ET DE L'INTE Le 4 Congrès de convoqué
Le 13* Plenum du C.E.I. qui s'est tenu en mai 1953, a décidé la convocation pour l'année 1954 du 4° Congrès Mondial de la IVe Internationale.
La discussion préparatoire commencera en août 1953 sur deux textes initiaux :
a) Notre intégration dans le réel mouvement des masses; son expérience et ses perspectives.
Toutes les informations qui proviennent de Bolivie illustrent un nouvel essor du mouvement révolutionnaire des masses ouvrières et paysannes.
Les milices paysannes, ainsi que des détachements de cavalerie, furent organisés dans plusieurs endroits.
L'occupation des terres, par les paysans armés, continue malgré le vote d'une loi de statu quo à la campagne jusqu'à lapplieation de la réforme agraire, décidée par le gouvernement, qui doit commencer au début d'août.
La guerre civile dans les campagnes entre les paysans pauvres d'un côté et les féodaux et l'administration complice de l'autre, s'accentue. Les journaux font de plus en plus fréquemment écho du « désordre » qui règne dans la campagne et qu'ils attribuent aux « agitateurs trotskystes, membres du P.O.R. ». La situation la plus tendue règne dans la ré gion de Cochabamba, la plus peuplée du point de vue population agricole.
Le secteur ouvrier, qui paraissait au début de l'année relativement calme, s'est animé à nouveau. Les ouvriers luttent contre l'inflation galopante et la cherté de vie qui ont suivi particulièrement la dévaluation de la monnaie, et contre la bureaucratisation des organisations syn. dicales. D'autre part, leur politisation s'accroît au fur et à mesure qu'ils prennent conscience de l'ampleur de la lutte engagée et de son importance, non seulement pour l'avenir de la Bolivie, mais encore pour le prolétariat latino-améri71
RNATIONALE la IV Internationale pour 1954 b) Montée et déclin du stalinisme.
A une date ultérieure, proche de la date de la convocation du Congrès, une résolution politique faisant le point de la situation internationale à ce moment, et incluant les tâches politiques de l'Internationale, sera présentée.
Les textes de la discussion internationale déjà élaborés seront prochainement publiés dans Quatrième Internationale. cain. Les mots d'ordre internationalistes qui figuraient dans la grande manifestation des masses le 1er mai, ainsi que le manifeste adressé par les mineurs de Potosi aux ouvriers du monde entier, en témoignent.
L'organisation des milices ouvrières s'amplifie parallèlement à celle des masses paysannes.
Quelques tentatives putschistes de la réaction ont été vite maitrisées grâce à la prompte réponse des travailleurs armes. Elles ont compromis davantage certains hauts fonctionnaires de l'administration, de l'armée, de la police, qui avaient agi de concert avec les noyaux très actifs des émigrés au Pérou et, en partie, au Chili même. Elles ont favorisé les demandes des masses d'étendre leur organisation militaire et de la centraliser Sur le plan national, en même temps qu'elles ont mis le gouvernement dans une situation encore plus difficile.
En effet, celui-ci emporté de plus en plus en avant par le très puissant mouvement révolutionnaire des masses, et attaqué par la droite la plus réactionnaire qui a juré sa perte, est obligé de s'appuyer sur les masses et de leur faire d'amples concessions.
Cette pression se reflète entre autre dans le langage gauchiste très marqué qu'emploie aussi bien Paz Estensoro, devant les masses, que les ministres « ouvriers » de son gouvernement.
Le régime a évolué en effet en une sorte de « kerenskysme » très avancé,
Bolivie
Nouvel essor de la révolution
Bolivie
Nouvel essor de la révolution libérale, l'armée sont aujourd'hui unies
L'oligarchie conservatrice, l'oligarchie peuple révolutionnaire.
vant la peur que l'une et l'autre ont du térieures n'ont aucune importance deconservateurs. Leurs petites querelles indes intérêts communs à la clique des trahison. La direction libérale est liée par de points de repère sur le chemin de la désarmement des guérillas, sont autant gouvernement, et ses vues concernant le plication claire sur ce que signifie ce dont on parle déjà — son manque d'exau gouvernement - éventuel soutien sommet de sa politique capitularde. Son lise la situation créée pour arriver au
De son côté, la direction libérale uti.
User.
veut parer à cette résistance et l'apai.
jours croissante des masses populaires, chie qui, effrayée par la résistance tou-
Ce n'est qu'un autre masque de l'oligartions les plus urgentes ? Sürement non !
à ses revendica et donnera satisfaction vernement accordera au peuple la liberté
Peut-on espérer que le nouveau goula mort.
fants qui s'y étaient réfugiés trouvèrent dizaines d'hommes, de femmes et d'ensi que la Maison libérale de Cali où des rasa El Dovio, Betana, Ceylan, ete, ain.
tale répression dans la vallée de Cauca.
de la troisième brigade, il mena la brula réaction quand, comme commandant massacres. Il était déjà un instrument de en tant que chef des forces armées, les sentant, légalisant et même ordonnant, lement celui de Laureano Gomez, en con. l'instrument de l'impérialisme. Il fut égagé de conduire le massacre en Asie, il fut inter-allié dans la guerre de Corée, charlui. Comme membre du commandement tion, était déjà une vieille habitude pour ment docile aux agissements de la réacdent de la République. Servir d'instru. général Rojas Pinilla, aujourd'hui présidocile, il le trouva dans le lieutenantl'ospinisme avait besoin d'un instrument réaliser ses plans réactionnaires,
Pour : trotskystes. boration avec le M.N.R. contre les tion de son propre parti pour sa colla P.O.R. et critique violemment la direcpour le ouvertement . ses sympathies publiant le journal El Pueblo, manifeste nien bolivien - qui reste très isolé — et Une tendance ouvrière du parti stali.
rangs de la Révolution bolivienne. luttant aux premiers aux kystes boliviens, plus grand optimisme anime les trots. veaux éléments ouvriers et paysans. Le taculaires, et l'affluence massive de noules derniers temps, progrès souvent spec. ER NATIONALE no Gothez lors des élections de 1950.
fraude pour imposer au pouvoir Laureamocratie, recourut au meurtre et à la tan ; qui enfin, prônant la paix et la dé.
aspirations populaires Jorge Eliecer Gai.
gime ; gui assassina le porte-parole des thodes effroyables les opposants au ré et même avant, martyrisa par des mé.
rection populaire du 9 avril; qui, ensuite par le feu et noya dans le sang, l'insurnisme, c'est-à-dire de celui qui écrasa, montre déjà la figure sinistre du ospihonorables du coup d'Etat militaire, se
Derrière les apparences austères et lèges.
privi ment la défense de leurs odieux privi. en vue d'organiser mieux et plus efficacede justice ressenties par le peuple, mais n'est pas pour satisfaire les aspirations de l'armée, congédié le gouvernement, ce de sa propre classe. S'ils ont, au moyen plus habiles de son propre parti et même les déjà aliéné la confiance des groupes le gouvernement Laureano Gomez s'était Par son incapacité et son aventurisme, répressions et les crimes. résolu à ne plus supporter les peuple, teurs, mais par la force irrésistible du disant « secteurs sains » des conservaElle n'a pas été renversée par les soidictature sanglante est tombée. Une récents développements de Colombie. tient à préciser sa position devant les Comité Central des Forces de Libération et les activités des masses populaires, le Toujours soucieux d'orienter l'opinion
COLOMBIENS AUX TRAVAILLEURS ET AU PEUPLE avant: rale et les revendications mises en le si intéressant par sa ligne génécolombiens. Nous reproduisons ce texadressé aux travailleurs et au peuple vent de chituser le manifeste suivant puis longtemps une guerre civile, Libération de Colombie, où sévit deLe Comité Central des Forcs de grands progrès réalisés par le Parti dans La conférence a enregistré les très pour le pouvoir ». dre « gagner les masses pour la lutte cence, qui se déroula autour du mot d'orsans. Il vient de tenir une nouvelle confé dans la masse des ouvriers et des paytout pour pénétrer encore davantage organisationnelle et idéologique, et surfavorable pour parfaire sa préparation Internationale, profite de cette évolution Le P.O.R., section bolivienne de la IVe.
sadegh, en Iran, par exemple. beaucoup plus accentué que celui de MosATRIEMEIN T Q
Un appel du Comité Central des Forces de Libération
Colombie
Un appel du Comité Central des Forces de Libération
Colombie
U A T RIB ME N corme elles s'étaient unies pour réprimer la révolution d'avril et envoyer à la mort, en Asie, des jeunes gens pour le meilleur profit des grandes firmes capitalistes.
La Colombie n'a nullement besoin d'hommes nouveaux qui pratiquent de vieilles politiques, mais de conditions sociales où tous les aspects de la vie nationale se trouvent modifiés.
Le peuple a eu beaucoup de morts. Les vies qu'il a perdues ne seront pas perdues en vain. Le sang qu'il a versé fera pousser et enraciner, dans le pays, la justice et la liberté.
Face à l'union de ses oppresseurs, le peuple doit se montrer uni, lui aussi La chute du gouvernement Laureano Gomez, c'est aux sacrifices des hommes et des femmes de toutes les villes de Colombie, aux sacrifices des ouvriers, des paysans, des étudiants, des intellectuels. qu'on la doit. Et ils doivent tous serrer les rangs pour que personne ne leur arra. che une victoire qui leur appartient.
La liberté que le peuple demande, seul le peuple peut la conquérir.
Il faut exiger du gouvernement :
T E RNATIONALE bien la police nationale que la police secrète, l'épuration de l'armée;
- La dissolution de la Constituante, élue à l'insu de la volonté démocratique ;
- La rupture des pactes qui nous ligotent à l'impérialisme et le rappel des troupes expéditionnaires colombiennes ;
- L'augmentation immédiate des salaires pour faire face au coût montant de la vie;
- Le contrôle des prix par la population.
On ne peut pas espérer que la clique ospiniste militaire accorde tout bonne. ment ces revendications. Ce sont les forces populaires qui doivent exiger satisfaction et être vigilantes pour les imposer par leur propre action. Pour y parvenir, il est urgent d'organiser des comités de quartiers, d'usines, et des comités paysans ; de maintenir les guérillas armées et d'unir les couches ouvrières et populaires autour de ce programme mi. nimum.
Il se peut que le gouvernement accorde dans l'immédiat certaines libertés afin de mieux cacher ses véritables plans. En
- La liberté immédiate prisonniers politiques ; - Le retour des exilés ; - La liberté de presse, d'association politique le droit de greve; de tous les de réunion, et syndicale, de mieux cacher ses vertantes plans. du tout cas, les masses en profiteront pour leurs propres buts.
Seuls, un puissant mouvement euvrier organisé et une force politique à contenu populaire, ayant un programme révolutionnaire, peuvent conduire le peuple co-
- Le jugement et la punition par des lombien à la victoire décisive.
horaillan à lorganication a l'unite tribunaux popu se sont rendus tres et d'autres - L/expropriation indemniser les - La dissolution laires de ceux qui coupables de meur crimes; de leurs biens pour victimes; de la police, aussi
Travailler à l'organisation, à l'unité d'action, voilà le devoir de tout ouvrier colombien conscient, auquel il ne saurait renoncer.
LE COMITE CENTRAL DES FORCES DE LIBERATION.
Argentine
Nouvelles luttes de masses
Buenos-Aires, mai
1953. - Au cours des six dernières semaines la classe ouvrière argentine s'est mobilisée, prouvant par sa lutte pour la défense de son niveau de vie sa décision d'approfondir la lutte anticapitaliste et anti-impérialiste, malgré le frein que représente pour elle sa direction actuelle.
Surgie de la base pour une augmentation de salaires et contre la cherté de la vie, cette mobilisation menaçait de se généraliser. Prenant les devants, Peron et la bureaucratie de la C.G.T. se mirent à canaliser le mouvement vers la lutte contre les spéculateurs, puis contre l'oligarchie argentine et l'impérialisme.
Dans ces développements les travail76
Jeuses et les ménagères, frappées plus directement par la montée de prix, ont manifesté animées d'un grand élan combatif.
La mobilisation pour une augmentation de salaires et contre la cherté de la vie prenait de l'ampleur parce que surgie des travailleurs du rang. Plusieurs secteurs ouvriers demandaient depuis longtemps une augmentation de salaires, mais leurs cahiers de revendications somnolaient dans les dossiers établis par la bureaucratie, ce qui poussa la classe ouvrière à prendre l'initiative. La montée des prix battait son plein, tandis que l'économie du pays entrait dans une période de reprise relative. Pendant la
Q VATRIEME IN T période précédente, notamment au cours du 2 semestre de 1952, alors que l'économie du pays degringolait, que nombre de tabriques étaient fermées et que l'activité commerciale diminuait, le gouvernement avait pris toute une série de mesures cherchant à éviter l'éclatement d'une crise provoquée par le chômage et à parer aux luttes des masses contre celui-ci. Ainsi, le gouvernement accorda des crédits aux industries et aborda la réalisation de travaux publics. Ceci, joint à une bonne récolte de blé et de mais après deux ans de sécheresse ranima relativement la situation économique du pays. Les fabriques furent ouvertes, et un emploi presque total s'ensuivit. Mais tout cela s'accompagnait d'une montée accélérée des prix non seulement en ce qui concernait les denrées alimentaires, mais aussi des articles de consommation - - les prix n'ayant en raison de la demande moindre pas beaucoup augmenté dans la période précédente. A cela vint encore s'ajouter une raréfaction des produits principaux dans l'alimentation des travailleurs, comme ce fut le cas pour la viande ; elle manquait surtout à Buenos-Aires, les marchands de béayant augmenté les prix de gros pour le marché intérieur.
Le mécontentement des masses s'exprima par plusieurs manifestations. Les métallos, à leur congrès, demandèrent une augmentation urgente des salaires. Les ouvriers de l'Electricité exigeaient une augmentation de 250 pesos par mois et demandaient la convocation d'un congres pour combattre la montée des prix. De meilleurs salaires furent également demandés par les ouvriers de plusieurs autres fabriques. L'agitation se développa, ces revendications étant mises de côté par la bureaucratie. Alors les ouvriers commencèrent a agir pour oblileurs dirigeants à mener la lutte pour une augmentation de salaires. Les metallos de Avellaneda (centre industriel le plus important) ebauchèrent un mouvement tendant à coordonner l'action entre les usines. La raréfaction des denrées alimentaires, surtout de la viande, provoqua une agitation parmi les ménagères dont l'action la plus importante fut de se présenter en masse dans le port où, aidées des dockers, elles empêchèrent l'embarquement de cargaisons de viande destinées à l'exportation.
Toutes ces actions tendaient à se généraliser dans une mobilisation de la classe ouvrière argentine dont l'expérience s'est beaucoup enrichie cette dernière année par suite de sa lutte contre le chômage. Ce fut justement pour empêcher un mouvement généralisé que la bureaucratie de la C.G.T. et Peron firent leur apparition sur la scène. Peron y fut forcé par plusieurs raisons: 1º Il ne saurait permettre la classe ouvrière une mobilisation indépendante car les -travailleurs prendraient par là conscience de leur propre force et finiraient par arracher une augmentation de salaires plus grande; 2º Il ne pouvait pas non plus consentir - comme l'an dernier -
ERNATIONALE une augmentation de salaires car l'économie du pays venait justement de sortir d'une période maigre pour les profits de la bourgeoisie et celle-ci voulait • se rattraper rapidement économique. Ce fut d'ailleurs dans cea avec la reprise termes que la bourgeoisie s'exprima à la réunion de la Commission consultative économique où elle menaça de fermer fabriques si une augmentation de salaires lui était imposée.
Dans ces conditions, Peron a voulu s'en sortir en battant le tambour contre les spéculateurs et pour une baisse de prix, notamment dans les denrées alimentaires. Placé dans un dilemme avoir à freiner un mouvement de masses et tiraillé en sens opposé par le besoin qu'il a de leur soutien → c'est-à-dire sollicité d'une part par l'impossibilité de consentir une augmentation de salaire et ne pouvant pas, d'autre part, braver les masses, Peron détourna leur action en avançant une campagne contre les spéculateurs, visant surtout les petits commerçants. Campagne qui ne se payait nullement de mots; ainsi l'on força des petits commergants et quelques grossistes, dont quelques-uns furent emprisonnés, à baisser le prix de divers articles, particulièrement des denrées alimentaires.
Ces mesures portèrent, non dans le sens qu'elles diminuaient la combattivité des masses, mais que celle-ci était détournée de son but initial et orientée maintenant vers une lutte contre les spéQuant aux ménagères, elles menérent culateurs et pour un contrôle des une ardente lutte, quoique inorganisée, pour ce contrôle des prix, et manifestèrent en masse le 14 avril.
Peron et la direction de la C.G.T. n'avaient pas seulement cherché à transformer une lutte pour des salaires en une lutte contre des spéculateurs, mais encore contre des secteurs de l'oligarchie et des éléments du gouvernement lui-même.
La combattivité des masses fut encore prouvée par leur décision de faire respecter la baisse des prix. Le 15 avril elles se ruèrent vers la Place de Mai visant par leurs mots d'ordre les spéculateurs et les capitalistes. Les travailleuses et les ménagères s'y montraient des plus combatives. Les ouvriers quittaient les usines, affluaient par vagues à la Place de Mai, passant outre aux protestations des administrations, s'emparant des camions des usines transporter les manifestants. Ce fut un rassemblement monstre où les exploités montraient leur décision de lutte contre les capitalistes et les affameurs. L'explode bombes, qui fit de nombreux morts et blessés, les encouragea davantage; personne ne s'affola ni ne "s'enfuit. Les cris contre les capitalistes et l'impérialisme redoublèrent. L'assaut des locaux des partis pro-impérialistes par des manifestants qui répondaient ainsi à l'explosion de bombes, témoignait dé la
QUATRIEMEIN haine des masses envers ceux-là - aucun local stalinien ne fut touché.
L'explosion des bombes pendant le rassemblement de la Place de Mai est une provocation de la part du gouvernement. Apparemment il n'y a dans cette affaire aucun but de la part des éléments proimpérialistes. Par contre, le gouvernement se trouvait dans une situation difficile, et il cherchait à atteindre ainsi trois buts. Tout d'abord, orienter le mécontentement des masses contre l'oligarchie ; puis, profitant de cet acte terroImpertatistes et à leurs forces de choc. rIste, asséner un coup aux partis proles désorganiser ; enfin justifier une épuration dans le parti peroniste et dans le gouvernement lui-même.
Car Peron se trouve dans une situation telle qu'il est contraint pour se maintenir au pouvoir de trouver un soutien des masses, lesquelles de leur côté ne sont pas disposées à lâcher leurs conquêtes. D'autre part il subit la pression de l'oligarchie, de l'impérialisme et des éléments droitiers de son propre gouvernement, tous saisis par la peur des masses mobilisées. Or ce gouvernement ne peut pas ne pas soumettre les masses à une plus grande exploitation s'il veut maintenir les gains de la bourgeoisie. Acculé à des conditions si contradictoires Peron s'est mis à démolir les organisations pro-impérialistes et leurs forces de choc qui veulent précisément profiter des difficultés du gouvernement pour le chasser.
Le gouvernement, avons-nous dit avait freiné le processus d'une mobilisation générale pour une augmentation de salaires et transformé la lutte dans une lutte contre les spéculateurs et les pro-impérialistes. Mais les masses se préparaient déjà pour le grand défilé du 1*r Mai. L'attentat du 15 avril avait provoqué une grande indignation parmi les masses. Les ouvriers se posèrent même la question de venir armés à la manifestation du 1ºr Mai. Ce jour-là, animées d'un grand esprit combatif, les masses se concentrèrent à la Place de Mai avec des slogans contre les spéculateurs, loligarchie, l'impérialisme. Peron leur débita un discours « gauche » où il était question de « la libération du prolétariat
TERNATIONALE mondial», de la lutte contre l'impérialisme. Il s'accordait ainsi à la combativité des foules qui veulent aller l'avant, dont il a besoin pour se maintenir au pouvoir, tout en leur refusant de nouvelles revendications.
Mais comme les masses ne se contentent plus de discours patriotards ou d'hommages à des conquêtes déjà acquises, Peron truffa son discours de phrases « socialistes » qui répondaient aux véritables aspirations des masses.
Le gouvernement Peron a donc réussi à détourner une mobilisation qui était partie pour une augmentation de salaires. Pour y parvenir il fut obligé de prendre des mesures de baisse des pendre des ne cense masse des ris prix s'attaquant aux petits commerçants et à quelques intermédiaires. Mais en tout cas, la propre dynamique des développements a renforcé l'esprit de lutte des masses et les a poussées à manifester contre le capitalisme et l'impérialisme.
Notre parti dès le début est intervent dans ces développements. Dans la mesure de ses forces il a essayé de pousser en avant les premières luttes par l'action de ses militants, par son journal, des tracts, etc. Il mena une campagne pour un salaire minimum vital l'echelle mobile des salaires. Plus tard, quand les mesures gouvernementales modifièrent la situation en ce sens que les masses étaient orientées vers une lutte contre les spéculateurs, l'oligarchie et l'impérialisme, notre parti readapta ses formes d'action et ses mots d'ordre, s'efforçant d'organiser les luttes à travers des comités contre les spéculateurs, pour l'expropriation des frigos, etc. Lors de la manifestation du 15 avril, notre parti a agi coude à coude avec les masses peronistes. C'est lui qui, dans une usine où travaillent 4.000 metallos, organisa le rassemblement pour la manifestation. Il a également participé à la concentration du 1ºr Mai, et diffusa à cette occasion un tract dont les mots d'ordre furent bien accueillis par les ouvriers.
Toutes ces interventions nous ont servis à nous souder encore davantage aux masses en lutte.
Grèce
Vague de grèves
La dévaluation brutale de la monnaie décidée par le gouvernement réactionnaire de Papagos, ajoutée à la situation déjà difficile des travailleurs, a déclenché au début de juin 1953 une puissante vague de grèves dans tout le pays.
Devant le mécontentement des ou78vriers, des fonctionnaires et des employes, la direction de la C.G.T. grecque, dominee cependant par des jaunes, agents du gouvernement et du patronat, fut obligée de lancer l'ordre de grève générale de 24 heures à laquelle ont pris part 200.000 ouvriers.
Q DATRIEME INT
Plusieurs autres grèves partielles furent déclenchées par différents syndicats, aussi bien à Athènes qu'au Pirée,
Salonique, Cavala, Volos et autres centres prolétariens du pays.
Dans plusieurs cas, des comités de grève formés à la base ont préparé et conduit la lutte.
Les mouvements de grève continuent. Les trotskystes grecs ont joué en pluL'exécution d
15.000 personnes environ, parmi lesquelles de nombreux éléments noirs, juifs, et jeunes, venus de vingt Etats différents du pays, ainsi que du Canada ont manifesté le 14 juin à Washington, demandant la grâce des époux Rosen-
Derg.
Malgré le climat d'intimidation qui vègnait, cette manifestation fut généralement jugée comme la plus impressionnante protestation de masse que la capitale ait connue depuis plusieurs années déjà.
En Europe, les manifestations multiples en faveur de la grâce des époux Rosenberg ont pris une ampleur tout à fait exceptionnelle, particulièrement en France.
Malgré toute cette action courageuse,
Le
La section française de la IV° Internationale vient de tenir son 9° Congrès. Ses travaux qui durèrent trois jours commencèrent par un salut du délégué de l'Internationale qui fit un tableau de l'activité mondiale de notre mouvement.
Le Congrès discuta trois rapports: sur la situation internationale, sur la situation française, et sur l'activité et les tâches du Parti.
Le Congrès témoigna que le Parti qui, l'an dernier à son Congrès précédent, avait subi une pénible scission, avait par la nouvelle orientation qu'il avait suivie transformée sa situation de fond en comble. Les liaisons avec la classe ouvrière, organisée sont actuellement plus fortes que jamais, une nouvelle levée de cadres
TRNATIONALE sieurs endroits un rôle important, particulièrement parmi les dockers du Pirée, les ouvriers du tabac de Cavala, le4toevriers des peaux et du livre nes, etc.
La renaissance du mouvement syndical, prodrome d'une renaissance du mouvement politique en général de la classe ouvrière grecque, est remarclasse ouvrière quable.
qui honore les femmes et les hommes de tous les pays qui y ont participé, l'administration républicaine a sacrifié les époux Rosenberg sur l'autel de la guerre froide, de la préparation de la troisième guerre mondiale et de l'hystérie réaction. naire que la bourgeoisie américaine entretient aux Etats-Unis.
Tous les deux sont morts avec un courage et une dignité remarquables.
Le 27 mai 1953, le Comité exécutif de la IV• Internationale a envoyé le télégramme suivant: « Président Eisenhower. Nous protestons contre projet exécution époux Rosenberg que conside rons acte préparation troisième guerre mondiale contre-révolutionnaire. demandons leur grace ». Nous ouvriers a surgi dont la maturité va grandissant.
Le Congrès se déroula dans une atmosphère générale de confiance, d'assurance, que les événements internationaux et nationaux favorisaient considérablement la pénétration des idées troskystes dans la classe ouvrière, et plus particulièrement pour la France dans les organisations contrôlées par les staliniens. L'affaire Marty-Tillon a vérifié le pronostie que la situation provoquerait une intense politisation du mouvement communiste sans provoquer, à l'étape actuelle, des ruptures appréciables dans le P.C.F.
Le 9° Congrès du P.C.I. (section française de la IV° Internationale) a montré que le parti a franchi une étape décisive dans son développement.