Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › vol. 12, n° 1-2

Nouvelles du mouvement ouvrier et de l'Internationale

Quatrième Internationale, vol. 12, n° 1-2 · janvier-février 1954 · p. 62-72 · 7 220 mots

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Le 14 Plenum du Comité Exécutif International prépare le 4° Congrès Mondial

Le 14 Plenum du Comité Exécutif International s'est réuni en décembre 1953. Il s'est occupé principalement de la situation dans l'Internationale et de la préparation du 4ª Congrès Mondial.

Nos lecteurs trouveront plus loin dans ce numéro de Quatrième Internationale les décisions relatives au premier point.

En ce qui concerne le Congrès Mondial, le 14° Plenum a décidé sa convocation définitive pour l'été 1954. Ce congrès est ouvert à tous les trotskystes qui acceptent la discipline de la V° Internationale en tant que Parti mondial

La situation dans

Une scission vient de se produire au sein de la IV° Internationale et du mouvement qu'elle influence.

La majorité de l'organisation trotskyste américaine, le S.W.P., conduite par J. Cannon, a commis les deux actes suivants : Texpulsion de l'organisation du tiers de celle-ci, représentant la plus grande partie de sa base ouvrière, et la dénonciation dans une « Lettre ouverte » publiée le 16 novembre 1953 dans le Militant de la direction « pabliste » de l'Internationale qui « capitule devant le stalinisme ». Elle fut suivie du groupe trotskyste suisse et d'une minorité de l'organisation trotskyste anglaise.

L'écrasante majorité des sections de l'Internationale — Allemagne, Angleterre (majorité). Argentine, Autriche, Australie. Belgique, Bolivie, Brésil. Canada, Ceylan. Chili, Chypre. France, Grèce Hollande, Italie, Pérou, Vietnam, Uruguay, etc. - consultées jusqu'à présent a repoussé avec indignation l'action criminelle des scissionnistes et affirmé son attachement indestructible à l'Internationale

Nous publions ci-dessous la résolution adoptée à l'unanimité par le 14° Plenum du Comité Exécutif International qui s'est réuni en décembre 1953, sur les causes et les enseignements de la crise provoquée par la tendance J. Cannon. Ce même Plenum a adopté le texte d'une réponse détaillée à la Lettre ouverte des seissionnistes, que nous espérons publier prochainement aussi dans Quatrième Internationale.

Il est arrivé au trotskvsme ce qui s'est passé souvent dans l'histoire avec les continuateurs des doctrines et écoles, les uns transformant les écrits anciens du Maitre en lettre morte ou mal comprise, en schémas périmés, en analy62 centralisé. Il sera en outre ouvert à une série de personnalités du mouvement révolutionnaire mondial se rapprochant actuellement de la IVe Internationale et qui y assisteront en tant qu'observateurs.

La presse de l'Internationale est invitée à donner dès maintenant la plus grande publicité à la préparation et à l'importance de ce Congrès.

Il apparaît d'ores et déjà qu'il réunira un nombre de délégués du mouvement trotskyste international encore plus élevé que celui du 3ª Congres Mondial. P'Internationale ses dépassées, les autres tenant avant tout à l'esprit de sa pensée et continuant à travailler, c'est-a-dire • analyser la nouvelle réalite mouvante, avec sa méthode et dans le cadre de ses principes.

Pour nous contenter d'exemples rela tivement récents dans l'histoire et familiers aux marxistes, rappelons les deux tendances issues d'Hegel après sa mort : le marxisme révolutionnaire et le marxisme émasculé issu de l'œuvre de Marx après sa mort; la lutte de Trotsky au lendemain de la mort de Lénine contre les « traditionnalistes » épigones, déformant l'esprit révolutionnaire profond du léninisme.

Il était après tout fatal qu'une crise pareille éclate au sein du mouvement trotskyste international placé devant les bouleversements colossaux survenus depuis 1938 dans le monde, exigeant de nouvelles analyses dans tous les domaines et des rajustements nécessaires, aussi bien en théorie qu'en pratique.

Dans ce renouvellement du trotskysme, compris avant tout comme l'unique expression du marxisme révolutionnaire appliqué à notre époque, les forees de tradition, de routine et de conservatisme ont pesé davantage sur les parties du mouvement trotskyste soumises aux plus fortes et plus hostiles pressions de classe et les plus éloignées, par des conditions objectives adverses d'une fusion réelle avec les masses révolutionnaires montantes. C'est ce qui explique pourquoi l'épicentre de la crise actuelle se situe aux Etats-Unis, citadelle actuelle de la réaction mondiale et base principale de la guerre contre-révolutionnaire que prépare l'impérialisme.

Il est d'autre part significatif que cette crise se soit précipitée et manifestée à

T l'occasion de la nouvelle évolution de I'U.R.S.S. depuis la mort de Staline et de la pression que les masses sovietiques, aidées par la jonction des progrès révolutionnaires internationaux et des progrès économiques et culturels accomplis en U.P.S.S. même, exercent avec un succes croissant sur la bureaucratie.

Celle-ci cherche manifestement un nouveau palier d'équilibre afin de prolonger son règne et de maintenir l'essentiel de ses privilèges, en lâchant du lest et en octroyant une série de concessions aux masses.

Une partie de « vieux » trotskystes • orthodoxes », loin d'être à la pointe de la compréhension de ces changements qu'il fallait normalement attendre et saluer comme signifiant la rentrée en scène du prolétariat soviétique, et loin de trouver dans cette évolution de nouvelles et puissantes raisons pour affermir l'optimisme révolutionnaire quant à l'inévitable victoire prochaine des idées fondamentales du trotskysme, des idées de la IV° Internationale, se cabre, recule meme, et s'obstine dans un conservatisme sectaire, à la fois lamentable et lourd de conséquences. En effet une telle attitude ne signifie pas une faillite théorique, mais infléchit en seulement pratique la politique de cette tendance vers des positions sectaires et même carrément réactionnaires envers TU.R. S.S., les Partis communistes et les mouvements de masse dirigés par les staliniens.

Les effets désagréables de cette crise

Le 14' Plenum du COMITE EXECUTIE DE LA IVe INTERNATIONALE. après avoir longuement discuté de la crise ouverte par la fraction cannoniste dans l'Internationale, constate :

1. - Que cette crise a eu comme origine immédiate le refus justifié de la direction internationale, du S.I. en particulier, de donner carte blanche à la direction majoritaire du S.W.P. pour écraser la minorité avec l'accord tacite de l'Internationale, avant que la discussion politique ait révélé pleinement le fond des désaccords politiques, et même indépendamment de ceux-ci. Cette manière d'agir est au fond de la conception organisationnelle de la fraction cannoniste, aussi bien en ce qui concerne sa propre organisation que l'Internationale. Elle consiste à considérer son règne majoritatre dans son organisation comme consacré une fois pour toutes, et le rôle de l'Internationale comme celui d'un allié sans principe de cette direction consacrée. Elle représente ainsi en dernière analyse une conception bureaucratique de clique et une négation complète du caractère de l'Internationale en tant que Parti mondial centralisé ayant une ligne principielle aussi bien dans le do-

ERNATIONAL E sur l'ensemble du mouvement de la IV* Internationale sont indiscutables. Mais ceux qui s'empressent d'en déduire la « fin », la « dislocation » de l'Internationale peuvent patienter infiniment avant de savourer cette joie.

Placé dans les conditions d'une exceptionnelle importance, jamais égalées dans le passé, qui caractérisent la veille de batailles de classe décisives pour la victoire mondiale du socialisme, le mouvement ouvrier tout entier connait actuellement d'inévitables reclassements, différenciations et crises. Qu'on regarde ce qui se passe dans le camp stalinien, en U.R.S.S., dans les « Démocraties populaires », dans les différents Partis communistes, ou chez les Yougoslaves avec le cas Djilas, ou chez les différentes tendances mineures, en profond désarroi idéologique et organisationnel : POUM, brandlériens, shachtmanistes, ete.

Comme l'a dit avec justesse la réponse du 14• Plenum du C.E.I. de la IV" Internationale :

* Après avoir passé par lépreuve de Hitler et de Staline, la IV° Internationale ne peut etre ni détruite ni affaiblie sérieusement. S'enracinant dans le mouvement oworier réel de tous les pays forte de son sans pareil ton politiqu d'envergure programme révolutionnaire d'une capacité d'élaborafaits confirmée par des historique, elle abordera lavenir de Jacon sereine et assuree, contamcue que la victoire de la Revolution internationale coincidera avec sa vietoire propre * maine politique qu'organisationnel, Parti dans lequel se fondent les organisations nationales.

2. — L'arrière-fond cependant de cette crise est politique. Cela veut dire que, même au cas où l'Internationale se serait alliée à la majorité dans sa lutte sans principe contre la minorité, il y aurait eu alors très probablement une période de « paix » plus longue entre cette majorité et l'Internationale, mais les divergences politiques de fond n'auraient pas pour autant été réellement éliminées. C'est-à-dire qu'il y aurait eu en réalité dans ce cas tout au plus un compromis tacite, la majorité américaine interprétant à sa manière la ligne de 1 Internationale et l'appliquant à sa manière aux Etats-Unis, l'Internationale fermant les yeux sur cette conduite et se contentant de gérer son • propre » domaine : celui en dehors des EtatsUnis.

La crise actuelle projette en avant les conceptions sectaires dont la direction majoritaire du S.W.P. est imprégnée, celle-ci subissant manifestement d'autre part la pression du climat réactionnaire regnant actuellement aux Etats-Unis. Partie en 1946 sur des perspectives qui

Résolution sur les causes et les enseignements de la crise dans l'Internationale

(Extraits)

Résolution sur les causes et les enseignements de la crise dans l'Internationale

(Extraits)

QUATRIEMEIN se sont avérées erronées, d'une montée parallèle du mouvement ouvrier américain par rapport à celle du mouvement ouvrier dans les autres régions du monde, cette direction n'a pas su se réadapter en route à l'évolution réelle de la situation aux Etats-Unis. D'autre part, au fur et à mesure que cette situation s'empirait, évoluant diamétralement à l'opposé de la situation dans le reste du monde, elle faisait peser sur la direction lu S.W.P. une pression réactionnaire qui a diminue sensiblement ses capacites de compréhension et de réorientation dans la situation internationale. Tout ceci l'a amenée en définitive à trahir objectivement la cause de l'Internationale et à faire éclore et épanouir dans son sein un ensemble d'idées politiques et organisationnelles de caractère sectaire, social-démocrate et capitulard devant la pression impérialiste.

L'évolution sectaire et rétrograde de la direction majoritaire du S.W.P. peur se résumer dans les derniers temps dans ses conceptions concernant la perspective et la tactique aux Etats-Unis ainsi que dans sa manière de concevoir la révolution internationale à l'étape actuelle et la place de la question de I'U.R.S.S. et du stalinisme dans cette dernière.

Sur le plan de l'appréciation de la situation actuelle aux Etats-Unis et de ses perspectives, cette direction est fondamentalement entraînée par l'idée — qu'elle avance tantôt directement, tanfôt avec quelque gêne — d'une précipitation, toujours à court délai de la crise révolutionnaire dans le pays qui boule versera de fond en comble les données actuelles nationales et internationales Cette appréciation et cette perspective permettent de croire ou de faire croire que les cadres trotskystes déjà formés joueront alors enfin pleinement leur rôle à la tête des masses affluant directement vers le noyau trotskyste actuel. D'autre part, une telle perspective court délai ferait réellement de la révolution américaine le centre de la révolution internationale et minimiserait automatiquement et à juste titre tous les succès révolutionnaires obtenus jusqu'ici ailleurs. La question du stalinisme se trouverait d'autre part aussi automatiquement réglée par la perspective de la victoire prochaine et directe du trotskysme aux Etats-Unis.

3. - Naturellement il s'agit là d'une appréciation et d'une perspective fond en comble erronées, qui faussent aussi bien la tactique aux Etats-Unis que l'évaluation et l'optique de la situation internationale. Aussi longtemps que les trotskystes américains n'accepteront pas la réalité actuelle dans leur pays et ne comprendront pas que l'irruption révolutionnaire du prolétariat américain ne saurait être que le résultat de coups infiniment plus importants que quelques mouvements grévistes qui se maintiennent sur le niveau revendicatif, quelques initiatives et quelques réactions politiques de caractère libéral démocrate 64

TERNATIONALE et non prolétarien, ou qu'une petite cession économique mais non d'une véritable crise économique majeure, tiront sur le sable. Seuls les coups résultant d'une crise économique majeure ou d'une guerre ébranleront sérieusement les assises actuelles de la puissance relade l'impérialisme américain. y a tout lieu de croire que c'est encore à la suite de la guerre qu'on assistera à la véritable irruption révolutionnairo du prolétariat américain, la bourgeoisie réactionnaire précipitant cette issue plutôt que de se laisser prendre dans l'étau catastrophique d'une économique majeure. En attendant, c'est la progression de la révolution mondiale qui sape cette puissance, prépare et fait empirer les conditions dans lesquelles eclatera la crise révolutionnaire majeure future.

Historiquement la révolution américai ne apparaît comme devant se classer très probablement en tant que le chainon final de la révolution mondiale et non comme un de chaînons prochainement accessibles.

D'autre part, la préparation d'une lutte quasi inévitable des forces révolutionnaires dans le reste du monde contre le dernier bastion de la réaction - l'impérialisme yankee - doit être librement acceptée, avec toutes ses conséquences.

4. - De toutes ces considérations découlent des tâches nationales et internationales précises pour trotskystes américains. Sur le plan national. tactique à l'étape actuelle doit être souple et orientée vers une activité pratique de leurs forces dans tous les milieux politiquement vivants qui polarisent des masses ouvrières. Ceci afin d'éviter la sclérose consécutive à un isolement prolongé et de faciliter à la fois la progression des meilleurs éléments et courants de ces milieux vers des positions prolétariennes, de classe, et notre propre fusion avec les véritables tendances de gauche qui se développeront dans l'avenir, par des canaux et sous des formes diverses.

C'est dans le processus d'une telle fusion avec des forces révolutionnaires les plus larges de la classe qui n'ont pas eu encore l'occasion d'éclore, que formera à travers une série de phases et de formes, encore imprévisibles, le véritable Parti révolutionnaire de masse de demain.

En ce sens, le mot d'ordre de la formation d'un Labor Party basé sur les syndicats doit être au centre de la propagande actuelle des trotskystes en tant que forme concrète, et de loin la plus probable, d'éveil politique et de polarisation organisationnelle de la tendance prolétarienne pour toute une période, et en tant que moyen concret pour combattre tant soit peu efficacement, comme Il est impérieux de le faire, la politique de réaction et de guerre de l'impérialisme américain.

Sur le plan international les trotskystes américains doivent se faire valoir comme les meilleurs défenseurs aux

Etats-Unis des conquêtes et des forces révolutionnaires dans le monde sous quelque forme qu'elle soient : U.R.S.S., Chine et autres Etats anticapitalistes, révolution coloniale. Ils doivent dénoncer et lutter contre les préparatifs de guerre de l'impérialisme américain, non en général mais concrètement, en tant que préparatifs dirigés contre Y'U.R.S.S., les autres Etats anticapitalistes, la Révolution coloniale et la Révolution sous toutes ses formes. Ils doivent se fondre réellement dans le Parti mondial de l'Internationale, chose qui seule du reste leur permettra, ainsi qu'à toute autre section de faire victorieusement face aux pressions hostiles, et de les maintenir dans une correcte ligne de classe.

5. - Le soi-disant optimisme de la direction majoritaire du S.W.P. concernant la situation actuelle aux EtatsUnis s'avère se traduire pratiquement par un sectarisme sur le plan national. et une incompréhension et un esprit de défaitisme sur le plan international.

Elle est obligée d'avancer chaque fois le mot d'ordre du Labor Party mais au fond d'elle-même elle caresse l'idée que cette voie n'est nullement indispensable, la voie * la plus probable » restant celle de l'afflux direct des masses au S.W.P. (Voir entre autre la lettre de Cannon à Warde du 2-7-1953, et le discours final de Dobbs au Plenum de mai 1953).

D'autre part, dès que la minorité fut exclue et la rupture accomplie avec l'Internationale, cette direction reniant d'un trait de plume toute sa lutte contre le « pessimisme de la minorité » a sonné l'alarme sur le danger fasciste aux Etats-Unis, & plus grand qu'en 1939 », qu'elle découvre subitement dans le mac. cartysme.

Sur le plan international elle met l'accent sur la « menace de barbarie », le danger accru d'une restauration du ca-

TERNATIONALD

Le groupe Bleibtreu en France, qui devient du coup le leader idéologique de la fraction internationale des cannonistes, a clairement manifesté son caractère à la fois sectaire et aventurier par rapport au réel mouvement des masses en France.

La direction suisse, outre ses positions extravagantes sur toutes les questions et son opposition systématique à la politique de l'Internationale depuis la guerre, a réursi à camoufler si bien son activité dans le réel mouvement de masses de son pays, que ni le mouvement dirigé par les sociaux-démocrates, ni les divers mouvements a direction stalinienne, n'ont eu à s'en inquiéter tant soit peu sérieusement.

Le groupe Burns en Angleterre retombe dans les traditions sectaires et antiinternationales foncières du WI.L.

La coalition des éléments et des groupes de la fraction canoniste n'est pas basée sur une plate-forme principielle mais sur un fond commun de sectarisme par rapport au mouvement réel des masses, et le rejet pratique commun du caractère double et contradictoire de I'U.R.S.S. et du stalinisme. Ceci est clairement manifesté en outre par les « principes du trotskysme orthodoxe » formulés dans la déclaration du soi-disant • Comité de la IV" Internationale.». Ils consistent en effet dans la répétition pédante des vérités premières du Manifeste Communiste sur le Capitalisme et le Socialisme plus une prise de position sommaire, sectaire et mécanique envers la question du stalinisme, qui nie tout l'acquis de l'Internationale dans ce domaine et ne peut que désarmer de nouveau completement notre mouvement.

Par rapport à l'idée, à la structure et au fonctionnement de l'Internationale en tant que Parti mondial centralisé, tous ces éléments et groupes se distinguent alamente par une rébellion commune contre une telle conception, et lui opposent pratiquement celle d'une union fédérative, une sorte de Bureau de • liaisons et échanges idéologiques » laissant à chacun en fait pleine autonomie et liberté d'action.

7. — L'existence de ces éléments et groupes dans l'Internationale était et reste cependant possible, à condition de respecter la discipline et les règles de fonctionnement de l'Internationale en tant que Parti mondial centralisé.

A l'encontre de la conception cannoniste du Parti et de l'Internationale qui devant des divergences politiques efface l'importance du cadre organisationnel de l'Internationale, supprime toute règle organisationnelle, ramène toute divergence • aux principes fondamentaux », qualifie « d'ennemis de classe » toute opposition, et mène ainsi dès le début une lutte d'extermination aboutissant fatalement à la scission, l'Internationale, fidèle au véritable esprit de l'enseignement de Lénine et de Trotsky dans ce domaine, reste toujours ouverte à tous les éléments et tendances qui respectent sa pitalisme en U.R.S.S. gré tout limitée de noise, de la guerre autres conquêtes et rialistes, et sur la périalisme que nous Elle fait dependre 1 tionnaire de la situ l'existence préalable l'importance malla Révolution chide Corée et des victoires anti-impépuissance de l'im« sous-estimons » a caractère révoluation objective de ou non des partis trotskystes de masse, et dans l'ensemble elle revise pratiquement dans un sens opposé l'évaluation du rapport des forces global, tel que le 3ª Congrès Mondial l'a faite et sur laquelle se basent fondamentalement depuis lors la politi que de l'Internationale et ses conclusions tactiques.

6. - Les prolongements internatio naux de la fraction cannoniste englobent lee éléments et les tendances sec talres traversant notre mouvement qui se sont développées à la suite de notre Isolement prolongé des masses et qui ont subi sans comprendre et assimiler aussi bien le sens des changements fondamentaux survenus dans la situation d'aprèe-guerre, que la politique de l'Internationale correspondant à ces changements et à la situation nouvelle.

QUATRIEM E IN discipline et ses règles de fonctionnement, tout en leur accordant pleins et véritables droits dans son sein.

La politique et la direction de l'Internationale sont déterminées par le libre jeu de la discussion et des décisions démocratiquement prises à la majorité de En décembre 1953 s'est tenue une Conférence des sections latino-américaines de la IV avec la participation d'un représentant de la direction de l'Internationale. Cette Conférence a consacré une partie importante de ses travaux à l'étude de la situation actuelle en Amérique latine. Nous reproduisons ci-dessous la résolution politique adoptée par la Conférence à la suite d'une discussion qui a témoigné de la progression politique des sections de la IV: Internationale de cette partie du monde, se traduisant noRésolution politique adoptée par

Après discussion de la situation dans les pays d'Amérique latine, la Conférence souligne que l'on observe les caractéristiques suivantes, sous des formes diverses et à des degrés différents :

a) la pression de l'impérialisme - notamment l'impérialisme yankee — s'accentue, les difficultés économiques s'aggravent ; b) les gouvernements, particulièrement ceux qui, pour arriver au pouvoir et s'y maintenir, se sont appuyés sur un mouvement de masses, orientent fortement leur politique vers la droite et se subordonnent de plus en plus à l'impérialisme. L'impossibilité de la part des bourgeoisies nationales à maintenir leur opposition à l'impérialisme dans le processus actuel de préparation à la guerre, donnera une expression de plus en plus claire à la tendance de l'impérialisme des U.S.A. à coloniser l'Amérique latine.

o) le divorce entre les gouvernements que les masses ont portés au pouvoir et ces masses prend actuellement de la part des masses la forme d'un détachement qui tend à s'accentuer. Avant que se produise une rupture complète, il est possible que se produisent des tentatives de pression de la part de ces masses en vue de freiner l'évolution de ces gouvernements.

d) au sein de l'avant-garde se manifeste la recherche de solutions politiques à la situation actuelle et à ses perspectives. Le 3 Congrès Mondial avait indiqué que les premiers pas effectués par les masses récemment incorporées à l'industrie avaient été exploités au bénéfice des bourgeoisies indigènes, mais que le mouvement de ces masses était de la plus grande importance pour le développement révolutionnaire de l'avenir. Nous sommes actuellement entrés dans une nouvelle étape de politisation de ces

TERNATIONALE ses Congrès mondiaux et des Plenums du C.E.I. Quiconque quitte l'Internationale dans ces conditions démontre simplement qu'il refuse de se soumettre à la volonté et aux décisions de la majorité du mouvement international.

Décembre 1953. tamment par une meilleure compréhension de la marche du mouvement ouvrier dans ces pays.

La Conférence a adressé son salut aux travailleurs de Bolivie et les sections se sont engagées à faire le maximum d'efforts de solidarité envers la révolution bolivienne et le P.O.R. (section bolivienne de la IV• Internationale).

La Conférence a également pris des décisions d'organisation relatives à la coordination de l'activité des différentes sections latino-américaines. la Conférence latino-américaine masses qui aura tendance à acquérir un niveau de plus en plus eleve au cours des prochaines années.

Il est possible de considérer ce phénomène de politisation sous deux aspects dialectiquement liés :

— D'une part les grande masses poursuivent leurs expériences dans le cadre de leurs organisations créées pendant la période antérieure.

- D'autre part parmi les éléments po. litisés qui constituent l'avant-garde se développera un processus de clarification et de lutte politique pour conquérir la direction des masses.

Il est impossible de conquérir la direction des masses sans travailler dans leur sein et sans disposer de forces d'avant-garde relativement importantes. Il est impossible de triompher dans l'avant-garde sans réaliser un travail au sein des masses et sans mener une lutte théorique et politique contre tous les courants centristes, opportunistes, staliniens, etc.

Par conséquent la tâche des sections latino-américaines dans la période actuelle consiste à :

a) continuer la politique d'intégration dans le mouvement des masses ; b) organiser la lutte théorique, politique et organisationnelle au sein de l'avant-garde.

Il ne faut confondre en aucun cas les pas, si minimes soient-ils, que font les masses, avec les évolutions que peuvent réaliser les couches les plus politisées et plus spécialement leurs directions.

Tout pas des larges masses, si petit soitil, même s'il se réalise confusément, est positif. Au contraire les directions sensibles à la fermentation des masses cherchent à l'utiliser à leur profit et leurs évolutions - qui seront probablement nombreuses - contribuent rarement à

Une Conférence des sections d'Amérique latine

Une Conférence des sections d'Amérique latine

UATRIE éduquer les masses conquête du pouvoir

Notre parti, pour

M E

IN T sur la voie de la renforcer ses liens

ERNATIONALE férents secteurs ou courants politiques au sein de l'avant-garde.

Sur le plan organisationnel, nos secmasses, se joint à toute action el même quand ces actions ont objectifs illusoires. Mais la participation ces actions doit se faire en rte, sans la moindre identification avec avec ces objectifs utopiques. Le eduque les masses sur la nécessité parti ouvrier, d'une lutte pour un gouvernement ouvrier et paysan et d'une lutte pour une Fédération socialiste des nations • latino-américaines comme seule innue véritable à la situation.

Nos sections ne préjugent pas les formes d'organisation que peut prendre le mouvement des masses en voie de politisation. Nos sections chercheront les formules d'organisation qui peuvent trouver le plus grand écho. tant dans les traditions que possède le mouvement de ces pays que dans les expériences effectives de la classe.

La lutte théorique et politique contre tous les courants qui se manifestent dans l'avant-garde doit être menée de manière implacable, indépendamment de la force numérique et organisationnelle de ces courants. Il ne faut pas considérer seulement le poids d'un courant par rapport à l'ensemble de la classe ouvrière. Il est toujours nécessaire de mesurer correctement les poids respectifs des diftions doivent être prêtes aux tactiques les plus variées et les plus souples en tenant compte des organisations et courants qui peuvent se constituer. Au cas où se pose la question de l'entrisme dans une formation politique, cet entrisme ne doit pas nécessairement être assimilé à celui qui se réalise dans les P.C. ou P.S. de masse. Cet entrisme, dans de nombreux cas, aura des objectifs du type de l'entrisme d'avant-guerre, a savoir : rentorcer les novaux revolltionnaires ou empêcher la constitution relativement durable d'une direction centriste.

**

•La Conférence charge les organismes nommés par elles d'étudier en collaboration avec les directions nationales les formes concrètes de construction des partis révolutionnaires.

La Conférence charge ces organismes de soumettre ces observations et leur application a la discussion pour le prochain Congrès Mondial, afin de permettre de préciser plus particulièrement la partie relative au travail indévendant dans le document sur la construction des partis révolutionnaires.

Uruguay

Congrès de la Ligue Ouvrière Révolutionnaire

Au début de Janvier 1954 s'est tenu le Congrès de la Ligue Ouvrière. Révotention uruguayenne de In IV Internationale). Y participèrent plus de 30 camarades

Le Congrès entendit un rapport sus la situation internationale ainal que aus in situation la IV' Internationale. Il entendit également un rapport sur situation Internationale qui donna leu a 1130 ample discusaton. La polltination des masses commence par se faire profit des vieux partis (P.S. et P.C), en même temps que se fait sentir un 303rant unitaire. Un rapport particulier sur la question syndicale montra comment ce sentiment unitaire se manifestait dans les syndicats. Le Congris cétermina les taches de la L.O.R. dans ces conditions.

Le Congrès marqua le renforcement de l'organisation et de sa cohésion.

Bolivie

Nouvelle vague de radicalisation des masses

Sur la base de la détérioration continue du niveau de vie des masses et de soumirzion grandissante à l'impérialisme yankee et à la réaction de l'aile droite du M.N.R. qui contrôle le gouvernement, les masses révolutionnaires, ouvrières et paysannes, défendent par une nouvelle vague de luttes les conquêtes de la Révolution et reprennent leur marche en avant.

Les grèves ouvrières multiples éclatent à nouveau afin de revaloriser le pouvoir d'achat des masses durement atteint par l'inflation accélérée.

Lors du putsch réactionnaire de la Phalange en novembre dernier, les mineurs de Llallagua et de Hulacayo ont marché spontanément, armés de fusils et de mitraillettes, sur Oruro, débordant leurs directions inactives. Un camarade du P.O.R. (section bolivienne de la IV Internationale) a dirigé les mineurs de Lllallagua, avec le grade de commandant.

A Cochabamba, ce furent 20 militants trotskystes qui ont organisé la résistance contre les putschistes et se battirent avec l'aide de centaines d'autres ouvriers mobilises par eux contre les phalangistes. Bientot des milliers de paysans armes entrèrent dans la ville et exterminèrent jusqu'au dernier les insurgés réactionnaires qui n'avaient pas réussi à s'échapper.

Le gouvernement n'ose pas interdire formellement le P.O.R. et ses organes, mais il exerce là où il le peut de multiples pressions pour entraver son activité et la diffusion de sa precse. Lucha Obrera parait ainsi tantôt imprimée, tantôt ronéotypée. A Llallagua, des sbires du gouvernement, policiers et civils, ont voulu empêcher la diffusion du journal. La population est intervenue pour les chasser.

Le P.O.R. prépare sa XI Conférence nationale et accentue sa lutte pour le Gouvernement ouvrier et paysan, et son programme.

Voici à ce propos le manifeste qu'il vient d'adresser aux travailleurs boliviens à loccasion de la nouvelle année :

Nos vœux de nouvel an pour les travailleurs

Au seuil de l'année 1954, le PARTIDO - faire échec à la libération des peuples

OBRERO REVOLUCIONARIO salue et encourage tous les travailleurs qui, dans les mines, les bureaux, les usines et à la campagne, constituent la force motrice de la révolution commencée le 9 avril grâce à leurs efforts et à leurs sacrifices,

L'année 1954 qui pointe est certes obscurcie par la perspective de la troisième guerre mondiale que les impérialistes préparent sous la direction de l'impérialisme yankee dans leur tentative de

Dans la montée révolutionnaire du mouvement ouvrier, la revolution bolivienne joue en Amérique latine un rôle de premier plan. Son triomphe est lié aux victoires des masses révolutionnaires luttant partout dans le monde. Conscient de l'importance de la révolution bolivienne, l'impérialisme a fait sentir sur la Bolivie tout le poids de sa pression économique et obtenu du gouvernement MIN.R. au'il fasse un profond virape à droite qui se manifeste dans une politique économique pro-capitaliste ; dans un accroissement de l'exploitation des travailleurs pour le plus grand pro-

La politique droitière du gouvernement se heurte aux sentiments des masses et ouvre un larpe fossé séparant, bien ou'à des degrés divers. celles-ci de la direction netite-bourgeoise dans laquelle elles avaient cru et continuent à croire dans une certaine mesure. Cette évolution se manifeste dans des faits comme la résistance exprimée par les mineurs de Llallagua à la répression contre le P.O.R., 68

-!!

coloniaux et semi-coloniaux luttant pour briser les chaînes de l'exploitation. Mais ces préparatifs de guerre se font à un moment où l'impérialisme est assailli par la montée révolutionnaire des masses travailleuses dans le monde entier. Si la guerre était déclenchée dans un tel rapport de forces défavorable à l'impérialisme, elle serait le tombeau des exploiteurs ; la révolution que cette guerre appellera libérera les peuples d'un bout à l'autre du monde. fit des exploiteurs; dans une politique étrangère pro-impérialiste; dans les tractations passées avec les Etats-Unis : dans la tentative de maîtriser le mouvement ouvrier par l'assistance gouvernementale dont sont gratifiés les bureaucrates syndicaux; dans les tentatives de scinder les syndicats qui échappent à leur contrôle et d'enrégimenter les travailleurs et la population en général dans les rangs du M.N.R. en les obligeant à y adhérer soit sous la menace de licenciements, nation dans la distribuan des denies soit par une discrimialimentaires. et dans des actions indépendantes des masses paysannes qui veulent, comme à Belen, maintenir et élargir leur occupation des terres. Elle se manifeste également dans la résistance de plus en plus grande des bureaucrates syndicaux maniés par les sphères gouvernementales. contre les efforts de la base syndicale qui veut faire passer sa propre politique ouvrière, imposer dans le textile le sa-

LE VIRAGE DROITIER DU GOUVERNEMENT

LA RADICALISATION REVOLUTIONNAIRE DES MASSES

LE VIRAGE DROITIER DU GOUVERNEMENT

LA RADICALISATION REVOLUTIONNAIRE DES MASSES

UATRIEME SIN T faire minimum de 1.200 boliviens, ignorer les directives bureaucratiques dans l'industrie et le commerce, et qui lutte contre la cherté de la vie et le manque de denrées alimentaires, tandis que l'agitation va croissant à cause de la disette dans les couches citadines les plus exploitées.

Déçus et répudiant les trahisons de la direction petite-bourgeoise, le prolétariat, les classes moyennes pauvres et les

Au seuil du nouvel an, le Partido Obrero Revolucionario appelle tous les exploités à lutter pour un Gouvernement ouvrier et paysan, le seul qui, en donnant satisfaction à leurs intérêts, apportera une solution à la crise économique qui étrangle la Bolivie; le seul qui appuyé par les ouvriers et les paysans, fera d'une industrie nationalisée et développée sous le monopole du commerce extérieur et la nationalisation de In banque, la source du bien-être collectif, libèrera réellement des rapaces Impérialaten le pays et ouvrira la perspective

La minorité trotakyste exclue burentcratiquement par la majorité de la direction du S.W.P., et qui rassemble la plus grande partie de la base ouvrière de cette organisation s'est constituée en • Socialist Union of America », Broadway 863, New-York City.

Elle a déjà tenu une première Conférence régionale à Detroit qui a connu un trẻs vif succès. Soixante-quinze délégués, tous cadres ouvriers de l'industrie de l'automobile et de l'acier, y assistnient. Une campagne financière pour 5.500 dollars a déjà obtenu un succès marqué.

Elle a d'autre part commencé l'édition d'un mensuel, The American Socialist qui essaie de propager sous une forme

Depils la la journée du 12 août 1953 (sur nous avons publié un article re précédent numéro), la lutte à Cevlan se trouve portée à un HUm élevé. Les travailleurs de

ER NATIONALE paysans cherchent tous aujourd'hut une nouvelle direction révolutionnaire capable de les conduire à la liquidation complète d'un régime basé sur la propriété privée. Une telle direction ne peut être que le parti de la classe ouvrière, le Partido Obrero Revolucionario qui est, comme toujours, à la pointe du combat contre l'impérialisme, la rosca et leurs agents phalangistes. d'un progrès inconnu jusqu'à présent.

Certain que l'année 1954 sera l'année d'un réel renforcement de l'unité révo. lutionnaire des travailleurs ayant pour but la formation de leur propre gouvernement, incarné dans leur propre parti, le P.O.R. exprime à tous les révolutionnaires sa foi dans les victoires ouvrières qui seront une réalité dans cette année qui commence.

La Paz, le 1er Janvier 1954.

Le Bureax Politique du P.O.R. pédagogique et vivante, sans sacrifier démesurément à la vulgarisation, la politique marxiste révolutionnaire, plus particullèrement adaptée aux conditions actuelles américaines. A en juger par les premiers numéros parus, techniquement très bien présentés, ainsi que par leur contenu, cette formule pourrait mieux favoriser l'évolution marxiste révolutionnaire de milieux ouvriers avancés plus larges Nous signalons dans ces premiers numéros du American Socialist que nous saluons, des articles-études sur l'état et les perspectives du mouvement ouvrier américain, le danger du mac-carthysme, la situation en U.R.S.S. etc.

Le trotskvsme vivant continue avee une vigueur accrue aux Etats-Unis. toutes catégories (mineurs, travailleurs des plantations, des bus, employés...) formulent leurs revendications et manifertent.

Dans certains cas, comme chez les mi-

VERS UN NOUVEAU GOUVERNEMENT

Blata-Unia

L'Union Socialiste d'Amérique

Ceylan

Radicalisation des masses

VERS UN NOUVEAU GOUVERNEMENT

Blata-Unia

L'Union Socialiste d'Amérique

Ceylan

Radicalisation des masses

N neurs de Bogala, ceux-ci ont été obligés de faire la grève au fond de la mine, se sont heurtés à la police qui a employé les gaz contre eux, avant d'obtenir une augmentation de salaires. Le L.S.S.P. (section cinghalaise de la IV* Internationale) qui joue un rôle dirigeant dans le mouvement ouvrier de ce pays mène campagne pour la tenue d'une enquête au sujet des méthodes de la police et pour la nationalisation des nines.

La radicalisation des masses se manifeste aussi dans d'autres catégories sociales. Ainsi les pêcheurs du nord de lale ofusent de naver une nouvelle taxe. l'ile refusent de payer une nouvelle taxe.

Aux diverses élections qui se produisent, le L.S.S.P. recueille un nombre croissant de suffrages. Ainsi, dans la

Dix militants ouvriers espagnols, dont M. Fernandez Grandizo (Munis) et Jaime Fernandez, qui ont été arrêtés il y a plus d'un an, vont bientôt passer devant un Conseil de guerre, à Madrid, sous l'inculpation de « tentative de constitution d'une organisation révolutionnaire en vue de renverser le régime ». L/accusation ne repose sur aucune preuve, malgré toutes les recherches effectuées deplus plus d'une année par policiers et magistrats pour remplir un dossier. Celui-ci ne contient que la déclaration

La grève

L'organisation de solidarité des travallleurs basques en exil, établie à Biarritz, a publié des détails intéressants sur la grève des chantiers navals de Bilbao. Cette grève éclata le 30 novembre 1953 sur les chantiers de la société Euskalduna. Les grévistes réclamèrent le paiement de la gratification annuelle de

Noël et des heures supplémentaires, toutes deux supprimées par la direction en

An d'année 1953. Les ouvriers des chantiers navals de Bilbao travaillent pour des salaires de famine qui, chez les nonqualifies, ne depassent guère 17 pesetas

(moins de 200 francs) par jour.

La grève dura une semaine, malgré l'intimidation par les autorités policières et les menaces de la direction de renvoyer les grévistes et de leur enlever leurs cotisations de sécurité sociale. Le

30 novembre même, il y avait grève sur le tas, lorsque le directeur refusa de discuter avec une délégation du personnel

Le lendemain, 100 policiers armés occu

TERNATIONALE ville d'Ambalangoda, il a obtenu 1.979 voix sur 4.105 votants.

Le L.S.S.P. mène également une campagne énergique pour que les travailieurs indiens des plantations aient les mêmes droits civiques que les Cinghalais.

Le L.S.S.P. a comme mot d'ordre central : « Pour un gouvernement anticapitaliste », et appelle les masses à forcer le P.C. à faire sien cet objectif au lieu de la co pulaire qu'il s'est produite le L.S.S.P. de conisant une alition du type Front popréconise. Une scission en octobre dernier dans la part d'une minorité prépolitique semblable à celle

Mais cette scission n'a pas eu de conséquences sérieuses quant à l'autorité du L.S.S.P. parmi les masses de Ceylan. des inculpés qu'ils voulaient constituer un cercle d'études.

Les peines demandées sont de 20 ans pour Munis et Jaime, et de 4 à 12 ans pour les 8 autres inculpes. Au tribunal devant lequel ils sont déférés, la seule défense possible est un militaire désigné d'office.

Elevant sa protestation contre cette infamie judiciaire, le Secrétariat International demande à toute la presse ouvrière de dénoncer le crime et aux organisations ouvrières de manifester pour exiger la libération des inculpés. de Bilbao pèrent le chantier et obligèrent les grévistes à partir. Par peur d'une extension de la grève à d'autres entreprises de Bilbao, les autorités mobilisèrent la garde civile et des forces policières de San Sebastian. Le matin du 4 décembre, trois compagnies de police étaient Sur le point de partir de Madrid à Bilbao. Néanmoins, les travailleurs d'entreprises voisines comme la « Naval de Nervion », « Walcooks », etc., posèrent les mêmes revendications que ceux de la Euskalduna. L'extension de la grève ne fut empêchée que par la décision des directions de payer la gratification de Noël.

La répression fut beaucoup moins étendue que lors des grèves de 1951. On avait alors arrêté 3.000 personnes dans le pave basque et 8.000 à Barcelone. Cette fois-ci, une vingtaine de prétendus

« meneurs » furent emprisonnés. Le gouverneur de la province de Biscave retourna précipitamment d'un séjour à

Óspagne

Halte à la répression franquiste !

des staliniens.

Óspagne

Halte à la répression franquiste !

QUATRIEME Madrid et déclara devant la presse qu'une intervention des autorités publiques était inutile, puisque le mouvement de grève faisait lobjet d'une discussion entre direction d'usine et ouvriers. Peu après la grève, de nouveaux barèmes

TERNATIONALE de salaires furent imposés à l'industrie métallurgique et sidérurgique, comportant de substantielles augmentations de salaires. On note en général que la grève a énormément relevé le moral des ouvriers de Bilbao.

France

Vers de nouvelles luttes

Août 53 fut un événement annonciateur de beaucoup plus grands événements pour la France. Depuis lors. la situation n'a cessé de mürir.

Les travailleurs de toutes catégories veulent une amélioration de leurs conditons de vle. La Commission des conventions collectives, en tin décembre, a une Menaion ou représentants patronaux n'étaient pas venus, a adopte par ac cord des représentanta de tous les syndicat ouvriers (C.G.T. F.O., C.F.T.C.) un minimum vital net de plus de 25.000 francs par mois, soit environ un salaire effectif de 27.000 (ce que ne gagne pas la moitié de la classe ouvrière dans ce pays). Mais ce n'est qu'un avis au gouvernement qui doit prendre la décision. Le 29 Janvier a été une journée de tions à travers toute la France. > le front unique se réalise de

Run sur le plan syndical. Mais • le moindre accord au somla C.G.T., et les dirigeants de FT.C - tout en se déclarant favorables A ine entente avec la direction de lA COT - en fait marchent avec fait des propositions mmune, mais ne mène pas de communistes révolutionsillon Italienne de la IV° Interbatlonale) ennent de tenir leur confé-

16. Celle-ci a été un sucque préconisée par la direction laternationale et nale et par la direction nallonale a adoptée à une très forte uation économique s'aggrave. Le chomane atteint 250.000 travailleurs et cont de croltre La bourgeoisie crie campagne systématique. En outre, les luttes seront freinées aussi longtemps que le parti communiste ne présentera pas lissue d'un gouvernement de front unique P.C.-P.S. Le gouvernement n'a finalement accordé qu'une aumône pour les plus bas salaires.

Les dirigeanta communiites ont, loccasion de l'élection du président de la République et du président de TAssemblée Nationale, voté des le second tour pour le candidat du P.S. Ils ne l'ont pas fait dans les termes clairs d'une politique de front unique. Toutefois, ces votes ont eu de bonnes répercussions dans la classe ouvrière qui, dans son ensemble, ne s'embarrasse pas des considérants donnés par le P.C., mais voit avant tout les votes communs des deux grands partis ouvriers, Indépendamment des directions, se trouve ainsi renforcé le courant unitaire dans les masses.

La situation se caractérise aussi par une politisation croissante au sein le ces deux partis. D'où dans le P.S. le développement d'oppositions, et dans le P.C. le développement d'une vie politique très fragmentée mais non moine significative. majorite, de même que des résolutions contre l'action scissionniste des cannonistes. Une minorité, bien que politique ment d'accord avec les positions politi ques de la majorité du S.W.P., reste disciplinée dons l'Internationale et sa sec tion italienne. misère et s'efforce, comme dans tous les pays, de faire peser les conséquences sur les travailleurs. Sur le plan politique, elle

Italie

Conférence nationale des G.C.R.

Autriche

Augmentation du chômage

Italie

Conférence nationale des G.C.R.

Autriche

Augmentation du chômage

QUATRIEMEIN profite de l'attitude capitularde de la direction social-démocrate qui, dans la coalition gouvernementale, cède sur tous les points. La bourgeoisie songe même à éliminer le P.S. du gouvernement, bien que celui-ci ait été le bénéficiaire des dernières élections.

La marche de la classe ouvrière vers de grandes luttes et le développement d'une gauche oppositionnelle dans le P.S. se font à un rythme encore très lent.

Grande-Bretagne

Puissant mouvement revendicatif des masses

La politique de libéralisme économique entreprise par le gouvernement tory, la suppression des subventions alimentaires ont provoqué une hausse continue du coût de la vie en Angleterre. La disproportion entre celui-ci et les salaires qui étaient pratiquement bloqués devenait intolérable.

Sous la pression croissante des masses ouvrières, toutes les directions y compris l'aile droitière de la bureaucratie syndicale ont dû céder et demander une augmentation générale des salaires.

Limitée en raison du frein joué par les directions syndicales, cette augmentation se cristallisera autour du chiffre moyen de 7 shillings par semaine (350 francs). Elle fut obtenue par presque tous les travailleurs, notamment les cheminots, les mineurs et les métallos.

Ni le gouvernement ni le patronat n'ont osé aller jusqu'à livrer ouvertement bataille. Ils ont préféré céder après une faible résistance, afin d'éviter une explosion très puissante et de ne pas trop exposer la bureaucratie syndicale à la pression et aux attaques de la base ouvrière.

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