Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › numéro spécial

Rapport sur l'activité de l'Internationale (Extraits)

Michel Pablo · Quatrième Internationale, numéro spécial · décembre 1957 · p. 114-119 · 4 069 mots

Texte lu par machine sur le scan (relu en 2026 colonne par colonne) : il peut contenir des fautes de lecture. Pour citer, reportez-vous au scan de la page.

présenté par le camarade Michel PABLO (Extraits)

Au moment du 4° Congrès, l'Internationale était en pleine crise, provoquée par la scission qu'avaient opérée les organisations qui se sont ralliées à « POpen letter », et par la nouvelle scission qui était provoquée au moment meme du congrès, par la tendance Cochran, Collins-Mestre. Plusieurs d'entre vous se souviennent peut-être dans quelle atmosphère de lutte, pour la survie de l'Internationale, nous avons tenu le 4° Congrès Mondial.

Cette crise dans nos rangs survenait a un moment ou les conditions objectives changeaient en faveur du renouveau dans l'avant-garde communiste, et en dernière analyse en faveur du trotskysme et de la IV° Internationale. Notre propre crise loin d'être un signe de déclin de notre mouvement était en réalité un signe de ces temps nouveaux dans lesquels était placé désormais notre mouvement. Que certaines tendances aient eu du mal à se réorienter dans cette nouvelle situation, c'est explicable; les tournants brusques fondamentaux de la situation réagissent sur notre propre mouvement, y compris par des phénomènes de crises et même d'abandon. Mais ce qui compte en définitive, c'est de voir sur quelle base le mouvement se regroupe et progresse. La manière dont nous avons liquidé la crise de 1953-1954, le fait que non seulement nous avons maintenu l'Internationale. mais l'avons fait réelle. ment progresser et mieux enraciner dans la classe, démontre que la crise, si penible quelle fut, n'était pas la manifestation d'un déclin de notre mouvement. Elle avait, je le répète, ses racines dans la situation nouvelle? laquelle, de toute manière il fallait faire face. Elle a pu d'autre part être positivement surmontée, grâce aux conditions objectives favorables. n'avons pas piétiné sur place. Depuis le 4° Congrès Mondial, nous n'avons pas seulement maintenu et consolidé les positions d'alors de l'Internationale, positions soumises aux attaques destructives des « orthodoxes » et des liquidateurs, nous avons progressé et sérieusement progressé.

Les rapports que les camarades délégués des sections donneront durant cette séance le prouveront de manière plus concrète que je ne puis le faire moi-même. Je limiterai ce rapport à trois questions principales.

1" L'activité propre de la direction de l'Internationale. 2" Les problèmes posés par l'activité de nos sections essentiellement indépendantes.

3" Les problèmes posés par les progrès de notre travail entriste. L'activité propre de la direction de notre Internationale, s'est considérablement élargie depuis le 4° Congrès Mondial. Elle s'est manifestée dans plude Tinternationales e nens laquelle inclus les Clus in Portantes inte direction de l'Internationale - - dans laquelle j'inclus le le Bureau Latino-Américain, le Secrétariat International - - a contribué politiquement, financièrement et par la participation personnelle de ses membres au renforcement de l'activité de certaines de nos sections, à la reconstruction de certaines autres. à la construction même de nouvelles organisations de notre Internationale.

Parmi les succès les plus importants de l'Internationale dans ces deux derniers secteurs, je vais mentionner la reconstruction de notre mouvement en Angleterre; le travail qui a été fait en direction des pays de l'Est, sur lequel nous aurons certains détails dans la suite de nos discussions; la construction également d'une organisation trotskyste au Japon. 114

L'activité de la direction de notre Internationale s'est amplifiée considérablement dans le domaine des publications. Nous avons tout d'abord consolidé la publication de notre organe théorique central « Quatrième Internationale », en tant que publication trimestrielle, avec souvent des numéros de cent pages et plus. Un effort analogue a été fait par le Bureau LatinoAméricain, dans la publication de la « Revista Marxista Latino-Americana »; le B.L..A. vous présentera d'ailleurs son propre rapport, aussitôt après celui-ci. Nous avons en outre réalisé la publication d'un organe théorique en allemand « Die Internationale » que vous connaissez, et d'un organe théorique en anglais « Workers International Rewiew ». Nous avons édité le premier volume des « Ecrits » de Léon Trotsky, et nous avons commencé la préparation du deuxième volume. Nous avons également publié en français « Les Bolcheviks contre Staline ». Nous avons en outre édité, réédité ou imprimé plusieurs brochures afin d'avoir un matériel

B.I.A. a fait de son côté toutes ces réalisations, si moyens et à notre activité propagandiste adéquat à la « déstalinisation ». Le un effort parallèle en langue espagnole. Seulement importantes soient-elles, surtout par rapport à nos passée, sont largement inférieures aux nécessités du moment, aux nécessités qui surgissent de la situation nouvelle dans laquelle notre mouvement est placé.

Il nous faut réaliser un programme de publications centrales et par pays, beaucoup plus important, afin de renouveler et d'enrichir notre matériel de propagande et de répondre aux besoins nouveaux. Dans le domaine des publications centrales qui sont assumées par le S.I., nous sommes déjà en retard avec la publication des volumes suivants des « Ecrits » de Léon Trotsky, et avec notre projet d'imprimer en brochure tous les cours ronéotypés que D'autre part, de manière générale, nous sommes en retard avec la nécessité nOus avons faits dans les écoles internationales de notre Internationale. de publier les principaux ouvrages de Léon Trotsky dans les différentes langues. Ces ouvrages qui sont plus nécessaires que jamais sont dans plusieurs cas épuisés, et la question se pose d'envisager, si nécessaire, avec les moyens propres de notre mouvement, de renouveler ce stock, absolument indispensable, de littérature de base de notre mouvement.

Quant aux publications théoriques de l'Internationale, si les progrès de «Quatrième Internationale » et de la revue latino-américaine peuvent être juges relativement satisfaisants, un gros effort reste a faire pour stabiliser et améliorer l'organe allemand et surtout l'organe anglais. Ce sont là des questions qui doivent être étudiées et résolues à ce congrès même. En tous cas la question d'une presse théorique, qui parait régulièrement, qui est bien diffusée et surtout qui consolide et améliore un très haut niveau théorique et politique, est la principale arme de notre mouvement dans la bataille idéologique engagée deja par la « destalinisation », pour la réorientation de l'avantgarde communiste internationale. Nous ne devons pas oublier, camarades, qu'encore actuellement, la force principale de notre mouvement, c'est la force de ses idées, sa supériorité théorique et politique. En général, la question de notre presse doit préoccuper toutes nos sections, afin d'arriver à publier des organes d'un haut niveau politique et théorique et, en même temps, surtout en ce qui concerne les organes de propagande politique, exprimant une connaissance aigue des problemes et des besoins des masses auxquelles nous nous adressons. Ceci du reste, sera le reflet de nos réels progres d'intégration dans le mouvement des masses.

J'insisterai encore davantage sur cette question de la presse en l'éclairant d'un angie différent. Notre mouvement ne doit pas se présenter devant les masses, comme étant essentiellement un mouvement de critique du stalinisme; mais un mouvement qui donne une réponse positive à un ensemble de questions posées actuellement par la classe ouvrière et son avant-garde. C'est de notre mouvement que des couches entières de la population laborieuse attendent une réponse à une série de questions, dans les différents pays. Ce ne sont pas seulement des questions exclusivement economiques et politiques mais des questions plus larges. Des questions d'intérêt social et culturel. Les jeunes de la nouvelle génération, qui ont traversé et traversent une crise terrible, ne peuvent être attirés par notre mouvement, par le mouvement communiste, que si le mouvement communiste renouvelle ses thèmes, en les adaptant aux besoins, aux aspirations de la jeunesse d'aujourd'hui.

Egalement les masses de femmes dans le monde, qui nulle part n'ont trouvé la solution de leurs propres problèmes, de leurs problèmes en tant

QUATRIEME •INTERNATIONALE que femmes, qui ne sont pas seulement des problèmes économiques d'égalité des salaires, mais qui sont des problèmes beaucoup plus larges, de leurs rapports avec l'autre sexe, sur tous les plans, des questions qui touchent l'ensemble de la position sociale et culturelle de la femme, dans la société actuelle, de ses droits et de ses libertés, sur le plan sexuel, mariage, sur le plan des enfants, sur le plan de ses rapports avec les de cette societe. A ces questions concrètes, qui préoccupent plus que vous ne le pensez de larges masses de femmes qui n'ont nulle part obtenu leur émancipation réelle, il faut que le mouvement communiste donne une réponse. Ce n'est pas, bien sûr, de la réponse qu'elles ont trouvée dans l'idéologie petite bourgeoise développée sous le stalinisme et par les partis communistes que les femmes se contenteront. La réponse qu'elles cherchent à ces questions très urgentes, tres vitales, très importantes pour elles, en tant que catégorie sociale de femmes avec leur propres problèmes envers lesquels les hommes de cette société montrent toujours la plus grande incompréhension, même quand il s'agit de révolutionnaires et de communistes, c'est notre mouvement qui doit le donner. res misser qui touche des problèmes sociaux et culturels Ces questions doivent trouver place dans notre en l'élargissant à préoccupant de larges masses de l'humanité actuelle.

Le stalinisme n'a rien apporté sur ces questions, depuis trente ans déja. Il a même fait reculer l'acquis des premières années de la 3° Internationale dans ce domaine. Ces questions sont actuellement devenues aiguës, ne nous trompons pas, Notre mouvement peut devenir un pôle d'attraction pour de larges masses s'il est capable de donner aussi à ces questions une réponse, de renouveler les thèmes du communisme et de renouveler l'attrait du communisme pour une humanité qui est plus éveillée que lamais et qui attend une solution urgente à une gamme d'aspirations et de besoins plus large qu'à n'importe quel moment de son histoire.

Nous devons examiner les moyens concrets qui pourront donner, non pas la solution complète mais un début de solution à ces questions. Il nous faut une presse nouvelle, une presse communiste au diapason du milieu du XX* siècle. C'est notre mouvement qui doit commencer à donner cette nouvelle presse communiste de nos jours, de notre époque.

L'importance de la question que je touche, je pense qu'elle réside dans le fait que nous devons comprendre que nous ne sommes plus et que nous ne devons plus être tout simplement un mouvement d'opposition mais nous mettre de plein pied dans notre rôle nouveau de direction communiste de Thumanité.

Le Comité Exécutif International a fonctionné de manière plus ou moins satisfaisante, à la cadence régulière de deux séances plénières par an. On doit cependant regretter que les moyens de notre mouvement n'ont pas permis réunions assistent les membres extra-européens du C.E.I. suppléer à cette lacune très grave, il faut prendre des mesures afin qu'il soit possible qu'au moins à une session par an, assistent les membres du Comité extra-européens, aussi bien de l'Amérique latine que de l'Extrême-Orient.

réunit en séances plénières au moins quatre fois par an. Ce n'est naturellement pas suffisant. Il faut également envisager des mesures pratiques afin que les réunions soient assurées au

June fois tous les deux mois. Le point le plus faible incontestablement du fonctionnement de la direction internationale réside dans le fonctionnement ropre du Bureau du S.l., sur lequel repose le poids du travail pratique quoti lien de l'Internationale. Avec l'élargissement des activités de l'Internationale il aurait fallu en réalité un élargissement parallèle du noyau stable qui réside au siège du S.I. Nous avons assisté en réalité à l'évolution contraire. Le poids de l'activité de nos sections dans une série de pays a absorbé presque toute l'activité de la plupart des membres du S.I. qui ont assumé un rôle dirigeant dans leurs sections, y compris maintenant le camarade W.

Quant à la composition actuelle du S.I., je crois que celle-ci est assez representative de notre mouvement. Elle pourrait lêtre encore davantage si on y incluait des camarades surtout de l'Extrême-Orient. Dans la composition actuelle du S. I. sont représentées les principales sections européennes de internationale et des camarades de l'Amérique latine. La plupart de ces camarades ne sont pas seulement des dirigeants de l'Internationale, aussi des camarades qui assument de réelles responsabilités dans le mouve116 ment de masse. C'est un développement très sain en ce qui concerne la composition du S.I., car notre but a été depuis toujours de faire diriger l'Internationale par les principaux dirigeants des sections de l'Internationale.

Je saisis cette occasion pour rappeler ce que j'avais dit déjà au 4° Congrès Mondial: notre Internationale est absolument démocratique. Les portes la direction de l'Internationale sont largement ouvertes aux sections. Il n'existe absolument aucun obstacle à ce que l'Internationale soit dirigée ceux qui dirigent les sections, les forces essentielles de l'Internationale. Pe l'avais dit déja au 4° Congrès Mondial et je le répète: si nous sommes le ou nous sommes, nous y sommes parce que cela a été la volonté unanime démocratiquement exprimée de ce mouvement. Il est nécessaire, il est sain sain de ne pas considérer que la direction de l'Internationale est • l'affaire de quelques hommes, de qui que ce soit, mais que c'est l'affaire la plus importante la première affaire de ceux qui dirigent les forces essentielles de l'Interna tionale.

Je passe a la deuxieme partie du rapport sur les problèmes concernant l'activite leur pays et les problèmes et tâches auxquelles nous avons à faire face. Il est à mon avis, de toute manière souhaitable que la perspective de la révolution camarades ceylanais le sections soin de nous entretenir sur la situation actuelle dans et tâches essentiellement indépendantes. laisserai ceylanaise trouve une place adéquate dans le document qui va sortir du Congrès Mondial sur la révolution coloniale. Je me limiterai plus spécialement aux questions de notre travail dans deux pays: en Inde et en Bolivie. Je vais commencer par la question de la Bolivie.

En Bolivie, la situation a évolué rapidement ces derniers mois dans le sens d'une rupture entre la droite politique du M.N.R. et la gauche, représentée par la force des svndicats et par les ouvriers organisés dans la C.O.B La droite politique poussée par l'impérialisme et profitant de la pusillanimité, de la couardise de la gauche, a pris depuis les dernières élections une attitude offensive qui vise à briser les conquêtes de la révolution, à faire appliquer le plan de stabilisation de l'impérialisme. Dans l'exemple bolivien se confirme également l'impossibilité d'une soi-disant troisième voie, de « juste milieu », ouvrière. Siles est maintenant, encouragé par l'impérialisme, décidé à pousser la solution de la réaction capitaliste pro-impérialiste et la solutior son offensive jusqu'au bout, au risque meme de ceder la place à une alle d'extrême droite fascisante. Les forces essentielles de la revolution bolivienne. représentées par le prolétariat minier et les paysans armés, sont cependant toujours intactes. Ce qui est important, c'est que ces forces commencent à comprendre qu'elles sont actuellement trahies également par les représentants de la C.O.B. et les ex-ministres « ouvriers », Lechin et C. Elles s'agitent et résistent. Elles sont incontestablement à la recherche d'une nouvelle direction comme elles ne l'ont jamais été par le passé, depuis le commencement de la révolution jusqu'à maintenant.

A nouveau, grâce à cette évolution qui est à la fois critique et en même temps plus prometteuse que jamais pour notre mouvement, notre section retrouve toutes ses chances pour jouer son rôle. En réalité, par lévolution de la situation, notre section est devenue c'est ce que nous devons comprendre et que les camarades boliviens doivent comprendre la clé de la situation actuelle en Bolivie. Nous devons maintenant préparer notre Parti a jouer pleinement son rôle. Sa situation s'est redressée considérablement remportés lors du Congrès minier et ensuite lors du Congrès de la C.O.B. ces derniers temps. Nous avons pu le constater ici même par les succès Son influence s'est à nouveau accrue ainsi masses trahies par la bureaucratie syndicale opportuniste et que son prestige auprès des sans perspectives de Lechin et C se tournent vers le P.O.R. Elles attendent de lui une réponse à tous les problèmes, elles attendent de lui une direction:

voilà le fait capital dont nous devons partir pour définir actuellement notre ligne et l'ampleur de nos efforts en Bolivie.

Il ne faut pas décevoir cette fois les masses et, si notre parti ne joue actuellement son rôle, il contribuera lui également, objectivement, à la victoire de la contre-révolution hauteur des circonstances, car les plus grands espoirs sont fondés actuellement en Bolivie. Notre organisation est actuellement la seule alternative immédiate de direction pour les masses et de son intervention dépend litté- ralement plus que jamais le sori de la Révolution. Elle doit lutter pour englober dans ses rangs les éléments révolutionnaires dirigeants dans les milieux ouvriers et paysans qui quittent les directions anciennes, en intégrant les revendications économiques des masses, contre la vie chère, contre l'inflation et le chomage, contre la dénationalisation des mines, contre le sabotage de la réforme agraire. contre le plan de stabilisation de l'impérialisme la réaction, dans un programme politique positif donnant une réponse à ces questions et éclairé par la perspective du gouvernement ouvrier et paysan en Bolivie, qui sera appuyé sur les organisations ouvrières et paysannes et leurs milices. Devant la déconfiture complète de la direction bureaucratique de la C.O.B. et de l'aile « ouvrière » du M.N.R., il est nécessaire, à mon avis, que le mot d'ordre de rupture de la C.O.B. avec le gouvernement, et de tout le pouvoir à la C.O.B. soit combine plus que jamais avec la propagande pour le gouvernement ouvrier paysan.

Si la déconfiture de la direction de la C.O.B. continue et aboutit à une sorte de paralysie et de dépréciation de cette organisation, nous devons être prets à reprendre la lutte des masses désappointées sous le mot d'ordre plus direct de la luite pour le gouvernement ouvrier et paysan. C'est une question concrète que nous devons discuter en nous placant dans la conioncture actuelle tout à fait concrète en Bolivie.

Ce qui me parait essentiel en Bolivie, c'est que le parti avec toutes ses forces doit accomplir un immense travail d'organisation de lavant-garde ouvrière et paysanne qui vient de se voir trahie par ceux qu'elle considérait récemment encore comme ses dirigeants, c'est-à-dire par la direction de la C.O.B., par la direction de l'aile « ouvrière » du M.N.R.

Le parti doit absolument élargir sa base organisationnelle en tâchant d'enrôler dans ses rangs non seulement des ouvriers et paysans simples, mais une série de militants révolutionnaires dirigeants des milieux ouvriers et paysans qui quittent les directions anciennes. Dans cet effort immense de notre organisation en Bolivie, la publication régulière de notre presse centrale et locale est une tâche qui doit se réaliser coûte que coûte. La question bolivienne est une question qui concerne toute l'Internationale et il est absolument nécessaire que nous sortions de ce Congrès avec une résolution plus la question bolivienne, résolution adoptée au nom du Congrès de l'Internationale. Nous devons d'autre part discuter des mesures pratiques qui peuvent assurer le maximum d'aide de la part de l'Internationale tout entière a notre section bolivienne.

Je passe maintenant à la question de l'Inde. L'Inde est un pays immense dans lequel, incontestablement et indépendamment de l'appréciation nous pouvons avoir de la situation immédiate et de son évolution dans le proche avenir, couve une explosion révolutionnaire formidable. Les possibilités pour le mouvement marxiste révolutionnaire sont incontestablement parmi les plus grandes. Cependant, nous devons l'avouer, la question de la formation d'une organisation stable de la IV° Internationale avant une orientation de travail définie, a fait jusqu'à maintenant défaut. Les raisons pour cela sont multiples et je ne me propose pas d'entrer dans tous les détails. J'insisterai plus spécialement sur ceci : la création d'une organisation trotskyste qui soit une section de la IV: Internationale doit aller cette fois ensemble définition d'une tactique concrète pour la construction du Parti révolutionnaire de masse aux Indes. Sans vouloir ériger cette opinion ni en une thèse de l'Internationale ni en rien d'autre, à mon avis les trotskystes en Inde doivent combiner un travail indépendant avec un travail sérieux, entriste, dans le parti communiste et dans certains endroits, dans les partis socialistes là où ces partis possèdent encore des positions de masses. Cette opinion est basée sur une série de considérations en ce qui concerne, malgré tout ce qui s'est passé dans ce pays, les chances des staliniens, qu'il faut évidemment discuter ensemble avec les camarades indiens et avec les camarades ceylanais.

Le travail indépendant de la section devrait se manifester surtout par la publication d'un organe régulier, diffusé aussi largement que possible dans le pays.

Evidemment tout cela est subordonné tout d'abord à la possibilité de regrouper, sur la base d'une organisation réunifiée, d'une organisation de la IV° Internationale, les camarades indiens. Nous devons discuter pratiquement de la question avec les camarades ceylanais et fixer, comme une des tâches 118 de l'Internationale dans la période à venir, la reconstruetion de la section de la IV° Internationale en Inde.

Je passe maintenant à la troisième et dernière partie de mon rapport qui concerne les problèmes posés par le développement de notre travail entriste.

Il est clair maintenant que le tournant opéré avec le 3º Congrès Mondial s'est avéré fondamental pour notre intégration dans le réel mouvement de masse. Ce travail fut un succès, un succès salutaire qui a permis, comme la discussion le montrera, la stabilisation et la progression de toutes sections qui s'y sont engagées, et qui a transformé qualitativement notre mouvement. C'est-à-dire, nous n'avons pas seulement augmenté numériquement nos membres, nous les avons changés qualitativement par le fait qu'une grande majorité de nos membres ne sont pas isolés dans leur classe mais occupent une position dans le mouvement de masse.

La physionomie nouvelle de notre mouvement qu'il n'avait, dans le passé, que dans des cas très limités, c'est maintenant le trait général de notre vement, avec toutes ses conséquences heureuses et saines pour la vie même de notre Internationale. Aprés une première phase d'intégration, on arrivé maintenant un peu partout à envisager comment promouvoir dans les partis socialistes et dans les partis communistes un courant plus large de gauche, courant animé par nos noyaux qui travaillent dans ces mouvements et en partie même dirigé par ces noyaux. Dans cette nouvelle phase du travail entriste plusieurs problèmes nouveaux sont apparus et qui n'ont pas encore trouvé de solutions satisfaisantes. Je soulèverai parmi ces questions les suivantes: la question de la presse et du recrutement et celle, plus générale, de l'évolution de la tactique. Il y a du reste une interdépendance entre ces questions qui se résument en réalité à celle de l'évolution des perspectives de notre tactique dans les organisations de masse.

Pour cette dernière question, l'évolution de la tactique entriste, je pense personnellement, sur la base de l'expérience, sur la base des problèmes qui nous ont été posés, qu'elle doit tendre un peu partout à devenir une tactique d'« entrisme sui generis », à la manière de celle que nous pratiquons déjà dans les partis communistes, c'est-à-dire une tactique qui combine une activité indépendante avec une activité entriste proprement dite, notre activité indépendante restant essentiellement destinée à favoriser notre travail entriste. Notre activité indépendante se manifestera surtout par la publication partout où c'est possible d'une presse 100% trotskyste, assumée par un noyau indépendant qui représentera auprès des éléments évolués du pays la section de la IV° Internationale.

C'est là, je crois, la conclusion commune à laquelle arrivent maintenant la plupart même de nos sections engagées dans le travail entriste. De toutes manières, je reviendrai sur cette question et nous pourrons en discuter amplement dans ce Congrès.

Je reviens à la question de la presse. De quoi avons-nous besoin pour le travail entriste proprement dit, soit dans les partis communistes soit dans les partis socialistes ? Nous avons besoin surtout d'un organe intérieur qui soit l'expression de la tendance de gauche du parti s'exprimant dans le angage propre à ce milieu, et qui représente l'alternative en politiage? la politique de la direction du parti. Je crois que cela est aussi bien valable pour la presse dont nous avons besoin en ce qui concerne les partis socialistes que les partis communistes.

Naturellement, en plus de cette presse intérieure dans les partis soit socialistes, soit communistes, nous sentons maintenant le besoin un peu partout (l'assurer la publication d'une presse extérieure 100% trotskyste qui représente à la fois les idées et même l'organisation, si limitée soit-elle, de la IV* Internationale. Autour de ces organes, nous pouvons polariser dans tous les pays une série d'éléments qui sont arrivés à un plus haut point de compréhension. Pour les partis socialistes, un tel organe doit être plutôt une revue théorique. Pour les partis communistes, cela devrait être plutôt un journal combinant un caractère théorique avec un caractere politique plus concret.

Une erreur sur cette page ?