Malgré les conditions politiques très difficiles dans lesquelles se trouve le prolétariat d'Allemagne occidentale, sa politisation se poursuit constamment. Jusqu'à ce jour il n'y a pas eu de manifestation spectaculaire, mais les indices commencent à s'accumuler, qui donnent les plus grands espoirs pour un avenir
Récemment ont eu lieu des élections dans le Land de la Rhénanie du Nord et de Westphalie. C'est le centre industriel de l'Allemagne occidentale. Une partie non négligeable de la classe ouvrière est influencée par l'Eglise qui est liée à Adenader.
Le parti de celui-oi, le C.D.U., engagea campagne précisément sur la personne 11 du chancelier. Par contre, la direction du Parti social-démocrate tenta de réduire la lutte électorale à la question scolaire afin d'éviter les questions de grande politique. Mais les électeurs, comme les résultats le montrèrent, se déterminèrent en tonction des grandes questions, et ce fut un échec pour Adenauer et un succès pour le Parti socialiste,
Leg résultats montrent non seulement un accroissement en pourcentage du Parti social-démocrate (de 81,9 à 34,4 %), mais la poursuite d'une tendance déjà manifestée en septembre dernier : un accroissement dans les centres industriels : Cologne, Dessedon, Essenier isbn a cosmet une perte dans les district
Essen, Duisburg, ete., et une perte dans les districts Parallèlement à ces développements généraux dans le pays, des courants gauche se créent ou se développent dans le Parti social-démocrate. Au lendemain de l'échec électoral de septembre dernier, la droite avait cru qu'il était opportun pour elle de passer à l'oftensive pour demander que l'on jette par-dessus bord les formules marxistes auxquelles la tradition du parti se réfère. Il y aussitôt des réactions à la base du parti, et même la direction centriste se sentil eut presque obligée de se délimiter de cette opération de l'aile droite. Sous la pression del la droite avait été convoqué un congrès du parti. Il vient de se tenir à Berlin droite avait du 20 au 24 juillet. Mais, en un an la situation a évolué, de sorte qu'à la veille du Congres, il apparut que, dans de nombreuses organisations de base, c'est de gauche que la politique de la direction, notamment en matière de réarmement, etait attaquée.
Dès que le Congrès s'ouvrit, les délégués de ces sections — une centaine agirent de façon concertée pour exiger le vote d'une résolution commune contre la remilitarisation. La direction s'opposa à ce vote qui fut rejeté, plus d'un tiers des délégués votant cependant en faveur de la proposition de la gauche, Au fur et à mesure que le Congrès se déroula, on vit la direction abandonner l'une après l'autre chacune de ses positions de repli sous les vigoureuses attaques de la gauche, Et finalement, les résolutions adoptées représentent non pas un compromis avec la droite mais un compromis avec cette gauche. Ceci apparait le plus nettement dans la question de la remilitarisation, Alors que la droite exigeait une prise de position claire en faveur du réarmement immédiat - la direction du S.P.D. avait déjà publié une « solution de rechange »: création dans le cadre de IO.T.A,N. d'une armée nationale allemande — le Congrès adopta une résolution se prononçant en faveur de négociations pour la réunification du pays, avant toute discussion sur un réarmement immédiat. Il rejeta même à une grande majorité une autre proposition de compromis avec la droite donnant à la direction le droit de juger par elle même si les possibilités de négociations sont suffisamment épuisées pour qu'on puisse passer au réarmement. Seul un Congrès extraordinaire du Parti pourra dorénavant modifier la position du S.P.D. en matière de réarmement, et Permettre aux mandataires du parti de voter en faveur de la constitution de forces armées.
Même si l'on tient compte du fait qu'en partie cette opposition au réarmenent est inspirée par des motifs pacitistes plutôt que par des motifs de classi n doit neanmoins saluer ce revirement sensationnel comme un progres substan tiel, surtout dans un parti aussi farouchement social-patriote de tradition que l'est le S.P.D.
Dans la vieille social-démocratie allemande, au passé si plein de trahisons, une fois encore les forces vives de la classe ouvrière, ses aspirations révolution. naires trouveront une expression, et — après la faillite irrémédiable du P.C. allemand — elles entreprendront le chemin de la construction d'un nouveau parti révolutionnaire.