Les élections britanniques d'octobre 1951 ont constitué l'événement politique le plus important de la saison dans le monde occidental. Elles ont donné comme résultats une victoire des conserva_ Leurs, l'elimination du deuxième ministère travailliste et le retour de Churchill au gouvernement.
Les élections ont révélé plusieurs choses très intéressantes sur la situation réelle de l'Angleterre d'aujourd'hui, avant tout les sentiments des diverses classes et leurs rapports mutuels. Le triomphe tory est largement imputable au soutien donné à leurs candidats par les éléments, des classes moyennes qui, pour une raison ou une autre, ont été déçus
• le Labour Party et sa politique. D'autre part, les ouvriers se sont totalement ralliés aux côtés du Labour Party. Nourrissant une âpre haine du torysme, transmise par les générations les plus anciennes aux plus jeunes, ils avaient compris qu'une victoire tory ne pouvait leur apporter rien de bon.
Le scrutin a montré que les principales forces sociales du pays sont devenues plus profondément différenciées dans la période d'après-guerre et se polarisent plus résolument vers la droite et gauche. Un autre symptôme en a été l'activité plus intense des fascistes dans certains secteurs de Londres et leurs tentatives de stimuler les sentiments des classes moyennes contre les ouvriers au profit des tories.
L'autre caractéristique importante a été l'ampleur du sentiment antiguerre dans le peuple. L'argument des travaillistes qui a porté le plus était que le retour de Churchill au pouvoir signifiait rapprocher le danger de guerre. Churchill a été stigmatisé comme un bell ciste. La direction du Labour Party avait lancé sa campagne sous le slogan: « Pour avoir la paix. nous devons être forts », in de justifier le programme d'armements. Mais la masse des candidats travaillistes, notant l'humeur des masses, s'est concentrée sur le mot d'ordre de paix seulement, oubliant le réarmement, et bientôt le slogan officiel fut raccourci pour devenir : « Nous devons avoir la paix ».
Les résultats numériques des élections ne sont pas un indice exact de la situation politique réelle. Les Tories ont gagné de neu et disposent d'une majorité totale de dix-sept voix seulement aux Communes. Bien que le Labour Partv ait été écarté du pouvoir, il est sorti 8 élections le parti le plus. grand et le plus fort du pays. Il peut compter su® environ quatorze millions de voix, y incluses celles du P.C. C'est une force énorme, respectee, qui dispose de la loyaute de toute la classe ouvriere et le gouvernement doit tenir compte de lui dans tout pas qu'il entreprend.
Les principales victimes de ces elections ont été les libéraux d'une part et les staliniens d'autre part. La majorité des voix libérales se sont portées sur les conservateurs, bien qu'une partie ait gravité du côté du Labour Party. La base du libéralisme a été presque complètement minée et ce qui reste d'influence: à une poignée de députés provient uniquement de l'équilibre instable existant entre les deux grands partis aux Communes.
Parti communiste s'était tout d'abord proposé de présenter cent candidats, mais il en réduisit le nombre à dix. Dans presque toutes les circonscriptions ses candidats ont obtenu un nombre de voix inférieur à celui des élections précédentes. Les staliniens n'ont obtenu ni la sympathie ni le soutien des ouvriers qui se méfiaient de leurs mobiles politiques et qui pratiquement n'avaient nullement besoin d'eux.
On est généralement d'accord pour dire que l'aile gauche du Labour Party dirigee par Aneurin Bevan a été le principal vainqueur des élections. La direction droitière lança les élections sans aucune préparation, avec l'intention cachée d'être battue et de diminuer le prestige et la popularité croissante de l'opposition bevaniste au sein du Labour Party. Les candidats bevanistes avaient à combattre dans des circonscriptions douteuses et, avant les élections, peu de gens pensaient que la plupart d'entre eux battraient les tories. Mais il est apparu que chacun des candidats importants des bevanistes a été réélu aux Communes, au regret, soyons-en sürs, de l'aile droite. C'était là le point culminant d'une série de progrès accomplis dans l'année passée par le groupe Bevan au sein du Labour Party même, en raison de son opposition au programme de réarmement et à son orientation plus radicale.
La base du Labour Party n'a nullement été demoralisée par les résultats : en fait elle considère quelle a remporte une victoire et que les dégâts les plus importants ont été subis par la direction droitière. Tous ces développements si- gnifient que le processus de politisation du mouvement ouvrier anglais commencé en 1945 a considérablement progressé en-
LA SITUATION DEVANT Le gouvernement conservateur arrive au pouvoir sous des auspices extrêmement défavorables. Winston Churchill qui, au début de la deuxième guerre mondiale, proclama qu'il n'était pas devenu le Premier Ministre de Sa Majesté
« pour présider à la liquidation de l'Empire britannique » est aujourd'hui obligé de le faire.
La force de l'Angleterre capitaliste décroit rapidement. L'Angleterre n'est pas sortie de la deuxième guerre mondiale comme tares les mats punis, me com te comme la deuxième puissance dans une puissance de second ordre. De ses ambitions d'être le principal partenaire des U.S.A. dans une exploitation commune du globe, elle a été réduite au rôle de client importun de Wall Street, dont elle dépend de plus en plus pour les dollars qui lui sont nécessaires à l'achat de ses matières premières et des aliments pour se maintenir à son médiocre niveau actuel.
Il y a trois causes principales à ce déelin catastrophique de l'impérialisme britannique.
Il y a tout d'abord la supériorité écrasante acquise en tous domaines par les Etats-Unis dans les trente dernières années, et surtout dans les dix dernières ; ensuite la dislocation de l'édifice de 12mpire britannique; enfin et surtout les coups qui ont été assénés à son système colonial par le fougueux mouvement , d'émancipation des peuples en Asie, dans le Proche et le Moyen-Orient et en Afrique. Chacun de ces facteurs soulève de graves problèmes pour le gouvernement tory.
L'économie de la Grande-Bretagne a. été plongée dans sa troisième crise depuis la fin de la guerre par les conséquences de la guerre de Corée, s'exprimant dans le coût grandissant de ses matières premières et de ses aliments ainsi que de son programme de réarmement étendu. Sa balance commerciale se détériore à nouveau rapidement. Dans les six derniers mois, la Grande-Bretagne a eu à dépenser à l'étranger à un taux supérieur à 700 millions de livres par an audessus de son revenu. Ses réserves d'or et de dollars sont en voie de disparition. Le fait que cette nouvelle crise éclata lorsque les exportations avaient presque atteint le niveau prévu de 75 % au-dessus de 1938 pour rendre l'Angleterre solvable, ne fait que signifier la profondeur de la crise.
La base produetive de l'impérialisme britannique est devenue trop étroite pour répondre aux besoins de l'Angleterre sur une base capitaliste. Le niveau de production actuel constitue un maximum qu'il serait difficile de dépasser. Il ne fut rendu possible que grâce au sévère régime de discipline et d'austérité auquel
TERNATIONALE tre temps. Les sentiments de la masse des ouvriers sont plus avancés et plus à gauche qu'en 1945. LE GOUVERNEMENT TORY les ouvriers anglais se sont volontairement soumis sous le gouvernement travailliste depuis 1945, et aux demandes non satisfaites qui se manifestèrent sur les marchés de la zone sterling et les autres pays dans les premières années d'après-guerre. Il est très peu probable que les ouvriers anglais fournissent aux tories de plus grands efforts de production qu'au gouvernement travailliste.
D'autre part, les marchés disponibles à l'impérialisme britannique se réduisent constamment raison du développement industriel indépendant de nombreux pays de la zone steriing et de la concurrence croissante des concurrents capitalistes renaissants tels que le Japon et l'Allemagne. En même temps l'Angleterre doit compter avec les obstacles se dressant dans le commerce avec I'U.R.S.S., les démocraties populaires et avant tout avec la Chine. Enfin, les Etats-Unis qui ont virtuellement éliminé l'Angleterre de l'Amérique du sud s'efforcent de la remplacer sur les marchés des autres continents.
La réalisation du programme d'armements de trois ans adopté par le Pariement au début de 1951 et l'économie permanente de guerre dans laquelle le monde impérialiste est maintenant engagé diminueront encore la production civile et accentueront le processus inflationniste qui sape la position économique de l'Angleterre. Cette crise économique est encore aggravée par le renforcement du développement indépendant du Canada, de l'Australie, de la NouvelleZélande, de l'Afrique du sud et, dans une certaine mesure, des Indes, développement qui a bouleversé au détriment de "'Angleterre le vieil équilibre économique qui existait entre celle-ci et ces pays. Il a fallu toute la souplesse dont disposait limpérialisme anglais pour sauvegarder ses positions économiques par rapport aux Dominions, et il a dû faire des concessions considerables à ces pays.
Pendant un certain temps Londres a espéré pouvoir compenser ses pertes au moyen d'une exploitation plus intense des parties les plus arriérées de l'Empire qu'il cherchait à garder sous leur ancien statut colonial• ou semi-colonial. Quelques-uns de ces pays comme l'Iran, la Malaisie et l'Egypte représentent des intérêts économiques et stratégiques vitaux pour l'impérialisme Mentirille signetain que, et le de mite britannique, et leur perte de sa puissance mondiale. Ces calculs ont reçu leurs premiers grands échecs dans les victoires qui ont été remportées après la guerre sur l'impérialisme en Chine, au Vietnam et en Corée.
Les mouvements de masse contre l'impérialisme commencés en Extrême-Orient s'étendent à présent au Moyen-Orient et en Afrique où ils mettent en péril les dernières ressources de l'impérialisme et
UATRIEMEINT Q ses avant-postes économiques et stratégiques. Les impérialistes britanniques sont les principales victimes des bouleversements auxquels nous assistons à présent au Moyen-Orient et en Afrique. La guerre désespérée en Malaisie et le fiasco en Iran ont été suivis par une dénonciation du traité de 1936 par le Caire,
LA POLITIQUE
Les conditions auxquelles le gouvernement de Churchill avait à faire face en s'installant étaient donc un empire s'eftondant et un soulèvement révolutionpuissant des masses coloniaes à l'extérieur, plus une grave crise écononaire mique et un mouvement ouvrier énergique et fortement organisé en garde contre lui à l'intérieur. Qu'allait faire Churchill dans ces conditions?
Il n'y a pas assez de ressources dans le pays et dans les restes de l'Empire pour faire face à cette double crise financière et coloniale. Il était tout d'abord nécessaire de solliciter une fois encore une très importante aide des Etats-Unis. Aussi dans les deux premiers mois du gouvernement Churchill a-t-on vu celuici manœuvrer pour faire pression sur ladministration de Washington afin d'en obtenir les meilleures conditions au cours de la prochaine visite à Truman. Les plans de guerre des militaires américains pour l'Europe reposent sur l'Angleterre et ont besoin des Iles britanniques comme base principale des plans stratégies de leur aviation. Ils pour obtenir certaines autres bases dans devront marchande: l'Empire et le consentement de l'Angleterre à une coopération plus étroite avec les té atlantique », afin que les plans amé- , autres membres de la « communauricains pour l'unification militaire de l'Europe occidentale (Plan Schuman, armée europeenne, rearmement et intégration de l'Allemagne) puissent être conclus ra-o pidement.
Churchil a hésité à s'engager sur une quelconque de ces questions pour ven-• dre ses services au plus haut prix. Il s'est même permis de faire un peu de chantage à l'égard de Washington. Dans un débat sur la défense aux Communes au cours de la première semaine de décembre, il a surpris le pays en admettant que Bevan avait peut-être eu raison sur le rythme du réarmement et que l'Angleterre aurait peut-être besoin de ralentir celui-ci. Le Premier Ministre était évidemment prêt à nuire à son prestige
Quelles peuvent être les perspectives des Tories ? Pris entre la résistance, les exigences et les réactions des masses et les pressions dominantes des Etats-Unis, le gouvernement conservateur et le régime capitaliste en Angleterre avec lui seront bientôt placés devant l'alternative, ou trouver une solution temporaire à la crise en hâtant la venue de la guerre, ou
ERNATIONALE et par la fin de l'amitié traditionnelle que les agents de Londres avaient si patiemment forgée azabe. Ces événements ont ébranlé la avec la classe dirigeante structure de l'impérialisme britannique jusque dans ses fondations et pulvérisé les derniers espoirs de retrouver un equilibre sur une base plus restreinte. DE CHURCHILL intérieur en vue d'arracher de pius gran-.
concessions financières lors de sa des mission aux Etats-Unis.
Le gouvernement conservateur a également été obligé de procéder prudemment a l'intérieur. Bien sûr les conservateure ont eu à restreindre les nationalisations et les services sociaux. Malgré leurs critiques préélectorales du gouvernement travailliste, ils n'ont pas atténué le régurne d'austérité. En fait, ils ont même du imposer de nouveiles restrictions.
En ce qui concerne les colonies, le gouvernement conservateur s'est montré aussi impuissant dans ses négociations avec l'Egypte que le gouvernement travailliste avec l'Iran. La vérité est que le mouvement des colonies pour leur indépendance que l'impérialisme britannique manque à est devenu si puissant et si irrésistible la fois des forces et des ressources pour y répondre et qu'il doit agir au mieux de ses possibilités.
La seule voie le long de laquelle les conservateurs pourraient résoudre la crise économique consisterait en de nouve les réductions des conditions de vie du peuple. Mais Churchill ne peut pas se risquer à lancer des attaques frontales contre la classe ouvrière par crainte de violentes réactions de sa part qui libéreraient des forces révolutionnaires mettant en danger le régime capitaliste dans son ensemble. Il doit compter sur le processus plus ou moins automatique de l'inflation pour saper les conditions de vie par une suppression graduelle des contrôles sur l'inflation que le gouvernenent travailliste avait établis au moyen d'un système de subventions.
L'attitude tortueuse et irrésolue actuelle du chef conservateur apparaît en contraste frappant avec celle du Churchill audacieux et décidé de la période de guerre. Il agit beaucoup plus comme le chef d'un ministère francais branlant que comme le patron anglais fort et fier des « bon vieux jours ». C'est un autre signe de la faiblesse incurable de la position de la classe dirigeante anglaise à l'intérieur et sur l'arène mondiale..
faire face à une épreuve révolutionnaire contre sa propre classe ouvrière.
Au cas où l'épreuve de la troisième guerre mondiale se trouverait retardée ou différée. les difficultés croissantes du pays et la po'itique aue le gouvernement
Churchill aura à suivre, serviront à soulever les mas es et à provoquer sa chute.
Le Labour Party serait alors appelé au
LES PERSPECTIVES TORY
LES PERSPECTIVES TORY pouvoir pour la troisième fois, dans une une atmosphère politique et des conditions sociales qui seraient équivalentes à celles d'une situation objectivement révolutionnaire.
Dans le cas contraire d'un rapprochement de la guerre, le gouvernement devra s'appuyer plus rigoureusement encore sur les Etats-Unis et utiliser leur soutien pour survivre jusqu'au déclenchement du conflit. Les tories ont a compter de plus en plus sur cette variante du développement parce qu'elle offre à l'impérialisme britannique la seule chance d'éviter la défaite de la part de ces pays qui ont déjà brisé ou sont en train de
Maintenant que le Labour Party est dons l'opposition, quelles sont les vues de ses dirigeants officiels ? Quelques-uns des dirigeants droitiers ont indéniablement spéculé dès avant les élections avec l'idée d'un gouvernement de coalition et avaient peut-être alors été desireux de repondre aux appels de sirène des conservateurs, si les conditions le leur avaient permis. Il n'est pas absolument exclu que, sous la pression de Washington et la guerre devenant plus proche, une partie de la direction réformiste capitule par avance et tente d'entraîner avec elle tout le parti dans une coalition avec les tories. Mais une telle tentative de renouveler un cabinet de coalition signifierait que le déclenchement de la guerre est imminent.
Mais il est également tout à fait possible que les tentatives de serrer la vis au pays que fera le gouvernement conservateur pour surmonter les difficultés insolubles du capitalisme britannique provoquent les travailleurs et déçoivent tellement les classes moyennes, qu'elles provoquent la chute du gouvernement avant la guerre. Une nouvelle chance serait alors donnée au Labour Party.
Un troisième gouvernement travailliste ne serait pas et ne pourrait pas être une simple répétition des précédents. Il ne pourrait se contenter, comme avant, d'apporter quelques amendements « socialistes » à la politique intérieure et extérieure traditionnelle de la bourgeoisie britannique qui en laissent les fondations plus ou moins intactes.
La nouvelle expérience avec les tories et tout ce que les travailleurs britanniques ont appris depuis la guerre se combineraient aux infirmités incurables de l'Empire pour porter la lutte de classe à un niveau plus élevé. Les dirigeants actuels du Labour Party ne pourraient fournir ni la direction ni le programme répondant aux exigences des ouvriers combatifs ou répondant aux besoins urgents d'une situation si critique. La voie serait ouverte pour une nouvelle direction ouvrière différente.
Le groupe Bevan est considéré aujourd'hui par la base du Labour Party comme le successeur de la direction droitière actuelle. Les bevanistes reflètent une tendance de gauche beaucoup plus qu'ils
ERNATIONALE briser le joug impérialiste. En outre, l'impérialisme britannique a ses propres raisons impérieuses pour s'aligner sur les U.S.A. dans la préparation de la guerre contre YU.R.S.S., étant donné que nombre des mouvements de masses dirigés contre ses positions coloniales sont contrôlés ou influencés par les staliniens et le Kremlin. Une pression énorme sera exercée par les U.S.A. pour pousse: l'Angleterre sur cette voie en échange d'une aide économique. Washington tentera de tenir l'Angleterre sous sa coupe pour qu'elle soit prête a entrer en guerre sous la sûre direction des tories. ne sont prêts à l'organiser et à la diriger. Ils ne sont pas très fortement organisés ni clairvoyants ni résolus dans leurs positions, et les progrès qu'ils ont fait jusqu'a présent dans le Labour Party leur ont été surtout accordés par la base. Bien qu'ils reculent devant les pires conséquences économiques et les engagements militaires qu'implique le réarmement, les bevanistes continuent à soutenir celui-ci en principe. Mais ils sont sensibles à la pression de la base et peuvent etre poussés de l'avant et dressés par celle-ci. Une des tâches principales des éléments véritablement révolutionnaires au sein du Labour Party dans la prochaine période • sera de dissiper la confusion centriste enveloppant les vues de la tendance Bevan et ainsi de l'orienter dans une direction plus progressive.
Les réactions des masses britanniques seront le facteur décisif à la prochaine étape dans les événements britanniques. Si elles prennent la route d'une opposition combattive au gouvernement Churchill, elles peuvent frustrer ses plans qui cherchent à entraîne le pays sur la route de la guerre, empêcher l'aile droite de conspirer l'établissement d'une coalition avec les tories, et remplacer Churchill par un gouvernement travailliste orienté vers un cours nouveau.
De toute façon, que ce soit avant ou après le déclenchement de la guerre, l'imperialisme britannique se dirige inexorablement vers une épreuve révolutionnaire. Ses jours sont comptés. Il n'y a plus aucun avenir pour l'Angleterre dans le cadre d'un édifice capitaliste qui s'effondre.
L'Angleterre industrielle pourrait retrouver son éclat d'antan et dévenir un pionnier de l'époque socialiste de l'humanité seulement si la classe ouvrière britannique parvient à acquéri une direction, un programme et une perspective révolutionnaires qui aboliraient complètement le capitalisme et transformeraient le pays sur des voies socialistes. Une Angleterre socialiste dont les ouvriers seraient au pouvoir pourrait álors résoudre le problème colonial par une collaboration harmonieuse sur une base égalitaire avec ses colonies libérées et avec tous les pavs qui auraient rejeté le joug imperialiste.