Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › vol. 13, n° 11-12

Le foyer révolutionnaire du Proche-Orient

Quatrième Internationale, vol. 13, n° 11-12 · décembre 1955 · p. 8-9 · 1 455 mots

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On se demandait pourquoi le Kremlin a si longtemps tardé à exploiter le complexe d'antagonismes qui caractérise depuis des années déjà la situation au Moyen-Orient. La réponse se trouve probablement dans le fait que c'est maintenant seulement que le Kremlin se sent suffisamment fort et préparé pour s'introduire dans cette « chasse gardée » des impérialistes, non pas de force ou indirectement, mais en quelque sorte formellement invité par quelques-uns des principaux partenaires du jeu, entre autre l'Egypte.

Du coup il acquiert un moyen supplémentaire de pression sur les impérialistes, un moyen de premier ordre.

On s'est aperçu particulièrement de son efficacité lors de la dernière conférence dremen sur toutes les destons expiqua in pour bees emp par la sansion explo de Genève, la des imperialistes envers l'intransigeance sive qui moment au Proche-Orient, et que le Kremlin pouvait ex-

La son Fondamentalement cette situation est encore aujourd'hui la même. Le ProcheOrient est une région économiquement et militairement vitale pour l'impérialisme. Elle contient les reserves pétrolieres les plus importantes du monde et côtoie sur des milliers de Kilomètres les territoires de l'URSS.

Les pays du récent pacte de Bagdad (Turquie, Iran, Irak, Pakistan) forment maintenant une ceinture continue de la Mer Noire aux confins des Indes, sur laquelle proliferent les bases militaires de l'impérialisme. Ce fait à lui seul justifie toutes les réactions de la part de l'URSS qui a un intérêt évident à desserrer cet anneau, à détruire ce glacis provoquant de l'impérialisme adossé sur ses frontières. Mais la solidarité de ce glacis est infiniment plus impressionnante sur la carte que dans la realite. militaires manquent à l'impérialisme pour tenir sur toute sa vaste étendue, et ce ne sont naturellement pas les masses de paysans pauvres écrasés sous le joug conjoint des féodaux indigènes et des impérialistes qui le défendront contre une avance éventuelle des armées de PURSS.

Il est d'autre part miné par les antagonismes qui opposent au Proche-Orient les impérialistes et les cliques féodo-capitalistes gouvernantes entre elles.

La question d'Israël s'y ajoute pour rendre la situation encore plus précaire et explosive.

Les pays du pacte de Bagdad sont patronés politiquement par Londres persiste à au Proche-Orient un rôle prépondérant et éviter son éviction totale de cette région vitale par les Etats-Unis. Mais les moyens lui manquent pour mener une telle politique ambitieuse. Sans l'apport financier Etats-Unis, comblant les défcits budgétaires des Etats de l'Alliance et alimentant les quelques projets économiques qu'ils sont obligés d'entreprendre pour soulager tant soit peu la détresse des masses paysannes, la construction diplomatique de Londres n'est pas viable.

Mais Washington, pour sa part, tout en se prêtant en partie à ce rôle — qui correspond aussi à l'équilibre dynamique établi entre les trusts américains et anglais co-exploitant les pétroles du Proche-Orient qu'aux exigences de l'alliance avec la Grande-Bretagne - ne peut pas s'aligner complètement sur les protégés de Londres.

L egypte l'Arabie séoudite, la Syrie, le Yemen s'opposent au pacte de Bagdad, au rôle que Londres et Ankara entendent y jouer, et à l'orientation qu'elles veulent lui donner. L'antagonisme entre Israël et l'ensemble des pays arabes est un autre élément dont Washington doit tenir comple, fondamentale de sa politique d'ensemble dans cette région étant la suivante : économiquement, supplanter le cas échéant complètement l'Angleterre dans cette région ; politiquement, souder l'ensemble des pays arabes dans un bloc contre l'URSS.

Il est naturellement difficile de satisfaire les exigences contradictoires d'une telle politique. Le bloc des pays arabes hostiles au pacte de Bagdad est animé par l'Egypte. Ce pays occupe depuis des années déjà une place prépondérante dans le monde arabe, due a son importance économique et culturelle et que revolution antidynastique renversant Farouk n'a fait que rehausser. Le caractère de cette revolunon, menée par le groupe de militaires dans lequel trône maintenant Nasser, se degage actuellement plus clairement : il s'agit d'une révolution démocratique-bourgeoise faite socialement et en dernière analyse au profit de la bourgeoisie industrielle indigène, contre l'impérialisme et les féodaux du pays.

Cette révolution a pris une forme particulièrement limitée, déformée, par le des circonstances historiques dans laquelle elle déroule, direction, de régime de Nasser est politiquement des particularités du pays (semi-colonial à prépondérance agraire, une variante d'une bonapartiste à la Peron, mais socialement il n'est pas différent de celui de Nehru aux Indes (ou de celui de Peron). Il vise à « moderniser » l'Egypte sur la base d'une certaine industrialisation du pays, sous une direction bourgeoise. Mais cette expérience se fait au milieu de conditions économiques des plus difficiles : crise des exportations de coton (principale ressource du pays), dépenses budgétaires (surtout militaires) accrues aggravant le déficit, manque de capitaux.

Nasser joue sur la corde raide pour se sortir de toutes ces difficultés. plan extérieur, il doit disputer marché possible pour la jeune industrie égyptienne, à l'impérialisme britannique Soudan a le dans tous les territoires roche-Orient. Mais Angleterre est bien au d'autre part un des principaux acheteurs du coton égyptien, pour lequel il faut trouver maintenant d'autres débouchés.

Sur le plan intérieur, un développement ultêrieur de la réforme agraire pour satis, gue vrement lentain ne la der curive et sa alematin, dan lustaire vraiment les paysans sans toucner exclusivement et totalement les feodau ainsi qu'une augmentation de la production agricole conséquent un accroissement du marché pour l'industrie, dependent de l'afflux des capitaux nécessaires pour une série de travaux et pour Pindustrie.

L'exemple de la construction projetée du grand barrage d'Assouan en est un exemple. L'Egypte espère pouvoir les surfaces cultivables et se procurer ulterieurement 9 millards irriguer ainsi 800.000 hectares de terres menter de 30 % de Kwh d'électricité par an. Les travaux sont estimés à 1.300 millions de dollars, dont 600 millions de dollars sont absolument nécessaires pour s'engager dans ce projet. Toute la pression exercée par Nasser en direction de Washington ces derniers temps, au moyen de son flirt avec Moscou et de la retentissante affaire d'achats d'armes tchécoslovaques, n'a réussi jusqu'ici qu'à obtenir un prêt de 70 milliards de francs par la Banque mondiale. Ce qui est significatif en tout cas pour opération est ceci : si Nasser a bien accepté les armes offertes par l'URSS, c'était

Oecidentaux lui en avaient refuse, face a une pression accrue de d'Israël, et pour mieux marchander ensuite avec les Américains leur aide financière.

cette aide, Nasser l'attend des Occidentaux, ayant refusé jusqu'ici celle offerte par l'URSS. Il démontre ainsi les limites, limites de ses engagements avec l'URSS, et fait présager les retournements toujours possibles sinon inévitables de la part de sa politique de demain. Prade de lance patre dan te pas serie pule mane plugne te pont one La politique du Kremlin, principalement sur les antagonismes au Proche-Orient, ne pare danger. Seule une mobilisation autonome de de l'impérialisme dans ces régions et combattre efficacement l'alignement des gouvernements indigènes sur l'impérialisme.

Dans le cas où toute la pression conjointe exercée actuellement par Washington sporte terce, il et ne dement ra pas en pee etr bout ont mae concessions deventes inevitables en direction des pays arabes, arans le nouveas

Mais le maintien d'un équilibre au Proche-Orient devient de plus en plus difficile, et ceci sur tous les plans : entre Israël et les pays arabes, entre l'impérialisme P'URSS, entre les gouvernements féodo-capitalistes et les masses.

Le rôle d'enclave au sein du monde arabe, assigné à Israël par l'impérialisme, pour favoriser la division et l'impuissance de ce monde arabe, devient à la fois clair et inefficace. Israël ne peut ni contrebalancer à la longue la puissance en développement du monde arabe, ni polariser le mécontentement des masses contre l'impérialisme et les féodo-capitalistes indigènes. S'il persiste dans la politique anti-arabe nelaste du sionisme, risque de devenir un piège mortel, un lieu de massacre terrible, pour population restreinte, serrée toujours fortement par la puissance arabe ascendante.

Son seul salut, en attendant le triomphe de la révolution socialiste dans le Procreent dans le conte de du en de alliance ase concier par te re Proche-Orient, c'est de se dégager de l'alliance avec l'impérialisme, de s'intégrer les masses arabes, de réadmettre les réfugiés.

L'impérialisme de son côté est terriblement compromis par ses agissements passés et présents (pour ne rappeler entre autre que la question de Chypre) pour pouvoir se maintenir au Proche-Orient autrement que militairement, et avec l'appui des compradores. Quant à ceux-ci et aux couches des féodaux-capitalistes indigènes, Ils sont maintenant aux prises avec la phase sociale qui commence de la révolution permanente arabe, à laquelle ils ne pourront faire face - et provisoirement seulement - que par des concessions amples et réelles envers les masses.

Le Proche-Orient à son tour devient un foyer puissant de la Révolution, un épicentre de la lutte décisive entre la révolution et l'impérialisme, qui s'achemine vers son paroxysme et son dénouement.

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