Pietro TRESSO naquit le 3 Janvier 1893 a Magré, dans la province de Vicenze, dans une famille prolétarienne. La situation familiale l'obligea à interrompre ses études et à apprendre un métier manuel, en continuant à fréquenter récole du soir. A l'âge de 14 ans, il entra dans les Jeunesses Socialistes, et depuis lors ne cessa d'avoir une vie de militant au service du mouvement d'émancipation des travailleurs.
Pendant la première guerre mondiale, il fut impliqué dans un procès. Acquitté mais caractérisé de « subversif », il fut envoyé au front ; il y resta 33 mois, puis fut hospitalisé pour une maladie grave.
En 1921, au Congrès de Livourne, il abandonne le Parti socialiste pour adhérer au Parti communiste italien. En peu de temps, il en devint un de ses principaux dirigeants. Tout d'abord membre du Comité Central, il fut élu au Bureau Politique dont il resta membre jusqu'à son exclusion du Parti communiste italien en 1930. Il représenta le P.C. italien aux Congrès de l'Internationale communiste. Il dirigea ce parti dans la clandestinité d'abord en Italie, puis dans l'émigration en France.
C'est en France que se trouvait la direction du P.C. italien quand s'y produisit la crise qui aboutit à l'exclusion de Blasco et de deux autres membres du Bureau Politique. Togliatti (qui signait alors Ercoli et qui était déjà l'homme du Kremlin) se trouva en minorité au Bureau Politique et ne l'emporta que grâce à une entorse statutaire, et avec l'aide de l'aile droite du P.C. de Pépoque, notamment Silone et Tasca (Bossi).
La direction actuelle du P.C, italien donne de cette crise une version erronée ; mais Silone, lui aussi, se refusant à reprendre les textes et se fiant à sa mémoire, a donné il y a quelques années une version erronée.
La crise dans la direction du P.C. italien portait sur la ligne stalinienne de l'époque, la fameuse « 3" période », prétendant à une crise révolutionnaire déjà mûre en Italie, imposant une lutte pour le pouvoir, et la lutte contre le parti socialiste comme un parti « social-fasciste ». L'opposition des « trois » (Blasco, Feroci, Santini) donnait une appréciation correcte de la situation de l'Italie à l'époque, se refusait en conséquence à lancer les militants qui agissaient dans l'illégalité à des actions purement aventuristes et préconisait une politique de front unique avec le Parti socialiste. Ercoli d'une « révolution démocratique » pour l'italie. Ils clarifierent cette question En outre, les « trois » émettaient des doutes sur la perspective présentée dans un échange de vues qu'ils eurent à cette époque avec Trotsky exilé en Turquie. La correspondance sur cette question dans laquelle Trotsky développe la nécessité de combiner l'utilisation des mots d'ordre démocratiques avec l'objectif de la conquête du pouvoir par le prolétariat, fut publiée en 1930 dans la presse trotskyste .
A partir de 1930, Blasco lutte dans les rangs de l'Opposition de gauche internationale qui deviendra la IV• Internationale. Il vécut en France en gagnant sa vie comme ouvrier tailleur. Il participa à la Conférence de Copenhague de l'Opposition de gauche internationale en 1932, et à la Conférence de fondation de la IV° Internationale en 1938.
Les conditions de l'émigration italienne ne permirent pas à Blasco de consolider les éléments trotskystes de l'émigration italienne en un groupe stabilisé. Il participa très activement à l'activité de l'opposition française, aidant grandement les Jeunes éléments qui la constituaient de son expérience et de ses connaissances.
Pendant la 2° guerre mondiale, il lutta dans la clandestinité. En 1941 il parvint à échapper à la Gestapo et se rendit dans la zone sud. Mais en 1942 il fut arrêté par une brigade de Vichy spécialement affectée à la répression contre les trotskystes ; il fut torturé et condamné à 10 ans de travaux forces par le tribunal militaire de Marseille.
Il fut enfermé à la prison du Puy dont les prisonniers furent libérés en bloc par le maquis le 2 octobre 1943. Blasco et quatre autres militants trotsicystes restèrent alors dans le maquis. Mais Blasco et ses camarades, peu après leur libération de la prison, disparurent ; et on n'a jamais plus rien su de leur sort. Tout ce qu'on a 12 pu recueillir comme indications permet de penser que des ordres parvinrent staliniens dirigeants du maquis de Haute-Loire de faire disparaître les trotskystes.
Dans son pays natal de Magré, une pierre rappelle la mémoire du courageux militant communiste que fut Blasco. Les prolétaires d'Italie et de France, le mouvement révolutionnaire international célèbreront la mémoire d'un des très rares dirigeants des partis communistes d'Europe occidentale qui, après avoir rompu avec le stalinisme, est resté fidèle jusqu'au bout au drapeau du marxisme révolutionnaire en luttant pour la IV• Internationale.