Commencée dans l'apathie, terminé dans une atmosphère un peu plus animée, la campagne électorale Etats-Unis n'a donné sensationnel.
Les deux partis apparaissent en équilibre, les Républicains ayant relativement peu + souffert (moins que d'habitude pour des élections de ce genre de l'usure du pouvoir.
Aucun des grands thèmes employés par les uns et les autres lors de la campagne electorale ne semble avoir particulièrement touché le grand public ; ni le chômage, ni les prix des produits agricoles, ni la politique fiscale favorable au grand capital de l'administration républicaine, tous motifs sur lesquels misaient les Démocrates ; ni non plus les accusations de « mollesse envers le communisme » et de «corruption» lancées en direction des Démocrates par les Républicains, ni même, tellement, le prestice personnel dEisenhower.
En effet l'enchevêtrement géographique des gains et des pertes des deux partis est tel qu'il ne permet de dégager aucune tendance nationale influencee manifestement par un des motifs précités.
Dans certains Etats, la question du chômage (forte majorité urbaine) ou celle des prix des produits agricoles et de la politique de soutien flexible l'administration (forte concentration de fermiers) a incontestablement favorisé les Démo-
Les Républicains semblent par contre avoir bénéficié surtout de la « politique de la paix » dont ils se sont réclamés pendant la campagne électorale. La situation économique — n'ayant pas évolué vers un approfondissement de la crise, et l'administration avant fait. au contraire, état de certains signes de reprise →, n'a pas tellement défavorisé les Républicains.
Il est à remarquer que la question du macarthysme n'a été en aucune manière au centre de la campagne. Dans la mesure où on peut porter un jugement sur ce point par les résultats, ceux-ci indiquent plutôt une certaine désapprobation des méthodes grossières d'inquisition du Sénateur.
Quelle influence aura la perte du contrôle de la Chambre et du Sénat par les
Républicains sur la politique extérieure des Etats-Unis Elle sera pratiquement négligeable. Les Démocrates professent être partisans de l'Europe, contre le clan des Républicains « Asiatiques » à la Nixon-Knowland ; pour une politique douanière plus libérale ; pour une augmentation des dépenses militaires concernant l'armée et la marine. Ils trouveront en Eisenhower un Président particulièrement compréhensif, surtout sur les deux premiers points de vue.