Documents de la IVe Internationale

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La revue › vol. 9, n° 8-10

Résolution sur la situation internationale et les tâches de la IVe Internationale

Quatrième Internationale, vol. 9, n° 8-10 · août-octobre 1951 · p. 27-40 · 10 400 mots

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La lutte contre la guerre impérialiste

Get pour la victoire de la révolution socialiste mondiale

La situation internationale est caractérisée par les préparatifs accélérés de guerre de l'impérialisme, la rupture quasi consommée en fait entre le bloc impérialiste d'une part, et YU.R.S.S. groupant autour d'elle les, « démocraties populaires » et la Chine avec qui elle est alliée d'autre part (malgré la possibilité de compromis limités avant le conflit général) ; la polarisation accrue des forces sociales dans chaque pays, l'amplification du mouvement anti-impérialiste et révolutionnaire dans les pays asiatiques de l'Extrême-Orient et du Proche-Orient, les colonies africaines et les pays semi-coloniaux de l'Amérique latine, et la nouvelle montée du mouvement ouvrier dans les métropoles en conséquence des victoires des masses coloniales et de la mise en exécution du programme d'armements de la bourgeoisie,

La période Palignement des forces sociales adverses s'engageant dans des combats partiels qui vont en s'amplifiant vers un choc général décisif.

L'accélération de la marche de l'impérialisme vers la guerre est le résultat de tentatives de restaurer un nouvel équilibre, d'arrêter le processus de son auto-décomposition, de mater le puissant mouvement d'émancipation des masses coloniales et métropolitaines, et de ses efforts pour conjurer la menace de la crise économique.

A la base de cette évolution se trouve l'exacerbation de la contradiction fondamentale du régime capitaliste: production et productivité accrues en marché qui se réduit constamment par la perte d'une série de réserves coloniales essentielles et du glacis soviétique européen, ainsi que par le fléchissement de la capacité d'achat des masses à la suite de la hausse continuelle du coût de la vie qui a pris un caractère universel durant et après la deuxième guerre. C'est avant tout l'appareil de production hypertrophié de l'impérialisme américain qui étouffe dans les frontières devenues trop étroites du monde capitaliste et qui ne peut trouver d'autre solution à ses contradictions que la conquête du monde entier.

L'économie d'armements et la guerre elle-même sont envisagées par l'impérialisme comme les ultimes moyens de juguler la menace de la crise économique dans l'immédiat, de récupérer les territoires perdus et de briser le mouvement révolutionnaire des masses, qui est la condition d'une stabilisation véritable. 1. - L'évolution de léconomie mondiale. capitaliste monette an voile sote elle data resten de Corée core a mesure que la production retrouvait et dépassait ses niveaux d'avant-guerre, sans élargissement parallèle des marchés.

C'est encore l'économie capitaliste des Etats-Unis qui a montré le plus clairement durant cette période, et plus particulièrement en 1949-1950 des signes avantcoureurs de l'approche, d'une dépression par l'essoufflement et même les chutes fréquentes de sa production.

L'économie capitaliste européenne, qui continuait à bénéficier de l'aide massive américaine, semblait poursuivre un cours ascendant. Cependant le rythme lélargissement de la production allait partout en diminuant. La production plafonnait dans certains pays (Belgique, France), tandis que dans certaines branches importantes (industrie de l'acier et du charbon) elle avait deja atteint la saturation. Le chômage se développa dans de nombreux pays. D'autre part, il y avait déjà une surproduction mondiale de produits agricoles et de certaines matières premières.

La reconversion en économie d'armements commencée avec la guerre de Corée a renversé la tendance sur tous ces plans.

Aux matières premières recherchées sur tous les marchés et stockées avec frénésie, elle a imprimé un ferme cours ascendant qui a ranimé, en même temps que l'inflation, l'économie antérieurement déprimée des pays producteurs, particulièrement de ceux du Sud-Est asiatique, de l'Amérique latine, de l'Australie et de l'Afrique.

A l'économie américaine elle a permis un élargissement considérable de sa productionis en in melle a et le reil nama de lans odu sioni cEte-balançant

Mais en même temps, ces effets favorables, et qui aggravent aussi bien le déséquilibre que la crise sociale du régime.

L'inflation peine ralentie entre 1949-1950 a repris partout et revêtu un caractère universel. Celle-ci se se celoppe imputin de en de armements développe sous l'action combinée de la hausse du cout des matières premières. du rétrécissement de la production civile, et de l'abaissement de la capacité d'achat des masses, consécutive aux nouveaux impots et au blocage plus ou moins strict des salaires.

Elle a déjà entrainé une réduction ruelle du niveau de vie des masses, y compris dans une certaine mesure aux Etats-Unis même, bien que la mise en exécution du programme d'armements ne soit encore qu'à son debut.

Au fur et à mesure que ce programme se réalisera, la production civile se rétrécira nécessairement y compris aux Etats-Unis, tandis que les dépenses de l'Etat augmencontre au détriment du pouvoir d'achat de la population productrice, une partie de plus en plus grande de ce pouvoir devant financer le secteur des

Dans le cadre de cette évolution générale, les différents éléments constructifs de l'économie capitaliste décrivent des trajectoires variées et souvent en sens inverse. Les Etats-Unis, qui ont acquis à travers et après la dernière guerre une prépondérance écrasante au sein du monde capitaliste, exercent maintenant un contrôle plus rigoureux que jamais sur l'ensemble de l'économie capitaliste mondiale.

Si le développement de la production des autres pays capitalistes, ainsi que la première phase de la nouvelle conjoncture économique par le drainage Unis de toute matière première de base de provenance de ces pays et de leurs colonies, a réduit entre 1949-1950 leur déficit en dollars, la monopolisation par le stockage aux Etats-Unis des matières premières indispensables a déterminé une dépendance plus grande que jamais du reste du monde capitaliste envers ce pays.

naturellement avant tout les pays industrialisés de l'Europe occidentale. Par contre, les pays coloniaux et semi-coloniaux producteurs connaissent 28 une ranimation de leur activité économique, mais doivent encore une fois sacrifier toute velléité d'industrialisation à la production matières premières.

Les Etats-Unis deviennent à la fois l'arsenal des matières premières, l'usine et la banque de tout le monde capitaliste, au détriment des pays coloniaux et semicoloniaux.

Ainsi le développement hypertrophié de l'impérialisme américain, loin d'aplanir les contradictions internes du regime capitaliste et d'aboutir à une sorte de pianitication inter-impérialiste, à laquelle ont rêvé les apôtres du « super-impérialisme », conduit au contraire à l'exacerbation de ces contradictions de l'impérialisme mondial, nouvelle orientation de l'économie capitaliste vers une économie d'armements, comporte dans sa logique même un glissement fatal vers une économie de guerre pure et simple. D'autre part, dans la mesure où cette orientation est déjà engagée et avancée, elle crée un processus irréversible, son arrêt devant provoquer inévitablement: intats-les au monde capitaliste tout entier. chômage, crise économique se répercutant des

A l'encontre tendances parasitaires à la prédominance de dépenses improductives dans l'économie capitaliste, léconomie étatisée planifiée IU.R.S.S. et des « démocraties populaires » européennes connait un développement important et plus équilibré, malgré les fardeaux imposés par l'armement, les frais gaspillages de bureaucratie et l'absence participation consciente masses au fonctionnement de l'économie. C'est la preuve supériorité intrinsèque de cette économie, malgré sa gestion bureaucratique. dépasses, portant la poduits industrie bien au dela de nit au atte at en 140. U.R.S.S. ,les objectifs industriels du furent atteints et Pour la première fois, d'autre part, depuis les années 1936-38, de vie, surtout des masses urbaines, commence à connaître une certaine amélioration par la stabilisation et même la baisse des prix, l'augmentation du pouvoir d'achat et l'amélioration de l'approvisionnement en articles de consommation alimentaire et vestimentaire. Par contre, les objectifs agricoles du plan ne semblent pas en tout point satisfaisants, et le problème de l'augmentation de la production agricole, pour faire face aux besoins accrus de la consommation industrielle et civile, reste toujours tres aigu.

Des léformes entreprises sur le plan des kolkhozes en vue de leur centralisation et d'une mécanisation plus poussée de l'agriculture, ont comme buts économiques, ue côté dus au dentation-de la produit manico elles couperont davantage ter ture à l'industrie de la main-d'œuvre qui lui manque. liens des paysans avec leurs anciennes terres et représenteront une nouvelle étape de stabilisation de la collectivisation agraire.

Les « démocraties populaires » européennes ont accompli des progrès notables dans la réparation des destructions subies par la guerre, dans leur industrialisation qui a déjà commencé à altérer considérablement la structure économique et la composition sociale de ces pays. Les plans à courte échéance qui avaient pour but ramener l'économie de ces pays aux niveaux d'avant-guerre, ont en général atteint cet objectif limité. Les nouveaux plans à longue échéance actuellement en execution, progressent, elargissant parfois leurs objectifs initiaux, surtout dans le domaine de la production industrielle.

Cependant, la conjoncture internationale qui oblige à un effort d'armements aceru, l'exploitation d'une partie des ressources de ces pays par la soviétique, ainsi que leur gestion par leur propre bureaucratie, infligent aux masses de ces pays de lourds sacrifices et ont entrainé un abaissement de leur niveau vie, variable selon les pays et les différentes catégories des masses travailleuses. La coupure de ces pays du marché mondial, en l'absence d'aide efficace de la part de T'U.R.S.S., freine leur développement industriel, tout en accélérant l'intégration de leur économie dans l'économie soviétique.

C'est dans le secteur agricole que les progrès sont les plus lents et les difficultes les plus grandes. collectivisation et harmonieuse dépend avant tout d'un essor préalable important de l'industrie et d'une éducation par l'exemple des paysans, et nullement de mesures administratives et de pressions bureaucratiques et policières.

Yougoslavie, le blocus du Kremlin, les conditions dans lesquelles l'impérialisme, cherchant des avantages, accorde une aide limitée, les objectifs élevés initialement fixés par le P.C.Y. et le gouvernement, ont eu comme résultat des changements et des limitations répétées du plan. Celui-ci, quoique rajusté, se réalise avee. des difficultés constantes, des retards, et son principe même est mis en jeu. Les conditions de vie des masses ont eu beaucoup à souffrir, tandis que les concessions auxquelles le gouvernement fut acculé par l'impérialisme, particulierement dans les campagnes ont renforcé les tendances à l'accumulation primitive des paysans et des spéculateurs, désorganisant la planification d'ensemble de l'économie, ce par une pression croissante des forces de classes adverses plan politique et social

Quant à l'évolution de la situation économique de la Chine, il faut inscrire à l'avantage du gouvernement de Mao-Tsé-Tung, la stabilisation des prix, l'arrêt de l'inflation et un meilleur approvisionnement du marché en produits agricoles industriels. Ces résultats sont d'autant plus remarquables si l'on tient compte de l'état dans lequel se trouvait la Chine au lendemain de la défaite de Tehang-KaiChek, de l'effort de guerre. entrepris depuis plus d'un an déjà pour seconder le peuple coréen dans la lutte contre l'impérialisme, du blocus décrêté par celui-ci contre la Chine, et de l'aide matérielle minime que Y'U.R.S.S. apporte jusqu'ici au régime de Pékin.

La conjoncture internationale depuis la guerre a naturellement bouleversé les plans de relèvement économique de la Chine et draine là aussi une grande partie des ressources du pays dans l'effort de guerre, La réalisation de la réforme agraire au sud du Yangtsé (qui a provoqué la résistance de la bourgeoisie alliée aux propriétaires fonciers s'opposant à cette mesure) implique un relèvement économique génétalement pus lent pour la Chine méridionale que celui que connaît la Chine septentrionale, par les atouts économiques qu'il détient (etatisation de secteurs imporet surtout la Mandchourie en pleine industrielle. Le rôle de l'Etat qui, tants de l'industrie )et surtout par ces atouts politiques, s'avère cependant à grand degré contrôleur, régulateur et animateur de toute la économique pays, acheminant celui-ci par étapes vers une économie étatisée et planifiée.

Naturellement, en Chine ce problème est infiniment plus difficille que dans les « démocraties populaires » européennes, à cause du très bas niveau des forces productives et de l'existence d'un domaine encore très vaste d'une économie agricole et urbaine qui fonctionne sur la base de la propriété privée et que l'Etat s'efforce de contrôler. Il. - L'évolution des relations internationales.

L'élément nouveau dans les relations internationales qui se précise de plus en pius depuis la guerre de Corée est la rupture aggravée entre l'impérialisme et le bloc soviétique allie à la Chine, qui éloigne et rend improbabie la perspective d'un compromis general tant soit peu durable entre les deux camps.

Cette évolution est le reflet de l'inexistence d'une base pour un tel compromis, le rapport des forces ayant évolué au désavantage de l'impérialisme, et son decomposition ayant pris une telle ampleur qu'il lui est impossibie de même si la bureaucratie soviétique se montrait disposée a respecter la ligne de partage d'influence dans le monde établie au lendemain de la dernière guerre, d'empêcher l'écroulement du capitalisme dans d'autres parties du monde Le statu quo est non seulement impossibie mais aussi non viable pour l'impérialisn e. D'autre part, la bureaucratie sovietique ne peut plus rouvrir les « démocraties populaires » européennes à l'exploitation impérialiste sans compromettre gravement sa propre sécurité et encore moins conclure un compromis aux dépens de la Chine et de la révolution coloniale (qui se développent d'après leur logique propre) sans rencontrer la résistance de la part des régimes installés dans ces pays et surtout du régime de

Cette résistance amènerait la rupture avec le Kremlin et son isolement dans Corée elle-même quelle puisrévolution coloniale se heurte aujourd'hui directement aux forces armées de l'impérialisme. La bureaucratie soviétique ne peut plus trahir ouvertement un mouvement d'une telle ampleur sans mettre en jeu son existence même, s'efforçant d'intervenir elle-même le moins possibie dans le conflit et tout en favorisant l'usure parallèle des forces impérialistes et révolutionnaires.

Reste la possibilité d'un compromis étendu sur l'Allemagne, à nouveau plaque tournante de toute l'Europe occidentale. Ce compromis était possible avant la guerre de Corée et la mise en exécution du gigantesque plan d'armements de l'impérialisme, avec toutes ses conséquences. Actuellement cette possibilité parait de plus en plus minime, chacun des deux camps procédant en pratique à l'intégration accélérée de la zone allemande qu'il contrôle.

Se camouflant au moyen de tentatives de renouer un dialogue diplomatique entre les deux camps, de propositions de « paix » et de bavardages « pacifistes », chacun tire des avantages divers en matière de délais, encore nécessaires, et de propagande, tout en poussant en réalité au maximum sa préparation militaire. Et chacun procède en toute chose fondamentalement du point de vue d'une guerre inévitable dans un

Parce que la base n'existe plus pour un compromis étendu, la guerre de Corée s'est enlisée dans une guerre d'usure et la Conférence des Quatre a échoué. Ceci n'exclut pas cependant la possibilité de compromis limités mais qui n'altéreront en rien la marche fondamentale et inexorable des événements.

La négociation d'une trève en Corée se place dans le cadre de tels compromis recherchés encore de part et d'autre. En Corée, l'impérialisme américain, secondé par la presque totalité du monde capitaliste, a concentré la plus grande partie de ses forces militaires actuelles, de plus en plus puissamment soutenues au fur et à mesure que son colossal programme d'armement se réalise.

Il a fait peser ainsi un poids démesurément lourd sur les masses coréennes et les forces chinoises accourues pour épauler celles-ci dans leur lutte contre Pimpérialisme, tandis que l'aide de la bureaucratie soviétique ne fut administrée en Corée qu'à doses savamment calculées pour tenir, mais non pour vorere.

D'autre part, l'impossibilité de l'impérialisme d'arriver, malgré les forces très importantes qu'il a mises en ligne, à un résultat en Corée, divisait ses rangs en ce qui concerne la façon de sortir de cette impasse : l'aile Mac Arthur de l'impérialisme préconisant l'extension immédiate de la guerre à la Chine; celle plus importante de l'administration démocrate et des milieux dirigeants européens, cherchant à circonscrire pour le moment le conflit à la Corée et à limiter l'effort porté sur ce point secondaire du front mondial.

La Chine, de son côté, saurait continuer la lutte en Corée sans un effort total du pays ou une aide substantielle de l'U.R.S.S

La bureaucratie soviétique, qui a profité pendant toute la première période du conflit, en s'efforçant d'affaiblir simultanément l'impérialisme et la jeune révolution chinoise, se trouve prise entre le danger d'une extension de la guerre et la pression menaçante de Pékin, et incline elle aussi pour la trève. Qu'il s'agisse effectivement d'une trève, d'une pause, avant la reprise de la lutte en Corée même ou ailleurs, ceci devient clair par le maintien des forees armées adverses sur pied de guerre, ainsi que par les préparatifs ininterrompus de l'impérialisme à la guerre, accélérés précisement durant la négociation même de la trève, par la création de nouvelles bases américaines en Afrique et en Europe, la préparation du traité de paix avec le Japon, la reprise des pourparlers pour le réarmement de l'Allemagne, l'inclusion projetée de la Grèce et de la Turquie dans le Pacte Atlantique, et indirectement de l'Espagne même, la réalisation enfin plus poussée du programme d'armements.

En dehors de la tension grandissante que provoquent dans les relations internationales le conflit de Corée et la situation dans le Moyen-Orient, c'est le réarmement du Japon, base principale de l'impérialisme en Extrême-Orient et plus encore celui de l'Allemagne occidentale qui aggravent davantage cette tension et la porteront à un point culminant. Dans la mesure où le réarmement de l'Allemagne en particulier reprendra sur une grande échelle, comme c'est actuellement l'intention de toute la « communauté » atlantique — le point de vue américain sur la question avant eu en définitive raison de la résistance de la bourgeoisie française - ceci sera le signe d'une accélération du rythme vers la guerre et de la consommation de la rupture entre les deux camps. On ne peut dans ce cas exclure totalement l'éventualité que le Kremlin, étant acculé de tous côtés au combat, malgré ses efforts encore tenaces et sincères d'éloigner le plus possible cette issue, risque une action préventive.

Dans le cadre de cette évolution, le camp impérialiste s'homogénise de plus en plus autour et sous la direction des Etats-Unis. Ceci ne veut pas dire que tout antagonisme inter-impérialiste a cessé, mais plutôt que les antagonismes existants se subordonnent de plus en plus aux nécessités de la lutte commune en perspective, à la signification et la gravité de cette lutte pour l'existence même du régime capitaliste dans son ensemble.

D'autre part, la disproportion entre l'impérialisme américain et les autres puissances capitalistes est telle, que toute résistance à Washington se termine finalement par la capitulation.

C'est encore l'impérialisme britannique qui n'a cessé de nourrir des velléités de tenir un de brillant second, s'efforçant à chaque occasion de sauvegarder une apparence d'indépendance. Mais même Londres dispose actuellement d'une base si restreinte, est assailli de telles difficultés dans ce qui lui reste de domaine colonial, qu'il lui est impossible de résister tant soit peu efficacement à l'envahissante protection de son allié américain. La capitulation de Londres devant Washington en ce qui concerne la politique chinoise et coréenne, pour faire face avec l'aide de l'Amérique aux dangers surgis en Iran, est significative de la façon dont se règlent en définitive les antagonismes et les frictions éphémères entre les deux parties et " du réel rapport de forces qui existe entre elles.

Ce processus d'homogénisation se poursuit aussi à l'intérieur de chaque bourgeoisie, rapprochant les points de vue entre les différentes fractions de la classe et stabilisant dans son ensemble une discipline plus stricte. Cette tendance se dégage à la suite de luttes et de frictions, mais celles-ci se dénouent par le ralliement à une ligne fondamentale commune au fur et à mesure que l'échéance de la guerre approche.

Ainsi par exemple aux Etats-Unis « le grand débat » engagé au sein des milieux en name temps le pents il degage me sortite fil date et mieu al. dirigeants américains a éclairé l'ampleur des divergences dans ces milieux quant borée pour l'ensemble de la bourgeoisie américaine et mondiale, à iaquelle se rallie maintenant le noyau principal de cette classe.

Seules de très fortes réactions des masses et particulièrement une forte réaction des masses arvéricaines, peuvent mettre de nouveau en danger la cohésion de la bourgeoisie, ainsi que les plans militaires précis de l'impérialisme, et le rythme de leur exécution.

A cette évolution des rapports inter-impérialistes correspond un processus centripète analogue dans le camp soviétique allié à la Chine. Le contrôle du Kremlin sur les « démocraties populaires » européennes s'est accentué à la faveur de l'isolement progressif de ces pays du reste du monde capitaliste, y compris sur le terrain économique, que la « guerre froide » a provoqué. Les gouvernements de ces pays ont été amenés à resserrer leurs liens économiques entre eux et avec TU.R.S.S. et à élaborer un programme commun de préparation militaire strictement contrôlé par le Kremlin. De ce fait la mainmise de celui-ci sur ces pays, qui fut longtemps contrecarrée par l'opposition sourde et par partie même de l'appareil autochtone des partis communistes, se trouve momentanément renforcée par l'évolution internationale vers la guerre.

Le retournement pro-impérialiste de la direction du P.C. yougoslave et du gouvernement de Belgrade a pesé considérablement dans le même sens.

Cela ne signifie pas du tout que l'opposition des masses soviétique et à la bureaucratie autochtone se soit affaiblie, ni que la crise a l'intérieur même de l'appareil des Partis Communistes est surmontée. Cela signifie simplement que les facteurs qui favorisaient l'amplification et l'approfondissement de cette crise dans les masses et les partis se trouvent modifiés, et que les perspectives relatives un developpement d'une opposition « titiste » considérable dans l'immédiat et même dans un proche avenir, ne sont plus justifiées.

En ce qui concerne la Chine, là aussi l'aggravation de la situation internationale joue plutôt dans le sens d'un maintien des liens avec le Kremlin. Dans la mesure où le blocus impérialiste isole la Chine du marché mondial et que l'effort de guerre qu'elle poursuit en Corée draîne une grande partie de ses ressources au détriment d'un relèvement économique rapide, la Chine Kremlin, même si l'attitude de propres de la bureaucratie soviétique, devient de plus en plus claire et intolérable aux yeux des militants du P.C. chinois et même d'une partie de ses dirigeants. III. - L'évolution des luttes sociales et la situation dans le mouvement ouvrier international. Au centre de la montée actuelle du mouvement international d'émancipation des masses exploitées, int-impériale et relaccentuée du spine capitaliste, se place

Get semicoloniaux. Ce mouvement loin de connaître un temps d'arrêt, s'amplifie, gagnant de nouvelles régions.

Tandis qu'en Chine les conquêtes de la Révolution se consolident et que la guerre de Corée, accompagnée du blocus de l'impérialisme, impose un cours plus à gauche au régime de Mao-Tsé-Tung, aussi bien sur le plan économique que politique, en Corée, au Vietnam, en Malaisie, en Birmanie, aux Philippines, des masses contre l'impérialisme et ses agents autochtones se poursuit et aucune stabilisation au profit de l'impérialisme n'est en vue.

Au Japon, le mouvement ouvrier subit actuellement la pression conjuguée des classes dominantes indigènes et de l'impérialisme occupant qui ont cherché par tous les moyens à arrêter son impétueux élan au lendemain de la liquidation de la guerre.

Mais c'est surtout sa direction stalinienne et réformiste qui freine la réalisation d'une plus ample unité d'action contre l'offensive de ses ennemis de classe, ainsi que son développement général.

Malgré cela, la radicalisation des poursuit, dépassant de loin le niveau d'avant-guerre, et restera l'obstacle le plus puissant aux préparatifs et aux plans de guerre de l'impérialisme américain et de ses alliés indigènes.

Aux Indes, à Ceylan et en Indonésie pays dans lesquels l'impérialisme lé à céder le pouvoir direct à la bourgeoisie indigène, règne une situation pré-révolutionnaire dans laquelle s'accumule un potentiel hautement explosif. C'est l'expression de l'incapacité organique de la bourgeoisie, étroitement liée à l'impérialisme, d'accomplir les réformes démocratiques, économiques et politiques, qui atténueraient la misère extrême dans laquelle vivent toujours les masses paysannes et ouvrières de ces pays , et donneraient satisfaction à leurs aspirations profondes de liberté et d'auto-gouvernement.

La région du Proche-Orient, jusqu'ici chasse gardée de l'impérialisme appuyé sur les féodo-capitalistes indigènes, est entrée en ébullition. Le mouvement antiimpérialiste des masses gagne en ampleur et oblige les milieux les plus clairvoyants des classes possédantes à esquisser une politioue anti-impérialiste. Ces milieux espèrent ainsi d'une part atténuer la crise financière qui sévit dans ces pays en expropriant l'impérialisme d'une partie des ressources ou'il tirait de l'exploitation de leurs richesses, et de l'autre empêcher la formation d'une direction révolutionnaire du mouvement national des masses.

Dans les colonies nord-africaines et équatoriales françaises, le renforcement de l'oppression par l'administration n'arrive pas à venir à bout du profond mouvement d'émancipation des masses indigènes. Ce mouvement entraîne dans tous ces pays, pour des raisons identiques à celles du Moyen-Orient, une partie de plus en plus importante de féodo-capitalistes et de la petite-bourgeoisie, des fonctionnaires, des petits commerçants, des intellectuels, indigènes. Les soi-disantes concessions et réformes de l'administration s'avèrent illusoires et poussent à nouveau à l'opposition des milieux possédants indigènes qui ont voulu collaborer. Ceci parce que base de l'impérialisme francais est très restreinte et que son appauvrissement général l'oblige à une exploitation accrue de ses colonies africaines et à une répression plus sévère que jamais.

Dans les pavs semi-coloniaux de l'Amérique latine, les tentatives de l'impérialisme américain et des milieux dirigeants collaborationistes qui profitent à nouveau économiquement de la conjoneture internationale préparatoire à la guerre, pour entrainer les masses dans la « défense » commune de l'hemisphère occidental et la guerre antisoviétique, rencontrent una très forte résistance illustrée par les lutter qui ont eu lieu récemment dans tous ces pays ainsi que par les résultats significatifs a ce propos des élections au Brésil et encore plus en Bolivie.

En Australie et en Nouvelle-Zélande, pays dans lesquels se forme un prolétariat de plus en plus nombreux, vigoureux et sans passé de défaites, des luttes d'envergure ont démontré sa résistance à la politique de guerre de la bourgeoisie et à ses

En Hurope occidentale, des grandes luttes ont marqué une nouvelle montée du prolétariat à la suite des victoires anti-impérialistes remportées en Asie mise en exécution du programme d'armements de la bourgeoisie, avec ses conséquences sur le niveau de vie des masses déjà très bas.

En Angleterre, le prolétariat montre une résistance soutenue à cette politique de guerre ,qui a trouvé son expression non seulement dans la série de luttes livrées sous une direction autonome contre la bourgeoisie et ses agents réformistes dans les syndicats, mais aussi dans les remous que connait le L.P. et dans le développement d'une alle gauche à son intérieur.

La demission de Bevan et son nouveau programme « socialiste », au moyen duquel il s'efforce de renflouer le L.P. aux prochaines élections, et d'apaiser le mécontentement d'une grande partie de sa base, est un point culminant dans la à laquelle poussent les événements à l'intérieur du L.P. Ce n'est encore que le début d'un processus qui s'accélérera au fur et à mesure que l'exécution de la politique de guerre de la bourgeoisie anglaise et ses difficultés accrues dans le domaine colonial, démontreront son incompatibilité avec le maintien d'un programme social, et encore moins « socialiste ».

En France, de grandes luttes récentes ont montré ce que seront les réactions des masses devant la forte poussée inflationniste de ce pays. Sous l'effet combiné de révolution économique, de difficultés dans le domaine colonial et du renforcement de la réaction dans le nouveau parlement issu des élections de juin, la lutte de classes en France s'achemine vers un point culminant.

En Italie, par rapport à 1948, les élections ont démontré un renforcement des partis ouvriers et un recul du principal parti bourgeois, celui de Gasperi. contraste avec la concentration de la droite dans le parlement français par la présence massive des députés gaullistes.

En Allemagne occidentale, la montée ouvrière, constante sous la pression de inflation, du chômage et de la politique réactionnaire des occupants impérialistes la bourgeoisie collaborationiste, est encore contenue. L'integration accélérec lAllemagne dans la communauté « atlantique » et la politique de guerre de celle-ci, ne manqueront pas de porter à un haut niveau la résistance et les réactions des masses allemandes, opposées plus qu'ailleurs à un nouveau carnage.

En Belgique, en Autriche, en Hollande, dans les pays scandinaves, en Grèce, politique de guerre de la bourgeoisie provoque des réactions semblables à des degrés divers, parmi les masses qui ne se sentent nulle part battues ou démoralisées

Mais c'est encore en Espagne que la nouvelle montée du prolétariat européen a pu montrer toute son ampleur actuelle, Douze ans de répression féroce n'ont pu empêcher la renaissance de la résistance des masses espagnoles qui, d'un bout à l'autre lutte et leur opposition irréductible au régime franquiste. Une nouvelle révolution en formations imposantes, ont puissamment manifesté leur mürit actuellement en Espagne et son éclatement ne doit pas être une surprise. Il peut se produire, favorisé par quelques circonstances intérieures, ou par quelques nouvelles luttes d'envergure en Europe occidentale, ou par de nouvelles victoires anti-impérialistes. Dans tous les cas, son éclatement portera d'emblée tout le mouvement ouvrier de l'Europe occidentale à un très haut niveau et altèrera profondément la situation, particulièrement en France, en Italie, en Angleterre et en Allemagne.

Aux Etats-Unis et au Canada, les réactions ouvrières, tout en étant de nouveau attisées par l'inflation qui se développe dans ces pays, restent encore à un niveau relativement bas, ces deux pays bénéficiant de conditions particulières. La capacité d'achat des masses en plein emploi n'est pas encore sérieusement entamée par le processus d'inflation. D'autre part, la violente offensive réactionnaire de la bourla chasse anticommuniste, les brusques mesures de régimentation et de militarisation accélérées de la vie du pays, particulièrement aux Etats-Unis, pêsent sur les masses, qui réalisent encore mal le sens et l'aboutissement de la nouvelle conjoncture.

Malgré cela, les premières conséquences du programme d'armements ont provoqué une vive réaction dans les milieux de la bureaucratie réformiste, soucieuse sauvegarder ses propres privilèges et sa base dans Des réactions plus importantes ne surgiront aux Etats-Unis qu'à une étape plus avancée de l'exécution du programme d'armements et de la militarisation du pays.

Avec un décalage encore important, et inévitable par rapport à tous les autres pays capitalistes, les Etats-Unis s'acheminent malgré cela inexorablement vers une transformation profonde qui atteindra aussi bien le niveau de vie que le mode de vie des masses, et leur fera goûter les mêmes fruits amers que dispense abondamment partout ailleurs le capitalisme pourrissant: paupérisation accrue, longues années de caserne, terreur policière, répression.

La situation à l'intérieur même du mouvement ouvrier est caractérisée par la disproportion | qui existe actuellement entre les possibilités objectives révolutionnaires, les luttes mêmes de plus en plus amples des masses coloniales et métropoli- politique constante de trahison, de couardise et d'opportunisme des traditionnelles réformistes et Le réformisme s'avère peut décisivement du capitalisme moribond lentraine dans son pourrissement, même la ou les masses lui accordent un appui puissant et Lui des mesures hardies comme en Angleterre, gique, en Autriche, en Alemagne, dans les pays scandinaves, au Canada, en Austra-

Men Nouvelle-Zélande et, dans une moindre mesure aux Indes, au Japon, en Palestine. Il a accepte de servir, avec ici et là des réticences de forme, non essentelles, la politique d'armements et de guerre de la bourgeoisie contre 1U.R.S.S., les • démocraties populaires », la Chine, les revolutions coloniales, le mouvement révolutionnaire international. Il se sert dans propagande auprès des des memes arguments « idéologiques » que la bourgeoisie pour les entraîner dans

La reconstruction récente à Francfort de feue la II° Internationale, n'a d'après ses propres déclarations, comme but que de coordonner dans une certaine mesure destinée à enchainer à nouveau les masses derrière l'effort de guerre de l'impérialisme, les entraîner dans la guerre même, et à la parer d'une couverture de «

Cette politique au fur et à mesure que les conséquences de la préparation de la guerre de la bourgeoisie seront de plus en plus lourdement ressenties par les masses, une partie de sa base ouvrière là où il a pu la conserver reconquérir du stalinisme, et provoquera des remous intérieurs encore plus importants que ceux qui se manifestent dejà par exemple en Angleterre.

All cas où le mécontentement dans les propres rangs réformistes prendra des proportions importantes et où les réactions des masses risqueront d'être polarisées par d'autres partis ou tendances, il n'est pas exclu que les dirigeants réformistes préconisent une opposition momentanée à la politique de la bourgeoisie et poussent leurs partis dans cette opposition. La bourgeoisie elle-même voudra dans certains cas d'obstruction et d'opposition latente à une préparation ferme de la guerre, tudiée à debarrasser de leur présence au gouvernement, d'obstruction et d'opposition latente à une préparation ferme de la guerre.

Pour ces raisons, l'évolution de chaque parti réformiste doit part par notre mouvement afin de préciser la tactique à suivre envers lui, et qui peut entrainer, selon les pays, même notre intégration totale dans ces partis afin de profiter de la formation d'une aile gauche importante dans leurs rangs, dont nous nous efforcerons de prendre la tête.

En ce qui concerne le stalinisme il faut distinguer et insister sur les aspects suivants:

En ce qui concerne la politique fondamentale à l'heure actuelle de la bureaucratie soviétique, celle-ci est déterminée par sa crainte des conséquences révolutionnaires qu'entraînerait une guerre mondiale avec l'impérialisme, rompant tous les équilibres. embrassant des masses et des forces immenses et incontrôlables. Pour cette raison et non principalement par peur de la force militaire qu'a eue jusqu à présent l'impérialisme, la bureaucratie soviétique a évité d'exploiter le rapport de forces défavorable à l'impérialisme et son impréparation militaire manifeste. Pour cette raison aussi dès maintenant, ainsi que par la crainte que lui inspire le potentiel militaire croissant de l'impérialisme, la bureaucratie soviétique vise à obtenir des délais à travers un compromis et désigne comme tâche fondamentale aux Partis Communistes la campagne pour la « paix » à travers une conference des « Cinq grands ». Mais, d'autre part, devant les préparatifs évidents et accélérés de guerre de l'impérialisme et les ripostes révolutionnaires des masses. la bureaucratie soviétique est obligé de mener au moyen des P.C. une lutte réelle contre ces préparatifs et de tenir dans un certaine mesure compte des réactions des masses. D'où le caractère combiné de sa politique actuelle, mélange d'opportunisme pacifiste petit-bourgeois et de gauchisme « anti-impérialiste » et « anticapitaliste » non seulement verbal entraînant des actions de classe contre les préparatifs de guerre.

D'autre part, dans des pays où les conditions objectives roussent les masses à une révolte ouverte contre l'impérialisme et le capitalisme, et à la lutte armée, comme c'est le cas actuellement en Extrême-Orient, la bureaucratie soviêtique, magré les dangers ses rapports avec l'impérialisme et l'extension de la Révolution dans le monde, est obligée de ne pas saboter purement et simplement ces luttes et s'efforce plutôt d'en tirer le meilleur profit.

Ce jeu dangereux et contradictoire, c'est la situation qui l'impose à la bureaucratie, prise elle aussi comme le capitalisme dans des contradictions inextricables, et entrainée par des forces qu'elle ne peut pas contrôler strictement

Les Partis Communistes enfin, tout en étant inféodés par leurs directions au Kremlin, et tout en agissant fondamentalement comme agents des intérêts de la bureaucratie soviétique, sont places dans des conditions nouvelles dont ils subissent es conséquences. Obligés ,tout en insistant pour un compromis. de lutter contre les préparatifs de guerre de la bourgeoisie, e1 subissant la pression des masses, ils véhiculent un potentiel révolutionnaire qui peut les entraîner au delà des inten-

Kremlin et de leurs dirigeants, ce qui n'est pas sans danger pour leur conformisme bureaucratique.

En général, la conjoncture actuelle de préparation accélérée à la guerre a favorisé une reprise de l'influence des Partis Communistes, quoique à des degrés divers, dans une série de pays. est particulièrement plus net dans les pays coloniaux et 34 semi-coloniaux. L'attraction de la Chine et de la guerre de Corée s'est faite ressentir indigènes s'averent en premier lieu en Extrême-Orient et dans toute l'Asie, incapables de lutter tant soit peu efficacement contre l'impéoù les partis nationalistes rialisme et contre les classes possédantes indigènes.

En Italie, en France et en Grèce il v a une légère reprise des Partis Commurapport au recul de leur influence avant l'accentuation de leur cours gauchiste, nistes qui, soit maintiennent leurs positions, même gagnent légèrement par surtout avant la mise en exécution du programme d'armement de la bourgeoisie. Dans le staliniens continuent à reculer pour les mêmes raisons qui ont provoqué leur affaireste de l'Europe occidentale et dans les pays anglo-saxons, les partis blissement depuis 1947-49.

Les limites de ce cours gauchiste sont maintenant plus claires. Dans la mesure où un compromis étendu avec l'impérialisme est plutôt exclu et où les préparatifs de guerre de la bourgeoisie iront en s'accélérant, ce cours persistera fondamentalement. Il connaitra néanmoins des oscillations de gauche à droite et vice-versa, toujours sur la base de cette ligne fondamentale, selon les possibilités de compromis limités et éphémères, et à chaque offensive de « paix › que la bureaucratie seviétique ne cessera de lancer jusqu'au conflit, comme c'est le cas actuellement avec la négociation de trève en Corée. Ceci entraine comme résultat non la disparition de stalinisme, mais une transformation de sa forme. A la possibilité de ruptures importantes dans les P.C. qui existait avant la guerre de Corée et durant le cours progressif de l'affaire yougoslave, succède un gauchissement de la base des P.C. au sein de ceux-ci.

Cette appréciation du cours actuel de la politique des P.C. n'est pas sans conséquence pour le développement tactique de notre mouvement pays à forte pression stalinienne en ce qui concerne l'avenir immédiat.

En dehors du réformisme et du stalinisme, ces deux courants encore fondamentaux du mouvement ouvrier international, les anciennes formations centristes du type des organisations du Bureau de Londres, ont soit complètement de se rajeunir en assimilant l'expérience événements et compromettant ainsi leurs possibilités de jouer un rôle important ne fut-ce que dans leur propre pays.

Entre 1949 et l'éclatement de la guerre de Corée, le P.C. yougoslave était apparu comme capable de prendre la tête d'un regroupement des forces révolutionnaires indépendantes du capitalisme et du Kremlin, et de jouer un rôle capital dans la formation d'une nouvelle direction révolutionnaire. Cette possibilité cependant a été bien vite gâchée sous la pression combinée de la tournure de la situation internationale, des difficultés intérieures surgies en Yougoslavie et de l'entrainement opportuniste profond de la direction yougoslave à l'école stalinienne. Les répereussions progressives de l'affaire yougoslave ont été sensibles dans plusieurs pays europeens et ont provoqué un regroupement de certains éléments de l'avant-garde révolutionnaire, de provenance stalinienne en particulier. C'est surtout en et, dans une moindre mesure, en Italie, en Espagne, en France et en Suède que ce Allemagne nouveau centrisme s'est manifes. Mais il ne s'est maintenu jusqu'ici pratiouement qu'en Allemagne, pays dans lequel il a trouvé une base plus importante grâce à la crise du stalinisme, la plus avancée en Europe. Dans une période de tension extrême de la lutte de classes, de polarisation aussi extrême des forces sociales, le centrisme a moins que jamais de place, et to tes les tentatives dans ce sens échouent de façon rapide et lamentable.

Seul le mouvement de la IVe Invernationale, plus sérieusement que jamais tionale, et même dans le réel mouvement ouvrier de plusieurs pays maintient et enraciné dans des milieux importants de l'avant-garde révolutionnaire internaaccroit ses forces et se prépare à jouer à fond les chances que la période révolunaire qui acsurera, sur les ruines du capitalisme et du stalinisme, la victoire finaie tionnaire actuelle offre pour la construction d'une nouvelle direction du socialisme mondial. IV. - L'orientation et les tâches de la IV° Internationale. son orientation ainsi que dans la définition de ses tâches politiques immédiates, notre mouvement doit partir des perspectives révolutionnaires grandissantes basées sur la crise et la décomposition accélérée du capitalisme, pable de changer le rapport des forces actuel en sa faveur, et ceci aussi bien dans s'avère incal'immédiat que pour le proche avenir.

D'autre part, dans conditions concrètes où s'effectue cette décomposition, avec la présence de P'U.R.S.S. et du stalinisme exploitant en cette crise, le rôle de nos organisations dans le mouvement révolutionnaire ascenpartie à leur profit dant diffère selon qu'il s'agit des zones influencées encore par le stalinisme ou non. dant diffère

Dans le second cas, dans lequel il faut inclure des pays comme les U.S.A., l'Angleterre, l'Allemagne, l'Espagne, la Belgique, scandir aves, le Canada," l'Australie. la Nouvelle-Zélande, la Hollande, la toute l'Amérique latine, Suisse, les pays l'Afrique, et même encore les Indes, l'Indonésie, le Moyen-Orient, notre mouvement doit agir dès maintenant avec la détermination de devenir dans les années à venir la direction revolutonnaire des masses, qui aura a organiser la lutte pour le pouvoir dans tous ces pays. Faute de jouer audacieusement ce rôle, et de s'y préparer des maintenant, lampelcation inevitable de la crise du capitalisme dans ces pays risque de pioler a d'autres organisations centristes et meme aux organisations staniennes actuellement en stagnation ou meme en déroute dans ces pays.

Dans tous les autres pays ou le mouvement revolutionnaire de masses passe encore principalement par les organisations staliniennes ou stalinisantes, notre préoccupation essentielle doit être de ne pas nous couper de ces masses, de chercher a nous y mêler et à profiter rialisme, pour les dresser, à tique et le stalinisme. Le so engage et qui connaitra ava nisme, une série de phases de la lutte commune contre le capitalisme et l'impétravers cette lutte aussi contre la bureaucratie soviért de celui-ei se joue dans le jeu global actuellement nt son denouement de toute façon ratal pour le staliet d'etapes.

Notre mouvement ne pourra pas tirer profit de la période révolutionnaire actueile s'il n'arrive pas à porter à un très haut niveau sa capacité de manœuvres organisationnelles et d'approche des masses partout ou passe réellement le mouvement essentiel de classe (ou ues courants importants de ce mouvement); sans combiner d'autre part, cette capacité, cette souplesse organisationnelle et tactique, avec une solde conesion ideologique de ses cadres et de ses militants, renet de leur comprenension profonde des concicions concretes dans lesquelles se deroule actuellement la lutte pour le socialisie. Seule une telle organisation de cadres et de militants pourra ne pas s'isoler en toute circonstance des masses, et ne pas fléchir ni dans le sens de la pression de impérialisme ni dans le sens de la pression du stalinisme.

D'une façon générale, dans l'avenir immédiat, la tâche politique essentielle de notre mouvement sera de propulser, d'organiser et de diriger, là où les conditiona le permettent, la lutte des masses pour la défaite de l'impérialisme dans ses préparatifs de guerre, et dans la guerre s'il la déclenche, grâce à Paction commune de toutes les masses révolutionnaires qui s'y opposent.

Notre mouvement s'efforcera de prendre, partout où il le pourra, la tête du mouvement des masses contre la guerre de l'impérialisme et pour le désarmement de ce dernier par la Révolution et le pouvoir des travailleurs.

Notre mouvement dénoncera le caractère contre-révolutionnaire de la guerre en préparation contre l'U.R.S.S., la Chine, les « démocraties populaires », les autres révolutions coloniales, le mouvement révolutionnaire international. Il appellera les tent imperaliste, masses à la défense de ces conquêtes et expliquera le sens progressif de cette défense, à la fois anticapitaliste, anti-impérialiste, et contre la bureaucratie soviétique.

Notre conception de la défense de l'U.R.S.S. en cas de guerre reste naturellement, comme par le passé, subordonnée à la défense des intérêts généraux de la révolution socialiste mondiale. Celle-ci est impossible sans le libre deploiement et la mobilisation révolutionnaire la plus large des masses laborieuses dans le monde contre leur propre bourgeoisie et contre l'impérialisme en général, mobilisation qui atteint son point culminant dans leurs insurrections armées.

Parce que c'est cette mobilisation qui en dernière analyse décidera du sort de la guerre mondial et du sort de l'U.R.S.S. en particulier, nous nous opposerons, comme par le passé, à toute tentative de la bureaucratie soviétique de réprimer, de restreindre ou de faire dévier pareille mobilisation des masses prolétariennes et coloniales, et nous organiserons leur résistance en face de telles tentatives, y compris leur résistance armée, indépendamment même des incidences que cela pourrait avoir sur la conduite purement militaire de la guerre, si ces incidences ne compromettent pas le résultat final de la guerre et la victoire sur l'impérialisme.

Pour la même raison, les bolcheviks-léninistes en U.R.S.S, tout en se battant aux premiers rangs contre limpérialisme et en subordonnant le choix du moment du renversement de la bureaucratie bonapartiste à lá question de la sécurité militaire immédiate du pays et à des conditions qui ne compromettent pas la victoire sur l'impérialisme, n'interrompront pas leur lutte politique pour le renversement de Staline et pour l'ensemble du programme de la révolution politique que nous préconisons en U.R.S.S.

C'est dans un esprit analogue que, d'autre part, nous concevons la défense des « démocraties populaires » européennes.

La situation d'inégalité sociale croissante, de gabegie economique, d'oppression nationale et politique policière, d'étranglement de tous les courants ouvriers opposionnels et de destruction du mouvement syndical vivant, dans laquelle la bureaucratie stalinienne place le prolétariat partout où elle gouverne, peut provoquer au cours de la guerre, dans les « démocraties populaires » et surtout dans les pays d'Europe centrale et occidentale éventuellement occupes par l'armee sovietique, outre des mouvements de la part des classes possédantes ou de leurs residus, qu'il s'agit de combattre par tous les moyens, des mouvements spontanés de résistance passive ou armée de masses ouvrières contre la bureaucratie, mouvements correspondants aux aspirations et aux intérêts véritables de ces masses. Le devoir de la IV" Internationale, c'est d'essayer d'en prendre la direction, afin de les conduire dans le cadre de la lutte anti-impérialiste mondiale. Ce faisant, elle empêche les agents directs ou indirects de l'impérialisme d'utiliser ces mouvements dans les intérêts de ce dernier. 36

En ce qui concerne la défense de la Chine et de la Révolution coloniale contre l'impérialisme, ces précautions, restrictions et réserves envers l'action militaire de ces révolutions ne sont généralement pas applicables.

La possibilité d'une action militaire contre-révolutionnaire et d'une utilisation contre-révolutionnaire des forces armées, n'est naturellement pas totalement exclue aussi longtemps que ces révolutions coloniales sont dirigées par des partis non bolcheviks-léninistes. Mais cette éventualité se place sur un tout autre plan que celle de l'action militaire de la bureaucratie soviétique. Car l'ensemble de l'action militaire de ces révolutions contre l'impérialisme, même quand le pouvoir politique se trouve aux mains de partis qui n'ont pas encore coupe toutes leurs attaches avec le Kremlin, et qui ne sont pas de véritables partis bolcheviks-leninistes, est essentielment dirigé en cas cas de guerre avec l'impérialisme contre celui-ci, pour la défense et l'extension de la Révolution.

De ce point de vue, cette action diffère fondamentalement de celle de la bureaucratie soviétique qui est mortellement effrayée par l'extension de la Révolution s'y opposer par la violence chaque fois que le rapport de forces entre elles, l'impérialisme et le mouvement des masses le lui permet.

La IV° INTERNATIONALE que donner un appui sans réserves à militaire de toutes les révolutions coloniales contre l'impérialisme. à la propagande pacifiste au moyen de laquelle bourgeois et cherchent à paralyser les masses, notre mouvement ouvrira partout la perspective de la prise du pouvoir et Révolution prolétarienne, plus nécessaires que jamais. En même temps et dans le cadre de cette perspective, il mettra en avant, selon les pays, les mots d'ordre appropriés à la lutte contre les consequences economiques et politiques de la préparation de la bourgeoisie a la guerre.

C'est cette conception de notre lutte contre la guerre des impérialistes qui nous offre à la fois la possibilité de nous délimiter fondamentalement du stalinisme et de ses campagnes de « paix », et de trouver un écho favorable parmi les masses encore, en nous battant à leurs côtés avec une stratégie claire et une tactique adéquate.

La façon d'approcher les militants, les masses, les mouvements sous stalinienne, doit retenir l'attention de chacune de nos sections, selon l'importance et les particularités que chaque pays présente en ce domaine.

Notre délimitation fondamentale du stalinisme y compris sur la question de la « paix » doit se présenter tactiquement aux masses qu'il influence, en partant de leurs préoccupations et buts, de façon à leur montrer que nous avons les mêmes préoccupations et les mêmes buts révolutionnaires qu'elles.

Nos organisations doivent rechercher les moyens de contacter ces compris dans leurs campagnes et manifestations pour la « paix » et éviter une attitude purement négative.

'autre part, une attention particuliere doit etre donne aux organisations staliniennes de Jeunes, qui influencent contestablement contestablemen dans plusieurs pays d'Europe et d'Asie en particulier, la partie la plus dynamique de la jeunesse travailleuse.

Dans le cadre de ces considérations, nos différentes organisations et les forces trotskystes s'efforceront d'accomplir des tâches plus particulières : вгоре.

En ANGLETERRE, les trotskystes doivent œuvrer au renforcement d'une large mouvement organisé le LP.

contre la politique de guerre de la bourgeoisie et de ses agents, les dirigeants réformistes. s'efforceront d'influencer avant tout la base prolétarienne de l'aile gauche du L.P.

Envers la tendance Bevan en particulier, ils adopteront une attitude souple pour lui assurer un développement aussi large que possible. Ils veilleront d'autre part à ce que la direction de cette tendance ne la cristallise pas sur une position centriste telle que celle exprimée dans la plate-forme « Sens unique », en opposant à celle-ci une critique positive, dans laquelle on introduira la partie de critique principielle, et en ouvrant les réelles perspectives socialistes de l'Angleterre dans collaboration économique avec la Chine, les « démocraties populaires » et l'U.R.S.S.

En FRANCE, notre organisation indépendante donnera une attention particulière à notre propagande et à notre action parmi les ouvriers influencés par le P.C.

Elle développera une campagne systématique plus particulièrement la base du P.C. et du P.S. en vue de réaliser l'unité d'action prolétarienne extraparlementaire contre l'orientation, autrement inévitable, de plus en plus réactionnaire de la politique de la bourgeoisie et de son nouveau parlement, pèse la masse des députés gaullistes et autres réactionnaires. Elle mènera campagne dans la perspective d'un gouvernement ouvrier et paysan. Elle accordera d'autre part une place centrale à la défense et à la libération des peuples de l'Afrique du Nord, de l'Afrique Noire, du Vietnam, de Madagascar, ainsi qu'à sa jonction avec les ouvriers nord-africains résidant en France.

En ITALIE, notre organisation aura à consolider davantage sa structure organisattonnelle et ses points d'appui dans les milieux ouvriers des usines et des syn-

QUATRIEMEINTERNATIONALE dicats. Elle développera une campagne pour l'unité d'action

Get le gouvernement ouvrier, à l'adresse des militants du P.C. et des Partis Socialistes semblable à celle influencés par le P.C. et le P.S.I. en particulier. concerne le travail systématique, de France. Elle accordera, d'autre part la même attention qu'en France direction des ouvriers et paysans en ce qui

En ALLEMAGNE. pour lavenir du prolétariat européen, nos forces sauront utiliser audacieusement les possibilités plus particulièrement la décomposition du P.C.A. pour construire la nouvelle direction révolutionnaire. Elles n'hésiteront pas à opérer tout tournant organisationnel dans ce but, tout en consolidant sans cesse leur cohésion idéologique. Elles chercheront à conquérir des positions solides dans les syndicats et à regrouper la nouvelle génération de dirigeants de luttes ouvrières qui y apparaît. Elles ouvriront devant le prolétariat allemand la perspective grandiose d'une République socialiste unifiée, après le retrait des forces d'occupation qu'ils réclament, et par l'extension à tout le pays, sous contrôle ouvrier par l'établissement d'une véritable démocratie ouvrière, réformes économiques et sociales réalisées en Allemagne orientale. Elles mèneront campagne contre le réarmement de leur bourgeoisie, imposé aux masces allemandes capitalisme international et autochtone, et prolétariat comme le meilleur moyen de défense contre les projets de guerre des impérialistes et contre les plans contre-révolutionnaires du Kremlin à son

En HOLLANDE, notre organisation, tout en poursuivant la consolidation de ses positions dans les milieux et centres ouvriers du pays, attentivement l'évolution dans le Parti du Travail afin de profiter à temps du développement possible dans cette organisation d'un large courant à gauche.

En SUISSE, nos forces maintiendront et amplifieront leur nouveau cours vers une activité ouverte, large et la formation du Parti Révolutionnaire tariat suisse ,avec tous les éléments révolutionnaires qui se donnent la même fâche.

En GRECE, forcée d'agir dans la clandestinité, notre organisation doit lutter pour trouver la possibilité de rompre son isolement d'exploiter toute forme d'activité légale au sein des organisations influencées soit par le P.C., soit même par

En BELGIQUE et en AUTRICHE, les trotskystes doivent se maintenir dans les P.S. respectifs et renforceront l'aile gauche de ces partis.

ESPAGNE, forces réorganisées préconiseront le renversement de Franco par l'Alliance ouvrière et paysanne, à l'exclusion de toute formation bourgeoise, proposeront à tous les courants de l'avant-garde révolutionnaire espagnole masses du pays lelaboration d'un programme de cette Alliance et ouvriront la perspective d'un gouvernement cette Alliance, possible pour les masses au gouvernement de Franco et à tout autre gouvernement bourgeois.

Dans tous les pays européens, d'autre part, la campagne de propagande pour te ETA corts a Ches des teste pigeets dentant a mi à sa militarisation, sa vassalisation et sa dépendance accrue à l'égard de l'impérialisme américain, ainsi que comme le meilleur moyen pour enlever à la bureaucratie soviétique toute chance de succès parmi les masses de ces pays.

Dans les DEMOCRATIES POPULAIRES EUROPENNES, nos forces, individuellement, éviteront de s'exposer à la répression stalinienne, travailleront dans les organisations de masses où elles dévclopperont une activité selon les possibilités et la compréhension des éléments ouvriers avancés. Nos organisations, nécessairement clandestines dans ces pays, tout en étant pour la défense des conquêtes ces derniers contre l'impérialisme et les restes des anciennes classes possédantes, auront comme en U.R.S.S. le même programme de révolution politique et de démocratisation prolétarienne de ces pays.

En YOUGOSLAVIE, où les conquêtes ouvrières sont actuellement doublement menacées non seulement par le Kremlin mais aussi par l'impérialisme, qui se pour atteindre ses buts de la prostration envers lui de la direction du P.C.Y. et gouvernement, nous œuvrerons à la création d'une tendance bolchevique dans le P.C.Y. contre la politique d'abandon et de capitulation de la direction. pour son remplacement. C'est là la condition d'une véritable défense de la Yougo-

Au cas où la direction du P.C.Y. et du gouvernement yougoslave, dans la guerre de l'impérialisme contre l'U.R.S.S., les « démocraties populaires ». la Chine et les révolutions coloniales, se rangeant du côté de l'impérialisme, ouvrirait le pays aux troupes impérialistes ou le transformerait en base d'opérations militaires ces pays, et mettrait ainsi en même temps en péril mortel immédiat l'existence même de l'Etat ouvrier yougoslave, nous appellerons les masses à renverser par les armes ce gouvernement et à se joindre à la lutte mondiale des forces impérialistes.

Dans l'éventualité d'une telle attitude traîtresse des dirigeants yougoslaves, et avant que les armées de lU.R.s.S. et des democraties populanes 5 limitrophes viennent alex masses du pays puissent les renverser il prises avec les armées imnéria istes et les forees éventuellement fidèles aux dirigeants yougoslaves, sur le sol même de la Yougoslavie.

Dans ce cas nous serions pour la défaite des forces de l'impérialisme et de leurs auxiliaires, tout en appelant les masses yougoslaves à la plus stricte vigilance, 38 y compris à la résistance armée, contre les agissements contre-révolutionnaires des de l'U.R.S.S. et des « démocraties populaires » qui tenteront, des forces le permet, d'abolir les conquêtes réalisées par ces masses sur le plan d'un certain contrôle et même d'une certaine gestion directe, par elles-mêmes, de l'économie et de la politique de l'Etat ouvrier yougoslave, et d'établir un régime d'oppression nationale sur les masses yougoslaves. Amérique du Nord.

Au CANADA, les trotskystes prépareront leur intégration dans le C.C.E. Aux ETATS-UNIS, les trotskystes seront à l'avant-garde de la résistance des masses contre la préparation de la guerre par l'impérialisme, et sauront sauvegarder en toute circonstance leur organisation de la répression inévitable de celui-ci. Ils n'épargneront aucun effort pour faire avancer la conscience politique du prolétariat americain vers la création d'un Labour Party. Is seront conscients qu'une nouvelle ère est ouverte dans ce pays, et se prépareront a devenir à travers l'amplification inévitable de la crise du capitalisme américain, la direction révolutionnaire du mouvement ouvrier américain. Amérique latine.

D'une façon générale, ainsi que l'indique la résolution spéciale sur l'Amérique latine du III Congrès Mondial, dans tous ces pays la tâche essentielle de nos organisations et de nos forces, est de passer dans la période à venir du stade de groupes de propogande à celui de la direction révolutionnaire des masses, capable de propulser, d'organices et de diriger leurs luttes pour toutes leurs revendications anti-impérialistes, nationales, démocratiques et économiques, et d'ouvrir la perspective des ETATS-UNIS SOCIALISTES DE L'AMERIQUE LATINE. Ceci exige une clarification politique préalable qui a considérablement avancé depuis le II° Congres Mondial, ainsi qu'une structure organisationnelle sérieuse et efficace. doivent se considérer comme les novaux des vrais partis proletariens pays re pectifs, et agir des maintenant comme tels. C'est dans cette voie seulement quelles surmonteront les restes sectarisme norganisées d'opportunisme, de confusion, et trouveront leur voie vers les larges masses sans direction l'Amérique latine. E.les neutraliseront ainsi les partis petits bourgeois actuels l'incapacité congénitale conduit tous les mouvements progressifs des masses à la défaite. En ce qui concerne la situation plus particulière de l'ARGENTINE, forces unifiées chercheront à développer davantage leur enracinement dans la classe ouvrière du pays en pleine évolution, et à créer un courant de classe parmi Les buvaise de an surgenien in strielle grome la ce fede ment les ouvriers organisés influencés par le par le péronisme, afin que ce gouvernement rialisme américain, soit isolé de son principal appui dans les masses.

En BOLIVIE, l'insuffisance de délimitation passée de nos forces par rapport à tous les courants politiques qui exploitent le mouvement de clarté dans nos objectifs, et notre tactique, ainsi que l'absence de travail systématique, patient, dans les milieux ouvriers, la structure organisationnelle Nos forees réorganisées doivent remédier à tous ces défauts, sans tomber cependant ont provoqué un recul certain de l'organisation. dans le sectarisme ni s'isoler des masses et de leurs mouvements, souvent idéologiquement contus, direction petite-bourgeoise (M.N.R.). autres pays latino-americains les tâches plus spéciales sont indiquées dans la révolution sur l'Amérique latine du III Congrès Mondial. Afrique.

Dans les COLONIES NORD-AFRICAINES FRANÇAISES ainsi que dans celles de l'AFRIQUE EQUATORIALE FRANÇAISE, nos forces doivent s'intégrer dans le mouvement national et les organisations qui l'expriment le mieux, afin d'y développer une aile marxiste conséquente et d'empêcher son exploitation par le stalinisme.

En AFRIQUE DU SUD, nos forces déjà sérieusement enracinées dans le mouvement national, doivent renforcer leur cohésion idéologique en ne relachant sous aucun prétexte leurs liens avec le reste de notre mouvement international.

En EGYPTE, nos forces réorganisées doivent envisager le meilleur moyen de s'intégrer dans le mouvement national et s'attaquer avant tout à l'organisation du jeune prolétariat égyptien dans les syndicats et les entreprises.

En AUSTRALIE et en NOUVELLE-ZELANDE. les fornos reront dans la tâche de renforcement d'une aile gauche révolutionnaire dans les L.P. respectifs de ces pays et dans les syndicats qu'ils influencent. Asie

En CHINE, nos forces réorganisées et réorientées, prêteront un appui inconditionnel à la lutte pour la défense de la révolution chinoise contre l'impérialisme, contre les forces de la réaction indigène et contre les manœuvres et pressions de soviétique Elles auront à définir clairement leur ligne par rapport à la victoire de Mao-TséTung, notre propre ligne du passé et par rapport au régime actuel. Elles doivent trouver le moyen de travailier dans les organisations des masses que le P.C. travailier chinois influence, y compris dans celui-ci, afin de favoriser une évolution plus radicale des militants de ces organisations et de les opposer à toute mesure bureaucratique de leurs dirigeants. Elles accorderont un appui critique au régime de Mao-Tsé-Tung et porteront l'essentiel de leur opposition sur le caractère et l'organisation du pouvoir politique. Elles réclameront tout le pouvoir aux Comités populaires existants. Elles developperont un programme plus concret de revendévelopperont dications économiques et politiques, et de reconstruction de la Chine, qui donne avant tout satisfaction aux besoins des masses ouvrières et paysannes pauvres de ce pays.

Au VIDTNAM, nos forces réorganisées sefforceront la aussi de travailler dans les organisations influencées par les staliniens, У compris naturellement dans les formations armées. Elles accorderont un appui critique au régime de Ho-Chi-Minh dans sa lutte contre lutte et les moyens

Aux INDES, les règne dans ce pays, l'impérialisme, tout en se délimitant de lui sur le but de cette les plus adequats pour la mener a bien. ..

trotskystes, conscients de la situation pré-revolutionnaire qui de la crise qui sévit aussi bien dans le Parti du Congrés que dans le Parti Socialiste, et du danger que représente potentiellement le stalinisme en l'absence de toute autre direction révolutionnaire efficace, doivent suivre très attentivement l'évolution de la situation dans ce pays et se décider à jouer le rôle de direction révolutionnaire des masses. Ceci impose une orientation politique et organisationnelle elaire, ferme et audacieuse. Dans le cas où leur maintien dans le P.S. empêche un contact efficace avec les masses, et que leur travail à l'intérieur de ce parti ne permet plus un changement rapide de sa politique ou la création d'une forte aile revolutionnaire, ils n hesiteront pas a reprendre, dans les meilleures conditions possibles, leur entière liberté d'action.

A CEYLAN, les progrès constants de nos forces, qui vont de pair avec les désillusions et le mécontentement grandissants des masses envers le gouvernement et les partis bourgeois satellites de l'impérialisme anglais, ouvrent la perspective de grandes victoires prochaines, à condition que nos forces fassent confiance aux masses, organisent et dirigent leurs luttes quotidiennes, évitent des erreurs tactiques surtout par rapport à notre concurrent immédiat le P.C., et affirment audacieusement leur volonté de prendre le pouvoir. L'évolution dans ce pays peut énormément influencer la maturation révolutionnaire aux Indes, ainsi que l'affirmation puissante du trotskysme dans ce pays.

Au JAPON, les forces trotskystes restreintes s'intégreront dans le P.S. En INDONESIE, où règne une situation en plusieurs points analogue à celle des Indes, avec cette différence considérable que le poids de la bourgeoisie est moindre et que l'organisation et l'élan des masses y sont meilleurs, nos forces œuvreront à la création d'une tendance bolchevik conséquente à lintérieur du Parti Murba, afin d'influencer l'ensemble de ce parti, et éviter sa dislocation par le stalinisme.

En PALESTINE, les trotskystes examineront la possibilité d'un travail dans le Mapam.

A CHYPRE, nos forces réorganisées s'efforceront d'adopter une attitude plus positive envers le mouvement national des masses et leur droit d'autodisposition. Elles lutteront en même temps contre les illusions de ces dernières, concernant l'union qu'elles réclament avec la Grece, en mettant en avant le programme de leurs revendications économiques et politiques quotidiennes, la lutte contre la guerre, et pour leur auto-gouvernement.

Dans tout le MOYEN-ORIENT, nos forces disponibles intégreront le puissant mouvement national des masses et s'efforceront d'y créer une tendance révolutionnaire marxiste.

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