Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › vol. 15, n° 4-6

Nouvelles du mouvement ouvrier et de l'Internationale

Quatrième Internationale, vol. 15, n° 4-6 · juin-juillet 1957 · p. 90-96 · 4 309 mots

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France POURSUITES CONTRE LES TROTSKYSTES Vous publions la déclaration des camarades Pierre Frank et Jacques miras devant la Cour d Appe de l'aris dans le proces engagé contre eia en raison d'articles de « La Vérité des Travailleurs » l'Algérie. Le jugement ne sera prononcé qu'après la parution de ce numéro de notre

Nous sommes poursuivis, mon camarade jacques Privas et moi, pour des articles parus dans la « Vérité des Travailleurs » en vertu de l'article 80 du Code Pénal pour atteinte à la sûreté extérieure de l'Etat.

Il s'agit d'articles relatifs à l'Algérie dans lesquels nous défendions le droit à l'indépendance de cette nation.

Etant donné qu'il s'agit du problème n 1 de la vie politique actuelle en France, nous n'avons pas cru nécessaire de faire citer des témoins devant vous. Car toutes les données du problème, tous les arguments sont chaque jour débaftus devant l'ensemble du pays.

Pour éviter toute confusion, nous voulons avant de répondre aux questions que le Tribunal voudra nous poser, définir en quelques mots les principes fondamentaux qui déterminent la position du PCI (section française de la IV° Internationale) que nous avons exposée dans les articles poursuivis.

Le problème de l'Algérie se pose après plusieurs autres notamment ceux du Vietnam, de la Tunisie, du Maroc - pour lesquels d'ailleurs des militants de notre mouvement ont connu des poursuites du même ordre, en vertu des mêmes dispositions du Code Pénal.

C'est que le problème de l'Algérie est, à l'échelle mondiale, un des secteurs du grand 22:35 mouvement révolutionnaire d'émancipation des peuples colonisés et de couleur pour leur indépendance. Mouvements qui se développent avec une ampleur grandiose dans cette moitié du XX siècle. Mouvements qui ont, pour l'avenir de l'humanité, une importance plus grande encore que les mouvements de libération et d'unification nationales qui traversèrent

En face de ces mouvements des peuples colonisés, nous avons adopté une position de solidarité, conforme aux positions traditionnelles du marxisme-léninisme. Positions que nous sommes fiers d'avoir défendues en chaque occasion depuis la guerre du Maroc en 1925.

Nous, marxistes révolutionnaires, soutenons les luttes des peuples coloniaux contre leurs maîtres impérialistes. pas dateur intendence reguls et pil sont peuples de démocration le ne deposent a) Parce qu'il ne peut être question pour ces peuples de démocratie s'ils ne disposent b) Parce que cette lutte des peuples coloniaux affaiblit, mine, détruit les positions de notre propre ennemi, les capitalismes des métropoles.

c) Parce que cette lutte des peuples coloniaux pour leur indépendance nationale — indépendamment de ses formes et de ses directions actuelles — est, par sa logique même, une partie de la lutte pour la création du monde socialiste. 90

Nous avons toujours affirmé notre solidarité totale, sans réserve, avec fous les peuples colonisés dans leur lutte émancipatrice contre notre propre ennemi, le capitalisme français. Nous la réaffirmons, nouss la réaffirmerons - quoiqu'il puisse advenir — à l'égard de la révolution du peuple algérien.

Sur le plan juridique de l'inculpation dont nous sommes l'objet, nous faisons confiance à nos avocals.

Quant au plan politique, qui passionne tout le pays, si au moment où furent écrits les articles poursuivis, il y await encore bien des gens pour croire au slogan « l'Algérie, c'est la France », nous en sommes déjà au point où pratiquement, même dans de larges milieux dirigeants du capitalisme français, on cherche une autre solution. Car le peuple algérien, par le seul mover démocratique actuellement à sa disposition, c'est-à-dire par l'insurrection, a affirmé qu'il était une nation aspirant à son indépendance. Aucune force au monde ne pourra désormais l'empêcher d'y parvenir.

Nous lui affirmons notre solidarité totale, non seulement contre les tenants ouverts et francs du colonialisme, mais contre ses autres serviteurs.

Contre les dirigeanis socialistes comme Guy Mollet qui vient de déclarer que le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes lui paraît un slogan dangereux. Contre le ministre Defferre qui repousse l'idée d'élections libres en Algérie de peur que ceux qui seraient ainsi élus ne s'affirment pour l'indépendance de leur pays.

Nous combattons également la politique de la direction du PCF parce qu'elle s'ost associée aux pouvoirs spéciaux et qu'en rusant avec le problème de l'indépendance de l'Algérie, elle porte les plus lourdes responsabilités quant à la très faible action des travailleurs de France contre la guerre d'Algérie.

Nous prenons la pleine responsabilité des articles que nous avons publiés.

Nous les avons écrits pour alerter les travailleurs de France afin qu'ils apportent leur aide à la révolution des masses d'Algérie. Leur combat est notre combat. Leur libération contribuera à notre libération.

Par ce procès, comme ce fut toujours le cas dans les procès politiques, les pouvoirs publics pensent pouvoir renverser la marche de l'histoire. Ils ne peuvent même plus la freiner. Le peuple algérien se libérera et, en se libérant, il aidera le prolétariat de France à se libérer de ses propres chaines.

5 juin 1957.

Grèce

LA CRISE DU PARTI COMMUNISTE

Le 7 Plenum du Comité Central du P.C. Greg qui s'est tenu en février 1957, a pris des décisions « historiques ». Mais loin d'apaiser sa crise chronique, ces décisions démontrent que ce parti est toujours ravagé par un mal bureaucratique incurable.

Le 7 Plenum, comme on le sait, a exclu du C.C. du parti son ancien secrétaire général Nicos Zachariadès et a réadmis comme membres du c.c. Markos (Vatiades), et Vatousianos, co-disciple de Markos. Il a élu un nouveau B.P. composé de Grozos. Parsialides, Koligianni, Markos. Strigos. Theos et Roussos. La plupart de ces membres appartiennent à l'ancienne direction de Zachariadès et ont pleinement partagé avec lui les responsabilités de la politique désastreuse et carrément traitresse du parti dans la periode 1941-1949.

Avant de revenir sur les décisions politiques de ce plenum, nous donnerons quelques informations sur l'histoire récente du P.C. grec qui éclairent mieux les événements actuels.

Le 15 novembre 1948, quelques mois après les premières défaites importantes subies par les partisans grecs engagés dans la deuxième guerre civile (19471949) sur les monts Grammos. Markos, alors membre du secrétariat du P.C., chef de «l'Armée démocratique grecque», et président du « Gouvernement démocratique provisoire » soumit au C.C. du parti un dosument critique de la ligne de la direction assumée par Zachariades. Il l'accusa d'avoir créé des illusions pacifistes parmi les masses grecques et de n'avoir jamais cru à la victoire de la guerre des partisans. qu'il utilisait plutôt comme un moyen de chantage envers l'impérialisme et la bourgeoisie grecque. D'autre part, il critiqua sévèrement le régime in-

INTERNATIONALE térieur du parti qu'il accusait de bureaucratisme.

Le 5 Plenum du C.C.. convoqué en janvier 1949, condamna ces vues de Markos comne « capitulardes » et « trotskystes » es à « l'unanimité», décida son exclusion du C.C. et du parti (ainsi que de Chrussa, militante ayant acquis une renommée nationale, ex-femme de Zachariadès).

Depuis, d'autres membres importants de la direction entrèrent en opposition contre Zachariades, parmi lesquels il faut mentionner Parsialid's et Karageorg's (ce dernier, exclu du parti, disparut malade dans les prisons de l'U.R.S.S. ou d'une des « démocraties populaires »).

Les 15-16 octobre 1950, se réunit le 3: Conférence du P.C. grec qui rétablit le contrôle de Zachariades sur la direction, homme de toujours de Staline. Ce dernier survécut à la direction du parti jusqu'en 1955 ; mais desuis la mort de Stsline sa position commença à devenir de plus en plus précaire.

Entre le 5° Plenum (19545) et le 6 (1956). la plupart des membres de la direstion se retournèrent contre lui, et lors du 6 Plenum. auquel Zachariadès n'assista pas. celui-ci fut démis de sa fonction de secrétaire général et exclu du Burenu politique.

Réuni immédiatement après le 20 Congrès du P.C. de l'U.R.S.S., le 6° Plenum reflèta fidèlement la nouvelle ligne: condamnation du culte de la personnalité, direction collective, proclamation de la voie pacifique au bouvoir. etc.

Zachariadès déchu fut critiqué pour ses erreurs « sectaires» et « gauchistes» mais également pour le régime « antidémocratique » instauré sous son règne dans le parti.

Le 7 Plenum, convoqué en 1957, complèta à la fois la condamnation de Zachariadés et la ligne néo-révisionniste adoptée déjà par le 6° Plenum. La résolution politique parle de la possibilité d'une évolution pacifique du capitalisme à la « démocratie populaire et au socia-

PARUTION DE « L'I.

Les Editions Schwarz, de Milan, ajoutent une nouvelle œuvre de Tr tsky a leur catalogue. Pour la première fois en langue italienne vient d'étre traduit L'Internatio-

Le camarade Natalie-Sedoffa Trotsky, veuve de Léon Trotsky, qui vit au Mexique, depuis 1937, et que nous avions 92 lisme », tout en déclarant par ailleurs que « l'oligarchie asservie à l'impérialisme, qui gouverne la Grèce, n'abandonnera jamais volontairement ses privilèges». Elle . caractérise la Révolution (« pacifique »?) a venir comme ayant un caractère « bourgeo s-democratique », tout en reconnaissant qu'en Grèce ne subsistent que « quelques survivances semi-féodales » !

Elle fixe comme orientation principale, le «Front Patriotique » de toutes les classes et couches contre le gouvernement actuel, en vue de la formation d'un « gouvernement d'union nationales qui déberrassera le pays « du joug de l'impéalisme étranger » et réalisera « les transformations démocratiques » auxquelles tous. « intellectuels. nationaux, officiers patriotes. Eglises patriotique » et « bourgeoisie nationale non monopoleuse », aspirent.

Par contre, dans le domaine syndical, le 7• Plenum, abandonnant la ligne de création des syndicats séparés, se réoriente correctement. tout en incluant les germes d'une poss ble conciliation avec la bureaucratie syndicale réformiste inféodée au gouverne zent.

D-is ces conditions, la crise dans le P.C. gree ne peut que continuer. L'exclusion de Zachariadès (elle-même décidée dans des conditions non moins bureaucratiques que les exclusions décidées par S9 propre direction) et la réhabilitat on de Markos e suffiront pas à redonner con lance aux masses et à permettre au P.C. gree de se montrer un moyen efficace pour la préparation et la direction de leurs luttes.

Son réime antidémocratique est maintenu, et la ligne politique est infléchie de nouveau vers un opportunisme droitier outrancier. Par contre, l'esprit critique de ses membres, muris dans une longue exmérience des plus amères, s'est incontestablement renforcé, ce qui permet d'espérer de grands progrès de la tendance marxiste-révolutionnaire travaillant dehors et à l'intérieur de ce Parti. encore clandestin. C. APRES LENINE » nale Communiste après Lénine, qui comporte la critique. faite par Trotsky au projet de programme qui fut adopté au Sixième Congrès de l'I. C. en 1928. eu le plaisir de recevoir en Europe voici dix-huit mois, avait demandé un visa pour les Etats-Unis afin de pouvoir y sui-

Italie

Etats-Unis

LE VOYAGE DE NATALIE SEDOFF-TROTSKY

Italie

Etats-Unis

LE VOYAGE DE NATALIE SEDOFF-TROTSKY

Q UATRIEME I N vre un traitement. Aprèss être longtemps restée sans réponse, elle eut soudain la surprise de se voir accorder un visa, ce qui lui permit de se rendre en avril dernier à New-York

Mais, peu après y étre arrivée discrètement, des journaux americains dévoilèrent les intentions cachées de certains services américains: le chef du service de l'Immigration avait déclaré que le visa avait été donné... dans un but utile aut gouvernement; il s'agissait d'obtenir de Natalie des déclarations devant une Commission du Sénat ou quelque chose d'anaYork Post. la camarade Natalie fit savoir déclaration devant une Commission.

Des pressions furent tentées mais en vain. La camarade Natalie est une révolution aire restée, à 75 ans, fidèle à toute sa vie passée aux côtés de Léon Trotsky au service de la classe ouvrière. Aucune pression ne pouvait l'émouvoir. En étant pour ses frais. le gouvernement

LE MOUVEMENT DES

Dans la citadelle impérialiste, la lutte d p. des Noirs contre la ségrégation raciale est à présent le seul mouvement politique de masse qui porte atteinte à l'ordre établi, bien que ce mouvement ne sorte pas du cadre constitutionnel du pays. Il peut, en outre, servir de détonateur à un mouvement général des masses ouvrières, dans une conjoncture économique défavorable. Le 17 mai dernier, des milliers de personnes se sont rendues à Washington pour y célébrer le premier anniversaire de la décision de la Cour Suprême qui avait donné raison aux Noirs de Montgomery après de longs mois de boycott des bus qui pratiquaient la ségrégation raciale.

Tandis que le gouvernement Siles procède à l'application du plan économicofinancier, dit Plan Eder, élaboré sous les auspices de l'impérialisme américain, les travailleurs boliviens continuent leur lutte révolutionnaire mettant en échec la « stabilisation » envisagée par ce plan.

Les cheminots ont, au début de mai, tenu leur congrès et mis à la téte de leurs revendications le salaire minimum vital et la démocratisation de la COB, c'est-àdire la chasse au bureaucratisme dans sa grande centrale syndicale. Ils n'ont pas réélu à la nouvelle direction sortie du Congrès, le membre du MNR. l'ancien ministre ( Gomez Garcia.

TERNATIONALE américain refusa toute extension du visa et. le 24 mai. Natalie fut obligée de prendre l'avion pour retourner au Mexique. L'impérialisme américain, ce champion des «libertes ». se relusa a lui accorder le drot de sejourner aux etats-unis un jour de plus.

Deux observations. Un sénateur américain a annoncé son intention de demander ule enquête pour savoir quelles sont les pressions... qui ont empêché NatalieSedoff-Troysky de déposer devant une Commission.

Quand la presse publia la déclaration du chef du service de l'Immigration, les staliniens s'empressèrent d'annoncer que la veuve de Trotsky était passée au service du F.B.I. Enfin, ils avaient une justification pour les procès de Moscou. Aucune rectification n'est venue ni ne viendra d'eux.

«Quatrième Internationale » adresse à la camarade Natalie, qui a connu une fois de plus des difficultés de visa son salut le chaleureux et ses meilleurs vœux. NOIRS SE POURSUIT

Sur le plan des mouvements d'avantgarde. la crise du P.C. américain a été le point de départ de multiples réunions de scussion entre groupements qui s'ignoraient depuis de longues années. A New-York, s'est constitué un « American Forum pour l'Education socialiste», comprenant des représentants de multiples groupes (socialistes, staliniens, trotskystes, etc.) Le nouveau climat de discussion constitue certainement un progrès appréciable par rapport au passé. Toutefois, en l'absence d'une poussée des masses. même sur le plan revendicatif, ce sont les courants droitiers et centristes qui paraissent en profiter pour le moment.

Fin avril, les ouvriers du batiment declenchèrent une grève qui a duré plusieurs jours. Devant le ministère du Travail, de nombreux grévistes se rassemblèrent pour demander la démission du ministre Lara. Puis. ils s'adressèrent au syndicat des ouvriers du textile dont Lara est un des dirigeants, pour protester contre l'attitude hautaine de celui-ci envers les grévistes et leurs revendications. Le syndicat du textile décida de nommer une commission pour conseiller et assister le « camaradeministre » afin qu'il ne tombe pas dans de nouvelles erreurs.

De leur côté les mineurs ont tenu, du 23 avril au 2 mai, leur congrès national

Balivie

LES MASSES CONTRE LE PLAN DE « STABILISATION »

Balivie

LES MASSES CONTRE LE PLAN DE « STABILISATION »

Q UATR IEME TIN à Pulacayo. Le Plan Eder, le contrôle ouvrier, la démocratisation de la COB. et. en général, tous les problèmes posés par la révolution bolivienne ont été largement débattus a ce congrès dont les délégués de base ont vertement critiqué la politique officielle, à tel point que le gouvernement Siles se vit menacé de se démettre.

La presse bolivienne a présenté ce congres comme un triomphe du courant « extrémiste ». plus particulièrement des trotskystes du POR. Le journal Ultima Hora. du 30 avril dernier, écrivait entre autre : « Plusieurs vues exprimées devant le congrès rejoignent celles du POR concernant la critique d'une telle politique [la politique prévue par le plan Ederl, ce qu' montre l'influence que ce secteur communiste les trotskystes] a gagnée parmi les cadres dirigeants des syndicats m'neurs... Nous savons bien que l'échec du plan [Eder] serait l'échec de l'administration du prisident Siles. Il est explicable qu'un parti d'opposition comme le POR souhaite un tel échec] mais il est inadmissible que des membres du MNR entrent dans leur jeu et participent à une campagne contre le gouvernement »... Et le journal conclut : « On a incontestablement négligé d'éduquer les masses sur la portée et les

E NATIONALE objectifs du plan de stabilisation pour leur faire comprendre le devoir qu'elles ont d'œuvrer à sa réalisation. Donc. les trotskystes on eu une marge très large pour penétrer avec leur orogramme dans les centres miniers, avec le résultat que le congrès de Pulacayo nous montre. Il faut que les meilleurs elsments du parti gouvernemental réfléchissent là-dessus et agissent en consequence, si on ne veut pas précipiter une nouvelle crise politigrave que celui de la crise qu'on vient de que dont le caractère serait peut-être plus conjurer ».

La nouvelle direct on élue par le cogrès de Pulacayo constitue un clair indice de la décision des mineurs boliviens de pousser en avant la révolution. En e Tet. elle comprend des éléments qui, au cours des debals, se cont prononcés pour un plan économique autre que le Plan Eder, c'est-à-dire pour un redressement du pays servant les intérêts de la grande masse des travailleurs, et pour la rupture avec le gouvernement MNR. dans la pergpective d'un zouvernement ouvrier et paysan.

Le POR bolivien (section de la IV Internationale) saura œuvrer inlassablement à cette perspective.

CONFERENCE NATIONALE DU P.O.R.

Le P.O.R. a tenu en mai sa XIV: Conférence Nationale, qui a connu un grand succès. L'intérêt politique de la Conférence fut centré autour du rapport sur la situation nationale et les tâches du Parti. Parmi les plus urgentes d'entre elles était la préparation du prochain congrès National de la COB.

Il y a quatre fractions dans le P.C. japonais. La fraction Nosaka Miyamoto (direction officielle), la fraction Kamiyama de droite). la fraction Shida (qui cherche à créer un soi-disant P.C. nanational), et une fraction critique qui étudie et recherche une véritable orientation léniniste. Les trois premières fractions ont les mêmes principes staliniens; la dernière fraction n'a ni personnalité dirigeante ni principe théorique clair.

Le P.C. japonais a perdu le contrôle de toutes les organisations de masse. à l'exception de la Fédération Nationale des Etudiants, le Zengakuren, qui a 250.000 membres, et dont le Comité exécutif central est composé de communistes et de sympathisants. Ces étudiants communistes sont en opposition à la direc56

La Contérence a tenu une séance publique à laquelle ont assisté plus de 300 personnes, dont un nombre important de dirigeants syndicgux (mineurs et autres) et des journalistes.

La presse a publié d'abondants commentaires sur la tenue de la conférence et ses résolutions. tion officielle du P.C.J. Ils sont très affectés par la crise internationale du stalinisme.

A la dernière conférence du Comité de Tokio du P.C.J., les partisans de la direction furent battus par un bloc oppositionel comprenant la droite, les étudiants et les autres.

Dans le district de Kansai, un des plus grands centres industriels du Japon, il existe une opposition puissante, enracinée dans le mouvement de masse. Elle n'a pas de position léniniste claire, mais de ses luttes dans le parti depuis 1950, elle a appris à ne pas se fier aux directions de Moscou et de Pékin. Elle n'a aucune confiance dans la direction du P.C.J.

Aucune des oppositions n'a soutenu la classe ouvrière hongroise. Elles ont beau-

Japon

LE MOUVEMENT OUVRIER

Japon

LE MOUVEMENT OUVRIER

UATRIE ME cons de doutes mais l'expriment pas leurs sentiments. LE MOUVEMENT SYNDICAL.

Sur 15 millions de travailleurs, 6 millions sont syndiqués. Le Sohyo (Conseil général des syndicats) em groupe 3 millions, et il est contrôlé par des sociauxdémocrates de gauche. Le Zenro (Congres syndical national) groupe 800.000 travailleurs et est contrôlé par des socialistes de droite. Les autres 2.300.000 travailleurs scat organises dans des syndicats non marques politiquement.

Dans le Sonyo se trouvent des milliers d'ouvriers militants qui sont à la tête de la lutte des classes. Ils sont influencés par l'idéologie de la gauche socialdémocrate, mais en même temps ils souLiennent nettement les Etats ouvriers contre les U.S.A. et, de ce lait, soutennent aussi le P.C. en tant qu'agent de ces Etats.

Le Sohyo passe par une étape de trasition. La direction gauche social-démocrate est remplacée par une direction plus radicale, mais nullement par une direction communiste. De ce fait aucun parti ne controle plus a présent le Sohyo. Tous les membres de la direction de celuici sont des membres du P.s., mais il y a un conflit entre le Sohyo et le P.S., le Sohyo étant plus militant que le P.S La radicalisation du Sohyo est celle de millions d'ouvriers participant à la lutte de classe. Les travailleurs des chemins de fer d'Etat et des houilleres sont à l'avant-garde. Un nombre grandissant de travailleurs se joignent à l'action. Dès maintenant, la direction officielle du Sohyo se plaint très souvent que le P.S. n'a pas l'intention de se joindre à la lutte des masses.

D'autre part les ouvriers communistes se plaignent que leur direction ne donne pas ue orientation concrète aux mouvements ouvriers.

Aussi un nombre croissant de militants ouvriers, tout en soutenant soit le P.C.. soit la gauche du P.S., ne sont pas safisfaits. C'est une situation qui doit nous permettre, à nous trotskystes, de gagner des cadres militants révolutionnaires. LA SITUATION ECONOMIQUE.

Il y a quelques signes de récession économique. Depuis le début de 1957. la baTance du commerce extérieur est devenue très déficitaire. En raison des circonstances. les capitalistes réduisent ou arrétent leurs investissements. Cela montre que le boom est passé. Mais, bien entendu, le moment d'une dépression dépend la situation économique mondiale.

En 1953-51. l'économie japonaise connut une forte récession, mais à ce moment la résistance des ouvriers ne fut pas très forte. leur combativité ne fut pas tres grande. Mais, à l'avenir, dans une dépression les ouvriers entreront en lutte comme une puissante armée.

Ceylan

CONFERENCE NATIONALE DU L. S. S.P.

Le L.S.S.P.. section ceylanaise de la IV Internationale, a tenu en février dernier une Conférence qui a fait le bilan de la situation après neuf mois d'existence du gouvernement du MEP, dirigé par Bandaranaike, et porté au pouvoir par un mouvement de masse contre l'ancien parti bourreois au pouvoir, l'UNe. La résolution adoptée dresse ce bilan de manière très complète, et définit les taches du parti pour l'avenir.

De ce document, nous extrayons la partie relative à la question de la politique linguistique du gouvernement à l'égard de la minorité de langue tamile. Nous avons, dans des numuéros précédents, indiqué la ferme position prise par notre section contre la politique réactionnaire du gouvernement faisant du cinghalais la seule langue officielle du pays et brimant la minorité d'origine indienne parlant le tamil. La question prend de plus en plus d'acuité. La minorité a annoncé son intention de résister passivement à partir du mois d'aolt contre cette politique gouvernementale, et le gouvernement prend des mesures pour une épreuve de force.

La position de nos camarades en la matière a été un exemple très remarquable d'un parti de masse qui n'a pas hésits, pour des raisons de principe, à affronter les préjugés de larges masses. au risque de connaître un recul temporaire, mais pour préparer d'autant plus surement l'avenir.

Voici ce que dit la résolution du LSSP sur cette question du communalisme qui menace Ceylan d'une division profonde :

« Tandis qu'une partie appréciable de la classe ouvrière a été influencée par le communalisme du MEP. les expériences de la lutte de classe dans les récents mois ont tourné des sections importantes des ouvriers contre le MEP et l'anticapitalisme.

« On verra que le succès de notre lutte contre le communalisme dépend du succès avec lequel nous développerons la conscience de classe anticapitaliste des masses. Pour le moment. le Parti ne peut pas espérer plus que de parvenir par sa direction active de la lutte des classes dans

Q UATRIEM E tous les domaines, à contre-balancer de plus en plus le désavantage dont il souifre en raison de sa politique linguistique parmi les masses cinghalaises. Le Parti continuera bien entendu dans sa propagande à expliquer son attitude en ce qui concerne l'injustice et l'impraticabilité de la politique du MEP sur cette question, soulignant que le MEP se sert de la question linguistique pour dissimuler ses autres manquements. Mais le Parti ne doit pas commettre l'erreur d'escompter qu'une majorité des masses cinghalaises peut étre gagnée à la position suivant laquelle le cinghalais et le tamil doivent tous deux être langues officielles, sans passer par d'autres expériences, soit en raison de la résistance des masses de langue tamile à la mise en application de la politique gouve nementale soit en rai-

CONFERENCE DE LA

La section australienne de la IV Internationale a tenu récemment une conférence dans laquelle elle a discuté. outre les documents présentés pour le V Congrès Mondial, de la situation économique et politique en Australie.

Sur le plan économique, la situation en Australie est marquée par un léger declin de l'économie, et il semble que cette tendance se poursuivra.

ERNATIONAL E son de la faillite du MEP à réaliser sa propre politique. Le mieux que le Parti puisse espérer dans la situation actuelle est que sa direction soit acceptée dans la lutté de classe en dépit de sa politique linguistique.

« Notre politique linguistique n'a pas eu seulement des certes pour résultat. Nous avons également gagné beaucoup. Le gan le plus important a été d'ordre moral. L'opiniátreté de notre attachement principiel dans les pires conditions adverses a à la fois augmenté le prestige du Parti à l'extérieur et le moral du Parti intérieurement. En outre. pour la première fois, nous avons gagné l'audience de larges sections des minorités à cause de notre position ferme sur la question des droits des minorités.»

Dans cette perspective, les chances du Labour Party australien de venir au pouvoir grandiroat. Dans ce parti, l'aile gauche est politiquement confuse et est même menacée par une certaine influence de l'idéologie stalinienne.

La conférence a fixé les tâches des camarades pour les mois à venir.

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