Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › vol. 15, n° 7-10

L'évolution de la campagne de « rectification »

Quatrième Internationale, vol. 15, n° 7-10 · octobre-novembre 1957 · p. 19-20 · 823 mots

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Ce qui se passe actuellement en Chine, déclarait récemment (18-9-1957) l'éditorial du Quotidien du Peuple « est une révolution socialiste sur les fronts politique et idéologique ». Il définissait le but de la campagne de « rectification » en cours comme visant à travers la lutte contre « les droitiers bourgeois ». à compléter les achèvements économiques et sociaux de la révolution chinoise également plan politique et idéologique. C'est là maintenant la toute récente justification offide la campagne de «rectification » déelenchée à la suite du fameux discours de Mao-Tse-Toung en février dernier.

Ce discours avait cependant au moins initialement - un but précis différent: « rectifier le style du travail du P.C. chinois » parmi les masses en attirant l'attention sur le nouveau genre de « contradictions » qui surgissent dans un Etat ouvrier entre les masses et leur direction.

Le discours a été interprété jusqu'en mai 1957 environ par la presse chinoise et les porte-parole du P.C. chinois comme visant à relacher un peu le contrôle bureaucratique sur les masses et à leur reconnaître quelques droits à la libre critique du régime. Mais depuis cette date, la campagne de « rectification » s'est rectifiée a nouveau en tant que campagne de dénonciation et de lutte contre les éléments « droitiers bourgeois », capitalistes et intellectuels, incrustés dans les différents «partis démocratiques ».

L'invitation des masses à la « libre » discussion et critique ne fut pas formellement abandonnée. Pratiquement, cependant, l'accent a été mis sur-la lutte contre les « droitiers ». Certes, affirma le Quoditien du Peuple (18-9-1957), Il ne s'agit pas droitiers ou de les exterminer physiquement », sauf « ceux qui sont activement contre-révolutionnaires ou coupables d'avoir transgressé les lois pénales » ; il s'agit de procéder avec eux par des discussions contradictoires publiques.

Ces éléments, explique actuellement la presse chinoise, avaient jusqu'à maintenant dissimulé leur opposition au socialisme et ne se sont manifestés de manière agressive qu'à la suite des encouragements reçus des événements hongrois et du discours de Mao-Tsé-Toung. Leur resistance au socialisme fut ranimée par les transformations économiques qui ont eu lieu en 1956 dans le domaine de l'industrie et de l'agriculture.

Que ces transformations hâtives, de caractère plutôt administratif que basées sur des possibilités matérielles et techniques réelles, aient exaspéré la lutte des classes en Chine, c'est certain. La « socialisation » formelle de l'industrie et de l'agriculture réactions de toutes les forces sociales hostiles, non encore économiquement liquidées.

Mais ces forces ne sont devenues dangereuses qu'en trouvant des appuis dans leurs critiques contre le regime, dans les masses mêmes, mécontentes de leurs conditions vie. et surtout striet contrôle bureaucratique sur elles exercé par l'appareil du P.C. chinois. D'où l'alarme qui a saisi la direction de ce parti des que les masses ont commencé « à parler franc ».

Mao lui-même ait dû. dans ces conditions, restreindre dans le texte écrit de son discours le contenu initial plus « libéral » de celui-ci, ou qu'il ait été mis en minorité par une tendance plus « dure » de la direction du parti, c'est là matière spéculation que, faute de renseignements exacts, nous ne pouvons pas trancher avec certitude dans un sens ou l'autre.

Il est infiniment probable que la direction chinoise, placée devant les problèmes économiques et politiques que pose l'approfondissement de la révolution dans le pays, pas unanime.

Il ne suffit pas de découvrir maintenant que la « démocratie nouvelle » n'est pas une « troisième voie » entre le capitalisme et la dictature du prolétariat mais confond avec cette dernière; ni que les capitalistes représentent une force hostile socialisme, qu'on ne peut réduire seulement ou principalement « persuasion ». Il faut, tout classe du régime, donner une structure qui combine son caractère de dictature envers les éléments des classes ennemies avec son caractère de démocratie la plus large pour la classe. C'est-à-dire construire véritable Etat soviétique Conseils des ouvriers et des paysans, reconnaissant le droit à l'existence politique à toutes les tendances qui se placent dans cette légalité soviétique.

cela, le régime chinois a établi de fait la dictature du P.C. chinois, lui-même monolithique et dirigé d'en haut.

Pour cacher cette réalité, la direction chinoise a permis à quelques « partis démo cratiques » de vivoter à ses cotes. Elle découvre maintenant que ces partis n'ont cesse d'être des nids de « droitiers bourgeois ».

La direction chinoise avait consenti à quelques concessions envers les éléments bourgeois, tout en ayant gardé le monopole de la représentation démocratique l'immense masse des paysans pauvres et des ouvriers du pays. Que la campagne de « rectification » aboutisse seulement à remettre au pas les « partis démocratiques », qui l'un après l'autre procèdent actuellement à leur épuration des « éléments droitiers capitalistes ». sans élargir la démocratie réelle pour les masses, ne démontre que l'incapacité de cette direction à affronter le fond de ses difficultés avec les masses.

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