Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › vol. 15, n° 4-6

Joseph Frey (1882-1957)

Quatrième Internationale, vol. 15, n° 4-6 · juin-juillet 1957 · p. 12-12 · 500 mots

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(1882- 1957) A Zurich, le 17 mars, est mort le trotskyste autrichien Joseph Frey. Joseph Frey était né en 1882 dans l'empire austro-hongrois, à Strakonitz (ville tchécoslovaque aujourd'hui). Fils d'une famille bourgeoise, il fut envoyé à Vienne pour y faire ses études de droit. Comme étudiant, il rejoignit la social-démocratie de l'époque et apparut très vite comme une de ses forces d'avenir. Lié d'amitié à Fritz Adler et à Otto Bauer, celui-ci le fit entrer avant 1914 à la rédaction du quotidien du parti, l'Arbeiter Zeitung.

Mobilisé et blessé pendant la guerre de 1914. Bien qu'il ait eu des galons d'officier il ne fraya pas avec la caste militaire et s'orienta vers les soldats en vue des luttes révolutionnaires qu'il prévoyait.

Lors de l'effondrement de la monarchie austro-hongroise, il fut élu président du Conseil des soldats de la garnison de Vienne et le resta pendant deux ans.

Cette période est marquée par sa rupture avec Fritz Adler et Otto Bauer, ceux-ci songeant à faire des conseils d'ouvriers et de soldats des appendices subordonnés au Parlement bourgeois, tandis que lui cherchait à en faire des organes du pouvoir prolétarien.

En 1920, il entraîne presque toute la gauche révolutionnaire du Parti social-démocrate autrichien dans le Parti communiste autrichien. Sa rupture se produisit en dépit de toutes sortes de moyens employés soit pour le corrompre, soit pour l'intimider.

Le Parti communiste autrichien, numériquement faible, très hétérogène politiquement, devait connaître de très nombreuses crises. Il s'y forma, sous la direction de Frey, une gauche dès 1926 qui affirma sa solidarité avec l'Opposition de gauche soviétique et fut exclue du P.C. en janvier 1927, constituant ainsi une des plus anciennes oppositions communistes de gauche dans le monde.

Frey ne cessa de rester fidèle aux principes communistes défendus par notre mouvement, contre la social-démocratie et contre le stalinisme. Dans cette épouvantable période de réaction qui devait si tragiquement toucher le prolétariat autrichien, l'organisation dirigée par Frey, réduite à un petit nombre de cadres renforcés en 1934 par un certain nombre de militants révolutionnaires du Schutzbund, assura sans défaillance la continuité de la pensée marxiste révolutionnaire. L'énergie de Frey ne joua pas un petit rôle dans ces conditions, ainsi que ses dispositions et dons personnels en matière d'éducation révolutionnaire. Il fut arrêté par les nazis autrichiens et allemands et, en 1938, dut prendre le chemin de l'émigration. Il ne devait plus revenir en Autriche. Bien que fondamentalement attaché à la IV Internationale, des dissentiments l'empêchèrent de retrouver le terrain d'une collaboration quotidienne avec ceux mêmes qu'il avait le plus contribué à former comme marxistes révolutionnaires.

Avec Joseph Frey disparaît un des rares et un des derniers cadres de la social-démocratie d'avant 1914 qui, restant fidèles au marxisme, rejoignirent les rangs de la II Internationale puis la cohorte des pionniers de la IV* Internationale.

La IVE Internationale salue avec émotion la mémoire de Joseph Frey qui restera un exemple de fidélité, de volonté et de fermeté inébranlables au service du prolétariat et du marxisme révolutionnaire.

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