Le 17° Plenum du Comité exécutif international
A la fin de mai s'est réuni le 17- Plenum du Comité Exécutif International, avec la participation de la majorité des membres européens et de délégués de l'Amérique latine et d'Asie.
Le Plenum a tout d'abord entendu un rapport sur le 20 Congrès du P.C. de l'Union soviétique et la nouvelle phase de la crise du stalinisme. Avec grand enthousiasme, il a enregistré la confirmation éclatante de la ligne et des pronostics de l'Internationale dans ce domaine. La lutte de Léon Trotsky et de la IV- Internationale trouve dans les nouveaux développements en U.R.S.S. une première justification historique qui devient évidente.
Le déclin accéléré du stalinisme se confirme et les perspectives de sa chute sont maintenant beaucoup plus définies.
Le Plenum a entendu ensuite un rapport sur la situation actuelle en Europe occidentale et ses perspectives immédiates.
Puis, en présence d'une nombreuse délégation de camarades anglais, le Plenum a examiné les problèmes posés par le travail de l'Internationale en Angleterre. La parution très prochaine d'un organe théorique imprimé de l'Internationale en langue anglaise a été pratiquement mise au point.
La 3° Conférence latino-améri
Du 5 au 15 mars s'est tenue, au Chill, la 3ª Conférence latino-américaine de la IV• Internationale. Y assistaient au total. 45 camarades. parmi lesquels des délégués fraternels et des invités, représentant six pays de l'Amérique latine. On a noté la présence de vieux camarades ayant une longue expérience de notre mouvement, ainsi que des jeunes qui soit ont été à la pointe des combats des mineurs boliviens et ont subi la répression, soit ont participé aux grandes luttes du prolétariat argentin.
Dans la salle, il y avait les portraits de Lénine et de Trotsky, ainsi qu'un panneau avec une inscription plaçant les travaux sous la présidence d'honneur de Léon Trotsky et du Secrétariat International. Il y avait d'autres panneaux avec des mots d'ordre révolutionnaires, et notamment un en hommage des camarades latino-américains tombés au combat: Aguirre Gainsborg, Agenor Alfaro et Cruz 88 té Exécutif International
Le Plenum a pris connaissance des derniers développements du travail de l'Internationale en Amérique latine, et des importants succès réalisés.
Enfin, le Plenum a discuté de la date. de l'ordre du jour et d'autres modalites pour la tenue du prochain Congrès Mondial de la IV Internationale et il a pris des dispositions concrètes à ce sujet. La Lettre ouverte adressée par le Comité Exécutif International de la IV• Internationale aux membres des Partis communistes a été jusqu'à présent publiée en français, espagnol, allemand, italien, bulgare, grec, portugais, hollandais et vietnamien.
Elle a paru dans la presse des sections de l'Internationale et a aussi été éditée SOUS forme de brochure dans plusieurs pays. Le camarade José Maria Crispim, ancien député et ancien membre du C.C. du P.C. brésilien a adressé une lettre ouverte aux membres de ce Parti, rédigée dans le même esprit que la lettre du C.E.I. caine de la IVe Internationale Vallejos, de Bolivie: Carvajal et Velasco. du Chili; Bessouchet et Munhis, du Brésil. Avant de commencer leurs travaux. les délégués ont gardé une minute de silence à la mémoire de Léon Trotsky et des camarades morts de l'Internationale. Un message de salutation fut envoyé au camarade Amadeo Vargas, dirigeant du P.O.R. bolivien, incarcéré, au camarade Guillermo Lora, également incarcéré, appartenant a un groupe sympathisant, et à tous les camarades emprisonnés au Pérou et dans d'autres pays. Des messages de salutation ont été adoptés à l'adresse du Secrétariat International ainsi que de la camarade Natalie Trotsky. A l'ordre du jour de la Conférence étaient inscrites les questions suivantes : 1. Rapport sur l'évolution de la révolution latino-américaine et nos tâches. comprenant trois chapitres:
a) La situation internationale ;
QUATR b) L'évolution de la révolution latinoaméricaine ; c) Résolution politique sur la situation actuelle et nos tâches.
2. Rapport sur la situation de différents pays latino-américains (Argentine, Pérou, Chili, Uruguay. Brésil. Bolivie, Mexique, Equateur, Colombie) et nos taches.
3. Rapport d'activité du Bureau latinoaméricain et élection du nouveau Bureau.
La camarade Miranda ouvrit la séance par un salut, au nom du Bureau, aux délégués, et par la lecture d'une lettre du Secrétariat International où sont exposées ses vues sur la situation en Amérique latine et le développement de notre mouvement.
Le camarade Posadas rapporta sur le premier point de l'ordre du jour. S'appuyant sur les résolutions du 16 Plenum du C.E.I, il souligna que la conjoncture économique actuelle était caractérisée par un essor économique des Etats-Unis et des pays impérialistes de l'Europe occidentale qui a provisoirement soulagé l'impérialisme et permis « l'esprit de Genève », celui-ci ayant profité de la politique conci• liatrice de la bureaucratie soviétique. Mais en meme temps, cet essor economique relatif se produit dans des conditions caractérisées par grande instabilite. l'époque actuelle, du capitalisme mondial engagé dans une économie de guerre. A côté de cet essor économique se développe aux Etats-Unis une crise dans l'agriculture représentée par un excédent de production dont la valeur se chiffre à un milliard de dollars, tandis qu'en Amérique latine on assiste à une surproduction dans le sucre, le café, le cacao, le coton, le blé et la viande, surproduction dont les conséquences graves se voient encore empirées du fait du dumping venant des EtatsUnis. L'instabilité du monde capitaliste est encore accentuée par le développement irréversible des mouvements des masses montantes. Tout en enregistrant certains reflux et même des défaites partielles, les révolutions dans les pays coloniaux et semi-coloniaux vont en se développant. comme en témoignent les révolutions en Afrique du Nord, le renforcement de la révolution chinoise et sa marche vers des niveaux plus élevés, et enfin l'amplification des luttes en Amérique latine, tout particulièrement en Bolivie, en Argentine et au Brésil. Ce sont ces mouvements des masses qui minent toute possibilité pour le capitalisme mondial de trouver une stabilité à longue et même à courte échéance et qui le poussent inexorablement à chercher la défense de son régime dans une guerre contre-révolutionnaire.
Dans le contexte de cette situation internationale, l'évolution de la révolution latino-américaine fut ensuite abordée par le rapporteur. Les luttes révolutionnaires des masses latino-américaines, dit-il, sont développées à un point tel qu'elles sont irréversibles et s'achemineront vers le pouvoir ouvrier et paysan. La chute de Peron a été la manifestation la plus claire de l'impossibilité pour les bourgeoisies nationales de chercher un soutien dans des masses ouvrières de plus en plus politisées, sans mettre en danger les bases mêmes du régime capitaliste.
Le processus accéléré d'industrialisation de la plupart des pays latino-américains (Argentine, Brésil, Mexique, Chill, Colombie et, en partie, Uruguay), la formation dans ces pays d'un prolétariat nombreux ; les nouveaux besoins économiques de larges masses de paysans et d'ouvriers incorporés à l'industrie; les luttes des paysans pour la réforme agraire; la participation de larges masses à la vie politique nationale: leur prise de conscience de classe ; leurs conquêtes d'une importance capitale comme le sont la création de la C.G.T. argentine, la C.O.B. bolivienne, la C.U.T chilienne; les milices ouvrières et paysannes en Bolivie, le controle ouvrier en ce pays sur les mines, plus la présence d'éléments de double pouvoir représentes par la C.O.B. bolivienne, ce sont autant de développements témoignant de l'ampleur atteinte par le processus révolutionnaire latino-américain impulsé par la révolution agraire, véritable moteur de la Révolution latino-américaine. En dépit des coups répressifs portés contre les masses
Argentine et au Guatemala, la lutte révolutionnaire se voit stimulée par l'evolution objective de la situation qui pousse les travailleurs à défendre leurs conquêtes et à les étendre dans une lutte anticapitaliste et antiimpérialiste.
Aussi bien le rapporteur que les délégués, dans leurs interventions, ont signalé particulièrement le caractère que, dans ce processus révolutionnaire, ont pris les syndicats et les centrales ouvrières dans les pays latino-américains soit les plus industrialisés, soit dans ceux qui connaissent des grands mouvements de masse (Argentine, Bolivie, Chili, Mexique, Brésil), Nous sommes en présence d'organisations dont le rôle ne se limite pas à la lutte pour des revendications économiques, mais qui sont appelées, en l'absence d'un parti ouvrier de masse, à réaliser des tâches propres du parti politique du prolétariat et des masses paysannes, à assumer le rôle d'organe de double pouvoir, de soviets. Poussés à la lutte pour leur libération nationale et sociale, et toujours en l'absence d'un grand parti politique, les masses latino-américaines affluent vers les syndicats. De ce fait, elles donnent aux syndicats un nouveau contenu qui diffère de celui des syndicats de l'Europe.
Le rapporteur et les délégués, dans leurs interventions, soulignérent l'importance du processus d'industrialisation de l'Amérique latine et de ses répercussions sur les plans politique et social, ce processus d'industrialisation ayant créé une réalité nouvelle dans cette partie du monde. Les changements économiques apportes par une telle industrialisation sont à la base des heurts et des luttes des bourgeoisies nationales contre les oligarchies indigènes et l'impérialisme, et expliquent aussi bien les vastes mouvements des masses que le rôle grandissant de l'appareil d'Etat dans tous ces développements.
Si on a une compréhension claire des changements économiques introduits par ce processus d'industrialisation, on comprendra plus facilement la politique de limpérialisme yankee envers les gouvernements de la bourgeoisie latino-américaine nationaliste. Il s'agit d'une politique mi-
Q UATRIEMEIN sant sur deux tableaux: d'un côté elle entretient et favorise des coups d'Etat (affaires Lacerda, Hertzog, opposition à Peron) ; d'un autre coté, se trouvant placée devant un dévelopement réel de l'économie latino-americaine, elle cherche a y intervenir, notamment dans l'industrie et aussi à imposer sa tutelle sur ces gouvernements par le truchement d'emprunts. d'investissements, du « Point 4 ». La surproduction agricole actuelle est utilisée par l'impérialisme yankee comme une masse supplémentaire de manœuvre aussi bien sur le marché mondial qu'envers ces gouvernements latino-américains.
Cependant, la bourgeoisie nationale dispose d'une marge propre lui permettant le dialogue avec l'impérialisme. Les discours de Kubitchek devant le Congrès aux Etats-Unis. ainsi que les discours de Battle Berres ont emprunté un langage que la bourgeoisie latino - américaine n'avait jamais utilisé. Elle cherche un accord. Mais la pression de l'impérialisme ne se relache pas. L'impérialisme accentue son offensive politique par l'envoi aux pays latino-americains de délégations militaires, techniques ou economiques, par la vente d'avions au Nicaragua, à l'Uruguay, à la Bolivie (avions destinés non pas à la guerre, mais à être lancés contre les masses), par la création d'un étatmajor militaire en Amérique centrale. choisie comme base pour la lutte anticommuniste, par des offres économiques à Kubitchek en échange d'établissement de bases militaires au Brésil, par son dumping agricole, par la concession contrôlée de crédits, par son refus d'investir des capitaux sauf dans l'industrie minière. etc.
Mais l'action du prolétariat est toujours présente : elle est liée à celle des paysans luttant pour la révolution agraire. Ce sont les véritables forces impulsant tout le processus objectif. Tandis que la bourgeoisie nationaliste se heurte à la structure arriérée et dépendante de ces pays et cherche un compromis avec l'oligarchie et l'impérialisme quand elle ne capitule, les masses mobilisées imposent la réalisation des tâches fondamentales. C'est ainsi que les masses boliviennes ont imposé la nationalisation des mines, la réforme agraire, et ce sont encore ces masses qui empêchent que Paz Estensoro ne livre les mines à l'impérialisme.
L'ampleur du mouvement des masses, l'existence de puissantes organisations
A la veille des élections prévues pour le mois de juin, les germes de guerre civile flottent dans l'air en Bolivie. La révolution bolivienne est arrivée à : un tournant : ou les masses progresseront vers l'instauration d'un véritable Gouvernement ouvrier et paysan, ou la contrerévolution triomphera par un coup d'état qui chassera le gouvernement débile du 90
TERNATIONALE ayant un contenu nouveau, comme le sont la C.O.B., la C.G.T. et la C.U.T. sont à la base de l'instabilité de l'Amérique latine et de l'impossibilité pour la bourgeoisie de trouver une issue à cette instabilité et d'arriver à des accords durables avec l'impérialisme. C'est pourquoi elle capitule devant l'impérialisme ou déserte la direction des mouvements de masses, comme le firent Arbenz, Vargas et Peron. La chute de Peron a été la constatation la plus claire du manque de perspectives pour la bourgeoisie dans une lutte où la mobilisation des masses ne peut pas ne pas se faire sentir. Aussi Peron et son équipe se hatèrent de passer le pouvoir à l'oligarchie, sans engager une véritable lutte, et avant que les masses n'aillent plus loin.
Mais le processus d'industrialisation continue. Ni Aramburu ni Rojas, représentants de oligarchie, n'ont pu dans ce domaine faire marche arrière, pas plus qu'ils n'ont pu mettre en avant le Plan Prebisch. Quant au Brésil, un an après la disparition de Vargas, il y a aujourd'hui un gouvernement représentant la bourgeoisie industrielle. L'industrialisation du pays se poursuit malgré la crise dans l'exportation du café et du coton. Le même processus d'industrialisation s'opère au Pérou, au Mexique, en Colombie.
Les bourgeoisies cherchent des accords commerciaux. bien que limités. avec 1 Union soviétique, la Chine et les Démocraties populaires, accords que l'impérialisme yankee veut éviter.
Le mouvement des masses a imposé ses propres conquêtes, s'est frayé sa propre vole; il est le facteur dominant en Amérique latine. Les luttes des masses pour la défense des mines nationalisées en Bolivie, pour la révolution agraire dans ce pays, et pour la défense de la C.G.T. en Argentine, peuvent conduire à une situation de double pouvoir et à l'insurrection.
Dans ces conditions, de grandes perspectives existent pour impulser le processus de politisation des masses, pour pousser les grandes centrales syndicales ouvrieres a jouer un role politique, comme ce fut le cas de la C.O.B. bolivienne constituée en « Parlement ouvrier »; pour que la C.G.T. argentine présente des candidats aux élections, et pour œuvrer à la constitution de partis ouvriers basés sur les syndicats. M.N.R. et instaurera une dictature ouverte, instrument de l'impérialisme yankee et de la réaction indigène (la rosca).
Les masses ouvrières et paysannes toujours armées, l'existence de la Centrale Ouvrière Bolivienne (C.O.B.) forte de l'appui des ouvriers malgré la politique capitularde de son appareil bureaucratique, sont une menace suspendue per-
Bolivie
A LA VEILLE DES ELECTIONS
Bolivie
A LA VEILLE DES ELECTIONS
VATRIEME
Q pétuellement sur les féodo-capitalistes indigènes et contrecarrent les projets : de l'impérialisme visant à exploiter sans résistance ce pays si sous-développe et en même temps si fabuleusement riche. La lutte pour la dénationalisation des mines de l'étain et l'exploitation de très riches gisements de pétrole est devenue dernièrement plus apre.
Mais parallèlement l'activité des masses qui souffrent d'une inflation fantastique et voient avec une inquiétude grandissante le retour offensil des propriétaires foncier et des capitalistes liés à l'impérialisme, se renforce. Cette année plusieurs grèves ont éclaté pour une substantielle augmentation des salaires, et le gouvernement a dû accorder des concessions. Le gouvernement et la presse capitaliste ne cessent depuis de se plaindre de « l'abus du droit de grève » et de réclamer que des mesures soient prises pour taire face à cet état d'esprit parmi les ouvriers, les employés, et les fonctionnaires.
Les paysans, de leur côté, gardent toujours armés les terres occupées. Devant la lenteur de la réforme agraire décrétée par le gouvernement, de nouveaux mouvements d'occupation forcée de la terre éclatent dans le pays. Chuquisaca, au centre, est actuellement le théatre de telles opérations. Le mouvement, parti de cette région, s'étend en direction de Potosi.
La réaction inquiète veut visiblement forcer les choses à l'occasion et à cause précisément des élections. Il est possible en effet que les élections plébiscitent de nouveau les listes de la gauche du M.N.R., dans lesquelles sont inclus jusqu'à 40% de candidats de la C.O.B. Le prestige de la centrale auprès des masses malgré la politique de sa direction bureaucratique, avons-nous souligné. est toujours grand. Une telle victoire de ces listes risque de provoquer un nouvel essor encore plus puissant du mouvement des masses. La réaction veut faire échec à ce danger par toute une série d'opérations:
De l'intérieur même du M. N.R., en portant a la présidence de la République Siles, candidat de la droite; en mobilisant Phalange socialiste bolivienne, parti d'idéologie et de mentalité fasciste et raciste; en agitant la menace d'une intervention armée venant des milieux de réfugiés en Argentine et au Chili (et appuyée par les gouvernements de ces pays). Le danger d'un coup d'état devient très sérieux.
Quatre partis se sont inscrits pour les élections le M.N.R. la Phalange, le P.O.R. et le Parti communiste bolivien. La Phalange déclare maintenant vouloir s'abstenir, ainsi que l'ont fait le Parti d'Union Républicana Socialista et le Parti Libéral, bastions de la réaction. La Phalange vise ainsi à renforcer sa pression sur la droite du M.N.R., à aggraver la lutte intestine dans ce parti, et à porter l'accent sur la lutte extraparlementaire et la préparation du coup d'état.
Face à ce danger très réel, le P.O.R. (section bolivienne de la IV• Internationale) a pris toute une série d'initiatives heureuses qui visent à sensibiliser les organisations ouvrières, et avant tout la C.O.B. et les milices, sur l'ampleur et l'imminence du danger.
Le P.O.R. a proposé aussi bien à la C.O. B. qu'au P.C. bolivien un programme concret de mobilisation de classe qui a trouvé jusqu'ici un grand écho. Par son journal, édité sur huit pages grand format, ses tracts, ses interventions dans la presse bourgeoise, les syndicats, les mines et les Milices, le P.O.R. alerte l'opinion publique et prépare la riposte énergique des masses à une telle éventualité. On ne peut pas douter de l'ampleur que prendrait cette riposte.
Les masses ouvrières et paysannes de Bolivie ne se sentent pas battues. Au contraire. Malgré la direction capitularde de la gauche du M.N.R. et de la C.O.B., battraient héroiquement. Le P.O.R. est prêt à se joindre à elles, mais il ne le fera pas pour défendre le gouvernement actuel, principal responsable pousser la C.O.B. au pouvoir et a pour des audaces de la réaction, mais vers elle faire avancer la solution du Gouvernement ouvrier et paysan en Bolivie.
Alerté par notre section bolivienne, le Comité Exécutif de la IV• Internationale vient de lancer un appel à toutes les organisations politiques et syndicales oupour venir en aide à la Révolution bolivienne et faire échec aux plans de la réaction et de l'impérialisme.
« Quatrième Internationale » publiera dans son prochain numéro un article de fond sur les récents développement en Bolivie.
Ceylan
VICTOIRE ELECTORALE DU L. S. S. P.
Les élections à Ceylan ont ouvert une nouvelle étape dans le développement politique de cette ile qui occupe une position stratégique dans l'Océan Indien.
Rappelons tout d'abord les chiffres. Le paru gouvernant sortant, TU.N.P., a été battu à plates coutures. Il n'a obtenu que 8 sièges pour 750.000 voix. La coalition du M.E.P. (Mahajana Eksath Peramune ou
Front populaire uni) obtient 54 sièges avec un million de voix. Nos camarades du Lanka Samasamaja Party (section ceylanaise de la IV Internationale) obtiennent 275.000 voix et 14 sièges, devenant ainsi le deuxième parti sur le plan parlementaire, et — qui plus est — la véritable opposition des masses. N'oublions pas que nos camarades, comme nous l'avions in- dique dans notre précédent numéro, n'avaient présenté de candidats que dans 21 circonscriptions.
Ceylan, qui était un des joyaux de la couronne britannique avait obtenu son indépendance sous forme de don du gouvernement anglais, au moment même où celui-ci rajusta à la fin de la guerre ses rapports politiques avec l'Inde et la Birmanie. La lutte des masses ne joua guère de rôle dans cette mesure. Il en résulta que le parti dirigeant depuis 1948. I'U.N.P., assura avant tout la continuité des intérêts impérialistes et de la bourgeoisie compradore. Les bases navales britanniques restèrent intactes, et bien entendu les plantations de thé et de caoutchouc britanniques aussi.
Le symbole le plus net peut-être de cette continuité, ce fut le maintien de l'anglais comme langue officielle, dans ce pays où à peine 7 % de la population (voir nos numéros précédents) parlent cette langue.
Sous le gouvernement de l'U.N.P. s'accumulerent les substances explosives. La question des langues officielles en premier lieu. La question religieuse également. La majorité de la population est bouddhiste, mais l'impérialisme donna des privilèges marqués aux religions chrétiennes.
Sur le plan économique, la population s'accroissait beaucoup plus rapidement que l'économie du pays, le coût de la vie ne cessait de s'élever. Plus encore peutêtre que les ouvriers, en souffrirent les employés, les professions libérales, les petits bourgeois en général. La radicalisation des masses avait trouvé une première expression virulente le 12 août 1953 sous la forme d'un hartal, combinaison d'une grève générale des travailleurs avec un arrêt général de l'activité des autres couches de la population laborieuse (fermeture des boutiques, des universités...) Mais c'est aux récentes élections que le mouvement des masses a donné une nouvelle situation. Le gouvernement de I'U.N.P. a été balayé et il y a fort peu de chances que ce parti ne revienne jamais au pouvoir.
Au pouvoir a été porté un gouvernement de coalition autour du S.L.F.P. de Bandaranayke. C'est un parti bourgeois, affectant d'étre libéral. Et la coalition estégalement une coalition bourgeoise, bien qu'elle englobe des hommes comme Philippe Gunawardene et quelques autres qui furent jadis membres du L.S.S.P., le quittèrent pour flirter avec le P.C. ceylanais. et qui, comme celui-ci, ont sombré dans la collaboration de classe. Le nouveau gouvernement est parvenu au pouvoir sur un programme plutôt ra-
A une récente session du C.C. du P.C. des Etats-Unis, le rapporteur de la commission des libertés civiles, Simon Gerson, a déclaré que le parti « avait commis quel92
TERNATIONALE dical: reprise des bases militaires. navales et aériennes au gouvernement britannique. proclamation d'une république indépendante, nationalisations quoique vaguement formulées) des plantations appartenant a des étrangers, abaissement du coût de la vie au moyen de subsides. suppression de toute législation répressive, concessions financières aux ouvriers et aux paysans, épuration de l'administration, démocratisation du système politique et administratif du pays. Sur le plan international il s'est prononcé pour une politique à la Nehru.
programme est vraiment colossal. surtout pour une coalition qui, même sur le plan bourgeois, est fort bigarrée et s'étend tant à droite qu'à gauche.
Les masses ont en général de grands espoirs dans le nouveau Parlement dans le nouveau gouvernement, elles l'ont manifesté dès le jour de l'ouverture du nouveau Parlement, forçant les barrages de police, pénétrant dans les locaux du Parlement, déclarant: maintenant il est à nous.
Que va faire le nouveau gouvernement? Il a fait de nombreuses promesses, mais il est aussi en présence des propriétaires, notamment ceux des plantations étrangères, qui n'entendent pas céder devant les revendications des travailleurs. Ainsi. un mois après la venue au pouvoir du nouveau gouvernement, au cours d'une grève commencée le 10 mai par les travaleurs des plantations pour obtenir la reconnaissance de leurs organisations syndicales, grève qui engloba rapidement 25.000 ouvriers, la police protégea des jaunes et fit usage de ses armes le 18 mai, tuant un gréviste et en blessant grièvement quatre autres.
Il n'y a pas de doute que le gouvernement Bandaranayke, comme tous les gouvernements de ce genre, finira par une faillite honteuse. Mais à Ceylan, les masses disposent d'un instrument de combat. du L.S.S.P., qui est une organisation ayant une tradition et une histoire de lutte extraparlementaire, qui n'a jamais capitulé devant le colonialisme, qui a poursuivi pendant la deuxième guerre mondiale la lutte pour le socialisme et qui dispose de puissants liens avec les masses ceylanaises
Le L.S.S.P. ne manquera pas de placer le nouveau gouvernement devant ses responsabilités, soutenant toute mesure progressive, mais dénonçant impitoyablement toutes ses oscillations et capitulations devant la bourgeoisie et l'impérialisme, preparant les masses pour la conquête du pouvoir et l'instauration d'une République socialiste ceylanaise. ques erreurs graves, y compris le manque de défense des trotskystes de Minneapolis.. en 1941 » (« Daily Worker », 6 mai).
Quelques jours auparavant, le même
Etats-Unis
UNE AUTOCRITIQUE DU P. C.
Etats-Unis
UNE AUTOCRITIQUE DU P. C.
Q
UA
M E
T journal publiait un rapport de John Gates, son directeur, dans lequel on lisait :
« Parmi les erreurs du P.C. américain, Gates cita le manque de lutte contre la mise en accusation des trotskystes en vertu de la loi Smith. Car quoique nous méprisions les positions politiques des trotskystes, cela ne justifie pas notre manque à prendre une position nette sur leur arrestation et leur condamnation. » (22 avril.)
L'autocritique ci-dessus aura encore besoin d'une autre autocritique. Car, en 1941, quand les dirigeants du S.W.P. furent poursuivis par l'administration de F.-Roosevelt en vertu de la loi Smith -qui sert maintenant à condamner les dirigeants du P.C. et ainsi à mettre en cause
PREMIERS SUCCES CONTRE
Bien que les Etats-Unis restent le terrain de prédilection de la répression capila liberté de pensée — les dirigeants du
P.C. américain non seulement se refusérent à participer aux actions de solidarité, mais ils soutinrent de toute leur force les poursuites.
Ce premier pas est un témoignage de la fermentation qui se manifeste dans le
P.C. américain depuis le 20" Congrès, a côté d'autres manifestations.
De nombreuses lettres sont arrivées à la rédaction du « Daily Worker ». Dans des articles parus pendant le mois d'avril, ce journal a été amené à poser des questions au gouvernement sovietique relatives au sort des Juifs en U.R.S.S. La direction
Foster s'efforce cependant de contrôler la situation, en prétendant qu'on ne connait pas tous les faits, qu'il faut attendre encore les informations qui viendront d'U.R.
S.S... LA CHASSE AUX SORCIERES 1948, parce qu'il était membre du S.W.P. Etant ainsi banni, on chercha à l'évincer du logement qu'il occupait, puis à lui retirer sa pension de réforme.
Pendant 8 ans, Kutcher eut à combattre pour son droit à l'existence. Sa cause rencontre lárho leslnaleros contra l'écho le plus large, dans les syndicats, les organisations diverses, la presse. Finalement, au bout de 8 ans, il a obtenu gain de cause. Il a conservé sa pension et son logement. Et une cour d'appel a jugé qu'il avait été chassé illégalement de son emploi. Sur ce dernier point, le gouvernement n'a pas encore dit son dernier mot, et peut faire appel.
Ce ne sont là que des signes encore bien faibles que l'opposition au régime de réaction devient plus forte et est mieux en état de résister à la répression. l'entreprise de démoralisation de l'armée. qui place l'inculpé sous la juridiction du Tribunal militaire.
C'est sous cette dernière inculpation qu'ont été arrêtés et détenus pendant plusieurs semaines, avant d'être mis en liberté provisoire, trois membres du P.C.I. (section française de la IV• Internationale), les camarades Pierre Frank, Simone Minguet et Raymond Bouvet, ainsi que la camarade Janine Weill, de la Nouvelle Gauche.
La répression gouvernementale soulève une résistance très grande et contribue, a sa façon, à la polarisation des forces dans le pays.
taliste contre toute pensée on peut observer depuis que la défense des libertés marque quelques points.
On sait qu'un tribunal d'avant-garde.
quelque temps démocratiques avait déclaré que la demande d'un passeport par Sachtman ne pouvait étre refusée par le gouvernement pour la simple raison qu'il appartient a une organisation placée sur une liste noire, mais que le refus devait être motive personnellement. La tentative de suspendre la publication du « Daily Worker » par une saisie ordonnée par le fisc a échoué.
Un cas important est celui de J. Kutcher, qui perdit ses deux jambes sur le front en 1943. Il fut chassé de son emploi au ministère des Anciens combattants en
En raison de la guerre contre la révolution en Afrique du Nord, le gouvernement français dirigé par le socialiste Guy Mollet intensifie la répression contre les opposants à cette guerre. Et il a promis à la réaction déchainée au Parlement de ne pas s'arrêter en chemin.
Des journaux d'avant-garde sont saisis ou poursuivis. Des manifestants sont arrétes et condamnés.
Les libertés démocratiques, et notamment la liberté de la presse, sont menacees de façon générale sous deux chefs d'inculpation. L'un c'est l'atteinte à la sécurité extérieure de l'Etat, l'autre c'est
France
LA REPRESSION S'INTENSIFIE
France
LA REPRESSION S'INTENSIFIE
Q
AVANT LE 14° CONGRES DU P. C.
Le dernier carré stalinien est constitué par le noyau de la direction française dirigé par Thorez. Celui-ci avait ete presque seul au 20 Congrès à dire des mots d'éloge au tyran décédé. La direction du P.C. minimisa tant et plus ce qui s'était produit à ce 20° Congrès.
Au C.O. qui en discuta, Thorez fut absent. Quelques jours plus tard, « l'Humanité » publiait un article de lui où on ne retrouvait guère le peu « d'autocritique » contenu dans la résolution adoptée par le C.C.; c'était une manifestation de la « direction collective » telle que Thorez la conçoit. La seule chose qu'il trouvait de bon dans ce Congrès, c'étaient les « nouvelles voies ». qu'il prétend avoir découvertes en 1945.
Mais des avant le Congrès de Moscou avait été décidée la tenue du 14º Congrès du P.C.F. pour la mi-juillet, Et la situation se présentait quelque peu difficile pour Thorez.
En effet, en bas. le malaise provient de la question algérienne. Les militants du parti sont soumis à la pression des masses qui ne cesse de grandir. Toutes les manifestations de la population contre le rappel des disponibles, contre la guerre en Algérie, ne sont pas décidées par le P.C.F. Au contraire, jusqu'à présent. les directives de la direction visent à freiner, à fragmenter, à amoindrir les manifestations... sous prétexte de ne pas nuire à la réalisation du front unique avec les socialistes.
Dans le parti, la direction est entièrement coupée des éléments intellectuels, à l'exception des cuistres qui prétendent régenter l'art. la littérature, les sciences, au nom d'un prétendu marxisme-léninisme. Les intellectuels du P.C.F., ce ne sont pas surtout les grands noms, mais de très nombreux professeurs, savants... qui sont de sérieux militants de base.
Thorez doit aussi avoir quelques difficultés au sommet. Les membres du B.P., exception faite de Jeannette Vermeersch, ont été plutôt silencieux. Des bruits circulent, qui ne sont certainement pas tous erronés. sur des dirigeants qui préparent des bastions, des coteries, en prévision de conflits qui surgiront plus tard, après le 14• Congres.
Pour celui-ci, la direction a présenté un projet de thèses absolument incohérent, destiné à tout contenir pour contenter les observations de chacun. La direction a annoncé que le projet du B.P. avait reçu 200 amendements au cours du C.C. (composé d'environ 70 membres).
La discussion a été ouverte, avec des tribunes de discussion dans « l'Humanité » et « France Nouvelle ». Jusqu'à présent, la participation à ces tribunes semble assez faible. D'une part le texte présenté à empêcher une discussion claire; d'autre part, bien des militants n'ont qu'une confiance réduite dans la direction et ne savent comment s'exprimer publiquement.
Cependant, on peut déjà distinguer les principaux thèmes de la discussion. En premier lieu, les « nouvelles voies »: les 94 militants ont fait remarquer que Khrouchtchev avait subordonné la possibilité de ces « nouvelles voies » à des conditions qui n'existaient pas en France. Ensuite, le régime du parti, l'existence du culte de la personnalité dans le P.C.F.: la revendication de l'élection du C.C. au vote secret a été posée.
Au cours de la discussion dans le P.C. même, celle-ci se poursuit non seulement sur les thèses., mais sur les problèmes pratiquement soulevés par la situation politique en France, avant tout par l'Algérie. La direction a soutenu honteusement la politique du gouvernement Mollet. Elle a voté voici moins de 3 mois les pouvoirs spéciaux, qui ont permis la mobilisation de plusieurs centaines de milliers d'hommes. En fait, la majorité du parti, si celui-ci pouvait s'exprimer démocratiquement, était contre ce vote. Aussi, ces jours-ci, le C.C. a abandonné cette position scandaleuse de soutien ouvert pour une position honteuse de soutien hypocrite par l'abstention dans le vote de confiance réclamé par le gouvernement.
La discussion avait partagé l'assemblée commune C.C. groupe parlementaire presque par moitié. Thorez a fait voter l'abstention, personne ne s'étant prononcé pour le soutien du gouvernement.
La pression des masses et la radicalisation des militants viennent de s'exprimer aussi dans le fait que le C.C., quelques semaines avant le Congrès, a décide de reconstituer la Jeunesse Communiste, à la place de « l'Union de la Jeunesse Républicaine de France » qui fut créée après la « libération » et quí n'a cessé de végéter. Le remarquable developpement politique des jeunes ouvriers, paysans et étudiants, dans les derniers mois, sous l'effet de la guerre d'Algerie, a imposé une décision que de nombreux militants n'avaient cessé de revendiquer. En même temps qu'il a pris cette décision, le C.C. signale le danger pour la direction stalimenne, que cette Jeunesse devienne « un petit Parti communiste de jeunes », à vrai dire un courant révolutionnaire qui menera la vie dure à la direction en décrépitude.
Un autre élément intervient dans la crise de la direction du P.C.F. Les Yougoslaves et cette direction ne sont pas dans les meilleurs termes. A la formation du Kominform. les Yougoslaves critiquèrent la politique du P.C.F. à la « libération ». Lorsque exclus. Thorez et les Yougoslaves furent
Cie s'en donnèrent à cou-Belgr du P.C.F thèses po
Quand ade s'est a fait ur le 14 la réconciliation Mosproduite, la direction grise mine.
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Congrès, « l'autocritique » laite en lèvres.
AI ur la question yougoslave est passant, à peine du bout des
Issi a-t-on vu « Borba » faire une critique de cette autocritique. « L'Humanité » n'a pas pu faire le silence, car il ne s'agit pas de l'opinion de simples militants. La réponse de la direction du P.C.F est embarrassée, sauf sur un point : celui des « voies nouvelles », car cœur joie.
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RIEME effectivement, les Yougoslaves, en 1947, avaient critiqué la politique de collaboration de classe de 1944-1947.
Les Yougoslaves sont probablement à pied d'œuvre pour aider à la démolition de la direction Thorez. Sur ce point aussi, des bruits circulent. qui ne sont pas sans fondement.
Aura-t-on des développements sensationnels avant le 14 Congrès ou à celui-ci ? On ne peut complètement exclure une telle éventualité. Ce qui parait le plus probable, c'est que Thorez, apparemment.
Les éditions Schwarz, de Milan, préparent pour très bientôt la parution en italien de l'ouvrage-clef si actuel de Léon Trotsky, « La Révolution trahie ». Nous sounaitons que cet ouvrage puisse paraitre dans d'autres langues et que nos sec-
COOPERATION
A la fin de mai s'est réuni à Berlin-Est le Conseil d'aide économique mutuelle réunissant les délégués de l'U.R.S.s. et des « démocraties populaires » européennes. Des observateurs chinois et yougones. slaves y assistaient également.
Cette réunion du Comecon inaugure une ère de coopération économique plus étroite entre ces pays selon une certaine division du travail et un certain plan. Le • marché commun » sera bientôt une réalité pour ces pays. A l'exception de la mènera le Congrès. car les leaders qui préparent des positions dans l'appareil ont peut-etre intérêt à le laisser s'user encore davantage et la maturation politique dans les rangs du parti ne fait que commencer. Mais ce sera la dernière bataille de Thorez; ses efforts de réorganisation de la direction s'avéreront vains. Les manœuvres d'organisation ont fait leur temps. De trop graves problèmes se posent aux révolutionnaires de France pour que de tels jeux se prolongent longtemps. LA REVOLUTION TRAHIE » tions envisagent toutes les possibilites dans ce domaine.
En Italie vient de paraitre aussi le tome I de la biographie de Léon Trotsky par Isaac Deutscher « Le Prophète armé ». ECONOMIQUE Bulgarie, tous ces pays commencent cette année de nouveaux plans quinquennaux.
Selon « The Economist » (2 juin), tous ces plans « peuvent être considérés comme faisant partie d'un plan directeur pour toute la région » du monde que couvrent ces pays.
La production prévue pour 1960 de l'ensemble de ces pays (à l'exception de l'U.R. S.S.) est de 20 millions de tonnes d'acier. 300 millions de tonnes de charbon, plus de 100 milliards de kWh d'électricité.