Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › vol. 14, n° 7-9

Nouvelles du mouvement ouvrier et de l'Internationale

Quatrième Internationale, vol. 14, n° 7-9 · septembre 1956 · p. 56-63 · 6 079 mots

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Les élections de juin en Bolivie ont eu lieu dans un climat social particulièrement tendu, la réaction — la rosea — n'ayant pas caché ses intentions de fomenter un coup d'Etat. Si ces tentatives ont avorte, cela est du principalement aux réactions des masses décidées à défendre leurs conquêtes.

Il n'en reste pas moins que les menaces précisées provenant de la réaction ont favorisé le resserrement des masses aultour du M.N.R. malgré la politique de capitulation systématique de celui-ci devant la rosca et l'impérialisme, et malgré sa nouvelle direction droitière, celle de Siles. D'autant plus que la direction bureaucratique réformiste de la C.O.B., dirigée par Lechin, qui Jouit encore incontestablement d'un grand prestige parmi les masses, a donné son appui aux listes du M.N.R., en y incluant un grand nombre de militants syndicaux.

Dans ces conditions, les élections ont effectivement plébiscité les listes du M. N.R., principalement celles qui incluaient des représentants de la C.O.B., comme nous l'avions prévu (voir Q.I., juin 1956).

La lutte électorale a pris, pour les masses, essentiellement aspect d'un duel entre le M.N.R. appuye par la C.O.B. et la Phalange représentant l'extrêmedroite. En votant pour les listes du M. N.R., les masses voulaient voter « utile » et faire face à la menace représentée par la Phalange. Celle-ci a polarisé quelque 120.000 voix provenant pour la plupart des éléments petits bourgeois exaspérés par les conséquences de la crise financière et économique qui a caractérisé la situation du pays sous la gestion du M.N.R.

Les voix recueillies par les deux autres partis — le P.C. et le P.O.R. - furent en nombre très restreint, particulièrement celles du P.O.R. (3.500 voix contre 12.500 environ au P.C.).

Le P. C. a bénéficié de l'appui de l'ancien P.I.R. et du Parti populaire révolutionnaire, partis ayant une certaine influence dans la petite bourgeoisie radicalisée.

Les voix du P.O.R. sont par contre éminemment prolétariennes. Leur nombre réduit ne peut cependant pas s'expliquer uniquement par les conditions objectives générales qui ont favorisé la victoire du M.N.R. Le P.O.R. dont l'influence diffuse parmi les masses boliviennes dépassait incontestablement largement ce chiffre a subi depuis deux ans déja deux graves crises qui ont nul à ses rapports avec la classe : la première fut celle provoquée

ELECTIONS par Moller, ex-dirigeant du P.O.R., bien connu surtout dans les milieux syndicaux de la C.O.B., et qui a déserté le parti en passant au M.N.R. et en devenant le directeur du journal central de la C.O.B. « Rebelion Moller continue cependant sa phraséologie « trotskyste » qui crée un incontestable confusion parmi les masses au détriment du P.O.R. Ainsi dans le dernier numéro de « Rebelion » il publia un article élogieux sur Trotsky à l'occasion de l'anniversaire de son assassinat.

L'autre crise a été provoquée par la désertion de G. Lora, autre ex-dirigeant connu du P.O.R., qui en pleine campagne électorale a fait des déclarations dans annonçant « Congrès » du P.O.R. à Oruro « excluant » la direction légitime du Parti. L'action scissionniste de Lora, accompagnée de sa consigne d'abstention aux élections, a provoqué un sérieux désarroi parmi les rangs des ouvriers et paysans sympathisants du P.O.R. L'organisation est apparue scindée juste à la veille des élections.

Ces deux crises graves ont reçu l'appui total de la direction du M.N.R. et de la C.O.B. qui, à juste titre, voient leur adversaire politique principal en la personne du P.O.R. et de sa politique révolutionnaire conséquente. Encore à la veille des élections, le nouveau Président de la République, Siles, l'homme de la droite du M.N.R., polémiquait ouvertement dans ses discours contre les trotskystes et leur mot d'ordre d'un véritable « Gouvernement ouvrier et paysan » en opposition à celui du M.N.R.

Le P.O.R. fut d'autre part handicapé par ses propres insuffisances en ce qui concerne un travail ouvert plus systématique, particulièrement durant la campagne électorale. Il n'a pas su prendre lui-même l'initiative d'une campagne pour les élections en vue de la convocation d'une Assemblée constituante, au moment où le M.N.R. ne pensait pas du tout aux élections ou les craignait. Il n'a pas su ensuite promouvoir une véritable campagne pour la formation des listes ouvrières et paysannes, sur la base d'un programme ouvrier, a opposer a celles du M. N. R., et particulièrement pour des listes propres de la C.O.B. Il n'a pas su alimenter, des le début de la campagne électorale, une propagande vivante et systématique pour son programme, par la parution systématique et fréquente de sa presse, par des meetings et autres actes publics.

Lors des élections mêmes, la pression exercée par les représentants du M.N.R.

UA TR IE M E et des autorités dans différents endroits au pays, surtout dans les campagnes, a joue particulerement contre le P.O.R Nos camarades boliviens nous signalent plusieurs actes de terrorisme envers des électeurs disposés à voter P.O.R., ainsi que diverses annulations arbitraires de bulletins du P.O.R.

A la suite du résultat des élections, une grande discussion fut ouverte dans le parti afin de tirer tous les enseignements sur le plan de la situation générale et sur celui de la politique passée et future du parti.

Dans cette discussion qui se poursuit sont intervenus aussi bien la direction du parti et ses militants, que le Bureau latino-américain et le Secrétariat International. De cette discussion s'est dégagé jusqu'à présent ceci gager ue ua présent sit le plan de la situation politique générale, les élections marquent le désir des larges masses de défendre les conquêtes de la révolution contre les tentatives de la rosca, de l'impérialisme et de la droite du M. N. R. pour les annuler.

Cependant il ne faut pas minimiser le fait que, grâce à l'appui de la direction réformiste de la C.O.B., le gouvernement a passé aux mains de la droite du M.N.R. et que l'isolement actuel du P.O.R., du parti révolutionnaire, des grandes masses, crée un facteur objectif qui influe sur la situation. Le potentiel de combativité des masses est encore intact et la contradiction qui existe entre leurs aspirations et le programme plus droitier et plus capitulard que jamais du gouvernement. -dans le cadre d'une situation économique qui ne s'améliore guère de manière satisfaisante — annonce l'inévitabilité de nouvelles grandes luttes pour l'avenir.

Arg REUNION DU

Une importante réunion du C.C. du Parti Ouvrier Révolutionnaire (section argentine de la IV° Internationale) a eu lieu fin juillet passé. Son ordre du jour comportait les points suivants : Situation internationale ; Crise du stalinisme, et particulièrement en Amérique latine. Situation politique nationale : expériences et perspectives de la lutte pour la recon-

La direction bureaucratique de la C. O.B., d'une main, appuie le gouverne ment pendant que de l'autre elle veut toujours maintenir le contact avec les masses. Reflétant leur pression, elle se voit déjà obligée d'organiser au sein du Parlement une fraction particulière de ses membres élus sur les listes du M.N.R.

La radicalisation et la différenciation politique des masses progresseront essentiellement à travers la C.O.B., les syndicats, les milices.

Plus que jamais, la tâche du P.O.R. est de s'incruster profondément dans ces organisations et de favoriser les courants qui s'orienteront vers l'opposition de ces organisations de classe au M.N.R., parti de la bourgeoisie indigène.

Peu de jours avant le 20 août, date anniversaire de l'assassinat de Trotsky, la presse bolivienne annonçait que le P.O.R. « inaugurait la semaine trotskyste », remplie d'une série de manifestations commémoratives.

D'autre part, le 20 août, commençait le 6* Plenum du C. C. du P.O.R. avec, à son ordre du jour :

a) situation économique et politique internationale ; b) crise du stalinisme; c) situation politique nationale. Le rôle de la C.O.B. et les tâches du P.O.R. dans la nouvelle étape de la révolution bolivienne; d) situation syndicale en Bolivie. Bilan de l'activité du parti; e) problèmes organisationnels.

La « semaine trotskyste » du P.O.R. a culminé dans une réunion enthousiaste qui eut lieu le 28 août dans la salle de la Bibliothèque municipale de la Paz. entine C.C. DU P.O.R. quête de la C.G.T. par les ouvriers et pour le Parti ouvrier basé sur les syndicats. Rapport d'activité. Situation financière.

Le C.C. a conclu ses travaux en décidat delargir l'aceinte postique du Parur nt une serie de mesures au ont bo et son enracinement parmi les masses ouvrières en quête d'une nouvelle directich.

Uruguay

LA « REVISTA MARXISTA

Le numéro 4, de juillet 1956, de la Revista Marxista Latino-américaine, organe théorique en langue espagnole du marxisme révolutionnaire, est paru.

C'est un copieux numéro de plus de cent pages qui marque un nouveau progrès dans la présentation et le contenu de cet organe.

Signalons à son sommaire l'éditorial sur l'instabilité politique et le nouvel élan

» LATINO-AMERICAINE des masses en Amérique latine; les articles des camarades Ortiz sur le 20° Congrès et les Partis communistes de l'Amérique latine; Hugo Villa sur la situation argentine ; Lucero sur les élections en Bolivie, etc.

Ce numéro contient, en outre, tous les documents élaborés par la 3º Conférence latino-américaine de la IV• Internationale.

(Adresse de la revue : Casilla de Correo N° 1204, MONTEVIDEO (Uruguay).

INT

Ceylan

LES MASSES ET LE NOUVEAU GOUVERNEMENT

Les masses font l'expérience du nouveau gouvernement.

Le mouvement des masses ceylanaises après avoir commencé sous le gouvernement reactionnaire de 1U.N.P. se poursuit actuellement sous le gouvernement Bandanaraike issu des récentes élections.

Mais à Ceylan comme partout ailleurs. ce gouvernement bourgeois - même s'il contient des membres qui se revendiquen! du mouvement ouvrier - agit en défen. seur de la propriété capitaliste et révèle chaque jour davantage sa vraie nature aux masses travailleuses.

Une des principales revendications de celles-ci est l'abaissement du prix du riz. leur aliment principal, qui avait été augmente quelques années auparavant par le précédent gouvernement. C'est d'ailleurs cette augmentation qui avait été un stimulant du mouvement des masses. Mais le nouveau gouvernement, porté au pouvóir par les masses, se refuse à trouver les subsides nécessaires pour abaisser le prix du riz. Nos camarades du L.S.S.P. (section ceylanaise de la IV• Internationale) mènent une ardente campagne par meetings et interventions parlementaires sur cette question, montrant chiffres en mains ou trouver les moyens financiers pour diminuer le prix du riz.

Des grèves éclatent, les masses désirant

LE RESULTAT

Les élections parlementaires qui ont eu lieu au Japon le 8 juillet ont donné les résultats suivants (en sièges) :

Parti démocrate libéral : 122 (antérieurement 122).

Parti conservateur : 31 (antérieurement 43).

Parti socialiste : 80 (antérieurement 68).

Parti communiste : 2 (antérieurement 1).

La progression des voix du Parti Socialiste (réunifié) depuis 1947 est des plus intéressantes. Les Socialistes obtenaient :

En avril 1947 : 4.900.000 voix, soit 22,2 %.

En juin 1950 : 7.310.000 voix, soit 25,2 %.

En avril 1953 : 6.870.000 voix, soit 24,4 %.

En février 1955 : 10.810.000 voix, soit 29,2 %.

En Juillet 1956 : 11.150.000 voix, soit En37,6 %.

Les voix du Parti communiste pour les mêmes années évoluaient d'autre part de la façon suivante :

820.000 soit 3,9 %.

1.630.000 soit 5,6 %.

260.000 soit 0,9 %.

1.140.000 soit 3,8 %.

730.000 soit 2,0 %.

A la suite des récentes élections, la 58 voir leurs revendications satisfaites. Le nouveau gouvernement n'hésite pas a recourir à la police, à la force armée pour briser ces grèves. Ce fut ainsi le cas pour les travailleurs d'une compagnie d'autobus, apartenant d'ailleurs à un syndicat dépendant d'un des ministres « ouvriers ». Philip Gunawardene, ex-trotskyste, exprostalinien, et dont la carrière s'achevera comme ministre bourgeois.

Autre grève importante, celle des dockers du port de Colombo, où ce même Philip disposait d'une forte influence. Elle commença pour que les heures de travail le jour d'une fête légale soient payées davantage. Le 21 août 10.000 dockers firent grève non seulement pour cette revendication, mais demandèrent la nationalisation du port de Colombo.

La crise de Suez a évidemment suscité la sympathie la plus large pour la cause de l'Egypte dans la population ceylanaise qui voit encore son sol occupé par des bases militaires britanniques. Une grande démonstration a eu lieu le 7 août pour l'Egypte à laquelle participèrent toutes les formations d'opposition, c'està-dire le L.S.S.P., qui est la principale force oppositionnelle dans le pays, le P.C.. le Parti fédéral, d'autres organisations dont une association de moines bouddhistes. pon DES ELECTIONS révision de la Constitution voulue par les partis bourgeois devient impossible, faute de majorité parlementaire adéquate.

Le Parti communiste qui, en janvier 1944, obtenait trois millions de voix, a récupéré des voix depuis le niveau le plus bas atteint en 1952.

Le Parti socialiste continue à gagner, mais le taux croissant va en diminuant de 1952 à 1956. Il n'en reste pas moins que le Parti socialiste est le deuxième parti du pays, canalisant le véritable courant de politisation des ouvriers et des paysans japonais.

Aux élections de juillet un signe inquiétant fut l'apparition d'un courant carrément fasciste, celui de Soka Gakkai, organisation religieuse de fanatiques qui a polarisé environ 560.000 voix.

A la suite de la victoire remportée par les partis ouvriers aux élections, le mouvement ouvrier qui a complètement surmonté le choc subi durant les années 1949-1952 de la purge anti-communiste semble à nouveau plein d'élan, nous écrivent nos amis japonais.

Immédiatement après les élections a eu lieu la conférence de Zenro Kaigi, union des syndicats à direction socialiste droitière groupant environ 800.000 ouvriers. Ses résolutions fermement orientées à gauche sont un signe des effets stimulants du résultat des élections.

Les grèves très militantes de quelque 140.000 ouvriers japonais travaillant dans les bases américaines dans le pays ainsi

Etats JOHN G.

En juin est mort à l'âge de 52 ans le camarade Joseph Wanzler qui militait sous le pseudonyme de John G. Wright.

Né à Samarkande en Asie centrale, Il fut amené aux Etats-Unis alors qu'il était encore un enfant. Il fit des études de chimie à l'Université d'Harvard. Il fut aussi attiré par les œuvres de Marx et d'Engels, dans la période de la grande crise de 1929. Il adhéra à l'époque au mouvement trotskyste américain.

Sa plus importante contribution à la cause de la révolution a été la traduction

LA GREVE

Au bout d'un mois, la grève des aciéries américaines s'est terminée après s'être déroulee, contre bien des prévisions, dans le plus grand calme et sans avoir suscité des répercussions immédiates dans l'ensemble du mouvement syndical américain.

Que s'est-il donc passé dans ces entreprises qui sont parmi les plus grandes et plus décisives dans le monde capitaliste ? Comment se fait-il qu'en fin de compte, les dirigeants syndicaux puissent en présenter le résultat comme « la plus grande victoire » que le syndicat ait remportée en 20 ans et que Wall Street pense également que c'est la plus grande victoire du capital ?

Les relations entre le patronat et la direction syndicale dans cette industrie de l'acier étaient excellentes. En 1952, le président de la U.S. Steel, Fairless, parvenant a un accord avec la direction syndicale, fit une tournée en commun dans les entreprises avec le secrétaire du syndicat MeDonald. Mais le patronat sait où sont ses intérêts. A présent, il voyait monter StOCKS dangereusement, n'est pas sûr que la conjoncture économique se maintienne bonne, il craint le danger de l'inflation. Aussi quand il s'est agi de renouveler la convention collective annuelle, il adopta une position offensive, spéculant sur la crainte qu'auraient les ouvriers à engager la lutte dans les conditions présentes, et aussi sur la couardise de la direction syndicale. Il ne voulut entendre parler de rien, en matière de revendications ouvrières, et exigea la signature d'une convention collective de 5 ans incluant l'engagement de ne pas faire grève pendant cette période.

La direction syndicale n'était pas disposée à se battre. Elle ne pouvait cependant pas accepter de telles conditions.

TERNATIONALE que d'autres mouvements revendicatifs sont indicatives du même effet.

Malgré l'actuel boom de l'économie japonaise, qui est cependant accompagné d'un chômage toujours très important, la combativité du mouvement ouvrier, et sa radicalisation ont atteint de nouveaux sommets. -Unis WRIGHT anglais de nombreuses œuvres de Trotsky de la période de la lutte contre le stalinisme : « l'Internationale communiste niste apres Lénine », « la Revolution Lénine défigurée ». et de nombreux articles. Il traduisit les œuvres rassemblées dans les deux livres constituant « Les 5 premières années de l'Internationale communiste ».

Le Secrétariat International de la IV• Internationale a adressé, en cette douloureuse circonstance, une lettre de condoléances au Socialist Workers Party. DE L'ACIER Elle demandait des négociations. Mais les patrons poussant les choses trop loin, la direction syndicale ne pouvait rester inactive sans risquer de perdre toute autorité parmi les ouvriers, d'autant plus que l'an dernier les ouvriers de l'automobile avaient obtenu le « salaire garanti ». La direction syndicale engagea donc la grève, celle-ci étant pour elle un simple moyen de pression pour qu'il y ait une véritable négociation.

Dans ces conditions, le patronat début s'installa dans la grève et il ne fut nullement faché de voir ses stocks diminuer au fur et à mesure que les semaines passaient. Sur ce seul plan, la lutte aurait pu se prolonger. Mais dans ce cas de nouveaux éléments auraient pu modifier la situation, des incidents auraient pu se produire, d'autres industries auraient pu etre impliquees dans la lutte... Le gouvernement qui est chargé d'assurer les intérêts généraux du capitalisme en eut d'autant pius conscience qu'on se trouvait à la veille de l'ouverture de la campagne électorale présidentielle. Il ne fallait courir aucun risque de ce côté-la.

Bien sûr il n'y eut pas d'intervention gouvernementale officielle, conforme aux dispositions légales en vigueur. Le ministre du travail ignora la grève. Par contre, ce fut le ministre des Finances, Humphrey, un grand capitaliste et un des éléments dominants dans le cabinet d'Eisenhower qui, à titre personnel, intervint auprès du patronat de l'acier.

Connaissant ceux à qui il s'adressait, sachant qu'ils ont en général la tête dure, il exerça auprès d'eux un certain chantage, les menaçant d'une enquête sur les Packet les profits dans l'industrie de les profits dans l'industrie de

Et ainsi les négociations reprirent et aboutirent assez vite à une solution dans laquelle les ouvriers obtenaient une certaine augmentation des salaires, une certaine liaison entre leurs salaires et la montée des prix, des dispositions allant cale 'était surtout satisfaite d'avoir pu se débarrasser d'une lutte dans laquelle elle s'était engagée malgré elle.

Aux Elats-Unis, comme ailleurs. la si- Au saisons, conte ameurs, la sIgnattire d'une convention collective n'est pas le dernier mot des rapports entre paironat et ouvriers, Il est déjà symptomatique qu'une direction aussi pleutre et aussi imbue d'un esprit de collaboration de classc que celle de MeDonald ait été amenée à lancer un ordre de grève. La classe ouvrière américaine connaitra d'autres luttes, en dépit des engagements de ne pas faire grève, et elle aura besoin d'autres directions.

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Nous reviendrons sur cette publication dont on ne saurait sous-estimer l'impordu marxisme révolutionnaire et du programme de notre Internationale dans tous les pays de langue anglaise. sur le mot d'ordre de la semaine de trois jours pour se contenter finalement de celui d'une compensation à tous les ouvriers licenciés. Dans ce domaine ils ont effectivement obtenu satisfaction, la compagnie ayant indemnisé les ouvriers licenciés (une paye de 2 semaines pour les ouvriers ayant travaillé plus de 3 ans, de 3 semaines pour ceux ayant travaillé plus de 10 ans).

Cette grève fut surtout importante par la solidarité qu'elle provoqua dans l'ensemble du mouvement ouvrier anglais et qui fut incontestablement une des raisons du recul partiel de la firme. « Le mouvement de solidarité se développe dangeureusement dans d'autres branches dans le sens d'un salaire contre le patronat obtenai ment de la part du gouve augmentation du prix de aussi du syndicat ouvrier garanti. Par non seulernement une l'acier, mais la signature qu'a la suite de Foster soit la trois victime de la « désta

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En septembre parait imprimée à Londres « Workers International Review », organe théorique de langue anglaise de la IV• Internationale qui paraîtra désormais tous les deux mois.

Ainsi la presse théorique de l'Internationale se trouve enrichie d'un nouvel organe qui prend sa place à côté de « Quatrième Internationale », de la « Re-

Vers le milieu de juillet, les 50.000 ouvriers des 13 usines de la British Motors Cy se sont mis en grève pour protester contre le licenciement de quelques miliiers d'entre eux rendus superilus par l'introduction de l'automation.

La grève a connu diverses péripéties avant qu'elle ne prenne fin environ un mois plus tard, les congés payés étant intervenus entre temps.

Les syndicats, au début ont hésité sur la revendication essentielle à défendre, tant ils ont été pris à l'improviste par les conséquences de l'automation. Ayant commencé à défendre le non-licenciement des ouvriers, ils se sont ensuite repliés 60 de la convention pour s ans, avec engagement de ne pas laire grève pendant cette période.

Le patronat n'avait pas obtenu tout ce qu'il avait demandé. La direction syndi-

La position du secrétaire général du P.C., W. Foster, semble maintenant sérieusement ébranlée et il n'est pas exclu

LA CRISE DANS LE P.C.

Grande-Bretagne

A « WORKERS INTERNATIONAL REVIEW »

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Le patronat n'avait pas obtenu tout ce qu'il avait demandé. La direction syndi-

LA CRISE DANS LE P.C.

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Grande-Bretagne

A « WORKERS INTERNATIONAL REVIEW »

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LA GREVE DE LA BRITISH MOTORS CY

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Q ouvrières, particulièrement parmi les cheminots », notait l'Economist le 4 août.

D'autre part la grève a mis en évidence la complexité des nouveaux problèmes posés devant les syndicats par l'automation et leur manque de politique précise à leur sujet. Incontestablement une des revendications essentielles à cet égard est celle de la diminution des heures de travail à paye égale, appliquée à l'échelle de toute l'industrie, et à l'échelle nationale. Ce qui permettrait de partager le travail à effectuer entre tous les travailleurs et faciliterait l'embauche ailleurs des ouvriers licenciés d'autres usines.

De ce point de vue le mot d'ordre de la semaine de 40 heures qui vient d'être adopté à une écrasante majorité par le Congrès des trade-unions (septembre 1956), contre la résistance de la direction, fut largement stimulé par les réflexions des ouvriers anglais sur les conséquences de Lautomation, illustrées dans le cas de la British Motors Cy.

France

LES ECHEANCES DU GOUVERNEMENT MOLLET ET LES PARTIS OUVRIERS

Le 2 janvier, les él la venue au pou ment à direction soc tion radicale et qui quement par le Part ce gouvernement qui en Algérie, y expédia hommes de troupe. forçant de faire un force en Egypte.

Dans la période q vacances se tinrent 1 à Lille et celui du P ections aboutissaient roir d'un gouverneialiste, à collaboraa été soutenu pratiI communiste. C'est a accentué la guerre nt entre 4 et 500.000 et maintenant s'ef• démonstration de ti précéda celle des • congrès du P.S. à P.F. au Havre.

itque fixant les limites à la « déstalinisation » et donnant en fait raison à Thorez contre Togliatti, co niribua à réunifier la direction au

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Thorez. se tint comme s'il n'y u dans le monde stab Souslov vint decerir ami de 1U.R.S.S. » es délégués étrangers ingres pour se mettre ement sur le Kremlin. une fois de plus des ns la question des 1 socialisme ». Sur ce ernstein et quelques st pas la question esant qu'on puisse aller intaires au socialisme,

P.C.F. ne peut s'en des considérations rière lui la majorité a materits propose-t-il d'utiliser ce fait pour progresser par la voie parlementaire vers le socialisme ? Quel programme présente-t-il et comment concoit-il que la classe ouvrière, appuyant ce programme, obtiendra des changements de régime social par la voie parlementaire ?

En fait, la résolution du congrès du Havre contient beaucoup de choses sauf un programme, sauf des mots d'ordre. On n'y trouve même pas l'idée d'une campagne pour un Front populaire qui fut mise en avant pendant la campagne électorale. « L'Humanité » est actuellement dépourvue de toute ligne politique. On y trouve des critiques à la poursuite de la guerre d'Algérie, des informations sur la montée des prix, des informations aussi sur une série de mouvements qui se sont produits dans les dernières semales. Mais aucune politique. Tandis que le guuvernement expédiait des troupes a Chypre, il n'y eut même pas un meeting. Pardon il y eut la fête de « l'Humanité », une grande kermesse que la direction s'efforce de présenter comme une manifestation politique de première grandeur.

Mais la situation de l'impérialisme français et de son gouvernement à direction socialiste ne s'améliore guère. La « pacification » en Algérie risque de se prolonger longtemps, et un peu partout dans les milieux dirigeants on voudrait bien trouver une solution et on s'orienterait

61 61.

A Lille, Il n'y eut p pour combattre la po ment qui est aussi du parti. Cependant était assez fort, et. position qui, avec bi dait un changemer Bouches-du-Rhone, boucnes-du-rone, de de as une litique telle di le m liin de iiel Iv de :S vraie gauche du gouverne• la direction contentement réduire l'oplayer, demanpolitique en l'insisNord et des importants - lesquels fait à accorder « l'a correspondaient en utonomie interne » à une République algérienne.

Il est vrai qu'au lendemain du Congrès, Lacoste retourna à Alger pour continuer sa politique proimpérialiste, se moquant complètement de la résolution votée par son parti et que Guy Mollet n'osa pas déclarer que, comme chef du gouvernement, il faisait sienne cette résolution. Evidemment on est habitué à ce que les résolutions d'un Congrès socialiste n'aient pas grande importance pour les dirigeants, surtout quand ils sont ministres. Mais rarement le mépris fut manifesté à ce point.

Ce qui facilite le jeu des dirigeants socialistes, c'est la carence complète des dirigeants du Parti communiste qui ne retrouvent de vigueur et de capacité que pour maintenir leur emprise bureaucratique sur ie parii.

Bien qu'il y ait eu une discussion relativement importante à la base du parti (pontique irançaise, Algerie, voles du soclausme, democratie du parti, travaux au 20° congres et rapport ishrouchtchev. yougosarie), les delegues avaient ete soigneusement triés et aucune voie critique ne se lit entendre au cours du Congrès: Qui plus est, dans la période qui précéda le Congrès il y eut certainement des discussions au Bureau Politique à la suite du 20º Congrès. Mais la résolution de juin du C.C. du parti sovié-

Algérie, Guy Mollet accepta, des

Fédération du tance

Algérie, Guy Mollet accepta, e ouvrière. Comment se amendements

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INTERNATIONALE vers une république algérienne au sein d'une Union française fédérative. Mais comment y parvenir ? Avec qui traiter ?

On ne veut pas le faire avec les « rebelles » et on n'a personne d'autres sous la main. La montée des prix, l'inflation, le déficit de la balance commerciale, sont encore d'autres indications menaçantes pour le proche avenir.

Les échéances approchent. Le gouvernement est passablement usé et ne peut subsister que parce que la bourgeoisie ne pourrait pas elle-même faire sa sale besogue, La reaction poujadiste et les autres apprentis réactionnaires indiquent qu'ils

Depuis les élections du 13 juin a ! Assemblée nationale (deuxième Chambre), jusqu'à ce jour (soit près de trois mois) il y a une crise gouvernementale en Hollande. En réalité cette crise reflète la crise d'un système, de la domination des partis cléricaux (catholiques et calvinistes) qui, en quelques années ont vu diminuer leur influence parlementaire de 55 à 51 des 100 sièges. Le fait qu'en un temps court, le P.V.D.A. (Parti socialiste) a réalisé des gains importants, grâce aussi à un appui grandissant des ouvriers catholiques et protestants, a causé une sorte de panique dans les partis chrétiens. surtout dans le parti catholique (K.V.P.).

Voici une image de la composition de la Deuxième Chambre depuis le lendemain de la guerre jusqu'à ce jour

1946

1. K.V.P. (catholique) 32

2. P.V.D.A. (socialiste) 29

3. A.R.P. (Parti antirévolutionnaire calviniste) 13

4. C.H.U. (Union chrétienne histo-

5. V.V.D. (libéral) rique) ... ... • 8 6

6. C.P.N. (communiste) 10

7. S.G.P. (calviniste) 2

Le progrès du P.V.D.A. est frappant, bien qu'il soit accompagné d'un recul continuel du P. C. On observe une stagnation du K.V.P., bien que ce parti réactionnaire n'ait évité aucun moyen pour changer la conjoncture en sa faveur. En même temps il y a un vrai recul pour l'A.R.P., parti favori de la Royal Dutch Shelle.

Il est compréhensible que dans une telle atmosphère, ni le K.V.P. ni T'AR.P. soient très enthousiastes pour continuer une coalition avec le P.V.D.A.: leur attitude envers ce parti se remplit de plus replus d'une vraie haine de classe, malla pontique capitularde, miserable. traitresse de ce parti relormiste.

Cependant, une rupture complète de la coalition n'est pas dans l'intérét du grand capital, qui a bien profité et s'est enrichi de la trahison sans vergogne du P.V.D.A. jusqu'ici. Le V.V.D., parti libéral (du grand capital) ne soutient pas la tendance du K.V.P. et de l'A.R.P. à une coalition seulement bourgeoise. Les partis cléricaux gouvernementaux n'ayant que 62 s'apprêtent à intervenir. Mais il y a la force de la classe ouvrière. Il faudrait peu de choses pour qu'elle se déclenche dans de grandes luttes pour des revendications économiques, exacerbées, par la poursuite de la guerre colonialiste. Les deux Congrès, de Lille et du Havre, ont été bien et même très bien manipulés par leurs directions respectives. Mais les problèmes qu'on peut escamoter dans des phrases de résolutions sans lendemain n'en surgiront pas moins bientôt. Dans les deux partis - socialiste et communiste - il est à prévoir un rebondissement des oppositions. 51 sièges au parlement se voient obligés de « corriger » leur perspective et de s'orienter à nouveau vers une coalition avec le P.V.D.A.

Bien entendu, ils le font à leur propre manière. Ils sont bien conscients du caractère inférieur, lache, méprisable de leurs « adversaires ». les dirigeants réformistes. Tandis qu'ils ont utilisé la première période de la crise gouvernementale pour examiner les possibilités eventuelles de la formation d'un gouvernement de composition purement bourgeoise. la deuxième période se caractérise par leurs efforts pour briser par avance l'influence du P.V.D.A. dans un gouvernement de coalition. Maintenant ces gentlemen sont arrivés à un point, où ils se montraient

1948

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prêts à former un tel gouver-

1952

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nement, mais à caractère « extraparlementaire », c'est-à-dire « sans que les partis s'y mèlent », pour qui croit cette formule mensongère. En réalité on choisi cette forme pour éviter toute intervention du P.V.D.A. dans le programme du nouveau gouvernement composer. Les « socialistes » qui y participèrent ne le feraient qu'en leur qualité « personnelle » et non en tant que représentants de leur parti.

Les conditions de la combinaison K.V.P.A.R.P. étaient si draconiennes que le P.V. D.A. a refusé... et la crise est entrée dans sa 13° semaine.

Cependant, il serait ridicule et stupide d'escompter de ce parti situé à l'extrêmedroite du mouvement réformiste une politique de classe. Son attitude est si méprisable, si répugnante, que le rédacteur parlementaire de « Vrij Nederland », heb-

(1) Nous y avons ajouté les sièges du K.N.P., parti catholique ultraréactionnaire, qui s'est unifié avec le K.V.P. avant les dernières élections.

Hollande

CRISE GOUVERNEMENTALE

Hollande

CRISE GOUVERNEMENTALE domadaire officiel du P.V.D.A. se sent obligé d'écrire le 1º septembre :

« Les concessions que le P.V.D.A. a faites au cours des deux mois de formation touchent a limprobable. Cette attitude a justifié un peu la conclusion qu'on a pu trouver dans l'organe de l'A.R.P. la semaine passée que le P.V.D.A. est si avide de responsabilité gouvernementale, qu'il est prét à presque chaque concessIon ».

Et il poursuit :

« On réalise de plus en plus avoir fait dans l'intérêt de l'administration du pays des concessions qui minent la politique du P.V.D.A. sur des points principiels. On ne peut presque plus considérer comme un secret que plusieurs députés du P.V.D.A. se demandent sérieusement s'ils peuvent se considérer liés envers le programme du cabinet qui, finalement, sera né de la misère de la formation.

TERNATIONALE même si les ministres du P.V.D.A. participent à ce cabinet ».

Tandis que la classe ouvrière dans sa grande majorité est en train de se diriger vers le Parti socialiste, tandis que les ouvriers catholiques et protestants se trouvent en fermentation et veulent rompre leurs nens avec les partis clericaux, les dirigeants réformistes ne s'intéressent qu'à une coalition à tout prix avec l'ennemi.

La victoire électorale du P.V.D.A. a confirmé qu'à l'étape actuelle la radicalisation des masses ouvrières hollandaises se passe au sein du mouvement réformiste. Pour les marxistes révolutionnaires dans ce mouvement la tâche est de se laire les porte-parole des masses radicalisées, en démasquant la trahison de la direction réformiste, en organisant une aile de gauche qui, sans doute, saura attirer l'intérêt de toute la classe ouvrière.

Allemagne

BERTOLD

Ce n'est pas seulement le plus grand dramaturge allemand qui vient de mourir. Bertold Brecht fut toujours lié à la lutte de la classe ouvrière pour le socialisme.

Intellectuel de très grande classe, il n'était pas un militant politique. Néanmoins il fut loin d'être insensible aux developpements au sein du mouvement communiste. Avant 1933, il fut un des premiers abonnes de « Die Permanente Revolution », organe des trotskystes allemands, el. pendant les années du

Dans le prochain numéro, nous examinerons la situation politique en Allemagne dans un article où nous parlerons du parti social-démocrate et de son Congrès de juillet. Ce ne fut pas un congrès de lutte intérieure, mais plutôt une manifestation contre le gouvernement Adenauer. Les textes adoptés sont équivoques, susceptibles de satisfaire des gauches peu exigeantes sans mécontenter la droite. Il

BRECHT nazisme, à « Unser Wort », organe publié dans l'émigration par les trotskystes allemands.

Dans son œuvre, on ne trouve que quelque pages insignifiantes dans la ligne stalinienne. En fait, il ne retourna dans la République démocratique allemande que pour poursuivre son activité artistique sans céder aux insanités du « réalisme socialiste ». conservant son indépendance dans son propre domaine par rapport à la ligne stalinienne. y eut aussi des manifestations spectaculaires, telles l'ouverture du Congrès avec le chant de l'Internationale, la présentation de délégués de nombreux partis socialistes. La crise du gouvernement Adenauer s'accentue, mais la direction du S.P.D. se laisse porter par les événements et n'a aucune intention de mener campagne pour mobiliser la classe ouvrière allemande.

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