Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › vol. 9, n° 5-7

Nouvelles du mouvement ouvrier et de l'Internationale

Quatrième Internationale, vol. 9, n° 5-7 · mai-juillet 1951 · p. 60-63 · 1 952 mots

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Le P. C. I. et les

La section française de la IV° Internationale avait limité la présentation de listes à deux circonscriptions de la région parisienne : le 5° secteur de la Seine gui groupe les principales usines de la métallurgie parisienne et la 1rº circonscription de Seine-et-Oise, où sont mélangés quelques faubourgs industriels et des cantons paysans.

L'axe politique de la campagne était le gowernement ouvrier et paysan pour lutter contre la misère, la dictature et la guerre.

Dans les circonscriptions où le P.C.I. ne présentait pas de candidats, il appela les travailleurs à voter ouvrier, c'est-àdire pour les candidats du P.C.F. ou de la S.F.I.O., sauf — pour ces derniers + lorsque leurs listes étaient apparentées aux listes bourgeoises, ce qui transmettait automatiquement les voix socialistes aux candidats bourgeois.

Malgré ses moyens limités, la campaexprimés P.C.I.

Suffrages

1946 352.750 4.469 1951 341.047 5.708

En 1946, P.C.F. et P.S. collaboraient avec la bourgeoisie. On peut être certain que les candidats P.C.I. avaient obtenu alors des voix de communistes hostiles à cette politique, mais aussi de socialistes également opposés à la politique de leur parti. En 1951, le P.S. est enfoncé plus que jamais dans la collaboration de classe, tandis que le P.C. se trouve dans l'opposition. Pour les socialistes de gauche opposés à la politique de leur parti la liste neutraliste devait constituer un pôle d'attraction. La composition sociale des meetings du P.C.I. et des neutralistes était nettement différente. Les auditoires du P.C.I. étaient prolétariens, ceux des neutralistes petits60 lections du 17 juin gne du P.C.l. fut intense. Dans les deux circonscriptions de banlieue, chaque électeur reçut deux circulaires exposant le programme du Parti et la critique des autres listes. Ainsi deux fois 900.000 tracts furent expédiés à domicile. Trois affiches furent éditées à 2.500 exemplaires pour ces deux circonscriptions. Pour le reste du pays, une affiche à 2.000 exemplaires fut placardée. Plus d'une trentaine de réunions furent organisées dans la banlieue parisienne, sans compter les contradictions qui furent faites par les membres du Parti, tant dans la région parisienne qu'en province. Il faut mentionner également un tract édité par les travailleurs vietnamiens des usines Renault (privés du droit de vote) s'adressant à leurs camarades nord-africains disposant du droit de vote pour les inviter à voter P.C.I.

Les résultats du 5ª secteur de la Seine sont du plus grand intérêt.

P.C.F. P.S. Neutralistes

137.590 49.965

120.590 39.948 4.629 bourgeois. La répartition des votes par commune dans ce secteur montre une proportion sensiblement constante entre les voix P.C.I. et les voix P.C.F., tandis qu'il n'en est pas ainsi pour les voix neutralistes. Les voix P.C.I. de 1951 sont en toute probabilité de composition ouvrière plus marquée qu'en 1946. Ajoutons que c'est dans les trois communes de Boulogne (usine Renault), d'Asnières et de Gennevilliers (usines Chausson) où le travail d'entreprise du P.C.I. a été le plus systématiquement mené depuis plusieurs années que les gains sont les plus importants (Boulogne, de 514 à 846 ; Asnières, de 433 à 632; Gennevilliers, de 179 à 292).

Le vote du 5 secteur témoigne donc que le gain numérique du P.C.I. (de plus de 30 %) a aussi la signification politique qu'une large couche de la classe ouvrière recherche une solution révolutionnaire; mais que, pour l'instant, elle reste attachée au P.C.F. ou se borne à s'abstenir aux élections.

Dans la Seine-et-Oise, la situation a été compliquée par l'intervention non seulement d'une liste neutraliste qui a recueilli 8.700 voix mais par une liste se réclamant d'un prétendu « Mouvement Communiste Independant » dirigée par Lecorre, qui, avant 1939, avait été député stalinien dans ce département. Cette liste a obtenu 7.000 voix et la liste P.C.I. en obtenait 5.700. En 1941, la liste P.C.I. avait obtenu 14,000 voix. Comme dans la Seine, incontestablement une partie socialisante et petite-bourgeoise a voté pour les neutralistes. Mais à quoi tient le nombre de voix obtenu par la liste Lecorre, liste qui, pour les gens tant soit peu avertis politiquement était sans aucun doute une création purement électorale de la partie de la social-démocratie représentée au ministère de l'Intérieur et destinée uniquement à prendre un certain nombre de voix au P.C.F. pour lui faire perdre si possible un siège. Ce e Mouvement » sans adhérents, sans organisation, s'est affublé de l'étiquette « communiste » qui, en France, a conservé toute sa valeur, tandis que terme « socialiste » n'a plus de sens. En outre, si les gens avertis politiquement comprenaient le dessous de cette liste, pour les centaines de milliers de votants, il n'en était pas ainsi : les staliniens appellent policier tous ceux qui sont opposés à eux, pourquoi les croire

L'aclivité électora

Les Groupes Communistes Révolutionnaires (section italienne de la IV* Internationale) ont publié, à la veille des des récentes élections municipales, un Manifeste reproduit dans le numéro du 15 mai de le journal Bandiera Rossa, Dans ce manifeste, les G.C.R. dénoncent l'objectif réactionnaire poursuivi par la bourgeoisie dans les élections : arracher au P. C. ladministration des grandes villes par une « union sacrée » allant du nouveau parti social-démocrate jusqu'aux réactionnaires d'extrême-droite. Le manifeste critique la politique stalinienne et dénonce la récente offre de Togliatti de rétablir la « paix sociale » si la bourgeoisie modifie son orientation e atlantique ». Il constate que, dans la situation actuelle, s'impose une poli-

ERNATIONALE en une circonstance plutôt que dans d'autres ? Enfin, staliniens et bourgeois ont fait d'une façon ou d'une autre la publicité pour la liste Lecorre, tandis que le silence était maintenu sur les candidatures trotskystes. Pour les uns comme pour les autres, la liste Lecorre était moins gênante, en ce sens qu'elle ne représentait aucun mouvement réel présent et futur.

La caractéristique politique la plus Importante des élections du 17 juin, c'est le poids parlementaire que vient d'acquérir le gaullisme, qui va tendre à donner à la politique du gouvernement français de demain, même sans la participation des gaullistes, un caractère plus réactionnaire, plus agressivement. antiouvrier. La riposte des travailleurs ne peut manquer de se manifester, devant les difficultés grandissantes. Le problème du front unique de toutes les organisations ouvrières va se trouver posé avec plus d'acuité dans toutes les organisations ouvrières, socialistes et communistes, politiques et syndicales. La nécessité de ce front unique et de la lutte pour un gouvernement de front unique, un gouvernement ouvrier et paysan, va se faire sentir dans ces organisations qui, au cours des élections, ont développé, l'une la « lutte sur les deux fronts »l'autre la lutte « pour le pacte des 5 Grands ». Le programme du P.C.I. soutenu par plus de 11.000 travailleurs dans une fraction de la région parisienne deViendra le programme des millions de travailleurs de France en lutte contre la misère, la dictature et la guerre. le des troiskystes tique de front unique prolétarien, et comme les sociaux-démocrates s'apparentent avec le parti démocrate-chrétien. principal appui de la bourgeoisie, il appelle les ouvriers a voter pour le P.c qui représente la majorité ouvrière du pays. Afin de marquer en même temps leur méfiance envers la direction bureaucratique de ce parti, les ouvriers y sont invités à refuser leur vote aux têtes de liste, mais à donner une voix préférentielle à des candidatures de simples ouvriers sur les listes du P.C.

Ce Manifeste, reproduit en affiche, a été répandu à un grand nombre d'exemplaires dans les principales villes du pays où existe une section du G.C.R. A Turin notamment, 3.000 affiches ont été collées.

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E

Ceylan

Extension de l'iníl

3.000 délégués de 175 sections ont pris part au Congrès annuel de la Jeunesse Socialiste (All-Ceylon Samasamaja Youth Leagues) tenu en mars à l'Hôtel de Ville de Colombo.

Parmi les résolutions adoptées, une reprenait celle du Parti Lanka Samasamaja (section Cinghalaise de la IV* Internatiopale) appelant à l'établissement d'un gouvernement ouvrier et paysan.

A la fin du congrès, une manifestation de 2 kilomètres de long traversa la ville.

Les membres de la Jeunesse portaient leur chemise rouge. Colombo n'avait encore jamais vu une telle manifestation. Elle se rendit ensuite à Gall Face Green où un meeting monstre du parti trotskyste eut lieu sous la présidence de notre camarade Perera.

Pour l'avenir, le parti envisage la cons-

U. R.

uence trotskyste truction d'un camp pour héberger les délégués car aucun bâtiment de la ville n'est suffisant.

Récemment les enfants de Colombo organisèrent une manifestation pour appuyer le Parti Lanka Samasamaja. Toute la journée ils défilèrent derrière les drapeaux rouges en criant leurs mots d'ordre.

Le parti, qui a déjà une forte fraction parlementaire, vient de gagner un siége de plus à la municipalité de Colombo.

Nos idées pénètrent même dans la jungle parmi les Veddas (que les anthropologistes bourgeois classent parmi les sauvages). Ils rejoignent nos organisations avec enthousiasme malgré les efforts du premier ministre qui fit spécialement une tournée de propagande dans la jungle. d.

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Des déportés trotskystes dans les camps soviétiques

Des renseignements transmis par des prisonniers polonais et allemands récemment rentrés de Sibérie permettent de préciser davantage l'existence de militants et groupes bolcheviks-léninistes dans les camps de travail forcé soviétiques.

Un émigré social-démocrate polonais nous a appris la mort dans des circonstances émouvantes du camarade Stefan Moiselevitch Szmelovicz, dirigeant d'un groupe d'étudiants trotskystes à l'Université de Cracovie (Pologne). Fuyant avec ses camarades devant l'avance de l'armée nazie en septembre 1939, Szmeloviez fut surpris par l'armée soviétique en Pologne orientale et dénoncé par des étudiants staliniens aux autorités d'occupation. Il fut déporté dans le vaste complexe de camps de Vorkuta. 62

Le camarade Szmeloviez était un militant révolutionnaire brûlant d'une passion pour ses idées qu'aucune mésaventure ne put détruire. Dans le camp, il ne cacha point ses convictions mais se revendiqua flèrement du trotskysme et ne perdit aucune occasion pour propager ses idées autour de lui. Cela lui valut des persécutions sans fin de la part des gardes-chiourmes staliniens et de leurs instruments, les éléments criminels de droit commun internés dans le camp. Il succomba finalement à ces tortures au cours de l'année 1943, dans le village de Tchardrail, près de la frontière de l'Uzbékistan. Jusqu'à son dernier jour il resta fidèle au marxisme révolutionnaire et défendit la cause de Léon Trotsky et de la IV• Internationale.

D'autre part, des prisonniers de guer-

Q UATRIT INT re allemands récemment rentrés de Russie ou le une peine de travaux forc ahemin les mal luta d'un groupe de bolchevika-léninistes sovie Tudes fonetionnant comme tel dans un camp: soviétique dont nous taisona le nom pour des ralions évidentes. Ce groupe, componé de plusieurs jeu-

Campagne de meeti

L'organisation trotskyste Suédoise, le Parti socialiste révolutionnaire, a organisé à partir de la fin d'avril une série de meetings publies afin de faire connaître les positions du parti sur les principaux problèmes politiques et économiques du jour. Cette campagne vient après une intervention énergique et fort réussie de nos camarades suédois dans la grève des dockers de Stockholm. A A l'occasion de celle-ci, le P.S.R. a édité deux tracts et a vu son soutien de la

ERNATIONALE nes étudiants, arrêtés depuis la fin de la guerre, se revendiqua de la personne et des idées de Léon Trotsky. Il était au courant de tous les écrits de Trotsky jusqu'aux années 1934-35. Il possédait en 1949 encore des contacts avec des groupes de bolcheviks-léninistes dans d'autres camps. ngs des trotskystes grève commenté dans toute la presse suédoise. Le ler mai a eu lieu un meeting en plein air à Stockholm. Le 14 mai les camarades suédois, devant plus de 600 personnes, ont commémoré le 20° anniversaire de la fusillade d'Adalen où cing ouvriers furent assassinés par la police. Au cours du mois de juin, quatre meetings sont organisés sur la situation économique de la classe ouvrière suédoise.

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