80º anniversaire du pionnier du mouvement ouvrier norvégien :
JEANNETTE OLSEN
La IV" Internationale est fière de rasLa jeune dans tes constante du mout ses rangs non vement socialiste, mais encore de voir se rallier aux idees de l'Internationale, dans tous les pays, dans toutes les sections, les précurseurs du mouvement ouvrier, les premiers porte-drapeaux des combats revolutionnaires, demeures fidéles à leur tradition. Ainsi est symbolisée la. position historique de la IVe Internationale en tant que gardienne des meilleures traditions des mouvements internationaux du passé, qu'elle relle aux principes et aux exigences du mouvement socialiste de l'époque moderne.
Parmi ces pionniers du mouvement socialiste, il faut compter Jeannette Olsen. Depuis plus de 60 ans, elle appartient au mouvement révolutionnaire socialiste. Dès sa plus tendre jeunesse, elle fut une des premières femmes à mili er dans les conditions les plus difficiles, à l'extrémité nord de la Norvège. Elle fut le moteur de l'organisation socialiste des pêcheurs pauvres, parmi eux et avec eux. elle construisit l'organisation du Parti ouvrier norvégien. Le nom de Jeannette Olsen est prononcé encore de nos jours, dans cette région au nord de Narwik, avec respect et fierté. En commun avec d'autres camarades intrépides, elle fonda il y a 50 ans le premier journal socialiste de cette région nordique, Norflammen. Lorsqu'au printemps de cette année ce journal fêta son cinquantième anniversaire, elle fut invitée par la rédaction à écrire l'article de com_ mémoration, En dépit de son grand âge, elle fit un article qui devint un exemple de la facon de transmettre à la jeune génération ouvrière les enseignements his oriques du mouvement dans une langue qui leur soit compréhensible sans pour autant restreindre aucunement le contenu révolutionnaire du passé.
Les conceptions révolutionnaires socialistes de Jeannette Olsen firent qu'elle se rallia tout naturellement aux forces qui érigèrent les fondements de la III Internationale Communiste au lendemain de l'effondrement de la II Internationale.
Comme déléguée du Parti ouvrier norvégien, elle participa au 3ª Congrès mondial du Komintern, ou Trotsky fit les rappor s principaux sur la stratégie et la tactique des Partis communistes dans la « nouvelle étape », en esquissant les lignes directrices qui devaient permettre aux Partis communistes de cesser d'être des partis propagandistes limités pour devenir des partis de masse, créant ainsi les prémistes pour la victoire de la classe ouvrière.
Jeannette Olsen prit encore part aux congrès ultérieurs du Komintern et devint le témoin du début de la dégénérescence de l'Internationale dominée par le stalinisme.
Lorsqu'aux diverses étapes de ce dé-
, des dirigeants du Parti ounorvégien s'éloignèrent à nouveau de l'orientation révolutionnaire pour sombrer dans les marais centristes et réformistes, Jeannette Olsen combattit ouvertement cette capitulation. Elle se prononça pour la voie de Lénine et de Trotsky contre les Tranmäl, Lange, Trigve Lie et consorts.
Le Komintern s'engageant à son tour dans la voie du centrisme stalinion, et la Russie de la Révolution d'Octobre qui fut constamment pour Jeannette Olsen le flambeau triomphant, venant à dégénérer, elle se rangea aux côtés des bolcheviks léninistes. A l'époque des pro_ cès de Moscou, elle écrivit un ardent acte d'accusation contre les crimes stalinien ; elle le fit de sa propre initiative, établissant ainsi les fondations pour la création d'un nouvel organe révolutionaire en Norvège : October. Cet organe se rallia explicitement au trotskisme et à la IVe Internationale qui naquit entre temps.
Au temps de l'occupation de la Norvège par lec troupes fascistes, le groupe rassemblé autour de cet organe dut s'adapter aux nouvelles conditions et passer dans l'illégalité. Jeannette Ol-en remplit encore sa tâche d'internationaliste avec tous les movens en sa po-session.
Son état de santé ne lui permit mal-
N heureusement pas après la guerre -elle avait déjà plus de 70 ans en 1946 — •de participer avec la même activité au travail pratique du mouvement révolutionnaire. Elle n'en suivit pas moins, pénétrée par son élan révolutionnaire, le combat de la classe ouvrière dans le monde entier. Elle reçoit toujours la visite de jeunes camarades scandinaves venus pour discuter avec elle la politi•que de l'Internationale et de l'expérience de sa propre activité. Nul ne quitte son modeste logis sans la conviction intime d'avoir rencontré pendant un moment
Depuis les événements du 12 août dont il est question en détail dans le présent numéro de notre revue, la montée du mouvement des masses ne fait que s'accentuer, marquant des victoire; importantes sur la réaction, et lui arrachan: •des concessions.
T. Rudra qui, depuis 1949, collabore avec les élu de la gauche dans le conseil municipal de Colombo, fut élu maire de cette ville dans les nouvelles élections qui ont suivi la suspension du conseil municipal de la ville pour son attitude lors des événements du 12 août.
Dans la conférence pancinghalaise des conseils municipaux des villages 402 dé'égués sur un otal de 407 ont demandé la démission du gouvernement réactionnaire. Le comité exécutif de la Confé-
Après les élections du 7 juin les masses travailleuses italiennes eurent le sentiment qu'il était possible de déclenener des luttes revendicatives contre le patronat dan une situation plus favorable.
Ce sentiment n'était pas sans fonlement. La défaite du gouvernement De Gasperi — à la suite de laquelle la nouvel'é loi électorale n'avait pas été appliquée - avait mis en lumière de nouveaux rapports de forces dans le pars, les partis ouvriers avant marqué un pro_ grès. le prétendu centre démocratique ayant enregistré un recul, la droite re 82
TERNATIONALE un repré entant de la grande tradition du mouvement socialiste international.
Son 80° anniversaire ne passera pas inaparçu dans le mouvemen; ouvrier norvégien. La presse ouvrière de ce pays devra se rappeler cette date, car Jeannette Olsen représente une partie de l'histoire du mouvement ouvrier norvegien. Elle représente aussi une partie de l'histoire du mouvement prolétarien in ernational et de la IVe Internationale. Dans cet esprit, la IV° Internationale salue sa camarade Jeannette Olsen. rence, composé de 25 membres, comporte 14 adhérents du Lanka Sama Samaja Party (section cinghalaise de la IV* Internationale), 4 indépendants de gauche et 7 du Parti S.L.F.P. Aucun adhéren: du Parti gouvernemental U.N.P. ne fut élu.
Enfin, le premier ministre Senanayaka vient de démissionner, et Sir John Kotelawala, ancien ministre des Travaux publics, de tendance modérée, fut nommé pour le remplacer. Il se propose de pratiquer une politique conciliante et de faire des concessions aux masses et a déjà promis la réduction du prix du riz.
Mais le Lanka Sama Samaja Party inciste sur la démision du gouvernement réactionnaire et la necessite des nouvelles elections générales. constituant pas le danger que certain: avaient craint. Ce changemen: dans les raports de forces s'était traduit dans une instabilité politique que la péninsule n'avait pas connue après la fin de la guerre ; et l'on sait comment la soluiton du problème gouvernemental traîna pendant deux mois et survint après, lans une forme évidemment transitoire, avec le gouvernement do M. Pella
D'autre part, plusieurs problèmes se posaient pour la classe ouvrière. Il s'agissait avant tout d'améliorer les salaires du prolétariat des usines, en deuxieme
Ceylan
Victoire des masses
Italie
Les mouvements de grève et leurs enseignements
Ceylan
Victoire des masses
Italie
Les mouvements de grève et leurs enseignements lieu d'empêcher une nouvelle vague de licenciements qui s'annonçait, enfin de régler des questions pendantes depuis des années et qui concernaient des catégories importantes (ouvriers agricoles, ou vriers de l'imprimerie, de l'industrie textile, de l'industrie chimique, cheminots, fonctionnaires de l'Etat). La plupart de ces problèmes, à vrai dire, s'étaient posés même avant les élections, mais ils avaient été remis pour des raisons diverses et surtout à cause de l'opportanisme électoral des staliniens et des so. cialistes de Nenni.
Il était done possible dès le lendemain des élections de déclencher des luttes ouvrières d'envergure, sans craindre l'isolement des catégories des secteurs les plus avancés. En réalité la pression les marses se produisit dès le premier moment, mais les directions syndicales tâchèrent de temporiser encore une foi.. La raison était claire : les staliniens et a fortiori, les socialistes nennistes misaient sur ce qu'on a appelé l'ouverture à gauche, à savoir sur la formation d'un gouvernement avec la partic pation ou avee l'appui des partis de gauche (ou du moins des nennistes) et voulaient donner une preuve de leur modération et de leur bonne volonté.
Mais après la formation du gouvernement de M. Pella — qui, sous la couverture d'une formule de transition. a réalisé une première forme de collaboration des démocrates-chrétiens avec la droite, surtout monarchiste - et après la rentrée des vacances, la pression des masses =-ccen ua de telle facon que des luttes partielles furent désormais inévitables, même à cause de l'attitude provocatrice du patronat dans certaines grandes usines du pavs (par exemple, chez F.I.A.T. à Turin).
Il fut bientôt évident qu'on ne pouvait pas se limiter à des manifestations partielles. La centrale catholique elle-même a si bien compris la situation que formellement, elle a devancé la centrale socialo-communiste dans la proclamation d'une lutte générale des travailleurs de l'industrie.
C'est ainsi qu'on est arrivé à la grève du 24 septembre. à laquelle ont participé, sans aucune défection, queloues millions de travailleurs. Ce fut la plus grande manifestation prolétarienne après le 14 juillet 1948 - date de l'attentat contre Togliati — qui montra même aux avengles que les masses travailleuses sont prêtes à se battre et ne sont pas disposées à accenter sans ennir un niveau de vie tel qu'elles l'ont aujourd'hui.
Mais si la grève du 24 septembre fut un succès indéniable en tant qu mobilisation ouvrière, elle ne donna aucun résultat dans le sens que le patronat refusa toute concession. Le problème de la continuation de la lutte se trouve donc posé.
Les centrales syndicales ont projeté
IRNATIONALE tout de suite de nouvelles manifestations et il est fort probable qu'au moment où cette note paraîra, il y aura eu une nou velle grève générale. Il est significatif que les catholiques soient disposés à s'engager une deuxième fois, malgré la pression du gouvernement et de leur parti, et que la confédération stalinienne, sous la pression de sa base, ait dû souligner la nécessié d'une coordination générale des luttes.
Il faut cependant remarquer que la ligne des directions a été jusqu'ici en retard par rapport aux exigences de la situation. Avant tout, si on parle de coordination, ón ne réalise pas ce.te coorlination et, par exemple, la lutte contre les licenciements et la lutte de cer taines catégories continuent comme luttes séparées, tandis que pour les ouvriers agricoles on a accepté un compromis fort discutable sans des garanties sérieu-
D'un autre côté la centrale catholique joue un rôle de frein en empêchan: des manifestations plus prolongées, et la C.G.T. accepte passivement ses initiatives, sans la moindre tentative de pousser plus loin : ce qui serait tout à fait possible, comple tenu de l'état d'esprit des travailleurs catholiques eux-mêmes. Il ne faut pas oublier que le problème de l'unité syndicale en Italie ne se pose pas exactement comme en France, à cause de la faiblesse de la centrale catholique et de la non-existence de la centrale socialiste (la U.I.L. - socialdémocrate — a une influence presque nulle). Dans celte phase de la lutte, en tout cas, le problème central réside moins dans l'unité que dans les métho. des de lutte à adopter. Et la C.G.T. devrait prendre l'initiative, en obligeant les catholiques à prendre leurs responsabilités dans un moment où il est pour eux extrêmement difficile de se dérober et de faire marche arrière sans se démasquer aux yeux de leurs propres militants.
Les luttes actuelles en Italie démontrent une fois de plus que les masses italiennes ne furent pas écrasées par la victoire bourgeoise du 18 avril 1948 et que la période de recul relatif a été dépassée. Ces luttes pourront avoir des développements importants (« Il faut faire comme en France », se répètent les ouvriers), et s'élargir même sur le plan politique, mais à condition que les directions majoritaires - stalinienne et nenniste - soient à la hauteur de leur tâche. Juequ'ici, si elles ont été dans une certaine mesure sensibles à la pression de leur base, elles n'ont pas, toutefois démontré une conception claire et une volonté de lutte bien arrêtée. La pression des masses s'accentuant • voudront. elles s'engager plus sérieusement sur la voie d'un combat serré contre le patronat et son gouvernement?
C'est ce qui reste à voir dans les semaines et les mois à venir
Q
Bolivie
Tension entre le gouvernement et les masses
Le Président Paz Estensoro a, le 2 aout dernier, signé le décret sur la reforme agraire. Celle-ci est fortement limitée et d'ailleurs basée sur l'indemnisation des terres à exproprier. Le décret tel qu'il est aurait même donné lieu à de vives discusions au sein du gouvernement M.N.R. dont l'aile gauche le considère comme insuffisant sinon contraire aux promesses qui avaient été faites aux paysans par le parti au pouvoir.
Cependant les masses paysannes ont interprété à leur manière la réforme agraire; elles ont dans de nombreuses provinces occupe des terres, passant outre aux dispositions prohibitives du décret. Comme il est de rigueur dans de tels cas, cette action spontanée des masses est présentée par le gouvernement comme étant l'œuvre des « agitateurs » surtout trotskistes ! Les autorité ont par la suite ébauché une répression qui emprunte des formes diverses, parfois combinées : l'intervention « persuasive » des bonzes syndicaux auprès des masses paysannes ; l'éviction d'éléments d'avantgarde des postes de direction des syndicats; les agissements tendant à briser l'unité syndicale par la constitution de nouveaux syndicats; enfin l'intervention des policiers et des groupes armés du M.N.R. contre les occupants des terres.
L'agitation à la campagne ne semble cependant pas prête à désarmer. Elle est encore alimentée par celle des ouvriers dont « l'agitateur » est la politique droitière du gouvernement M.N.R. ainsi que la grave situation économique et financière du pays, aggravée encore par la dévaluation de la monnaie. Sans doute le gouvernement se proposait par doute te rement se proposait par cette dévaluation d'entamer sur de nouvelles bares une mise en ordre de l'économie du pays. Il avait en même temps décidé qu'une somme de 4.000 bolivianos serait accordée à titre de compensation aux travailleurs, mais cette somme ne serait consideree comme une augmentaserait considérée comme une augmentation de salaire qu'après la. date du 31 août 1953.
Or la dévaluation a eu pour résultat immédiat une montée en flèche des prix. la raréfaction d'articlede consommation courants, une diminution dans les importation, la prolifération de trafiquants, etc. Quant à la compensation de 4.000 bolivianos accordée aux salariés le gouvernement a remis à plus tard 84
(au ler janvier 1954) la date où cette somme pourrait servir à former partie du salaire. Les travailleurs ont naturellement vu dans ceci une nouvelle atteinte à leurs intérêts car leurs primes et allocations continueront Jusque-la a etre etablies sur la base d'anciens salaires dont la capacité d'achat s'est vue encore réduite du fait de la dévaluation.
D'autre part, l'impérialisme américain, tirant avantage de la nécessité pour la Bolivie d'écouler son étain, et surtout de la couardise du gouvernement M.N.R., accroit sa pression sur celui-ci. Ce dernier a déjà capitulé en partie devant les Etats-Unis en passant avec eux un contrat pour la vente de 10.000 tonnes d'étain par an à des prix et dans des conditions défavorables pour la Bolivie. Il est certain que cette pression de l'impérialisme yankee ne fera que s'accroître maintenant que la guerre de Corée connaît une pause et que les gros acheteurs de matières premières sont de ce fait moins pressés à s'en fournir.
Devant cette situation dans le pays, devant la politique droitière et capitularde du gouvernement mouvementiste le P.O.R. - section bolivienne de la IVe Internationale — appelle les masses à montrer une vigilance toujours plus grande, à faire échec à une politique qui mine l'avenir de la révolution bolivienne, à renforcer leurs propres organisations et a pousser en avant la Révolution.
L'écho que le P.O.R. trouve parmi les masses est si grand que le président Paz Estensoro a cru pouvoir y parer en attirant soi-disant leur attention sur le fait qu'un « gouvernement trotskiste », auquel les masses pourraient éventuellement songer, ne serait pas viable (!) en Bolivie, parce que « gouvernement extrémiste » (!!).
C'est pourtant à des masses « extrémistes » qu'il s'est adressé par la même occasion...
Devant ces nouvelles conditions, le P.O.R. ne fera qu'accentuer sa politique basée sur les motifs centraux suivants : aucune confiance au gouvernement capitulard devant la réaction et l'impérialisme ! Vive le Gouvernement Ouvrier et Paysan ! Que la gauche du M.N.R. rompe avec la droite capitularde et s'engage dans la voie du véritable Gouvernement Ouvrier et Paysan !