Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › vol. 13, n° 11-12

La révolution marocaine et ses répercussions

Quatrième Internationale, vol. 13, n° 11-12 · décembre 1955 · p. 4-6 · 1 166 mots

Texte lu par machine sur le scan (relu en 2026 colonne par colonne) : il peut contenir des fautes de lecture. Pour citer, reportez-vous au scan de la page.

Cette fois, c'est bien la Révolution écrite en lettres d'or qui se passe de tout autre qualificatif. Les plus hostiles comme les plus sceptiques sont obligés de se rendre à l'évidence.

« Le Maroc féodal cumule la fièvre de la Libération avec celle fois ! », s'exclame François Mauriac. Le distingué académicien n'a pas fini d'énumérer les fièvres multipliées et renouvelées de la révolution permanente.

Au lendemain du départ du sultan fantoche Ben Arafa, l'impérialisme_= réalisé que les jeux étaient faits. L'approche des élections et les manifestations des jeunes réservistes touchés par la mobilisation rendaient impossible l'élargissement des opérations de guerre. L'insurrection des tribus montagnardes risquait s'élargir d'un moment à l'autre, entrainant une guerre périlleuse et interminable,

Il n'y avait plus d'autre ressource, pour conjurer la catastrophe, que le retour précipité du sultan exilé Ben Youssef, sur son trône, préparé par le retournement sensationnel de son ennemi héréditaire, le Glaoui, pacha de Marrakech.

La grande scène de la réconciliation n'a pas eu le don de charmer le peuple marocain, Elle a plutôt accru sa vigilance et sa décision de ne pas interrompre 4 son action avant l'aboutissement complet de ses revendications. Libre au Sultan de prodiguer largement le pardon et de parler de réconciliation. Les masses marocaines ne l'entendent pas de cette oreille. Elles ont châtié les caïds, hommes de main de l'administration et prévaricateurs, jusque dans l'enceinte meme du palais impérial. Elles ne font d'ailleurs pas de distinction entre les caids et pachas qui se rallièrent à Ben Arafa et ceux qui demeuraient fidèles à Ben Youssef, montrant bien que c'est toute la structure féodale qui est en cause.

Ceux des fonctionnaires honnis qui n'ont pas deja démissionné de leurs postes ou qui ne se sont pas enfuis de leurs regions, se terrent dans leurs demeures pour se faire oublier. Le mouvement a gagne toutes les campagnes, et les administrateurs français eux-memes regagnent les villes devant les soulevements paysans.

Les masses marocaines ont pris leur destinée en mains et accomplissent ellesmêmes leur révolution. Elles poursuivent leur offensive, repoussant les forces impérialistes dans leurs derniers retranchements. Tous les savants calculs entre l'impérialisme et la bourgeoisie marocaine se sont effondres comme châteaux de cartes et tout l'équilibre de l'Afrique du Nord s'en trouve gravement affecté.

Les manifestations de masses à Casablanca et dans les grandes villes du Maroc, au retour du Sultan, ont montré le degré de conscience atteint par le jeune le dressaient des estrades penies de micros Des metings permanents ses deroulaien dans lesquels intervenaient des travailleurs, es des temmes - beaucou femmes, ce qui constitue le signe irrévocable de la profondeur de cette révo-

- se détachaient de la foule, montaient à la tribune pour venir clamer leurs revendications.

L'indépendance véritable était sur les lèvres de tout le monde. Mais on ertendit réelamer aussi « un gouvernement responsable et représentatif qui soit l'expression et la libération immédiate des emprisonnes D'autres mots d'ordre core le suthentique de la volonté du peuple ». des droits égaux pour les femmes, l'amnistie négociateurs doivent être choisis parmi ceux qui ont partage les soutirances du peuple » et enfin « La terre doit appartenir aux paysans, à ceux qui la travaillent ».

Les mouvements de résistance, tout en synchronisant leur action avec les partis en certaines circonstances, conservent leur personnalité et manifestent leur de la resistance » et du « Croissant est n cirsulens nombreux, Des indicateurs, autonomie, parfois en termes vifs. Des des collaborateurs continuent à être exécutés chaque jour. guérilla a repris plus largement qu'auparavant dans le Rif et le Maroc oriental on des régions entières échappent aux autorités françaises. prendre le controle de la situation. bourgeois marocains courent derrière les masses sans arriver

L'action des masses continue à se dérouler en une nouvelle avant-garde prend corps.

du Travail qui largement le pour afficher certaines positions politiques de classe, telle que l'exclusion des pachas et caïds du gouvernement en formation.

La révolution marocaine atteint son ampleur optimum du fait de la conjonction qui s'est opérée entre le prolétariat des grandes contre les teodanse e a structure ribale ont a arrivants lino a dont la survivance fut imposer l'impérialisme. Devant cette alliance explosive les partis devront encore accentuer leur gauchissement pour avoir une chance de se survivre.

Si Allal el Fassi, le président de l'Istiqlal, semble avoir mesuré le danger. En choisissant le maintien de son exil au Caire, il préserve l'avenir pour une direction bourgeoise de rechange.

Les effets de la révolution marocaine vont, en profondeur, plus loin qu'on ne parait le penser encore. A mesure que progresse la révolution au Maghreb, l'unification nord-africaine accomplit des pas de géant.

L'encre des conventions franco-tunisiennes n'a pas encore eu le temps Pication de Boris Menas rane spire Prendre tes derne a gra

Mendès-France supplie prendre les devants en promettant un « ajustement franco-tunisien » en fonction de ce qui aura éte accordé

Maroc. Il y a beau temps qu'il n'est plus question « d'autonomie interne ».

si a a sement urine comprade pas ce mot etende les ce Allal el les buts du peupl marocain étaient : l'indépendance véritable, une assemblée constituante et l'union complète de l'Afrique du Nord.

C'est l'objectif que s'est fixé l'Armée de libération du Maghreb qui englobe La mane ae on ton pan galon sur lain on de des tra pand, exige une solution nord-africaine. » Maroc, Algerie, il y a désormais un problème nord-africain qui

S

L'initiative appartient aux masses populaires du Maroc et du Maghreb entier et Pon ne voit guère les chances que peut avoir la bourgeoisie nationale, même épaulée par l'impérialisme, d'y mettre fin dans un avenir prochain, L'indépendance est virtuellement acquise au Maroc et aucune force ne parviendra à faire accepter aux masses des projets batards. Les partisans et la résistance ne déposeront selon toute vraisemblance obtenu satisfaction.

Du même coup il deviendra impossible de maintenir en esclavage le peuple algérien.

L'unification du Maghreb ne peut être que l'œuvre des masses populaires qui auront conquis leur indépendance par leur lutte sans merci.

L'accélération du processus historique, le rapprochement des diverses étapes, la combinaison des phases distinctes, l'amalgame des formes archaïques formes les plus modernes, voilà précisément un aspect essentiel de la révolution avec permanente. en Afrique du Nord, nul ne peut en douter. Et c'est cette révolution qui s'accomplit sous nos yeux au Maroc et

Les rythmes et l'achèvement de cette révolution dépendent essentiellement la cristallisation des forces révolutionnaires qui s'accomplit dans les maquis et les mouvements de résistance et, mouvements de résistance et, dans une une mesure croissante, au sein des centrales syndicales nationales. A que s'accroit la crise des nationalistes que leur impuissance devient plus manifeste, la dualité sur le terrain politique ces partis mouvement syndical prendra plus de relief. L'idée d'un parti ouvrier qui s'appuie sur les syndicats pourra prendre forme. Les conditions sont incontestablement ombattant dans les villes et les maquis, et dont sortira demain le parti marxist propices au murissement politique de l'actuelle avant-gard révolutionnaire des masses du Maghreb.

Une erreur sur cette page ?