Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › vol. 12, n° 6-8

Nouvelles du mouvement ouvrier et de l'Internationale

Quatrième Internationale, vol. 12, n° 6-8 · juin-août 1954 · p. 60-64 · 2 863 mots

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Le 4/ Congrès Mondial de notre Internationale s'est réuni en Italie dans les premiers jours de juillet 1954.

Le Congrès fut marqué par un grand succès: il a réuni plus de 60 représentants et délégués fraternels de 21 pays. Ses travaux ont duré huit jours consécutifs, et ont inclus certaines séances de nuit.

Le Congrès fut placé sous la présidence d'honneur de tous nos morts et victimes de la répression impérialiste et stalinienne depuis le 3è Congrès Mondial. Une impressionnante décoration, réalisée grâce à la collaboration d'une équipe internationale de camarades artistes, architectes... occupait le fond de la salle, près du Présidium et de la tribune pour les orateurs. On y distinguait les portraits en grand format et les noms de nos principaux dirigeants et cadres tombés dans la lutte contre l'impérialisme et contre la réaction stalinienne. Dans cadre, on lisait : « N'oublions pas Munis. Oscar Hippe et nos autres emprisonnés dans les geoles impérialistes et staliniennes ». Une inscription en grandes lettres couvrait tout le panneau de la décoration: « La victoire de Révolution Socialiste Mondial nécessite et comporte l'affirmation et le triomphe de la IVe Internationale ». Dans une autre partie de la décoration se trouvait cet extrait des Statuts de la IVè Internationale qui furent unanimement adoptés lors du 2e Congrès Mondial : « Contre les conceptions fédératives d'organisation, la IVè Internationale demeure sans équivoque sur la conception bolchevique d'un seul Parti mondial et une direction internationale centralisée ».

L'ordre du jour traité par le Congrès a été le suivant :

a) La situation dans l'Internationale

Une délégation du Comité Exécutif de la IVe Internationale a remis à la Légation du Guatemala le message de solidarité suivant :

Le Comité Exécutif de la IV° Internationale

Salue le Peuple de Guatemala et dénonce et condamne l'invasion et le bombardement du Guatemala par une armée de mercenaires organisés et armés par l'impérialisme yan60

RNATIONALE ès Mondial (Rapport présenté par les camarades M. Pablo et P. Frank)

b) La situation mondiale et les tâches de l'Internationale (Rapport présenté par le camarade M. Pablo).

c) « Montée et déclin du stalinisme » Rapport présenté par le camarade E. Germain).

d) « Notre intégration dans le réel mouvement de masses » (Rapport d'introduction et rapports d'activité).

e) Election des organismes dirigeants de l'Internationale.

f) Questions diverses.

Le nouveau Comité Exécutif International élu comprend 25 membres titulaires et 4 suppléants. Réuni immédiatement après le Congrès, il a élu un nouveau S.I. composé en principe de 7 membres.

Dans le présent numéro de Quatrième Internationale sont publiés le Manifeste du Congrès et la résolution politique. Les deux autres textes principaux adoptés par le Congrès, « Montée et déclin du stalinisme » et « Notre intégration dans le réel mouvement des masses » furent publiés dans notre revue respectivement dans les numéros de novembre 1953 et fevrier 1954. Nous publions également dans ce numéro les amendements apportés par le Congrès au document « Montée et déclin du stalinisme ».

D'autre part, le Secrétariat International envisage de publier bientôt en brochure séparée toutes les résolutions politiques adoptées par le Congrès ainsi que les principaux rapports qui y furent présentés.

Le 12 juillet 1954.

Le Secrétariat International. kee depuis le Honduras et le Nicaragua avec l'aide de la bourgeoisie féodale du Guatemala.

La riposte du peuple du Guatemala qui défend héroiquement ses droits contre l'invasion armée par l'impérialisme yankee, est un aspect de la guerre civile latino-américaine qui commence et à laquelle participeront tous les peuples d'Amérique Latine.

Aide au Guatemala

Le 4* Congr

Aide au Guatemala

L'impérialisme américain qui représente et associe la bourgeoisie féodale du Guatémala et l'United Fruit Company, démontre par son action criminelle qu'il utilisera tous les moyens en son pouvoir, crimes, assassinats, invasion armée, bombardements, pour empêcher que les peuples d'Amérique Latine puissent réaliser des progrès (réforme agraire) et pour leur interdire l'usage de leurs droits démocratiques révolutionnaires.

Appuie et soutient et appelle à la solidarité et à l'aide des peuples latino-améri cains en faveur de la lutte du peuple guatémaltèque.

Appelle tous les partis ouvriers, les ligues culturelles, les institutions progressistes en ge néral, syndicats ouvriers et centrales ouvrières à recruter des volontaires pour aller lutter pour la défense du peuple guatémaltèque.

Il appelle tous les partis ouvriers, les synd cats et centrales ouvrières latino-américaines (CTAL, ATLAS, ORIT, COB de Bolivie, CGT d'Argentine, CUT du Chili, etc) à réaliser une CONFERENCE IMMEDIATE pour organiser ut Front Unique de défense du Guatemala.

Pour centraliser l'agitation et la campagne de recrutement d'une armée de volontaires internationaux pour aller lutter pour la défense du Guatemala.

Pour concrétiser un programme de lutte pour l'expulsion de l'impérialisme yankee d'Amérique Latine

Depuis la grande journée du 12 août 1953, dont nous avons rendu compte dans un précédent numéro, la radicalisation et la combativité des masses ceylanaises ne cessent de se manifester.

Ce fut tout d'abord dans de nombreuses grèves revendicatives souvent couronnées de succès.

Puis, récemment, dans des élections municipales. Le Lanka Samasamaja Party. section ceylanaise de la IVé Internationale, qui est le parti majoritaire dans les masses travailleuses de Ceylan, qui fut à la tête des combattants du 12 août, et qui combat pour un gouvernement anti-capitaliste, a obtenu des succès très importants. Il a conquis les municipalités des trois principales villes après la

Pour les droits démocratiques révolutionnaires des peuples latino-américains à disposer d'eux-mêmes.

Le 24 juin 1954.

Deux de nos camarades boliviens, membres de la Centrale Ouvrière Bolivienne, ont adressé le télégramme suivant aux organisations syndicales de l'Amérique latine :

En tant que dirigeants syndicaux et membres de la Centrale Ouvrière Bolivienne, nous faisons appel à la solidarité de fous les travailleurs latino-américains pour défendre le Guatemala contre l'agression armée de l'impérialisme yankee qui menace d'interdire par l'intervention armée le mouvement de libéra tion national que vit aujourd'hui l'Amérique Latine.

La cause que vit et défend aujourd'hui le peuple guatémaltèque est là cause commune de tous les travailleurs latino-américains.

MILAN, le 20 juin 1954. HUGO GONZALEZ MOSCOSO GUILLERMO LORA.

Dans toute l'Amérique latine, les militants et les organisations trotskystes ont été à la pointe des manifestations en faveur des masses du Guatemala. Citons notamment en Bolivie, en Argentine, et en Uruguay. capitale, Colombo, où les élections auront lieu à la fin de juillet seulement.

Ces succès inquiètent non seulement la bourgeoisie ceylanaise, mais aussi les impérialistes anglais et américains. Les grands journaux de ces deux pays ont accordé une place importante aux résultats de ces élections, et n'ont pas caché leur inquiétude devant le fait que la montée révolutionnaire en Asie n'épargne pas ce petit pays qui occupe une

June position stratégique très importante.

Nous saluons très chaleureusement cette victoire de nos camarades ceylanais qui ont également élevé une protestation énergique contre la permission donnée par leur gouvernement au passage d'avions français transportant des troupes à destination d'Indochine.

Ceylan

Progrès du L.S.S.P.

Ceylan

Progrès du L.S.S.P.

U AT

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M E

Fizance

Le 10• Congrès du P.C.I.

Le Parti Communiste Internationaliste (Section Française de la IVè Internationale) a tenu son 10è Congrès, un an après le précédent Congrès du Parti et peu après le 4è Congrès Mondial.

Le 10e Congrès du P.C.I. a entendu et discuté le compte rendu du 4è Congrès Mondial dont il a approuvé les travaux.

Puis le Congrès a discuté de la situation politique en France et des taches du Parti. La résolution adoptée souligne la

L'Eglise romaine et

Juste avant la Pentecôte, les membres de l'Action catholique distribuèrent en très grand nombre aux portes de toutes les églises catholiques le texte d'un nouveau mandement aux fidèles des évêques néerlandais, intitulé « Le chrétien catholique dans la vie publique ». C'était une violente attaque contre toute organisation et influence socialiste. Les prêtres refuseront désormais, selon ce texte, les sacrements à tous ceux qui lisent régulièrement des organes socialistes, qui assistent régulièrement à des réunions socialistes, ou qui écoutent régulièrement la radio-diffusion socialiste, qui organise près du quart des programmes hollandais. Il est formellement interdit d'être membre du syndicat réformiste (NVV) et d'autres organisations socialistes; s'il n'y a pas de défense formelle en ce qui concerne le parti socialiste, disent les évêques, c'est parce que tout le monde sait que nous sommes contre, qu'il n'y a que peu de catholiques qui en sont membres. et parce qu'ils veulent être particulièrement réservés en ce qui concerne la liberté politique... Cela ne les empêche pas d'insister particulièrement sur l'unité politique de la population catholique hollandaise, restreignant de ce fait son choix au KVP (parti catholique populaire). Sur tous les terrains culturel, scolaire, sportif, politique, syndical, de presse et de radio-diffusion - existent les organisations catholiques, qui sont les seules permises aux fidèles. Seuls les sommets de ces organisations sont autorisés à avoir des contacts avec les organisations non-catholiques sur leurs terrains respectifs.

Devant cet exemple d'intolérance, 62 crise croissante de la bourgeoisie, la signification du mouvement d'Aout 53 en ce qui concerne l'évolution de la classe détail la crise interne du parti stalinien, ouvrière française, et analyse très en notamment telle qu'elle s'est exprimée avant le Congrès de ce parti.

Sur cette question, nous invitons nos lecteurs à se reporter aux numéros de La Vérité des Travailleurs, depuis mars 1954 notamment. le Parti socialiste d'anti-démocratisme, de la part du clerge, la réaction a eté tres profonde ressuscitant particulièrement l'anti-papisme traditionnel dans la partie non-catholique de la population. Pour pouvoir comprendre ces réactions et les conséquences du mandement, il Taut rappeler un peu l'histoire de Pays-Bas.

Grosso modo, on peut diviser sur le plan religieux la population néerlandaise en trois parties : un tiers se trouve hors de toute église, un tiers de religion romaine, un tiers appartenant aux différentes églises réformées.

La conscience de la révolution bourgeoise du 16è siècle était une conscience religieuse, surtout calviniste. Cependant, tres tot, non seulement la population catholique, mais aussi le petit peuple de l'orthodoxie protestante se trouva opprimée par une aristocratie d'esprit plutôt libertaire. Cette situation en fait dura jusqu'à la fin du 19e siècle. Cela explique pourquoi la lutte pour un état bourgeois du type « moderne », démocratique, d'abord menée par une nouvelle aristocratie libérale, put se continuer sous le signe de l'émancipation de la population catholique, du petit peuple calviniste et, seulement en partie, par la lutte consciente de la partie socialiste du prolétariat. Ainsi se formèrent dans le dernier quart du 19è siècle et le premier quart du 20e les puissants partis protestants, catholiques, et en opposition, le parti social-démocrate. Du début de ce siècle jusqu'a la 2è guerre mondiale, la bourgeoisie hollandaise règne par l'intermédiaire de la coalition confessionnelle. Le confessionnalisme se base sur un système d'organisations englobant toute

Hollande

Hollande

Q U AT E M E IN la vie sociale, à l'exception de l'usine. Mais cette exception n'existe pas pour les deux provinces méridionales du pays, le Brabant et le Limbourg néerlandais, des régions tout à fait catholiques, ancien territoire occupé et opprimé par le nord, maintenant fortement peuplé et industrialisé. Dans ces deux provinces, le capital et le clergé ont pu très longtemps maintenir monolithisme culturel et politique inconnu dans d'autres pays de démocratie bourgeoise.

L'ancien système de gouvernement par la coalition calviniste-catholique fut définitivement abandonné en 1945 : pendant les sept années suivantes, une coalition dite « rouge-romaine » (PS et Parti catholique) règne. Sur le terrain syndical. il y avait une alliance formelle entre les trois syndicats « responsables ». le NVV (réformiste), et les syndicats catholique et protestant. Leur amitié était basée sur la peur commune du syndicat EVC, influencé par les staliniens, formé en 1945. et qui pendant quelques années canalisa les luttes de classe d'après-guerre.

Le déclin du EVC a sapé les bases de cette étroite collaboration et, en fait, les ouvriers déçus du EVC s'organisent à nouveau dans le NVV ; ce syndicat est à nouveau devenu une force de la classe ouvrière. Aussi le résultat des élections de 1952, mettant en danger tout l'équilibre politique, sur laquelle se basait la coalition réformiste-romaine fut-il important.

L'aggravation de la situation économique par la pénurie de matières premières.

à la suite de la guerre de Corée, avait amené le gouvernement à abaisser notablement le niveau de vie des masses

(officiellement de 5 %). Les syndicats l'acceptèrent. La réponse électorale fut inattendue : les ouvriers industriels nonsocialistes, parmi lesquels un très grand pourcentage dans les centres industriels du fief papal méridional, se tournèrent contre le parti gouvernemental catholique, et renforcèrent son allié réformiste, espérant ainsi imprimer un cours plus favorable pour les salariés. A la grande surprise et au grand embarras des bonzes, ceci signifiait la fin de facto de la trêve entre les syndicats, entre les partis, qui justement disait qu'on ne s'attaquerait pas à la base des autres. La logique de classe est implacable. Les élections ayant tellement renforcé le PS, les autres demandèrent des garanties plus grandes pour un cours droitier ; c'est pourquoi au gauchissement de la population répondit un gouvernement plus droitier ainsi se formait en 1952 la grande coalition, englobant aussi bien la coalition d'avant guerre (protestante-catholique)

que la coalition d'après guerre (réformiste-catholique) ; dans cette situation, les syndicats eux aussi demandèrent des garanties et, pour la première fois dans l'histoire hollandaise, des représentants des syndicats entrèrent dans un gouvernement. accentuant son caractère hybride, fantastique.

Malgré la stabilisation économique qui

T E RNATIONALE suivit les élections de 1953 et de 1954 n'apportèrent que peu de consolation aux partisans du statu quo, capitalistes et réformistes : en général les gains socialistes dans le sud se sont stabilisés au niveau de 1952, ne reculant que très peu, malgré l'intervention trís claire du Cardinal, lors du centenaire de la restauration de la hiérarchie catholique aux Pays-Bas.

Vint le mandement. Seuls les organes les plus réactionnaires l'ont applaudi ; parmi eux, il faut signaler le parti orthodoxe calviniste, oubliant devant l'ennemi de classe terrestre que l'épiscopat est l'incarnation du diable. Ce parti, d'ailleurs, est depuis 1952 représenté au gouvernement...

Pour les bonzes réformistes, tout ce développement est tragique. En 1945, ils avaient liquidé formellement l'ancien parti social-démocrate ; et formé un nouveau parti, en fusionnant avec de petits groupes capitalistes, catholiques et protestants. Ils proclamèrent une idéologie toute nouvelle, qui caractérisa la propagande du parti depuis la fin de la guerre: l'idéologie dite «doorbraak » (percée). Etant donné que la lutte de classe n'existe plus, continuent-ils à dire, le parti socialiste n'a rien à faire avec la classe ouvrière, c'est le parti du peuple entier, aimant la démocratie la justice et, bien sur. le progrès. Etant donné que les chrétiens sont pour la justice, parce qu'ils sont des chrétiens, eux aussi sont des socialistes, si seulement ils sont progressifs.

Les petits groupes de politiciens carriéristes de provenance catholique et protestante faisaient des carrières fantastiques dans le parti et l'Etat, à condition de se montrer des fils très fidèles de leurs dieux respectifs La pénétration de la réaction dans le PS fut tellement profonde.

que cette idéologie officielle disait que le vrai chrétien doit choisir, bien sür, sur le plan politique pour le parti socialiste, mais sur le plan culturel, de radio-diffusion, de presse, d'éducation, d'organisation de jeunesse, ete. etc., il fallait promouvoir ses «propres» organisations...

(Ceci,d'ailleurs,a amené depuis 1945 d'anciens sociaux-démocrates à ne pas s'organiser dans le parti, et à borner leur activité aux anciennes organisations syndicales, culturelles, de radio-diffusion, ete. dont le lien officiel avec le parti fut rompu en 1945).

Les bonzes se défendent, bien sûr, contre le mandement ; ils le font au nom de la démocratie (liberté de presse, de parole, ete.), ce qu'on comprend dans le pays, et au nom du fait qu' ls sont des organisations défendant le christianisme, ce qui reste, malgré les bons efforts des dirigeants, idiots et ne convainc personne.

La réaction la plus spectaculaire jusqu'à maintenant, a été la décision du

NVV (syndicat réformiste) de rompre le pacte formel qui le liait aux organisations syndicales catholiques et protestantes.

parce que ces syndicats confessionnels ont déclaré qu'ils soutiennent l'épiscopat

UA TRIEME INT quand celui-ci dit que le NVV a un climat anti-chrétien. Ceci a fortement blessé les bonzes... En même temps, ils déclarent soutenir et continuer la politique sociale « responsable ». qu'iis ont eue dans les années passées. Leur opposition aux autres centrales est purement morale... Dans le gouvernement, où cette morale n'existe pas, la coalition est maintenue avec la participation du ministre-bonze syndical.

Tel est pour le moment le climat politique ; sous des formes théologiques, morales, s'annonce la fin de la période transitoire, commencée en 1952 par les votes ouvriers. Le climat dans le socialdémocratie se radicalise sous l'effet de

ERNATIONALE ces événements, et l'attaque cléricale a même fait affluer de nouveaux adhérents et ramené d'anciens vers les organisations socialistes. La rupture du pacte syndical rend plus facile l'organisation des ouvriers du sud dans le NVV. malgré la prohibition épiscopale, parce qu'elle tend à liquider la prohibition de la part de l'appareil réformiste. Aux ouvriers conscients, qui comprennent que le regroupement ouvrier se fait par les organisations réformistes, malgré les peines morales de leurs chefs, revient la tâche d'œuvrer hardiment à l'organisation de ceux qui ont voté pour le PS et au développement du courant radical qui commence à se dessiner.

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