La 12 Conférence
Du 30 janvier au ler février 1955 s'est tenue la XII• Conférence nationale du P. O. R. (section bolivienne de la Ive Internationale). Elle fut de loin la plus réussie et la plus importante des conférences du parti depuis plusieurs années. Elle venait à la suite d'importants développements dans la situation générale du pays, du mouvement ouvrier et de notre propre organisation.
Grace a une aide considérable de l'impérialisme américain et de capitaux etrangers, le gouvernement de Paz Estensoro a pu développer la production pétrolière, renforcer l'industrie textile et, à travers différents traités commerciaux, réactiver le commerce.
situation de certaines couches de la petite bourgeoisie s'en trouva incontestablement améliorée. Par contre l'inflation continue pèse toujours sur le prolétariat qui n'a pas cessé d'exprimer son très vif mécontentement. La sortie de Lechin du gouvernement avait pour but de pouvoir mieux contrôler le secteur ouvrier, mais en définitive pour le compte du M. N. R.
D'autre part, les paysans ont senti, à plusieurs reprises les tentatives plus ou moins camouflées du gouvernement de stopper la réforme agraire et de porter atteinte à leurs conquêtes.
L'état d'esprit des masses s'est manifesté dans plusieurs événements significatifs
- Avant la convocation du Congrès national de la C. O. B. en novembre dernier, il y avait eu les congrès des mineurs, des textiles, des employés de •commerce et de l'industrie, des télécommunications, des instituteurs. Dans tous ces congrès, la poussée des travailleurs s'exerçait en direction des mots d'ordre du salaire minimum vital, de l'échelle mobile, de la démocratie syndicale, de nouvelles nationalisations, etc., tous inclus depuis longtemps dans le programme des trotskystes. Le mécontentement des ouvriers envers le gouvernement et la bureaucratie syndicale s'y était clairement exprimé. A la veille du Congrès de la C. O. B., au centre minier d'Oruro eut lieu une importante manifestation des ouvriers de la mine San Jose et des paysans des alentours. Armés, ils ont destitué en quelques heures le délégué du gouvernement dont ils étaient mécontents et imposé un ouvrier de leur choix.
Depuis juillet 1954, les paysans ont formé quinze nouveaux régiments armés de 1.000 paysans chacun, s'exerçant constamment à toutes les opérations minationale du P.O.R. litaires. A Tupiza se forma un régiment de cavalerie paysanne. Les mineurs de Llallagua, d'autre part, ont formé une nouvelle brigade mobile.
Au Congrès de la C. O. B. en novenabre, le gouvernement et ses agents « ouvriers » ont tout fait pour remporter une grande victoire et donner un coup « mortel » au P. O R. qui polarise le courant de l'avant-garde révolutionnaire du pays et exprime les aspirations profondes des masses boliviennes. Préparé aussi anti-démocratiquement • que possible, ce congrès réunit 330 délégués, parlesquels cinquante étaient influencés par le P. O. R. et quelques-uns par les staliniens.
A la veille de l'ouverture du Congrès. le gouvernement déclenchait une nouvelle campagne contre le P. O. R. Son journal « La Nacion » publiait un document intérieur du IVè Congrès mondial de notre Internationale pour justifier sa version que les trotskystes, encouragés de l'étranger, préparaient un « coup d'Etat » contre le gouvernement. Celuici d'autre part maintenait les persécutions contre l'organe du parti « Lucha Obrera • » ainsi que contre toute autre activité légale de notre organisation.
Le Congrès de la C. O. B. se déroula dès le début sous le signe d'une offenSIve contre les trotskystes menée conjointement par Lechin et le rénégat E Moller, ex-dirigeant du P. O. R., membre de la commission d'organisation du Congrès qui, avec quelques autres, avait capitulé devant la « gauche » de Lechin et le « chef de la révolution nationale», le président Paz Estensoro.
Le tandem Lechin-Moller sut dominer le Congrès et lui faire adopter une déclaration-programme de la C. O. B. qui s'efforce de sceller l'intégration de celleci dans l'appareil du gouvernement. Ce texte est centré autour de l'idée que la révolution bolivienne n'est ni bourgeoise ni prolétarienne mais « démocratique populaire national », incarnée par le M. N. R. et son gouvernement qui s'identifierait avec le pouvoir des ouvriers et des paysans.
Cependant plusieurs résolutions particulières du Congrès reflètent les tendances révolutionnaires anti-bureaucratiques et anti-gouvernementales profondes de la base. De même certains épisodes caractéristiques. Moller fut a plusieurs reprises conspué par une grande partie des délégués comme « vendu » et « traitre ». Quand les « ministres ouvriers » ont voulu plaider l'ex-
Q UATRIEME propriation avec indemnisation des installations du journal réactionnaire « La
Razon » (appartenant au groupe minier Aramayo), 136 délégués votèrent contre, avec les trotskystes.
Toutes les interventions des délégués trotskystes, particulièrement celles du camarade Fernando Bravo, délégué des instituteurs de Bolivie, ont été écoutées avec la plus grande attention par la masse des délégués et chaleureusement applaudies.
A plusieurs reprises, Lechin dut intervenir pour reprendre la situation en main. Après le Congrès, la presse gouvernementale jubila, déclarant « que les thèses trotskystes et staliniennes furent amplement battues » et que « les masses appuient inconditionnellement le gouvernement ».
Mais voici que, tout récemment encore, dans diverses usines les ouvriers destituent les bureaucrates qui veulent appliquer les consignes du gouvernement : « produire » au détriment des jours fériés des travailleurs; et les mineurs d'Oruro accueillent Torres ministre к ouvrier » des mines au cri de : « A bas Torres ! », sifflent et huent la lecture d'un message de Paz Estensoro les incitant au « calme », et au « travail ».
Et voici que la XII• Conférence nationale du P. O. R. « enterré » par Lechin-Moller, marque le plus grand succès depuis des années.
Quarante-trois délégués assistaient à la Conférence, représentant tous les comites régionaux et locaux du parti: la Paz, Oruro, Potosi, Quechista, Llallagua, Sucre. Orepeza, Cochabamba. SantaCruz, Sacaba, etc. Parmi eux trente dirigeants ouvriers et paysans, les autres représentant les milieux universitaires, des artisans, des employés.
La conférence s'est tenue sous la présidence d'un vieux dirigeant mineur de Lallagua, et la présidence d'honneur des dirigeants boliviens morts : Jose
Aguirre Gainsbourg: Enrique Ferrante,
Manuel Cruz Vallejos. De grands portraits de Marx, Lénine et Trotsky décoraient la salle de la conférence.
Le secrétaire général du parti, le camarade Moscoso, donna tout d'abord un ample rapport sur la situation intérieure du Parti. Puis, le camarade Tarki rapporta sur la situation politique internationale et les travaux du IV• Congres mondial.
Le camarade Moscoso rapporta à nouveau sur la situation politique du pays et les tâches du Parti. Le camarade Amvar sur les taches organisationnelles. Il y. eut ensuite des rapports sur l'éducation, sur le Congrès de la C. O. B., sur l'autonomie universitaire, et sur les tinances.
La conférence s'est terminée dans un grand enthousiasme par l'élection d'un Comité central de vingt-cinq membres, à •majorité ouvrière et paysanne, et un B. P. de sept membres. Le camarade Hugo Gonzales Moscoso fut réélu secrétaire général du Parti.
De l'avis unanime des camarades présents à la Conférence, celle-ci a parfaitement rempli sa tâche de réarmer idéologiquement et organisationnellement le parti, et de le rendre encore plus apte à remplir sa mission : organiser la lutte des masses ouvrières, paysannes et petites bourgeoises des villes pour le véritable gouvernement ouvrier et paysan.
Les conditions dans le pays n'ont pas cessé d'être favorables pour remplir cette mission. Le P. O. R., mûri par l'expérience concrète de la lutte pour le pouvoir, a tiré une série de leçons capitales pour sa politique et son organisation. De grands efforts sont encore nécessaires pour se cristalliser en tant que formation politique militante incontestée des masses ouvrières et paysannes. de Bolivie et les conduire à la victoire. Mais il est d'ores et déjà dans le bon chemin.
Grande-Bretagne
Le gouvernement redoute l'épreuve de force
La volonté des travailleurs britanniques d'améliorer leur standard de vie s'est centrée récemment sur la revendication des cheminots d'une augmentation de salaires, appuyée en raison des très longs délais à obtenir une réponse par la menace d'une grève des chemins de ter.
Une partie de la bourgeoisie voulait engager une epreuve de force, alin de porter un coup à toute la classe ouvrière. Mais le gouvernement conservateur a préféré éviter une telle lutte en accordant non une satisfaction totale, mais des augmentations de façon telle que ce sont les cheminots qui sont apparus avoir le dessus. 78
Ainsi, depuis des annees, les conservaleurs montrent combien is redoutent d'affronter la classe ouvrière britannique sur le plan des revendications économiques.
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Le dernier Congrès du Labour Party avait, dans des conditions que nous avons rapportées dans notre précédent. numéro, approuvé l'interdiction de l'organe de gauche Socialist Outlook prononcée par la direction.
Les éditeurs de ce journal, afin de ne pas tomber dans le piège de la direction, avaient judicieusement renoncé
UATRIEME provisoirement à publier cet organe. Mais la direction voulait pousser l'affaire plus loin. Une commission d'épuration commença à fonctionner et quelques exclusions furent prononcées. Mais les traditions démocratiques sont très vivaces dans le Labour Party. Devant
Vers un nouvel
Les élections municipales des 21 et 28 novembre 1954 ont scellé la défaite du « Rassemblement » de Papagos dans la plupart des centres prolétariens du pays : Athènes, le Pirée, salonique, Volos, Larissa, Tricala, Naoussa, Edessa, ] Mytilène, etc..:
Sous la pression des masses qui cherchent un changement radical de politique, on a assisté à la création d'un large front démocratique contre le « Rassemblement », incluant l'E.D.A., influence par les staliniens, le nouveau Parti D.K.E.L. sorti de la fusion de l'ancien Parti socialiste avec différents groupements de bourgeois libéraux, et même l'E.P.E.K., le reste de l'ancien Parti de Plastiras.
Cependant, il ne s'agissait là que d'un front unique électoral et parlementaire qui, par sa composition sociale même, est incapable de mener une véritable lutte extra-parlementaire contre le « Rassemblement » et pour les brûlantes revendications économiques et politiques des masses.
Dans ces conditions, le danger de confier la direction de ce Front à un nouveau « Messie », porte-parole, en définitive. des intérêts de la bourgeoisie, le général Katsotas, élu maire d'Athènes, reste naturellement grand.
D'autre part, Venizelos a esquissé une manœuvre pour unifier les forces parlementaires de l'opposition - en laissant au dehors l'E.D.Â. - afin d'opposer au « Rassemblement » une opposition « nationale » non moins conservatrice et réactionnaire, et de polariser encore une fois le mécontentement des masses au profit de la bourgeoisie.
Cependant, cette tentative n'a aucun avenir, car elle va à l'encontre de la tendance fondamentale de polarisation vers une véritable gauche et une droite fascisante.
La pression des masses, exprimée clai-. rement dans les résultats des elections, a eu comme autre effet d'accentuer les disseasions et les forces centrifuges au sein du « Rassemblement ».
Markesinis a organisé autour de lui, en un nouveau Parti, tout un groupe l'indignation générale, Alice Bacon qui était en charge de cette commission en abandonna la direction. Mais cet échec: des « maccarthystes » du Labour Party ne signine pas que la direction de ce parti ait renoncé à écraser les tendances de gauche. rèce essor des masses de députés exclus ou ayant abandonné d'eux-mêmes le « Rassemblement ».
On ne voit pas encore clairement si le gouvernement consentira à de nouvelles élections générale, ou si, en accord avec ses patrons de Washington, il essayera de persister, en accentuant les mesures de répression mais sans laisser tomber complètement le manteau parlementaire sous lequel il cache -pour la forme — la dictature. Washington, qui préfère probablement cette voie, s'est empressé d'accorder un nouveau « don » de 8 millions de dollars à distribuer pour la « nourriture et le chauffage des classes populaires ».
Le principal frein à une évolution plus radicale de la situation provient de l'inorganisation du mouvement ouvrier et de la politique du Parti communiste.
Ce dernier prêche maintenant à nouveau la constitution d'un « Front Patriotique » de collaboration de toutes les classes et de tous les Partis de l'oppositon, y compris celui si discredite de• Venizelos pour œuvrer à l'ascension d'un « gouvernement patriotique de changement national », et il retire de la discussion son programme antérieur pour une « démocratie populaire».
Les trotskystes grecs ont pris part, en divers endroits, aux élections municipales, marquant ici et là des succès considérables.
A Saloaique, ils ont eu un conseiller municipal élu, avec plus de 2.000 voix préférentielles (par rapport aux autres candidats de la liste), à Kavella, un autre élu avec plus de 2.500 voix préférentielles, tandis qu'à Athènes et au Pirée, dans plusieurs quartiers ouvriers, leurs candidats ont reçu: 600, 2.000, 750, 500, 700 exploiter maintenant encore davants de 300, etc.. voix. Ils sont décidés les conditions plus favorables créées pour l'essor du mouvement ouvrier, ainsi que les possibilités d'action légale, en s'inscrutant plus profondément dans les diverses organisations politiques légales, à base prolétarienne, ainsi que dans les syndicats.
(d'une lettre d'Athènes)
(d'une lettre d'Athènes)
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Indes
Un nouveau
Dix partis ouvriers de gauche ont fusionné pour former le Mazdoor Kisan Party of India (parti ouvrier et paysan).
Le « Times of India » écrit à ce sujet : « La formation de ce nouveau parti brise la principale barrière à l'expansion d'un tendance révolutionnaire indépendante au sein de la République indienne ».
Le but immédiat du parti est le renversement du gouvernement du Congres et l'établissement d'un gouvernement ouvriers et des paysans, en alliance avec les classes moyennes pauvres.
Il a une position de critique amicale envers les pays du bloc soviétique et la Chine.
En politique intérieure, il se base sur
Progrès d
Alors que l'an dernier, les grèves n'avaient généralement pas abouti, la situation actuelle se montre plus favorable aux travailleurs et plusieurs grèves depuis le début de l'année 1955, dans des corporations très variées (travailleurs d'Etat, ateliers, garages, etc...) mais caractérisées par l'existence d'organisations syndicales, se sont terminées victorieusement.
Une fermentation politique se développe contre le gouvernement et s'est manifestée par exemple au cours d'une conférence d'élus municipaux.
Le L.S.S.P., section ceylanaise de la IVe Internationale et principal parti 80 -80 parti ouvrier les intérêts des ouvriers et paysans mdiens. Il n'est pas pour la dictature d'un seul parti.
Tout en n'étant pas subordonné au stalinisme il s'est déclaré prêt à collaborer sur des problèmes spécifiques avec le Parti communiste et avec le Praja Socialist Party, tant à l'intérieur qu'a l'extérieur du Parlement.
Son organisation intérieure est basée sur le centralisme démocratique.
Le parti a à présent trois députés et dispose d'une large base dans le Travancore-Cochin, le Bengale, Bombay et le Hyderabad.
Dans le Comité exécutif du nouveau parti, on trouve le docteur Jaisooriya, dirigeant de la gauche dans le Hyderabad et la camarade Selina Perera... u L. S. S. P. ouvrier de ce pays, mène une intense activité pour exploiter cette situation. Le parti enregistre des succès nombreux en divers points du pays.
Il a également obtenu un succès aux élections des délégués étudiants au Conseil de l'Université où il emporte 9 sièges sur 10.
Le Comité Central du L.S.S.P., en face de l'aggravation de la situation interlanonale, notamment a propos de Fornose, a lancé un appel pour demander que soient dénoncés les traités qui accordent à l'impérialisme britannique des bases bases militaires, navales et aeriennes dans l'ile de Ceylan.