Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › vol. 14, n° 1-3

Nouvelles du mouvement ouvrier et de l'Internationale

Quatrième Internationale, vol. 14, n° 1-3 · mars 1956 · p. 63-70 · 6 131 mots

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A propos du 20° Congrès du P.C. de l'U.R.S.S.

A propos des travaux du 20° Congrès du P.C. soviétique, le Comité exécutif internationale de la IV° Internationale a adressé les télégrammes dont nous reproduisons ci-dessous le texte, ainsi 'une letre ouverte aux membres des P.G. du monde entier. cette lettre a deja paru dans « La Vérité des Travailleurs › e dans « Bandierra Rossa ». Elle sera éditée en brochure en plusieurs langues. Présidium 20° Congrès P.C. Union Soviétique. Moscou,

Enregistrons déclarations Congrès affirmant faits falsifiés dans histoire Révolution et Parti, et condamnations dirigeants Révolution et Parti injustement accusés ennemis du peuple. Stop. Demandons suite pratique à ces déclarations par révision procès des membres Comité central léniniste dirigeants Révolution octobre, Parti et Internationale Communiste Trotsky, Zinoviev, Kamenev, Boukharine, khatchevsky et milliers membres Parti bolchevik en vue réhabilitation leur mémoire. Piatakov, kakovsky, TouStop. Demandons également révision procès Rajk, Slansky, Kostov, Dodje et autres exécutés pour titisme. Signé pour Comité exécutif Quatrième Internationale José Crispim (Brésil), Pierre Frank (France), Leslie Gunawardene (Ceylan), Livio Maitan (Italie), Hugo Moscoso (Bolivie. Comité central Ligue communistes yougoslaves. Belgrade.

Déclarations 20° Congrès P.C. soviétique confirment façon éclatante juste lutte contre calomnies contre tendances oppositionnelles dans mouvement communiste. Stop. Pour honneur mouvement communiste international exigez révision procès Zinoviev, Radek, Boukharine, procès Rajk, Kostov, Slansky et réhabilitation Trotsky et innombrables victimes terreur stalinienne. Signé pour Comité exécutif Quatrième Interna tonale, Jose Maria Crispim (Bresil), Pierre Frank (France), Leslie Gunawardene (Ceylan), Livio Maitan (Italie), Hugo Moscoso (Bolivie).

La camarade Natalie Sedoff-Trotsky, veuve du grand révolutionnaire Léon Trotsky, membre du mouvement révolutionnaire russe depuis le début du siècle, qui a eu son mari assassiné, son fils Léon Sedoff mort en 1938 à Paris dans des conditions mysté reuses, et son autre mis serge sedoll, technicien ne se livrant à aucune activité polltique, disparu en U.R.s.S. au cours des épurations et qui fut elle-même privée de sa nationalité soviétique par le gouvernement stalinien en 1932, a adressé les documents suivants aux autorités soviétiques. Présidium 20° Congrès Parti communiste Union sovéitique, Moscou.

Enregistre déclarations congrès affirmant falsifications dans histoire Révolution et Parti et condamnations dirigeants Révolution et Parti injustement accusés ennemis du peuple. Stop. Parmi eux mon défunt mari Léon Trotsky appelé ennemi du peuple numéro un et mon fils Léon Sedoff. Stop. Comme suite pratique de ces déclarations demande révision procès en vue réhabilitation mémoire victimes devant opinion internationale. Au Présidium du Soviet Suprême de P'U.R.S.S. K.E. Vorochilov, Kremlin, Moscou.

Sont paru de nombreuses informations annonçant la libération personnes qui avaient été enfermées dans des prisons et dans des camps. Certaines d'entre elles, dit-on, ont eu le droit de retourner dans leur foyer.

Par suite, je vous demande de m'informer du sort de mon fils Serge Sedoff qui vécut pendant un certain temps au Kremlin.

Vingt ans se sont écoulés depuis le moment où nous avons appris que Serge avait été arrété. Depuis lors, je n'ai reçu aucune nouvelle directe ni du lieu où il se trouvait ni de son sort, je n'ai eu que des indications indirectes selon lesquelles Serge avait été déporté à Novosibirsk, puis à Vorkuta, et que de là il avait été transporté en direction de Moscou, et depuis lors rien.

Je m'adresse à vous à ce sujet, avec le faible espoir que mon fils est resté vivant et se trouve peut-être parmi ceux qui ont été libérés après la révision de leur cas.

J'espère que cette information me sera donnée. 63

Italie

LE CONGRES NATIONAL DE LA C. G. I. L.

Du 27 février au 4 mars a eu lieu à Rome le 4º congrès national de la Confédération Générale du Travail italienne. Dans la discussion préparatoire à ce congrès ont participé surtout des dirlgeants nationaux et locaux. Dans la tribune libre de « Laboro ». organe de la Confédération, ont paru les articles d'a peine dix militants de base (parmi les cinq millions de travailleurs inscrits à la C.G.I.L.).

Le congrès lui-même s'est déroulé dans une atmosphère propagandiste qui a voulu créer l'impression d'une euphorie, de « succès », de « luttes ascendantes ». tandis que la réalité est tout autre. L'année 1955 a vu la bourgeoisie marquer des points sur le mouvement ouvrier, s'exprimant aussi bien dans la désaffection des effectifs qui a touché la G.G.T. à Turin, Milan et autres centres ouvriers, que dans l'assurance avec laquelle le grand patronat se comporte envers les ouvriers et leurs organisations. C'est là naturellement en partie l'effet de la bonne conjoncture économique qu'a connue en 1955 l'Italie, et qui explique pour beaucoup l'attitude à la fois paternaliste et de fermeté de l'aide « mendessiste » de la bourgeoisie actuellement au pouvoir (Segni-Gronchi).

Mais la politique de couardise et d'opportunisme vulgaire de la direction du blèmes d'un front unique combatif de la classe pour faire face à l'offensive du patronat, et les problèmes posés, entre autre, par la nouvelle aggravation du chomage.

Le P.C. italien et la C.G.T. italienne pataugent dans le marais du légalisme « constitutionnel » et parlementaire, et freinent consciemment le libre développement de la lutte de classe.

Les dirigeants ont encore parlé au congrès du « contróle démocratique sur les monopoles » et d'une « économie du travail ». slogans creux, d'un réformisme aussi plat qu'utopique.

Une impulsion au mouvement ouvrier italien actuellement stagnant ne peut venir que des actions de la base et des éléments révolutionnaires militant dans les rangs du P.C. italien et de la C.G.T. Signalons que la tendance de l'Azione Communista a diffusé à l'occasion du congrès confédéral une 5º lettre ouverte, exclusivement consacrée aux questions syndicales du mouvement ouvrier italien. Dans cette lettre, l'Azione Communista insiste sur la conception communiste du syndicat et de la lutte syndicale (en oppo sition à la conception opportuniste et réformiste qui caractérise les dirigeants actuels), fait une revue critique de l'évo lution entre le 3º et le 4 congrès confé-

P.C. et de la C.G.I.L. n'est pas pour peu dans la désorientation et le recul des masses. Et ce ne sont pas les résultats du congrès confédéral qui résoudront les prodéral.

analy employées, et ton, sur la particulier.

se les méthodes de lutte propose un programme d'acquestion du chômage en

Grèce

ELECTIONS

La coalition gouvernementale de Karamanlis a réussi lors des élections de février à gagner quant aux sièges, tout en perdant aux voix (environ 200.000 de moins que l'opposition). Grâce à un système électoral des plus truqués (majoritaire là où le gouvernement sortant pensait avoir la majorité, à la proportionnelle là où il envisageait être minoritaire, mixte dans les régions douteuses), à la terreur militaro-policière dans les campagnes et les petites Villes de province, et au vote de Larmee, Karamanis est sorti vainqueur et a constitué le nouveau gouvernement.

L'opposition s'est présentée aux élections dans un « Front Démocratique unique » incluant l'EDA (camouflage électo ral du PC grec), le Parti démocratique de Kartalis-Svolos et les partis bourgeois de Papandreou, de Venizelos et de Tsaldaris.

L'EDA entre cette fois au parlement avec 17 sièges qui ne correspondent nullement à son influence sur les masses qui est plus large, mais qu'elle a délibérément sacrifiée pour sceller le « Front démocratique », la plus large coalition genre « Front Populaire » que les staliniens aient jamais réalisée dans ces dernières années. en Europe au moins.

Japon

LA CAMPAGNE POUR L'AUGMENTATION DES SALAIRES

Une vaste campagne pour l'augmentation générale des salaires a été déclenchée au Japon par les syndicats (groupant actuellement plus de six millions de membres).

Les principales revendications concer- nent une augmentation de 2.000 yens par mois pour tous et un salaire mensuel minimum de 8.000 yens.

La première vague de la campagne a été lancée le 14 février, la seconde, au début de mars, la troisième le 10 mars, la quatrième est prévue pour le 20 mars.

La campagne consiste en des réunions des ouvriers sur le lieu du travail, avec arrêt plus ou moins prolongé du travail,

Les événements qui ont amené Londres à promettre « l'indépendance » de la Malaisie à partir d'août 1957 peuvent être retracés maintenant ainsi.

Depuis un certain temps, Londres était soumis d'un côté à la pression de la guérilla, menée depuis sept ans déja par le Parti communiste malais et soutenue plus particulierement par la population chinoise du pays; de l'autre côté, à celle du mouvement national de la population malaise proprement Besise, roue repres alte le prisident de facdite, à direction bourtuel gouvernement, Tengku Abdul Rahman et son Parti de l'Union.

Depuis 1951, à plusieurs reprises, le Parti communiste malais avait déclaré être prêt à négocier avec les autorités anglaises la fin de la guerre en échange de la proclamation de l'indépendance du pays. A la mi-décembre 1955 a eu lieu une réunion élargie du PC malais qui a désigné une délégation pour participer aux négociations de « paix », acceptées en principe par les Anglais et Rahman. Le Comité central avait en même temps adopté un manifeste-programme intitulé « Lutte pour l'indépendance, la démocratie et la paix en Malaisie ». contenant les 8 points suivants :

a) Cessation de la guerre et paix, b) Indépendance de la Malaisie: c) Réforme du

TERNATIONALE refus de dépasser les normes ou de faire des heures supplémentaires, etc.

Malgré la mobilisation de la police et autres mesures d'intimidation prises par le patronat et le gouvernement, cette campagne connait actuellement un très grand succès.

Les ouvriers japonais, forts de leur unité, sont décidés à vaincre. système politique; d) Garantie des droits démocratiques du peuple; e) Renforcement de l'unité nationale ; f) Amélioration des conditions de vie des masses ; g) Développement et enrichissement de l'écono mie; h) Soutien des efforts pour la paix mondiale.

Ces négociations ont eu lieu effectivement à Baling, dans le Nord du pays et. comme on le sait, ont à nouveau abouti à la rupture. Le Parti communiste malais a accusé les Anglais de les avoir sabotées. et Rahman d'avoir eu les mains liées par les Anglais.

En février, Rahman, appelé à Londres, a participé à des négociations directes avec le gouvernement anglais qui, cette fois, a consenti à promettre « l'indépendance » de la Malaisie à partir d'août 1957.

Cette « indépendance » est cependant encore conditionnelle, ne fût-ce que par la présence prolongée des forces militaires de l'impérialisme anglais, et bien entendu le maintien de toutes ses positions et intérêts économiques intouchables.

Dans ces conditions, le Parti communiste malais ne semble pas encore décidé à liquider la guérilla et, en tout cas, pas avant qu'il n'obtienne sa pleine légalisation. Le dernier mot sera dit naturellement en cette question par Pékin.

Jordanie

MONTEE ANTIIMPERIALISTE

Les événements jordaniens de décembre et janvier ont fait apparaitre la gravité de la situation dans cette partie du monde aux prises avec l'impérialisme britannique sur son déclin. Celui-ci avait assuré sa mainmise sur le Proche-Orient aux lendemains de la première guerre mondiale en vue d'une part d'exploiter l'économie de ces pays, surtout le pétrole, et d'autre part de se maintenir dans cet important carrefour des lignes de communications entre trois continents et d'en faire un boulevard de protection pour ses positions en Asie et en Afrique. Cependant, l'éveil des populations violes allait le forcer, surtout depuis la ceuxième guerre mondiale, à un mouvement de repli dont il a compris le caractère inéluctable mais dont il a voulu ménager les étapes pour la sauvegarde de ses intéréts essentiels. Après avoir accepté d'évacuer Suez sous condition de maintien de la base et de sa réactivation en cas de confiit, il a cru trouver dans le Pacte de Bagdad, à l'origine d'inspiration américaine, un moyen d'assurer le maintien de son influence sur le plan diplomatique, économique et militaire au Proche-Orient. C'est ainsi que furent cedées à l'Irak les bases de la R.A.F. Noury Said, leur homme-lige, s'était gardé des réactions populaires en instituant préalablement une dictature impitoyable: suppression de la liberté de la presse, interdiction des partis politiques et mesures draconiennes contre les communistes.

C'est ce que justement ne purent faire

Malaisie

VERS L'INDEPENDANCE ?

Malaisie

VERS L'INDEPENDANCE ?

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INTERNATIONALE auparavant les dirigeants jordaniens. Les nationalistes arabes, hostiles comme tous les autres nationalistes des pays coloniaux à l'impérialisme étranger, le sont doublement depuis la création d'Israël dont ils rendent les Anglo-Saxons responsables de son établissement. Les réfugiés palestiniens qui forment aujourd'hui les deux tiers de la population jordanienne, sont évidemment les plus hostiles à l'impérialisme anglo-américain.

Quand le général Sir Gerald Templer s'amena à Amman pour faire adhérer la Jordanie au Pacte de Bagdad, il rencontra une attitude plus que réticente du cabinet jordanien. Il obligea le Roi sous menace de déposition et d'annexion à l'Irak à démissionner le gouvernement et à constituer un cabinet Majali favorable Pacte, De très violentes réactions populaire s'ensuivirent qui obligèrent le cabinet Majali débordé par l'ampleur du mouvement à disparaitre. Un cabinet de temvement • disnarnitre Tn ahinat da tam porisation fut constitué qui dissout la chambre.

Mais les agents britanniques n'avaient pas renoncé. La Jordanie était très liée à l'impérialisme britannique, parce que le pays pauvre est obligé de compter sur les subsides anglais pour la constitution d'une armée. Le commandant de la Légion arabe et un grand nombre de ses officiers étaient anglais. Sir John Glubb en était le chef depuis plus de 25 ans. Le Roi, dont le trône vacille, était à la merci d'un coup de force de Glubb dont le but était d'annexer le pays à l'Irak. Mais d'autre part, ne pouvant procéder à des élections libres qui donneraient la majorité aux adversaires du Pacte, on ft intervenir la Cour Suprême qui déclara illégal le décret de dissolution de la Chambre. Cette dernière avait été élue il y a plus d'un an à la suite d'élections falsiflées.

Une immense réaction populaire se déchaina: foules maitresses de la rue, édifices publics et anglo-américains lapidés; police hésitante et en certains points fraternisant avec la population, officiers anglais menacés, l'un d'eux tué: c'est alors que Glubb fit appel aux forces du Désert, unités constituées de Bédouins soumis à

Yougo LA NOUVELLE ORIENTATION DE

Yacha Davitcho publie, à ce sujet, un article intéressant dans le N° 33 de Novembre-Décembre des « Questions actuelles du socialisme » (1). L'article commente la résolution adoptée par la réunion plenière de Novembre 1955 du Comité fédéral de l'Alliance Socialiste du Peuple travailleur de Yougoslavie, sur le développement économique de la Yougoslavie. La résolution soulignait « la nécessité d'apporter dès 1956 certains changements à la politique économique du pays dans le sens d'une augmentation de la produc-

(I) Revue éditée par l'Agence yougoslave d'information à Paris.

un régime féodal et n'ayant pas de conscience nationale ou de classe, qui parvinrent à dompter la rue par des moyens draconiens: tirs dans le tas qui firent 200 tués. Un couvre-feu implacable assurait aux autorités le contrôle de la situation un instant échappé de leurs mains. Les communistes et les nationalistes arabes alliés, ces derniers soutenus par la Syrie, l'Egypte et l'Arabie Séoudite, avaient mis en échec la politique britannique, grâce à l'appui de toute la population. Un cabinet Rifaï a été formé qui s'est déclaré opposé à toutes alliances. L'impérialisme britannique qui ne disposait que de l'appui des tribus bédouines acquises à Glubb pouvait s'estimer heureux de s'être tiré à si bon compte, pour une fois enco moins net et

L'Egypte a commun avec re. Son déclin n'en est pas irrémédiable.

exploité la situation.

En la Syrie et l'Arabie Séoudite, elle a offert une aide financière à la Jordanie pour la dispenser de l'aide britannique. La Jordanie a besoin d'une aide extérieure, car ses importations sont 15 fois supérieures à ses exportations et elle n'a guère de possibilités de développement. Le roi Hussein, toutefois, cherche à s'en sortir par un jeu de bascule. Mais, pour pouvoir y procéder, il lui a fallu préalablement, s'appuyant sur les officiers arabes et surtout sur la volonté populaire, écarter Glubb. Le rervoi de celui-ci en Grande-Bretagne a constitué un grand échec pour l'Angleterre, au moment même où ses difficultés grandissaient à Chypre.

Un voyageur qui passa la fin de l'année a Amman raconte que la révolte est expliquée ainsi: « Une tête égyptienne, l'or de l'Arabie Séoudite, des mains communistes, les pieds des masses ». Il y a quelque chose de vrai dans cette description. Mais en Jordanie, comme dans tout le Moyen-Orient, comme dans tous les pays arabes, on assiste à la montée antiimpérialiste des masses. Divers facteurs jouent dans leurs mouvements à présent; mais leur voie générale est celle de la libération nationae et sociale qu'ils arracheront aux impérialistes et aux féodo-capitalistes de leur pays. slavie LA POLITIQUE ECONOMIQUE tion d'articles de consommation courante ». (Souligné par nous).

L'auteur de l'article insiste sur le fait que cet accroissement de la production des articles de consommation courante, aussi bien dans l'industrie que dans l'agriculture, a été rendu possible uniquement par la politique d' « industrialisation forcée » poursuivie dans les 10 dernières années. Ce qui a permis de porter l'indice du volume de la production industrielle de la Yougoslavie à 240 par rapport à lindice 100 en 1939, « année du plus haut niveau atteint par l'industrie dans la période d'avant guerre. »

Fin 1955 l'indice de la production des

DE YOUGOSLAVIE

DE YOUGOSLAVIE moyens de production s'établissait à 800, celui des articles de consommation à 196. La production industrielle a augmenté surtout depuis 1953 au rythme annuel de 15 %. Le changement le plus important prévu actuellement est la diminution du volume des investissements (330 milliards de dinars pour 1956, contre 420 milliards en 1953).

Leur structure aussi changera. Une partie seulement, relativement petite, sera destinée à l'achèvement des objectifs-clés (centrales électriques en premier lieu).

La plus grande partie sera consacrée au renouvellement et à la modernisation des entreprises, des industries de transformation, ainsi qu'à la reconstruction de l'industrie en général et à la mécanisation du bâtiment.

La proportion relative des investissements pour l'agriculture sera plus grande cette. année par rapport à celle pour l'industrie.

La balance des paiements de Yougoslavie était jusqu'ici déficitaire. « La politique des prochaines années doit étre »

La conversion des entreprises industrielles et commerciales privées en entreprises mixtes avec participation et contrôle de l'Etat était, au début de février 1954, «complète » dans 70 % des villes et dans la plupart des petites villes de la campagne. Cette performance est d'autant plus remarquable que la conversion en grand dans ce domaine n'avait en réalité commencé qu'au début de janvier 1956.

Il s'agit naturellement d'une procédure d'ordre essentiellement administratif. La preuve en est que le Conseil d'Etat, dans •sa séance plenière du 8 février, s'est vu obligé de reconnaître qu' « à cause du maintenant « une politique de líquidation graduelle de ce déficit ».

Les salaires seront maintenus « au niveau actuel » et n'augmenteront qu'avec l'accroissement de la productivité. Les prix resteront stables au début. « puis baisseront au fur et à mesure qu'augmenteront les fonds de marchandises ».

Tout cela traduit manifestement un ralentissement relatif de l'expansion économique du pays ininterrompue depuis dix ans déja, mais l'auteur de l'article souligne la nécessité « d'une reprise d'haleine » avant une nouvelle expansion qui pourra s'effectuer ainsi « plus tranquillement et moins douloureusement. partant de bases nouvelles plus solides et plus stables ».

Cette conception de la politique écono mique la Yougoslavie contraste naturellement beaucoup avec celle de I'U.R.S.S. et des « Démocraties populaires », particulièrement pendant l'ère stalinienne orthodoxe. nombre énorme des entreprises privées dont la demande pour se transformer en entreprises mixtes fut approuvée (sic), il passera du temps pour compléter leur transformation.» (Souligné par nous).

Pour cette raison le Conseil ordoane que les entreprises, sous la direction de leurs propriétaires, continuent à foncbonner comme auparavant, et ceci pour un nouveau delal de six mois. L'expérience désastreuse du rash initial vers la « socialisation » administrative doit avoir obligé le Conseil à introduire ses décisions du 8 février.

L'ACCELERATION DE LA « SOCIALISATION » DE L'AGRICULTURE

Le Comité central du PC chinois a soumis à la Conférence suprême d'Etat, convoquée le 25 con a ses er lagriculture un plan janvier 1956, un plan autre, prévoit notamment que « toutes les provinces , toutes les villes et toutes les régions autonomes » doivent avoir « terminé pour l'essentiel l'organisation de la coopération agricole de type inférieur et faire que 85 % environ des familles paysannes soient organisées en coopératives agricoles de production en 1956 » (contre 60 % en janvier 1955). Ce plan comporte en tout 40 recommandations détaillées en ce qui concerne les divers objectifs à atteindre d'ici douze ans.

Quelques jours plus tard, Chou-En- Lai, dans son discours du 30 janvier à la deuxième session du Comité National de la «Conférence consultative politique du peuple chinois » a précisé qu' « en 1956 l'organisation de l'agriculture en coopératives de caractère semi-socialiste pourra être terminée pour l'essentiel, Deux ans plus tard, c'est-à-dire vers 1958, l'organisation de l'agriculture en coopératives socialistes sera terminée dans ses grandes lignes ».

Ceci représente une nouvelle accélération du mouvement déclenché depuis le rapport de Mao Tsè Tung en juillet 1955 (1) pour la « socialisation » de l'agriculture. Elle correspond, arguent maintenant les dirigeants chinois, à « la situation objective », au mouvement spontané des paysans qui adhèrent. aux coopératives « avec enthousiasme et de manière organisée ».

C'est au nom de tels arguments que Mao Tsè Tung condamne de nouveau les « déviationnistes de droite » dans la préface qu'il a écrite pour le livre qui devait paraitre aux éditions Jenmichubanshe intitulé « L'essor socialiste dans la campagne chinoise ».

Il est trop tôt pour discerner toutes les raisons qui sont derrière cette précipitation de la « socialisation complète de l'agriculture », d'ordre essentiellement administratif et sans que les bases techniques et matérielles d'une collectivisation effective existent encore. Rappelons que

Chine

LES PROGRES DE LA « SOCIALISATION » DANS LES VILLES

Chine

LES PROGRES DE LA « SOCIALISATION » DANS LES VILLES

E les dirigeants chinots envisagent avoir complété « l'organisation de l'agriculture en coopératives socialistes », c'est-à-dire en kholkoz, avant que les tracteurs ne sortent des usines nouvelles de la Chine!

Est-ce parce que la lutte des tendances dans la direction a obligé Mao à prendre position et que les « faits » maintenant dolvent « prouver » qu'il a raison ? En

Une Conférence sur les intellectuels a eu lieu le 14 janvier, dans laquelle sont interveneus plusieurs dirigeants du Parti entre autres Mao, Kuo-Mo-Jo et surtout Chou-En-Laï.

C'est surtout le discours de celui-ci qui est le plus révélateur des nouvelles intentions de la direction chinoise envers les intellectuels. Il se peut que la purge déclenchée contre Hou-Feng et ses adeptes, les rigueurs « jdanovistes » de l'ancienne ligne du parti envers les intellectuels ont desserré dangereusement les liens du parti avec la masse - encore faible mais d'autant plus importante - des intellectuels.

La Conférence de janvier avait, entre autre, pour but d'assouplir un peu cette ligne.

La Chine compte actuellement, ont révélé les orateurs, quelque 3.840.000 intellectuels engagés dans les recherches scientifiques, les sciences et la technique, leducation , les arts, les services sanitaires. Mais 100.000 d'entre eux seulement peuvent être considérés comme hautement entrainés et spécialisés dans leur profession. C'est là naturellement un nombre

Les « élections » du 4 mars qui ont eu lieu au Sud Vietnam confirment l'intention de Ngo Dinh Diem, appuyé par Washington, de saboter les élections générales prévues pour juillet par les accords de Genève.

Ces « élections » ont eu lieu en réalité en l'absence de toute opposition et ont naturellement accordé une confortable majorité à Diem pour lui permettre « constitutionnellement » de consacrer ses pouvoirs de « Président » bonapartiste de la « République », d'une dictature militaropolicière.

Cet acte n'a pas manqué de soulever les protestations du gouvernement du Nord, qui a déjà demandé aux signataires des accords de Genève la convocation d'une

LE PLAN D'ETAT DU

Voici des données essentielles sur le Plan d'Etat élaboré par le gouvernement du Nord pour 1956:

Le but est de restaurer cette année l'économie à son niveau de 1939.

Du total des investissements pour cette année, 38 % iront à l'industrie, 20 % à l'agriculture, 23 % aux communications et aux transports, et 19 % à l'éducation, aux services sociaux et la reconstruction urbaine. 68 tout cas, l'avenir de cette « organisation socialiste de l'agriculture » précipitée peut réserver quelques amères surprises à la direction chinoise et l'obliger à des retraites non moins précipitées. On a déjà vu cela ailleurs, et en Chine même, dans le domaine des entreprises privées de l'industrie et du commerce. extrêmement modeste par rapport à la population du pays (600 millions) et à ses besoins.

Les orateurs ne se sont pas gênés pour décrire l'état actuel dans le domaine scientitique et culturel de la Chine comme « très arriéré ». Mais le but reste de faire « émerger la Chine comme une nation hautement cultivée ». (Mao).

Un plan de 12 ans fut dressé par la Conférence afin de former d'ici là un million de nouveaux intellectuels hautement éduqués. Chou-En-Lai a insisté sur la nécessité de procurer aux intellectuels des conditions matérielles et de travail meilleures et a condamné « le sectarisme» de l'attitude actuelle du parti à leur égard. Il a préconisé - modérément il est vrai - de ne pas les endoctriner de force, de limiter leur fréquentation dans les écoles, conférences, réunions, etc... d'endoctrinement, de les laisser s'occuper primordialement de leur travail professionnel et de se montrer patient à l'égard de leur retard éventuel à se débarrasser de leur « idéalisme » et autres survivances idéologiques bourgeoises. nouvelle conférence dans le but de faire respecter ces accords.

De grandes manifestations de masses dans le Nord sont venues appuyer cette demande. Il est difficile de savoir si elles ne visent qu'à couvrir une retraite éventuelle de Ho Chi Minh dans ce domaine et l'acceptation prolongée du statu quo, ou si elles préparent la population du Nord à une action.

Pékin, de son côté, semble aussi ferme que le gouvernement du Nord pour dénoncer Diem et réclamer le respect des accords de Genève. Selon le journal officiel chinois Quotidien du Peuple (4 mars 1956), 40.000 opposants au régime de Diem dans le Sud « ont été assassinés ou déportés depuis l'armistice ». NORD POUR 1956

La production du riz augmentera de 22 % par rapport à 1955, des autres céréales de 49 %.

La moitié des terres arables sera irriguée. La production industrielle augmentera de 517 % (en valeur) par rapport & 1956. La production du charbon (en volume) augmentera de 128 %, de l'étain de 229 %, de l'électricité de 152 %.

Le commerce, étatique et privé, augmentera de 132 % par rapport 2 E550.

LA CONFERENCE SUR LES INTELLECTUELS

Vietnam

A L'APPROCHE D'UNE DATE CRUCIALE : JUILLET 1956

LA CONFERENCE SUR LES INTELLECTUELS

Vietnam

A L'APPROCHE D'UNE DATE CRUCIALE : JUILLET 1956

QUAT E ME

L'analphabétisme sera éliminé d'ici trois ans, le nombre d'hôpitaux et de sanatorias augmentera cette année de 21 %, celui des lits de 42 %.

A la fin de 1956, 98 % de la production industrielle seront fournis par les entre-

TERNATIONAL E prises de l'Etat. 60 % des paysans auront d'autre part rejoint des coopératives d'entraide. Depuis que la réforme agraire a commencé en 1993, elle a embrassé

4.170.000 habitants, soit environ le tiers du pays.

U.R.S.S.

DANS LE REGIME DES CAMPS

Dans la pression croissante que les masses soviétiques exercent sur les dirigeants de la bureaucratie soviétique depuis la mort de staline, les greves et les révoltes de forçats (qui forment une partie appréciable de la classe ouvrière soviétique dans certaines régions du pays) ont joué un rôle de premier plan. Nos lecteurs connaissent la grande grève de Vorkouta, qui éclata parallèlement à la grève générale des ouvriers d'Allemagne orientale du 17 juin 1953, après la chute de Béria. De nombreux détenus étrangers, libérés et rapatriés depuis lors, complètent sans cesse les informations sur l'ampleur du mouvement revendicatif dans les camps soviétiques, mouvement qui s'est poursuivi pendant tout le deuxième semestre de 1953, tout au long de l'année 1954 et même au cours de l'année 1955. C'est ainsi que le quotidien social-démocrate autrichien « Arbeiterzeitung » a publié dans son numéro du 13 novembre 1955 les récits d'une série de prisonniers autrichiens à Vorkouta qui venaient de rentrer dans leur pays. D'après ces récits, au lendemain de la conférence de Genève, les détenus politiques de Vorkouta revendiquèrent une diminution des peines et une amélioration des conditions de travail, prenant prétexte de la détente internationale. Lorsque l'administration refusa d'obtempérer, une grève de 50.000 mineurs paralysa les puits n° 1, 3, 4, 32 et 40.

Après les premières escarmouches, la M.V.D. s'estima trop faible pour réprimer la grève et dut engager des negociations. Les détenus exigèrent de négocier avec des fonctionnaires responsables venus de Moscou. En fait, ce fut le ministre de l'Intérieur, Krouglov lui-même (destitué depuis lors), qui arriva sur les leux, négocia avec le comité de grève, promit un adoucissement des conditions de travail et une amnistie. Celle-ci fut décrétée, mais les détenus libérés se virent assigner la résidence forcée au nord du cercle polaire. En octobre 1955. une nouvelle grève éclata, par suite de l'arrivée d'une grande masse de criminels de droit commun qui essayèrent de conquérir les baraques des détenus politiques. De nouveau, Krouglov arriva en personne et promit aux détemus politiques de reléguer les criminels de droit commun dans des camps séparés. L'organe des mencheviks, « Sozialistitcheski Viestnik », publie dans son numéro de juillet-août 1955 le récit de la grève du camp de Kirguine (Kazakstan) en été 1954. La grève. minutieusement

DE TRAVAIL FORCE EN U.R.S.S. préparée, dura quarante jours. L'administration y répondit d'abord par la répression, puis par des promesses et fina lement par des négociations suivies d'une répression sauvage, des tanks entrant dans le camp. Cependant, des mesures d'apaisement firent suite à cette répression.

Le « Bulletin d'Information » de la commission Rousset (« commission internationale contre le régime concentrationnaire »), qu'on ne peut accuser de « philosoviétisme », publie dans son numéro de décembre 1955 un intéressant résumé de l'évolution du régime dans les camps de Tayshet (mines de houille), dans la région de Krasnolarsk. C'est un résumé de récits de nombreux prisonniers japonais, rapatriés depuis lors.

Au printemps de 1955, Tayshet fut place sous le regime du salariat. Jusquela, les prisonniers recevaient en nature le paiement de leur travail sous la forme de pain et de gruau... Selon les nouvelles directives, les détenus furent payés en argent. Une période de trois mois marqua la transition entre l'ancien système et le nouveau... Vers la fin de 1954, certains prisonniers avaient à leur compte plus de 1.000 roubles. D'autre part, la ration alimentaire elle-même fut augmentée, et un magasin assez bien approvisionné fut ouvert. Toutes ces mesures constituaient, pour les prisonniers, une incitation réelle au travail; ils pouvaient acheter les objets d'usage et les subsistances indispensables ; et, s'il leur fallait quelque supplément, Ils pouvaient avoir satisfaction à condition de travailler au-dessus de la norme; c'est ainsi que des prisonniers furent en mesure de se procurer jusqu'à des montres et des postes de radio.

« Ces changements marqués se poursuivirent pendant l'année qui suivit la mort de Staline. En mars 1954, les barbelés qui entouraient les camps furent enlevés; les numéros cousus sur les vêtements pour l'immatriculation des détenus disparurent à leur tour. En avril, on introduisit le système du zachot : en réalisant une production supérieure à la norme, les prisonniers étaient en mesure de racheter une partie de leur peine... »

« Puis, le 26 avril, il fut annoncé que les prisonniers au-dessous de 18 ans, s'ils avaient purgé le tiers de leur peine sans incident, seralent reláchés... Mais, le 5 mai 1954, une nouvelle phase commença. furtorganisat, Quinze Ukrainiens, qui avaient pris part à l'organisation des grèves de Norilsk, furent transférés au camp n° 13. Cette

IN mesure faisait partie de la politique officielle de dispersion des dirigeants des grèves, Pour la première fois, les prisonniers de Tayshet reçurent des nouvelles de ce qui s'était passé dans d'autres camps, et pour la première fois ils se trouvèrent en face de détenus qui n'hésitaient pas à tenir tête à l'administration. Celle-ci, d'ailleurs, ne voyalt pas sans crainte arriver de nouveaux détenus, et, pendant les premiers mois, elle eut soin de leur épargner tout le travail pénible.

* Par le récit détaillé de ce qui s'était passé à Norilsk, les Ukrainiens remuèrent profondément les esprits des prisonniers. La morale de leur histoire (qu'ils répétalent sans se lasser de bout en bout) était que les prisonniers devaient conserver leur dignité et faire valoir leurs droits. « Quelque chose de nouveau se passe en Union soviétique », expliquaientils aux détenus. Et aux gardiens euxmêmes ils disaient : « Les jours de Béria sont passés maintenant. Nous sommes les seuls qui respectons les lois du pays. N'essayez pas de nous en faire croire ! »

« Ils ne tardèrent pas à étre virtuellement les maitres du camp n° 13 alors que, jusque-là, ce rôle avait appartenu à l'un des prisonniers de droit commun... apres le travall, les Ukrainiens avaient l'habitude de s'asseoir en rond pour chanter les chants de leur pays; l'exemple de leur fierté et de leur courage exercèrent sur l'ensemble du camp une profonde impression.

« Entin, il y eut aussi une evolution notable dans l'attitude des autorités du camp ; elles montrèrent beaucoup plus de respect, non seulement pour les droits des prisonniers, mais aussi pour leur personne; aussi, ces derniers se sentirent-ils beaucoup plus súrs et fiers d'eux-mêmes, et moins enclins à supporter une attitude arrogante de la part des dirigeants. En résumé, les détenus se rendirent compte qu'il était possible de tenir tête aux auto rités sans crainte de représailles, et même de les forcer à accepter certaines exigences. »

L'article énumère finalement la série des réformes introduites dans l'été 1954, parmi lesquelles nous relevons : réduction de la journée de travail de 10 à 8 heures: élévation des salaires: autorisation des visites des membres de la famille : introduction de « jours de vacances » qu'on pouvait passer hors du camp en compagnie de sa femme; autorisation pour certains prisonniers de vivre en dehors du camp; arrêts de travail pendant les périodes de grands froids: autorisation pour les prisonniers de laisser pousser leurs cheveux; libération des prisonniers malades ou estropiés; révision des procès sur demande des prisonniers (vers la fin de 1954, sur un millier de personnes du camp n° 13 qui avaient été condamnées pour « menées contre-révolutionnaires », 25 furent reconnues inno centes et relaxées), etc.

Ceylan

VERS LES ELECTIONS GENERALES

Le gouvernement bourgeois de l'U.N.P. a provoqué des élections générales pour le début d'avril, anticipant de plus d'un an sur le délai normal de la législature élue en 1952.

Entre temps, le gouvernement de l'U.N.P. a pris une série de mesures très antipopulaires, notamment une augmentation du prix du riz. Il a réprimé violemment le hartal (stoppage général) du 12 août 1953. Il a aussi, dans toute la mesure de ses possibilités, agi contre les grèves dans lesquelles les travailleurs s'efforçaient de défendre leurs conditions d'existence. A présent, il a tendance à laisser se développer le chômage, espérant ainsi pouvoir disposer d'une masse de manœuvre contre les revendications ouvrières.

Enfin, une question importante a précipité les choses, c'est la question des langues nationales - que nous avons largement exposée dans le numéro précédent de notre revue. La bourgeoisie ceylanaise veut favoriser les tendances communalistes, c'est-à-dire contribuer à diviser racialement la population, pour pouvoir mieux continuer à gouverner.

La bourgeoisie recourt à tous les moyens pour frapper les masses et notamment le 70 parti ouvrier qui dispose de l'influence la plus large sur celles-ci, le Lanka Samasamaja, section ceylanaise de la IV Internationale. On sait que le camarade N.-M. Perera avait été élu il y a environ 18 mois maire de la capitale Colombo. Le gouvernement a obtenu de la Cour supréme le retrait de cette fonction à notre camarade et un homme de l'U.N.P., non élu, a été désigné comme maire.

Pour les élections, nos camarades ont présenté 21 candidats. Tous mènent une campagne ardente, qui rencontre un écho très favorable dans les masses. En outre. depuis le 5 mars, le journal de langue anglaise de nos camarades parait chaque jour. Indépendance et droits démocratiques, emploi et sécurité du travail, questions des salaires, des logements, des transports, de l'éducation et de l'alimentation sont exposées vigoureusement. La politique étrangère du gouvernement ceylanais d'alliance avec l'impérialisme est également combattue farouchement. Nos camarades le firent tout particulièrement à l'occasion du passage de Foster Dulles à Ceylan, au lendemain de la Conférence de Karachi, passage destiné à soutenir les forces les plus réactionnaires à Ceylan

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