Après 44 années de « protectorat », le oe do " neotectorat ». Je Maroc vient d'accéder à l'indépendance. Chacun a frais dans la mémoire les événements récents qui ont abouti à ce résultat. Mais quel a été le bilan de cette colonisation, que les tenants du protectorat présentaient comme des plus positif pour la population marocaine, tout comme ils présentent encore maintenant comme is presentent encore mamenan la gestion du colonialisme en Algérie et dans les autres colonies qui aspirent de plus en plus à l'indépendance ?
Pour le Maroc, le livre que vient de publier Ayache apporte une très considérable documentation qui se trouve d'autant plus accablante pour les colonialistes que toutes les données, toutes les statistiques ont été établies par leurs services (services administratifs officiels, banques, chambres de commerce...).
Ce livre rappelle les principales étapes "de la « pacification » du Maroc, car c'est déjà ce mot qui eut cours dans les premières années du 20 siècle. Il rappelle aussi fort opportunément que cette conquête du Maroc, se faisant dans les années de préparation de la premire guerre mondiale, donna lieu à des marchandages diplomatiques.
Le 8 avril 1904, une convention francobritannique s'exprimait ainsi :
« Le Gouvernement de la République déclare qu'il n'entravera pas l'action de l'Angleterre dans ce pays (l'Egypte) en demandant qu'un terme soit fixé à l'occupation britannique ou de tout autre manière... (article 1°").
« Le Gouvernement de Sa Majesté britannique reconnait qu'il appartient à la France, notamment comme puissance limitrophe du Maroc sur une vaste étendue, de veller a la tranquillite de ce pays, de lui preter son assistance pour toutes les réformes administratives, economiques, financières dont il a besoin... (article 2) ». refile-moi le Maroc... c'est pour rendre Autrement dit, je te donne l'Egypte, service aux Egyptiens et aux Marocains !
Et ces brigands osent crier à la violation du droit international aujourd'hui, parce que les peuples colonisés sortent de leur impuissance de jadis !
Ce livre, avons-nous , dit, donne un tableau saisissant du bilan de la colonisation. Prenons un exemple qui minimise encore la proportion à l'échelle du pays, puisqu'il s'agit des salaires payes par l'Office Chérifien des Phosphates, en 1952 à 11.071 ouvriers, dont environ un millier d'Européens.
d'Albert AYACHE (*)
Masse globale des salaires millions
Européens • milliard
Marocains
Salaire moyen mensuel d'un ouvrier à 50.000 fr
8.330 fr
Or la majorité des Européens au Maroc ne se livre pas à un travail salarié, mais occupe des positions de commande dans l'industrie, le commerce, l'administration, se trouvait à la tête d'exploitations agricoles, etc... Elle est exploiteuse et non exploitee.
Ce livre contient aussi des données extrêmement fournies sur l'état de l'économie marocaine, sur sa concentration, sur les trusts qui y sévissent, etc..
En somme, la plus grande partie du livre est une source de documentation et une arme contre l'impérialisme.
Malheureusement, la partie du livre relative au mouvement de libération nationale ne vaut pas grand chose. On y trouve une description fort superficielle, la formation des organisations, les principaux événements. Mais l'auteur ne dépasse pas le niveau de la propagande stalinienne. Il n'y a pas une véritable analyse des forces de classe, des programmes politiques des partis. Les choses sont présentées d'une façon déformée. Il semblerait selon l'auteur que le P.C. marocain a été la force motrice dans les événements, que l'Istiqlal a été à sa remorque, que c'est le P.C. qui a poussé à la formation des syndicats marocains en dehors de la C.G.T.... Tandis que l'on trouve 300 pages fort intéressantes, le livre se termine avec une trentaine de pages insipides. Bien entendu, il n'y a pas la moindre perspective des luttes de classe dans la société marocaine, une fois l'indépendance proclamée, ainsi que les événements les esquissent depuis environ six mois. L'auteur ne semble pas avoir conscience qu'il ne s'agit pas au Maroc, comme dans tous les pays colonisés, seulement d'une libération nationale mais aussi d'une libération sociale, autrement dit que le Maroc connait une révolution dont la proclamation de l'indépendance n'a été qu'un moment.