Les crises ministérieiles en France tendent de plus en plus vers une crise de régime, par suite de la convergence de plusieurs acteurs. En premier lieu vient l'allaire algerienne qul a amene le gouvernement à envoyer en Algérie environ un demi-million de soldats du contingent pour « pacifier » le pays et qui coûte 2 milliards de franes par jour.
Des couches essentielles du grand capital voudraient mettre un terme à cette guerre, mais le grand obstacle est l'absence d'une bourgeoisie algérienne tant soit peu conséquente qui puisse être considérée comme un « interlocuteur valable ». Divers projets sont en l'air, dont une « Fédération franco-africaine », unissant le capitalisme français et les bourgeoisies indigènes de l'Afrique du Nord et de l'Afrique Noire - soutenant ainsi les quelques éléments bourgeois algériens susceptibles d'assurer la direction d'un Etat capitaliste.
Autres grands obstacles pour le capitalisme français : sa structure économique surannée. Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, les secteurs de l'industrie lourde (aciéries, mines), les chemins de ter, ont eté renovees, mais saut cas exceptionnels les industries de transformation sont arriérées et le système de distribution est tout à fait archaïque. D'où l'existence de larges couches bourgeoises et petites bourgeoises attachées au statu quo, et par suite lappareil polltique de la France se trouve empetré par les défenseurs de celui-ci.
Le Parlement actuel - ainsi truffé de multiples défenseurs de betteraviers, sucriers,... sans perspectives, de poujadistes expression de petits détaillants en rébellion contre les monoprix - comporte d'autre part plus de 140 députés d'obédience stalinienne, ce qui ne donne aucune stabilité possible à un quelconque gouvernement bourgeois.
Depuis les élections du 2 Janvier 1956, c'est le P.S. qui est le veritable pivot de l'Assemblée nationale. Mais Guy Mollet ayant pendant 16 mois fait la politique de guerre cherche aujourd'hui l'occasion de réapparaître comme l'homme de la paix, tout en ne se liant d'aucune manière au P.C.F.
Dans de telles conditions, aussi longtemps que la classe ouvrière n'interviendra pas activement, de nombreuses surprises sont possibles, notamment dans le sens d'un renforcement de l'Exécutif au dépens du Parlement.
La classe ouvrière avait été complètement abasourdie par la politique du P.S et du P.C. après les élections du 2 janvier. Ayant vote pour la paix, elle a eu la « pacification », c'est-a-dire la guerre qui a donné la chance aux éléments les plus réactionnaires de donner de la voix dans une campagne raciste.
Une reprise de la combativité ouvrière se fait jour à présent sur le terrain économique, en raison de la montée des prix. Les ouvriers se tournent vers l'idée d'une lutte « tous ensemble ». Si de grandes luttes économiques éclataient, leurs conséquences politiques seraient extrêmement rapides, le capitalisme français n'étant vraiment pas en état lutter sur deux fronts (en France et en Algérie).
Mais la direction du P.C.F. qui controle la direction de la C.G.T. a d'autres visées qu'une lutte d'ensemble qu'elle risquerait de ne plus contrôler. Elle recherche toujours une aile de la bourgeoisie qu'elle pourrait appuyer en vue d'une politique non-atlantique. Même quand elle parait endurcir son action sur la question algérienne, son objectif reste le même, comme vient de le montrer une lettre envoyée par la direction du P.C.F. au P.S., au parti radical, au R.G.R., pendant cette crise gouvernementale.
La politique stalinienne avait suscité l'an dernier des oppositions principalement intellectuelles, sur les questions de la démocratie du parti et du stalinisme. Le malaise parmi les militants ouvriers n'avait pas été jusqu'au développement d'oppositions à base ouvrière. On commence à discerner des débuts d'opposition de militants ouvriers dans le P.C. sur la tactique a suivre en face de la volonté de combat des travailleurs. On n'en est pas encore à une compréhension des ditférences d'orientation qui sont impliquées, mais c'est dans cette direction que la situation évoluera.
Nous avons publié dans notre précédent numéro la déclaration des camarades P. Frank et J. Privas devant le tribunal où ils étaient poursuivis en raison de la politique du P. C. I. (section française de la IV° Internationale) contre la guerre d'Algérie. Le tribunal a condamné chacun de nos camarades à 6 mois de prison avec sursis.
Q
VATRIEME
E
Grèce
CONGRES DE LA SECTION DE LA IV° INTERNATIONALE
Le 5º congrès du Parti Communiste Internationaliste de Grèce (section grecque la V Internationale) a eu lieu au mois d'août 1957.
Le congrès a décide de poursuivre le plan entrepris des publications, en y incluant une série d'ouvrages de L. Trotsky et les ouvrages inédits du camarade P. Pouliopoulos.
Les documents du 5º Congrès de la IVe Internationale seront également tra-
La crise du stalinisme au Brésil, dont le processus se développe en vagues successives à l'intérieur du P. C., entre maintenant dans une nouvelle étape. Les limites de la scission dirigée par Agildo Barata et le caractère droitier de ses positions politiques d'éloignement du communisme, ont apparemment renforcé pendant un temps la direction prestistestalinienne, donnant l'impression d'une diminution de la pression intérieure au sein du plus fort Parti Communiste d'Amérique Latine. Cependant, nous ne pensions pas que cela reflétait la situation intérieure véritable du P.C.B. Nous savions bien que, malgré la victoire apparente de la direction stalinienne de Prestes et compagnie, obtenue contre le groupe droitier d'Agildo Barata, la crise dans le P.C.B. s'étendait et s'approfondissait, préparant ainsi une manifestation nouvelle et plus spectaculaire. Et c'est ce qui commence à se passer maintenant.
Le trait caractéristique de la nouvelle étape se révèle dans le nouveau rapport de Prestes (« Noticias de Hoje », 7 septembre 1957. Sao-Paulo). Dans ce document, sous l'énorme pression de la base du parti et devant le caractère explosif de la crise du P.C.B., Prestes fait quelques confessions véritablement dramatiques. Il dit: « Beaucoup de camarades, et parmi ceux-ci des militants et des dirigeants d'organisations du parti, affirment maintenant leur défiance dans la capacité du Presidium actuel de mener à bien le processus d'autocritique commencé après le 20º Congrès du P.C. de l'U. R. S. S., et de préparer dans des conditions démocratiques le 5° Congrès de notre parti » (souligné par nous), Il ajoute : « Ce serait une grave erreur de poursuivre le même chemin que jusqu'à maintenant. Nous ne pouvons continuer à remettre à plus tard la rectification des défauts déja reconnus. Si nous n'affrontons pas courageusement les erreurs et les faiblesses existant dans le parti, si nous ne sommes pas capables d'inspirer confiance au parti et au peuple, si nous ne prenons pas les mesures nécessaires pour que les communistes intensifient leur activité politique, notre parti se transformera en 80 duits en grec et publiés imprimés dans une brochure spéciale.
Le congrès a décidé d'autre part d'accélérer les préparatifs pour l'édition d'un organe théorique légal.
Quant à l'orientation générale du travail quotidien essentiel de la section, celle-ci a réaffirmé la nécessité de travailler patiemment et méthodiquement au sein de l'E.D.A., l'organisation politique de masse influencée par le P.C. grec.
par José Maria CRISPIM. une petite secte coupée des masses ». (souligné par nous).
Prestes se voit alors forcé de reconnaître la « diminution de l'autorité et du prestique du Présidium du Comité Central ». Et il doit de plus admettre : « Nombreuses sont les critiques faites aux dirigeants les plus responsables pour leur inexistence en face des événements politiques et leurs erreurs dans la direction des discussions qui se sont engagées dans le paru, sans parler du mecontentement dü à l'absence d'une autocritique protonde des erreurs commises dans le passé ». Il se voit obligé de préciser : « Il ne suffit pas de rompre en paroles avec la subordination du C. C. au Présidium et avec les méthodes routinières et bureaucratiques de direction ». Ainsi, dans cet ordre d'idées, Prestes admet la nécessité de remplacer dans la direction « les camarades qui sont le plus directement compromis par leur obstination dans les conceptions et pratiques erronées ».
Après avoir souligné que « dans le cours de la lutte intérieure, une contradiction s'est révélée comme plus forte que toutes les autres - la contradiction entre la direction et la base du parti », Prestes propose quelques mesures « pour sortir le Parti des grandes difficultes dans lesquelles il se trouve aujourd'hui »... et déclare que « le premier pas consiste, dans ce but même, à rétablir la confiance et l'autorité indispensable de la direction ».
Prestes signale que « la responsabilité de toute situation existante dans le parti et dans la direction retombe sur le comité central. C'est ce que nous devons reconnaitre. Mais, il est hors de doute que la principale responsabilité retombe sur le Présidium ». Ainsi, étant donné que « figurent dans le Présidium actuel quelques-uns des camarades les plus compromis par les conceptions et les méthodes ultra-centralistes et autoritaires » et que « le Présidium actuel n'a pas réussi à créer - comme cela est extraordinairement nécessaire - un climat sain de démocratie intérieure, combiné avec le centralisme »... étant donné de plus que « le travail pratique de la direction
Brésil
NOUVELLE ETAPE DE LA CRISE DU P.C.
Brésil
NOUVELLE ETAPE DE LA CRISE DU P.C.
Q s'effectue avec des faiblesses criantes ». Prestes propose le remplacement de quelques éléments du Présidium et la tenue du 5º Congrès. Prestes justifie ceci de la manière suivante: « pour développer l'activite du Parti et réaliser avec succès, sur des bases démocratiques, un 5º Congrès, il est urgent de trouver une solution politique et celle-ci réside dans un remaniement du Présidium d'un point de vue de principes, en accord avec les intérêts du parti ».
Il est évident que ce rapport constitue pour Prestes la réalisation d'une manœuvre désespérée, grâce à laquelle il essaye de sauver les restes de son prestige de dirigeant et son poste de chef du
P.C.B. En proposant un changement dans la plus haute direction du parti — le Présidium - en insistant sur la nécessité d'organiser la tenue du 5º Congrès « dans des conditions démocratiques », Prestes en réalité cède à l'état de bouleversement général dans lequel se trouve le P. C., du fait du soulèvement de la base contre la direction. Prestes cherche à se sauver en sacrifiant ses vieux complices. Cette manœuvre désespérée ne pourra réussir à canaliser la crise du P. C. B. En effet. celle-ci ne peut se résoudre que par l'organisation et l'action d'une tendance marxiste révolutionnaire qui regroupe la base du parti autour d'un programme de lutte pour le communisme révolutionnaire.
Argentine
LE 2° CONGRES NATIONAL DU P.O.R.
Du 30 août au 1er septembre s'est tenu le 2º Congrès du Parti Ouvrier Révolutionnaire.
Après une ample discussion, le congrès approuva à l'unanimité les documents présentés pour la discussion préparatoire au 5º Congrès mondial de l'Internationale, ainsi que l'activité du Secrétariat International concernant les contacts établis avec le « Comité International » en vue de l'unification des trotskystes.
Particulièrement vive fut la discussion du rapport sur la politique du pays qui fut approuvé également à l'unanimité. Ce rapport souligne l'énorme instabilité politique, économique et sociale de l'Argentine due à la combativité grandissante des masses qui, même sans direction, ont réussi à arracher des concessions au gouvernement réactionnaire AramburuRojas. A travers cette situation, caractérisée par la poussée des masses, se
Le Parti Socialiste Populaire et le Parti Socialiste chilien ont tenu leur congrès d'unification, pour constituer le Parti Socialiste unifié.
Après des débats très animés, le congrès a, à une très grande majorité, approuvé des résolutions dont la ligne générale rompt avec celle que défendaient jusqu'alors les partis socialistes chiliens. C'est ainsi que le nouveau parti se prononce pour « le camp socialiste constitué par l'U. R. S. S., la Chine communiste, la Yougoslavie et les Démocraties populaires » dans la lutte contre « le bloc impérialiste ». tout en préconisant la « démocratisation » des pays du bloc soviétique. Il se déclare résolu à soutenir les peuples coloniaux et semi-coloniaux dans leur lutte pour leur indépendance.
En ce qui concerne plus particulièrement les perspectives pour l'Amérique latine, le nouveau parti socialiste signale développent au sein du mouvement ouvrier des courants en quête d'une polltique indépendante de classe, ce qui ne peut que favoriser la construction d'un Parti révolutionnaire de masse basé sur les syndicats.
Le 2º Congrès du P.O.R. a constaté les grands progrès accomplis tant dans le domaine politique qu'organisationnel. Les effectifs du parti ont doublé depuis son 1°r congrès national; son influence auprès de la classe ouvrière augmente, tandis que son journal « Voz Proletaria » parait régulièrement tous les 15 jours, sur huit pages. D'autre part, le parti des maintenant a un local public et lutte pour que le P.O.R. soit reconnu légalement en vue des prochaines electons.
Le congrès a d'autre part constaté l'importance de l'activité développé par le Bureau latino-américain de notre mouvement. que seule la prise du pouvoir par les masses travailleuses pourra apporter une solution véritable à l'unification des pays latino-américains, et dénonce le caractère réactionnaire de l'O.E.A. (Organisation des Etats Américains).
Sur le plan de la politique intérieure. le parti condamne explicitement la collaboration de classes, s'oppose à accorder un soutien quelconque aux partis bourgeois, y compris les radicaux. En même temps, il fait appel à la convocation d'un congrès des syndicats et autres organisations ouvrières de masse afin de désigner un candidat présidentiel, la campagne électorale devant s'inscrire, l'avis du nouveau parti, dans la lutte générale pour la prise du pouvoir par les masses.
D'autre part, il explique les échecs subis par la centrale syndicale (la C.U.T.) par la politique opportuniste et même capitularde pratiquée aussi bien par la direction
Chili
LE PARTI SOCIALISTE UNIFIE
Chili
LE PARTI SOCIALISTE UNIFIE
INTERNATIONALE du P. C. que par celles du P.S.P. et le P.S. chilien, alors que les masses ont maintes fois — notamment lors des événements d'avril - donné des preuves irréfutables de leur combattivité pour faire échec aux plans réactionnaires du gouvernement et de l'impérialisme yankee. Organiser la classe ouvrière de laçon qu'elle puisse par une politique indépendante de classe entrainer derrière elle la grande masse des travailleurs, reste toujour la principale tâche à réaliser, ajoutent les résolutions du congrès.
Celui-ci a en outre adopté un programme de revendications dont la nationalisation des entreprises nationales d'interet public et impérialistes installées dans le pays; la réforme agraire, avec l'expropriation des grands propriétaires fonciers; le libre commerce avec tous les pays du
CONFERENCE DE LA SECTION
Les 10 et 11 août s'est tenue une conférence extraordinaire de la section chi lienne de la IV• Internationale pour préparer le 11º congrès national de l'organisation.
La conférence approuva après discussion la ligne générale des documents préparatoires au Congrès mondial. Cependant, la section n'ayant pas eu le temps de discuter à sa base ces documents, la Conférence décida d'organiser une réunion spéciale du parti pour combler cette monde, sans aucune discrimination; la destruction des barrières douanières en Amérique latine; le salaire minimum vital garanti; l'échelle mobile des salaires et des heures de travail, et enfin la constitution d'un gouvernement ouvrier et paysan capable d'assumer la réalisation de ce programme.
Le nouveau parti socialiste condamne comme réactionnaires les centrales syndicales O.R.I.T. et C.I.O.S.L. financées par l'impérialisme américain, et la C.T. A.L., instrument de la bureaucratie soviétique. Il se prononce pour la création d'une nouvelle centrale syndicale latinoaméricaine.
En matière organisationnelle le nouveau parti fonctionnera selon les règles du centralisme démocratique et permetra au sein de celui-ci le droit de tendance. DE LA IV° INTERNATIONALE lacune avant le Congrès mondial.
La Conférence extraordinaire a constaté les grands progrès dans le développement d'une tendance marxiste révolutionnaire au sein du mouvement ouvrier organisé en vue de construire le parti révolutionnaire de masse chilien.
Les travaux de la Conférence ont été l'expression du niveau politique élevé de notre section et de son influence grandissante auprès des travailleurs.
Japon
POLITIQUE DEPUIS 1945
Depuis la fin de la guerre, l'évolution politique du Japon a connu des périodes nettement distinctes.
La première (de 1945 à 1948) a été une période de montée révolutionnaire, au cours de laquelle la classe capitaliste s'est considérablement affaiblie. Son existence ne put être maintenue que grace à l'aide des troupes d'occupation américaines, à l'appui des sociaux-démocrates, à une politique de concessions aux masses laborieuses. Pendant ce temps, le mouvement ouvrier était divisé entre le Parti Socialiste (particulièrement droitier) et le Parti Communiste.
La deuxième période (de 1949 à 1952) a été marquée par l'offensive capitaliste.
Le parti démocrate libéral, dirigé par Yoshida, représentait la force la plus réactionnaire. Il remporta un succès massif aux élections de 1949. Les capitalistes, soutenus par le gouvernement démocrate libéral, déclenchèrent une offensive contre la classe ouvrière. Dès la fin de 1948, les troupes d'occupation américaines et la bourgeoisie japonaise reprirent l'une après l'autre les concessions ulis avaient dû faire aux travailleurs lans la periode de crise. Tout d'abord le droit de grève fut interdit aux fonctionnaires et travailleurs de l'Etat (qui formaient à l'époque la fraction la plus militante du prolétariat). Le système des salaires devint encore plus injuste et les 82 pouvoirs du patron au sein de l'entreprise s'accrurent. Finalement, au cours de l'année 1949, des milliers et des milliers de militants ouvriers, communistes pour la plupart, furent chassés de leurs usines et leurs chantiers. En juin 1950, le Parti Communiste fut réduit à un état de semi légalité. La direction du mouvement ouvrier passa au socialistes de la droite et du centre, tandis que le P. C. perdait totalement ses positions dirigeantes.
Mais bientôt des tendances opposées apparurent dans le Parti Socialiste, sur le problème de l'attitude à l'égard de l'impérialisme américain. La Gauche adopta une position neutraliste, et la Droite devint pro-américaine.] D'autre part. le Parti Communiste adopta une politique typiquement aventuriste et perdit toute influence sur le mouvement des masses.
Vers la fin de l'année 1951, une scission intervint dans le Parti Socialiste. Une majorité écrasante de syndicalistes soutenait la politique neutraliste du Parti Socialiste de Gauche. C'est à cette époque qu'au sein de cette organisation s'accrut constamment l'influence de la tendance dirigée par Takano (alors secrétaire général du SOHYO - la principale centrale syndicale japonaise). Au congrès du P. S. de Gauche, cette tendance recueillait un tiers des mandats. Les travailleurs qui appartenaient à la tendance
Q UATRIEME IN Takano s'opposaient au neutralisme, d'un point de vue de gauche et soutenaient le bloc soviétique. Dans une certaine mesure, il est indéniable qu'ils s'éloignaient de l'idéologie social-démocrate. Mais, du fait même de l'absence de direction marxiste révolutionnaire, ces travailleurs tombèrent sous l'influence du Parti Communiste.
La periode suivante (de 1953 a 1956) peut etre caracterisee comme une période préparatoire à une nouvelle montée. La puissance économique et politique du capitalisme japonais s'est considérablement renforcée. La production industrielle aux environs de 1956 a doublé par rapport à l'avant-guerre. Et l'exploitation des travailleurs s'est accrue sans fin.
Mais depuis 1953, les réactions ouvrières contre cette exploitation ont constamment augmenté en nombre et puissance. Les syndicats des mineurs de charbon. les syndicats de l'Electricité. des Constructions Mécaniques, de l'Acier se sont placés à la tête de l'offensive ouvrière. Au cours de la lutte, les syndicats de l'Electricité, des Constructions Mécaniques et de l'Acier ne purent résister à la pression capitaliste et furent battus. Mais les syndicats des mineurs de charbon se maintinrent en tête du combat. se transformant en centre névralgique du mouvement ouvrier. Le syndicat des Chemins de Fer nationaux, privé du droit de grève en 1948, se mit à le regagner pas à pas. A son congrès national de 1953, le syndicat décida de recourir à la grève pour obtenir satisfaction à ses revendications, malgré la loi qui interdisait toute grève aux cheminots.
A cette époque, le Parti Communiste cessa sa politique ultra-gauchiste et laissa à la base une certaine liberté de critique contre le régime intérieur bureaucratique. En agissant ainsi, les dirigeants staliniens cherchaient à renouer leur influence sur le mouvement de masse. Cette manœuvre réussit dans une certaine mesure.
Au cours de ces sévères luttes de classe, de larges couches de cadres syndicaux désireux jusqu'au fond de leur être de passer à la lutte se sont constitués dans les syndicats. Ces couches ne sont profondément liées ni à la social-démocratie ni au stalinisme. Mais le courant principal dans les syndicats est représenté par la direction du P. S. de Gauche qui s'appuie sur la tendance centriste de masse
TERNATIONALE où un grand nombre de militants était chassé de leurs usines, tend a disparaitre, année après année. De nouvelles couches ouvrières, qui ne connaissent pas l'épuisement et sont impatientes de commencer la bataille, viennent au premier plan. De nouveaux cadres ouvriers d'avant-garde apparaissent.
Dans de telles conditions, la lutte des travailleurs de l'acier pour leurs salaires. à l'automne 1956, et la lutte du SOHYO. au printemps dernier, marquent une nouvelle étape de la lutte de classes. Pour la première fois depuis 1949, les chem'nots, bien qu'ils n'en aient légalement pas le droit, ont déclenché d'importantes grèves partielles pour les salaires En Juin dernier, des grèves ont éclaté contre le licenciement des dirigeants syndicaux qui avaient mené des grèves illégales; elles n'étaient que partielles, mais ont revêtu une ampleur et une combattivité considérables. Le Syndicat des Chemins de Fer nationaux et le SOHYO ont annoncé des grèves du même type pour octobre et novembre prochains.
A la tête de la nouvelle vague, trouvent le Syndicat des Chemins de Fer nationaux, et le Syndicat des Mineurs de Charbon, qui groupent à eux deux 600.000 membres. Au cours des luttes du printemps, ces deux syndicats ont coordonné leur action. Dans leurs rangs, certains dirigeants particulièrement actifs appellent ouvertement à une grève générale combinée des deux corporations.
Mais, à la première étape de luttes aussi sévères, les ouvriers commencent à sentir le manque de direction révolutionnaire. Les ouvriers communistes souffrent de la marge existant entre les exigences des ouvriers d'avant-garde, qui veulent une perspective socialiste et la politique de leur direction centrale. Celleci essaie de leur imposer une perspective de coexistence pacifique et de « révolution » par la voie parlementaire. Les m litants communistes, soumis en plus à l'influence de la crise internationale du stalinisme. ne peuvent fournir aucune réponse précise aux revendications des travailleurs.
D'autre part, les militants socialistes de base sentent de plus en plus que leurs dirigeants ne les aident pas suffisamment ouand cela serait nécessaire dans le cours de la lutte.
En un mot, la plus grande faiblesse de la classe ouvrière japonaise réside dans sa direction. Des éléments critiques au sein du P.C. et du P.S. commencent à s'en rendre compte. Il faut souhaiter que les authentiques cadres marxistes solidement regroupés, participent ce cours de politisation. gauche. Il dépend de la presse quotidienne bourgeoise pour la diffusion de sa propagande dans les masses. Aussi la direction du Parti est-elle extrêmement sensible à l' « opinion publique », telle que l'exprime cette presse.
A l'automne 1955, les Partis Socialistes de Gauche et de Droite se sont unifiés : cela ne fut possible qu'au prix de com- qui s'est révélée à la
La dernière période, entré le Japon depuis une nouvelle montée venir malheureux des base.
dans laquelle est
1956. correspond a ouvrière. Le
Sou-
1949-1950.
années
Le P. S. ne compte plus que 50.000 membres, alors qu'il en avait 100.000 en 1947. De plus, la majorité de ses adhérents se compose de petits bourgeois. On peut constater la chose à la base comme au sommet.
Le Parti Socialiste japonais n'a pas de quotidien. Il n'a que deux tout petits hebdomadaires. l'un officiel, l'autre de
AU SEIN DU P.S.
AU SEIN DU P.S.
Q promis sans principes et les divergences entre les deux tendances ne sont pas réglées. Le conflit entre le SOHYO, qui, avec ses syndicats de 3.200.000 membres, soutient l'aile gauche et le Zenro, qui, avec ses syndicats de 700.000 membres, défend l'aile droite va en s'aggravant.
De plus, au dernier congrès du SOYO.
une très forte opposition de gauche (dirigée par Takano, par les communistes, etc) s'est fait jour. Elle représentait environ le tiers des délégués et exprimait les revendications d'un large courant centriste de masse, en cours de rupture avec le réformisme. Cela signifie pratiquement que la classe ouvriere est plus à gauche que le Parti socianste.
Les relations entre le Parti Socialiste et le SOHYO se tendent de plus en plus.
Le P. S. cherche à entraver le SOHYO
Depuis l'année dernière, AKAHATA (Le Drapeau Rouge), organe central du Parti Communiste japonais, ne cesse de perdre de l'importance. Il tire à 65.000 alors qu'à son maximum, en 1947 ou 1949, il tirait à 300.000. Le nombre de militants est à peu près de 45.000.
Sur ces 45.000, il n'en est que 1.000 à 2.000 qui ont appartenu au parti avant la guerre. 95% des militants sont jeunes et inexpérimentés. Mais les postes les plus importants, étaient occupés par des cadres staliniens, anciens et endurcis. Une sévère lutte intérieure, à propos du démarrage de la lutte anti-américaine, a radicalement changé la situation. L'opposition (environ 10.000 militants) fut amenée à rejeter la croyance inconditionnelle dans les paroles de la direction officielle. En l'absence de toute propagande pour le programme trotskyste, l'opposition ne put définir un programme capable de l'entraîner hors du cadre du stalinisme ; et, sur intervention de Pékin et Moscou, l'opposition s'effondra. Elle regroupait la majorité des ouvriers du Parti; après leur départ, celui-ci tomba sous le contrôle de petits-bourgeois aventuristes, qui dirigèrent le Parti en s'appuyant sur les chomeurs, les petits bourgeois, les étudiants et les universitaires. A l'heure actuelle encore, la composition sociale du Parti reste essentiellement petite bourgeoise. Les cellules d'entreprise ne représentent qu'une part minime de toutes les cellules.
Une nouvelle lutte intérieure se prépare, à propos de la révision du Programme du Parti. La direction veut remplacer la conception de la « révolution violente » par celle d'une « révolution parlementaire » en gardant, bien entendu la théorie de la « Révolution pour la Démocratie et l'Indépendance nationale ».
Il subsiste trois groupes oppositionnels, liés à la base du Parti Communiste. L'un est un groupe d'étudiants, dirigé par le jeune Takei, membre du Comité Régional de Tokio. Ce groupe est complètement influencé par la théorie stalinienne de la « Coexistence Pacifique ». Ils considèrent que la « lutte pour la 84 qui, dans le cours de la lutte, tend à agir comme un parti indépendant plus radical. Dans le P. S., la tendance de gauche a une faible majorité; dans le mouvement ouvrier, le sonyo a une écrasante majorité.
La rivalité entre le SOHYO et le P. S., qui continue à agir comme un parti ré-formiste, porte en elle le germe de nouvelles luttes de tendance. En 1951, le
SOHYO était sous le contrôle de gauche socialiste, qu'il aida pendant et après la scission. En 1953, les droitiers se séparerent du SOHyo pour former le
Zenro, mais la tendance de «gauche» conserve une majorité écrasante.
Toutefois, il existe une différence entre la situation actuelle et celle de 1951 : le.
Parti Communiste exerce une influence sur les tendances de gauche au sein du
Parti Socialiste et du SOHYO.
paix » est la tâche première du P. C.; et ils accusent la direction du Parti demanquer de fermeté dans l'accomplissement de cette tâche.
Un autre groupe est constitué de militants ouvriers. Il est dirigé par Nishikawa, membre suppléant du Comité Central. Ce groupe est tout à fait stalinien.
point de vue idéologique; mais il critique le parti pour son insuffisante liaison avec le mouvement ouvrier. insiste sur la nécessité d'un travail inlassable pour conquérir la confiance des. travailleurs. Dans ce groupe, certains éléments affirment que le Parti dois prendre une ferme position de classe.
Le troisième groupe est formé de miltants paysans; il est dirigé par Yamagachi. Ces trois groupes ont chacun plus ou moins d'expérience et de liaison avec le mouvement des masses. Ils n'offrent aucune solution politique nouvelle, et ne font que transmettre la pression du mouvement des masses.
Beaucoup de militants de base commencent à affirmer que le parti doit adopter un programme de « révolution socialiste ». Ce courant n'a pas encore: pris la forme d'une tendance organisée.. Des militants, parmi les plus conscients, s'en font les porte-paroles. Parmi eux, Nakanishiko, un écrivain, membre du Comité Local de Tokyo, critique la direction du parti dans une revue du P.C: « Zeriey » (L'avant-garde). Il lui reproche sa politique de collaboration de classe Le 7° congrès du P. C. va se tenir cet automne. Avant et après ce congrès, des luttes de tendances se feront clairement jour.
Ces luttes intérieures se dérouleront toutefois dans des conditions différentes de celles de 1950-1951 : l'autorité de la direction est tombée, la crise internationale du stalinisme se développe, le mouvement trotskyste japonais s'est organisé. Aussi avons-nous quelque raison d'espérer que la lutte de tendances au sein du P.C. ira olus loin qu'en 1950-1951.
L'influence directe du P. C. sur le mouvement ouvrier est beaucoup plus faible qu'entre 1946 et 1949. Mais par son influence directe sur des tendances cen:
A L'INTERIEUR DU P.C.
A L'INTERIEUR DU P.C.
QUATRIEME tristes de gauche au sein du SOHYO, le P.C. peut agir sur le mouvement ouvrier. Il use de ce pouvoir pour orienter les luttes de classe vers la voie de la coexistence pacifique et du réformisme. C'est précisément à cause de cela que des tendances centristes de gauche se voient barrer la route d'une évolution vers la politique révolutionnaire.
En 1951, le P.C., à demi illégal, était paralysé par ses luttes internes; de plus. ses principaux militants ouvriers étaient victimes de la répression. Aussi, pendant cette période, l'influence du P. C. sur le SOHYO était essentiellement idéologique et politique. La tendance Takano, à la suite du P.C., réaffirmait la coexistence pacifique comme une panacée, divisait le monde en « forces de guerre » er « forces de paix », et proposait un « front national uni ».
Mais, à l'heure actuelle, les ouvriers communistes nouent des contacts avec les éléments de gauche du SOHYO au cours de la lutte quotidienne des entreprises. De ce fait, les militants communistes se voient obligés d'adopter une ligne de lutte de classe. D'autre part, un fossé se creuse entre la tendance Takano et la direction du P.C. Celle-ci s'abstient, dans la logique de son actuelle ligne droitière, de critiquer la politique des dirigeants du SOHYO, alors que Takano s'oppose vigoureusement à la majorité de cette organisation.
En octobre 1956, s'est tenue la première conférence du Comité Préparatoire de la section japonaise de la IV° Internationale. Des relations officielles ont éte établies avec le Secrétariat International et a été décidée la publication d'un organe « IV• Internationale ».
La deuxième conférence s'est tenue en janvier 1957 ; elle a décidé de sa politique organisationnelle, et élaboré ses statuts. La troisième conférence, tenue en Avril dernier, a adopté un programme d'action.
La section japonaise travaille à influencer la tendance de gauche du SOHYO. à la fois par son travail dans le P.C. et par son activité indépendante. Elle cherche à développer dans le P.C. un large courant d'opposition, dans lequel elle aura un maximum d'initiative.
Ce travail se complète de tentatives d'action sur la tendance centriste de gauche du SOHYO et du Parti Socialiste. Mais aucun travail valable ne peut être
La lutte des Noirs pour l'égalité des droits constitue aujourd'hui le seul mouvement de masses qui trouble l'ordre social aux Etats-Unis, même s'il a des objectifs très modestes, et recourt avant tout à des moyens légaux, forçant d'ailleurs ses adversaires à user de moyens de force.
La tendance de Takano, qui reste une tendance centriste de gauche dans le SOHYO et le Parti Socialiste, soutient encore la politique réformiste et pacifiste petite bourgeoise des dirigeants staliniens. Mais dans ses rangs nombreux sont les militants qui ne sont pas déformés et désirent lutter vraiment. De plus, dans le P. C., des opposants qui essaient de définir une ligne de classe, sont en train de se rassembler.
Par conséquent, il est absolument certain que si une opposition de gauche nait dans le P. C. au cours de la prochaine période, elle provoquera des réactions et un courant de sympathie dans la tendance du SOHYO. Et les dirigeants de la fraction Takano resteront sans base réelle.
Dans les conditions actuelles, le doute se répand parmi les cadres ouvriers l'encontre des directions du P. S. et du P. C. Les dirigeants de la gauche socialiste, la tendance Takano, le P.C. essaient d'entraver la tendance révolutionnaire du mouvement des masses. Ce n'est pas agiter de vains espoirs que d'attendre que des éléments de gauche du P.C. prennent l'initiative de briser ces obstacles.
Il existe aussi une opposition de droite dans le P.C. Mais dans ses rangs figurent beaucoup d'éléments critiques très sains qui seront à la source de la tendance révolutionnaire de demain. mené par le Parti Socialiste, sans liaison avec un travail au sein du Parti Communiste et un travail réellement indépendant.
La section japonaise a reçu, édité et discuté les documents du Secrétariat International. Elle s'est trouvé en accord général avec eux.
La section japonaise manque encore de camarades qui aient l'expérience du mouvement ouvrier; elle n'a pas de liens suffisants avec les militants prolétariens. Son journal ne parle pas encore un langage que puissent assimiler suffisamment facilement les travailleurs. Mais elle possède de fermes positions de principe et une série de cadres solides. Elle possède un journal et une organisation.
Cela la rend certaine qu'elle arrivera à surmonter son défaut essentiel, le manque de liaisons suffisantes avec les militants ouvriers.
L'affaire de Little Rock est maintenant largement connue dans le monde entier. La législation fédérale a accordé aux Noirs l'égalité de droits en matière scolaire. L'application de la loi se fait d'aileurs avec beaucoup de circonspection et est encore ignorée dans la plus grande partie des Etats du Sud. Les racistes ont
LE MOUVEMENT TROTSKYSTE
Etats-Unis
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MOUVEMENT DES NOIRS ET MOUVEMENT OUVRIER
LE MOUVEMENT TROTSKYSTE
Etats-Unis
MOUVEMENT DES NOIRS ET MOUVEMENT OUVRIER
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INTERNATIONALE décidé d'engager une épreuve de force et ont charge le gouverneur de l'Arkansas, Faubus, d'en prendre l'initiative. La police de l'Etat de l'Arkansas commença par s'opposer à l'application de la loi. Passons sur les détails de la procédure, pour examiner l'attitude du gouvernement fédéral, c'est-à-dire d'Eisenhower. Bien qu'il soit Republicain et n'ait donc pas de raisons de parti à ménager le Sud démocrate, il fut d'une prudence extrême, s'occupant de la question entre deux parties de golf, espérant que les racistes voudraient bien prendre quelques formes lui permettant d'adopter l'attitude de Ponce-Pilate. Mais il s'enferra si bien que, inalement, pour ne pas permettre aux decisions de la justice fédérale d'être afouées, il eut à envoyer la troupe - des parachutistes! — pour que les enfants noirs puissent aller à l'école aux côtés des enfants blancs.
Pour l'instant, les choses en sont là et on ne sait quel sera le dénouement. Le gouvernement des Etats-Unis est pris entre la pression du mouvement des Noirs, trop forte pour être ignorée, qui pourrait servir de détonateur à des luttes sociales d'envergure en cas de difficultés économiques, un peu comme ce fut le cas dans les années 1860, et la nécessité pour le capitalisme américain de disposer d'un Sud arriéré politiquement, comme contre-poids aux régions plus avancées sur ce terrain.
Si le mouvement syndical ouvrier américain se montre passif, le capitalisme ne l'est pas à son égard, mais il mène la lutte sur un terrain qui ne présente pas trop de dangers pour lui.
En effet. le mouvement syndical américain possède, surtout là où il ne s'agit pas des grandes industries (auto,...) d'organisations à la tête desquelles se trouvent de vrais forbans, pour qui la direction d'un syndicat est l'art d'organiser un racket. C'est notamment le cas du plus grand syndicat, celui des teamsters qui groupe chauffeurs, camionneurs, employés de garages, livreurs, etc... Son
Cey LES TRAVAILLEURS DE
Le gouvernement de type Front populaire Bandaranaike a dû opérer un recul sur la question des iangues (voir nos numéros précédents) et reconnaître partiellement les revendications de la minorité de langue tamile. Le L.S.S.P. (section ceylanaise de la IV• Internationale) qui a résisté aux courants communalistes, tirera profit de sa politique courageuse sur ce point.
Maintenant se manifeste un mécontentement des ouvriers industriels des services gouvernementaux. Leurs principales revendications sont des augmentations de de salaires et de pleins droits syndicaux et politiques. En effet, les syndicats de ces travailleurs n'ont pas le droit de se fédérer, et les travailleurs eux-mêmes ne 86 président Beck a dû donner sa démission, pour raisons de santé, après qu'il eut été mis en cause pour avoir considéré la caisse syndicale comme si elle était sa propre caisse, investissant au nom de sa femme cet argent dans des entreprises, et pour se trouver en combinaison avec des bandits de droit commun. Son successeur, Hoffa, est accusé aussi d'avoir des liens avec de tels personnages, sans parler de tentatives d'écoute téléphonique et quelques autres délits de cet ordre.
L'indignation morale de la grande presse, de sénateurs et autres ne peut tromper personne: on a des mœurs pures dans le Big Business américain ! Il s'agit pour celui-ci de mettre en mauvaise posture les organisations syndicales auprès de l'opinion publique, de domestiquer davantage encore l'appareil syndical et de faire passer une législation antisyndicale sous prétexte de veiller à la propreté des organisations ouvrières.
La crise du P. C. des Etats-Unis ne cesse de se développer. Nous avions Signalé la bataille des tendances qui avait eu lieu au cours du dernier Congrès. Elle na pas ete effectivement réglée, et le P. C. américain continue de perdre des adhérents. Une des démissions les plus retentissantes a été récemment celle de J. Clark, qui était encore il y a peu de temps rédacteur de politique étrangère au Daily Worker de New-York, et qui avait été membre du P.C. pendant 38 ans.
Dans une lettre au New York Times, il écrit : « Rien ne m'a rendu plus honteux que d'apprendre que les procès de Trotsky. Zinoviev, Boukharine et autres dirigeants bolcheviks étaient d'infâmes machinations comme le furent les procès de Rajk, Kostov et Slansky. »
La démission de J. Clark ne marque certainement pas la fin de la crise du P.C. américain, au contraire. Comme dans la plupart des cas aux Etats-Unis. démission s'accompagne d'une orientation à droite, en raison de la pression générale actuelle du milieu social. lan L'ETAT REVENDIQUENT peuvent être membres d'un parti politique.
Déjà se sont produites des grèves de certaines catégories de ces travailleurs. Ainsi à la station de chemins de fer de Moratuwa les travailleurs chargés de la construction des bâtiments s'installèrent sur le toit de la station Jusqua ce que le ministre fasse droit à leurs revendications.
La situation dans ce secteur de la lutte de classe se développe vers un mouvement d'ensemble si le gouvernement ne répond pas aux revendications générales de ces travailleurs Le L.S.S.P. les appuie de toutes ses forces et, si l'on en vient à une lutte d'ensemble, il sera par ses militants à la pointe du combat.