A. LEON A. LEON est né à Varsovie en 1918. Entré très jeune dans le mouvement ouvrier sioniste, il milita dang son aile extrême-gauche, socialiste-révolutionnaire, représentée dans les années 1930 par l'organisation de jeunesse Haschomer Hazair, alors affiliée au Bureau Londres. Dirigeant la branche belge de cette organisation, il entreprit un travail de défrichage idéologique, critiquant les positions doctrinales pseudo-marxistes de Ber Borochov, le principal théoricien du sionisme socialiste. Ainsi, il rompit avec le sionisme et devint un internationaliste de l'espèce la plus pure. La phase d'auto-clarification qu'il avait traversée trouva son expression dans un livre : La conception matérialiste de la question juive (il an existe une édition française et une édition anglaise). C'est un ouvrage marxiste classique
Mais A. LEON n'était pas seulement devenu internationaliste en théorie. Il létait aussi en pratique. Dès qu'il rompit avec le sionisme, il comprit la nécessité de s'integrer dans le mouvement ouvrier du pays où il vivait, la Belgique. C'était au lendemain immédiat de l'occupation nazie, de l'effondrement du mouvement ouvrier légal d'avant-guerre. La panique et la désorientation s'étaient emparées de nombreux fonctionnaires officiels de ce mouvement. Mais LEON était de ceux qui, loin de reculer devant les difficultés majeures, se trempent à les surmonter. Ayant pris la décision d'adhérer à la IV° Internationale, il apprit la nouvelle terrible de l'assassinat de Léon Trotsky. Ce fut ce moment qu'il choisit pour rassembler les militants trotskystes belges prêts à entamer l'action clandestine sous l'occupation nazie. C'est grâce à son initiative que le trotskysme a été la tendance du mouvement ouvrier belge qui, la première, a redressé la tête devant la bête fasciste.
Principal animateur du Parti Communiste Révolutionaire, nom que porta pendant la guerre la section belge de la IV° Internationale, sédacteur en chef de organe La Voie de Lénine, LEON, malgré sa jeunesse, montra de remarquables qualités d'organisateur et de dirigeant révolutionnaire doué a'un jugement infaillible et d'une grande maturité. Toute son activité était tournée vers le travail parmi les ouvriers révolutionnaires. Grâce à son initiative et à sa direction patiente, ce furent des militants ouvriers trotskystes qui réussirent à construire une organisation syndicale clandestine dans les charbonnages du pays de Charleroi, pour défendre les intérêts des mineurs à la fois contre l'occupant et contre le patronat
LEON fut également le premier militant trotskyste telge qui établit, sous l'occupation, le contact avec les trotskystes français. Ainsi naquit le premier organe central de la IV® Internationale en Europe occupée. Il fut de ceux qui préparèrent " et participèrent le plus activement à la Conférence Européenne de la IVe Internationale en février 1944, à laquelle assistèrent des représentants d'organisations trotskystes française, belge, allemande et espagnole. Cette conférence le nomma membre du Secrétariat Européen de la IVe Internationale.
Quelques mois plus tard, en organisant son transfert définitif à Charleroi afin d'épauler quotidiennement les militants ouvriers préparant les grandes luttes de la libération, LEON fut arrêté par la feldgendarmerie nazie dans des circonstances particulièrement tragiques. Torturé, envoyé au camp d'extermination d'Auschwitz, sa capacité de résistance physique fut brisée. En septembre 1944, il fit partie de la dernière sélection envoyée aux chambres à ceux qui ont connu LEON ont admiré l'équilibre exceptionnel de sa personnalité, ses grands talents de théoricien alliés à une fermeté et à une grandeur de caractère remarquables. Avec lui, la IV" Internationale perdit son cadre jeune le plus capable sur le continent d'Europe. Mais son œuvre reste dans un livre qui sera lu et étudié par les générations présentes et futures de marxistes, et dans les militants qu"il a formés à son tour et auxquels il a cherché à donner le meilleur de sa grande personnalité.