition avait d'abord été rejetée avec indignation par Gates et ses amis, qui avaient même menacé de poursuivre la publication du «Daily Worker » comme organe indépendant si le Comité National du P.C. décidait sa suppression. Aux dernières nouvelles, cependant, Gates a dû s'incliner. surtout à cause de la situation financière mauvaise de ce journal qui n'avait cessé de perdre des lecteurs.

Le Congres syndic

La Centrale Syndicale AFL-CIO a tenu son congrès du 5 au 12 décembre à Atlantie City. Trois syndicats, celui des Teamsters (transporteurs), celui des Travailleurs de la boulangerie et de la confiserie, et celui des Travailleurs de la blanchisserie furent exclus de la confédération, parce qu'ils avaient refusé de s'incliner devant la décision de remplacer leurs dirigeants accusés de corruption criminelle par une commission d'enquête du Congrès, c'est-à-dire le Parlement de washington.

cette accusation est sans aucun doute fondée : en fait, les militants syndicalistes ont dénoncé depuis longtemps la collusion entre des milieux syndicaux corrompus et le patronat. Cet aspect de la corruption a cependant été soigneusement caché par la commission d'enquête du al a Atlantic-city Congrès. Par ailleurs, ses décisions constituaient une intervention inadmissible dans la vie intérieure des syndicats. On aurait pu exiger au même titre que le Congrès examine la corruption à l'intérieur des entreprises. dans les relations commerciales, a l'intérieur des sociétés par actions, etc.

Aussi le devoir des dirigeants de l'AFLCIO aurait-il dû consister a refuser tout droit de regard du parlement dans les affaires syndicales, et à faire un appel aux militants de base pour que ceux-ci nettoient leur propre maison. Mais, comme ces dirigeants sont eux-mêmes des bureaucrates qui craignent les initiatives de la base, ils ont préféré se plier aux ukases parlementaires, ouvrant ainsi la porte à une véritable « chasse aux sorcières » renouvelée dans les syndicats.

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