I. - Ayant échoué dans les multiples tentatives qu'il a faites depuis la dernière guerre pour arrêter la désagrégation de son système mondial et restaurer son équilibre, et se trouvant menacé par une nouvelle crise de surproduction, l'impérialisme s'est lancé à nouveau dans la préparation accélérée, militaire et politique, d'une nouvelle guerre mondiale.
II. Cette tendance à la guerre, inhérente au système capitaliste dans sa phase impérialiste de décadence et de décomposition, existait naturellement dation de la deuxième guerre mondiale et le début de la « guerre froide » Toutefois, ce qui caractérise essentiellement le cours pris récemment par la politique des impérialistes, c'est le passage d'une préparation principalement idéologique de la nouvelle guerre (par une croisade antisoviétique et anticommuniste en général) à une préparation militaire et politique plus précise de la guerre.
Ce tournant se concrétise par l'orientation essentielle de l'économie des principaux pays capitalistes vers une économie d'armements et de guerre, et la dination du caractère politique de tous leurs « plans » et idées (« Plan Marshall », • Plan Schuman ». « Unification de l'Europe ») à un caractère militaire.
III. - A cette évolution de la politique impérialiste, la bureaucratie soviétique oppose l'accélération de ses propres armements et plans militaires, l'intégration plus totale des pays satellites de l'Europe dans son orbite économique et politique, les efforts pour empêcher un développement autonome de la révolution chinoise afin d'utiliser celle-ci à ses propres fins, et, de la part des Partis Communistes, une politique d'obstruction aux plans antisoviétiques de la bourgeoisie, une politique de harcèlement et de pression sur celle-ci, afin de l'obliger à un compromis qui allongerait les délais du déclenchement de la guerre.
Pour des raisons fondamentales qui tiennent à la nature même de la bureaucratie soviétique, celle-ci, malgré les apparences, craint la rupture brusque de tout équilibre, redoute l'éveil et le triomphe mondial des forces révolutionnaires, même si celles-ci sont dirigées à la première étape par les Partis Communistes, et elle poursuit une politique essentiellement conservatrice et défensive, centrée avant sur le renforcement économique, diplomatique et militaire de son bastion : T'U.R.S.S.
De ce point de vue, la tentative de mettre sur le même plan le caractère agressif et expansionniste par même de la politique impérialiste, dont la guerre n'est qu'un développement nécessaire et la politique de la bureaucratie soviétique, d'aspirations égales à la domination mondiale aussi bien des U.S.A. que de l'U.R.S.S., c'est sombrer dans la confusion théorique, dont il découle toute une série de conclusions politiques erronées dans leur base même.
V. - Malgré l'orientation, à présent renforcée de l'impérialisme vers la guerre, la perspective de compromis temporaires entre l'U.R.S.S. et les U.S.A. reste toujours ouverte.
L'impérialisme est conscient du rapport de forces défavorables à l'étape actuelle pour qu'il puisse gagner une guerre déclenchée contre l'U.R.S.S., ses satellites européens et la Chine, guerre qui, par la force des choses, se transformera dès le début en guerre civile internationale. Bien que ceci ne signifie pas que dans tous les pays, ou simultanément, ou des le debut dans tous les pays, la guerre prendrait necessairement l'aspect de guerre civile, sa tendance générale dominante sera celle d'une guerre civile internationale.
Dimpérialisme ne peut encore compter sur une résistance tant soit peu effective d'aucun pays capitaliste de l'Europe occidentale, celle-ci passer rapidement, en cas de guerre, dans sa totalité, sous le contrôle des armées soviétiques, des Partis Communistes ou des masses révolutionnaires.
L'Asie tout entière peut, dans les mêmes délais rapides, connaitre un sort identique.
Par conséquent, dans le cas d'une guerre déclenchée à l'étape actuelle par l'impérialisme, il lui faudrait envisager une situation dans laquelle pratiquement l'impérialisme américain, partiellement secondé par l'impérialisme anglais, aurait à faire face à la coalition de l'Europe tout entière et de l'Asie, passées sous le contrôle des forces adverses.
Les événements de Corée ont déjà en partie démontré qu'une guerre générale donnera d'autre part dans son développement une impulsion puissante à la radicalisation des masses même américaines, en détruisant leur confiance dans les partis et l'Etat bourgeois et en ouvrant la voie à des développements révolutionnaires sur une échelle gigantesque.
Dans un tel rapport de forces, la victoire de l'impérialisme deviendrait problématique en présence d'un chaos universel.
VI. - Pour cette raison, il est beaucoup plus probable que l'impérialisme prolongera la période de la préparation jusqu'à qu'il atteigne capacité d'amortir la crise économique et de maintenir son contrôle sur les masses américaines.
Il lui sera d'autre part d'autant plus possible de poursuivre cette ligne que la Il lui bureaucrate t vite fuse euse elle se pi posa la con ponts, devrer le déclenchement d'une pour ses raisons propres, d'éviter partiels limités ou plus étendus, à la politique d'un partage de zones d'influence et d'avantages réciproques.
VII. VII. - Ce sont les progrès réalisés dans la stabilisation de l'économie et des rapports de classe en Europe occidentale, de quelques positions-clés dans le programme des armements en cours d'exécution, qui décideront, en partie, dans le programme dans les années qui viennent, du degré de préparation de l'impérialisme declencher guerre générale. Si l'impérialisme réussissait dans les quelques années à venir stabiliser et à réarmer sérieusement la « communauté atlantique » (en y intégrant l'Allemagne occidentale) et certaines bases importantes en Asie (Japon, fermement Philippines, Corée, Formose, les masses monisa Moyen Orientit et à maintenir son contrôle sur alors conclure à l'existence d'un rapport de forces qui permettrait à l'impérialisme d'envisager comme fort probable sa victoire dans une guerre mondiale. contrecarrés par la résistance Cependant, qu'opposeront les masses de l'Europe occidentale, des préparatifs de l'impérialisme seront inévitablement pays asiatiques et des Etats-Unis même, à une nouvelle détérioration de leur niveau de vie et à la destruction de leurs libertés pour permettre à la bourgeoisie d'exécuter son programme d'armements et de guerre
L'orientation de l'économie capitaliste vers l'économie des armements guerre pourra, pour une certaine période, éviter un approfondissement de la crise de surproduction qui menaçait déjà partout, maintenir l'activité économique aux
1950 et même les dépasser dans certains cas. Mais, en même temps, elle entraînera une nouvelle poussée inflationniste et l'abaissement d'achat devant nécessairement financer le programme d'armements de la bour de vie des masses, une partie importante de leur pouvoir geoisie.
Cependant, les marges d'équilibre instable auquel la bourgeoisie est parvenue péniblement dans les pays capitalistes sont tellement étroites que cet équilibre risque de disparaître à nouveau rapidement dans la nouvelle conjoneture
L'impérialisme américain lui-même risque cette fois d'atteindre les limites de sa capacité à pouvoir combiner, comme il l'a fait jusqu'à présent, une politique intérieure de « welfare state », ses préparatifs de guerre et le soutien des autres pays capitalistes.
X. - En réalité, si la bourgeoisie persiste à poursuivre son colossal programme d'armements, nécessaire pour éviter passagèrement l'approfondissement de la crise économique et envisager avec confiance le cas d'une guerre générale, elle sera forcée d'abandenner toute velléité de combiner une politique de « justice sociale » avec la préparation intense de la guerre, et elle sera contrainte d'abaisser partout sérieusement, y compris aux Etats-Unis, le niveau de vie des masses.
Elle ne pourra réussir à accomplir cette tâche qu'en brisant la résistance inévitable des travers une série de luttes d'envergure qui décideront en définitive des possibilités de la bourgeoisie de mener la guerre.
Malgré la direction stalinienne et réformiste du mouvement ouvrier dans les pays d'Europe occidentale et malgré le rôle traître de la bureaucratie syndicale aux U.S.A., nulle part encore la bourgeoisie ne peut envisager à instaurer des régimes « forts », dictatoriaux ou fascistes, capables de mener la dans les quelques années à venir une série de défaites décisives de réussir à infliger au prolétariat et guerre.
Ceci est particulièrement le cas de l'Allemagne occidentale, de l'Italie, de la France, de l'Angleterre. Les réactions des masses aux U.S.A. auront naturellement une importance particulière et pourront déterminer modifications profondes dans l'évolution de la situation internationale, les délais et les préparatifs de la
XI. - Pour que le mouvement de la IV° Internationale puisse correspondre comme par le passé à un besoin historique, s'insérer avee succès dans le mouvement des masses et adopter une attitude correcte sur les perspectives de guerre, il est nécessaire de réaffirmer et de préciser ses positions programmatiques dans une série de questions, entre autres celles de l'U.R.S.S. et du stalinisme.
Les positions prises par les courants antistaliniens du mouvement ouvrier autres que les trotskystes, et l'évolution de la politique du gouvernement et du P.C. yougo22 slaves au sujet de la guerre de Corée, ont démontré une fois de plus qu'il est impossible d'adopter, en face de l'évolution de la situation internationale et des perspectives de guerre une attitude de classe correcte sans une juste de l'U.B.S.S. et du stalinisme, de leur nature et des perspectives de leur évolution.
XII. - Malgré la dégénérescence extrême de la bureaucratie soviétique, l'U.R.S.S n'est pas redevenue un pays capitaliste, et la structure de son et planifiée s'est maintenue. Cette structure économique, rendue possible grâce à econome etatisee la Révolution d'Octobre et à l'expropriation de la bourgeoisie, n'est pas soumise aux lois du capital financier définies par la théorie léniniste de l'impérialisme. Elle se distingue fondamentalement, qualitativement, du capitalisme même le plus développé : dans celui-ci il existe des tendances à l'étatisation et à la planification économique. mais elles ne se réalisent jamais intégralement, et elles restent subordonnées aux intérêts et aux antagonismes des groupes monopoleurs privés. Elles sont, d'autre part, constamment minées par la multitude producteurs libres moyens et petits, qui reproduisent quotidiennement le capitalisme privé et empêchent toute planification véritable.
L'étatisation de tous les moyens de production et la planification de l'économie qui distinguent Y'U.R.S.S. et, à un moindre degré, le processus entamé dans les « démocraties populaires », ne sont pas le résultat d'une évolution organique du régime capitaliste antérieur au capitalisme d'Etat mais le produit d'une lutte de classe précise, quoique déformée dans le cas des « démocraties populaires » par l'intervention militaro-bureaucratique du stalinisme, qui a abouti au renversement des classes possédantes et de l'impérialisme.
Les changements de structure économique et sociale dans ces pays résiltent de changements brusques, à la suite d'une lutte, dans les rapports de force des classes et non pas de l'aboutissement d'une évolution générale du capitalisme vers le capitalisme d'Etat.
En dépit du caractère parasitaire extrême de la bureaucratie soviétique, qui est devenue une entrave majeure au développement économique. affirmer qu'en U.R.S.S. les forees productives stagnent cu aient cessé de progresser
C'est une preuve supplémentaire des possibilités de système de l'économie étatisée et planifiée, possibilités que la bureaucratie n'a pas pu encore détruire com-
XIII. - La bureaucratie soviétique n'est pas redevenue une classe capitaliste et n'est pas non plus une classe d'un type nouveau. Elle reste attachée dans sa très grande partie à la structure économique actuelle de PU.R.S.S. dont elle comprend les avantages et d'où elle puise ses privilèges. Elle est soumise à des pressions, des luttes, et des différenciations en son sein, provoquées par l'hétérogeneite de ses couches, la pression des masses soviétiques et celle du prolétariat international et de l'impérialisme. Elle continue à enfermer et a exprimer dans sa politique les éléments doubles et contradictoires dans leur unité dialectique de sa position actuelle de caste privilégiée érigée au powvoir d'un Etat d'origins ouvrière et de structure anticapitaliste. Elle ne peut pas se rendre à l'impérialisme sans se perdre en tant que telle en U.P.S.S.; elle ne peut pas reposer d'autre part sur le prolétariat et sur l'extension de la révolution mondiale, qui stimulerait la lutte des masses soviétiques pour la renverser. Cette extension enlèverait, d'autre part, par l'organisation et le développement rapide des forces productives dans le monde, les raisons objectives de l'existence et surtout de l'omnipotence de toute bureaucratie. Elle poursuit une politique d'équilibre entre l'impérialisme et le prolétariat, utilisant l'un contre l'autre, afin de préserver avant tout ses positions en U.R.S.S.
• La mainmise de la bureaucratie soviétique sur les directions des Partis Communistes s'est faite à travers la dégénérescence de la III Internationale, dont la base est restée profondément attachée à la Révolution d'Octobre et à TU.R.S.S.
Manipulant ces directions à son gré, la bureaucratie soviétique utilise les Partis Communistes comme instruments de sa politique internationale. Les directions de ces partis se prêtent à ce jeu parce qu'elles sont composées elles-mêmes d'éléments bureaucratisés, puisant leur influence sur les masses et leurs privilèges avant tout dans le fait qu'ils apparaissent aux masses comme mandataires désignés de la Révolution d'Octobre et de l'U.R.S.S., « patrie socialiste. »
Cependant, les Partis Communistes, là où ils sont encore des organisations de masse, groupant encore, surtout après la dernière guerre, dans plusieurs pays de Europe de l'Asie la partie la plus révolutionnaire la classe ouvrière et de la paysannerie pauvre, ne peuvent pas se laisser réduire à être, en toute circonstance, de simples agences de transmission et d'exécution des ordres de la bureaucratie sovietique.
On ne pourra pas adopter envers eux une politique juste et l'on ne pourra pas expliquer le cas du Parti Communiste yougoslave ni d'autres cas analogues qui se sont présentés et qui se présenteront inévitablement à l'avenir, particulièrement lans la perspective d'une guerre contre l'U.R.S.S., si l'on ne comprend pas complètement la dialectique des Partis Communistes et leurs rapports avec le mouvement
XV. - NI par leur direction inféodée à la bureaucratie soviétique, ni par leur base, ni par leurs rapports avee la classe ouvrière et les masses pauvres en général, les Partis Communistes ne sont exactement des partis réformistes. Ils renferment des éléments contradictoires qui ont été mis clairement en lumière depuis le pacte germano-soviétique de 1939.
Entre l'impérialisme et la bureaucratie soviétique, ils se rangent invariablement et sans désertions notables du côté de la bureaucratie soviétique, même dans ses revirements les plus brusques.
D'autre part, dans la mesure où ils se lient à un réel mouvement révolutionnaire de masses, ils subissent sa pression et peuvent, dans certaines conditions favorables, aller au delà des buts que la bureaucratie soviétique leur fixe et esquisser ume revolutionnarre. Cela signifie plus précisément la possiblité pour ces placés dans de telles conditions favorables, de se voir obliges d'entreprendre une lutte pour le pouvoir contre les classes possédantes et l'impérialisme.
Ce qui serait antimarxiste n'est pas de contester cette possiblité, prouvée aussi bien par l'expérience du P.C.Y. qu'en partie par celle du P.C. chinois, mais d'affirmer que le poids de l'appareil bureaucratique est en toute circonstance plus décisif que la pression du mouvement des masses.
Les conditions objectives déterminent à la longue le caractère et la dynamique du mouvement des masses qui, porté à un certain niveau, peut avoir raison de tous os obstacles subjects dans la voie de la tennie avoir prince tou les obstacles subjectifs dans la vole de la revolution. d'etre à la base de notre optimisme révolutionnaire et éclaire notre attitude envers les Partis Communistes.
puissants soulèvements révolutionnaires de masses, comme ceux qui se sont produits pendant la guerre en Yougoslavie, en Chine, et récemment en Corée, et comme ceux qui se produiront inévitablement dans la perspective exposée ci-dessus, il n'est pas exclu que certains Partis Communistes puissent être entrainés avec le gros de leurs forces hors de la subordination stricte de la bureaucratie soviétique et esquisser une orientation révolutionnaire
A partir de ce moment ils cesseraient d'être exactement des partis staliniens, simples instruments de la politique de la bureaucratie soviétique et se prêteraient à une différenciation et à un cours de politique autonome.
La IV Internationale ne peut pas se permettre de renouveler, en cas de nouveaux soulèvements révolutionnaires dirigés par des Partis Communistes, les erreurs d'appréciation commises dans le passé en Yougoslavie ou en Chine. Au contraire, consciente de la lutte gigantesque qui surgira dans la conjoncture d'une guerre générale ‚aussi longtemps que le rapport de forces en Europe et en Asie ne serait pas protondement changé en faveur de la bourgeoisie et de l'impérialisme, la lutte engagée déjà dans plusieurs pays coloniaux, elle doit preter une attention accrue à l'évolution des P.C. possédant une influence de masses et trouver moyens de s'insérer dans le mouvement des masses et d'influencer la base de ces
XVI. — Si l'on comprend correctement la nature de la bureaucratie soviétique, des P.C., de leurs rapports mutuels et de leurs rapports avec le mouvement des masses, on ne peut pas conclure à un avenir historique quelconque du stalinisme, la bureaucratie soviétique. Ceux qui parlent de la possibilité d'une expansion mondiale du stalinisme et d'une ère possible de domination du « capitalisme bureaucratique » ou de « collectivisme bureaucratique » stalinien partent de considérations théoriques fondamentalement erronées concernant VU.R.S.S. et le stalinisme. Ils déduisent « l'expansionisme » soviétique et sa soi-disant tendance à la domination mondiale, soit d'une structure « capitaliste monopoliste » de l'U.R.S.S. qui la pousserait, comme les pays dominés par le grand capital financier, à une politique impérialiste, soit du caractère « totalitaire » de cette politique. dèrent, d'autre les prémisses économico-sociales d'une bureaucratie analogue à celle de l'U.R.S.S. existent déjà dans le mouvement des Partis Communistes, permettant d'asseoir partout, en cas de victoire de ces partis, un pouvoir politique analogue à celui de l'U.R.S.S
En réalité, la bureaucratie soviétique ne poursuit aucunement une politique ystemacque « d'expansion » e e monde introdut au contraire, en meme temps. a du prestige stalinien, des éléments de désagrégation de ce pouvoir.
XVII. - L'extension de l'influence de la bureaucratie soviétique dans le glacis européen n'est pas une preuve de la politique « d'expansion » systématique à laquelle la bureaucratie soviétique, tout comme l'impérialisme, bureaucratie soviétique n'a mis la main sur ces pays qu'à la suite des conditions particulièrement favorables créées par la guerre, grâce à T'accord conclure avec l'impérialisme « démocratique » et grâce à la décomposition extrême du régime capitaliste dans ces pays, ce qui n'exigea aucune lutte révolutionnaire d'envergure pour l'abattre.
Même dans ces conditions extrêmement favorables, la bureaucratie a procédé dans ces pays avec prudence, pape aise, dence,sol dantre encos sprite au de atousue des masses sions à l'impérialisme, avant de décider d'accélérer l'intégration de ces pays dans son orbite économique et politique.
Dans tous les autres pays capitalistes. qu'elle considérait comme dépendant de l'influence impérialiste, Chine, ou le mouvement des masses avait deja progressivement atteint le pouvoir de la bourgeoisie, la bureaucratie soviétique a saboté le développement révolutionnaire et la prise du pouvoir. 24
Ensuite, l'intégration à laquelle la bureaucratie procède actuellement dans le glacis exigea, dans plusieurs cas, surtout là où le P.C. représentait une force liée à un reel mouvement de masse (comme en Bulgarie, en Tchécoslovaquie et,
Pologne), appareils autochtones des P.C. et remplacement par des fonctionnaires guépeoutistes, directement maniés Kremlin.
XVIII. - La bureaucratie soviétique s'oppose fondamentalement par sa nature même dans le cas d'une guerre générale au développement des forces révolutionnaires dans le monde, et il est exelu que, contre !'U.R.S.S., la bureaucratie puisse pousser les P.C. à prendre le pouvoir dans des régions du monde qu'elle ne pourra pas contrôler, entre autres par exemple aux U.S.A. - qui est pourtant la citadelle de l'impérialisme.
Bien que le caractère contre-révolutionnaire de la bureaucratie reste inchangé, soit dans sa trahison de révolutions ouvrières les livrant à l'impérialisme, l'étranglement de mouvements prolétariens indépendants, la possibilité soit dans remplir ce rôle avec succès est déterminée non par ses intentions ou désirs subjectifs qu'elle a de situation objectivement révolutionnaire qu'il devient, en raison sa vaste ampleur et de son intensité, de plus en plus difficile de détruire ou de maindes canaux bureaucratiques rigides ou sous un contrôle policier. Les événements à développements Yougoslavie conjoncture de la guerre civile internationale. Chine ne sont qu'une préfiguration des
Ce n'est qu'en partant d'une telle compréhension profonde de la nature de la bureaucratie soviétique qu'on peut se débarrasser de la hantise de la « domination stalinienne », dénoncer le rôle mondialement contre-révolutionnaire de la bureaucratie soviétique, saisir et exploiter les rapports contradictoires concrets qui existent mouvement révolutionnaire, anticapitaliste et anti-impérialiste, qui rétrécit entre celle-ci les P.C. et les mouvements de masse, appuyer fond tout encore davantage la base de l'impérialisme dans le Monde, même si ce mouvement, dans une première étape, est dirigé par une direction d'obédience stalinienne.
C'est à ce prix et par cette tactique que le prolétariat révolutionnaire surmontera le stalinisme.
XIX. - Aux tentatives de l'impérialisme pour retrouver un équilibre et résoudre passagèrement sa crise en réintroduisant dans son orbite les marchés de l'U.R.S.S. des « démocraties populaires » d'Europe, de la Yougoslavie, de la Chine et des régions asiatiques en revolte, la IV• Internationale opposera la défense de tous ces pays et des révolutions coloniales. Cette conception de la défense ne s'applique pas aux cas de l'Allemagne orientale et de la zone d'occupation soviétique en Autriche.
En aucune façon la tâche de renverser la bureaucratie soviétique et de briser sa mainmise sur le mouvement ouvrier ne pourra être confiée à l'impérialisme.
D'autre part, défendre ces pays et les révolutions coloniales en Asie, qui échappent actuellement au contrôle direct de l'impérialisme, ne signifie pas seulement œuvrer à maintenir et à aggraver le désécuilibre et la crise de l'impérialisme et par conséquent, renforcer les potentialités révolutionnaires objectives. Cela signifie en même temps miner à la longue le pouvoir de la bureaucratie soviétique de l'intérieur du camp révolutionnaire, car seuls l'élargissement et le renforcement de la crise révolutionnaire mondiale affaibliront le pouvoir de la bureaucratie et ouvriront les perspectives de son élimination dans un sens progressif.
- Pour les masses prolétariennes et coloniales l'alternative n'est pas entre la « démocratie » bourgeoise, si mutilée et défigurée qui subsiste encore dans quelques pays métropolitains, et le joug de la bureaucratie soviétique.
L'impérialisme, qui pour survivre est obligé d'abaisser constamment le niveau de vie de ses pro-res masses métropolitaines et de détruire progressivement leurs libertés, condamne le prolétariat et les masses coloniales des pays qu'il contrôle un régime de famine et de dictature policière ouverte, à la Franco, à la Tsaidaris, à la Tchang-Kai-Chek, à la Bao-Dai, à la Sygman Phee.
Sous de tels régimes la propagande stalinienne risque de rester toujours vivace et, en l'absence d'une force et d'une solution véritablement prolétariennes, leurs masses se prêteraient encore à l'influence des P.C être efficace et contribuer véritablement à l'évolution historique, la politique du prolétariat révolutionnaire ne doit pas partir de ce qui devrait être mais de ce qui est, et savoir passer d'une situation à une étape supérieure en conservant tout l'acquis de la lutte révolutionnaire passée. Elle doit être capable d'exploiter les éléments contradictoires et transitoires de l'évolution complexe, rectiligne, la dégénérescence de l'U.R.S.S. et le stalinisme ont rendue encore plus difficile.
La défense de l'U.R.S.S., des « démocraties populaires » de l'Europe, Yougoslavie et de la Chine, ne signifie pas la défense de la bureaucratie sovietique ou de la politique des directions staliniennes des P.C.. La défense de T'U.R.S.S. est une ligne stratégique de la IV Internationale, non un mot d'ordre en soi applications tactiques restent, comme par le passé, subordonnées au libre développement du mouvement des masses, contre toute tentative de la bureaucratie soviétique, de l'armée russe et des directions staliniennes, de l'étouffer et.
Dans les pays contrôlés par la bureaucratie soviétique, nulle part le prolétariat ne gouverne directement et nulle part le renversement du régime capitaliste et de impérialisme n'a ouvert la voie à une libre évolution vers le socialisme et le communisme. L'expropriation politique du prolétariat principalement par la bureaucratie soviétique constitue une entrave majeure à une telle évolution et maintient le prolétariat dans des conditions d'inéga.ité croissante et d'oppression bureaucratique et policière accrue, par rapport à certaines formes « démocratiques » du regime bourgeojs.
Cependant, pour dépasser cette situation dans laquelle le renversement du capitalisme et de l'impérialisme fut suivi par l'expropriation politique du prolétariat, il est nécessaire de combiner la lutte contre la bureaucratie à la conservation de cet acquis : le renversement du régime capitaliste, l'expropriation de la bourgeoisie, de la féodalité, de l'impérialisme l'étatisation et la planitication de l'économie.
Seul le prolétariat révolutionnaire est capabie de mener une telle lutte combinée, imposée par la dialectique de l'évolution, tandis que la victoire de l'impérialisme sur I'U.R.S.S., les « démocraties populaires », Yougoslavie, la Chine et les révolutions coloniales signifierait une défaite de la révolution mondiale, une marche historique en arrière de tout le processus révolutionnaire de notre époque.
La IVe Internationale n'a cessé cessera d'œuvrer au ment de la bureaucratie soviétique et de ses prolongements dans le glacis par le proletariat révolutionaire, ainsi que de combattre et de dévoiler les mythes de la oureaucratie sovietique et stalinienne en général autour du socialisme réalise en U.R.S.S. » et du « socialisme en voie de réalisation » dans les « démocraties popu-
Ces mythes déforment monstrueusement la réalité des conditions du prolétariat dans ces pays.
La IV* Internationale lutte pour que le prolétariat puisse diriger le combat pour le pouvoir et diriger la révolution et le pouvoir conquis, effectivement au nom de la classe tout entière, par ses organes directs de classe: Parti, Syndicats, Soviets, contre toute bureaucratie.
Elle déclare que le libre développement socialiste n'est possible qu'à ce prix. D'autre part, le prolétariat ne réussira dans cette tâche et n'évitera complètement la déformation bureaucratique de ses organismes, et surtout de son pouvoir, que dans la mesure où le camp révolutionnaire s'élargira dans le monde et où la révolution gagnera de plus en plus les pays industriellement les plus avances.
Une révolution prolétarienne aux Etats-Unis, par exemple, apportant l'aide de l'immense appareil de production américain dans l'intérêt d'un développement socíaliste mondial, faciliterait considérablement la période de transformation de pays arriérés et fournirait un correctif important aux inévitables tendances à des déformations bureaucratiques.
Le socialisme dans un seul pays » n'est pas seulement une utopie petitebourgeoise, il implique aussi une dégénérescence bureaucratique et opportuniste certaine, à la longue, du pouvoir prolétarien.
XXIII. Dans les grandes luttes inévitables que provoquera la préparation précise de l'impérialisme à la guerre, entraînant des nouveaux sacrifices des masses et de nouvelles atteintes graves à leurs libertés, notre mouvement a pour tâche de s'insérer encore mieux dans le mouvement des masses; ceci afin d'en favoriser l'issue révolutionnaire et d'occuper les meilleures positions possibles en vue du rôle qu'il aura à jouer surtout lors de la gigantesque crise révolutionnaire qui surgirait en cas de guerre générale, aussi longtemps que le rapport de forces en Europe et pas profondément changé en faveur de la bourgeoise et de série de pays où le stalinisme et le réformisme ne constituent pas d'obstacles majeurs, mouvement s'efforcera dans les années prochaines de devenir la principale direction révolutionnaire.
Dans les pays où les partis réformistes surclassent de loin toutes les autres formations ouvrières et polarisent la très grande majorité du prolétariat (Angleterre, Belgique, Australie...) notre mouvement doit s'efforcer de s'intégrer à ces organisations, d'organiser et d'y développer une aile gauche consciente.
Dans les pays ou la majorité de la classe ouvrière suit encore les P.C., nos organisations, nécessairement indépendantes, doivent s'orienter vers un travail plus systématique en direction de la base de ces partis et des masses qu'ils
Dans les pays de « démocratie populaire », nos éléments non connus doivent s'efforcer de s'intégrer dans les P.C. et de s'y maintenir, organisation de masse prolétarienne, pour exploiter les possibilités révolutionnaires qui se développeront surtout dans la conjoncture de la guerre.
En Chine, nos forces doivent de même, dans la mesure du possible, s'investir dans le P.C. et élaborer un programme concret qui puisse favoriser une orientation proletarienne et antibureaucratique de ce parti, ou au moins la formation d'une large tendance en ce sens à l'intérieur de ce parti et dans la masse qu'il influence.
Dans tous les autres pays asiatiques en révolte, où les P.C. dirigent le mouvement des masses, l'orientation de notre mouvement doit être aussi vers le travail dans les P.C. et les organisations qu'ils influencent, en vue de ne pas nous couper du mouvement des masses et d'exploiter au mieux la conjoncture
Des formes intermédiaires seront naturellement nécessaires ici et là, par les particularités du mouvement ouvrier dans chaque pays. Cependant, la ligne générale reste de s'intégrer là où passe actuellement le mouvement général de la
XXIV. - L'aspect inévitable de guerre civile que prendrait au moins en Europe 26 et en Asie une guerre déclenchée contre l'U.R.S.S. dans les conditions décrites, souligne l'intérêt particulier que doit revêtir notre travail en direction des Partis Communistes, ainsi que celui d'une position claire, non équivoque, sur la bureaucratie sovietique, les P.C. et la défense de l'U.R.S.S., des « démocraties populaires », de la Chine et des révolutions coloniales contre l'impérialisme.
Seul notre mouvement, grâce à ses positions et à toute sa préparation, peut envisager de réaliser, dans cette crise sa jonction avee les forces révolutionnaires qui surgiront des Partis Communistes et des masses qu'ils influencent, pour les dans une lutte resolue renversement du capitalisme et en même temps contre la bureaucratie soviétique.
Seul notre mouvement pourra, pour les mêmes raisons, exploiter dès maintenant la crise du stalinisme dans un sens favorable à la construction d'une nouvelle direction révolutionnaire.
XXV. - Entre le II° et le III Congrès mondial, la consigne du II° Congrès d'achever de nous insérer dans le réel mouvement des masses a été en très grande partie réalisée.
Toute la physionomie de notre mouvement, de ce fait, a été transformée: maturation des directions, prolétarisation des organisations, connaissance réelle et exploitation efficace des particularités du mouvement ouvrier cours nouveau du trotskysme est une meilleur gage de avenir en tant qu'avant-garde du prolétariat révolutionnaire et expression consciente du mouvement communiste de notre époque.
Il s'agit maintenant d'achever de consolider et d'amplifier ce processus en vue de livrer avec succes les batailles decisives en perspective, d'aider au maximum, de notre mieux, le processus objectif révolutionnaire dans un monde qui s'écroule
La question de la création d'une nouvelle direction révolutionnaire résolvant la crise actuelle du mouvement ouvrier et de l'humanité tout en entière, a toujours été envisagée par notre mouvement comme étant étroitement liée à l'existence de conditions objectives favorables à la propulsion de puissantes luttes révolutionnaires des masses. Contrastant avec la période de prostration du mouvement ouvrier que nous avons connue dans les années qui ont précédé la dernière guerre, tions existent maintenant et donnent naissance à des luttes jamais égalées dans le passé en ce qui concerne leur ampleur et leur universalité. C'est à travers cette période et ses luttes qu'une nouvelle avant-garde révolutionnaire se crée laquelle se sélectionnera aussi la nouvelle direction révolutionnaire qui fera sienne les idées et le programme de la IV* Internationale.