Documents de la IVe Internationale

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La revue › vol. 14, numéro spécial

Déclaration du Secrétariat international de la IVe Internationale

Quatrième Internationale, vol. 14, numéro spécial · juillet 1956 · p. 75-76 · 1 303 mots

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La diffusion publique du rapport final de Khrouchtchev sur Staline porte la crise interne du stalinisme international à son paroxysme. Devant la pression montante de l'opinion prolétarienne mondiale horrifiée par les longue série de falsifications et de crimes de Staline, les principaux dirigeants des Partis Communistes s'efforcent actuelde degager leurs propres responsabilités écrasantes en incriminant principalement les actuels dirigeants soviétiques, en demandant de ceux-ci une explication e marxiste » du règne de Staline, en prétextant leur propre ignorance de ces crimes, et en faisant semblant de vouloir agir désormais Tune manière plus indépendante que dans le passé par rapport au Kremlin

C'est le sens des déclarations c sensationnelles » de Togliatti, reprises par les Thorez et autres dirigeants des Partis communistes.

La IV® Internationale, organisation fondée par Léon Trotsky en 1938, héritière de l'Opposition de gauche du Parti Communiste de PU.R.S.S. et de la Il Internationale, rappelle qu'aucune des « révélations > que Khrouchtchev et les autres dirigeants soviétiques sont obligés de faire actuellement n'était en réalité inconnue de ces dirigeants. La vérité sur Staline et le stalinisme a été dite à temps par ceux qui, dans le P.C. de IU.R.S.S. et les autres partis de la III Internationale avaient, dès la mort de Lénine, combattu la vague de bureaucratisation qui s'emparait de l'appareil de l'Etat soviétique, du P.C. de l'U.R.S.S. et de la III° Internationale. Dans leur lutte pour enrayer cette bureaucratisation et faire revivre la démocratie prolétarienne en U.R. S. S. et dans les P.C., ils ont eu à affronter les Togliatti, Thorez, Codovila, etc., devenus de bonne heure les instruments d'exécution serviles des ordres de la bureaucralie soviétique. Tous ont gagné leurs galons dans la hierarchie stalinienne, grâce à la chasse impitoyable qu'ils ont livrée aux « trotskystes ».

Les œuvres de I. Trotsky et la littérature de l'Opposition de gauche, puis de la IV° Internationale, sont remplies de la dénonciation précise des falsifications et des crimes du regne de Staline actuellement « révélés », en meme temps que de leur explication marxiste. Il s'agissait non d'actes arbitraires d'un individu perdu par l'orgueil, la présomption, etc., mais de la politique d'une couche sociale spécifique, créée en Union soviétique, qui a usurpé le pouvoir pontique aux ouvriers : de la bureaucratie soviétique dont Staline fut le chef bonapartiste.

Quand Togliatti cherche maintenant hypocritement les racines sociales de la monstruense déformation du pouvoir politique en U.R.S.S. sous Staline et affirme que « toute une partie de la population soviétique », y compris les dirigeants politiques actuels, avait soutenu Staline, il devrait préciser qu'il s'agissait effectivement de la bureaucratie soviétique et de ses dirigeants politiques.

Les Togliatti, les Thorez, les Pollitt, les Codovila, les Prestes, etc, avaient accepté en pleine connaissance de cause de jouer le rôle que leur avait assigné la direction politique de cette bureaucratie: mettre le mouvement ouvrier de leurs pays respectifs au service des intérêts de la politique étrangère de la bureaucratie soviétique. Inconditionnellement, sans le moindre esprit critique, ils ont effectué tous les tournants et ont assumé toutes les besognes demandés par le Kremlin.

C'était là le prix du maintien de leurs propres positions bureaucratiques au sein des organisations qu'ils dirigeaient d'une manière non moins bureaucratique que le P.C. de TU.R.S.S.

Les dirigeants soviétiques actuels s'efforcent d'excuser en partie leur rôle d'acolytes intimes de Staline, en prétextant la peur de l'extermination physlace suspensimes de deline ent pretat le. Pue de , disemina, les prypolice de Staline.

Les Togliatti, les Thorez, les Foster, les Prestes, ete., n'ont même cette excuse. Ils etaient les dirigeants d'organisations de masse, hors du pouvoir direct du Guepeou. Sils ont entériné aveuglément la politique de Staline, calomnié en U.R.S.S. et dans les « Démocraties populaires », ce n'était pas certes par et exclu tout opposant, applaudi aux exécutions et aux purges ignorance mais par peur de perdre leur position bureaucratique privilégiée au sein de leurs organisations. Ils ont attendu que la nouvelle direction soviétique entreprenne d'elle-même, pour ses propres raisons de la voix et pour « critiquer » Staline. lique, la « déstalinisation » pour élever, dans lembarras, la gène, à leur tour survie polimaitres du Kremlin, ils agiront désormais de Quant à croire déçus dans leur confiance enaive envers leurs dante par rapport au Kremlin, une telle supposition ne mérite aucun credit. manière critique et indépen-

Car que font-ils sinon continuer comme auparavant quand sans discussion et décision préalable de leurs organisations démocratiquement ils entérinent consultées, des questions aussi importantes que les « voies nouvelles du socialisme», la le révisionnisme droitier des actuels dirigeants soviétiques sur sérieux qui lui sérieux qui lui est dû, étant donné son importance capitale, la « déstalinisation », c'est-à-dire le phénomène de la déformation bureaucratique monsévitent de • coexistence mettre au centre d'une pacifique », et « la dû, étant discussion approfondie, désormais évitable » ? Quand avec l'extrême trueuse qui a caractérisé l'évolution du premier Etat ouvrier communistes dans les trente dernieres années ? Ouand ils ne s'arrêtent que et des Partis forces, du bout des lèvres, sur les « révélations » de Khrouchtchev livrées au grand public, non pas par eux-mêmes qui en connaissaient déjà l'existence, mais par les journaux bourgeois et les services du Département d'Etat américain cherchant évidemment à les utiliser pour combattre le communisme, en le confondant bien entendu avec le stalinisme ? Quand ils maintiennent le même régime bureaucratique au sein de leurs organisations, qui leur a permis de jouer le rôle de pantins de Staline et du Kremlin ? régime bureaucratique et policier de Staline, de ses trahisons innombrables régime bureaucratique et Prestes, et autres, n'ont pas Non, les Togliatti, Thorez, Pollitt, Foster, Codovila, Toledano, d'excuses. Ils furent complices conscients du Gonzalez, du mouvement ouvrier international!

Ils ont trempé de la tête aux pieds dans les falsifications, les crimes et les trahisons de cette ère. Tous doivent des comptes à la classe ouvrière ; ils doivent les rendre, ils doivent disparaitre à jamais de la scène politique prolétarienne.

La IV® Internationale appelle les ouvriers communistes à ne leur accorder aucune confiance. La IV• Internationale considère que le sort des Partis communistes qui, des années durant, furent dirigés par des épigones servilement inféodés à line et au Kremlin, est exclusivement aux mains de leurs membres, de leur base ouvrière. A eux de se ressaisir, taurer la vraie démocratie prolétarienne du temps de Lenine et de Trotsky, de retrouver leur esprit critique, de resde rétablir l'éligibilité réelle à tous les postes, le droit aux tendances idéologiques et à leur représentation proportionnelle tout le passé à l'aide d'une véritable discussion démocratique éclairée par à tous les échelons, d'examiner les textes et les documents des tendances qui, dans le P.C. la III° Internationale, avaient combattu Staline et le stalinisme, ceux des trotsde. PU.R.S.S. et kystes en tout premier lieu.

Les Togliatti, les Thorez, les Foster, les Codovila, les Prestes, acculés au mur par les événements, se livrent à vivre politiquement et sauver in extremis leur régime bureaucratique forgé des manœuvres désespérées pour surdans les crimes de Staline. nine » n'est pas la « tragédie » reprise en farce. Aux membres des Partis communistes de montrer que le «retour à Lé-

L'avenir de leurs organisations dépend de leurs réactions actuelles !

Pour la fidélité inconditionnelle à P'U.R.S.S., Etat ouvrier, contre l'impérialisme et la réaction, non au Kremlin, non à la direction politique de la bureaucratie ! Pour l'indépendance critique des Parlis communistes par rapport au Kremlin et à la direction de tout Etat Ouvrier.

Pour un véritable régime démocratique du Parti Révolutionnaire, incompatible avec le « monolithisme » bureaucratique, les nominations d'en haut — pour le retour aux tendances idéologiques et à leur représentation proportionnelle à tous les échelons, à l'éligibilité à tous les postes !

Pour l'Internationale Communiste ! LE SECRETARIAT INTERNATIONAL Le 20 juin 1956.

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