Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › vol. 14, n° 10-12

Nouvelles du mouvement ouvrier et de l'Internationale

Quatrième Internationale, vol. 14, n° 10-12 · décembre 1956 · p. 82-87 · 4 181 mots

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ET DE L'INTE Le 18° Plenum du Comi

En novembre s'est tenu le 18° Plenum du Comité Exécutif International.

Plusieurs délégués fraternels des différentes organisations de l'Internationale y assistaient.

A son ordre du jour, étaient inscrits les points suivants:

1. Rapport sur la situation internationale.

2. Rapport sur la préparation du 5° Congrès Mondial de la IV: Internationale.

3. Rapports sur les deux documents soumis à la discussion préparatoire au Congrès Mondial: « La révolution coloniale depuis la 2° guerre mondiale », « Déclin et chute du stalinisme ».

4. Rapports des sections et questions diverses.

Avant de commencer ses travaux proprement dits, le Plenum a pris connaissance de la mort d'André Marty et adonté l'adresse d'un salut aux masses coloniales arabes, au prolétariat britannique, aux masses polonaises et hongroises.

Le camarade M. Pablo a présenté le rapport sur la situation internationale qui fut suivi d'une très ample discussion.

Le texte du rapport politique est publié dans le numéro de « IV• Internationale » de décembre 1956.

Le Plenum a décidé que les deux documents sur lesquels s'ouvrira la discussion préparatoire au Congrès Mondial. portant sur « le déclin et la chute du stalinisme » et sur « le développement de la révolution coloniale denus la dernière guerre » devront être prêts vers le milieu de décembre 1956.

Le troisième document portant sur les développements de la situation internationale et ses perspectives sera donné un peu plus tard.

Le préambul du document sur la révolution coloniale adopté par le Plenum est publié dans le numéro de décembre de « IV• Internationale ».

Le Plenum a décidé la création immé-

LA PRESSE THEORIQUE

Un nouveau numéro de la « Revista Marxista Latino-americana » est paru (Octobre 1956).

Plus volumineux que d'habitude (106 pages) il est caractérisé par un contenu aussi abondant que varié. Nous signalons particulièrement son article éditorial sur la croissance des économies latino-améri82

RNATIONALE té Exécutif International diate par toutes les sections d'un fonds spécial pour le Congrès de l'Internationale.

Le camarade Pierre Frank a présenté le rapport sur le document concernant la révolution coloniale.

Le camarade Germain a présenté le rapport sur la partie déjà préparée du document concernant « le déclin et la chute du stalinisme ».

Une très ample discussion a suivi ces deux rapports, particulièrement le secone Plenum s'est prononcé à l'unanimité cond pour ces deux textes.

Le camarade L... a donné un rapport sur les développements en Amérique latine. l'activité du B.L.A.,, l'apparition d'un nouveau numéro de la " Revista marxista latino-américan » en insistant plus particulièrement sur les aspects prometteurs de la crise du stalinisme pour notre mouvement.

Les rapports des camarades Frank et Maitan sur les progrès réalisés en France et en Italie, et les possibilités très grandes qu'offre le développement de la crise du stalinisme dans ces deux pays, ont retenu toute l'attention du Plenum.

Ce dernier a d'autre part beaucoup apprécié le rapport du camarade S... sur les événements hongrois, le camarade s.. ayant eu la possibilité de se trouver à Budapest lors de leur déroulement.

Tant par la qualite des discussions politiques et théoriques, que par lampleur des informations données sur les événements politiques et sur l'activité de l'Internationale. le 18° Plenum du Comité Exécutif International fut de l'opinion unanime de ses très nombreux participants un des plus importants de ces dernières années.

Décembre 1956.

LE SECRETARIAT INTERNATIONAL DE L'INTERNATIONALE caines. l'article du camarade Emilio Prado sur le développement et l'évolution des tendances de gauche dans les partis socialistes latino-américains, l'article du camarade Ortiz sur les préparatifs de guerre de l'impérialisme en Amérique Latine, l'article du camarade Hector Lucero sur la révolution agraire et l'alliance ouvrière

Q

VATRIEME

E et paysanne en Bolivie, l'article du camarade Roberto Cervi sur la contre-offensive de la classe ouvrière argentine.

Nous rappelons l'adresse de la revue :

Csilla de Correo 1204, Montevideo, Uruguay.

La revue théorique en langue allemande de l'Internationale « Die Internationale » a publié un numéro spécial entièrement consacré à la révolution politique en Pologne et en Hongrie.

PUBLICATION DE « LA

Le livre de Trotsky, « La Révolution Trahie » vient de paraitre pour la première fois en Italie. Dis la première semaine de sa publication, cet ouvrage capital pour la compréhension de l'U.R. S.S. et du stalinisme a connu un grand "succès.

CRISE DANS LE

La crise combinée de l'impérialisme et ‹du stalinisme a en France des effets curieux :

A I'O.N.U., le gouvernement fichera le •camp quand on se prononcera sur l'Algérie.

A l'Internationale socialiste, la délégation du P.S. fiche le camp quand on vote sur l'expédition d'Egypte.

S'il y avait une assemblée internationale des P.C., la direction Thorez serait probablement amenée à sortir quand il s'agirait de la « déstalinisation ». Il est vrai qu'elle ne serait pas toute seule, elle jouirait de la compagnie de Molotov et d'Enver Hodja...

Ce parallèle n'est pas fortuit. La France est le pays d'Europe occidentale le plus profondément affecté et son personnel politique - bourgeois ou ouvrier - est le plus borné et le plus rétif aux grands changements actuels.

Cette résistance - le seul point où Mollet et Thorez réalisent un front unique de facto... contre les travailleurs -est d'autant plus grande que ces bureaucrates savent les grandes potentialités des travailleurs français: juin 1936, Libération 1944-1945, grève de 1947, août 1953, Nantes 1955.

Mais la crise sévit déjà dans les deux partis traditionnels.

Dans le P.S., depuis le mois de novembre, des voix se sont élevées. Bien timidement d'ailleurs. Personne n'attend de D. Mayer, de Depreux ou d'A. Philip une •opposition révolutionnaire. Guy Mollet, qui n'a pas trop de mots contre les méthodes staliniennes, a refusé une tribune de discussion, un congrès extraordinaire. et a engagé une procédure disciplinaire contre A. Philip.

Le sort de Guy Mollet est largement

Adresse de la revue : Postfach 96, Postamt Wien 82, Autriche.

La revue théorique en langue anglaise « The Workers International Review » publie son deuxième numéro en décembre. également consacré en grande partie aux événements de Pologne et de Hongrie. ainsi qu'à la crise de l'impérialisme dans le Moyen-Orient.

Adresse de la revue : Sam Bornstein 21 Sidney St. London E 1, Angleterre. REVOLUTION TRAHIE »

Nous apprenons que la maison d'éd.tions Schwartz, de Milan, qui a sorti ce livre prépare maintenant la publication d'un autre ouvrage fondamental de Trotsky : « II. C. après Lénine ». P. S. ET LE P. C. dépendant - et il n'est plus si lointain — où les ouvriers communistes balayeront chez eux la direction Thorez, les militants sociaIstes s'empresseront de nettoyer leur maison.

Dans le P.C.F., la direction se montre la plus rétive à tout changement dans le sens d'une déstalinisation. « Il n'y a pas de stalinisme », affirme effron ément Thorez devant le C.C., alors qu'il y a quelques années il se vantait - et à juste litre — d'être le « meilleur stal nien » en France. Le rapporteur du B.P. devant le C.C.. Guyot, fit un discours déchaine contre tous: Polonais, Yougoslaves, Hongrois, Italiens. personne - sauf les Albanais - ne trouvait grâce devant lui. « L'Humanité » avait envoyé un correspondant à Varsovie qui oublia de dire ce qu'il y avait vu et s'empressa de filer sur Budapest pour y trouver une ville « qui retrouve son sourire », des « conseils ouvriers » provisoires et contre-révolutionnaires, composés de fascistes qui, en minorité, parvenaient à terroriser les ouvriers des grandes usines et à leur faire faire une grève générale qui cessait chaque jour pendant près de trois semaines.

Mais cette furie d'une équipe qui sait que sa derniere neure approche se heurte a une opposition croissante dans le Parti.

Tout d'abord, à l'exception de quelques membres de l'appareil, les intellectuels _ écrivains, artistes.

médecins, professeurs — sont tous hostiles à la politique de la direction et au régime qu'elle impose au parti.

Les pétitions, les déclarations se multiplient, ainsi que ce que la direction condamne, les « cercle Petoefi ».

La plus remarquable des déclarations est celle que « l'Humanité » appelle des

Italie

France

Italie

France vATRIE

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«dix », car elle est signée de dix noms, pour eviter de dire que parmi ceux-ci se trouve celui de Picasso. La direction qui exclut un professeur comme Rolland, blame des écrivains comme R. Vailland, se garde de dire aux ouvriers que Picasso, Wallon et d'autres, parmi les plus grands noms, non seulement refusent de suivre la direction sur la question hongroise, mais ont demandé un Congrès extraordinaire pour discuter les questions les plus fondamentales du communisme qui ont été soulevées au cours des derniers mois.

La direction du P.C.F. s'est pratiquement trouvée mise en minorité au Mouvement de la Paix et a dû accepter un texte qui demande « le retrait des forces soviétiques au terme d'un accord négocé entre la Hongrie et l'U.R.S.S. et le plein exercice de la souveraineté hongroise ». ainsi que l'abrogation des pactes de l'Atlantique, de Varsovie et de Bagdad. et le retrait de toutes les troupes étrangères.

Dans la classe ouvrière la situation n'est pas encore aussi évoluée. Dans le P.C.F., les militants ouvriers se sont temporairement resserrés autour du parti après les assauts des fascistes du 7 novembre. Mais le trouble est grand sur la question hongroise. Un phénomène déjà vis ble avant le Congrès du Havre en juillet, un absentéisme dans les cellules ouvrières, s'accentue. Il n'y a pas là départ à proprement parler, mais attente.

Bien que la direction affirme que les Intellectuels subissent la pression de la bourgeoisie et que les travailleurs restent fermes, les militants ouvriers savent

PREMIER CONGRES « Laissez entrer les peuples noirs sur la grande scène de l'histoire! » Aimé CESAIRE

Le premier Congres des écrivains et artistes noirs a tenu ses assises à Paris. Des représentants de tous les peuples de culture nègre sont venus apporter leur contribution à l'œuvre dont quelques pionniers - parmi lesquels les éditeurs de « Présence Africaine » - ont jeté les bases. L'étendue et la profondeur de toutes les interventions ont visiblement surpris la presse qui a dû accorder à cette manifestation une place dans ses colonnes.

L'effort d'élaboration d'une littérature et d'une pensée basées sur les traditions proprement africaines a permis la révélation de remarquables talents. Cesaire, Depestre, Jacques Rabemananjara parmi tant d'autres poètes, Stephen Alexis parmi tant d'autres romanciers sont au premier rang des écrivains de notre époque. Mas leur œuvre a une signification générale, qui ne peut s'exprimer sur le seul plan littéraire: elle est le cri de guerre antiimpérialiste des peuples noirs, relégués jusqu'à maintenant au ban de toutes les nations.

Demander le libre développement d'une 84 mieux que quiconque que les travailleurs ne suivent pas le P.C. sur la question hongroise. Aussi la direction de la C.G.T. a-t-elle du procéder avec une certaine souplesse. Tandis qu'en 1948, quand se produisit l'affaire yougoslave, on excluait de la C.G.T. ceux qui refusaient de dénoncer Tito comme un fasciste, cette fois-ci la direction de la C.G.T. déclare qu'elle ne prend pas position, parce qu'elle rassemble des travailleurs de tous points de vue et laisse pleine liberté aux organisations adhérentes (fédérations, unions, syndicats) de prendre publiquement la position qui leur convient à ce sujet. La direction de la C.G.T., composée en ma- Ces ac jorite de membres du P.C.F. sava t qu'elle ne pouvait sans grand danger pour ses effectifs approuver l'intervention des troupes soviétiques en Hongrie.

A une récente session de la direction de la C.G.I. Frachon a declare en substance: cette affaire hongroise s'oubliera et nous connaitrons bientôt des difficultés économiques qui nous rendront la direction des luttes ouvrières. Il peut y avo r une partie de vrai dans ce point de vue. Mais Frachon en bureaucrate imménitent croit que les ouvriers n'ont pas de mémoire. Il se trompe. Quand viendront les difficultés économiques - on débauche déja dans l'automobile chez Simca bien des militants s'apercevront qu'ils sont handicapés pour réaliser le front unique par l'affaire hongroise et qu'ils ne peuvent pas aboutir avec une politique de fragmentation des luttes. C'est probablement à ce moment là que l'opposition débordera les milieux intellectuels et prendra de l'ampleur dans les cellules ouvrières. culture nègre qui, tout en englobant les découvertes de la pensée moderne, ne tire ses caractères propres que des traditions populaires alricaines, c'est remettre en quescon toue la domination politique et économique de l'impérialisme. Celui-ci a cherché à renforcer son implantation parmi les pays nègres en étouffant leur personnalité : pas d'éducation scientifique, si ce n'est après référence aux maitres à penser de la métropole. Secouer un pareil joug n'est possible qu'a condition de liquider le colonialisme!

La portée révolutionnaire du Congrès est renforcée encore par le fait que tous les représentants des pays participants. interprètes de situations variées, avaient un seul ennemi, aux masques divers: l'impérialisme occidental qui, américain, britannique ou français, opprime avec la même férocité la minorité noire des EtatsUnis. les peuples noirs et mulâtres des Antilles, les populations africaines. Aussi peut-on dire, sans aucune hésitation, que le Congrès des écrivains es artistes noirs a marqué, dans un domaine particulier. une étape du développement général de la révolution coloniale.

La meilleure preuve en est la progression parallèle du mouvement d'émancipation des peuples noirs. Ainsi, en Afri-

DES ARTISTES ET ECRIVAINS NOIRS

INTERNATIONALE que Noire « française », les provocations incessantes de l'administration n'ont abouti qu'au renforcement du mouvement national qui, sur le plan politique comme sur le plan syndical, tend à l'únification. La majorité de ses membres rejette l'hypocrite « loi-cadre », qui ne vise qu'à perpétuer la domination colonialiste et le morcellement des territoires africains. Pour eux, le problème de demain est l'élimination de l'impérialisme.

A l'avant-garde, la Fédération des Etudiants d'Afrique Noire en France un role important. Elle a besoin de l'aide du mouvement ouvrier français. Que font à cet égard les directions socialistes et

Le 29 novembre le gouvernement a fait saisır et detruire le plomb du journal « Lucha Obrera », organe du P.O.R. section (bolivienne de la IV• Internationale).

Le camarade Jorge Velarde, responsable du journal a été arrêté.

Le gouvernement a motivé cette mesure en prenant prétexte d'un article intitulé « A bas le plan impérialiste de stabilisaton de la misère » qui dévoilait les clauses secrètes du plan gouvernemental

Lucha Obrera, organe du Parti Ouvrier Révolutionnaire (trotskyste) a publié son premier numéro. Le Parti Ouvrier Révolutionnaire a tenu une conférence nationale. Celle-ci a adopté une série de résolutions sur la situation politique au Pérou et les taches qui se posent au parti. Pendant huit ans le Parti a été obligé de vivre dans l'illégalité, sans pouvoir assurer la parution légale de ses publications car elles étaient interdites par la

La crise du Parti Communiste brésilien se développe à grands pas. La direction du parti Prestes-Arruda, s'est opposée à toute discussion du rapport Khrouchtchev et du 20 Congrès du P.C.U.S. Il en est résulté une pression des militants de base, des protestations, des discussions dans les cellules, dont la majorité demandait la tenue d'un congrès extraordinaire pour discuter la situation du Parti, les conséquences du 20 Congrès du P.C. de JU.R S.S.. la politique à suivre dans la procommunistes, cette dernière tout particulièrement ? Rien de plus qu'accorder un soutien propagandiste, chichement mesuré, alors qu'il faudrait une aide théorique, politique et pratique de tous les instants! Serait-ce parce que les revendications des peuples africains entrent mal dans le cadre d'une Union Française, qu'on la veuille fédérative, démocratique ou toute autre?

Les Les marxistes révolutionnaires se doivent de soutenir la lutte des peuples noirs pour leur émancipation; elle constitue une étape décisive de la révolution mondiale de demain.

J.R. Eder-Siles. Ce plan vise à rejeter sur les travailleurs les conséquences de la politique économique et financière du gouvernement du M.N.R.

Des mesures analogues ont été prises à l'encontre du journal « Masas » de la fraction Lora.

Le P.O.R. a élevé une très vive protestation contre ces mesures de répression et porté le cas devant toutes les organisations ouvrières du pays et devant le Parlement. dictature d'Odria. A présent le gouvernement de Prado est obligé de donner certaines possibilités de fonctionnement légal, ce qui permet l'édition légale de la presse et un fonctionnement publie du parti.

Quelques membres de la direction, des militants et des dirigeants syndicaux qui se trouvaient en prison ont été remis en liberté et ils ont repris leur activité dans le Parti et dans les syndicats. chaine période, la critique de la politique suivie par la direction.

La discussion s'est développée dans les cellules et a imposé une tribune de discussion à la direction Prestes-Arruda. La direction a fait une autocritique dans le but d'amortir les accusations et les critiques des militants du Parti et d'esquiver les réponses aux principales critiques. La direction s'est vue obligée de reconnaître certaines erreurs et le sui-

Bolivie

LE GOUVERNEMENT CONTRE LA PRESSE TROTSKYSTE

Pérou

LES TROTSKYSTES SORTENT DE L'ILLEGALITE

Brésil

LA CRISE DANS LE P. C.

Bolivie

LE GOUVERNEMENT CONTRE LA PRESSE TROTSKYSTE

Pérou

LES TROTSKYSTES SORTENT DE L'ILLEGALITE

Brésil

LA CRISE DANS LE P. C.

Q UATRIE ME visme par rapport à la politique du P.C. de l'U.R.S.S.

Dans la tribune de discussion qui parait dans un quotidien du Parti, la grande majorité des lettres traite des points suivants : nécessité d'une véritable démocratie interne ; droit de discuter tous les problèmes intéressant le Parti et les militants; discussion des expériences résultant du 20º Congrès et du rapport Khrouchtchev: rupture avec le suivisme envers le P.C. de l'U.R.S.S.; discussion d'une politique de classe contre les tendances de la direction conciliatrice, collaboratrice et opportuniste.

C'est la première fois que dans le Parti Communiste brésilien les militants peuvent exposer avec une certain liberté leurs pensées. Dans les cellules les discussions se poursuivent sur des plans plus élevés, les militants étant encouragés par le fait d'avoir obligé la direction à céder sur la tribune de discussion.

Une série de lettres sont parvenues à la tribune de discussion posant le problème de la révision du procès intenté à José Maria Crispim et de son expulsion. demandant que le Parti ait connaissance du document que Crispim adressa au Parti en 'critiquant sa politique opportuniste et conciliatrice vis-à-vis de la bourgeoisie brésilienne, que soit réalisé un 5º Congrès national et que Crispim y participe. D'autres lettres demandent que Crispim soit réadmis dans le Parti. D'autres encore prennent position contre l'attitude de l'armée soviétique en Pologne et exigent l'application de l'autodétermination des peuples en accord avec les

La crise du stalinisme s'exprime de diverses manières en Uruguay. Pendant une réunion sur les événements de Hongrie réalisée par l'U.G.T. dirigée par les staliniens, deux dirigeants de la centrale ouvrière, membres du P.C. prirent parole. Tous deux exprimèrent des positions différents. Pendant que l'un d'eux délendait l'attitude et l'intervention des troupes soviétiques; l'autre, sans la condamner, repoussait l'intervention des troupes sovietiques.

Arge UNE VAGUE

Dans la base ouvrière et étudiante du Parti communiste existe un profond mécontentement sur l'attitude de l'armée soviétique et du Parti Communiste de I'U.R.S.S. sur les problèmes de Pologne et de Hongrie. Sans qu'il apparaissent déjà clairement à l'extérieur, tous les symptomes de crise existent qui s'expriment particulièrement chez les militants syndicaux et les étudiants. 86

TERNATIONALE résolution de l'Internationale CommuLenine en 1917 sur les problemes des an niste et avec les positions exposées par lande, etc. (toutes ces lettres ont été envoyées à la direction avant les événements de Hongrie).

Une cellule envoya collectivement à la tribune de discussion un article exposant une critique marxiste de la position des philosophes du Parti. L'article considère la position philosophique du Parti comme pragmatique et positiviste. Cet article reçut un accueil si favorable que Prestes lui-même répondit à ses critiques.

Tout en étant obligée de céder sur le problème de la tribune de discussion, la direction Prestes-Arruda oriente sa politique vers la collaboration et la conciliation avec le gouvernement KuibitschekGoulart; elle prépare un hommage au ministre de la guerre Lott et oriente la politique du Parti vers la soumission et l'appui au gouvernement.

Sentant le danger de la continuation de la tribune de discussion, Prestes désire terminer la discussion et terroriser l'opposition dans le Parti. Mais il y a une grande résistance à cette attitude.

La préparation d'une tendance oppositionnelle dans le P.C.B., le développement d'une compréhension politique plus grande et la nécessité d'une véritable politique et d'un véritable Parti Communiste ont considérablement avance dans le P.C.B. et le moment est proche où la crise aboutira à la constitution d'une force puissante d'opposition dans le Parti, orienté vers la réalisation d'une politique marxiste révolutionnaire.

A la faculté d'architecture, devant 120 étudiants une réunion eut lieu pour discuter et adopter des positions sur les problèmes de Hongrie. Un étudiant, dirigeant trotskyste connu, exposa la position de la IV: Internationale sur les événements de Hongrie. Les membres délégués et militants staliniens présents approuvèrent la position défendue par le délégué étudiant trotskyste et adoptèrent à l'unanimité sa proposition de résolution. atine DE GREVES

Les ouvriers en grève, les ménagères dans les queues montrent qu'ils comprennent le sens de l'action des masses hongroises en disant : « ici il faut faire comme le peuple hongrois ».

Une vague de grève, d'arrêts de travail, d'occupations d'usines s'est développée et continue encore en partie en Argentine. Pendant 9 mois les ouvriers firent pression pour obtenir que le gou-

'Uruguay

EN FACE DES EVENEMENTS HONGROIS

'Uruguay

EN FACE DES EVENEMENTS HONGROIS

QUATRIEME PIN vernement et le patronat discutent les accords, acceptent de réaliser les élections syndicales et d'établir de nouveaux accords collectifs de travail.

Pendant des mois, le gouvernement en accord avec le patronat. tout en faisant. des promesses n'organisait pas d'élections et ne discutait pas. Pendant ce temps l'armée occupait les usines, arrêtait des centaines de dirigeants et de militants syndicaux. L'armée paradait autour des usines pour intimider les ouvriers. La police violait les domiciles des ouvriers, les sequestrait, les torturait et les envoyait dans le Sud du pays (la Sibérie argentine). Tout un régime et une action de terreur déchaînée contre les masses. A la tête des syndicats investis on plaçait des généraux, des capitaines et des officiers de marine.

Malgré la terreur, la répression criminelle, les déportations, les renvois et la campagne répressive du patronat, les ouvriers ont résisté à toutes les campagnes lancées contre eux. Ils parvinrent à imposer dans la majorité des usines des commissions internes et des délégués d'usines élus par eux, contre les décisions prises par le gouvernement pour que soient élus ceux qu'il désignerait. Dans la majorité des usines et dans des corporations importantes comme les frigorifiques, la métallurgie, les ouvriers parvinrent, par leur mobilisation, à expulser les militaires et à les remplacer par des ouvriers des usines mêmes. Les interventions militaires contre les syndicats et la C.G.T. avaient pour but d'empêcher les péronistes, les trotskystes et les communistes d'être candidats aux élections syndicales. Seuls devaient avoir des chances les candidats désignés par le gouvernement.

Le patronat et le gouvernement n'offraient que 10% d'augmentation et des conditions de travail intensifié. Le gouvernement interdit que les ouvriers désignent dans les usines mêmes les commissions pour discuter les accords et repré-

TERNATIONALE senter les ouvriers. Les ouvriers devaient présenter les listes que le représentant militaire dans les syndicats avait pouvoir d'accepter ou non, se réservant le droit de désigner en dernière analyse les commissions d'ouvriers.

Les ouvriers réussirent à s'organiser, à nommer des comités de grèves d'usines. à se regrouper par quartier et organisérent les grèves des frigorifiques, des textiles et de la métallurgie, du livre. Des milliers d'initiatives surgirent toujours de la base même des ouvriers pour faire front à la répression et maintenir les grèves. Toutes les grèves ont été déclarées illégales et le gouvernement a menacé de déclarer le pays en état de guerre pour obliger les ouvriers à retourner au travail. Pourtant patronat ont été obligés de céder dans presque toutes les corporations 36% d'augmentation des salaires et à reconnaitre de fait les comités d'ouvriers élus par eux. Dans quelques usines d'ex-dirigeants péronistes socialistes ont trahi firent le jeu de l'intervention militaire : mais cela ne se produisit que dans quelques cas. Dans la plus grande partie des corporations les ouvriers ont maintenu leur cohésion et ont obtenu en général des augmentations. La grève de la métallurgie se poursuit.

La plus importante conclusion de ces manifestation, c'est la solidarité et l'unité de la classe qui se sont manifestées. Sans parti et sans centrale ouvrière les ouvriers ont trouvé le moyen d'organiser leur grève pour imposer leurs délégués et leurs comités. Ces actions sont le prélude de plus grandes actions pour reconquête des syndicats et de la C.G.T. et d'actions politiques de plus grande envergure. L'expérience progresse à grands pas, une nouvelle direction prolétarienne se développe. Ces luttes ont puissamment influencé les secteurs de la petite bourgeoisie et poussé en avant l'opposition de la petite bourgeoisie contre les plans réactionnaires et dictatoriaux du gouvernement.

Au moment de mettre sous presse, nous recevons :

a) Une brochure imprimée sur les événements de Hongrie et d'Egypte, éditée par nos camarades grees.

b) Une note d'un de nos correspondants au Moyen-Orient. Nous regrettons de l'avoir recue trop tardivement pour la publication.

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